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Accueil du site > Actualités > Economie > Il n’y a pas de pilote dans la zone euro

Il n’y a pas de pilote dans la zone euro

Les gouvernants de la zone euro sont perdus. Il faut enfin le reconnaître. Il n’y a ni vigie ni capitaine pour manœuvrer cet immense navire économique qui peine à avancer dans un monde incertain mais qui avance inexorablement. Nos dirigeants en sont tellement perturbés qu’ils en oublient la langue de bois, à l’image de Xavier Bertrand qui n’a pas la partie facile avec le dossier chômage et qui vient de déclarer : « tant que la situation économique ne s'améliorera pas, je ne vois pas comment les chiffres de l'emploi pourront réellement s'améliorer ». Il fut un temps où le même aurait pu dire « la situation est difficile mais la courbe est sur le point de s’infléchir vers un ralentissement de l’augmentation du chômage et comme le gouvernement prend des mesures efficaces, on aura une remontée de l’emploi une fois que ces mesures auront pris effet ». Saluons pour une fois le bon sens pratiqué par le ministre du travail avec cette formule qu’on peut imaginer transposée dans d’autres circonstances. Par exemple Loïck Peyron : « tant qu’il n’y aura pas de vent, je ne pourrais pas rattraper Titouan qui a 500 miles d’avance » ou encore Hubert Poirot, maraîcher à Concarneau : « tant qu’il ne pleuvra pas, les choux ne pousseront pas ». Une chose est certaine, l’économie européenne n’est pas orientée vers la croissance et le scénario se dessine à la japonaise. Traduction, chômage en hausse et crise sociale. Et les économistes, que proposent-ils ?

 Le survol des déclarations émises par les analyses mais aussi nos copilotes Merkel et Sarkozy me laisse perplexe, pour ne pas dire pantois. Je ne comprends rien à ces mesures aussi, je vais essayer d’expliquer quelque chose que je ne pige pas et si ça se trouve, je m’en tirerai mieux que les officiels médiatiques autorisés à parler dans leur milieu. Entre les agences de notation, les eurobonds, les opérations de la BCE, les aides du FMI, les engagements budgétaires, les traités communautaires, je ne vois rien de tangible à part que nous sommes dans la merde.

 Je suis tombé sur une dépêche annonçant l’éventualité d’une création d’eurobonds d’élite. Une idée à creuser. Le principe, c’est de permettre aux pays européens bénéficiaires du AAA d’émettre des obligations à taux réduit, 2 à 2.5%, pour ensuite prêter aux pays les plus en difficultés. On peut supposer que le taux final sera plus élevé, 3 à 4 %. Si je comprends bien, un pays doté d’une bonne santé financière pourra jouer le rôle d’un banquier et emprunter à taux très bas sur les marchés pour ensuite faire quelques bénéfices sur le dos des pays en difficultés. Cette opération ne semble pas très morale mais elle l’est plus que quand ce sont les « vilains marchés » qui eux, osent prêter à des taux bien plus élevés, 7-8 et plus, au risque d’asphyxier les pays les plus en difficulté. L’adage « on ne prête qu’aux riches » doit être précisé ainsi « plus on est riche, plus les taux baissent et inversement ». C’est aussi le principe du micro crédit. Sortir de la misère de pauvres paysans indiens en leur prêtant à des taux dépassant les 10%. Ce qu’il faut préciser, c’est que ces eurobonds ne peuvent être mis en place que grâce à des recettes fiscales supplémentaires. Sinon, l’opération se retourne contre les pays émetteurs qui deviennent alors surendettés plus qu’ils ne l’étaient et risquent de perdre leur note maximale. Qui dit fiscalité dit baisse de consommation et engrenage fatal pour la zone euro. Même si le sauvetage de la finance est assuré pour quelques mois, ce qui satisfera sans doute Jacques Attali, l’un des chantres des eurobonds mais semble-t-il, dans une version différente.

 Le FMI serait prêt à aider l’Italie, c’est du moins ce qui se dit. Mais à quel prix ? D’après les informations disponibles, le rôle du FMI serait de permettre à l’Italie de souffler, c’est-à-dire d’obtenir un délai convenable, disons deux ans, pour réaliser des opérations de restructuration interne. Ce qui, traduit en langage clair, signifie que l’Italie doit réaliser une réforme budgétaire considérable visant à faire entrer des recettes et surtout, effectuer d’importantes coupes dans les dépenses publiques. Ce qui favorise le chômage et la récession. L’Italie devrait aussi revoir le régime des retraites. Le FMI ne plaisante pas avec l’argent. Il aide les pays à condition qu’ils obéissent face à des impératifs de « bonne gouvernance économique ». Au final, les historiens retiendront que le FMI a aidé un certain nombre de pays à émerger et se doter d’un modèle économique peu ou prou industriel. Mais d’un autre côté, lorsqu’il aide la Grèce et l’Italie, le FMI accompagne les pays avancés dans la décomposition de leur modèle social.

 La BCE rachète des obligations paraît-il ? Les statuts de la BCE lui interdisent de participer au financement des Etats membres. Ce qui signifie qu’elle ne peut participer à l’adjudication d’obligations publiques en euro. Par contre, elle peut intervenir sur les marchés secondaires pour racheter des obligations déjà émises et c’est ce qu’elle a fait il y quelques jours, rachetant de la dette irlandaise, espagnole et italienne. Le mécanisme ressemble un peu à de la cuisine entre amis. Et vas-y que j’achète 5 milliards d’italienne et 10 d’espagnole. Venez, chers amis, venez vendre vos obligations. Evidemment, les opérations se font dans les salles de marchés et ce sont les traders qui informent la presse de l’intervention de la BCE. Au final, les obligations sont retirées de la circulation. Elles sont « stérilisées » pour ne pas faire fonctionner la planche à billet, contrairement à ce que font la FED et la banque d’Angleterre. Cette « stérilisation » obéit bien évidemment aux angoisses des Allemands qui seraient encore hantés par le désastre inflationniste des années 20. Il faut néanmoins examiner concrètement ce qui se passe. La dette est rachetée et donc, les vendeurs de dette reçoivent pas mal d’argent. Ces vendeurs, ce sont les opérateurs parmi lesquels on trouve les gestionnaires d’épargne comme l’assurance-vie et les gestionnaires de patrimoine et tous les investisseurs. Quand un gestionnaire vend de la dette, il récupère de l’argent mais son premier commandement est de ne pas le faire dormir, alors il place son argent au mieux, un peu de métaux précieux selon la tendance, un peu de pétrole et pas mal d’actions. Ce lundi 28 novembre, le CAC 40 est tonique, il monte de 5.5 %. Or, le vendredi 25, la BCE avait racheté des dettes européennes. Ce qui pourrait expliquer cette augmentation des bourses européennes. L’argent récupéré des dettes vendues est venu se placer sur le marché boursier conformément au principe des vases communicants. Et voilà peut-être l’énigme résolue car on se demande pourquoi les actions montent alors que les tendances de la production industrielle, de l’emploi, et les perspectives de récession évaluées par l’OCDE constituent de très mauvaises nouvelles. Il faudra se résigner à ne plus chercher une logique précise.

 Autre cuisine financière assez subtile, le financement du FMI par la BCE. On sait que la banque centrale ne peut financer directement des prêts souverains mais elle peut intervenir auprès du FMI qui lui, comme on l’a vu, se prépare à intervenir en Italie et vu les montants en jeu, la BCE devrait être mise à contribution. On n’a le sentiment que ces gens s’arrangent entre eux. Si vous avez l’impression que la gouvernance financière ressemble à une partie de foot où l’une des équipes joue avec des cages de 7 mètres et l’autre de 9, eh bien vous avez à peu près compris le principe de la gouvernance de la zone euro qui tente d’élargir ses mécanismes et ses traités pour sortir d’une impasse financière et ne pas laisser le collapse financier gagner. En vérité, il n’y a pas de bonne solution. Tous ceux qui prétendent résoudre la crise sont des ignorants ou des menteurs. Prenons la mutualisation complète des dettes européennes. Hormis les grincements de dents de la part des Etats vertueux, cette mesure n’aura pour effet que de niveler l’endettement européens et si les agences de notation intervenaient, il y a fort à parier que le AAA ne serait pas attribué à l’Europe, comme c’est le cas aux Etats-Unis où il y a une même crise. En ce moment, les retraits sur l’assurance-vie s’intensifient. Si cet argent s’investissait dans la pierre, cela ne ferait que renforcer la récession car cet argent serait englouti dans la bulle immobilière et on connaît les effets en observant le Japon après 1990. Les analystes avertis connaissaient depuis deux ans ce scénario à la japonaise et maintenant, un grand journal vient de titrer sur une décennie 2010 pourrie en Europe.

 La zone euro traverse une mauvaise passe. Ceux qui imputent à l’euro la cause des malheurs financiers sont des menteurs. Ceux qui pensent qu’une gouvernance économique de l’euro adossée à une dose de fédéralisme sont aussi des menteurs. Le problème est anthropologique, idéologique, moral et technologique. Et ce problème est le même au Etats-Unis, au Japon ou en Europe. Le national-capitalisme voit se finaliser sa logique. Dans un monde en compétition, les Etats deviennent aussi des compétiteurs. La première phase a vu les plans de licenciement se succéder dans le privé, concurrence oblige. La seconde phase se situe dans le prolongement logique des mécanismes économiques mais pratiqués à l’échelle de l’Etat. En Grèce, Italie ou Espagne, la réduction des dépenses publiques et de la masse salariale des fonctionnaires ressemble de près à un licenciement économique ou à une politique de réduction des salaires. L’Etat tend à devenir une entreprise comme une autre, dont les investissements se font non pas par émission d’actions mais d’obligations. Mais quand l’économie arrive à ses limites, les créances ne sont plus assurées. La croissance est un mythe. La plupart des politiciens ne comprennent rien à l’économie. Hervé Morin croit que les 37 heures sont la solution miracle. S’il mettait les pieds dans une entreprise, il saurait que ce n’est pas le travail qui crée le carnet de commande mais l’inverse. Pour le reste, on notera les quatorze sommets européens qui se sont succédés depuis le début de la crise grecque en décembre 2009. Rien se s’est amélioré depuis et c’est même l’inverse.

 La zone euro cherche un pilotage mais rien ne se dessine. Les dirigeants sont désemparés, les peuples apeurés et les penseurs devenus muets. Bref, on navigue dans le brouillard et l’on ne comprend plus trop bien ce qui se passe dans toute cette cuisine financière. On sait simplement que les Français seront inégaux pour traverser cette période. On sait aussi que la crise touche les pays avancés, les mêmes qui étaient dotés d’armes lourdes et se firent la guerre en 1940. Europe, Japon, Etats-Unis. La Russie est un cas à part. Bref, les pays avancés disposent des technologies les plus performantes mais ils ne savent pas comment inventer des sociétés équitables où chacun a les moyens d’inventer son existence. Il y aurait pourtant une solution mais je ne la présente plus, lassé que je suis par la bêtise contemporaine.


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20 réactions à cet article    


  • lambda 29 novembre 2011 09:47

     si, si, il y a des pilotes dans la zone euro mais ce n’est pas ceux que l’on croit
    Il faut retourner aux sources de la création de l’Union Européenne
    http://www.youtube.com/watch?v=jRc8ZmCyINk

    et les dégâts collatéraux sur l’Europe produits par les lois américaines après le 11 septembre
    http://leuven.pagespersEurope.htmo-orange.fr/

    afin de comprendre le déroulement des catastrophes à venir pour l’Europe il faut connaitre les dessous de l’<Union Européenne qui est un Plan contre les peuples et qui a permis d’organiser la dette des Etats à partir de la loi Pompidou du 3 janvier 1973

    et le monument scélérat qui a permis les deux guerres mondiales s’appelle « la Réserve Fédérale »
    http://fortune.fdesouche.com/3970-les-secrets-de-la-reserve-federale-institut-d%E2%80%99emission-monetaire-des-etats-unis

    Tant que les gens ne connaitront pas l’origine et les buts poursuivis par les Banksters Organisateurs de la faillite de l’Europe, ils continueront d’aller voter donc de cautionner


    • bigglop bigglop 29 novembre 2011 19:18

      Bonsoir à tous,
      Merci à @Bernard Dugué de cette révision « déchirante » de ses jugements précédents

      La peur de la contagion augmente aux Etats-Unis, des stress test sont mis en place pour une trentaine de banques « too big fall » ou "too big to be saved".

      Je vous copie le billet de François Leclerc qui présente, bien mieux que je ne ferais, une très bonne analyse des contradictions, de la cacophonie européenne :

      On n’aura jamais autant parlé de solutions à la crise de la dette européenne et aussi peu agi simultanément. Les rumeurs se multiplient, les démentis catégoriques de même : le FMI serait en train d’étudier un prêt de plusieurs centaines de milliards de dollars à l’Italie, en s’adossant à la BCE faute d’en avoir les moyens ; réunis autour de l’Allemagne, le cœur de la zone euro dotée de la note AAA étudierait l’émission d’obligations d’élite, afin de venir via le FESF au secours des pays attaqués. De fortes attentes sont exprimées, mais rien n’est pour l’instant sur le tapis.

      En Belgique et en Italie, des emprunts d’État destinés aux particuliers ont été symboliquement lancés. Dérisoires cagnottes en dépit de leur succès, comparées aux besoins financiers, ridicules remparts comme l’ont été la semaine dernière les quelques 8 milliards d’euros d’achats obligataires de la BCE.

      Venant confirmer que l’achat de la dette européenne n’est pas leur priorité, les dirigeants du fonds souverain chinois CIC ont précisé leur intention d’investir dans les infrastructures américaines et européennes, y compris pour en devenir les opérateurs, un secteur où les besoins sont importants et les rentabilités à long terme prometteuses.

      Les modalités techniques de multiplication des moyens financiers du FESF vont être demain mardi adoptées par les ministres des finances européens, mais les déclarations imprécises se sont succédées à propos de son fameux effet levier, si bien que l’on ne sait plus qui il faut croire : le Klaus Regling (son directeur général) qui évoquait il y a trois jours un coefficient 2, voir 3 dans le meilleur des cas, ou celui qui parle aujourd’hui devant une autre tribune d’un coefficient entre 3 et 4 !

      Dans ces conditions, les pays les plus proches de l’Allemagne flanchent, la Finlande à propos d’une intervention de la BCE, désormais de circonstance, ou l’Autriche en ce qui concerne l’émission d’euro-obligations. Les Polonais appellent les Allemands à agir, devant « les conséquences apocalyptiques » de la fin de l’euro. L’OCDE se met de la partie et craint « un événement négatif majeur », qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour l’économie mondiale, et estime que « les décideurs doivent se préparer au pire ». « Seul instrument efficace pour faire barrage à la récession », la BCE doit « agir maintenant ».

      Les marchés, eux, sont euphoriques comme si de rien n’était, se raccrochant aux rumeurs et ne voulant pas croire aux démentis, dopés par l’espoir d’un accord politique franco-allemand en faveur d’un pacte de stabilité musclé. Celui-ci est pour l’instant à géométrie variable, sa présentation adaptée aux circonstances et aux aléas des débats politiques nationaux. Les pays qu’il pourrait concerner sont tout aussi indéfinis que ses modalités, allant de l’ensemble de l’Union européenne à un groupe restreint des membres de la zone euro, ce qui désignerait aussitôt à la vindicte des marchés ceux qui ne l’auraient pas rejoint.

      Pour sans nul doute tout clarifier, des discours de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel qualifiés d’importants sont annoncés pour jeudi et vendredi prochains, avant la tenue d’un sempiternel sommet européen, les 8 et 9 décembre ! Afin de poursuivre la chronique des grands de ce monde, Barack Obama a rencontré à Washington José Manuel Barroso et Herman van Rompuy, toujours dans l’attente d’un plan européen crédible aux yeux des marchés, après que Moody’s a annoncé dimanche qu’au rythme où vont les choses, la note de tous les pays européens, même les plus solides, était menacée. La rencontre devait être à l’origine consacrée à la situation dans le monde arabe, mais un autre ordre du jour s’est imposé. Utilisant une formulation inédite, Barack Obama a affirmé que les États-Unis étaient prêts « à faire leur part » pour aider l’Union européenne, sans préciser en quoi cela pourrait consister.

      Les prévisions de l’OCDE font désormais dans le genre apocalyptique, analysant différents scénarios intitulés « du pire », et estimant les effets domino d’un défaut désordonné d’un État sur sa dette, via le système bancaire et le marché obligataire. Il en résulterait de nouvelles hausses sur ce dernier marché, qui impliqueraient des mesures renouvelées de rigueur, inhibant la croissance et créant un cercle vicieux. La diminution de l’offre de crédit des banques y contribuerait, en raison de l’approfondissement de leur propre crise. Il en découlerait une déstabilisation du système bancaire et de nouveaux défauts d’États. Il a fallu de très nombreux mois pour que ce schéma soit reconnu…

      L’ampleur de ces phénomènes en série dépendrait de la taille du ou des pays faisant défaut à l’origine. Une sortie de la zone euro serait toute aussi dévastatrice, induisant une profonde dépression atteignant l’économie mondiale dans son ensemble. En attendant que de telles prédictions se réalisent, l’OCDE estime que la contagion est « entrée dans une nouvelle phase », et que la zone euro, qui connait une « légère récession », est appelée à stagner l’année prochaine. Toute la zone OCDE est dans le même cas selon elle, du Japon à l’Europe et aux États-Unis, même les pays émergents pouvant en subir le contre-coup. Si les États-Unis entraient à leur tour en récession, l’organisation ne voit pas comment elle pourrait en sortir, même avec les moyens monétaires de la Fed.

      N’ayant pas l’honneur de faire les manchettes de l’actualité, qu’elle ne revendique surtout pas, la crise de l’endettement des banques européennes s’accentue dans la discrétion, parallèlement à celle de la dette publique. Celles-ci n’ont vendu cette année que pour 413 milliards de dollars d’obligations, alors qu’elles doivent rembourser 654 milliards de dollars, selon le Financial Times. Cette situation inédite laisse 241 milliards de dollars de trou. 720 milliards de dettes devront être refinancées l’année prochaine, arrivant à maturité.

      Les banques doivent également augmenter leurs fonds propres, à un niveau inférieur pour l’instant aux 200 milliards de dollars que le FMI avait estimé nécessaire et, comme déjà évoqué, les investisseurs ne se pressent pas à leurs portes. Ni pour acheter des actions, ni pour en faire autant des obligations. Les banques s’engagent donc dans des opérations de conversion d’obligations en actions, d’échanges d’actifs et dans une réduction de leurs engagements en s’en délestant comme elles peuvent. Tous les moyens sont bons, comme lorsque l’on doit alléger d’urgence la charge d’un bateau qui menace de couler, y compris en réduisant leurs opérations de crédit.

      On a aussi vu comment pouvaient être opérés des bidouillages sur les pondérations de risque des actifs. Mais la grande inconnue est l’impact sur le crédit et ses répercussions sur l’économie. Le rétablissement des banques a un coût, qu’elles vont faire payer aux entreprises (les PME en priorité), aux collectivités et aux particuliers.

      La conjonction des deux crises de l’endettement privé et public va lourdement peser sur l’économie et entraîner tous les pays occidentaux dans une récession de longue durée, avec son cortège de misères. Cependant, aucune réponse n’est à l’heure actuelle apportée à cette tendance lourde, car cela impliquerait des reconsidérations peu orthodoxes chez les bien-pensants.

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=3...


    • Robert GIL ROBERT GIL 29 novembre 2011 10:02

      actuellement il y a deux pilotes dans la zonz euro, Goldman Sachset le FMI, le tout est de savoir qui est le pilote et qui est le co-pilote..
      ou l’un........
      http://2ccr.unblog.fr/2011/11/10/italie-la-credibilite-du-fmi/
      ou l’autre.......
      http://2ccr.unblog.fr/2011/11/20/la-finance-dicte-sa-loi/


      • Emmanuel Aguéra LeManu 29 novembre 2011 10:20

        Tout juste Bernard, rien à ajouter, sauf peut-être qu’il me serait moins déprimant de partager vos point-de-vue dans d’autre circonstances qu’une fin d’empire.


        • Politeia 29 novembre 2011 10:49

          Monsieur Dugue.

          Regardez simplement les CV des trois dernières personnalités nommés (oui oui nommes et non élu) arrivé au pouvoir en Grèce, en Italie et à la BCE. Coïncidence ? Excusez moi mais j’y crois pas. Je vous assure qu’il y a un pilote mais je sais pas si c’est plus rassurant quand on voit la gueule de celui ci.


          • Alpo47 Alpo47 29 novembre 2011 11:16

            Quel changement !
            Je me souviens de l’auteur soutenant envers et contre tout, multipliant les textes « positifs », pour dire encore et encore que la crise était finie. Bon, il n’y que les imbéciles ...

            Pour le reste, la crise me semble systémique et PROVOQUEE. Qui seront, in fine, les grands gagnants d’une période de chaos ? Ceux qui sont déjà aux commandes et qui auront pris définitivement le pas sur les pays.
            Juste quelques dizaines de familles qui décident et milliers d’autres qui en profitent.

            On nous prépare un monde où les cartels dirigent nos vies, un « Big Brother » enfin (de leur point de vue) réalisé.


            • glattering 30 novembre 2011 19:04

              out a fait. Des gens sont aux commandes, des groupes d’interet essaient de proteger leurs pouvoirs. C’est comme ca dans toute societe.

              Un peu d’Histoire ne fait pas de mal :
              http://www.dailymotion.com/video/xiuefd_les-elites-francaises-et-l-europe-depuis-1919-annie-lacroix-riz_news


            • henry_jacques henry_jacques 29 novembre 2011 11:42

              @ l’auteur dont  la stylistique de narration est appréciée

              La problématique de la situation économique qui frappe la planète à ce jour, remonte à une soixantaine d’années. C’est à cette époque que l’on a pris le virage de façon négative. On l’a loupé !  C’est juste après la fin de la seconde guerre mondiale dans les années cinquante, qu’en toute ‘’discrétion’’ s’est décidée la cannibalisation de la planète.

              Oosterbeek, village des Pays-Bas, ignore totalement que son seul hôtel va acquérir une réputation mondiale involontaire et empoisonnée. On est en 1954 et c’est la première réunion du groupe Bilderberg, justement à l’hôtel Bilderberg qui donnera son nom au groupe.

              Ce groupe sera la ‘’vitrine légale’’ de l’OTAN. Effectivement, une majorité pense que c’est ce club très secret qui manipule l’opinion mondiale. Alors que c’est l’OTAN qui se trouve en haut de la pyramide. ( Application progressive de la théorie de la pyramide de Maslow)

              Ce n’est guère par hasard que le prince Bernhard des Pays-Bas a été choisi pour mener rondement et donner le ton à cette première réunion. Au vu du passé nazi du prince Bernhard (il a servi dans la cavalerie S.S. jusqu’à son mariage en 1937 avec la princesse Juliana), il est évident que les ‘’questions d’une grande importance pour la civilisation occidentale’’ tournent autour de la lutte contre le communisme (instauration de la guerre froide).

              Le général De Gaulle était visionnaire en faisant sortir la France de l’OTAN le 7 mars 1966. Sarkozy n’a guère caché sa fierté de réintégrer l’OTAN après 43 ans d’indépendance plus ou moins souveraine pour notre pays. Lorsque l’on sait à quoi et à qui est dû l’élection du toutou de Washington, les doutes que nous puissions avoir deviennent évanescents.

              Victime d’avidité morbide la pieuvre étendra sa stratégie sur l’Occident. Si l’on observe le phénomène cancéreux avec attention, depuis sa création et au fil du temps, ces ‘’élites’’ semblent appliquer ligne pour ligne la vision ‘’science fiction’’ de Georges Orwell décrite dans son livre 1984.

              Il y a des coïncidences qui lorsqu’elles se répètent sont troublantes. Ainsi en 2009, la réunion Bilderberg se tenait à Vouliagnémi près d’Athènes, avec entre autres participants de ‘’l’élite’’ mondiale de l’économie donc de la finance, Jaap Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN. Peu de temps après, la Grèce entamait sa descente aux enfers.

              En 2010, la conférence Bilderberg se déroulait à Sitges à 30kms au sud de Barcelone en Espagne. Ici également, après les rituels trois jours de conférence, l’Espagne à son tour entrait dans la spirale destructrice.

              Avec il y a peu de temps, la nomination de Mario Monti comme premier ministre d’Italie apparaît comme le paraphe d’une mainmise de fer. Mario Monti fait parti des cent premières sommités du sinistre groupe.

              Alors, au risque d’être pessimiste ( j’y verrai plutôt un certain réalisme), pour souligner votre propos sur le désarroi de nos dirigeants, les pilotes de la zone euro sont au commandes et vont orchestrer le crash…

              Cordialement. H


              • henry_jacques henry_jacques 29 novembre 2011 15:12

                Ah Ekaterina, si votre clairvoyance pouvait atteindre tous ces braves ’’citoyens’’, qui chaussés de leurs lunettes (plus noire que noire comme aurait dit Coluche), s’apprêtent à aller voter pour l’élu qui les enfoncera encore plus...


                Que ce pays pourrait être autrement si la paresse d’un idéal ne l’engloutissait

                Tiens ! Egalement, j’entends autour de moi des réactions allant vers la constitution de groupes voulant s’organiser afin de lutter contre l’insupportable. Cà alors !!


              • Bilou32 Bibi32 30 novembre 2011 12:12

                Bien dit Ekaterina !


              • jean-jacques rousseau 29 novembre 2011 11:49

                « Au final, les historiens retiendront que le FMI a aidé un certain nombre de pays à émerger et se doter d’un modèle économique peu ou prou industriel. »

                Il y aurait des exemples ?

                « En vérité, il n’y a pas de bonne solution. Tous ceux qui prétendent résoudre la crise sont des ignorants ou des menteurs. »
                Ah bon ?

                « Ceux qui imputent à l’euro la cause des malheurs financiers sont des menteurs. »
                Mais oui bien sur... Il y aurait une démonstration a l’appui de cette conclusion ? L’Euro est élément déterminant d’un système en faillite. Il est pleinement relié à la crise monétariste. 

                « Ceux qui pensent qu’une gouvernance économique de l’euro adossée à une dose de fédéralisme sont aussi des menteurs. »
                Faudrait voir à faire des phrases entières...

                « La Russie est un cas à part. »
                Ca reste à prouver. Nous ne sommes plus dans un régime de type soviétique.

                « Il y aurait pourtant une solution mais je ne la présente plus, lassé que je suis par la bêtise contemporaine. »
                D’autres pourraient être lassés de vos approximations et autres préjugés...

                • Unispourlemeilleuretpourlepire 29 novembre 2011 15:40

                  L’Europe technocratique... Nous y sommes. Regardez le CV du nouveau gouvernement italien : tous des techniciens, ancien banquier, ancien commissaire européen, ancien délégué auprès de je ne sais quelle machinerie européenne...

                  Le futur de l’Europe, ça laisse songeur...

                  Virons les tous. Ils ne savent pas diriger, ils ont échoué dans leur obligation de bien administrer notre pays. Pourquoi devrait on les laisser en place ?


                  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 29 novembre 2011 16:43

                    Si, il y’a bien bien un pilote, même un pilote et un copilote : C’est ce « couple franco-allemand » qui décide à la place de 25 autres pays comme s’il s’agissait d’un amas de colonies ! Ce qui ne va pas c’est donc la nature et la constitution de cette embarcation nommée « Communauté européenne » dirigée par la France elle-même secondée par l’Allemagne  !

                    Les ambitions de la France qui veut tout diriger, tout commander tout dominer, TOUT EXPLOITER POUR SEULEMENT ASSURER LES INTÉRÊTS DE LA FRANCE a fini par arrêter tous les moteurs, « l’Europe » flotte dans l’espace-temps comme un Zeppelin en attendant qu’elle se dégonfle totalement !

                    Les Anglais moins naïfs avaient compris dès le début...

                    Tout est clair « grâce » à l’infatigable Sarkozy : A chaque fois qu’il y’a un problème ce ne sont pas les « 27 » qui essaient de trouver une solution, c’est toujours le « couple franco-machin » qui décide et fait sa conférence de presse dans le coincoin pour informer le monde...les « 27’ appliquent !

                    Ce n’est plus une communauté, c’est un insolite Empire qui a annexé au fur et à mesure des pays. Un Empire dirigé par la France et en présence de l’Allemagne !

                    Le »projet européen", le plus impossible de toutes les tentatives humaines parce qu’il est fondamentalement contre tous les principes renferme en lui la cause de sa dissolution, les peuples ont déjà compris et ne seront pas patients face à l’orgueil des responsables politiques qui contournent sans cesse la vérité  !

                    Mohammed MADJOUR.


                    • xantrius 30 novembre 2011 13:46

                      Je dirais même plus : Enfin l’Allemagne et Vichy sont gagné la guerre pour soumettre l’Europe sous leurs bottes. Cette vision n’est pas d’ordre moral, c’est un constat en connaissance de but des 1. et 2. guerre mondiale. Le capitalisme est une structure ou la concurrence est absolue, ou la guerre est la poursuite de la politique avec des autres moyens et vice versa. La guerre économique est toujours le prélude pour la guerre tout court. Pour la guerre tout court la mobilisation du peuple dans le prélude de la guerre économique est décisive, car les sacrifices demandés seront immense. Quant le peuple est prêt pour des sacrifices dans la guerre économique, le pouvoir peu passer à l’étape suivante.


                    • Vipère Vipère 29 novembre 2011 17:09

                      Bonjour à tous

                      Tous les pays de l’Union des 27 qui n’ont pas adopté l’euro ne sont pas aussi complaisants à l’égard de l’Allemagne !

                      Dans son livre « la Pologne de nos rêves » Jarolaw Kaczynski ex Ministre de Pologne (2006-2007) déclare le refus de se soumettre de la Pologne, ajoutant que « Merkel représente cette génération de politicien qui veulent reconstruire la puissance impériale de l’Allemagne ».


                      • bobbygre bobbygre 29 novembre 2011 19:20

                        Il aide les pays à condition qu’ils obéissent face à des impératifs de « bonne gouvernance économique ». Au final, les historiens retiendront que le FMI a aidé un certain nombre de pays à émerger et se doter d’un modèle économique peu ou prou industriel.

                        Nan, mais sérieux ?


                        • BA 29 novembre 2011 20:15
                          Mardi 29 novembre 2011 :

                          Italie : rendements records pour une adjudication de dette.

                          L’Italie a dû accepter mardi un rendement record depuis la création de la zone euro de près 8 % pour pouvoir émettre 7,5 milliards d’euros de papier à trois ans, un niveau qui place le coût de sa dette a un niveau de plus en plus difficilement soutenable.

                          La Banque d’Italie avait comme objectif de placer entre cinq et huit milliards d’euros de papier, et la demande a approché le haut de cette fourchette.

                          Les obligations à trois ans BTP ont été adjugées à un rendement record de 7,89 %, après 4,93 % lors d’une précédente adjudication du même type fin octobre, a précisé la Banque d’Italie.

                          Le ratio de couverture s’est élevé à 1,502.

                          Pour le papier à huit ans, le rendement moyen est ressorti à 7,28 %, avec un ratio de couverture de 1,538.

                          Les obligations à 10 ans ont été adjugées au rendement de 7,56 %, avec un ratio de couverture de 1,335.

                          En Belgique, les rendements des obligations d’Etat à court terme ont atteint un plus haut depuis novembre 2008 lors d’une adjudication de dette à trois et six mois également réalisée mardi.


                          • suumcuique suumcuique 29 novembre 2011 20:24

                            Et c’est en 2011 qu’on se rend compte qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion...


                            Pour emboiter le pas à Kinini Abdellatif, c’est aussi Nietzsche, puis L.F. Céline, qui disait très justement que « tout finira dans la canaille ».

                            L’allusion de Nietzsche aux « faux prophètes » est également très intéressante. Il n’est plus un internaute qui aujourd’hui ne prédie plus ou moins sentencieusement la chute du « sytème », « système » que la plupart de ces mêmes internautes chérissaient tant que le « système » leur était profitable. Que tout redevienne normal demain comme par un coup de baguette magique et ces millions d’individus qui pourfendent actuellement le « système » recommenceraient à l’adorer.

                            Actuellement, seuls sont crédibles ceux qui, vingt, trente ans avant que le « système » ne donne des signes de faiblesse, attaquaient déjà le « système » d’un point de vue européen, c’est-à-dire d’un point de vue qui n’est ni capitaliste ni bolchevique, loin de la sarköllande actuelle. 




                            • pmxr pmxr 30 novembre 2011 11:22

                              Deux choses, la note de la France est déjà dégradée.... l’annonce se fera durant la treve des confiseurs !

                              L’euro c’est fifi et nini pour bientôt .... quand vous voyez Angela reporter à plus tard les décisions à prendre, il restera une sorte d’ euromark" c’est tout !

                              Bref la messe est dite !


                              • pmxr pmxr 30 novembre 2011 11:23

                                .... Bien entendu le petit Nicolas dira «  on savait pas ! »

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