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Accueil du site > Actualités > Economie > Ils marchent sur Paris !

Ils marchent sur Paris !

Ils sont en route… Le grondement des moteurs commence à résonner dans le pavé parisien… Ils arrivent…

5000 individus marchent sur Paris. Comme l’ont fait les femmes parisiennes vers Versailles dans la nuit du 5 au 6 octobre 1789 pour réclamer du pain au roi Louis XVI. Avec eux, des centaines de tracteurs. Les agriculteurs débarquent pour bloquer l’ensemble des axes routiers reliant la capitale (A1, A4, A6, A10, A13). 1000 à 1500 tracteurs sont attendus au petit matin porte de Vincennes pour manifester contre les conditions de vie désastreuses des agriculteurs ces dernières années.
A partir de 10H30, le cortège parcourra l’axe Nation – République – Bastille – Nation et prendra fin vers 14H30.
Ce rassemblement, qui avait pour cible au départ les Champs Elysées, est organisé par 14 fédérations régionales des syndicats d’exploitations agricoles (FRSEA) des régions Ile-de-France, Haute et Basse Normandie, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Poitou-Charentes et Champagnes-Ardennes… Le président de la FNSEA, Monsieur Jean-Michel Lemétayer sera également présent.
Ces agriculteurs sont à la fois en colère et désespérés par la situation actuelle. Ils seront là pour « alerter les pouvoirs publics sur la situation préoccupante du secteurs des grandes cultures » indique la FNSEA. En effet, entre 2008 et 2009, ils ont du faire face à une baisse de 20% de leurs revenus, et prévoit une baisse de 39% en 2009, tout en sachant que le salaire moyen annuel en 2007 était de 23 964€.
Ils demandent au ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Monsieur Bruno Lemaire, des mesures immédiates comme des aides à l’exportation (crédits à taux zéro) afin d’écouler les stocks avant la prochaine saison, un allégement des charges fiscales et sociales et une aide au stockage. Ils demandent également une équité européenne : que tous les acteurs aient les « mêmes règles du jeu » pour que prenne fin cette « distorsion de concurrence ».
Le Président de la République avait baissé les aides pour les céréaliers de 100€ par hectare, et avait refusé de revenir sur cette décision dans un discours prononcé le 6 avril dans une ferme céréalière dans l’Essonne. Cette baisse des aides était due à une répartition de la PAC (politique agricole commune) initiée par Michel Barnier, alors ministre de l’Agriculture. En effet, les céréaliers étaient alors les principaux bénéficiaires. Dès cette année, ces aides doivent être également distribuées aux filières ovin et caprin, d’où la baisse pour les grandes cultures concentrées pour la plupart dans le bassin parisien.
Et comme nous le disait Bourvil en 1946, dans sa chanson "le Ministre de l’Agriculture" : "Je vous dis n’abandonnez pas les plaines du Berry, de la Beauce, la plaine Saint-Denis. Et comme a dit Fénelon : « Pour que la France reste un pays cultivé y faut des cultivateurs »"

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107 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 27 avril 2010 11:19

    "Ils demandent au ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Monsieur Bruno Lemaire, des mesures immédiates comme des aides à l’exportation (crédits à taux zéro) afin d’écouler les stocks avant la prochaine saison, un allégement des charges fiscales et sociales et une aide au stockage."

    ils ont toujours rien compris !


    • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 11:39

      Bonjour Foufouille,

      Que voulez vous dire ?

      Matthieu


    • foufouille foufouille 27 avril 2010 11:51

      "Ils demandent au ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Monsieur Bruno Lemaire, des mesures immédiates comme des aides à l’exportation (crédits à taux zéro) afin d’écouler les stocks avant la prochaine saison, un allégement des charges fiscales et sociales et une aide au stockage."

      meme rengaine depuis des annees
      les export servent a ruiner les agriculteurs des autres pays grace a la cotation en bourse
      le droit de produire ses semences ?
      moins de tracteurs hors de prix ?
      des exploitations plus petites et plus nombreuses ?
      interdiction de speculer sur la bouffe ?
      des cooperatives controles ?
      un prix d’achat controle ?


    • Arafel Arafel 27 avril 2010 22:56

      Ils ont toujours la même rangaine depuis des dizaines d’années, et ils retournent à chaque fois voter pour des gens contre lesquels is manifestent et qui les ruinent.
      Alors, ils n’ont que ce qu’ils méritent.


    • curieux curieux 27 avril 2010 11:58

      Salaire annuelle : 24000 euros soit 2000 euros par mois. Combien pour un smicard ? Bien. Je suppose que les aides de l’europe ne sont pas incluses vu que quand je vais voir sur le site, elles se situent environ de 30000€ à 100000€ par an et même bien plus. Combien vaut le matériel qu’il ont entre les jambes. Dans mon coin, les plus belles maisons qui se construisent parfois avec piscine incorporée sont celles des agriculteurs.Je sens que je vais pleurer.


      • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 12:02

        Bonjour Curieux,

        Petite précision : 24 000€ était le salaire moyen en 2007. En 2010, il sera environ de 14 400€.

        Cordialement

        Matthieu


      • foufouille foufouille 27 avril 2010 12:02

        tu oublies les granges qui pourrissent sur place et le vieux materiel rouille


      • sleeping-zombie 27 avril 2010 20:45

        Petite précision : 24 000€ était le salaire moyen en 2007. En 2010, il sera environ de 14 400€.

        Encore un Nostradamus. Franchement, tu y crois aux chiffres (-49%) annoncés par un type dont le boulot est de faire peur pour pouvoir pleurer des aides ?
        Le président de la FNSEA est aux agriculteurs ce que F.Lefebvre est à l’UMP...


      • curieux curieux 27 avril 2010 23:19

        à Martin
        14400 € ben dis donc, y’en a un sacré paquet de Français qui ne les gagne pas. Et tu oublies les primes : c’est pas un salaire, les primes.


      • Salsabil 27 avril 2010 11:59

        Bonjour Matthieu,

        Merci de relayer cette info. Est-ce vous qui avez pris ces photos ?

        Je trouve la comparaison avec la marche des femmes sur Versailles assez judicieuse. Les agriculteurs aujourd’hui, demain, qui ?

        Il est évident que ce secteur est particulièrement touché par la concurrence inique, comme celui de la pêche d’ailleurs. Espérons qu’une politique sérieuse et tenant compte des « petits » agriculteurs autant que des immenses exploitations sera mise en oeuvre, au plan européen, certes, mais aussi et surtout national.

        Il faudrait revenir à un système plus raisonné permettant à chacun de vivre de son travail. Je n’imagine pas une France sans cette tradition agricole, et pourtant combien d’exploitants doivent-ils aujourd’hui abandonner leurs terres ?

        Enfin, une question : « le salaire moyen annuel en 2007 était de 23 964€ ».

        S’agit-il de ce qu’il reste aux seules fins personnelles de l’agriculteur et sa famille, ou bien cela inclue-t-il d’éventuels investissements liés à l’exploitation proprement dite ? Je suppose que c’est la 1ère solution mais pourriez-vous le préciser ?

        Quoi qu’il en soit, une baisse de 39% est énorme, ce salaire indiqué étantà peu près l’équivalent de celui d’un OS.


        • foufouille foufouille 27 avril 2010 12:04

          salaire moyen sans les credits a 2pc, le tout entreprise (maison, voiture, fioul, gasoil, etc, les subventions)


        • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 12:09

          Bonjour Salsabil,

          Non, je n’ai pas pris ces photos. J’ai été les piocher sur google images. Il s’agit de photos de manifestations de 2009.
           
          « S’agit-il de ce qu’il reste aux seules fins personnelles de l’agriculteur et sa famille, ou bien cela inclue-t-il d’éventuels investissements liés à l’exploitation proprement dite ? Je suppose que c’est la 1ère solution mais pourriez-vous le préciser ? »

          Bonne question. Je vais de ce pas rechercher l’information et la diffuserai si je la trouve. Je tiens à préciser qu’il s’agit du salaire moyen des céréaliers et non de l’ensemble des agriculteurs. La filière laitière est vraiment moins bien lotie par exemple.

          Merci pour votre commentaire

          Cordialement

          Matthieu


        • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 12:10

          Foufouille,

          Merci pour ces précisions

          Cordialement

          Matthieu


        • foufouille foufouille 27 avril 2010 12:20

          petite precision
          les subventions sont une usine a gaz necissitant un personnel specialiser
          par exemple les arbres poussant sur un pre sont exclues
          c’est pourquoi les plus gros touchent plus
          le stockage permet aussi de vendre quand le cours de la bourse est le plus eleve


        • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 27 avril 2010 12:25

          A quand la marche des chômeurs, des stagiaires sous rémunérés, des licenciés qui eux, ne bénéficient pas de la même mansuétude des pouvoirs publics, il est vrai que eux, ne votent pas correctement.

          Aprés avoir touché pendant des années les subventions de la PAC, ces mêmes agriculteurs découvrent les délices de l’économie libérale. Et qu’on ne me raconte pas qu’ils sont les acteurs de la préservation de nos paysages, ils ont, par les ajouts inconsidérés d’engrais, de produits phytosanitaires démoli la qualité des sols. La loi du marché, c’est maintenant pour tout le monde. je ne me sens pas solidaire de ces gens là. 

          • curieux curieux 27 avril 2010 22:45

            tu as tout à fait raison. On ne parle jamais des primes faramineuses qu’ils touchent. Et puis ils se basent sur le prix des céréales qui avait plus que doublé il y a deux ans. C’est un peu comme si le boursicoteur venait défiler à Paris parce que le CAC40 s’est cassé la gueule. Et aujourd’hui, ils viennent pleurnicher. Je ne connais pas d’agriculteurs pauvres ou alors, ils le font croire par radinisme


          • Gavroche Gavroche 27 avril 2010 23:46

            A Pierre de Vienne : A quand la marche des chômeurs, des stagiaires sous rémunérés, des licenciés

            Le 3 mai


          • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 15:02

            Bonjour Chantecler,

            Je ne comprends pas bien le sens de votre commentaire. Est ce une manière de dire que l’information que je relaye n’a pas sa place sur le média agoravox ?

            Cordialement

            Matthieu


          • sleeping-zombie 27 avril 2010 20:49

            Woua, même la police les aide a manifester.

            C’est là qu’on voit la différence entre les catégorie professionnelles dites « de droite » (taxis, médecins, agriculteurs...) et celles « de gauche » (profs, infirmieres...) : y a autant de flics pour encadrer les manifs, mais ils sont pas tournés dans le même sens...


          • curieux curieux 27 avril 2010 22:46

            Oui, pour les gens supposés de gauche, c’est pas la police, mais les CRS que le nabot envoie


          • Voris 27 avril 2010 13:22

            Au fond là-bas, sur le tracteur orange, c’est pas Bayrou ?


            • foufouille foufouille 27 avril 2010 13:42

              il eleve pas des chevaux de course ?


            • foufouille foufouille 27 avril 2010 13:41

              les gites ruraux hors de prix sont aussi subventionnes
              la plupart sont « rustiques »


              • Vipère Vipère 27 avril 2010 14:02

                lLes gîtes et chambres d’hôtes sont hors de prix, vous l’avez dit Foufouille !!!

                Et encore vous n’avez pas tout dit, le prix d’une chambre est multipliée par le nombre d’occupant, ce qui au final revient plus cher que l’hôtel.


              • foufouille foufouille 27 avril 2010 13:45

                Parmi les 508 000 bénéficiaires français de la politique agricole commune (PAC), il en est un plus habitué à faire la une des magazines people que de la presse agricole. Le prince Albert de Monaco reçoit en effet une subvention de 253 986 € de Bruxelles pour son soutien aux cultures « propres » et aux pratiques en faveur de l’environnement. Car le souverain monégasque est aussi agriculteur. Sa famille est propriétaire du domaine de Marchais, dans l’Aisne, qui compte 773 ha et où travaillent onze salariés. Sur ces terrains, où passe le prince « cinq ou six fois dans l’année », sont cultivés du blé, de l’orge, de la luzerne, des légumes, etc. Mais la subvention en faveur de la famille Grimaldi pèse peu au regard des aides européennes reçues par les grands groupes industriels. Sur cet aspect du dossier, l’enquête du « Parisien » et d’« Aujourd’hui en France », concernant les principaux bénéficiaires de la PAC, montre par exemple que les entreprises liées au sucre, Saint Louis, Tereos, Eurosugar, Sucrerie de Bois Rouge, etc. reçoivent plus de 160 millions d’euros. Certaines sociétés sont même parfois des filiales d’autres bénéficiaires. Un trader du sucre (qui achète et vend le produit) reçoit lui aussi une aide publique substantielle de l’Europe alors même qu’une large part de son activité se situe en Russie. Autre surprise, le volailler Doux qui est le Français le mieux subventionné par Bruxelles, avec près de 63 millions d’euros, présente la particularité de se développer en Amérique du Sud et de réduire ses emplois en France. « Cette subvention est scandaleuse », s’emporte Jacques Pasquier, chargé du dossier de la PAC pour la Confédération paysanne quand Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA (premier syndicat agricole), justifie cette manne comme une aide pour lutter contre la concurrence.

                Le Parisien http://www.leparisien.fr/economie/d...



                • Vipère Vipère 27 avril 2010 13:52

                  Bonjour à tous,

                  Les paysans auraient cassé leur tirelire pour se payer le voyage à Paris ?

                  Trève de plaisanterie, la manifestation émanerait (de source officieuse) surtout des céréaliers, ceux qui ont l"habitude de rafler toutes les subventions européennes, ne laissant rien aux petits agriculteurs entendent inverser les rapports de force en leur faveur !!!






                  • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 14:20

                    Bonjour Vipère

                    « la manifestation émanerait (de source officieuse) surtout des céréaliers »

                    Précision : il s’agit d’une manifestation organisée officielement par les céréaliers au travers de 14 FRSEA et soutenu par la FNSEA.

                    Cordialement

                    Matthieu


                  • curieux curieux 27 avril 2010 22:50

                    300 euros par hectare de prime PAC, ca fait déjà un beau paquet pour les étrennes.


                  • curieux curieux 27 avril 2010 22:52

                    Cela explique pourquoi vous ne voyez plus une seule haie au bord des routes, le moindre buisson est rasé pour augmenter la surface. Ce sont les destructeurs de la nature. Pauvres oiseaux


                  • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 14:23

                    Bonjour Calmos,

                    D’un autre coté, étant donné la vitesse du tracteur, le coté marche n’est pas si inaproprié smiley

                    Par contre, étant donné que ce sont des céréaliers, pour le fumier, ils auraient eu plus de mal, même si tout comme vous, je pense l’action plus marquante et odorante.

                    Cordialement

                    Matthieu


                  • pilhaouer 27 avril 2010 14:22

                    Mais voilà ce que publiait la Confédération paysanne, il y a un mois, à la veille d’une autre manifestation :

                    Redistribution des aides PAC : Tenir compte des revenus pour répartir plus justement

                    24 mars 2009

                    Demain, mercredi, les plus grands céréaliers des régions les plus riches, ayant les plus gros revenus et aussi les plus gros soutiens publics, manifesteront à Paris, pour conserver et faire perdurer leurs privilèges.

                    Cette manifestation est indécente

                    Va-t-on appauvrir et faire disparaître les céréaliers des ¾ du territoire français pour défendre les revenus élevés des régions les plus riches ?

                    Pour illustration, revenu annuel moyen des producteurs céréaliers, entre 2003 et 2007, par agriculteur :

                    * 44 000 euros en Ile de France – 46 400 en Champagne-Ardenne

                    * 15 800 euros en Aquitaine – 15 400 en Midi-Pyrénées

                    Les arbitrages sur les modalités françaises d’application du bilan de santé de la PAC se poursuivent. Ce bilan de santé donne l’occasion de renforcer les soutiens sur les 50 premiers hectares des exploitations, et de les renforcer également dans les zones dites « intermédiaires ». Ainsi, ces modalités peuvent permettre de conforter un peu les revenus agricoles les plus faibles ; la France a l’opportunité d’introduire la prise en compte de l’actif paysan et le plafonnement des aides pour rendre l’agrandissement des fermes moins attractif.

                    Seulement, les représentants des FRSEA et JA des grandes régions productrices de céréales, n’entendent pas admettre ces opportunités de répartition. Ils manifesteront demain à Paris pour conserver leurs acquis historiques.

                    514 millions d’euros issus du découplage du solde des aides SCOP (surfaces en céréales et oléoprotéagineux) sont en jeu. Les céréaliers les plus riches refusent l’orientation d’une partie des soutiens vers les céréaliers des zones les moins favorisées – Qu’en pensent les céréaliers de ces zones ?

                    Il est choquant que des agriculteurs ayant des revenus annuels moyens par actif sur 5 ans de 44 300 € comme en Ile-de-France ou de 46 400 € comme en Champagne-Ardenne, fassent main basse sur des soutiens qui peuvent être redistribués à des paysans qui, étant dans des régions moins favorables ont des revenus très inférieurs, comme par exemple, les producteurs céréaliers d’Aquitaine ou de Midi-Pyrénées dont le revenu moyen est inférieur à 16 000 € (voir le document en pièce jointe : « Résultat courant avant impôt par UTA familiale », données par système et par région, source Agreste-RICA France 2007)

                    Au regard des différences de revenus entre les céréaliers des différentes régions, il apparait impératif que l’enveloppe soit prioritairement redistribuée vers les régions dites « intermédiaires », c’est-à-dire les régions n’ayant pas les meilleures terres, ni les plus gros DPU, et ayant simultanément des revenus sensiblement inférieurs aux régions céréalières les plus riches (voir la carte des zones intermédiaires, document de travail 19/03/09). Si ce n’était pas le cas, les fermes de ces régions « intermédiaires », en grandes cultures ou en polyculture-élevage se retrouveraient avec des revenus insuffisants, notablement décrochés de ceux de leurs collègues spécialisés des régions les plus favorisées et ce, pour une durée aussi longue que celle de ce système DPU.

                    Au-delà du débat initial entre céréaliers et éleveurs, qui opposait les associations spécialisées de la FNSEA, c’est maintenant un débat entre régions céréalières. La direction de ce syndicat joue purement et simplement avec l’avenir des agriculteurs de France et d’Europe car une PAC honteusement injuste et inefficace à assurer un revenu décent au plus grand nombre, est une PAC condamnée à échéance très rapprochée.

                    La Confédération Paysanne, propose de redistribuer ces 514 millions d’euros aux 50 premiers ha de toutes les fermes produisant des céréales (systèmes d’élevage compris) dans les régions «  intermédiaires » ce qui permet de revaloriser leurs DPU de l’ordre de 60 à 80 €/ha. Notons que dans des régions de fort potentiel de production, aux conditions pédoclimatiques favorables, et où les DPU sont cependant en moyenne les plus élevés, les plus forts revenus sont obtenus dans des exploitations de surfaces élevées ; il existe une relative économie d’échelle entre 80 et 150 ha puis au-delà. Compte tenu de la nécessité de maintenir un revenu sur les plus petites fermes de ces régions, il est possible d’envisager une augmentation moindre des DPU sur les 50 premiers hectares des zones riches.

                    Aujourd’hui les revenus des systèmes de grandes cultures peuvent être très partiellement rééquilibrés : Aujourd’hui se joue en France une part de la légitimité de la PAC.


                    • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 14:29

                      Bonjour Philaouer,

                      Merci d’avoir publié ici ce communiqué. En effet, les céréaliers ne sont pas égalitaires entre eux. Les chiffres que donne ce texte parlent d’eux-mêmes. La répartition proposée par la Confédération paysanne semble équilibrée.

                      Cependant, aujourd’hui, ils se regroupent tous ensemble pour défendre leurs acquis, et contre la nouvelle répartition de la PAC mise en place pour aider également les autres filières de l’agriculture.

                      Cordialement

                      Matthieu


                    • pilhaouer 27 avril 2010 14:23

                      Parmi les 508 000 bénéficiaires français de la politique agricole commune (PAC), il en est un plus habitué à faire la une des magazines people que de la presse agricole. Le prince Albert de Monaco reçoit en effet une subvention de 253 986 € de Bruxelles pour son soutien aux cultures « propres » et aux pratiques en faveur de l’environnement. Car le souverain monégasque est aussi agriculteur. Sa famille est propriétaire du domaine de Marchais, dans l’Aisne, qui compte 773 ha et où travaillent onze salariés. Sur ces terrains, où passe le prince « cinq ou six fois dans l’année », sont cultivés du blé, de l’orge, de la luzerne, des légumes, etc. Mais la subvention en faveur de la famille Grimaldi pèse peu au regard des aides européennes reçues par les grands groupes industriels. Sur cet aspect du dossier, l’enquête du « Parisien » et d’« Aujourd’hui en France », concernant les principaux bénéficiaires de la PAC, montre par exemple que les entreprises liées au sucre, Saint Louis, Tereos, Eurosugar, Sucrerie de Bois Rouge, etc. reçoivent plus de 160 millions d’euros. Certaines sociétés sont même parfois des filiales d’autres bénéficiaires. Un trader du sucre (qui achète et vend le produit) reçoit lui aussi une aide publique substantielle de l’Europe alors même qu’une large part de son activité se situe en Russie. Autre surprise, le volailler Doux qui est le Français le mieux subventionné par Bruxelles, avec près de 63 millions d’euros, présente la particularité de se développer en Amérique du Sud et de réduire ses emplois en France. « Cette subvention est scandaleuse », s’emporte Jacques Pasquier, chargé du dossier de la PAC pour la Confédération paysanne quand Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA (premier syndicat agricole), justifie cette manne comme une aide pour lutter contre la concurrence.

                      Le Parisien http://www.leparisien.fr/economie/d.


                      • brieli67 27 avril 2010 18:14

                        13h 45 not Fouf’ a donné le même coupé collé ...

                        PAS UN PEU c...... SUR LES BORDS , ça t’arrive de lire les fils ?



                      • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 18:19

                        Bonjour Brieli,

                        En effet, mais cela peut être dit sans insultes.

                        Cordialement

                        Matthieu


                      • kitamissa kitamissa 27 avril 2010 14:38

                        ce qui me désole ,c’est de voir petit à petit des exploitations agricoles disparaitre ,les terrains bradés et repris par des promoteurs pour construire des lotissements ...


                        j’habite en Seine et Marne département agricole si il s’en faut ,malgré ça,les petites et moyennes exploitations que j’ai connu ont disparu les unes après les autres,le matériel abandonné dans les hangars et les terrains en friche ....

                        pendant ce temps là,on importe les produits qu’on cultivait auparavant !....

                        certains agriculteurs se sont tournés vers le maraichage et le petit élévage de basse cour et font de la vente sur place...mais pour combien de temps ?

                        à Achères la Forêt ,il y avait un maraicher qui semblait bien tourner,avec personnel ,logement pour ces derniers et matériel ....

                        maintenant c’est à l’abandon,les terrains sont en herbes folles ,et une des hangars sert de refuge pour chiens .....

                        ce matin ,j’ai acheté des tomates en grappe d’Espagne ,et des fraises du Maroc !......

                        je ne sais même pas d’où provient mon lait, mes patates,mes poireaux ( de Hollande je crois ! )

                        bon ceci dit,il y a encore des champs de colza,de tournesol,de mais,de l’orge,de l’avoine et du blé bien sûr ,mais la betterave et les sucreries qu’on a connus à Lieusaint et à Montereau sont disparues depuis un bail déjà ,alors que l’on importe du sucre,un comble....

                        on achète chez le voisin ce qu’on produisait avant !

                        putain,mais je serais paysan,mais je foutrai le feu au ministère ! la France était un pays agricole reconnu,les campagnes deviennent des deserts,ou alors des golfs,des lotissements,ou des parcs d’attraction !

                        pour ceux qui verront les cinquantes prochaines années,je vous souhaite bien du plaisir ,profitez vite si vous en avez encore le temps de découvrir le goût des vrais légumes et des vrais fruits de chez nous ,du bon pain,avec la farine de chez nous également ,parce que tout ça ,ça va foutre le camp dans pas longtemps !


                        • Matthieu Martin Matthieu Martin 27 avril 2010 14:51

                          Bonjour Kitamissa,


                          Je constate tout autant que vous la disparition des petites exploitations, qui découle souvent de la dureté de ces métiers dans l’agriculture « manuelle » contrairement à l’agriculture « industrielle ».
                           
                          Des fraises en avril : voilà aussi une partie du problème. Dans une société de consommation comme aujourd’hui, c’est le tout tout de suite. Mais il faut savoir respecter les saisons sous nos lattitudes. J’ai connu un vieux paysan, enguelant ses petits enfants (déjà grands) lorsqu’ils revenaient du supermarché avec des sacs remplis de légumes hors-saison. Lui se contentait des légumes de son jardin. Malheureusement, chaque individu ne peut se permettre un tel luxe en France.

                          Cordialement

                          Matthieu


                        • Mycroft 28 avril 2010 11:51

                          La question est vraiment de savoir si on importe, au niveau agricole, plus qu’on exporte. Si c’est devenue le cas, il faut d’urgence réhabiliter les champs non utilisés, quitte à faire une société publique de production agricole

                          Quand aux petites structures artisanales, et bien je ne les pleurerai pas. Quand on voit les efforts à faire pour les maintenir en vie, alors qu’un groupe agricole de taille est bien plus facile à gérer pour les gens travaillant là dedans, on se dit que, dans l’intérêt des agriculteur, il est bon qu’elles disparaissent. Les conditions de travail des petits exploitants sont toujours peu agréable. Et en dehors des rentiers, nous ne sommes pas que consommateur, mais également producteur.

                          Quand aux goûts, ils varient selon les clients. Dire que les tomates du marché sont meilleurs que celles venues d’Espagne, c’est avant tout une question de mode. Même si, pour réduire notre consommation de pétrole, une consommation locale est en effet à privilégier. Mais locale ne signifie pas du tout petite structure artisanale.


                        • oncle archibald 29 avril 2010 09:12

                          Mycroft je constate que vous n’avez jamais mangé une bonne tomate, c’est dommage parce que c’est vraiment très bon et que vous ne le saurez jamùais en achetant celles du supermarché.

                          Je constate aussi que vous ne vous promenez pas souvent dans la nature, sinon vous sauriez que ce qui fait la particularité et le charme du paysage français c’est la taille des petites exploitations, la diversité des cultures, les petits chemins entretenus parce qu’il faut acceder à une parcelle de vigne loin de tout, etc ... L’agriculture à l’américaine n’est qu’une industrie comme une autre. Je suis visceralement attaché à l’artisanat, la seule activité qui réponde de façon simple aux besoins fondamentaux des etres humains et qui ne soit pas délocalisable.

                          Les agriculteurs n’ont pas besoin de subventions, ils ont besoin de vendre leurs produits avec benefice, comme n’importe quelle autre activité « normale ». Mais les financiers ont su « délocaliser » les bénéfices... Ils nous ont transformé en ouvriers qui fabriquent du fric pour leur profit et non pas pour satisfaire les besoins. 

                          Exemple type les thoniers monstrueux qui après avoir prélevé des miliers de tonnes justifient les mesures qui empechent l(artisan d’aller pecher quelques dizaines d’individus. Même le pecheur touriste qui rapporte une fortune à la collectivité (bateau, carburant, cannes, appats, tout est très cher et ils depensent sans compter pour leur passion), même lui n’a pas le droit d’aller pecher un ou deux thons qu’il n’a pas le droit de vendre à l’arrivée et dont il fait don en général à une collectiivité, maison de retraite, hoîtal, college, etc ... Ras le bol du gigantisme !

                        • Salsabil 27 avril 2010 15:08

                          Matthieu et Maxime,

                          Entièrement d’accord avec vos commentaires respectifs

                          Effectivement, il serait bon de réapprendre à consommer les productions de saison. On peut se passer de fraises et de tomates en hiver, non ?
                          Autrefois pour continuer à profiter des fruits et légumes d’été durant la période froide, on faisait soi-même ses conserves. Ce sont des gestes simples, ça prend finalement relativement peu de temps et c’est autrement meilleur que les conserves achetées au supermarché !

                          Maxime nous avions, je crois, un jour parlé de pêches de vigne ? Elles sont succulentes aussi en conserve.

                          Ainsi donc les cultures de betteraves ont quitté la région ? Je me souviens, petite, des précautions qu’il fallait prendre sur la route boueuse tellement elle était glissante à cause du passage incessant des camions. Les accidents n’étaient pas rares d’ailleurs...
                          Il n’empêche que cette sucrerie était une fierté pour tous les villages environnants et qu’elle donnait du travail à profusion.

                          Bouh ! Ca ne nous rajeunit pas !!! smiley smiley

                          Matthieu,

                          Si tout le monde ne peut pas se permettre le luxe d’avoir sa propre production, il faut quand même noter qu’existent de nombreux « jardins ouvriers » offrant cette possibilité. C’est aussi une question de volonté, non ?

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Matthieu Martin

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