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Accueil du site > Actualités > Economie > Interprétation hérétique de la crise financière de 2008

Interprétation hérétique de la crise financière de 2008

1929 n’aura pas lieu en 2009 ! Mais que se passe-t-il au juste ? Comme je n’ai aucune raison de faire confiance aux économistes, aux médias, aux experts et encore moins aux politiques, je livre le fond de ma modeste pensée, forcément incomplète, sur cette crise financière qui s’insère sur un fond de ralentissement économique.

Notre président évoque un nouveau Bretton Woods. Oui, certes, mais n’oublions pas que ces négociations ont abouti après la guerre de 39. Faudra-t-il attendre une explosion pour revoir le système monétaire ? Et puis, pour causer sérieusement, ce serait quoi un nouveau Bretton Woods pour M. Sarkozy ? Si c’est réglementer le système des banques, c’est de l’ordinaire, déjà dans les textes. Si c’est revoir le système des banques centrales et l’irrigation du système par la monnaie, c’est autre chose. Je crains que notre président ne lance à la légère quelques slogans en les enjolivant par quelques faits majeurs de notre histoire. Après Blum, Jaurès et Grenelle, voilà Bretton Woods. Oui, c’est sympa comme idée, mais pour montrer ses bonnes intentions, il faudrait d’abord perforer le bouclier fiscal et faire passer à la caisse ceux qui sont pour une bonne part responsables de la situation. Les idées lancées par Sarkozy sont bien souvent associées à des symboles dépouillés de la matière permettant de les réaliser. Des symboles pour calmer les gens, comme d’autres symboles sont utilisés pour exciter les mêmes gens. On brandit Jaurès, les caisses sont vides pour insérer les pauvres.

Cette crise financière ne serait-elle pas plutôt le signe d’un dysfonctionnement du système au lieu d’en être la cause ? Depuis toujours, le système productif se transforme, avec l’appui du capital. Mais depuis vingt-cinq ans, un capitalisme de siphonage, c’est ainsi que je l’appelle, s’est greffé sur le système. Le siphonage de l’économie réduit la solvabilité des ménages. L’Etat n’est pas exempt de responsabilité, soignant les hauts revenus publics. Et régulièrement, des bulles se forment et se crèvent puis le système se remet en route et les inégalités se creusent avec les profits augmentant. Les Etats, notamment la France avec son modèle social, mènent une politique interventionniste. Mais cette fois, en 2008, la relance n’est plus possible. Bref, on assiste à une crise classique et récurrente que Marx avait anticipé, mais en se trompant sur l’issue finale. Le profit veut aller trop vite, le moteur casse, cette fois, les contribuables vont copieusement passer à la caisse, les chômeurs payer la casse, et le moteur va repartir, sans qu’on n’ait analysé les raisons de ce choc. Qui sont assez simples du reste. Le capitalisme fordien des Trente Glorieuses et du « American Way » des sixties a fait place à un capitalisme anti-fordien. Accentué du reste par une frénésie consumériste débridée, surtout aux Etats-Unis. Les banques distribuent des crédits, titrisent les créances, se refilent les joujoux financiers… on connaît la suite.

L’un des facteurs ayant engendré la crise actuelle, ce sont les liquidités copieusement injectées par Alan Greenspan, directeur de la Fed, et ce depuis 2001 (voir A. Pettifor, Opendemocracy, traduit dans le dernier CI). On se souvient de l’effet WTC, de la chute artificielle et émotionnelle de la bourse, avec la baisse des taux d’intérêt comme emplâtre psychique destiné à redorer la confiance. La crise vient essentiellement des Etats-Unis, qui ont produit une croissance à crédit basée notamment sur une consommation elle aussi à crédit et une dette colossale due en plus aux dépenses militaires. Si bien que les Etats-Unis fonctionnent aussi comme une entreprise financière ; la plus grande au monde, capable avec son dollar encore hégémonique de pratiquer le siphonage ; les économistes sérieux affirmant que les States vivent au-dessus de leurs moyens, sur le dos de l’économie mondiale. La propagation de la crise financière est due à l’interconnexion du système bancaire. En fait, il s’est produit un surdosage. Les junkies de la finance, accrochés aux junk bonds, aux subprimes, aux produits titrisés et autres spéculations, se sont shootés avec ces liquidités. D’où overdose et cure de désintoxication par le Dr Paulson. Une cure financée par les contribuables américains pour l’essentiel (sous réserve que le Congrès change d’avis).

Les contribuables paient. Ils devront travailler et consommer moins pour sauver le système et les emplois des banquiers qui se sont bien servis ces dernières années. En plus, la guerre aggrave le déficit américain et donc les finances et, au final, la super puissance se fragilise et un autre monde se dessine. Mais, s’il en est ainsi, c’est que la monnaie déployée par les banques centrales n’irrigue pas l’économie réelle comme elle le devrait. Les spéculateurs fonctionnent pour une bonne part sur ces liquidités faciles. Et voilà la faille majeure de tous les systèmes. Une faille qu’aucun économiste n’a pu ou voulu traiter comme il se doit. En Europe, la récession est aussi présente. Les officiels la font reposer sur les Américains, mais c’est erroné. La crise des solvabilités est due, entre autres facteurs, à la spéculation sur l’immobilier qui a englouti depuis des années des sommes faramineuses, en Espagne, en GB, en France. Il n’y a pas les excès des subprimes américaines, mais il y a les tares endémiques d’un système économique basé sur le siphonage excessif. Les mesures contre les parachutes dorés ne sont que d’ordre symbolique et émotionnel. Il faut moraliser dit le président. Ces parachutes, ce ne sont que des excroissances remarquables et visibles d’un système vérolé dans ses fondements dont les profits sont partagés, directement ou non, pas plus de gens qu’on ne le pense. Ces parachutes, des pailles eu égard aux sommes injectées dans la finance. Légiférer ces parachutes ne changera pas le système, mais calmera l’opinion publique un instant.

Une image pour visualiser cette crise. Celle d’une cordée d’alpinistes. Le premier de cordée représente le monde de la finance avec ses perspectives de profits, le reste de la cordée représente l’économie réelle. Les financiers ont joué en montant trop haut, l’économie ne suit pas et le premier de cordée dévisse, entraîné par la stagnation de l’économie réelle. C’est alors l’Etat qui récupère les risques de chute, de faillite, de domino. Mais rien de magique. L’Etat nationalise et le contribuable (qui est un travailleur réel payant des impôts réels) assure les appuis. Pour le dire autrement, la finance joue à la hausse la croissance, mais son jeu est limité par les contraintes de l’économie réelle et quand l’écart entre le retour sur placement parié et la possibilité réelle de retour est trop accentué, un décrochage se produit. Le haut de la cordée doit redescendre et attendre que l’économie travaille. On appelle cela crever la bulle ou bien apurer le système.

En gros, voilà comment je vois les choses. Un ralentissement de l’économie était amorcé dès 2006. A cette époque, la frénésie des capitalistes de casino n’a pas cessé, sur fond d’ivresse immobilière. Un exemple, en 2006, Natixis : deux banques populaires s’entendent pour faire des affaires. Verdict du 29 septembre 2008 : l’action est passée de 20 euros à 1,80 euro. Le ralentissement en Europe est dû notamment au trou noir de la bulle immobilière. Le chômage est en hausse depuis 2005. Il semble avoir baissé, mais les chiffres officieux des syndicats indiquent une stabilisation. Ce chiffre n’a plus une signification certaine tant il est manipulé. Ce qui compte c’est le taux d’emploi, chiffre qui traduit la réalité en prenant en compte tous les travailleurs intérimaires, occasionnels, à temps partiel, et qui la plupart subissent cette situation. Nous voilà donc dans une dynamique de ralentissement récession qui a commencé vers 2006 et se terminera quand le système sera apuré, entraînant la confiance. Cela peut prendre un an comme trois ou quatre ans. Quant aux autres zones économiques, Chine, Russie, Brésil, etc., la crise entraînera certainement un ralentissement, mais même la Chine perdait quatre points de croissance, cela situerait quand même à sept point, au-dessus de nos Trente Glorieuses.

Il n’y aura pas de dépression comme en 1929 et l’économie va traverser cette passe sans trop de casse, excepté ceux que le travail laisse sur le rancart de la vie décente, qu’ils soient travailleurs précaires, classiques ou en RSA, ou chômeurs ou au RMI. Le plus regrettable, c’est que l’analyse de cette crise ne débouche pas sur des vérités susceptibles de débattre sur le concept de société et d’aboutir vers un monde plus équitable. Il faut entendre François Hollande utiliser cette crise pour attaquer bêtement Sarkozy sans réfléchir plus loin qu’un neurone de blonde. A se demander si un PS définitivement mort ne serait pas le seul salut de la gauche. Que se passe-t-il en réalité ? La finance veut trop de profit. Pour parvenir à ses fins, il faut que le coût du travail baisse (ou que la productivité augmente suffisamment, ce qui n’est pas possible pour réaliser les profits voulus par cette caste de la finance). Eh bien, elle y a réussi. Des formidables profits ont été réalisés avant 2007 et ceux à venir sont perdus, mais le contribuable va payer. Le travailleur va alors payer plus d’impôts pour servir le système du profit. Par le canal étatique. Le travailleur aura alors moins sur la fiche de paye. Et le tour est joué. Le coût du travail a baissé, non pas dans une entreprise ou un secteur, mais d’une manière mutualisée. Ils sont forts ces magiciens aux commandes des Etats ploutocratiques d’Amérique. Des Etats unis pour faire baisser le coût du travail !

The show must go on ! Cette crise, c’était une occasion pour réfléchir sur les excès du système que j’appelle capitalisme de siphonage ici, et ailleurs, national-capitalisme ; et inventer un autre pacte économique (du concret, pas du Bretton Woods de chez Guaino !) Mais tout va rentrer dans l’ordre. Vous pouvez reprendre votre sommeil ordinaire (D’ailleurs, le citoyen ordinaire se complaît dans un état d’incompétence politique, pour preuve, la Sécu qui sombre, par la faute des professionnels et des usagers, unis dans une même gabegie et la bénédiction des mutuelles qui font du profit). Un jour, après le grand krach de notre ère contemporaine, après le pétrole, pourrait venir un capitalisme de civilisation. Si nous le voulons.


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22 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 1er octobre 2008 12:28

    On ne trouvait pas d’argent pour le RSA et voilà qu’on en trouve plein pour engraisser le système bancaire pourri ! C’est le logement social qui est sacrifié. En effet, Fillon annonce une ponction sur le Livret A. Déjà que le plan logement de MMe Boutin a été - à juste titre - hué par les acteurs du logement social, parce qu’il est synonnyme de non politique du logement.

    Rien ne change.


    • La Taverne des Poètes 1er octobre 2008 12:32

      Enfin, en tout cas les électeurs qui ont voté Sarko en ont pour leur argent. On peut dire qu’il ne déçoit pas puisque tout est conforme à ce que Sarkozy a toujours préparé : la politique du fric et des copains.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 13:16

      Vous êtes mal renseigné, le logement social, ça fait bien 20 ans qu’il est sacrifié

      Je ne retrouve plus une note interne du Foncier qui notais que l’Etat faisait du bénef avec le logement social, alors que c’est l’inverse qui aurait dû se produire


    • Alpo47 Alpo47 1er octobre 2008 14:03

      Pour ceux qui avaient des doutes, nous savons aujourd’hui qui sont les PREDATEURS de notre société.
      Problème, quelle solution, mis à part les pendre à un croc de boucher, comme disait Arlette ?


    • OmegaDG OmegaDG 1er octobre 2008 16:53

      ... à la lanterne

      ’’ 10,000 noms...’’ J.P.Marrat. 


    • Mescalina Mescalina 1er octobre 2008 13:08

      Un jour, après le grand krach de notre ère contemporaine, après le pétrole, pourrait venir un capitalisme de civilisation.

      ..... Si nous le voulons IoI

      Sacré Bernard, toujours le bon mot pour rire ! Le pire c’est que depuis que vous avez, le premier, décrypté mon logo, je n’arrive plus à m’énerver en vous lisant !!!

      Je dois me ressaisir, et remonter sur mes talons aiguilles....


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 13:13

        Rien d’étonnant pour votre logo, si vous lisiez un de mes anciens billets musicaux, vous sauriez que je suis un "fan" d’Opeth.

        Au fait, ça me rappelle que je dois écrire un billet sur Hawkwind, mais avec cette actu financière...


      • Mescalina Mescalina 1er octobre 2008 13:25

        Un billet noyé dans la masse des billets catastrophiques alors !!! (sens 1er du terme)

        Si vous pouviez me donner le lien j’irai volontier le lire. Pain of salvation, tous leurs albums, ou The Perfect Element, ça vous parle ? Anathema ? A Perfect Circle ? Tool ?

        Sinon très bonne idée, ces temps obscures se prêtent bien à un retour aux fondamentaux : laisser tomber la fin du monde et pondez le, cet article !


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 13:36

        Tout cela me parle et même me crie, si je me souviens avoir entendu Anathema, j’étais à deux mètres du chanteur, mais ça ne vaut quand même pas Hawkwind et Tim le magicien au thérémine


      • Mescalina Mescalina 1er octobre 2008 13:47

        Dernier passage au Bataclan ? Pour moi ils sont imbattables dans leur registre, et ce n’est pas le même genre !

        Allez, sortez un article majeur alliant fin du monde, relation humaine et métal (terme vaste), là ça vaudra le coup !


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 14:21

        Un billet sur le métal, pourquoi pas, avec quelques morceaux de Heidegger pour faire intello

        Le Bataclan ? C’est un lieu pour parigos, pas pour moi, je les ai vus dans un gymnase sur la rive droite, à Cenon ou Lormont, me rappelle plus


      • Mescalina Mescalina 1er octobre 2008 13:34

        Enfin, ça fait 2 fois !


      • Zalka Zalka 1er octobre 2008 13:51

        Je m’appelle Demian, j’ai traite 90% des intervenants d’un site comme des merde et ne me suis même pas fait virer (étant parti) de mon plein gré.

        Problème, n’ayant pas plus de liberté d’expression qu’hier, j’ai en revanche perdu toute audience puisque personne ne vient sur mon blog. Je résous donc la solution en revenant sur le site que j’ai quitté pour agonir d’injure ses responsables. Cela me donne matière à sujets puisque cette fois, la rédaction ne tolèrant plus le traitement que je leur fait subir, me censure désormais.

        Demian, ce lundi, tu as affirmé que tu ne t’exprimerais désormais que sur des sites te laissant toutes libertés. Puisque Agoravox n’y correspond plus selon tes critères : casse toi pauvre con ! :)


      • vin100 1er octobre 2008 13:44

        Effectivement quand les critères internationaux de rentabilité doivent dépasser les 20 %, on est obligé de tricher ou de mettre en parenthèse l’équilibre global et le long terme en privilégiant le très court terme.
        La suite étant de pouvoir se désengager à temps avant que ne tombe l’addition.

        Ainsi la formidable croissance de la Chine qui pourtant serait nulle si l’on intégrait les couts environnementaux et sociaux de son modèle actuel.
        Faire baisser les couts du travail, n’est plus la cible prioritaire aujourd’hui contrairement à ce que vous dites car dans un schéma industriel il représente aujourd’hui moins de 10 % du cout final, la traque est ailleurs.

        Par contre il ne faut pas oublier et cela vous n’en parlez pas, les privilèges et brebendes que ce sont accordés les Etats envers leurs serviteurs qui en fait sont devenus leurs obligés.
        Plus de 50 milliards € dépensé chaque année en plus du budget pour la France soit en 30 ans plus de 1 200 milliards € de dette que devront payer nos enfants et petits enfants.

        Ce sont eux qui financeront notre gabegie actuelle et ce scandale est d’un cout deux x plus lourd que la crise financière actuelle qui occupe nos esprits.
        Mais n’en parlons pas, c’est un mal plus sournois, plus caché et qui risque d’être bien plus terrible en conséquence dans quelques années.



        • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 13:47

          Les enfants vont en effet hériter de la dette mais aussi des intérêts de la dette

          Puisque ceux-ci sont versés au titulaires d’assurance-vie qui sont leur parents. Les mieux servis seront ceux qui ont des parents dans les classes moyennes et qui n’ont pas tout dépensé avant de crever


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 1er octobre 2008 16:50
          « Ceux qui évoquent la crise
          de 1929 sont irresponsables » 	
          		 		 			Propos recueillis par Perrine Créquy
          			01/10/2008 | Mise à jour : 15:54 | 		
          &#9;&#9; <script type="text/javascript" src="http://www.lefigaro.fr/commentaires/nbcmt.php?article=20081001ARTFIG00449"></script> Commentaires 26 &#9; &#9;&#9;
          .
          &#9;
          &#9; &#9;&#9;&#9;&#9;&#9; &#9; INTERVIEW. Olivier Pastré est professeur d’économie à l’Université Paris VIII et membre du comité consultatif du secteur financier. Il estime que la situation actuelle ne peut pas être comparée à la crise de 1929 et que l’ampleur du ralentissement économique est difficile à prévoir. &#9; &#9; &#9;

          Le figaro.fr / jdf.com Quels sont les défis que doivent relever les banques actuellement ?
          Olivier Pastré Deux défis se présentent aux établissements financiers. Ils doivent d’abord renforcer le contrôle des risques. Or, les opérations sont de plus en plus difficiles à tracer du fait des innovations financières, avec des produits de plus en plus complexes. Les banques doivent aussi faire face à un problème de liquidités. Elles se trouvent actuellement dans une situation où elles refusent de se prêter entre elles.

          Que pensez-vous des comparaisons dressées entre la situation actuelle et la crise de 1929 ?
          Ceux qui pensent que nous vivons une situation semblable à la crise de 1929 sont, dans le meilleur des cas, irresponsables. Il n’y a aucune comparaison à faire entre la situation actuelle et la crise de 1929. A cette époque,le ralentissement de l’économie avait précédé les faillites bancaires. Actuellement, la croissance reste dynamique, atteignant environ 4% au niveau mondial. Par ailleurs, en 1929, les banques centrales avaient fermé le robinet du crédit.Elles ont tiré l’enseignement de cette erreur, et elles ont donc favorisé la liquidité sur les marchés depuis plus d’un an.


          • wuwei 1er octobre 2008 17:18

            Ki ka di :

            « L’écart ne cesse de se creuser entre les salariés et la petite classe de privilégiés, protégés par le pouvoir, dont le nombre et la fortune croissent rapidement. Nous sommes, à n’en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d’une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution »,  ?

            Puis plus loin :

            « La France est obligée de faire des réformes et donc de créer des mécontentements dans un contexte économique mondial incertain et avec une situation financière nationale catastrophique. Il y aura de plus en plus de revendications et de moins en moins de moyens capitalistes pour les satisfaire et de moyens policiers pour les endiguer. Une étincelle suffira pour déclencher des mouvements irréparables. »

            Putain, c’est ce vieux bolchevico-anar de George Pébereau qui nous la joue rouge et noir dans Le Monde du 16 septembre. Cela doit être encore beaucoup plus grave que ce qu’ils disent pour que les parasites se sentent mal !

             


            • 3°oeil 1er octobre 2008 22:00

              Si la chute des banques pouvaient entrainer avec elles les grandes surfaces ca ferait des millions d’emplois en plus


              • wangpi wangpi 2 octobre 2008 09:34

                le "manifeste de la fin du journalisme citoyen"...

                rien que ça...

                borborygmes... borborygmes... bruits sourds de l’estomac et des entrailles... en existe-t-il de semblables dans le cerveau ?
                en tout cas, voici un texte à leur image.


                • Roland Verhille Roland Verhille 2 octobre 2008 09:57

                  Enfin un constat clairvoyant malheureusement mélangé à des slogans qui le troublent.

                  Le facteur, et non l’un des facteurs causes de la crise actuelle, c’est bien le déversement d’océans de liquidités sur le monde, au moyen de taux d’intérêt artificiellement abaissés, de refinancement plus que généreux d’organismes financiers usant de ces liquidités seulement pour spéculer, et d’un gavage des particuliers au moyen de crédits bancaires trompeurs. Le tout fait depuis une trentaine d’années par les états aux mains de politiciens démagogues voulant doper la croissance économique.

                  Bonne trouvaille ( ?) aussi, cette expression « capitalisme de siphonage », car au moins en France, il y a siphonage du réservoir à emplois et à pouvoir d’achat, mais expression aussi polluée par des slogans.

                  Le tabou, surtout ici sur Agora Vox, c’est la dénonciation des politiques et des états.

                  L’emballage habile du constat dans des slogans est pour cette raison peut-être volontairement fait par l’auteur afin d’essayer malgré cela d’obtenir son laisser passer.

                  Car qui siphonne ? Oui, bien sûr, les spéculateurs, tirant profit de cette manne de monnaie en la distribuant comme les grandes surfaces le font des produits de consommation. J’ai expliqué ici sur AV les comptes de la « Société générale », avec son taux de profit de pas loin de 20% réalisé au moyen de seulement 3% de « capital » mis dans son moulin à profits, le reste n’étant que des dettes.

                  Mais au moins pour la France, je l’ai aussi expliqué ici sur AV, ce qui m’a valu une brassée de quolibets, celui qui siphonne de très loin plus que tous les autres, c’est l’état avec ses prélèvements obligatoires. Mais comme c’est l’état, ceux nombreux qui en profitent reçoivent l’appui d’innombrables masochistes pour le sanctifier.

                  Sur le chômage, vrai aussi que sa mesure officielle n’a aucun sens. La vérité, c’est la disparition en France depuis des dizaines d’années d’environ dix millions d’emplois (oui, oui, 10 millions) producteurs de pouvoir d’achat.


                  • wesson wesson 2 octobre 2008 11:03

                    @Roland Verhille,

                    bonjour Monsieur Verhille,


                    "Mais au moins pour la France, je l’ai aussi expliqué ici sur AV, ce qui m’a valu une brassée de quolibets, celui qui siphonne de très loin plus que tous les autres, c’est l’état avec ses prélèvements obligatoires. Mais comme c’est l’état, ceux nombreux qui en profitent reçoivent l’appui d’innombrables masochistes pour le sanctifier."

                    Que l’état "siphonne" plus que tous les autres est une trivialité. Vous l’écrivez évidemment dans une acception négative, ce qui n’est pas nouveau dans le courant de votre pensée politique, que je crois être dominant.

                    L’état prélève (pas mal) d’impôt, il faut à mon avis plus s’en féliciter que de le déplorer. Je parle ici des impôts direct, qui sont à mon avis la fiscalité la plus juste, car ils sont progressifs en fonction de votre revenu.

                    Une entreprise, un actionnaire, lorsqu’il ponctionne de l’argent, va l’employer à son usage exclusif. L’état, qui n’est pas une entreprise et ne doit pas être géré comme telle, va utiliser cet argent pour le bien public.

                    Pour prendre un exemple parlant, si vous avez une route goudronnée qui passe devant chez vous et qui vous permet de vous rendre à peu près partout, c’est parce que l’état l’as mis devant votre porte à l’aide des impôts de tous ...

                    De plus, lorsque on regarde un peu l’histoire récente, dans les années 1970 le taux marginal d’impot était bien supérieur à maintenant (65% pour la tranche maximale, contre 40% maintenant), c’était pourtant au milieu d’une période de 30 ans de plein emploi, sans crise et avec 5% de croissance l’an. Et je ne suis pas certain que pendant cette période les capitalistes vivaient si mal que cela...


                    Pour en revenir au sujet de la crise, son facteur primaire est le décrochage entre la masse monétaire réelle - provenant de bien matériels ou quantifiables, et la masse monétaire virtuelle, qui ne représentent que le papier sur lequel on a inscrit la somme. Peu importe qu’il s’agisse de crédits consenti à des personnes insolvables, l’argent correspondant a été créé ex-nihilo, et tand qu’il n’est pas remboursé, il reste virtuel. C’est la convertibilité de cet argent virtuel qui est mise à mal : il y en a tellement à convertir que les institutions n’ont plus assez d’argent réel pour faire correspondre à tout l’argent virtuel qu’elles ont créée.

                    Ce qui permet de comprendre de suite les enjeux : soit on annule l’argent virtuel - en laissant les établissement financiers se casser la figure - soit on fabrique plus d’argent réel, ce qui de fait diminue d’autant sa valeur.



                  • Roland Verhille Roland Verhille 2 octobre 2008 13:10

                    À wesson,

                    Merci de porter attention à mon commentaire.

                    Mais oui, je sais, vous me répliquez ce qui est habituel : avec ses prélèvements, l’état produit des services que d’autres ne pourraient rendre, et qui sont indispensables. Ou encore, l’état ne laisse pas dans une cagnotte ce qu’il prélève, il le rend aux gens.

                    Notez bien je vous prie que je ne prêche pas la disparition de l’état ; je m’élève contre ses outrances et contre ses inefficacités.

                    Les gens ne sont pas des incapables, ils savent se débrouiller eux-mêmes quand l’état ne leur met pas des bâtons dans les roues et quand il ne leur prend pas les moyens de se débrouiller. Et ils se débrouillent en obtenant ce dont ils ont besoin en dépensant bien moins que l’état pour la même chose. Il est absolument impossible qu’un organisme aussi gigantesque que l’état puisse être efficacement géré et être efficace. C’est la même chose pour les groupes privés devenus trop gros.

                    De plus, il est révoltant que l’état confisque deux jours sur trois du produit du travail. Il est révoltant qu’il le fasse pour environ la moitié à acheter les votes de ses politiciens en distribuant à d’autres sous les prétextes le plus variés le produit de l’activité des travailleurs.

                    Pour ce qui est de l’histoire, sans remonter aux calendes grecques, depuis 1974/1975, le taux des prélèvements obligatoires a augmenté d’environ la moitié. C’est à cause de cela que la période de plein emploi d’avant 1974 est devenue depuis une trentaine d’année un période de chômage de masse en grande partie camouflé, de pénurie d’emploi et de pouvoir d’achat en même temps que de ruine de l’état.

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