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Accueil du site > Actualités > Economie > Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire

Huit bonnes raisons de rejeter le Pacte budgétaire

« Le poids de la dette est devenu écrasant. L’État verse ainsi près de 50 milliards d’euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de l’Éducation nationale ; elle est supérieure aux budgets de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis. C’est inacceptable ! La dette, c’est moins d’écoles, moins de crèches, moins d’hôpitaux, moins de transports publics… [1] » Jean-Marc Ayrault évoquait en ces termes la question de la dette publique dans son discours de politique générale.

Un constat est sans appel ; pourtant le Premier ministre ne répond pas à des questions essentielles : d’où vient cette dette ? Comment éviter l’austérité, et la destruction de l’Etat social ? Au contraire, il prend ce « poids écrasant » comme une donnée indiscutable. Pour y remédier, il reprend l’objectif affiché par François Hollande, une réduction à marche forcée du déficit public, visant 3% du PIB dès 2013 et le déficit « zéro » en 2017. Ce n’est pas un hasard : le déficit « zéro » est l’objectif n°1 du Pacte budgétaire, le nouveau traité européen négocié par Sarkozy et Merkel pour imposer l’austérité en Europe.

Malgré la volonté affichée par François Hollande, lors de la campagne présidentielle, de rompre avec cette logique mortifère, le nouveau président a finalement accepté de ratifier le Pacte à l’issue du sommet européen du 28 et 29 juin. Il aurait en échange obtenu des mesures de croissance qu’il juge satisfaisantes. Suffiront-elles à contrebalancer le dangereux potentiel austéritaire du nouveau traité ? Rien n’est moins sûr...

Revenons tout d’abord sur le contenu du Pacte budgétaire. Grosso modo, le Pacte parachève le mécanisme de tutelle économique des Etats, la « gouvernance économique » européenne : les choix budgétaires discutés dans les Parlements nationaux seront contrôlés en amont, et possiblement sanctionnés par des instances d’« experts » non élus. Les Etats devront chaque année atteindre des objectifs, au risque d’encourir des pénalités quasi-automatiques, d’un montant considérable. Enfin, ils devront se soumettre à la fameuse « règle d’or ».

La règle d’or stipule que l’Etat ne doit pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. Plus précisément : le déficit entre les dépenses et les recettes de l’Etat ne doit pas dépasser 0,5% du PIB, hors fluctuations exceptionnelles. Elle incarne la vision de la BCE, le FMI, la Commission européenne, selon laquelle le déficit public et l’incurie des Etats seraient à la source de la crise de la dette. D’années en années, les Etats auraient vécu « au-dessus de leurs moyens » et emprunté pour dépenser plus, en faisant payer moins d’impôts. Il n’y aurait donc pas le choix : il faudrait d’urgence fermer le robinet de la dette et réduire les déficits.

Pour cela, au moins deux options sont sur la table : augmenter les recettes, ou réduire les dépenses. Mais en fait, c’est surtout la deuxième qui est mise en avant par les institutions et dans les textes européens, et bien sûr, dans le Pacte budgétaire.

1 - L’Etat social découpé à la hache

Voilà qui faisait déjà rêver les néolibéraux avant la crise… La crise de la dette a apporté des arguments aux libéraux pour en finir avec l’Etat social (les dépenses publiques, sont à plus des trois quarts des dépenses sociales, santé et protection sociale, éducation, retraites…). Le Pacte budgétaire s’inscrit ainsi dans la lignée des plans d’austérité menés dans toute l’Europe, qui se ressemblent tous, avec des coupes prévues :

- dans la fonction publique (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) ;
- la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ;
- les services publics (notamment via la baisse des transferts aux collectivités locales) [2].

Bien sûr, ces mesures sont fondamentalement injustes, car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, mais aussi les classes populaires ainsi que les classes moyennes. Ce sont eux qui sont mis à contribution pour payer la crise.

Mais elles sont aussi absurdes économiquement. En effet, elles créent un cercle destructeur : la baisse des revenus (pertes d’allocations, hausse des prix dans les services publics) contribue à diminuer la consommation, puis l’activité. Elle accentue la récession qui va davantage peser sur les comptes publics – avec pour conséquence une augmentation du déficit public que ces mesures étaient censées résoudre. La règle de plomb de l’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé l’économie grecque, portugaise, britannique…

2 - Augmenter les impôts… sans taxer les riches !

On l’a dit, pour résorber le déficit, les gouvernements disposent d’une autre option : l’augmentation des impôts. Une solution qui a d’emblée très mauvaise réputation dans les cercles dirigeants. En fait les « économistes à gages » expliquent qu’il est possible d’augmenter les impôts... à condition de ne pas taxer les riches.

Taxer les riches et les grandes entreprises serait contre-productif : cela aurait pour conséquence d’affaiblir les entreprises et de diminuer l’investissement des hauts revenus dans l’économie. Voire, de les faire fuir… Cela affaiblirait l’économie, et diminuerait finalement le rendement de l’impôt et les recettes fiscales de l’Etat. D’où le célèbre adage : « trop d’impôt tue l’impôt [3] ».

Ils préconisent donc plutôt des mesures compatibles avec la « compétitivité », avec la « croissance » : des taxes sur la consommation, sur l’essence, la TVA… qui affectent davantage les classes moyennes et populaires. Et surtout, la privatisation des services et vente des biens publics, le détricotage du droit du travail pour faciliter la baisse des salaires.

En dernier lieu, le salut des finances publiques passerait donc par la compétitivité commerciale... et par la stimulation à tout prix de l’activité et des investissements privés

3 - Une compétition mortifère dans la zone euro

Cette recherche effrénée de compétitivité participe elle-aussi du cercle destructeur de l’austérité. L’Allemagne, depuis les années 2000, a tout particulièrement appliqué l’agenda néolibéral, ce qui a permis l’explosion des excédents commerciaux allemands. Mais si l’Allemagne exporte (principalement dans la zone euro), c’est que ses partenaires importent, ce qui provoque des déficits commerciaux. Ceux-ci n’ont d’autre choix que de s’endetter… ou de s’imposer eux-mêmes une « dévaluation interne » par une baisse massive des salaires et des budgets sociaux.

C’est précisément cet agenda qui est imposé aux pays surendettés : ils doivent non seulement tailler dans leurs dépenses, mais casser les droits sociaux pour devenir « compétitif ». Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a ainsi été bâti comme un FMI européen, pour financer un soutien financier aux pays surendettés, avec en contrepartie une cure néolibérale complète.

Mais cette politique s’avère un échec total. D’une part, les mesures d’austérité ruinent les populations des pays surendettés : difficile, dès lors, d’y exporter des marchandises – si « compétitives » soient-elles. En même temps, la demande interne allemande a été durablement affaiblie par la stagnation des salaires. Le résultat, c’est que l’industrie allemande a de moins en moins de débouchés... et l’Allemagne risque fort elle-même d’entrer en récession en 2012 (sans parler de la perte annoncée de son triple A [4]).

4 - Haro sur le déficit public

Au-delà même de la question de la question des recettes et des dépenses publiques, c’est l’objectif même de la règle d’or – la réduction du déficit – qui doit être remis en cause.

D’une manière générale, les déficits et l’endettement publics sont légitimes : l’Etat peut ainsi étaler dans le temps les efforts budgétaires (comme le font ménages et entreprises) pour des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie, et l’Etat ne peut le faire sur la base de ses recettes courantes (les impôts).

Ceci est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise… Depuis la crise de 1929, on sait qu’en période de crise, l’Etat doit se donner les moyens d’intervenir dans l’économie, d’investir et donc de créer des déficits. L’Etat est le seul acteur susceptible de relancer l’activité économique à un moment où les entreprises diminuent leurs investissements et où la consommation chute.

La règle d’or est donc l’incarnation du politique économique idéologique qui vise à soustraire à l’Etat toute marge de manœuvre pour intervenir dans l’économie, et à laisser au secteur privé l’initiative. Mais cette posture idéologique est dangereuse. Couplées aux coupes budgétaires, elle rend inéluctable le cercle vicieux de l’austérité : austérité, récession, déficits, dette, austérité… avec des conséquences politiques imprévisibles en Europe.

Face aux dogmes néolibéraux incarnés par la règle d’or, il existe des alternatives : taxation des hauts revenus, investissements publics, monétisation des déficits…

5 - Menaces contre la démocratie

Le Pacte budgétaire n’est pas seulement lourd de menaces sur le plan économique et social. Jürgen Habermas, philosophe allemand qui avait pourtant soutenu le Traité Constitutionnel Européen, estime désormais que les réformes prises dans le cadre du nouveau traité européen ouvrent une période de « domination post-démocratique [5] ».

Le Pacte budgétaire entérine en effet un certain nombre de procédures discutées à l’échelle européenne qui visent à contrôler les décisions budgétaires des Etats.

Ainsi, le « Semestre européen » impose aux gouvernements de soumettre leur proposition de budget à la Commission et au Conseil avant même qu’il soit discuté par les parlements nationaux. Le budget doit donner la priorité au désendettement et à la réduction des déficits, et doit s’attaquer aux « déséquilibres » identifiés par la Commission… comme par exemple, un manque de « compétitivité ».

Dans le cas où un gouvernement proposerait un budget considéré comme trop « laxiste » quant au désendettement et à la réduction de son déficit, des sanctions peuvent être prises contre lui. Le Pacte budgétaire stipule que seule une majorité au Conseil européen (très difficile à obtenir) peut s’y opposer. Les sanctions, jusqu’à 0,1% du PIB (2 milliards d’€ pour la France), sont donc quasi-automatiques. Pis encore : le pays « accusé » n’aura pas le droit de participer au vote ! [6]

6 - L’austérité à perpétuité

Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. Comme l’indiquait Angela Merkel : « La règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire [7] ».

Il faudra adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget [8] ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité.

Les textes de mise en œuvre de la règle d’or prévoient ainsi que des instances « indépendantes » composées d’« experts » doivent être mises en place au niveau national afin de contrôler l’application par les gouvernements de la discipline budgétaire.

Par ailleurs, si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante, il peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des amendes considérables (de l’ordre de 0,1% du PIB).

La règle d’or sera donc une « règle permanente, quasi constitutionnelle, mais en-dehors de la constitution ». Pourquoi un montage institutionnel aussi complexe ? En fait la réponse est simple : dans certains pays, une modification de la Constitution nécessite un référendum. Consulter le peuple, c’est un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire...

7 - La supercherie du Pacte de croissance

Malgré les efforts des promoteurs du Pacte budgétaire pour circonscrire le débat sur son adoption, plusieurs échéances se sont présentées où le choix de l’austérité généralisée a été posé dans le débat public : le référendum en Irlande, les élections législatives en Grèce et… les élections présidentielles en France.

Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, François Hollande annonçait que son élection à la présidence de la République était pour l’Europe un espoir, celui « qu’enfin l’austérité pouvait ne plus être une fatalité [9] ». Il appelait à une « réorientation de l’Europe » conformément à sa promesse de campagne de renégocier le nouveau traité européen, le Pacte budgétaire. Pourtant, à peine deux mois plus tard, à l’issue du Sommet européen des 28 et 29 juin, il annonçait que la « ratification rapide » du Pacte budgétaire, tel que négocié par Nicolas Sarkozy, serait programmée par le nouveau gouvernement.

Pour justifier ce revirement brutal, François Hollande a mis en avant des mesures censées stimuler la croissance en Europe : 60 milliards issus de fonds dont la mise en œuvre était déjà votée et programmée pour 2012-2013, et 60 milliards de prêts, par la Banque européenne d’investissements pour stimuler l’investissement privé.

Ces mesures ponctuelles – à l’échelle de l’Europe – sont à comparer avec les économies budgétaires programmées en France dans le cadre de l’application des mesures d’une sévérité sans précédent prévues par le Pacte budgétaire : plus de 60 milliards d’euros rien que pour la France d’ici à 2017. Elles sont à comparer avec les promesses de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Il annonçait alors que la France ne ratifierait le Pacte budgétaire qu’à condition d’obtenir satisfactions sur trois points clés :

- La mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ;
- La réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ;
- Des mesures de relance de la croissance en Europe.

François Hollande n’aura donc pas obtenu satisfaction sur les deux premiers points. Sur le troisième aspect – contrairement aux annonces du gouvernement qui relèvent d’un pur marketing politique – les mesures obtenues sont dérisoires, comparées au condensé d’austérité que représente le Pacte budgétaire. En toute intégrité, conformément à ses promesses, François Hollande aurait dû refuser de ratifier le Pacte budgétaire.

8 - Les alternatives à l’austérité existent !

Le Pacte budgétaire ne va pas sauver l’Europe, au contraire : il va l’enfoncer davantage dans la crise économique, sociale, écologique. Il va approfondir l’austérité généralisée, en forçant les gouvernements à respecter un programme économique absurde qui mène à la récession. Il représente un danger pour la démocratie, en imposant des mécanismes technocratiques de surveillance et de sanction des budgets nationaux.

La « renégociation » annoncée par François Hollande n’a pas eu lieu : le Pacte budgétaire va être ratifié tel que négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Quant au Pacte pour la croissance, il est largement insuffisant : ses mesures ponctuelles ne permettront pas d’enrayer le cercle vicieux de l’austérité en Europe.

Le gouvernement socialiste s’apprête, sans contrepartie consistante, à ratifier le Pacte budgétaire par voie parlementaire, au mépris des promesses de François Hollande. Face à la menace de reculs démocratiques, sociaux, écologiques sans précédents, rappelons que des alternatives crédibles à l’austérité existent : intervention directe de la BCE, audits et restructuration de la dette, fiscalité progressive, réforme du système bancaire et financier...

Le rejet du Pacte budgétaire serait un premier pas dans le sens d’un changement radical... aujourd’hui plus que jamais nécessaire.

Frédéric Lemaire

[1] Discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, 02/07/2012

[2] Voir la petite revue 2011 des plans d’austérité, par les Dessous de bruxelles

[3] A lire, cette analyse intéressante parue sur le site des Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economi...

[4] Le triple A de l’Allemagne menacé par Moody’s, Challenges (24 juillet 2012) http://www.challenges.fr/europe/201...

[5] Jürgen Habermas : La démocratie en jeu, Le Monde, 27 octobre 2011 : http://www.presseurop.eu/fr/content...

[6] Lire L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire par les DDB : http://ellynn.fr/dessousdebruxelles...

[7] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[8] Pour les courageux... ou pas : le texte du TSCG http://www.senat.fr/fileadmin/Fichi...

[9] Discours de François Hollande, 06/05/12


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8 réactions à cet article    


  • eric 30 juillet 2012 11:06

    Depuis 30 ans, notre Etat au sens large dépense un pourcentage croissant d’un PIB croissant. 57% aux dernières nouvelles. Le résultat est présenté par tous les syndicats et partis de gauche comme une dégradation continue de la qualité des services publics et de la protection sociale.

    Le mêmes nous expliquent, que les « inégalités » se sont envolèes. Les riches seraient devenux plus riches, les pauvres plus pauvres.

    La conclusion évidente est que les pauvres devraient s’être apauvris sous les efforts conjugés d’une ponction accrue des « riches » mais aussi de l’Etat.

    Or, toutes les études sèrieuses montre au contraire une « stagnation » des inégalités.

    Tout cet argent supplémentaire dépensé pour « dégrader le service public » a donc été pris à tous le monde équitablement. Mais ce seraient les pauvres qui en auraient le plus souffert. Et cela sans prendre en compte leur éviction du travail sous les coups des 35 heures et des coûts du travail rendus exorbitant par des prélèvements dont on se demande bien ce que l’on en a fait puisque le résultat est la montée des « nouvelles pauvretés ».

    Les collaborateurs du seul secteur économique qui a réussi sur les trentes dernières année a faire moins avec beaucoup plus de personnel et de moyens, nous expliquent ici qu’il leur faut plus d’argent. Bien sur dans « l’intérêt des pauvres ».

    Leur égoïsme de classe n’est sans doute ni plus ni moins grand que celui d’autre catégories ( encore que...) mais en revanche, leur tartufferie n’a pas d’équivalent.


    • bigglop bigglop 31 juillet 2012 01:56

      Bonsoir à tous,

      Merci pour excellent article qui synthétise parfaitement notre futur, si rien ne se fait pour sortir du cadre.

      Depuis bien longtemps, je n’ai de cesse de dire que Sarko et Hollande ne sont que les mains droite et gauche de l’oligarchie financière qui nous contrôle.
      Un exemple typique récent :
      Avant sa nomination comme ministre de l’économie, Moscovici était vice-président du Cercle de l’Industrie (lobby du CAC 40) créé en 1993 par D Strauss-Kanh et R Lévy (Pdt Renault) et a accueilli son nouveau président Philippe Varin, Président du directoire de Peugeot (PSA) nommé le 27/04/2012. Ce dernier, P Varin est le signataire d’un article « émouvant » sur la compétitivité française qu’il met en oeuvre contre les salariés de Peugeot. Liste des membres juillet 2011 à laquelle il faut rajouter Didier Migaud (Pdt Cour des Comptes).
      Les réseaux du Cercle : "Le Cercle s’inscrit dans une démarche d’ouverture en collaborant notamment avec le MEDEF, l’AFEP, l’European Round Table of Industrialists (ERT), le Transatlantic Policy Network (TPN), ou encore l’Institut de l’entreprise."

      A la suite des sanctions contre l’Iran, Peugeot a perdu un marché de l’ordre de 400 000 véhicules qui s’ajoute aux pertes de CA en Europe sur les marchés du Sud (Italie, Espagne, Portugal).

      Depuis l’accession au « trône » de Sarko, la meute des nouveaux chiens de garde a phagocyté l’information et la désinformation, la propagande règnent en maîtres. Cette situation arrange bien Hollande, car après le MES, la même chape de plomb couvre le TSCG interdisant tout débat démocratique comme en 2005 (mauvais souvenir pour le PS).

      Enfin après la crise financière de 2007/2008, ils parlent d’une crise de la dette des Etats, des banques, de l’Euro. Mais il s’agit d’une crise systémique bancaire internationale résultant des dérives du capitalisme avec la globalisation et la financiarisation des échanges internationaux.
      Au final, les pertes, les dettes privées sont transférées à la dette des états, les profits étant privatisés (paradis fiscaux). Il n’y a pas de crise de l’Euro.

      L’Espagne ne veut pas de « plan de sauvetage » qui impliquerait de nouvelles mesures d’austérité complémentaires à celles prises pour le « sauvetage » de son système bancaire (annoncé 100 mds€ mais au final, octobre 2012, bien plus). En attendant, le sauvetage serait de plus de 500 mds €, sans compter les Régions (Communidades Autonomas) qui sont en faillite.

      On peut parler de théorie des dominos, le Portugal (Faillite technique), l’Irlande, l’Espagne, l’Italie entrent dans un scénario à la Grecque car les prétendus « remèdes » sont les mêmes.

      Le pseudo accord de croissance « renégocié » (rapport Cheuvreux-N Doisy) par Hollande, n’est pas près de voir le jour, car les derniers indices économiques démontrent une aggravation de la récession pour 2012,2013.

      Maintenant, ils parlent :
      - intervention directe de la BCE auprès des Etats par un quantitative easing massif, mais il faut modifier fondamentalement les statuts de la BCE (référendum ?) et Merkel y est opposée en raison des risques d’inflation. Les derniers QE aux Etats-Unis n’ont pas donné les résultats escomptés.

      • de donner une licence bancaire au MES, mais cela serait une modification substantielle des statuts du traité et donner un pouvoir exorbitant à un "organisme international" , par une activité bancaire sur les marchés financiers et spéculatifs. Mais ce Machin ne pourra pas être mis en place avant le 4ème trimestre 2012 et n’aura la capacité financière d’action. D’ici là, toutes les catastrophes peuvent survenir.

      • En l’état actuel, le FESF ne possède pas les fonds suffisants pour ’’aider’’ l’Espagne et surtout pas pour l’Italie plus tard compte tenu des utilisations précédentes pour l’Irlande, le Portugal, la Grèce (le Private Sector Involvement-restructuration dette, n’a rien amélioré). Même en l’augmentant à +1000mds€ avec une garantie des états de 20% (effet de levier de 5), ce sera insuffisant.

      • Le futur MES ne pourra pas être mis en œuvre avant le 4ème trimestre 2012, bloqué dans l’attente de la décision la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe le 12 septembre 2012 .

      • ’’Ils’’ étudient une nouvelle restructuration de la dette grecque détenue par la BCE et les banques centrales nationales. Lors de la première, la BCE et les BCN s’étaient ’’exclues’’ du périmètre. Mais depuis l’arrivée de Draghi, la BCE est devenue un ’’hedge fund’’ ne possédant, majoritairement, que des créances pourries (Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Grèce, Malte, plus les collatéraux apportés lors des deux LTRO) et la BDF détient encore beaucoup de dette grecque (recapitalisation ???)

      Depuis 2008, « ILS » pratiquent la méthode Coué et la procrastination ou l’art de ne rien résoudre en appliquant les remèdes de l’idéologie néo libérale pour « rassurer », convaincre" les marchés.
      Il me souvient des paroles fortes :"je veux combattre cette finance folle, sans visage", qu’en est-il aujourd’hui ???

      Relisez ces propos de M Draghi sur : le modèle social européen est mort

      Les solutions non orthodoxes :

      Réintroduire ces articles du code pénal et du code civil dans ce qui tient lieu de Constitution Européenne et les constitutions nationales : - art 421 : « Les paris qui auront été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics, seront punis d’un emprisonnement d’un mois au moins, d’un an au plus. » [Article 421 du Code pénal, abrogé en 1885. NB : « effet » = obligation]
      - art 422 : « Sera réputée pari de ce genre, toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au temps de la livraison. » [Article 422 du Code pénal, abrogé en 1885] - art 1965 C Civ : « la loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou le paiement d’un pari (article 1965 du Code Civil 1804 abrogé) ou

      - art L 432-20 : ’’ Nul ne peut, pour se soustraire aux obligations qui résultent d’opérations à terme, se prévaloir de l’article 1965 du code civil, lors même que ces opérations se résoudraient par le paiement d’une simple différence.’’ (art L 432-20 Code Monétaire et Financier Abrogé par Ordonnance n°2009-15 du 8 janvier 2009 - art. 3 )

      Simultanément organiser un défaut partiel ou total (restructuration) sur la dette publique de la zone Euro,et par conséquent les pays de la zone euro se retrouvent non seulement avec la monnaie commune (qu’ils avaient déjà) mais avec une dette commune ayant subi la décote correspondant à la restructuration. La zone euro aura opéré sa métamorphose : elle peut désormais fonctionner comme une zone monétaire ordinaire. Elle est sauvée. Autre avantage, remettre en cause la prédominance du dollar comme monnaie d’échange et de réserve et provoquer un Bretton-Woods 2 pour créer une monnaie supranationale, le Bancor (JM Keynes) basé sur un panier de monnaies fluctuant dans une fourchette déterminée. Une autre solution consiste à ériger les DTS (droits de tirages spéciaux) du FMI est un instrument du FMI qui sert à remplacer l’or monétaire dans les transactions internationales importantes, d’où son nom d’or papier ; il complète les réserves officielles existantes des pays membres. Le DTS est un crédit qu’une nation à balance commerciale excédentaire peut obtenir d’une nation à balance déficitaire. C’est donc une unité de compte pour le FMI et pour certains organismes internationaux.

      L’intérêt du système de DTS du FMI réside dans le fait qu’il permet un accès au financement à tous les pays du monde (ce qui n’est pas le cas des unions monétaires, par définition restreintes). Cette solution avait la faveur de D Strauss-Kanh, alors Directeur Général du FMI, à la suite des propositions de Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale de Chine, de la Russie malgré l’opposition agressive des USA.

      L’inconvénient, le FMI pourrait devenir le ’’gestionnaire’’ de cette nouvelle monnaie mondiale

      Voilà de quoi réfléchir.......



    • Jean-Louis CHARPAL 30 juillet 2012 12:03

      Il est bien certain qu’un ultra libéral de droite et un ultra libéral de gauche seront toujours d’accord sur l’essentiel.

      On n’arrivera à rien tant qu’on continuera à laisser l’économie du monde dirigée par les spéculateurs, les banksters et les multinationales.

      Il est particulièrement absurde que les Etats d’Europe empruntent à des particuliers à des taux délirants leur propre monnaie !

      Il faut commencer par renégocier cette dette bidon et par emprunter à taux très faible , voire à taux zéro, auprès des banques centrales.

      Si on ajoute une suppression des niches fiscales, une lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, le Gouvernement de la France retrouverait des marges de manoeuvre considérables lui permettant de relancer l’économie.

      Or le Gouvernement actuel et le PS sont bien trop mous et acquis au dogme ultra libéral pour faire quoi que ce soit d’efficace allant dans ce sens. 


      • BA 30 juillet 2012 13:20

        Lundi 30 juillet 2012 :

         

        Madrid ne demandera pas l’aide des fonds européens.

         

        "L’Espagne ne demandera pas aux fonds de sauvetage européens d’acheter sa dette même si le pays souhaiterait voir rapidement reculer ses coûts d’emprunt", déclare le directeur du Trésor espagnol Inigo Fernandez de Mesa dans une interview au quotidien local Expansion.

         

        "Le Trésor émettra de la dette en 2013 pour les régions ayant sollicité l’aide de Madrid pour se financer", précise Inigo Fernandez de Mesa.

         

        Les 17 régions autonomes d’Espagne sont exclues de fait des marchés financiers, et nombre d’entre elles envisagent de se financer par le biais d’une ligne de crédit de 18 milliards d’euros mise en place par le gouvernement central.

         

        "Il n’est pas à l’ordre du jour de l’Espagne de demander au fonds d’acheter de la dette, pas du tout. Cela ne s’est pas produit et je peux vous assurer que cela ne se produira pas", déclare Inigo Fernandez de Mesa.

         

        (Dépêche Reuters)

         

        Mardi 17 juillet 2012 :

         

        Selon les calculs du FMI, la dette publique de la Grèce sera de 171 % du PIB en 2013.

        La dette publique de l’Italie sera de 126,4 % du PIB en 2013.

        La dette publique de l’Irlande sera de 121,2 % du PIB.

        La dette publique du Portugal sera de 118,6 % du PIB.

        La dette publique de l’Espagne sera de 96,5 % du PIB.

        La dette publique du Royaume-Uni sera de 92,7 % du PIB.

        La dette publique de la France sera de 90,1 % du PIB.

         

        C’est la page 2 :

         

        http://www.scribd.com/doc/100206742/IMF2


        • alinea Alinea 30 juillet 2012 13:21

          C’est bien de faire des rappels réguliers, surtout que votre article est très clair.
          Le néo libéralisme va à sa perte ; de s’aveugler à ce point les politiques prouvent l’imposture de leur position. Ils iront si loin que ça finira mal !


          • Leo Le Sage 30 juillet 2012 14:07

            @AUTEUR/Jacques
            Jacques, c’est du lourd... smiley
            Plus sérieusement, puisque nous sommes entraînés malgré nous dans cet imbroglio, il faut faire avec et chercher un moyen de contournement.
            Je choisirais ce qu’avait préconisé le physicien Maurice Allais :
            un minimum de protectionnisme correctement ajusté entre les pays de la zone Euro...

             

            Cordialement

            Leo Le Sage

            (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


            • Papat 31 juillet 2012 09:32

              Excellent article. Merci.
              A voir la proportion de personnes qui partagent l’avis de l’auteur (90%), si le pacte de stabilité était voté, on pourrait se demander si nous sommes toujours en démocratie (si tant est que nous l’ayons jamais été )


              • BA 5 août 2012 00:14

                Jeudi 2 août 2012, jour historique.

                 

                Le jeudi 2 août 2012, dans la zone euro, l’information la plus importante de l’année 2012 a été cachée par les télévisions, par les radios, et par presque tous les grands titres de la presse papier :

                 

                En zone euro, il y a eu le réarmement d’une banque centrale nationale, en violation de tous les traités européens.

                 

                Qu’est-ce que le réarmement d’une banque centrale nationale ?

                 

                C’est quand une banque centrale nationale prête de l’argent à un Trésor public national.

                 

                TOUS LES TRAITES EUROPEENS INTERDISENT QU’UNE BANQUE CENTRALE NATIONALE PRETE DE L’ARGENT A UN TRESOR PUBLIC NATIONAL :

                 

                « Conformément à l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, il est interdit à la BCE et aux banques centrales nationales d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

                 

                OR LA BANQUE CENTRALE DE LA GRECE VIENT DE PRETER 6 MILLIARDS D’EUROS AU TRESOR PUBLIC GREC :

                 

                http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/08/02/20002-20120802ARTFIG00564-le-plan-grec-pour-echapper-au-defaut-de-paiement-cet-ete.php

                 

                Le réarmement de la banque centrale de la Grèce est une information historique.

                 

                Le réarmement de la banque centrale de la Grèce montre ce qui nous attend dans les années qui viennent, en Grèce et dans d’autres pays européens :

                 

                -  L’éclatement de la zone euro.

                 

                -  Le retour aux monnaies nationales.

                 

                -  Le réarmement des banques centrales nationales.

                 

                -  En Grèce et dans d’autres pays européens, une banque centrale nationale prêtera de l’argent à un Trésor public national.

                 

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