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Accueil du site > Actualités > Economie > Grexit, défaut grec ou business as usual ?

Grexit, défaut grec ou business as usual ?

Les spéculations vont bon train sur ce qui débouchera du désaccord actuel entre le nouveau gouvernement grec et ses créanciers : les pays Européens (directement et indirectement via le Fonds Européen de Stabilité Financière), le Fonds Monétaire International et la Banque Central Européenne. Pour tous ces créanciers, il est hors de question d'accepter un "haircut", c'est-à-dire l'annulation d'une partie de la dette grecque. Mais est-ce nécessaire ?

Certes, la Grèce a une énorme dette publique, de 175% de son PIB. Mais ces créanciers lui prêtent à des taux soutenables, depuis les plans de sauvetage précédents. Et cela ne leur coûte rien, puisque la France se finance maintenant à moins de 0,5% de taux d'intérêt par exemple. On gagne donc toujours de l'argent en prétant cela aux grecs à un taux légèrement plus élevé. D'autre part, après ses lourds plans d'austérité, la Grèce est revenue a des comptes publics en excédent primaire : avant remboursement des intérêts, elle collecte plus d'impôts qu'elle ne dépense d'argent public. Et c'est le pays de la Zone Euro qui connaîtra la plus forte croissance en 2015, à près de 3% ! Elle peut donc tout à fait honorer cette dette à la seule condition que ses créanciers renouvellent ses emprunts lorsqu'ils arrivent à échéance (et ce tant que les marchés ne lui prêteront pas à un taux raisonnable).

C'est la seule chose que demandent vraiment les grecs. Ils veulent juste qu'on leur rende leur souveraineté : qu'on arrête de les forcer à privatiser et réduire leurs services publics. Et ça, on doit l'accepter. Le peuple grec a choisi de tenter une autre politique : renforcer la politique sociale et augmenter les impôts. Dans un pays où nombre d'individus et de grandes entreprises échappent encore à l'impôt, il a effectivement une marge de manoeuvre ciblée pour gonfler les caisses de l'Etat sans prendre dans les proches des es moyennes, et donc sans compromettre la croissance, au contraire. 

Laissons-les mettre en oeuvre un programme d'extrème gauche et on pourra en tirer des enseignements pour faire les bons choix lors des prochaines élections chez nous !


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4 réactions à cet article    


  • JL JL 7 février 2015 14:06

    ’’ Des chiffres ont circulé : si les Grecs annulaient leur dette, il en coûterait 650 euros par contribuable français, ont avancé certains. D’autres médias ont avancé le chiffre de 731 euros. Des montants évidemment considérables, qui ont de quoi alimenter la grogne contre ces « Grecs irresponsables ».

    Ces chiffres sont faux :

    L’annulation des deux tiers de la dette grecque coûterait 10,50 euros par an par contribuable français, au grand maximum


    • JL JL 7 février 2015 23:14

      Ce soir encore, Jean Quatremer soutenait face à Gérard Filoche qu’un défaut de la Grèce coûterait 700 euros par contribuable.

      Ou bien ces économistes sont des menteurs, ou bien ce sont des incompétents.

      Heureusement qu’en plus ils ne sont pas paranoïaques, eux, sinon ils m’accuseraient de les ’chercher’ !

       smiley


    • Leolelor Leolelor 8 février 2015 13:33

      la France couvre environ 50 Milliards de dette en Grèce .
      Si la Grèce ne rembourse pas cet argent, c’est 730 euro par français qui disparaissent.
      Ou bien c’est aussi 10 euros de remboursement de dette (sur 70 ans) que l’on ne peux plus faire. Mais c’est pas grave, c’est l’état qui paie.
      D’autre part, il y a très peu de contribuable réels en France, au maximum 14 Millions. Donc les 10 euros, c’est n’importe quoi.
      Je propose une aide de la Grèce sur un mode de volontariat !


    • anny paule 7 février 2015 16:59

      Les Grecs, ou du moins, le gouvernement Tsipras, ne veulent pas « mettre en oeuvre un programme d’extrême gauche », mais simplement de gauche et de bon sens. 

      Ce que vient de décider Junker est tout bonnement irresponsable, tout comme l’illustre son propos : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».
      Nous le savions déjà, nous Français dépossédés de notre « NON » au TCE... Nous avons pris la mesure de la négation des Peuples et du déni de démocratie de cette Europe des technocrates et des financiers. La Grèce ouvrait une brèche dans cette forteresse et se donnait pour objectif d’offrir à son peuple le respect et la dignité... Très mal vu par les « pilotes » de cette Europe malade !
      Faudra-t-il que les peuples européens soient saignés à mort pour que cesse cette infamie ? Il reste encore trop de moutons frileux pour remettre les choses dans le bon sens. Notre « France, terre des arts, des armes et des lois » est bien loin de celle des Lumières... et il se pourrait que des canons se remettent à gronder pour régler bien des problèmes... comme l’histoire nous l’a appris ! 

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