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Il y a quelque chose de pourri...

La crise des subprimes a provoqué à ce jour près de 26 000 licenciements parmi des grands noms de la finance mondiale comme Citigroup, HSBC, UBS, Crédit Suisse entre autres... Ainsi, à eux seuls, Citigroup et Lehman comptent-ils à leur actif près de 8 100 licenciements.

La crise des subprimes a provoqué à ce jour près de 26 000 licenciements parmi des grands noms de la finance mondiale comme Citigroup, HSBC, UBS, Crédit Suisse entre autres... Ainsi, à eux seuls, Citigroup et Lehman comptent-ils à leur actif près de 8 100 licenciements. Du reste, ces derniers ont liquidé plus de 5% de leur division des marchés financiers en dépit de pertes dues aux subprimes ne s’élevant qu’à 1,5 milliard de dollars comparées aux quelque 24,5 milliards de Morgan Stanley. Morgan Stanley qui a déjà procédé au licenciement de près de 2% de ses effectifs mondiaux se montant à quelque 48 300 salariés. Pour mémoire, Morgan Stanley a connu son premier trimestre négatif depuis la création de la banque en fin d’année dernière.

 

Une question s’impose : comment expliquer que les bonus à la City de Londres ne soient en baisse que de 16% par rapport à ceux de l’année dernière ? Effectivement, les gratifications s’élèveront cette année à globalement 14 milliards de dollars et représenteront la seconde meilleure année en termes de distribution de bonus sur la place financière londonienne...

 

Dans ces conditions, les tribulations d’un trader de la Société Générale ayant coûté quelques milliards de dollars ou d’euros à son établissement ainsi que son rachat vraisemblable par une autre entité bancaire ne pouvaient tomber au plus mauvais moment. La confiance envers le système bancaire était déjà au plus bas avant ce sombre événement du fait de l’incompétence et de la gourmandise de bien de nos professionnels. Cette fraude ou escroquerie présumée du trader de la Société Générale nous rappelle trop celle de Nick Leeson ayant précipité Baring dans la faillite. Tous deux avaient appris à dissimuler leurs pertes grâce à leur expérience dans le back-office, tous deux avaient caché cette perte un long moment et tous deux exigeaient des bonus toujours plus élevés... Nos deux compères nous font également penser à Hamanaka, "Monsieur 5%", qui avait manipulé pendant dix ans le marché du cuivre chez Sumitomo, ou à Peter Young qui, après avoir entraîné Morgan Grenfell dans des pertes abyssales, se présentait devant ses juges londoniens en robe !

Comment expliquer les pertes de la Société Générale alors que les secteurs de la révision et du contrôle internes, la fameuse compliance, ont connu une progression spectaculaire ces dix dernières années ? Certes, on ne peut mettre un inspecteur derrière chaque trader... Pourtant, ce mot de "banquier" qui, antan, inspirait confiance et respect car représentant un des piliers de notre capitalisme triomphant, ce mot est pratiquement devenu une insulte ! De fait, la réputation des banquiers s’est dégradée à mesure que leurs bonus excessifs atteignaient des sommets. On ne peut - ni ne doit - condamner l’ensemble de la profession du fait d’un trader véreux ou stupide mais il n’en reste pas moins que ces 5 à 7 milliards d’euros perdus par lui à cause de mauvaises opérations ou de mauvais paris rejoignent les 90 milliards d’euros volatilisés dans les subprimes et donnent du coup une image et une ampleur dramatiques du monde et de l’état actuel de la finance. Manque de discipline, appât du gain démesuré, culture du court terme sont autant de qualificatifs qui s’appliquent à l’immense majorité de nos professionnels. Le monde a été rudement sinistré par ces banquiers qui, dans l’espoir de récolter des bonus intéressants, se sont mis à convertir en titres les prêts hypothécaires des classes moyenne et pauvre aux Etats-Unis avant de les revendre à d’autres professionnels en mal de rentabilité... Certes, la recherche de profits est louable dans notre système. Cependant, un minimum de discipline, de tempérance et de vision à moyen terme aurait évité de poursuivre la commercialisation de titres ne valant plus rien et nous aurait évité une crise si aiguë ! L’appât du gain se doit d’être entouré de valeurs et de garde-fous qui le régulent. Il y a quelque chose de pourri dans le monde de la finance...


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36 réactions à cet article    


  • le mave 1er février 2008 10:39

    Vu de mon monde , vous les traders ,boursicoteurs et spéculateurs provoquez, licenciements ,chomage et délocalisation .

    Alors quand l’un des votres pète les plombs ,même si je risque de payer une partie de l’addition ,je me marre.

    Et quand ils vous licencient ,je sors le Champagne .


    • impertinent3 impertinent 1er février 2008 13:16

      Absolument d’accord avec Le mave. Ce sont tout simplement des parasites !

      Que produisent-ils comme biens ou services utiles ? RIEN, absolument rien ! Au contraire, ils nuisent à l’économie en spéculant ! Sait-on que les capitaux financiers spéculatifs mondiaux représentent, plus ou moins trois fois la somme des PIB mondiaux ?


    • geko 1er février 2008 16:02

      Je crois que c’est 20 fois plus !!!


    • Patience Patience 1er février 2008 10:50

      Moi, ce qui m’intéresserait beaucoup, ce serait qu’on me dise ce qui n’est pas, ou n’est pas encore pourri, dans le monde de la finance.

      Y-a-t-il encore quelque chose à sauver ?

       


      • Trashon Trashon 1er février 2008 10:55

        "L’appât du gain se doit d’être entouré de valeurs et de garde fous qui le régulent. Il y a quelque chose de pourri dans le monde de la finance..."

        Y a-il quelque chose de sain dans le monde de la finance ?


        • geko 1er février 2008 11:08

          "Il y a quelque chose de pourri dans le monde de la finance..." Il y a quelque chose de pourri tout court, c’est de mettre le pognon au centre de nos sociétés et non l’homme ! Ca touche tout le système et non seulement la fincance !


          • Black Ader 1er février 2008 12:20

            Tu veux payer en Hommes plutôt qu’en Euros ?? Bref, rétablir l’esclavage ???


          • Patience Patience 1er février 2008 12:53

            Arrêter de jouer à l’abruti de service.

            Il est évident que cette société financiarisée à l’extrème laisse de plus en plus d’hommes et de femmes sur le bord de la route. La raison principale en est que trop d’argent retourne à l’argent et plus assez au travail.

            Avant de vous surnommer Black Ader, vous n’auriez pas été Adolphos dans une autre vie ?

             


          • Black Ader 1er février 2008 13:21

            "Il est évident que cette société financiarisée à l’extrème laisse de plus en plus d’hommes et de femmes sur le bord de la route."

             

             ?? Jamais l’Humanité n’a été aussi riche ! Va donc expliquer aux Indiens, Irlandais, pays de l’Est, Chinois, etc.. qu’ils sont "de plus en plus sur le bord de la route" !

             

            "La raison principale en est que trop d’argent retourne à l’argent et plus assez au travail."

            C’est vous qui l’affirmez. De toute façon, le travail est payé en fonction des loi de l’offre et de la demande, c’est tout.

             

             

             

             


          • Patience Patience 1er février 2008 13:37

            C’est bien ce que je pensais.

            Black Ader = Adolphos

            Je promets de ne plus marcher dedans.

             


          • Black Ader 1er février 2008 13:40

            "Je promets de ne plus marcher dedans."

             

            Que je sois noir ou blond, ca ne change rien aux lois de l’économie de marché.

            Si tu veux de bon salaire, il faut du plein emplois, donc de la croissance, donc une baisse importante des impositions, comme cela c’est fait dans plein de pays. Le reste est litérature..


          • Emmanuel W 1er février 2008 16:22

            "Si tu veux de bon salaire, il faut du plein emplois, donc de la croissance, donc une baisse importante des impositions, comme cela c’est fait dans plein de pays. "

            Je ne veux pas de bon salaire. Je vous laisse votre utopie nauséabonde.

             


          • Black Ader 1er février 2008 17:35

            "Je ne veux pas de bon salaire. Je vous laisse votre utopie nauséabonde."

            Et la SS, un quart de ton salaire, tu la veut ou pas ?

            Et de service public, un autre quart, tu les veux ou pas ?

             

            Par ailleur, ce n’est en rien utopique : même si elle à des problémes, les USA grâce à cette politique ont connu une croissance forte depuis 1992, avec pleine emploi, reduction des inégalité, hausse de 30% du pouvoir d’achat, etc.. Même les noirs travaillent, c’est dire !


          • Trashon Trashon 1er février 2008 12:14

            ". On ne peut - ni ne doit - condamner l’ensemble de la profession du fait d’un trader véreux ou stupide"

            Ok mais peut-on condamner cette proffession pour blanchir allègrement l’ensemble des revenus mafieux ?

             : www.monde-diplomatique.fr/1996/12/CHOSSUDOVSKY/7464

             

            A ce propos au vu des sommes investies (1000 milliards en 96 je n’ose même pas calculer ce que cela représente depuis 12 ans, les revus mafieux n’ayant pas baissés à ma connaissance et en tenant compte des plus values réalisées... en plus ma calculatrice n’a pas assez de zéro) à partir de quand ces organisations auront-elles le contrôle sur les marchés de la finances ?

            Le contôle de certaines banques peut-il déja entre leurs mains ?

            Y a-il eu de réèles mesures afin de contrer ce phénomène ? 


              • geko 1er février 2008 12:56

                Merci pour le lien Zen, hier encore les medias nous disaient la rémunération de Bouton en 40ème position à la Sge mais c’était sans compter les stock-options ! Comme dans EADS les intéressés viendront jurer sur la tête de grand maman qu’il ne savaient rien quitte à passer pour des incompétents !


              • alberto alberto 1er février 2008 13:15

                Oui, Zen, et je me demande comment sa dernière cession (à Bouton) datée du 20 décembre 2007 qui lui a rapporté plus de trois millions d’€ avant la dégringolade pourrait ne pas être qualifiée de "délit d’initié" !

                Ou alors il clamera à nouveau son ignorance de ce qui se passe dans sa banque...


              • snoopy86 1er février 2008 13:36

                @ Zen et Alberto

                Cette information est extrêmement contestable et carrément fausse concernant l’assertion que D.Bouton aurait réalisé un profit en décembre.

                Il a levé ( acheté) en décembre des stock-options qui lui avaient été accordées il y a quatre ou cinq ans...

                Il ne l’aurait sans doute pas fait s’il avait jugé que sa banque était au bord du groupe (même si ces options lui étaient accordées à un cours trés intéréssant) .

                Tous les mouvements réalisés par les administrateurs de sociétés cotées peuvent être consultées sur le site de l’AMF.

                Pour la SG :http://www.amf-france.org/inetbdif/sch_cpy.aspx?slttypeindex=0&txtfind=FR0000130809&idtxtfind=3051&varvalidform=on&action=view&sltday1=01&sltmonth1=01&sltyear1=2007&sltday2=01&sltmonth2=02&sltyear2=2008&btnvalid.x=21&btnvalid.y=9&view=dec

                 


              • snoopy86 1er février 2008 13:54

                lire bord du gouffre et non bord du groupe


              • alberto alberto 2 février 2008 13:36

                Snoopy : tu penses vraiment qu’à la date du 20 décembre, Bouton , ne doutait pas que son groupe était au bord du gouffre ? La quasi-concomitance des évènements est quand même...surprenante !

                Bien à toi.


              • tvargentine.com lerma 1er février 2008 13:19

                C’est un juste retour de l’équilibre.

                La finance ces 20 dernières années avait pris le pas sur l’entreprise et cela c’était accompagné d’une segmentation de cout par poste de travail dans l’entreprise entrainant des licenciements par centaines de milliers.

                La finance ayant été au jusqu’au bout d’une logique purement financière,il est normal que la réalité reprenne le dessus.

                Quand on sait la difficulté pour être sous-traitant dans une banque,quand on sait la difficulté financière que cela coûte de pouvoir se faire référencer dans le secteur bancaire pour un petit sous-traitant à partir de normes définies par les banques françaises,il est bon que constater que le système n’est même pas viable dans la réalité quotidienne d’une banque ! La preuve par le trader de n’importe quelles banques.

                Aujourd’hui des milliers de suppressions de postes dans la finance vont disparaitre est c’est une tres bonne nouvelle pour les entreprises et si cela pouvait aller à quelques centaines de milliers cela serait encore mieux pour la croissance des entreprises,car il n’est pas normal de voir que des fusions acquisitions ,suivi de plan de restructuration entrainant des dizaines de milliers de suppressions d’emplois et la mort de milliers de sous-traitants ,n’avaient de but que la logique purement financière et la vente par appartement des entreprises derrière un discours de "modernisation"

                La cas de ALCATEL est exemplaire !

                OUI,vivement la crise financière et si le marché de l’immobilier tenu par les spéculateurs pouvait aussi s’écrouler ,cela serait une tres bonne chose pour la croissance et le pouvoir d’achat,car quand les prix baissent,c’est + de pouvoir d’achat !

                 

                 

                 

                 


                • Nemo 1er février 2008 13:52

                  Voilà un bel exercice de lynchage collectif salutaire. Ah que ca fait du bien de taper sur ces gens qui gagnent des millions en faisant des trucs qu’on ne comprend pas...

                  Un peu facile. Essayons de démêler le vrai du faux, le fantasme du réel.

                  D’abord concernant l’argumentation : "Une question s’impose : comment expliquer que les bonus à la City de Londres ne soient en baisse que de 16% par rapport à ceux de l’année dernière ?"

                  La réponse est simple : il n’y a pas que des CDO fondées sur des subprimes en finance. Il y a beaucoup d’autres choses. Et en dehors de ces questions de resserrement de crédit et de dévalorisation d’actifs en raison de la défaillance des sous-jacents, l’année 2007 a été une bonne année pour la finance dans son ensemble. Une baisse de 16% par rapport à l’année dernière n’est donc que le reflet objectif (les primes sont calculées en % des gains générés) de l’historique annuel.

                  Maintenant sur le fond : il est évident que les sommes manipulées et les gains générés peuvent donner le tournis. Ils peuvent même susciter une révolte bien compréhensible de la part de simples salariés qui se donnent à fond dans leur travail pour souvent moins de deux SMIC.

                  Je pense qu’il faut se rendre à l’évidence, qu’on le veuille ou non, une partie toujours plus grande de la valeur ajoutée est à mettre au crédit (sans mauvais jeu de mots) des instruments financiers. A quoi servent-ils ? A allouer au "meilleur" endroit (le plus rentable) des fonds disponibles, qui sans cela seraient en train de dormir.

                  C’est ce qu’on appelle des "relais de croissance". On va prendre un exemple simple : les machines-outils en Europe au début des années 2000. Dans le secteur des machines-outils, au début des années 2000, un pays comme la France est dans une situation de "plein équipement" ce qui veut dire que l’essentiel des ventes est le produit du renouvellement de vitesse de croisière. Dans le même temps, en Europe centrale, toutes les machines-outils (ou presque) en activité étaient obsolètes. La croissance des ventes de machines-outils en Europe centrale était bien plus forte qu’en France.

                  C’est là où le secteur de la finance intervient. Il intervient soit pour financer les entreprises qui vendent des machines-outils en Europe centrale, soit pour financer les entreprises qui les achètent. Dans les deux cas, les prêts sont remboursés sans trop de difficulté. D’un côté parce que la croissance des ventes et l’accumulation des marges commerciales réalisées permet le remboursement des prêts, et de l’autre côté parce que la croissance générée par la productivité supplémentaire obtenue grâce à des machines-outils modernes permet de rembourser l’emprunt contracté.

                  Des deux côtés, les prêts accordés sont à la fois plus nombreux, avec des montants globaux plus importants, et avec une vitesse de rotation élevée. Ces trois facteurs font que l’argent investi en Europe centrale rapporte plus que celui investi en France.

                  Voilà pour le relais de croissance. Les instruments financiers sont là pour permettre une allocation plus efficace des ressources. Et ils y arrivent de mieux en mieux. C’est pour cela qu’ils génèrent autant de profits.

                  Que le système bancaire se casse la gueule, que la crise du crédit s’intensifie, et c’est toute l’économie (improprement appelée économie réelle) qui serait touchée.

                  Finalement, la question derrière tout cela, ce n’est pas à proprement parler celle du système bancaire en lui-même. C’est le décalage qui existe entre les rémunérations d’un certain nombre d’individus, le risque que peuvent faire peser leurs actions si elles sont mal contrôlées, et là, je dois dire que je n’ai pas de réponse.

                  Quand vous avez un commercial, qui fait gagner 2.000.000 euros de marge à son entreprise en vendant des shampoings, vous trouvez normal qu’il ait un bonus de 10.000 euros à la fin de l’année, non ?

                  Mais s’il fait gagner 200.000.000 euros en arbitrant sur les marchés financiers, pourquoi n’aurait-il pas 1.000.000 euros de bonus ?

                  Tout le problème est dans la répartition des bénéfices, non dans le fait de savoir s’ils sont générés par les marchés financiers ou par une production de biens physiques.

                  Si on vous proposait à vous, un chèque de 200.000 euros à la fin de l’année, pour passer 70 heures/semaine devant des écrans d’ordinateurs à faire des calculs compliqués. Vous diriez "Non" ? Et si pour le même travail, votre collègue, qui fait gagner autant que vous à votre entreprise, on lui donne le double, vous trouveriez normal de rester à 200.000 au lieu de toucher 400.000 ?

                  En vous posant sincèrement ces questions, vous aurez peut-être une partie de la réponse à votre indignation.


                  • cumulus 1er février 2008 14:59

                    Merci pour les explications.

                    Ceci dit, le bonus distribué à Wall Street cette année serait de $32 milliards.

                    Si la commission cumulée des trader est de 10% , c’est à dire 20 fois votre exemple (et vous semblez bien informé), on en déduit qu’il y a eu, rien qu’à wall street, un bénéfice des activités financières de l’ordre de $320 milliards.

                    Ma question, c’est, sait-on qui a touché les 90% restant ?

                     

                     


                  • zgrouik zgrouik 1er février 2008 15:44

                    "Quand vous avez un commercial, qui fait gagner 2.000.000 euros de marge à son entreprise en vendant des shampoings, vous trouvez normal qu’il ait un bonus de 10.000 euros à la fin de l’année, non ?

                    Mais s’il fait gagner 200.000.000 euros en arbitrant sur les marchés financiers, pourquoi n’aurait-il pas 1.000.000 euros de bonus ?

                    Tout le problème est dans la répartition des bénéfices, non dans le fait de savoir s’ils sont générés par les marchés financiers ou par une production de biens physiques."

                    Ah, oui ?! Et bien voici un bel exemple traitant d’économie de production... face à tout autre chose !

                    Ah que ça fait du bien d’avoir compris un domaine jusqu’à un certain niveau et de se rêver en grand ordonanceur de problématiques qui le dépasse.

                    Cogitez un peu sur le champ d’application de votre example sur le trading lié aux produits dérivés (entre autres), et vous verrez peut-être qu’il ne s’agit pas simplement d’un tableau où l’on devrait comparer des chiffres à l’aune du bon sens. Et faire ainsi abstraction du sens de la rétribution d’un commercial qui agit dans un mode de pari spéculatif en mutualisant un risque énorme sur des structures(sociétés) et individus(actionnaires et clients) , face à un vendeur qui va livrer du shampoing pour répondre à une commande. Merci pour le gag.

                    En analysant plus avant les tenants et aboutissants d’un tel sujet, vous aurez peut-être une réponse à l’indignation de certains, et sur la valeur de votre mémo...


                  • geko 1er février 2008 16:00

                    Je ne tape pas sur la profession mais bien sur le système et notemment celui de la rémunération.

                    Concernant les subprimes :

                    "Un courtier n’a pas intérêt à dire non à quelqu’un qui cherche un prêt. Si l’emprunteur se retrouve plusieurs mois plus tard en défaut de paiement, ce sera le problème de quelqu’un d’autre" The Wall Street Journal

                    Vous écrivez Quand vous avez un commercial, qui fait gagner 2.000.000 euros de marge à son entreprise en vendant des shampoings, vous trouvez normal qu’il ait un bonus de 10.000 euros à la fin de l’année, non ? Non si le commercial a vendu à un client insolvable ou vendu une prestation que l’entreprise aura du mal à réaliser par manque de compétences par ex ! La marge de l’entreprise semble effective sur le coup mais sa pérénité est menacée à moyen terme !

                     


                  • tvargentine.com lerma 1er février 2008 14:57

                    Le développement de l’ingénierie financiere ,n’allait pas dans le sens des intérêts des entreprises et encore moins des épargnants (ne parlons pas des salariés !)

                    La finance du marché est-elle capable d’assumer les risques financiers liés à l’accroissement de l’espérance de vie dans nos sociétés développées ?

                    Est-elle capable s’assumer la bulle qu’elle a créée : la titrisation systématique des crédits !

                    Les agences de "notation" ou systématiquement ajouté AAA à tous ces montages financiers faisant croire au reste du Monde financier qu’ils étaient sûr !

                    C’est donc bien une crise massive, de l’évaluation des produits complexes ,sans outils de tuning ou de monitoring efficaces à la fois sur les gérants de ces fonds et sur les agents économiques qui s’en trouvent aujourd’hui contaminée (l’activité économique d’un pays)

                    La notion de "risque" avait disparue ! ,le libéralisme économique dans toute sa beauté !

                    Espérons que cela ne va pas entrainer l’Europe dans une grosse recession

                     

                     


                    • Emmanuel W 1er février 2008 16:31

                      "90 milliards d’euros volatilisés dans les subprimes"

                      Ont-ils seulement existé autrement que quelques octets sur quelques disques durs ?

                      Croissance, libre échange, concurrence libre et non-faussée sont les utopies dangereuses qui fondent le capitalisme.

                       


                      • DB 1er février 2008 17:28

                        "On ne peut - ni ne doit - condamner l’ensemble de la profession du fait d’un trader véreux ou stupide"

                        On ne peut - ni ne doit - condamner quelqu’un alors que l’enquête est en cours et que nous n’avons entendu qu’une version, celle d’un énarque, reconnaissable à leur incompétence habituelle.

                        Ce Monsieur, a priori responsable pourrait éviter de nous prendre pour des gau-gaulois, en prime

                        ainsi que le rédacteur qui a l’air de tout maîtriser...pas sûr

                        http://www.moneyhouse.ch/u/pub/ftf_forex_trading_and_finance_sa_en_liquidat ion_CH-660.0.459.993-1.htm

                         


                        • millesime 1er février 2008 21:00

                          La question que peu de gens se posent c’est pourquoi les banques viennent sur des marchés dérivés NON réglementés, et à risque , avec leur fonds propres ? (comme l’a fait la SG, en rémunérant des "traders" au moyen de salaire certes, mais aussi en leur faisant miroiter des commissions mirifiquent).

                          réponse, pour augmenter leur rentabilité afin de répondre aux exigences des actionnaires qui souvent sont des fonds de pension US, et donc servir des dividendes aux retraités américains....(40% des actions du CAC40 sont dans les mains de fonds US)

                          lire mon blog

                           


                          • millesime 1er février 2008 21:25

                            d’autre part, les Etats-Unis ont crée un ...."produit made in USA "....qu’ils ont "vendu" au monde entier : 

                              LE PRODUIT DETTE

                            avec la complicité ,peut-être naïve,, des banques centrales, des agences de notation, des médias financiers, des économistes etc...

                            en contrepartie ils perçoivent des dividendes du monde entier (voir ci-dessus) ils sont devenus des rentiers...


                            • Patience Patience 1er février 2008 22:58

                              Le monde de la finance est tellement pourri qu’on nous prépare un peu plus à la guerre à chaque secousse sérieuse sur les marchés.

                              Plus les perspectives économiques se dégradent et plus l’image de l’Iran est noircie par les médias dominants et leur meute d’officines spécialisées. Mon précieux tableau de bord "Google News" clignote à nouveau, mais cette fois l’alerte est rouge.

                              Nous serons bientôt plongés dans une nouvelle guerre qui nous fera vite oublier les scandales financiers.

                              Ce sera donc une guerre très médiatique, encore plus terrifiante sur les grands écrans LCD/plasma et leur son DTS.

                              Youpie !


                              • Patience Patience 8 février 2008 08:05

                                Aux dernières nouvelles, c’est le Pakistan qui pourrait faire les frais de tous ces scandales financiers qu’il va bien falloir masquer par une bonne guerre.

                                Je n’en démords pas, ça se prépare.


                              • parousnik 2 février 2008 17:48

                                 L’humanité n’évolue pas autrement que comme l’exige la nature qui se fout bien de qui bouffe qui ? On pouvait croire que la démocratie était le système social qui pouvait sortir l’humanité de la barbarie, de l’illettrisme, de l’obscurantisme etc... mais non, ce n’était qu’une utopie.


                                • Melvido 3 février 2008 14:11

                                  Quelques remarques :

                                  * sur le montant des bonus : un trader a rarement un package total à 7 ou 8 chiffres, ces niveaux sont réservés à quelques chefs de salle dans le monde ; quelques centaines de milliers de usd/eur/gbp sont davantage dans la norme, ce qui est certes déjà conséquent ; les millions échauffent facilement les esprits, mais tout le monde sait que tous joueurs de foot ne sont pas Zidane.

                                  * sur l’impact limité de la crise sur les bonus : il ne faut pas raisonner dans un cadre franco-français, où tout le monde serait impacté par la défaillance d’un secteur ; ici, les fautifs sont tout simplement remerciés, et les autres touchent leur bonus à l’aune de leur performance, et vu les volumes échangés et la volatilité, nul doute que la performance y est.

                                  * sur les sommes engagées et les produits dérivés : les limites n’existent que pour être dépassées, ce n’est pas une belle phrase, c’est la réalité, et les contrôles des risques n’y peuvent pas grand-chose, qui s’étonnera de la cupidité humaine ? ; les produits dérivés représentent des marchés de couverture à somme nulle qui ont leur utilité économique via les produits structurés mais qui sont aussi devenus le terrain de jeu des hedge funds et des comptes propres des banques (qui ne se comportent pas autrement qu’un hedge fund). Il n’y a donc pas de dérive accompagnant l’explosion des volumes de transaction en jeu, les 5mds perdus par la Générale ont été disséminés dans le monde entier.

                                  * sur l’économie de marché et la croissance : les abus liés au subprime sont réels, ils sont la triste apothéose de 5 années de croissance mondiale incroyables (comme on dit, les US sont la locomotive du monde économique). Il est probable qu’il faudra rendre un peu d’argent et couper la branche pourrie mais à moins de revoir complétement les fondements de l’économie (c’est une hypothèse marginale mais pourquoi pas), le système continuera ainsi ; malgré ses soubresauts, il n’a jamais été aussi efficace et producteur de richesse (je vous entends déjà vociférer : ne raisonnez pas en terme d’extrêmes, qui existent, mais en valeur moyenne). Et les cycles reprendront, jusqu’à la prochaine crise.

                                   

                                   

                                   


                                  • gdm gdm 3 février 2008 17:00

                                    @Michel Santi

                                    Dans votre article, vous vous appuyez sur le montant des bonus que certains cadres dirigeants de banque ont reçus. L’argent qui est versé à un dirigeant est de l’argent qui n’est pas versé aux actionnaires. S’indigner des bonus versés revient logiquement à défendre la rémunération des actionnaires contre les cadres dirigeants. La rémunération d’un dirigant salarié ne concerne que le conseil d’administration qui représente les actionnaires. Si un actionnaire prefere recevoir moins d’argent pour mieux rémunérer son salarié, je ne vois pas aucune raison pour un tiers de d’y opposer ou de le regretter.

                                     

                                     


                                    • Michel Santi Michel Santi 3 février 2008 17:57

                                      Merci de votre contribution.

                                      Vous avez raison, c’est exactement ainsi que celà se déroule mais il est néanmoins injustifiable d’offrir de tels bonus dans des périodes sinistrées...De plus, vous savez comme moi que, dans 90% des cas au moins, les actionnaires approuvent docilement le conseil d’administration.

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