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Accueil du site > Actualités > Economie > Immobilier : qui seront les dindons de la farce ?

Immobilier : qui seront les dindons de la farce ?

Dixit les professionnels, 2015 est un millésime exceptionnel pour le marché immobilier : 800.000 transactions dans l’ancien, un niveau comparable à celui précédant la crise de 2008.

Baisse des prix et taux de crédits au ras des pâquerettes ont poussé les acheteurs à revenir sur le marché. Résultat des courses : une reprise qui a émoustillé les professionnels de l’immobilier. Qu’en est-il vraiment ? Est-ce le moment d’acheter ? Réponses.

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1. L’embellie de 2015 est-elle un mouvement de fond ?

Les professionnels sont certes ravis de l’année 2015 qui a redonné des couleurs au marché, mais les fondamentaux et plusieurs avis d’experts laissent penser qu’il s’agit plus d’un soubresaut que d’une tendance pérenne. En outre, cette embellie dissimule un fait capital, à savoir que les prix ont poursuivi leur baisse, certes faiblement, mais le phénomène s’est répété l’année dernière en affichant un recul au niveau national.

La FNAIM, prudente

Malgré la tendance baissière amorcée en 2011, la France fait figure d’exception en Europe. Après la crise de 2008, tous les pays qui avaient connu le même phénomène de hausse sur la période allant de 1997 à 2007 ont vu les prix de l’immobilier chuter fortement alors que chez nous seule une timide correction a eu lieu ainsi qu’en atteste la note de conjoncture de la FNAIM, en date de juillet 2015.

Cette même note qui dénote cette « singularité » rejoint l’avis de Jacques Friggit, constamment décrié par ceux qui rêvent de prix toujours plus hauts, que le marché a été soutenu, et l’est toujours, par des conditions de financement (baisse des taux, durée, etc.) qui alimentent artificiellement la capacité d’endettement des emprunteurs. Une façon policée de dire que le marché est sous perfusion et entretenu par l’intervention incessante de l’Etat. Une façon aussi de préparer les futurs vendeurs à perdre de l’argent car la correction aura lieu et qu’il sera difficile, voire impossible, pour ceux ayant acheté trop cher, de revendre sans essuyer de lourdes pertes.

La Banque de France, factuelle

Cette même note de la FNAIM évoque, en revanche, le fait que la France n’a pas vu augmenter les défaillances d’emprunteurs. Ce n’est malheureusement pas ce qui se dégage de la lecture du baromètre de la Banque de France sur le surendettement.

Dans ce baromètre, on peut lire, en page 4, que les dossiers de surendettement liés à l’immobilier sont en hausse constante et qu’il s’agit d’un mouvement de fond. En effet, depuis le premier trimestre 2011, le pourcentage de dossiers liés à ce type d’endettement est passé de 8.8 % à 13.5 % au dernier trimestre de 2015, la hausse étant continue depuis 2011, tout comme le montant moyen d’endettement.

Une étude de décembre 2015 de la Banque de France ayant pour objet (l’) « Evaluation des risques du système financier français » s’intéresse à l’immobilier.

Le point 2.3, dès la page 16 de l’étude, analyse les risques immobiliers. Il en ressort que le regain d’activité de 2015 semble se maintenir même si les prix restent orientés à la baisse. Il est également mis en avant le fait que ce regain d’activité ne semble être qu’un effet d’aubaine, ou en tout cas perçu comme tel : la baisse des taux de crédit du début de l’année et leur remontée au cours de l’été qui a fait passer à l’acte certains acheteurs.

Dans ce contexte, deux scénarios sont envisageables pour la Banque de France :

- Un premier scénario de correction abrupte des marchés immobiliers qui n’ont que peu baissé suite à la hausse vertigineuse des prix dans les années 2000 ;

- Un second scénario dans lequel la récente reprise de l’activité est purement conjoncturelle et laisse rapidement la place à une poursuite de la baisse des prix et de l’activité sur le long terme.

La Banque de France se montre aussi prudente que la FNAIM sur une potentielle remontée des prix. En réalité, elle penche, assez clairement, pour des scénarios baissiers.

En toile de fond, dans le premier scénario on remarque que les biens sur lesquels la correction n’a pas été suffisante sont exposés à la baisse. Cette hypothèse va concerner les villes peu attractives, les biens avec de forts travaux, avec beaucoup de nuisances, etc. Autrement dit, une large part des biens dans l’ancien, mais également dans le neuf si vous êtes l’heureux propriétaire d’un appartement situé derrière une autoroute ou sous une ligne à THT. Seuls les biens affichant de solides prestations pourront résister au mieux, sans aucune certitude qu’ils échapperont au mouvement baissier, même si la baisse devrait être plus modérée dans ce cas.

Dans le second scénario, une baisse durable viendrait corriger progressivement l’envolée des prix amorcée en 1997.

La Coface, lucide

Dans sa publication du 24 novembre 2015, concernant la construction, la Coface écrit ceci :
« L’ajustement à la baisse des prix de l’immobilier n’est pas encore suffisant pour que le marché se stabilise durablement. La France est le sixième pays de l’OCDE où le prix de l’immobilier est le plus surévalué par rapport aux revenus des ménages. Sans réelle amélioration du marché du travail pour soutenir les velléités d’accession des ménages les plus modestes, les prix resteront donc orientés à la baisse en 2016 ».

Sébastien de Lafond, Président de Meilleurs Agents, réaliste

Interviewé le 21 mars lors de l’émission « Intégrale Placements » sur BFMTV, voici deux extraits de ses propos.

A partir de la 58ème seconde : « (…) le marché est vraiment sous perfusion, sous amphétamine de la baisse des taux. Le principal élément qui dynamise le marché depuis le début de l’année sont des taux bas et des taux qui continuent de baisser (…) ».

A 2:15 : « (…) probablement sans cette baisse des taux très forte depuis le début de l’année, la plupart des marchés seraient en baisse, les prix baisseraient (…) ».

Conséquence

Autant de points de vue et d’analyses qui dessinent un mouvement de fond baissier en lieu et place de la hausse rêvée par certains. L’embellie de 2015 sur le nombre de transactions dans l’ancien est liée à la baisse des taux et à la faible baisse des prix qui s’est opérée au niveau national, comme on s’en doutait.

Autre constat : la correction à la baisse n’a pas été suffisante pour absorber l’envolée démentielle des années 2000 et les prix devront s’ajuster en conséquence, brutalement ou sur plusieurs années. Sans cette baisse, le marché n’aura pas de base solide car il s’est construit sur du sable et une politique d’illusion à laquelle la faiblesse des taux de crédit a largement contribué.

Le problème qui se pose est donc le niveau des taux de crédit, clé de voûte du marché immobilier. Peuvent-ils rester indéfiniment aussi bas ? Peuvent-ils descendre encore plus bas ? Si les taux s’écroulent ou qu’ils remontent, que se passera t-il ? N’est-il pas dangereux que le maintien du marché soit conditionné à cette seule faiblesse des taux ? N’est-ce pas s’exposer à des pertes si on achète aujourd’hui et que l’on est obligé de revendre à court ou à moyen terme ? N’a-t-on pas ouvert une boîte de Pandore ?

Acheter aujourd’hui à un degré d’incertitudes aussi élevé relève du suicide économique si le bien n’est pas âprement négocié pour tenir compte de cette baisse plus que probable dans les années à venir. D’autant plus que le principal vecteur de maintien du marché, les taux de crédits, risque d’être remis en cause dans une forme plus globale.

2. Les crédits immobilier à la française, bientôt finis ?

Aujourd’hui le marché immobilier français a la spécificité d’être financé, dans 99% des cas, par des crédits à taux fixes. Considérant la faiblesse des taux auxquels les banques prêtent, le risque pour les banques est réel. En effet, si les taux auxquels elles se financent augmentent, elles peuvent se retrouver en manque de fonds propres. Ce faisant, le comité de Bâle, l’instance qui régule le système bancaire international, planche sur des mesures de réduction de ce risque.

L’idée est d’augmenter les fonds propres des banques, sur les profils d’emprunteurs disposant de peu ou pas d’apports personnels, afin de limiter les risques. Le durcissement d’obtention des crédits immobiliers risque d’exclure une partie des candidats à l’accession à la propriété, principalement les jeunes et les primo-accédants, ayant par définition peu ou pas de fonds propres. Cet article de LavieImmo détaille l’avis de plusieurs spécialistes annonçant que si la mesure Bâle IV était adoptée en l’état, environ un tiers des crédits immobiliers disparaîtrait.

L’autre idée est de rompre avec la spécificité française des taux fixes et de proposer des taux variables. Objectif : supprimer le risque pesant sur les banques et le reporter sur l’emprunteur final, c’est-à-dire, vous.

Conséquence

Quel que soit le scénario exploré, il est potentiellement nuisible au marché immobilier et à l’économie française. Si les taux restent fixes et que les conditions d’obtention de crédit se durcissent, un tiers des crédits disparaîtrait. En clair, ça signifie que le marché, neuf comme ancien, se gripperait puisqu’il n’y aurait plus de nouveaux entrants. Les candidats à l’achat pour se loger, ou même les « investisseurs » dont le modèle repose sur le financement à crédit du bien à 100 %, ne seront plus là. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les fédérations LCA, FFB, FNAIM et FPI n’en veulent pas.

Sans ces nouveaux entrants, l’ajustement ne peut se faire que par la baisse des prix, encore une fois, pour les faire revenir dans la course. Autrement dit, ceux qui auront acheté trop cher un bien aux qualités intrinsèques insuffisantes seront les dindons de la farce s’ils doivent vendre à brève échéance après l’achat. Et les raisons de revendre à court ou à moyen terme ne manquent pas : perte d’emplois, mutations, divorces ou séparations, maladies, événements extérieurs qui dégradent la valeur du bien (salle de shoot, camps de migrants, site d’enfouissement de déchets nucléaires, usines, taxes locales qui explosent, etc.).

Il est impératif de fonder l’achat d’un bien sur ses qualités intrinsèques et non pas sur son prix « par rapport au marché », même si certains vendeurs pensent le contraire parce que ça les arrange.

Autre perspective : si les taux variables sont introduits en France par les banques pour fluidifier le marché, vous serez également les dindons de la farce. Si les taux remontent, l’emprunteur paiera en fin de compte plus de mensualités. Et comme les taux bas sont actuellement la seule mesure qui maintient le marché en vie, là encore, les prix chuteront. Ceux qui auront acheté excessivement cher un bien sans réelle qualité en seront pour leur frais avec l’épouvantail d’une saisie-revente s’ils n’arrivent pas à supporter le coût du crédit.

Il est précisé dans les articles de presse relatant les idées du comité de Bâle qu’elles n’entreraient pas en vigueur avant 2018. Tiens, tiens… 2018, c’est l’année envisagée pour la mise en place de la réforme sur les valeurs locatives cadastrales. Je l’évoquais dans mon article de novembre 2015.

Pour mémoire, il s’agit de la base sur laquelle est assise le calcul des taxes locales, calcul qui n’a pas été réformé depuis sa création en 1970.

Les habitations qui à cette époque étaient considérées comme « luxueuses », toutes les constructions d’après guerre, les logements collectifs des années 60 et 70 étaient taxés plus lourdement que le « pauvre » appartement des années 1900 ou le pavillon de banlieue de la même époque. Sauf que la roue a tourné, les logements collectifs se sont dégradés avec leur environnement et les petits pavillons des années 1900 ont grandi et bénéficient désormais de prestations modernes, dans des environnements plus attrayants. Le hic, c’est que la fameuse valeur locative cadastrale n’en a presque pas tenu compte. Des transferts très importants de charges vont donc se faire de contribuables à contribuables. Et le petit pavillon risque de coûter très cher à ses propriétaires en taxes locales.

Le PTZ version 2016 prévoit pour les achats dans l'ancien, qu'au moins 25 % du montant global de l'opération soient consacrés à des travaux d'amélioration. La question que l'on peut se poser est la suivante : n'est-il pas risqué de faire aujourd'hui des travaux d'amélioration sur un bien ancien sachant qu'avec la réforme de la VLC, prévue pour 2018, on ignore à quelle sauce on sera mangés ? Une sauce aux marrons ?

En effet, améliorer un logement ancien bénéficiant d'une méthode de calcul ne tenant pas compte, actuellement, de tous ces travaux pour établir la base d'imposition locale, n'est-ce pas là prendre le risque de s'exposer à de très fortes hausses d'impôts dans les deux ou trois ans à venir ?

N'est-ce pas risqué pour ces ménages bénéficiant aujourd'hui du PTZ 2016 ? Ce sont des ménages qui sont au cordeau financièrement et, pour une partie d'entre eux, ils devront sans doute supporter ces hausses. En auront-ils les capacités financières tandis qu’ils sont déjà à leur limite d'endettement ?

Enfin, espérons qu’aucun dirigeant ne ressorte l’idée qu’avait lancée Nicolas Sarkozy en 2006, en pleine campagne présidentielle. Dans les grandes lignes, il souhaitait généraliser le crédit hypothécaire sur la valeur du bien et non plus le contractant, à l’image de ce qui se pratique aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Sur le papier, l’intention est louable puisqu’elle permet aux emprunteurs exclus du système de crédit actuel de pouvoir accéder à la propriété. En théorie. Malheureusement, c'est ce type de crédit hypothécaire qui est à l'origine de la crise mondiale de 2008.

Conclusion

La hausse des prix des années 2000, nourrie par l’interventionnisme effréné de l’Etat (à travers diverses mesures fiscales), mais aussi par la voracité spéculative de certains et par la distribution de crédits en nombre a engendré un monstre.

Aujourd’hui, se lancer dans un projet d’achat immobilier est extrêmement délicat. On se demande si c’est le moment d’acheter, si on ne risque pas de perdre de l’argent, aussi bien à l’achat qu’à la revente.

Le monstre a transformé une situation simple, acheter pour se loger et « mettre un toit au-dessus de sa tête », en une salle de casino. Le risque financier est permanent.

Malheureusement, lorsque ce « marché » s’ajustera, bon nombre de gens seront ruinés et beaucoup rejoindront les statistiques des surendettements immobiliers. C’est cela l’enjeu : ne pas pouvoir faire face à une baisse des prix dans l’avenir. Je le répète souvent, mais on n’achète pas un âne au prix d’un cheval de course.

Si vous êtes dans l’optique d’un achat immobilier, il est plus qu’impératif de vous prémunir contre un décrochage du marché à moyen terme. Anticipez une baisse des prix dans les prochaines années, qui est le scénario ayant le consensus de tous les professionnels du secteur. Le bien et son environnement doivent être scrupuleusement décortiqués et analysés. Vous tiendrez compte de chaque défaut, de chaque nuisance pour ajuster votre proposition d’achat. Et si le vendeur, trop gourmand et convaincu que son offre est une bonne affaire, ne veut pas entendre raison, passez votre tour et méditez cette citation : « dans une bonne affaire, il y a toujours un pigeon ; si vous ne savez pas qui c’est, c’est que c’est vous ! »

Remarque importante : je précise que le terme « marché immobilier » est utilisé pour une plus grande perception générale, même si ce « marché » est à cent lieues d’en être un, l’ajustement naturel entre vendeurs et acheteurs étant constamment contrarié par l’Etat.

Laurent CRIADO

Site Internet : guidepratiqueachatimmobilier.com

Cet article peut volontiers être repris, sans coupures, pour informer le plus de monde possible. La photo illustrant l’article doit rester la même. Le nom de l’auteur doit figurer distinctement en début d’article, un lien doit renvoyer sur la page Agoravox de l’article. Merci à toutes et à tous.

Si vous avez des attentes sur des thématiques liées à l’immobilier, prévenez-moi directement dans les commentaires ou via mon site.

 


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169 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 4 avril 11:03

    Bonjour, Laurent

    « Acheter aujourd’hui à un degré d’incertitudes aussi élevé relève du suicide économique si le bien n’est pas âprement négocié pour tenir compte de cette baisse plus que probable dans les années à venir. »

    Je suis très dubitatif en lisant cette phrase. La plupart des personnes qui achètent aujourd’hui revendront probablement leur maison ou leur appartement dans quelques années pour acheter une autre habitation ailleurs, ou dans l’optique de s’agrandir. Or, si la valeur de leur bien a baissé, ce sera également la cas des biens convoités. Dès lors, il n’y aura pas de pénalisation financière.


    • Fergus Fergus 4 avril 11:08

      J’ajoute à cela que, pour mon habitation, j’ai personnellement vendu puis acheté aussi bien en période de hausse que de baisse sans jamais être gêné par les fluctuations du marché pour la raison évoquée ci-dessus.

      Le seul cas où l’opération est pénalisante, c’est quand il y a nécessité de vendre dans une région où les prix chutent de manière significative pour acheter dans une région où ils sont stables. Mais à l’inverse, celui qui va de la 2e région nommée pour aller vers la 1ère fait une excellente affaire !


    • _Ulysse_ _Ulysse_ 4 avril 11:32

      @Fergus

      Vous avez en partie raison seulement, car qui dit prix hauts dits également plus de frais de notaire, d’agence et d’intérêts d’emprunts à payer ! 

      En plus, cela rend l’apport en capital d’autant plus difficile, c’est quand même plus difficile de mettre de côté 200 000 euros pour avoir un bel apport pour acheter une maison à 500 000 euros que 50 000 pour acheter la même maison à 130 000 euros ! 

    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 11:48

      @Fergus
      Bonjour Fergus,

      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Ma phrase est un peu forte, c’est voulu. En effet, je préfère alerter sur les dangers que peut représenter un achat surcôté aujourd’hui, sur des biens qui n’en valent pas la peine.

      Le danger est de devoir revendre assez rapidement après l’achat, avec des prix à la baisse. D’une la vente va s’éterniser si le marché est baissier.

      De deux, ce que vous évoquez est exact, je l’ai moi-même souvent signalé. Simplement cela implique une période d’ajustement général pour que la baisse soit effective partout. Avant cet ajustement généralisé, beaucoup de personnes qui sont au maximum de leur endettement auront du mal à suivre financièrement entre leur bien qui a baissé et le nouveau qui ne sera pas encore ajusté.

      De plus, s’ils sont obligés d’aller d’une région où les prix sont modérés à une autre où ils sont tendus, ce sera le grand écart financier. D’où l’importance de se baser sur les qualités réelles du bien.

      Des prix lissés sur tout le territoire, avec une meilleure répartition de l’activité économique, ce serait une vraie chance pour la France et pour chaque français.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 11:56

      @Fergus
      J’avais évoqué votre exemple dans ma réponse précédente.

      Les changements de régions peuvent être pénalisants pour certaines personnes et en avantager d’autres.

      Malheureusement ceux qui perdent, risquent de perdre beaucoup.

      De plus, à quelle date avez-vous acheté et vendu ? Ce qui a fonctionné dans le passé, ne le sera peut-être plus dans les années à venir.

      Revendre avec une plus-value n’est plus assuré. Les prix ont atteint de tels sommets que les derniers entrants auront du mal à trouver de nouveaux acheteurs.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 12:03

      @_Ulysse_
      Bonjour, merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Constituer l’apport sur un bien très cher est en effet très compliqué.

      N’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps, début des années 90, prendre un crédit sur plus de 15 ans était très rare.

      Et c’était très bien ainsi car on se libérait du crédit rapidement.

      Sur un bien à 500 000 €, sauf à gagner énormément, c’est parti pour 20 ou 25 de remboursement.


    • bakerstreet bakerstreet 4 avril 12:35

      @Laurent CRIADO

      Ouf ! Terminé la spéculation honteuse des années 80, avec des petits propriétaires pensant que leur baraque valait une fortune de plus en plus forte, d’année en année. Un effet de bulle qui n’est pourtant pas tout à fait redescendu, des biens restant surévalués. 
      Il est certain qu’un type de clientèle s’est évaporé en grande partie, celui des jeunes accédants : On connait les raisons ; disparition des contrats de travail, celui ci devenant aléatoire et sous-payé. Dés lors, on comprendra que s’acheter une maison n’est plus envisagé pour certains, arrivant de plus en plus tard, d’ailleurs, sur le marché du travail, et ayant d’autres soucis que de « s’installer », et en n’ayant de toute façon ni les moyens, ni l’envie de se mettre un boulet au pied. Il est possible aussi que cette accession à la priorité ne soit plus l’omega de la vie, comme elle pouvait le représenter pour les générations passées. 
      Ceux sont les grecs qui sont en pourcentage le plus propriétaires, et les allemands qui le sont le moins. Voilà qui montre que cet investissement n’est pas vécu de la même façon chez des populations n’ayant pas la même économie, dans ce qu’on pourrait pensé un curieux chassé croisé. La maison représente t’elle pour les grecs la dernière île de sécurité, aussi trompeuse que peut l’être celle de Lesbos ?
       C’est un peu une crise des représentations et des investissements, sur fond d’attente. Dans notre pays, impossible donc de séparer accession à la priorité et monde du travail, et environnement, mis à part pour les investisseurs, ceux ci d’ailleurs plus d’une fois marri, par des promesses foireuses de placement locatif, dans des villes suréquipés en logements de ce type. 
      On ne pleurera pas sur eux, surtout au vue des loyers pratiqués, infamants, ramenés depuis quelques temps à des dimensions plus honnêtes. La loi du marché a parfois du bon. En tout cas le prix d’une maison est bien souvent irrationnel, lié à la spéculation, à l’humeur du moment, dans une suite de bulles et d’effondrements. Maintenant, c’est aussi toute une génération de propriétaires, issu du baby boom, né après guerre, qui commence à disparaître, et les biens mis en vente, plus nombreux, vont forcément se traduire là aussi au niveau du thermomètre des prix. 

    • bakerstreet bakerstreet 4 avril 12:51

      @Laurent CRIADO
      Spéculation des années 80 ?...Je devrais me relire. Je voulais parler de celle des années 2000. On m’aura compris je suppose. Remarquez que je crois me souvenir qu’il y en eut une dans les années 80 aussi, quoique moins importante, avant qu’elle ne s’effondre dans les années 90. Un mouvement de montagnes russe. 


    • Fergus Fergus 4 avril 13:02

      @ Laurent CRIADO

      « à quelle date avez-vous acheté et vendu ? »

      1er achat en 1975. Puis vente-achat en 1995, en 2007 et en 2012.

      Pour le reste, merci de vos réponses.


    • Fergus Fergus 4 avril 13:07

      Bonjour, Ulysse

      D’accord avec vous sur les frais dits de notaire et le coût des emprunts.

      En revanche, la dépense est plus nuancée concernant les agences dans la mesure où le pourcentage perçu est nettement plus élevé pour les biens peu onéreux (quelques dizaines de milliers d’euros) que pour les biens chers (plusieurs centaines de milliers d’euros et au-dessus) : grosso modo, cela va de 10 % à 3 %.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 13:21

      @bakerstreet
      Bonjour, merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Cette spéculation a fait et fait encore beaucoup de mal à la France.

      Ces prix hauts donnent une illusion de richesse.

      Dans un de mes articles précédents, je donnais l’exemple de l’évolution des prix depuis les années 70.

      Multiplié par deux en Allemagne.
      Multiplié par dix en France.

      Tout est dit.

      Après on tergiverse autour des charges et de la compétitivité, alors qu’il ne faut pas chercher plus loin.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 13:24

      @bakerstreet
      Ne vous inquiétez pas, nous avions compris.

      Les montagnes russes effectivement sauf que depuis l’envolée du début des années 2000, il n’y a pas eu de véritable descente.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 13:39

      @Fergus
      D’accord, merci pour ces précisions.

      Vous avez eu la chance d’avoir un bien dès 1975. Vous le serez sans doute mieux que moi, puisque je venais juste de naître mais l’effort à réaliser pour acheter n’était pas comparable à aujourd’hui.

      Votre premier bien vous a servi sans doute pour votre achat suivant et ainsi de suite.

      Aujourd’hui pour des jeunes ou des primo-accédants c’est très compliqué de suivre le même scénario.


    • Fergus Fergus 4 avril 13:44

      @ Laurent CRIADO

      « Aujourd’hui pour des jeunes ou des primo-accédants c’est très compliqué de suivre le même scénario »

      En effet, et c’est pourquoi mon épouse et moi avons limité nos ambitions immobilières pour permettre à notre fils d’acheter à son tour, ce qui a été facilité par les conditions de donation très favorables au début du mandat de Sarkozy.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 13:47

      @Fergus
      Oui c’est sûr que les frais d’agence sur les petites surfaces sont proportionnellement plus élevés que sur les grandes.

      Cependant payer 10 % sur 200 000 € pour un 2 pièces d’aujourd’hui en RP ou 10 % sur ce deux pièces qui valait 60 000 € fin des années 90, le montant n’est pas le même.


    • Fergus Fergus 4 avril 14:06

      @ Laurent CRIADO

      D’accord avec vous sur la comparaison temporelle.

      En revanche, un deux-pièces de 200 000 euros induit un pourcentage de frais d’agence, non de 10 %, mais de 6 % au plus, assez facilement négociable à 4,5 % (voire moins) grâce notamment à la mise en concurrence, notamment de boîtes comme Agence Directe qui affichent des frais maximum de... 3,9 %.


    • Osis Oxi gene. 4 avril 14:24

      Déjà, à l’achat ou à la revente d’immobilier, ne pas passer par une agence est une belle économie !
      Presque de quoi meubler entièrement votre maison.

      Que vous apporte une agence, à part de prendre sa commission ?
      La sécurité et la validité de la vente, c’est (en principe) le notaire qui vous l’apporte, et en aucun cas l’agence.

      Pour vendre par une agence, votre bien sera dans un premier temps surestimé pour obtenir de vous le mandat de vente, et dans un deuxième temps, sous-estimé, au prétexte de la négociation afin de le vendre le plus rapidement possible, avant qu’une agence concurrente le fasse et empoche la commission de vente.

      Vous, vous voulez vendre le plus cher possible, et l’agence le plus rapidement possible.
      Votre intérêt et celui de l’agence sont donc totalement contradictoires.

      Pour vendre votre bien, l’agence passera une ou des annonces, comme vous le feriez vous même, il n’y a pas d’autres moyens, et cela, vous pouvez le faire vous même pour quelques dizaines d’euros, voir même gratuitement, tout aussi efficacement.

      @Fergus


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 14:25

      @Fergus
      Vous qui êtes parents, mettez le doigt sur un phénomène de plus en plus présent.

      Sans l’aide des parents, de plus en plus d’enfants ne pourraient pas s’en sortir financièrement, tout du moins pour leur achat immobilier.

      Avant l’ordre des choses était que l’on partait de chez ses parents pour créer sa propre vie et que l’on était prêt à aider ses parents une fois que l’on avait « réussi ».

      Maintenant les parents doivent avoir les reins solides financièrement pour aider de plus en plus et de plus en plus tard, leurs enfants.

      Cette situation est triste, car cela creuse de plus en plus l’écart entre ceux qui ont la chance d’avoir des parents qui peuvent les aider et les autres.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 14:46

      @Fergus
      Le pourcentage était plus pour dire qu’à pourcentage égal, mieux vaut payer sur le prix d’un bien le plus faible possible.

      Et les commissions d’agence n’ont pas changé du tout au tout.

      Des agences « Low cost » et des agents indépendants sont apparus mais cela ne compense pas l’augmentation par deux ou trois des prix des biens.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 15:03

      @Oxi gene.
      Bonjour, merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Ce n’est pas aussi évident en réalité.

      De plus en plus de particuliers affichent le même prix en vendant directement que celui de l’agence à laquelle il le confie.

      Prenons l’exemple très concret d’un bien présenté à 200 000 € des deux cotés.

      Si vous passez par le particulier, les frais de notaires porteront sur les 200 000 €.

      Si vous passez par l’agence et que ses frais sont de 7%, vous pourrez demander à payer directement l’agence, de ce fait les frais de notaire porteront sur le valeur mobilière, soit 200 000 - 14 000 (7% de 200 000) soit 186 000 €.

      Si nous sommes dans l’ancien et que l’on se cale sur 8 % de frais de notaire, vous payerez d’un côté 16 000 € en passant directement par le particulier.

      En passant par l’agence vous payerez 8 % de 186 000 € soit 14 880 €.

      Certes la différence n’est pas énorme mais quand même.

      Donc tout étudier et analyser lors de l’achat, c’est ce qui permet d’acheter au plus juste un bien qui correspond à son projet de vie.

      Payer une agence, si le boulot est correctement réalisé n’a rien de choquant, c’est du commerce.

      Bien sûr pendant les années folles, beaucoup de charlatans ont profité de l’occasion pour faire de l’argent facile contre peu ou pas de valeur ajoutée envers l’acheteur, ou même le vendeur.

      S’occuper de la vente, tout seul, est une solution mais il faut être suivi. Si vous utilisez des contrats types et ne faites pas appel à un homme de l’art, un avocat, pour sécuriser la transaction, c’est très dangereux.

      Le notaire est la solution minimale.


    • bakerstreet bakerstreet 4 avril 15:44

      @Laurent CRIADO
      Oui, vous avez raison. Combien de biens ont été gardé en réserve, pensant que cela continuerait à augmenter, dans un joyeux délire, et déni. La pierre reste un sujet de fantasmes dans notre pays. Mais que reste t’il de tout cela quand l’usine du coin ferme ? J’ai passé mes vacances en Lorraine il y a deux ans, et bien qu’admirant ce beau pays, je n’ai pu que m’émouvoir devant certaines communes belles, mais si totalement sinistrées, qu’on a l’impression curieuse qu’une guerre est passée. Des maisons de maître parfois brûlées ?...Est ce le résultat de combines à l’assurance devant l’impossibilité de revendre des biens ?...C’est dans ces territoires, naguère prospères ; villes d’eau où toute la bourgeoisie passait ses vacances qu’on mesure au mieux que l’immobilier n’est qu’une chaussure qui ne vaut que par l’intérêt d’un pied qui l’habite. 


    • Fergus Fergus 4 avril 15:53

      @ Laurent CRIADO

      « S’occuper de la vente, tout seul, est une solution mais il faut être suivi. Si vous utilisez des contrats types et ne faites pas appel à un homme de l’art, un avocat, pour sécuriser la transaction, c’est très dangereux. »

      En l’occurrence, la meilleure solution, lorsque l’on choisit de vendre seul, est de s’adresser au notaire qui aura la charge de finaliser la transaction afin d’éviter les pièges - effectivement dangereux - d’une transaction non encadrée par un professionnel. Presque tous les notaires acceptent d’établir et faire signer le compromis gratuitement. Une garantie tant pour le vendeur que pour l’acheteur. 


    • _Ulysse_ _Ulysse_ 4 avril 15:59

      @Laurent CRIADO

      Non seulement il faut avoir des parents qui peuvent aider mais également qui le veulent ! 

      J’ai une certaine expérience de la chose, quand j’étais encore salarié j’étais entouré de jeunes actifs de 25-30 ans qui achetaient tous leurs apparts en région parisienne pour des sommes allant de 300 000 à 450 000 euros (vers 2008-2011) avec des salaires de 2300 euros net par mois environ et qui ne comprenaient pas pour moi je n’achetais pas smiley . Jamais aucun d’eux de m’a avoué que papa/maman leur avaient donnée 150 ou 200ke pour se faire ce qui a toujours eu tendance à m’énerver. On avait à peu près le même salaire eux se ventaient d’acheter des appart à 350ke et moi je leur disait que je n’avait pas les moyens mais aucun d’eux n’avait les couilles de dire qu’on leur avait donné un apport très confortable. 

      Bref, aujourd’hui leurs apparts ont perdu la moitié de leur valeur environ et moi je suis toujours locataire. Par contre entre temps j’ai créer mon entreprise j’ai doublé mes revenus et je vais sans doute faire de l’investissement locatif vu que les rendements ont doublé en région parisienne (hors paris intra muros). 




    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 15:59

      @bakerstreet
      C’est clair que l’immobilier reste un objet de fantasmes.

      Ce que vous décrivez pour la Lorraine est malheureusement présent sur tout le territoire...

      Des zones entières où il n’y a plus de vie, c’est cela qu’on veut promouvoir comme modèle de société ? Sans moi, merci mais c’est un modèle que je ne partage pas.

      J’ai envie de territoires où il y a de la vie, de l’activité, de la richesse pour tous, que chacun puisse vivre décemment de son travail.

      Sans allez s’agglutiner dans quelques zones pour des boulots mal payés avec des loyers ou des prix d’achats complètement délirants qui vont vous transformer en esclaves modernes.
       


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 16:08

      @Fergus
      Le notaire est vraiment le grand minimum, et chacun son notaire. Un pour le vendeur et un pour l’acheteur.

      L’idéal est d’être accompagné par son avocat qui est une partie neutre dans le dossier. Lui, et lui seul agit en fonction de vos intérêts.

      C’est la garantie, pour vous acheteur, que tout est sécurisé d’un point de vue juridique. Aussi bien au niveau du compromis que du contrat de prêt ou d’assurance.

      Qui est aujourd’hui capable de lire et analyser un contrat de ce type mis à part un avocat ?

      Pour l’achat d’une vie, ne pas le sécuriser au mieux... après chacun fait ce qu’il veut.


    • bakerstreet bakerstreet 4 avril 16:13

      @Laurent CRIADO
      Reste qu’on pourrait inciter des gens à revenir dans ces territoires délaissés, ( pourquoi pas des migrants, les pionniers savent se retrousser les manches), par des primes, des incitations, une politique de ré-encrage. Car il y a un coté atavique, par le bas, mais aussi par le haut ; une dynamique de l’espoir peut se potentialiser après une reprise. Des terres délaissées peuvent offrir un fort potentiel à ceux qui veulent se lancer dans une autre forme d’agriculture respectueuse de la santé des gens et des sols. Et pourquoi pas se lancer dans des projets associatifs ?...Il y a urgence de toute façon à lancer ce qu’on pourrait nommer des utopies, pour une jeunesse qui désespère, et commence à haïr les vieux, synonymes d’argent, de spéculation et de propriétés. Le but d’un état, c’est de veiller à la cohérence, un mot qui n’est plus trop employé de nos jours. 

      Tout le monde n’a pas la même définition de l’investissement. Mais force est de constater qu’autant la France des années 60 était jeune, autant celle ci est maintenant un pays de vieillards, jaloux de leurs privilèges, et ne travaillant dans l’idée qu’à leur conservation tout à fait illusoire. 


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 16:19

      @_Ulysse_
      L’apport que l’on peut avoir pour son projet d’achat change en effet complètement la donne.

      Participer au concours de « C’est moi qui ai acheté le bien le plus cher », est très stérile et contre productif.

      Pour votre entreprise bravo, pour votre projet d’investissement, je ne partage pas cette voie, c’est ainsi.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 16:45

      @bakerstreet
      Je suis complètement d’accord avec vous, je l’ai maintes fois répété.

      C’était d’ailleurs l’objet de mon article sur le Smic et la région Ile-de-France.

      Imaginons également la décentralisation de services généraux de l’Etat dans des territoires à revitaliser.

      Comme évoqué dans un autre commentaire, attirons les entreprises étrangères pour redynamiser nos territoires.

      Pourquoi pas des migrants comme vous le proposez.

      Ce qui est sûr, c’est qu’il faut tenter des choses.

      Il est plus que temps de promouvoir la cohésion plutôt que la division.

      Il est temps que chaque personne puisse correctement vivre du fruit de son travail.

      Un boulet financier de 25 ans à la cheville, ça ne ne facilite pas les choses.


    • Fergus Fergus 4 avril 18:00

      @ Laurent CRIADO

      « Le notaire est vraiment le grand minimum, et chacun son notaire. Un pour le vendeur et un pour l’acheteur. »

      Je ne vois pas vraiment pas l’intérêt d’un avocat pour les transactions qui concernent des gens aux revenus normaux et aux ambitions immobilières limitées au mieux à un bien de quelques centaines de milliers d’euros. Et pour cause : un notaire est un officier ministériel qui, dans l’écrasante majorité des cas, fait parfaitement son boulot.

      Quant à avoir chacun son notaire, cela me fait rire : personnellement, en une dizaine de transactions j’ai toujours fait confiance à un notaire du lieu de l’habitation, en général celui du vendeur. Et les personnes à qui j’ai vendu ont agi de même. Tout cela sans jamais la moindre anicroche !

      Qui est aujourd’hui capable de lire et analyser un contrat de ce type mis à part un avocat ? N’importe quel clerc consciencieux !


    • Croa Croa 4 avril 18:33

      À Laurent CRIADO « Revendre avec une plus-value n’est plus assuré »
      *
      Eh bien tant mieux !  Cela n’arrangeait en fait que les spéculateurs et autres marchands de biens. Les gens normaux revendent plutôt pour déménager et les plus-values étant imposées (notamment s’il ont occupé le bien très peu de temps) ils ne pouvaient pas acheter un logement aussi bien que le précédent alors que cela sera plus facile si les prix baissent !


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 20:00

      @Fergus
      C’est justement les personnes aux revenus « normaux » qui devraient s’adresser en priorité à un avocat pour sécuriser leur achat.

      Si leur achat se passe mal, elles perdent tout et seront endettées à vie.

      Les notaires font parfaitement leur boulot, jusqu’au jour où un fait divers vous rappelle, que parfois cela arrive qu’ils fautent. Des copinages avec le vendeur, le banquier, le promoteur, des histoires de gros sous derrière, et vous voilà pigeon et ruiné.

      Chacun son notaire, c’est une précaution supplémentaire. S vous avez une bonne étoile, tant mieux. Tout le monde n’en a pas une. Peut-être partagerez vous le vôtre avec ceux qui alimentent la rubrique « fait divers arnaqués » dont la presse se fait échos fréquemment ?

      Votre clerc est vraiment formidable ! Gardez-le alors !

      Je ne fais pas campagne pour les avocats et je n’ai aucun intérêt à y envoyer du monde.


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 20:13

      @Croa
      La spéculation, tout le monde est plutôt contre.

      Toutefois s’il s’agit de spéculation immobilière, le discours n’est plus le même.

      Paradoxal quand même ! Pas pour vous Croa, mais d’autres ici...


    • Fergus Fergus 4 avril 20:44

      @ Laurent CRIADO

      « Si vous avez une bonne étoile, tant mieux. Tout le monde n’en a pas une. »

      Je ne voudrais pas insister trop sur cette question, mais je ne suis pas le seul à « avoir une bonne étoile » : jamais, de toute ma vie, je n’ai eu connaissance d’un problème avec un notaire, ni pour ce qui me concerne, ni pour ce qui concerne mes parents, mes sœurs, mes cousins, mes collègues, mes amis. Jamais !

      Qu’il puisse y avoir ici ou là quelques cas de fraude ou d’anomalie grave, c’est un fait connu. Mais ces cas sont rarissimes (environ 1 cas sur 1000 d’après les compagnies d’assurances !)et justifient bien peu le recours à un avocat.

      D’autant plus que cette profession est encore plus suspecte que celle de notaire ! smiley


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 4 avril 21:11

      @Fergus
      On ne va pas trop insister alors.

      1 cas pour mille, cela fait avec le volume de transaction dans l’ancien, 800 personnes qui n’avaient pas une bonne étoile...

      Les avocats ne sont pas suspects. Ils sont là pour défendre leur client et ils le font bien pour la plupart.

      Dans l’immobilier ce sont les seuls où leurs conseils n’est pas directement en lien avec la valeur du bien.

      Voilà, c’est tout. Fermons le sujet et prions pour que la bonne étoile touche tous les acheteurs ! smiley


    • LOKERINO LOKERINO 5 avril 10:13

      @Oxi gene.
      Justement vous donnez l’explication

      D’après les statistiques des notaires, les biens vendus directement entre particuliers sont plus chers ( au m2) que lorsque il y a intervention d’un professionnel, commission incluse !!

      CQFD

      Coté acquéreur, la transaction est plus de sécurité
       
      - Sur le prix parce que ça permet de rabaisser des prétentions délirantes et de ne pas être le pigeon
      -Sur le bien puisqu’en amont , le professionnel a tout intérêt a avoir TOUTES les informations à sa connaissance pour éviter les mauvaises surprises qui demeurent , hors les diagnostics obligatoires variable d’une région sur l’autre. ( servitude de vue , projet voisin, raccordements réseaux , conditions suspensives etc
      -Par ce qu’elle engage plus fortement les parties par l’existence d’un mandat de vente et:ou de recherche

      Quand à l’économie du cout de la commission, on est loin maintenant des abus des périodes passées ou certain se « gavait » avec un 10%

      La fnaim avance maintenant un taux moyen autour de 3% orienté a la baisse notamment en raison de l’émergence des réseaux de mandataires qui offrent les mêmes garanties de professionnalisme ( c’est la même réglementation ) en faisant l’économie de couteuses agences vitrine devenues obsolète avec le développement du net .

      Qu’est ce que c’est que 3% si vous obtenez un appart de 70m2 à 2000€ le m2 au lieu de 3000€

      C’est 140000+4200= 144200 dans un cas et 210000€ dans l’autre 75800€ de différence ( sans compter les moindres frais de notaires

      Vous me croyez pas ? je peux vous montrer des exemples tout les jours de cet ordre sur ma ville de Vannes

      On a tous envie de vendre son bien au meilleur prix sauf qu’il y a une realité de marché, une offre encore très supérieure à la demande, des biens invendus depuis plusieurs années

      Vouloir taper trop haut conduit très souvent , sauf si on trouve un pigeon , heureusement de plus en plus rare , a retarder la vente - avec tout les frais induit , double logement , impôts , entretien etc- pour finalement , une fois que le bien est connus de tout les acquéreurs éventuelles, il est « dévalorisé » et au final venu en dessous de ce qui aurait pu être sa valeur initiale

      C’est presque une règle intangible dans la transaction et malgré tout , les gens persistent a sur estimé leur patrimoine , dans l’espoir du fameux pigeon mais aussi tout simplement parce qu’il ont une vue partiale de leur bien en occultant les défauts ( ils sont habitués...) et ne mettant en avant que les plus sans faire de balance .

      tant pis pour les déconvenues , le temps perdu et au bout du compte la perte financière !!


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 5 avril 10:50

      @LOKERINO
      Bonjour, merci pour votre lecture et votre commentaire.

      La situation est bien résumée, on sent un peu de vécu ! smiley

      A partir du moment où le professionnel fait correctement son travail, sa rémunération est légitime.

      A l’inverse, ceux qui font le service minimum, ne vous présente pas de bien collant à vos critères, ou ne s’occupant pas de la mise en avant de votre bien (annonces avec photos de taille lilliputienne et / ou floues, descriptif inexistant, etc...) on peut se demander quelle est leur valeur ajoutée.


    • LOKERINO LOKERINO 5 avril 11:45

      @Laurent CRIADO
      Bien d’accord , tout ces professionnels ne sont pas tous « professionnel ».... 

      Et si ils ne le sont pas , ils ne vont pas finaliser beaucoup de ventes et leurs affaires vont vite péricliter.
      Il faut convenir qu’il y a dans cette activité beaucoup de turn over , en raison du statut d’indépendant non salarié, beaucoup se lancent, tous ne réussissent pas et la qualité et l’investissement personnel de l’intermédiaire est variable

      Il n’en demeure pas moins que l’agent immobilier a une utilité , d’une façon générale , il facilite quand même la transaction en apportant ( sauf le bémol dont on convient ci dessus ) du professionnalisme entre deux démarches de particuliers souvent contradictoire
      -celle du vendeur et de l’acquéreur

      Il apporte la meilleure garantie possible sur la la transaction et sa réalisation jusqu’à son terme
      Tout simplement bien sur parce que c’est son intérêt , son but ultime :, être rémunéré
      L’agent immobilier engage aussi , et cela est important, sa responsabilité civile et subrogé dans ses droits et devoirs , les garanties de son assureur

      Le notaire dont la mission est importante par ailleurs sur la rédaction de l’acte , transfert et sécurisation des fonds ; de la publicité obligatoire , n’apporte pas le même service notamment en amont et sur l’appréciation globale du bien

      Par ailleurs, Il faut faire attention aux autres services parallèles proposé dans le cadre d’une transaction et se pauser aussi la question de leur utilité
      Par exemple il y a eu les marchand de listes, maintenant il y a les « coach immobilier » qui vous vendent du relooking

      Ce sont des prestations qui démarrent pour les plus simples à 1000/1500 € pour beaucoup plus dans certain cas
      Ce sont des frais supplémentaires a charge que le bien soit vendu in fine ou pas !! ( alors que l’agent immobilier , le notaire ne sont rémunéré quand cas de transaction finalisée )

      Pour ce prix ( 1000€) vous avez une publication sur un site dédié (alors que votre bien est diffusé gratuitement par les agences et réseaux en mandats sur les sites les plus importants (que je ne citerais pas ici mais que tout le monde connait ), c’est du même acabit que feu (?)les « marchands de liste ».

      Le « plus » de ces prestataire étant de relooker par photoshop l’intérieur et extérieur de vos biens Ainsi, le moindre pavillon est transformé en résidence hollywoodienne avec éclairage clinquant et « accessoires » de jardin devenu parc..
       l’intérieur tout aussi degoulinant avec les mêmes gout que les décorateurs de « Santa Barbara » , tout cela accompagné ( c’est pesé) de commentaires dithyrambiques destinés a « sublimer  » le bien (terme - sublimer- déjà tant galvauder par tout l’industrie cosmétique depuis des décennies

      Bonjour les surprises et déceptions, d’ailleurs , pour certaines réalisation de ces sublimation, cela s’apparente plus à une voiture volée maquillée qu’autre chose

      Précision perso, je ne suis pas agent immobilier 

      Et surtout , merci l’auteur , de prendre le soin et le temps de répondre à chaque commentaire de votre sujet, ce n’est hélas pas la norme ici ( agora) en effet , beaucoup « balancent leur sujet et leurs vérités » dans de nombreux articles et ne répondent jamais à leur contradicteurs

      Merci pour le débat, c’est enrichissant pour tous et très respectueux

      ’ 


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 5 avril 13:20

      @LOKERINO
      C’est vrai que tous ne font pas preuve de professionnalisme.

      Par exemple, là oui je suis sidéré c’est quand il m’arrive de regarder l’émission de la 6 avec les « chasseurs ». Après je ne sais pas dans quelle mesure on leur demande de « jouer » la comédie, mais beaucoup ne respectent pas les critères demandés, font des remarques aux clients, ne savent pas quelle est l’orientation du bien.

      Je ne trouve pas que cela donne une bonne image. Cela donne plutôt l’impression qu’ils sont prêt à tout pour gagner, et donc quand il n’y a pas de caméra, pour vendre.

      Ce type de comportement n’est bien sûr pas l’apanage des agents immobiliers, des requins il y en a partout.

      Sur les services d’accompagnement que vous évoquez, effectivement la valeur de la prestation est peut être un peu excessive, je ne connais pas précisément ce qu’elle offre.

      Le côté « maquillage » me gêne également un peu, je n’adhère pas. Je préfère un vrai travail de fond et fait dans les règles de l’art en mettant par exemple une habitation aux couleurs multiples, en blanc basique, prêt à recevoir une nouvelle décoration.

      Là ça a de la valeur si tous les problèmes techniques (cloquage, infiltration, fissures, farinage, moisi, etc...) ont été traité.

      Je pense qu’il est plus opportun pour un propriétaire de vider au maximum les meubles dans le bien, et faire faire des devis pour chaque travaux que l’on pourra fournir aux éventuels acheteurs. En tenant compte de ces travaux dans la fixation du prix de vente, les deux parties peuvent vite tomber d’accord.

      Eventuellement, une 3D ou un plan d’implantation pour que les acheteurs puissent se projeter, et il n’est alors pas nécessaire de mettre des paillettes partout.

      Merci à vous de venir enrichir le débat.

      Venir ici répondre aux commentaires me semble nécessaire pour que justement le débat puisse vivre. C’est très enrichissant, cela me permet de trouver certaine piste ou réponse pour mes prochains articles.

      Je remercie d’ailleurs encore vivement le lecteur qui m’avait suggéré de m’intéresser à Linky, et pour lequel j’avais rédigé un article montrant tout le flou et l’arnaque de ce compteur.


    • LOKERINO LOKERINO 5 avril 15:34

      Je pense qu’il est plus opportun pour un propriétaire de vider au maximum les meubles dans le bien, et faire faire des devis pour chaque travaux que l’on pourra fournir aux éventuels acheteurs

      vous avez raison , dans un soucis de transparence totale et effectivement concevoir son propre aménagement ce serait l’idéal

      Dans la réalité , les intermédiaires immobiliers ont plutôt peur du « vide » et de rendre évident les indispensables travaux de rafraichissement et surtout dans leur ampleur...
      ils préfèrent une maison « vivante » , encore « habité » qu’une maison vide ou surtout à trois quart vide quand il reste plus qu’un ou deux meubles démodés et de vieux tapis et des tapisseries defraichie avec la marque des meubles ou de la deco .. !

      par contre , ils n’aiment pas trop que les vendeurs soient présent , pour éviter les conversations trop précises mais aussi pour le coté trop personnalisé des occupants en titre auxquels les acquéreurs voudraient surtout pas s’identifier ou ressembler jusqu’au choix final de l’habitation .. !

      En tenant compte de tout ceci et pour avancer vers l’achat , d’ou effectivement le rôle du professionnel technique du bâtiment qui sera accompagner les personnes dans des projets et aider a ses projeter dans le « possible » de futurs aménagements vers


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 5 avril 17:06

      @LOKERINO
      Un espace épuré pour la vente ou au contraire ne rien changer des habitudes et de la décoration des vendeurs sont deux stratégies différentes. A chacun d’opter pour celle à laquelle il croit.

      Présenter de grandes surfaces, des volumes, permet à l’acheteur potentiel de mieux apprécier le potentiel du bien.

      Sur la présence, ou pas, des vendeurs lors des visites, peut être que d’expérience les professionnels se sont rendus compte que cela n’apportait pas de plus à l’acheteur.

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