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Intelligence économique : le rapport Mongereau démocratise le débat

 

La publication du rapport Mongereau par le Conseil économique et social marque une évolution notable du débat sur l’intelligence économique, notamment grâce à l’intervention des partenaires sociaux. Deux ans après la nomination d’Alain Juillet, dont le Conseil salue le travail, la politique publique d’intelligence économique semble sur la voie d’une démocratisation salutaire.

Le Conseil économique et social vient de rendre son avis accompagné d’un rapport sur l’intelligence économique, un double événement remarquable par les enjeux et la portée qu’il représente. Le rapport Mongereau devrait faire date, parce qu’il apporte une vision didactique et des propositions concrètes, applicables quelles que soient les options politiques qui découleront des prochaines échéances électorales.

Le rapport se caractérise par une vision large et partagée de l’IE. Il met en avant (enfin) la place des PME dans l’économie nationale, et l’on pourrait presque dire qu’il leur est dédié, tant elles occupent une place privilégiée tout au long des quatre-vingts pages de l’ouvrage. Mais l’auteur explore également l’ensemble des acteurs de l’IE, notamment l’Etat en tant que garant de la puissance économique nationale. Soulignant la réalité et les enjeux des affrontements économiques, il privilégie une approche analytique lucide et sereine, évitant le piège d’une rhétorique polémique véhiculée par le discours dominant. Il rompt ainsi avec une tendance qui définit l’IE à travers un prisme idéologique que ne partage pas l’ensemble de la communauté de l’intelligence économique, parce que non représentatif de notre culture socio-économique, ou de la sensibilité politique d’une partie de nos concitoyens. Pour autant, nulle naïveté dans ce rapport, qui explore toutes les facettes de la réalité économique auxquelles l’intelligence économique peut apporter des solutions. De la veille aux stratégies d’influence, en passant par la protection du patrimoine, la gestion des risques, les affrontements concurrentiels ou la lutte contre la désinformation, l’auteur nous guide, au-delà des mots, dans la compréhension d’une discipline complexe. Concluant à la nécessité d’une réflexion stratégique sur le rôle de l’Etat, il en appelle à une politique européenne d’intelligence économique sur la base de la stratégie de Lisbonne.

Le deuxième événement du rapport Mongereau est l’accueil favorable que lui ont réservé les partenaires sociaux représentés au Conseil économique et social. Pour la première fois depuis la naissance du concept et la mise en œuvre d’une politique publique, il nous est donné de lire leur avis et leur vision de l’intelligence économique. Cette démocratisation est une véritable avancée et une récompense pour tous ceux qui œuvrent à sa reconnaissance depuis plus de quinze ans.

Ayant travaillé à l’émergence d’une culture de l’information au sein des PME (voir liens en bas de l’article), je me réjouis de ce rapport et de l’accueil favorable qu’il a reçu parmi les sages du Conseil économique et social.

Références :

Rapport Mongereau : http://www.ces.fr/rapport/doclon/06102704.pdf

Version résumée de ma thèse : http://bulinge.univ-tln.fr/Franck_Bulinge/These/Resume.pdf

Version intégrale : http://bulinge.univ-tln.fr/Franck_Bulinge/These/These.pdf


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9 réactions à cet article    


  • Sam (---.---.187.20) 16 octobre 2006 11:28

    l’auteur nous guide, au-delà des mots, dans la compréhension d’une discipline complexe.

    Est-ce qu’il nous entraine à marcher sur l’eau ?..La multiplication des pains, peut-être..

    Je PLAISAAAANTE !..

    A part ça, l’auteur s’est tout emmailloté dans une langue d’un classisme qui veut suggérer la gravité et la grandeur de l’évenement que constitue la parution du rapport.

    Sur ce truc, que personne ou presque ne connaît, l’IE - non, ce n’est pas Internet Explorer, là-bas au fond de la salle on arrête de se curer le nez et on NECOUTE - il ne nous donne, au garde-à-vous qu’il est, qu’une très vague idée de ce que l’Intelligence économique fait concrètement, à quoi ça sert, à qui, et quel est l’intérêt réel du rapport, sans parler du prix des radis.

    A part ça, c’est un bon article qui nous fait savoir que le rapport parle des PME et de la veille.

    Ca me gêne pas, je suis pas insomniaque.

    On apprend aussi que l’auteur a fait une thèse, si on lit la bio, et puis on a la thèse. L’auteur a mis un lien pour la téléch.

    Comme ça, si vous êtes trop nazes pour comprendre entre les lignes de l’article que l’IE c’est la prothèse qui sert à marcher sur les eaux de l’information, vous n’avez qu’à télech. et vous serez dans la communauté des frères en IE. smiley)


    • monteno (---.---.179.94) 16 octobre 2006 15:23

      pouvez vous m’expliquer ec que signifie votre phrase : « la politique publique d’intelligence économique semble sur la voie d’une démocratisation salutaire. » En particulier que signifie démocratisation de l’intelligence économique ? Merci.


      • Franck Bulinge 16 octobre 2006 20:11

        Bonjour, jusqu’à présent, l’IE était un domaine plutôt élitiste réservée à une communauté de spécialistes. L’intervention des partenaires sociaux marque une généralisation du débat, qui récompense l’effort collectif des acteurs ayant contribué, chacun à leur manière, à la diffusion du concept. De fait, le rapport Mongereau montre que la politique publique fixée par le Premier ministre et mise en oeuvre par A. Juillet, est sur la bonne voie. En espérant avoir répondu à votre question.


        • krokodilo (---.---.178.170) 17 octobre 2006 10:22

          Pourquoi ne pas parler français ? L’intelligence économique, n’est-ce pas du renseignement ou de la veille économique ?

          Le mot renseignement ne me paraît pas excessivement pédant ni trop compliqué.

          Il est vrai que l’Europe de la défense et même nos états-majors français, je crois, ont choisi l’anglais comme lingua franca, en toute illégalité...


          • Franck Bulinge 22 octobre 2006 09:04

            Bonjour, renseignement et veille sont deux activités dont la comparaison peut se résumer ainsi : la veille (recherche,traitement, exploitation de l’information) est incluse dans le renseignement , lequel comprend de fait la fonction d’information (veille et recherche), celle de protection (sûreté, sécurité), et la fonction action (opérations de terrain, actions d’influence). L’IE est une démarche globale de renseignement économique bien qu’elle s’en distingue par l’absence de traitement des sources illicites et d’actions illégales. Pourquoi intelligence ? Décision prise par le groupe de travail du commissariat au plan en 1994 afin de ne pas effrayer les entreprises ou créer une confusion avec l’espionnage. Intelligence vient en effet de l’anglais (Military Intelligence ou MI). Mais il convient de préciser qu’Albion nous avait emprunté le terme deux ou trois siècles plus tôt. Intelligence vient en effet du français, lequel le tient du latin, qui signifie (succinctement)compréhension, adaptation, relation. Aujourd’hui, les entreprises réagissent bien au terme de renseignement, en tout cas mieux qu’à celui d’IE. Mais il est sans doute temps de dépasser le débat sémantique et de mettre en oeuvre cette démarche basée avant tout sur le réalisme et le bon sens.


          • Frederique de Ruiter (---.---.148.42) 17 octobre 2006 17:10

            Monsieur Bulinge, merci pour votre article clair concis et « straight to the point ». Le rapport est excellent et meritait d’etre mis en avant ; le travail de Monsieur Alain Juillet nous guide vers une France plus consciente de ses forces et faiblesses economiques. Ainsi seulement pourrons nous aller de l’avant. Bien cordialement - FdR


            • CavalierSeul (---.---.53.192) 23 octobre 2006 10:33

              ... j’imagine que vous faites référence au « patriotisme économique » dont Bernard Carayon s’est fait le chantre et que Dominique de Villepin a repris à plusieurs reprises. Mais à refuser de parler de patriotisme vous aurez du mal à demander à l’Etat d’être garant de la puissance économique et à l’Europe d’avoir une existence politique (comment inoculer en effet à l’Europe un sentiment d’appartenance honni au niveau national ?). Jadis on pensait que « la première des vertus, c’est le dévouement à sa patrie », mais le XX siècle est passé par là et seule la France a conservé ce gout de l’auto-flagellation. Ne nous dites pas que la politique d’Alain Juillet et sur la bonne voie si vous avez regardé son site (www.intelligence-economique.gouv.fr : on nous dit elle devra être « à la fois défensive et imaginative », attention les yeux... cette politique à la Don Quichotte fait rire tout le monde ! A terme vous serez les fossoyeurs de la mission que vous prétendez vous donner. Et puis il faut dire la vérite à krokodilo, malgré toute la bonne volonté et parfois la mauvaise fois des professionnels et des « chercheurs » en IE : l’état actuel de la profession la cantonne à de la veille ! Et ceux qui dirigent des formations universitaires sont criminels de vendre autre chose à leurs étudiants.


              • Franck Bulinge 23 octobre 2006 15:37

                Bonjour, parler de patriotisme économique ne relève-t-il d’une simplification du discours politique ? C’est du moins l’impression de ceux qui ne partagent pas votre avis. Encore faudrait-il s’entendre sur le terme lui-même. Or en l’absence d’une idée claire sur la question, certains préfèrent s’abstenir. De là à diaboliser une telle abstention, cela n’irait pas sans rappeler le nationalisme américain face à la guerre en Irak... puis-je rappeler qu’un homme ne se juge pas à ses mots mais à ses actes et que servir les intérêts de son pays n’est pas astreint à une obligation de publicité ? Vous avez dit idéologie ? Je répondrais : dogmatisme. Vous évoquez un patriotisme européen. Le référendum du 29 mai 2005 montre qu’il y a encore du chemin à parcourir et qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Je ne commenterai pas vos assertions concernant Alain Juillet, mais je vous invite à relire ses propos : ni angélisme ni paranoia et un management stratégique de l’information (ce qui signifie défensif ET offensif, mais peut-être faudrait-il le préciser ?). Enfin, concernant les formations, vous devriez peut être vous renseigner : au CERAM par exemple, mais également à l’EGE ou à Poitiers, et dans toutes les formations qui se conforment au référentiel d’Alain Juillet, on ne se cantonne fort heureusement pas à l’enseignement de la veille... nos étudiants pourront en témoigner, n’hésitez pas à les contacter. Pour finir, on a vu des crimes bien pires que celui de former des veilleurs...


              • (---.---.37.70) 23 octobre 2006 15:46

                « Bonjour, parler de patriotisme économique ne relève-t-il d’une simplification du discours politique ? »

                Ca montre surtout la totale incomprhension de l’économie par nos hommes politique. Il était évidement qu’avec Arcelor isl allaient se planter, et ca n’a pas raté.

                Car en France, on fait un peu de capitalisme, mais surtout sans capitaux (deux fois plus taxé que dans le reste de l’Europe), sans riches (ISF et Co). Evidement, tout les discours du monde n’y changerons rien, et les grosses boites du CAC40 sont condamnés à être racheter et à partir. Comme ca il y aura moins d’inégalité, c’est déja ca..

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Franck Bulinge


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