Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Il faut faire payer les riches et les entreprises ?

Il faut faire payer les riches et les entreprises ?

Ces dernières semaines, de nombreux articles ont traité du financement des retraites et de l’Etat. La loi sur les retraites étant votée, il semble difficile de ne pas constater que son application n’aura que peu d’influence sur le déficit de l’Etat. Le déficit de l’Etat restera énorme : 152 milliards d’euros en 2010, avec une prévision de baisse pour les prochaines années qui semble illusoire compte tenu des dépenses qui ne cessent d’augmenter.
 
Qui n’était pas effaré, il y a seulement 8 ans, quand on parlait de dizaines de milliards de francs de déficit ? Aujourd’hui nous en sommes à 1900 milliards de francs en deux ans soit 290 milliards d’euros.
Est-il utile de rappeler qu’un déficit existe quand les dépenses sont supérieures aux recettes ? Fort heureusement la quasi totalité des Français est d’accord pour admettre qu’il n’est pas possible d’accumuler indéfiniment des déficits.
La solution que préconise une majorité d’entre eux est d’augmenter les recettes plutôt que de diminuer les dépenses.
Il suffirait pour cela de faire payer les riches et d’augmenter les prélèvements sur les entreprises.
 
Faire payer les riches ?
 
Cette idée est confirmée dans de nombreux commentaires en invoquant une étude du Crédit Suisse venant de paraître.
Cette étude indique qu’il y aurait en France 2,2 millions de millionnaires en dollars et qu’ils représentent 9% des millionnaires mondiaux. Ramené au nombre d’habitants, la France aurait ainsi plus de millionnaires en dollars que les Etats-Unis qui n’en possèdent que 9,94 millions. La France serait donc plus inégalitaire que les Etats-Unis considérés jusqu’à maintenant comme le symbole du libéralisme sauvage et de l’inégalité.
Personne ne sait comment le Crédit Suisse a trouvé ce chiffre mais c’est écrit... La France serait donc un pays riche dont les richesses seraient mal réparties, les riches n’étant pas assez solidaires.
Pour supprimer le déficit de la France, il suffirait donc de mieux répartir les énormes richesses de notre pays.
 
Qu’en est-il exactement ?
 
D’après la dernière déclaration d’ISF 2009, 560.000 ménages ont déclaré un patrimoine supérieur à 780.000 euros. Ne sont pas compris dans ces patrimoines la valeur des entreprises détenues et dirigées par une même personne ainsi que les oeuvres d’art. Aucune statistique ne permet d’évaluer la valeur de ces entreprises mais le Crédit Suisse a peut-être des informations secrètes...
Le rendement de l’ISF est actuellement d’environ 3 milliards d’euros. On peut imaginer de tripler les taux de l’ISF. Les plus riches seraient ainsi obligés de payer tous les ans plus de 5% de leur patrimoine. Cela aurait certainement pour conséquence une fuite importante de capitaux mais rien n’empêche d’écrire que l’ISF rapporterait 6 milliards d’euros supplémentaires.
Au niveau des revenus, les dernières statistiques du Ministère des Finances sur les revenus 2007, indiquent que 420.000 foyers ont payé plus de 17.000 euros d’impôts sur le revenu. Cela équivaut environ à un revenu de 7000 euros par mois par foyer.
L’ensemble de ces foyers ont déclaré des revenus, y compris les revenus financiers, s’élevant à 80 milliards d’euros. Au lieu de les imposer à 40% pour la tranche maximum et 30% pour les plus values financières, on pourrait augmenter les taux de 20%, soit passer à respectivement 60% et 50%. Comme pour l’ISF, il est fort probable qu’un tel niveau d’imposition ne laisserait pas de marbre certains contribuables et que de nombreux revenus ne seraient plus déclarés en France. Mais rien n’empêche de faire le calcul des gains pour l’Etat. Ils s’élèveraient à environ 16 milliards d’euros.
 
Ainsi, en triplant l’ISF et en augmentant les tranches impôts sur le revenu de 20%, l’Etat encaisserait 22 milliards supplémentaires.
On aura ainsi couvert 15% du déficit de l’Etat et il resterait quand même 130 milliards de déficits à trouver.
On ne peut qu’en conclure qu’imposer les riches à un niveau qui ferait de la France le pays où les riches sont le plus imposés au monde, ne règlerait que très marginalement le déficit abyssal de notre pays. Il ne faut pas oublier non plus qu’aucun gouvernement ne pourra interdire à qui que ce soit de quitter le pays ou d’être payé à l’étranger.
Ce qui est sûr, c’est qu’il faut trouver une autre idée que celle de faire payer les riches si l’on veut ne plus avoir de déficits publics.
C’est d’autant plus important qu’il existe en France l’illusion de vivre dans un pays riche. C’était un pays riche mais il ne l’est plus.
Pour le montrer, il est intéressant de se pencher sur l’évolution de la dette et celle du PIB depuis 2000.
En 2000, la dette était de 826 milliards d’euros et le PIB de 1441 milliards.
En 2010, la dette est de 1614 milliards d’euros et le PIB de 1940 milliards.
La dette a donc augmentée de 788 milliards d’euros quand le PIB n’a augmenté que de 499 milliards.
Si l’on considère que cette dette a été réinjectée dans l’économie nationale et a donc participé au PIB, on peut en déduire que sans la dette le PIB aurait baissé de 289 milliards d’euros à dette constante. Entre 1980 et 2000, la dette a augmenté environ du même montant que le PIB.
L’augmentation de la richesse de la France depuis 1980 est donc une illusion car cette richesse s’est réalisée à crédit et que ce crédit n’a pas été remboursé. Non seulement il n’a pas été remboursé mais il y a près de 300 milliards d’euros à payer en plus.
Doit-on s’étonner que, selon l’INSEE, le patrimoine de l’économie nationale a baissé de 5% entre 2007 et 2009. Il est temps de s’inquiéter sur les méthodes de gestion de l’Etat Français qui ne varie pas depuis 30 ans.
Il est aussi courant d’affirmer que notre système fiscal et de cotisations est très inégalitaire et favorise outrageusement les riches. Le problème est que personne n’indique avec précision quel doit être précisément le niveau de solidarité des uns pour les autres.
Le rôle de l’Etat étant d’apporter les mêmes droits et avantages à tous les citoyens quelques soient leurs revenus, il peut être utile de se pencher sur la contribution de chacun au financement de ces droits communs.
La solidarité est censée s’exercer par les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu.
Si l’on compare la participation au budget de l’Etat d’un salaire brut annuel de cadre supérieur de 240.000 euros par mois à celui du salaire brut median des salariés qui est de 24.000 euros, on constate les faits suivant :
Les cotisations sociales annuelles salariés et employeurs ( hors retraites compte tenu de leur redistribution non égalitaire), s’élèvent à environ 9.000 euros pour un salaire de 24.000 euros et 90.000 euros pour un salaire de 240.000 euros.
L’impôt sur le revenu s’élève à environ 1.400 euros pour un salaire de 24.000 euros et de 57.000 euros pour un salaire de 240.000 euros.
Les prélèvements annuels sur les revenus salariaux sont donc de 10.400 euros pour un salaire de 24.000 euros et de 147.000 euros pour un salaire de 240.000 euros.
On constate donc que, du seul fait de son salaire, le cadre supérieur payé 20.000 euros par mois contribue 14 fois plus au financement de l’Etat et de la sécurité sociale que celui qui touche le salaire médian à savoir 2.000 euros. Il n’en recevra aucun avantage supplémentaire de la part de l’Etat, qui le traitera à juste titre, de la même manière que celui qui n’a aucun moyen.
On peut considérer que ce niveau est trop faible ou trop fort mais ce type de calcul permet de mesurer la réalité de la solidarité des plus aisés au financement de l’Etat.
 
 
Faire payer les entreprises ?
 
De nombreux articles font état ces derniers jours du rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires qui fait état de 150 milliards de niches fiscales et sociales au bénéfice des entreprises. Il est régulièrement indiqué qu’il suffirait de les supprimer pour régler le déficit de l’Etat.
Il y a effectivement beaucoup d’éléments à tirer de ce rapport et il ne fait aucun doute que le montant de certaines niches peut être diminué.
Par contre, il ressort de ce rapport que le système des prélèvements et exonérations Français est d’une incroyable complexité et devient totalement illisible. On y apprend par exemple que les contrôles Urssaf des entreprises ont des résultats étonnants :
 
« La complexité du système conduit paradoxalement le redevable à retenir des options qui lui sont parfois défavorables.
Face à des dispositifs dérogatoires difficiles à appréhender, le redevable est conduit à faire des erreurs dans leur utilisation, qui lui sont parfois défavorables.
Ainsi, la part des entreprises bénéficiant d’un remboursement à la suite d’un contrôle parmi les entreprises contrôlées par l’URSSAF (ou « redressements négatifs ») ne cesse de croître (9 % en 2000, 32 % en 2008), de même que la part représentée par les « redressements négatifs » dans l’ensemble des redressements réalisés (6 % en 2000 et 36 % en 2008). »
 
Il faut le lire pour le croire. Une part importante de l’activité (36%) des contrôleurs de l’Urssaf sert à constater que les entreprises ont trop payé de cotisations et à les rembourser. Cela montre la grande honnêteté intellectuelle des contrôleurs de l’Urssaf mais aussi que notre pays marche sur la tête.
On a trop tendance à oublier également la conclusion de ce rapport :
 
« La tendance bien française à privilégier des prélèvements aux taux élevés frappant des assiettes étroites doit par ailleurs être inversée. Comme l’avait souligné le rapport du Conseil consacré aux prélèvements obligatoires des entreprises dans une économie globalisée, l’attractivité du territoire français vis-à-vis des entreprises s’en trouve sans doute handicapée, et ce sans gains budgétaires. La réduction des dispositifs dérogatoires applicables aux entreprises contribuerait à favoriser des bases larges et des taux bas...
S’il apparaît possible à l’issue de cette étude d’identifier des pistes d’économies significatives, l’examen de nombreux dispositifs dérogatoires applicables aux entreprises met également en évidence que le gain budgétaire attendu de la réduction de certaines dispositifs est sensiblement inférieur au coût de la mesure tel qu’il est évalué.
En effet, toute modification d’un dispositif dérogatoire conduit les entreprises à s’adapter rapidement à ce nouveau contexte, en optimisant leur charge de prélèvement. Les entreprises disposant d’une activité internationale bénéficient de possibilités d’adaptation accrues, dans un monde de plus en plus concurrentiel. La poursuite de l’harmonisation fiscale au niveau européen constitue dans ce cadre une nécessité.
En ce sens, la démarche de rationalisation et de réduction des dépenses fiscales et niches sociales doit être volontariste et pragmatique. Elle ne saurait toutefois suffire à elle seule à remédier à la dégradation de nos finances publiques. »
 
Ainsi, il ne faut pas rêver, quoiqu’en disent certains, la suppression des niches fiscales des entreprises n’est pas la solution au déficit. L’impôt sur les sociétés s’élève actuellement à 50 milliards d’euros et il sera très difficile de gagner quelques dizaines de milliards sans toucher à leur compétitivité.
 Le rapport indique clairement que le système est à réformer afin d’avoir des taux bas sur des bases larges et afin d’être plus compétitif au niveau international. On est loin d’une préconisation d’augmentation des cotisations et des impôts.
 
En conclusion, prétendre que l’on pourra régler le déficit de l’Etat Français en imposant plus les riches et les entreprises est faux car leurs revenus ne sont pas à la hauteur des déficits.
Qu’on le veuille ou non, la seule solution sera une diminution drastique des dépenses et plus on attendra pour la réaliser, plus la chute sera brutale.
 

Moyenne des avis sur cet article :  2.43/5   (28 votes)




Réagissez à l'article

74 réactions à cet article    


  • marc 29 octobre 2010 10:27

    Je viens de voir les chiffres suivants dans une publication sérieuse :

    Déficits tout compris ( état + sécu) : 
     165 milliards

    Cadeaux aux milliardaires et grosses entreprises ( genre amendement Copé, exonérations diverses, etc... ) : 
     173 milliards

    Sans compter les milliards de taxes créées pour alimenter la sécu que l’état vole en les gardant dans ses caisses.

    Il n’y a pas de déficit ; il est créé artificiellement , de toutes pièces , pour expliquer le racket exercé par les financiers contre les français moyens , modestes et pauvres.

    Votre interrogation n’a donc aucun fondement et participe simplement de l’escroquerie intellectuelle.


    • Olivier Bach 29 octobre 2010 11:00

      A Marc,


      Malheureusement, l’Etat ne garde rien dans ses caisses. Il semble que vous ayez mal lu les conclusions du rapport sur les prélèvements obligatoires publié par une commission présidée par Didier Migaud. Certes il y a quelques cadeaux qu’il faudra supprimer mais cela ne règlera pas le problème.


    • TSS 29 octobre 2010 18:05

      l’etat ne garde rien dans ses caisses ,effectivement, il se contente de detourner l’argent de sa

      destination:assechement de la caisse des Assedic,detournement de la cagnote

      previsionnelle pour les retraites !!

      le Gvt etrangle volontairement la SS pour obliger les gens à se diriger vers l’epargne

      volontaire(rien que le mot m’amuse !) art 32de la loi qui vient d’être votée !

      la plus grosse« boite » d’assurances en tous genres(Malakoff-Mederic)qui s’est associée

      avec la caisse des depots n’attend que le feu vert !et qui est le patron de cette entité,je vous le

      donne emile :Guillaume Sarkhosï !! la boucle est bouclée... !!


    • Ariane Walter Ariane Walter 29 octobre 2010 10:32

      @ Olivier,

      Il est bon que vous publiez dans Agoravox, car, comme vous vous en doutez, vous ne représentez pas la majorité.
      J’appartiens à cette majorité qui ne partage pas votre opinion.
      Je trouve ,en particulier votre conclusion, veuillez m’en excuser, grossièrement partisane.
      je vous reprends :

      En conclusion, prétendre que l’on pourra régler le déficit de l’Etat Français en imposant plus les riches et les entreprises est faux car leurs revenus ne sont pas à la hauteur des déficits.
      Qu’on le veuille ou non, la seule solution sera une diminution drastique des dépenses et plus on attendra pour la réaliser, plus la chute sera brutale.« 

       »la seule solution" est de diminuer les dépenses.
       Vous ne pensez pas que vous pourriez dire

      « taxer les riches est une partie de la solution., réduire les dépenses est le second volet. »
      Ce serait plus équilibré.

      Par ailleurs votre texte est ce qu’il y a de plus haïssable. une bataille de chiffres. Vous mettez en doute ceux des Suisses mais les vôtres sont exacts. il faut vous croire.
      Cher monsieur Bach, une grande partie de la population vit mal, très mal. ce n’est sans doute ni votre cas ni le mien mais il faut parfois savoir sortir de son jardin.
      Plus encore. Elle vit mal et elle n’espère plus. Ni pour elle. Ni pour ses enfants. Ce qui est le pire.
      Le commerce , le sacro-saint commerce qui est le nouveau Dieu va se trouver très mal quand tous les consommateurs seront ruinés.
      A force de trop vouloir serrer la ceinture on fait des morts.On crée des situations révolutionnaires.
      Votre message peut ainsi se traduire :
      "C’est la vie. C’est la réalité économique. restez où vous êtes. ne bougez pas. il y a des riches. Vous n’en êtes pas. Putain arrêtez de bouger ! laissez-vous tondre ! C’est votre destin, mouton !

      Je crois que vous ne percevez pas la violence de ce que vous écrivez.
      je pense qu’il y a d’autres méthodes que les vôtres mais elles ne favoriseront plus la classe dirigeante. Voilà pourquoi vous n’en parlez pas.
      Vous avec une logique mathématique qui est celle du monde d’autrefois.
      Nous connaissons le monde d’aujourd’hui. celui où l’on invente de l’argent quand on est à un certain niveau.
      On va aussi l’inventer au niveau du travail qui sera la richesse -étalon.
      Vous représentez une pensée ancienne. un monde ancien. Vous qui aimez réfléchir, pourquoi ne réfléchissez-vous pas à des solutions qui seraient au service de tous et non de quelques-uns ?
       


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 11:43

        A Ariane Walter,

        Je vous lis toujoursd avec plaisir. Je comprends que vous puissiez écrire que mon texte est haïssable, la réalité est haïssable.

        Vous indiquez que ma conclusion aurait du être plus équilibrée. Comment équilibrer quelque chose qui ne l’est pas ? Les dépenses ne sont pas le second volet mais de très loin le premier et plus on tardera à le règler plus ce sera la catastrophe pour les plus faibles.
        Les chiffres que je présente sont officiels et ne sortent pas d’un chapeau. Par contre, je le confirme, celui des Suisses sur les millionnaires ne se retrouvent dans aucune statistique officielle.
        Soyez assuré que je sors de mon jardin et que j’aide à la mesure de mes moyens. Mais vous vous trompez sur le sens de mon message. Je suis favorable à une aide aux plus faibles la plus large possible mais ce n’est pas ce qui est fait aujourd’hui. La grande majorité des dépenses actuelles n’est pas pour les plus faibles.
        Je ne suis pas violent, ce sont les chiffres qui le sont et il est temps de s’en rendre compte. Je conteste avec force ce que font actuellement les responsables politiques et financiers. J’ai déjà écrit des articles à ce sujet.
        La solution est de créer des règles qui interdisent les montages financiers qui relèvent de l’escroquerie. La solution est de supprimer toutes les possibilités qui permettent de ne pas payer les impôts normalement dus. La solution est aussi en ce qui concerne notre pays de doubler, voir tripler les moyens de la justice afin de faire respecter enfin les lois et les règlements. Quand des escroqueries ne sont pas condamnnées ou condamnées faiblement au bout de 10 ans, on est plus dans un état de droit qui est le fondement d’une démocratie.
        Permettez_moi de conclure qu’on ne peut se passer de logique mathématique. N’oubliez pas que c’est elle qui régit la nature. On peut avoir envie de s’en extraire mais bien souvent le retour sur les réalités de la terre n’en est que plus pénible.


      • ThierryCH 29 octobre 2010 12:00

        Je me permets d’intervenir dans votre dialogue.

        Je pense, Ariane Walter, que vous êtes dans un tout autre registre que l’auteur, c’est à dire que vous vous placez dans une perspective révolutionnaire. Donc peu vous importe les chiffres, puisque ces chiffres, quels qu’ils soient (ceux de l’auteur ou ceux provenant d’autres sources) représentent un système que vous souhaitez voir disparaître et remplacer par un autre.

        Mais l’auteur ; me semble-t-il, se place dans la perspective d’une adaptation du système. Dans ces conditions, il faut bien parler des chiffres, car ils vous rattraperont toujours. C’est peut être austère, mais haïssable, non. Ce qui peut-être haïssable en effet c’est la réalité que reflètent les chiffres et non les chiffres eux-mêmes (haïssez vous le journal qui vous rapporte un crime ?).

        Merci à vous, Olivier Bach, de rappeler qu’il est important de parler des chiffres. C’est au moins une façon de tenter de rendre les débats plus objectifs.


      • Ariane Walter Ariane Walter 29 octobre 2010 12:30

        @ Olivier,
        Pourquoi n’avez-vous pas dit ce que vous dites ici dans votre article ? Il aurait été tellement plus équilibré.
        Des chiffres sans humanité, ce n’est jamais très porteur. et si l’on est humain, le cacher n’est pas un bon calcul.

        mais je ne veux donner de leçons à personne. je dis ce que je pense sans plus. Ert en fait, je ne le dis pas ,je l’écris, ce qui donne toujours à la pensée un air catégorique qui ne serait pas celui d’une conversation.
        Pour vous comme pour moi.


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 12:44

        A ThierryCH,

        La réalité est effectivement incontournable. On recule depuis 30 ans face à cette réalité. Mais là, il me semble que l’on est proche de l’échéance. Une majorité de Français ne se rendent pas compte de ce qui s’est passé il y a quelques mois avec la Grèce qui n’était que la goutte d’eau qui faisait débordéer le vase. Pour l’instant, on a mis des rustines mais il est fort probable qu’elles sautent dans les années qui viennent et on ne pourra plus en mettre d’autres


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 12:53

        A Ariane Walter,

        Il me semble surtout que vous m’avez mal lu. Mais vous avez raison, l’écrit peut poser des problèmes de compéhension surtout quand l’objectif premier est de ne pas faire trop long.
        Il est toujours difficile de simplifier quelque chose de complexe. J’ai d’ailleurs tendance à penser que c’est dangereux car cela devient une source d’incompréhension. Face à un problème complexe, il faudrait faire confiance à certaines personnes capable de l’analyser. Mais sur ce sujet, c’est malheureusement devenu impossible tant les conflits d’intérêts sont permanents.



      • TSS 29 octobre 2010 13:17

        @l’auteur

        lisez l’article en tete d’agoravox « après le vote de la loi,on supprime la retraite » vous y verrez les

        chiffres de la cour des comptes qui reduisent à néant votre pseudo argumentation... !!


      • TSS 29 octobre 2010 13:27

        petite remarque : depuis 1973 la loi scelerate de Pompidou interdit à la France d’avoir un droit

        sur son argent !

        resultat depuisque l’on emprunte au privé : 1980/2006 dette 1200 milliards d’€ ; interêts 1050

        milliards d’€ !

        solution :nationalisation partielle des banques et abrogation de cette loi(même si elle est inscrite

         à Maastrich)... !!


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 14:08

        A TSS,

        La lecture de l’article que vous mentionnez montre au contraire que les montants dont il est question sont très loin du montant du déficit. Encore une fois, il y a une réalité des chiffres incontournable.
        Je serais curieux de savoir à qui vous voulez que l’Etat emprunte et à quel taux d’intérêts. Si les intérêts sont si importants, c’est que la dette ne cesse d’augmenter. Pour information, l’Etat vient d’emprunter quelques milliards ces derniers jours à 0,6% d’intérêts annuels. Les taux n’ont jamais été aussi faibles. Le problème est que l’Etat devra rembourser ces milliards dans 3 mois.


      • Cogno2 29 octobre 2010 15:00

        Le problème est que l’Etat devra rembourser ces milliards dans 3 mois.

        En empruntant d’autres milliards je suppose ?
        C’est d’un tragicomique...


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 15:08

        A cogno2,


        C’est exact mais le taux d’intérêt est intéressant à court terme.


      • Cogno2 29 octobre 2010 16:44

        La seule chose qui soit intéressante, c’est que 0.06% de 3Mds, ça fait 18 millions, en trois mois, c’est un bon business pour les quelques uns qui vont les récupérer.


      • Olivier Bach 29 octobre 2010 18:07

        A cogno2,

        Le paradoxe est que ceux qui ont prêté considère certainement que c’est de la misère. En réalité, ils n’auront touché que 4,5 millions puisqu’il s’agit d’un prêt sur 3 mois. 06% quand l’inflation est à près de 2%, ça s’appelle une réduction de son capital.


      • Login Login 30 octobre 2010 10:47

         @Olivier
         Vous dites : On recule depuis 30 ans face à cette réalité. 

         Soyez plus précis, qui recule ou plutot qui ignore cette réalité ?
         

      • Olivier Bach 30 octobre 2010 11:37

        A Login,


        Il s’agit de nos dirigeants politiques de tous tendances qui sont les seuls à avoir le pouvoir de modifier cette tendance.


      • Login Login 30 octobre 2010 12:49

         @Olivier

         Ce n’est donc pas une ’réalité’, juste la croyance d’une minorité...

      • Olivier Bach 30 octobre 2010 16:19

        A Login,


        Votre conclusion est pour le moins étonnante...


      • Superyoyo 29 octobre 2010 11:55

        Enfin un article argumenté venant du camp d’en face. Ca change de « c’est la faute aux 35h » ou « Ségolène la gourdasse », « Miterrand... », « UMPS », etc...

        Effectivement, si on voulait rembourser au plus vite la dette en prenant aux riches, il faudrait trop leur prendre (départ des patrimoines, fermetures d’entreprises). Il faut faire ça petit à petit (comme les baisses d’impôts depuis 30ans). D’abord d’inverser la tendance puis revenir à une fiscalité plus juste : supprimer le paquet fiscal, l’ISF et augmenter les impôts sur le revenu, surtout ceux du capital. Il ne faut pas regarder que les chiffres, il y a aussi le sentiment d’injustice.

        Réduire les dépenses voudrait dire moins de services, moins d’aides, donc revient à faire payer les pauvres ! On a donc le choix entre faire payer les riches ou faire payer les pauvres...

        Et puis ça commence à se savoir : la dette provient des intérêts à rembourser aux banques depuis que pompidou et giscard ont interdit à l’état « d’emprunter à 0% » à la banque de France. Faut-il privatiser les banques, débat en cours...


        • Olivier Bach 29 octobre 2010 12:15

          A Superyoyo,


          Je tiens à préciser que je n’ai pas de camp. J’essaye simplement de voir les réalités telles qu’elles sont et non telles que l’on aimerait qu’elles soient.

          Réduire les dépenses ne veut pas dire faire payer les pauvres et loin de moi l’idée de ne pas faire payer les riches. La société ne comprend pas que des riches et des pauvres, elle comprend essentiellement des personnes qui ne sont ni riches, ni pauvres.

          Je suppose que vous vouliez parler de la nationalisation des banques et non leur privatisation.


        • Olivier Bach 29 octobre 2010 12:19

          Une partie de ma réponse a été coupée.

          J’écrivais qu’il fallait interdire aux banques d’utiliser les dépots des particuliers et des entreprises. C’est à cause de ces dépots que l’on estime que les grandes banques ne peuvent pas faire faillite. C’est cela qu’il faut règler d’urgence et on n’en prend pas le chemin.


        • Superyoyo 29 octobre 2010 14:03

          Oui, je parlais de nationaliser, pardon...


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 octobre 2010 14:29

          Les banques, et c’est leur métier depuis les origines, prêtent à A ce que lui confie B.

          En générale, les banques prêtent à A la valeur confié par B multiplié par un facteur x qui est un pari (donc un risque assumé) sur les gains futurs.

          Le problème, c’est que quand les états se mêlent de garantir les banques, le facteur x prend des valeur disproportionnées, puisque le risque n’est plus assumé par les actionnaires, mais par les contribuables. A partir de là, tout est envisageable avec les gains maximum et zéro risques.

          La seule solution équitable, mais hélas réclamée uniquement par les libéraux, c’est que seuls les actionnaires assument les risques, sur leur biens propres, et qu’aucune banque ne soit garantie par l’état. Seul les déposants doivent pouvoir être protégés.


        • Olivier Bach 29 octobre 2010 14:40

          A jesuisunhommelibre,


          Les déposants ne sont pas protégés actuellement. Le fond d’idemnisation qui n’a en caisse que quelques milliards d’euros serait incapable de rembourser les déposants d’une grande banque. Il est impératif qu’il y ait une garantie totale des dépots qui ne recoivent aucun rémunération et donc n’ont pas à subir le moindre risque.
          Rémunération= risque. Non rémunération = garantie totale. Ce n’est pas le cas actuellement et cela doit changer car tant que ce ne sera pas fait, il sera impossible de mettre en faillite une grande banque.


        • rastapopulo rastapopulo 31 octobre 2010 05:21

          A part que la monaie est dématérialisé, à part que les état viennet de sauver la finance privée... oui tout est comme avant bande de nouille.


        • ThierryCH 29 octobre 2010 12:06

          @ Superyoyo

          « Réduire les dépenses voudrait dire moins de services, moins d’aides, donc revient à faire payer les pauvres ! On a donc le choix entre faire payer les riches ou faire payer les pauvres... »

          Je ne suis pas d’accord avec ça.
          De même que le mieux est parfois l’ennemi du bien, le toujours plus de dépenses ne signifie pas toujours plus de prestations pour ceux qui en ont besoin. L’Etat, et de façon générale les institution publiques, fonctionnent (presque) sans remise en question depuis des dizaines d’années. Je suis convaincu qu’il est possible de les rendre plus efficaces et moins coûteuses, sans pour autant réduire la qualité des services qu’elles rendent à la population.


          • Superyoyo 29 octobre 2010 14:01

            De la même manière que l’auteur démontre que de taxer les riches ne va pas rapporter grand chose, rogner sur les dépenses publique ne va pas faire gagner grand chose non plus, à moins de supprimer 1 millions de fonctionnaires d’un seul coup.
            Il faut sans doute faire les deux, mais surtout prendre des mesures justes, sinon aucune réforme ne sera possible.
            Taxer les riches : supprimer le paquet fiscal et augmenter les impôts sur le revenu mais supprimer l’ISF qui est injuste envers ceux qui ont un patrimoine mais ne gagnent rien (exemple l’ile de Ré)
            Réduire les dépenses publiques : de nos dirigeant oui mais de la police, des hôpitaux et des tribunaux, non !


          • Olivier Bach 29 octobre 2010 14:18

            A Superyoyo,


            La justice et la sécurité intérieure représentent à peine plus de 5% du budget de l’Etat. C’est effectivement là qu’est le problème. L’etat a délaissé ses fonctions régaliennes fondamentales pour s’occuper d’activités qui relèvent de la responsabilité individuelle.


          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 octobre 2010 12:15

            Bravo pour votre texte, qui risque de déclencher des discours haineux, puisqu’il énonce la réalité toute nue.

            Voici, en complément, le programme du gouvernement anglais : programmation-britannique
            D’ici quatre ou cinq ans, nous pourrons mesurer qui, des deux pays s’en sort le mieux.

            Et, enfin pour bien mesurer la part d’idéologie de certains discours, sachez qu’une journée de grève national coute entre 200 et 400 millions d’euros, soit un bouclier fiscal en deux ou quatre jours. Plus 1500 emplois de perdus par jour de grève. C’est beau la solidarité !!!


            • Olivier Bach 29 octobre 2010 12:29

              A jesuisunhommelibre,


              Merci pour vos compliments. Par contre, si le programme anglais réduit les dépenses, il ne régle en rien le problème des sociétés financières. Ils ne soignent pas le cancer, ils ne soignent que la douleur et je suis persuadé que la douleur reviendra s’ils ne réglementent pas le monde financier.

              Les grèves ne sont pas que le résultat d’idéologies mais aussi du manque d’explication du gouvernement et surtout de son comportement depuis des années.


            • Superyoyo 29 octobre 2010 13:46

              Si une journée de grève cause un manque à gagner de 300 millions d’euros, une journée sans grève rapporte donc pareil...
              300 millions x 365j par an = 109 milliards
              Où va cet argent ? dans la poche des actionnaires/héritiers ou dans la poche des travailleurs ?


            • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 octobre 2010 14:18

              @ O bach

              Vous avez raison sur le manque d’information, et aussi sur le coté bancal de la réforme qui ne traite qu’une petite partie du problème.
              En revanche, je suis moins d’accord sur la régulation financière. C’est plus l’excès de régulation que le manque de régulation qui est le problème, avec, comme résultat, une crise plus violente, un bonus aux plus forts, une complexification rendant obscure les opérations et un risque systémique (si tout le monde suit les mêmes règles, en cas de crise, tout le monde souffre de la même façon). Or, une régulation par un équilibre entre le besoin des emprunteurs et la part de risques acceptée par les actionnaires, associé, bien évidement à la transparence des comptes, suffit largement.

              Libre ensuite à chacun d’attaquer en justice tel ou tel, pour non respect d’un engagement.

              @Superyoyo,

              Contrairement à ce que vous semblez croire, il n’existe pas une richesse définie dans le monde, que chacun se partagerait.

              La richesse se crée à travers l’échange.

              Une perte de 300 millions d’euros, ne va, hélas, dans les poches de personne, et ne pourra donc jamais être redistribuée. Cette richesse est entièrement perdue pour tout le monde et de façon définitive. Heureusement, les échanges entre êtres humains perdureront, et de nouvelles richesses seront ainsi produites.


            • Olivier Bach 29 octobre 2010 14:49

              A jesuisunhommelibre,


              Je suis en désaccord complet avec votre analyse. C’est le manque de règlementation qui a permis de créer des milliers de milliards de dollars et d’euros totalement fictifs.

              Attaquer en justice est une liberté effective à partir du moment où la justice est rapide et ne demande d’avancer des frais incompatibles avec les moyens de la grande majorité des personnes qui s’estiment lésés. Ce n’est pas le cas actuellement et personne ne demande à ce que cela change. Ce n’est donc pas une liberté mais au contraire une lacune incompatible avec l’état de droit.


            • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 octobre 2010 15:33

              "Ce n’est pas le cas actuellement et personne ne demande à ce que cela change. Ce n’est donc pas une liberté mais au contraire une lacune incompatible avec l’état de droit."

              Je suis d’accord avec vous sur ce point. Il s’agit d’un problème de droit et de possibilité d’entamer des actions collectives.

              Sur le reste, je suis convaincu que la dé-responsabilisation des actionnaires est la cause principale des dérives.
              Comment expliquer sinon, que les agences de cotations soient payés par les organismes financiers (système imposé par la règlementation) alors que le bon sens commun veut que ce soient les clients qui se renseignent sur la solidité d’un partenaire (renseignements financiers).


            • Olivier Bach 29 octobre 2010 17:06

              A jesuisunhommelibre,


              Les actions collectives sont nécessaires à l’état de droit. Elles sont le contre-poids nécessaires aux dérives des certaines entreprises privées comme de certains organismes publics. Les refuser comme on le fait depuis des dizaines d’années conforte les critiques justifiées sur le libéralisme tel qu’il est pratiqué actuellement.
              Il en est de même pour les actionnaires. Ils ne se sentiront responsables que s’il y a des risques réel de faillite et donc de tout perdre. Or ce n’est pas le cas pour les banques avec le chantage à l’écroulement financier et les grandes entreprises avec le chantage à l’emploi. Le libéralisme ne peut pas fonctionner dans ces conditions.
               


            • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 29 octobre 2010 17:32


              « Les actions collectives sont nécessaires à l’état de droit. »
              C’est bien ce que je veux dire. Mais elles sont actuellement interdite en France.

              "Il en est de même pour les actionnaires. Ils ne se sentiront responsables que s’il y a des risques réel de faillite et donc de tout perdre. Or ce n’est pas le cas pour les banques avec le chantage à l’écroulement financier et les grandes entreprises avec le chantage à l’emploi. Le libéralisme ne peut pas fonctionner dans ces conditions."

              Exactement. Car l’état est trop impliqué, et qu’en France on refuse depuis très longtemps, toutes solutions libérales. Le libéralisme ne peut fonctionner que dans un système libéral, cela va de soi !

              Trouvez-vous normal que l’état subventionne à tout va n’importe quelle entreprise qui annonce vouloir créer des emplois, ou ne pas en détruire (Renault, Peugeot, Toyota ...) ?


            • Olivier Bach 29 octobre 2010 18:17

              A jesuisunhommelibre,

              Non, l’Etat n’a pas à subventionner une entreprise privée ou alors elle doit prendre une partie de son capital, ce qui n’est pas son rôle mais que je peux admettre dans certaines circonstances.
              Quand on commence dans ce genre de pratique, on ne peut plus s’arrêter. C’est la raison pour laquelle le système actuel est devenu totalement incohérent et qu’il soulève à juste titre des contestations.


            • rastapopulo rastapopulo 31 octobre 2010 05:23

              L’excès de régulation sur une monnaie dématérialisé serait préjudiciable ahahahaha

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès