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Accueil du site > Actualités > Economie > Halte à la tyrannie des marchés !

Halte à la tyrannie des marchés !

Cette semaine a été rythmée par les évolutions délirantes des marchés  : le CAC 40, à 4000 points le 1er juillet est tombé à moins de 3000 points en séance pour se redresser à 3200 points. Ne faudrait-il pas couper le cordon entre économie réelle et financière ?

Quand la corbeille gouverne le monde

Cela fait maintenant quatre ans que les pays du monde entier vivent suspendus aux mouvements erratiques des marchés financiers. Quatre ans que les dirigeants de la planète sont au chevet de cette hydre financière malade de ses excès et qui entraine le reste de l’économie dans la récession. Quatre ans que les gouvernements de ce monde prennent pourtant toutes les mesures que le monde financier souhaite pour lui permettre d’aller mieux, et il ne va pas mieux.

Il y a trois ans, il fallait recapitaliser les banques, leur offrir une garantie publique et relancer l’économie. Aujourd’hui, il faut les délester des dettes souveraines qui leur semblent suspectes, rééquilibrer les finances publiques et constitutionnaliser une camisole budgétaire qui a été parée du terme « règle d’or ». Mais les pantins gouvernementaux ont beau s’agiter dans le sens demandé, les marchés ne sont même pas rassurés puisque nous avons expérimenté un mini krach en plein été.

L’hypocrisie de Nicolas Sarkozy

Qu’il est loin le temps où Nicolas Sarkozy promettait de moraliser le capitalisme et dénoncer ses excès ! Qu’il est loin le temps où il promettait un nouveau Bretton Woods ! Dans la réalité, le G20 n’a presque rien fait et les gouvernements sont plus que jamais à la botte des marchés financiers. En effet, dès qu’ils ne se sentent pas bien, alors nos dirigeants se pressent de convoquer une réunion d’urgence et faire (presque) tout ce qui leur est demandés (à l’exception d’Angela Merkel).

Nicolas Sarkozy a démissionné devant les marchés financiers. Il a choisi les agences de notation et les banques plutôt que le peuple. Pour sûr, il n’y a jamais eu de réunion d’urgence pour lutter contre le chômage de masse ou la désindustrialisation. Mais il ne faut pas croire que le Parti Socialiste présente en quoi que ce soit une alternative. Ses candidats (à l’exception d’Arnaud Montebourg) sont engagés dans une course bien illusoire à l’orthodoxie financière.

L’alternative existe !

Alors que le gouvernement français avait refusé de suivre Berlin dans l’interdiction des ventes à découvert, Paris vient de changer d’opinion (avec Rome, Madrid et Bruxelles) mais seulement pour quinze jours et sur les valeurs financières. Pourquoi ne pas le faire définitivement ? Et pendant ce temps, rien n’est fait au sujet des profits indécents de hedge funds qui jouent et gagnent en spéculant sur un apocalypse financier qui a pourtant de graves conséquences sur l’économie réelle.

Pendant ce temps, le PIB de la Grèce a baissé de 6.9% en un an. Si les plans de sauvetage protègent les créanciers d’Athènes, la population, elle, souffre de plus en plus et le poids de la dette (dont la valeur ne baisse pas, contrairement à la dette) devient chaque jour plus insupportable. En France, 90% de la croissance du premier semestre vient de la hausse des stocks… Et la baisse de l’inflation démontre la bêtise crasse de la décision de la BCE de monter ses taux.

Pourtant, les solutions existent pour enfin mettre au pas la finance, la remettre au service de l’économie réelle, et non l’inverse : contrôle des mouvements de capitaux, taxation des transactions financières, séparation a minima entre banques de dépôts et banques d’affaires, interdiction des pratiques spéculatives dangereuses, véritable mise au banc des parasites fiscaux, renationalisation de la création monétaire (fin de la loi de 1973), constitution d’un pôle public bancaire plus important….

Toutes ces mesures pourraient mettre fin à la tyrannie de la corbeille. Mais, comme le souligne Frédéric Lordon, cette chienlit de la corbeille la mène à l’autodestruction. Alors, nous pourrons reconstruire un système où la finance est au service de l’homme, et non l’inverse.


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9 réactions à cet article    


  • Lorelei Lorelei 15 août 2011 13:42

    Il existe des alternatives aucun probleme en deux jours on pourrait trouver un autre systeme économique envoyer ad patres les organisations type agence de notation, oms, omc fmi, fed etc...et faire des organisations ethiques, et démocratiques, or les politiques ne veulent pas car il sont les laquais de ceux qui sont à l’origine de ces systemes...et vous verrez qu’ils ont l’’intention de détruire l’humanité et de tout niveller par le bas


    • Winston Smith 15 août 2011 13:47

      Aucune tyrannie : les marché SONT la démocratie.




      • Ptetmai 15 août 2011 17:53

        La Bourse est aussi débile qu’amorale

        Il fau(drai)t la fermer

        Mais comme nos politichiens sotn des lavettes entre les mains des grosses fortunes et autres spéculateurs

        • bigglop bigglop 15 août 2011 18:29

          Monsieur Pinsolle/Dupont Aignan,
          Comme Young Leader du French-American Foundation vous n’ignorez pas que nous sommes dans la phase de reconfiguration de la construction européenne comme l’analyse l’article suivant

          Depuis 2008, la crise économique, et plus encore aujourd’hui la crise de la dette, nous sont présentées comme s’il s’agissait de phénomènes météorologiques imprévisibles. Il est pourtant évident que ces successions de crises, si elles n’ont été provoquées, sont au moins utilisées afin de reconfigurer l’économie mondiale.

          Dès 2008, à peine avait-on désigné les responsables de la crise économique mondiale qu’on les a escamotés en expliquant qu’ils n’y étaient pour rien ou presque, qu’en somme ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, que la responsabilité est à ce point diluée dans le pouvoir économique qu’il serait archaïque, barbare, digne des persécutions de l’Inquisition, de vouloir frapper des coupables. Bref, il n’y a plus de responsables de rien : c’est la faute à la «  technostructure », par exemple, ou aux « conditions », qui, il faut bien l’admettre, sont mauvaises.

          On serine tellement que ce sont les « conditions » qui sont mauvaises qu’on en oublie qu’en réalité ce sont les hommes qui le sont, et particulièrement ceux qui ont fait les choix qui nous ont amenés à la catastrophe actuelle.

          I. Une restructuration économique permanente

          Les jeunes qui se retrouvent sur le marché du travail ne peuvent plus croire aujourd’hui qu’une quelconque sécurité leur sera automatiquement octroyée en contrepartie de leur soumission silencieuse. Leurs aînés ne peuvent plus croire que quarante années de parfaite résignation leur garantiront une retraite lorsqu’ils seront devenus des semi-infirmes. Les étudiants ne peuvent plus croire, comme il y a peu, que les diplômes qu’ils s’efforcent d’acquérir leur assureront une espèce de quiétude somnifère ultérieur. Et même les commerçants ne croient plus à une « reprise » qui mettrait fin à la « crise » actuelle : ils découvrent qu’il ne s’agit pas cette fois d’une maladie aiguë et violente, comme en 1929, mais plutôt d’un affaissement progressif et inexorable, comme une agonie. En sommes, presque personne ne croit plus à un avenir acceptable que pourrait garantir une bonne conduite.

          Mesures antidémocratiques

          Il y a un parallèle intéressant à faire entre les « attentats » du 11 septembre 2001 et la crise de la dette des Etats. Dans le premier cas, une des premières réactions aura été de limiter les libertés individuelles en introduisant en urgence dans les législations des pays occidentaux toutes sortes de mesures oppressives. Dans le cadre la crise de la dette, ce sont des plans de rigueur budgétaire qu’il convient de mettre en place, afin de se soumettre aux exigences des agences de notations. Dans les deux cas, aucune de ces mesures n’auraient pu être prises dans un cadre démocratique normal. C’est sous le prétexte de situations d’urgence, et même de catastrophes en cours, qu’il a été possible de prendre des décisions arbitraires. Mais la manoeuvre est bien plus cynique dans le cas de la crise de la dette des Etats, puisqu’après avoir fait payer aux populations, dès 2008, le sauvetage des banques, il convient maintenant de les culpabiliser en leur reprochant d’avoir vécu « au-dessus de leur moyen », et d’exiger d’elles de renoncer à leur retraite, à leur couverture de santé, etc. en même temps qu’elles doivent concéder à une réduction des salaires et une augmentation des impôts directs et indirects. Mais est-ce que les ouvriers grecs, espagnols ou italiens, qui ont travaillé pendant quarante ans dans une usine, ont vécu au-dessus de leur moyen ? Est-ce qu’ils ont eu leur mot à dire quand leurs gouvernements ont décidés de dépenser des milliards en s’impliquant militairement dans les guerres d’Irak, d’Afghanistan, aujourd’hui en Libye et sans doute demain en Syrie  ? Est-ce que ce sont les ouvriers grecs, espagnols ou italiens qui se réunissent au World Economic Forum ou aux réunions du groupe Bilderberg pour décider de l’avenir du monde ?

          Conflit d’intérêts

          Les responsables politiques dénoncent aujourd’hui les « conflits d’intérêts flagrant » des agences de notations. On leur reprocherait d’avoir des banques dans leur clientèle. Quelle découverte ! Mais est-ce que les hommes politiques ne sont pas non plus, eux aussi, constamment en conflit d’intérêt flagrant avec l’oligarchie financière ? Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas, par un décret du 31 décembre 2010 (une date qui devait le rendre invisible) élevé au rang de Grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur un certain Marc Ladreit de Lacharrière, actionnaire principal de l’agence de notation Fitch ? (1) Mais enfin, quiconque sait un peu dans quel monde il vit ne saurait être surpris des connivences, cooptations et renvois d’ascenseur qui assurent le renouvellement des classes dominantes.

          Une guerre faite contre chaque être humain

          On connait le rôle qu’ont chaque fois joué les guerres au cours de l’histoire moderne, pour accélérer la reconfiguration de l’économie. La crise de la dette des Etats est elle aussi une guerre. Une guerre qui est livrée à chaque être humain qui n’appartient pas, par la fortune ou le statut, à la caste dirigeante.

          D’ailleurs, l’économiste américain Lester Brown à, en 2007, publiquement appelé à « une mobilisation de temps de guerre » (2), et a proposé pour modèle l’appareil productif pendant la Deuxième Guerre mondiale, soulignant cependant cette différence que «  la restructuration économique ne devait plus être temporaire mais permanente  ». Rappelant encore que « l’année 1942 a été le témoin de la plus grande expansion de la production industrielle de l’histoire du pays  ». Lester Brown s’exalte au souvenir de cette mobilisation totale, avec son rationnement et son organisation autoritaire : «  Cette mobilisation des ressources, effectuée en l’espace de quelques mois, démontre qu’un pays et, en fait, le monde entier, peut restructurer son économie rapidement s’il est convaincu de la nécessité de le faire ». La nécessité semble aujourd’hui à nos portes.

          Afin d’étayer notre propos, nous publierons dans les jours à venir la suite de cet article, sur plusieurs parties : II. Détruire la classe moyenne ; III. Restructurer par le chaos ; IV. Vers une société 80/20 ; V. Réduire la population mondiale

          Mecanopolis

          Notes : 1. Lire Le patron de Fitch Ratings promu par Sarkozy à l’ordre national de la Légion d’honneur 2. Lester Brown, le Plan B 2.0, à lire ou télécharger ici



          • millesime 15 août 2011 22:59

            En France, on nous demande d’être soit de droite, soit de gauche. Or que ce soit la droite ou la gauche, l’UMP ou le PS, ils ne proposent que des solutions qui ont pour seul but de répondre au mieux aux souhaits du système.

            Et le système n’est là que pour faire le bonheur de quelques-uns, ceux qui ont déjà tout !

            Il faudra du temps pour que les gens s’aperçoivent de la manipulation dont ils sont l’objet, pour qu’enfin un majorité de « citoyens » élisent de nouveaux leaders politiques qui ne soient pas complices des financiers ; des leaders qui ne s’acharnent pas à vouloir perpétuer à l’identique un système à l’agonie, qui se délite sous nos yeux.

            Les solutions sont connues de nos leaders, mais ils ont la frousse de les mettre en oeuvre, car l’oligarchie bancaire emploiera tous les moyens, TOUS, pour réaliser ses objectifs.

            http://millesime.over-blog.com


              • BA 16 août 2011 00:31
                Jeudi 11 août 2011 : un article exceptionnel écrit par Peter Oborne.

                La décadence morale de notre société est aussi mauvaise dans les classes supérieures que dans les classes populaires.

                David Cameron, Ed Miliband et toute la classe politique britannique se sont réunis hier pour dénoncer les émeutiers. Ils avaient bien sûr le droit de dire que les actions de ces pillards, de ces incendiaires et de ces agresseurs ont été odieuses et criminelles, et que la police devrait avoir plus de soutien.

                Mais il y avait aussi quelque chose de très faux et d’hypocrite dans toutes les réactions choquées et dans l’indignation exprimées par le Parlement. Les députés ont parlé des événements terribles de la semaine, comme si ils n’avaient rien à voir avec eux.

                Je ne peux pas accepter que ce soit le cas. En effet, je crois que la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale dans les plus hauts rangs de la société britannique moderne. Les deux dernières décennies ont vu une baisse terrifiante dans les normes de l’élite britannique au pouvoir. Il est devenu acceptable pour nos politiciens de mentir et de tricher. Une culture quasi universelle de l’égoïsme et de la cupidité a grandi.

                Ce ne sont pas seulement les jeunes pauvres de Tottenham qui ont oublié qu’ils ont des devoirs ainsi que des droits. Il en est de même pour le sauvage riche de Chelsea et de Kensington. Il y a quelques années, ma femme et moi sommes allés à un dîner dans une grande maison dans l’ouest de Londres. Des gardes de sécurité patrouillaient le long des rues au-dehors, et nous avons beaucoup parlé de la « fracture Nord-Sud« , une expression que j’ai prise au sens littéral au début, jusqu’à ce que je réalise que mes hôtes faisaient une facétieuse allusion à la différence entre ceux qui vivaient au nord et au sud de Kensington High Street.

                La plupart des gens dans cette rue très huppée ont été tout aussi déracinés et coupés du reste de la Grande-Bretagne que les jeunes pauvres, les chômeurs et les femmes qui ont causé des dégâts terribles ces derniers jours. Pour eux, le magazine »Financial Times : comment dépenser son argent ?" est une bible. Je suppose que peu d’entre eux paient l’impôt britannique s’ils peuvent l’éviter, et que peu d’entre eux ont le sentiment de devoir quelque chose à la société, alors qu’il y a quelques décennies, ce sentiment venait naturellement chez les riches et chez les mieux lotis.

                Pourtant, nous célébrons les gens qui vivent des vies vides comme ça. Il y a quelques semaines, j’ai remarqué un article dans un journal disant que le magnat des affaires Richard Branson va déménager le siège de sa société en Suisse. Ce déménagement a été ressenti comme un coup dur pour le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, parce que cela signifiait moins de recettes fiscales.

                Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que dans un monde sain et décent, une telle démarche serait un coup dur pour Sir Richard Branson, et non pas pour le chancelier de l’Échiquier. Dans un monde sain et décent, les gens auraient vu qu’un important homme d’affaires ne pense qu’à éviter de payer l’impôt britannique, et ils l’auraient moins respecté. Au lieu de cela, Richard Branson est anobli et il est largement fêté. La même chose est vraie pour le brillant détaillant Sir Philip Green. Les entreprises de Sir Philip Green ne pourraient pas survivre, mais pour la stabilité sociale de la Grande-Bretagne, notre système de transport a changé ses biens et nos écoles ont éduqué ses travailleurs.

                Pourtant, Sir Philip Green, qui il ya quelques années a transféré un extraordinaire dividende de 1 000 000 000 de livres sterling dans un paradis fiscal, a l’intention de payer peu d’impôts pour cela. Pourquoi personne ne le considère comme coupable ? Je sais qu’il paie des avocats fiscalistes très cher et que tout ce qu’il fait est légal, mais est-ce qu’il fait face à des questions éthiques et morales, tout autant qu’un jeune voyou qui casse dans une des boutiques de Sir Philip Green et qui lui vole certaines de ses marchandises ?

                Nos politiciens - debout benoîtement sur leurs pattes arrière au Parlement hier - sont tout aussi mauvais. Ils se sont montrés prêts à ignorer la décence commune et, dans certains cas, prêts à enfreindre la loi. David Cameron est heureux d’avoir certains des pires contrevenants dans son cabinet. Prenons l’exemple de Francis Maude, qui est chargé de lutter contre les gaspillages du secteur public - dont les syndicats disent que c’est un euphémisme pour faire la guerre aux travailleurs faiblement rémunérés. Pourtant, M. Maude gagne des dizaines de milliers de livres sterling en violant l’esprit, mais pas la loi, entourant les indemnités des députés.

                Beaucoup de choses ont été dites au cours des derniers jours sur l’avidité des émeutiers pour les biens de consommation, notamment le député travailliste de la circonscription de Rotherham Denis MacShane, qui précisément fait remarquer : « Ce que les pillards voulaient, c’était pendant quelques minutes entrer dans le monde de la consommation de Sloane Street. » Cette phrase est d’un homme qui a reconnu avoir dépensé 5900 livres sterling pour acheter huit ordinateurs portables. Bien sûr, en tant que député, Denis MacShane a obtenu ces huit ordinateurs portables en notes de frais payées par l’argent des contribuables.

                Hier, le député travailliste Gerald Kaufman a demandé au Premier ministre d’examiner comment ces émeutiers peuvent être « récupérés » par la société. Oui, c’est bien le même Gerald Kaufman qui s’est fait rembourser 14,301.60 livres sterling en notes de frais payées par l’argent des contribuables, dont 8865 livres sterling pour une télévision haut de gamme Bang & Olufsen .

                La députée travailliste Hazel Blears a appelé bruyamment à une action draconienne contre les pillards. Je trouve très difficile de faire une distinction éthique entre la tricherie sur les notes de frais et l’évasion fiscale commises par Hazel Blears, et les vols commis par les pillards.

                Le premier ministre ne montrait aucun signe qu’il avait compris que quelque chose puait lors du débat au Parlement hier. Il a parlé de la morale, mais seulement comme quelque chose qui s’applique aux pauvres : « Nous allons restaurer un sentiment plus fort de la morale et de la responsabilité, dans chaque ville, dans chaque rue et dans chaque domaine ». Il semblait ne pas comprendre que cela devrait s’appliquer également aux riches et aux puissants.

                La vérité tragique, c’est que M. Cameron est lui-même coupable de ne pas réussir ce test. Il y a six semaines qu’il s’est présenté à la fête d’été de News International, même si ce groupe de médias a été l’objet de deux enquêtes de la police. Encore plus notoirement, il a embauché au 10 Downing Street l’ancien éditeur du journal News of the World Andy Coulson, même s’il savait à l’époque que Andy Coulson avait démissionné après des actes criminels commis sous sa direction. Le Premier ministre a expliqué son erreur de jugement en proclamant que « tout le monde mérite une seconde chance ». Il a été très révélateur, hier, qu’il ne parlait pas de deuxième chance pour les émeutiers et pour les pillards.

                Ces deux poids, deux mesures de Downing Street sont symptomatiques de doubles standards répandus au sommet de notre société. Il convient de souligner que la plupart des gens (y compris, je sais, les lecteurs de The Telegraph) continuent à croire en l’honnêteté, en la décence, continuent de travailler dur, et de donner à la société au moins autant qu’ils en reçoivent.

                Mais il y a aussi ceux qui n’ont pas de morale. Certes, les jeunes pauvres semblent ne pas avoir la conscience de la décence et de la moralité. Mais parmi les personnes immorales, vénales et cupides, il y a un trop grand nombre de nos banquiers, de nos footballeurs, de nos hommes d’affaires et de nos politiciens.

                Bien sûr, la plupart sont assez intelligents et assez riches pour s’assurer qu’ils respectent la loi. On ne peut pas en dire autant des hommes pauvres et des femmes pauvres, sans espoir ni aspiration, qui ont provoqué le chaos de ces derniers jours. Mais les émeutiers ont cette excuse : ils suivent l’exemple donné par les classes supérieures et respectées dans la société. Gardons à l’esprit que beaucoup de jeunes dans nos centres-villes n’ont jamais été formés à des valeurs décentes. Tout ce qu’ils ont jamais connu est la barbarie. Nos politiciens et nos banquiers, en revanche, ont été dans les bonnes écoles, dans les bonnes universités, et ils ont eu toutes les chances dans la vie.

                Quelque chose va terriblement mal en Grande-Bretagne. Si nous ne sommes pas capables d’affronter les problèmes qui ont explosé dans la dernière semaine, il est essentiel de garder à l’esprit que ces problèmes n’existeront pas seulement dans les cités.

                La culture de la cupidité et de l’impunité à laquelle nous assistons sur nos écrans de télévision s’étend jusque dans les conseils d’administration des grandes entreprises et à l’intérieur du Gouvernement. Cette culture touche la police et de grandes parties de nos médias. Ce n’est pas seulement sa jeunesse abimée, mais la Grande-Bretagne elle-même qui a besoin d’une réforme morale.

                Peter Oborne.


                • latortue latortue 16 août 2011 09:28

                  Bien sur que la bourse est amoral et pourris, faire du fric sur du vent c’est quoi d’autre .
                  le seul fait en France de dire on va taxer les transactions financières, attention tres peu, environ 0,3% nettement inférieur que la csg ou la crds que tout le monde paye eh bien les petits gars 0,3% ça représente 90 milliards c’est le déficit du budget en 2011 alors y fait quoi le Sarkozy y taxe les fauteur de trouble ou le petit peuple ,moi je suis sur que ce sera le petit peuple .
                  pareil pour les bandes dans les banlieues ,connus reconnus situés fichée les fauteurs de trouble, eh ben y fait quoi le Sarko ? on pourrait retirer la mauvaise graine, non !! y laisse faire c’est mieux qu’il y ais la merde de temps en temps ça entretien la peur .
                  pour le chaumage c’est du kif kif faire des annonces de chiffres tronqués ça entretiens la trouille
                  tout ça messieurs et mesdames ça s’appelle de politique eh bien moi je vous dis la politique ça pu  !!!!!!!!!!!!!!!!!


                  • lesdiguières lesdiguières 17 août 2011 03:34

                    La Fin est proche : Haro sur les bourses ;

                    http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre36868.html

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