Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Interprétation libérale de la crise des subprimes

Interprétation libérale de la crise des subprimes

Les articles sur la crise des subprimes se suivent et se ressemblent sur Agoravox comme sur la plupart des médias.

Résumons :


 c’est la "folie des marchés" qui est à l’origine de la crise financière actuelle ;

 ceux qui lisent le Financial Times ou le Wall Street Journal sont des mafieux ;

 la crise c’est la faute de Georges Bush (Etats-Unis, le trou noir) ;

 la "main invisible des marchés" fait la poche du contribuable ;

 le capitalisme mondial connaît une "débâcle" et il faut une "moralisation de la finance" ;

 la crise financière c’est "l’agonie du capitalisme" ;

 nous sommes en train de vivre une défaite des idées libérales... (les sanglots longs des violons libéraux).

Et j’en passe...

Bref, les étatistes jubilent. C’est la mondialisation libérale et le libre-marché qui sont coupables. Il faut donc, c’est logique, plus de régulation, c’est-à-dire plus de fonctionnaires et plus de moyens pour "moraliser" le marché. Car il est bien connu que les fonctionnaires et l’Etat sont détenteurs d’une morale irréprochable qui va tous nous sauver.
La crise est une véritable aubaine pour tous les ultra-étatistes qui se sentaient un peu désœuvrés après leur dernière grande campagne sur le réchauffement climatique et sur les moyens, étatiques cela va de soi, de "refroidir la planète".

Bien sûr, nous comprenons le point de vue de ces talentueux auteurs, tous soucieux d’augmenter les effectifs et les dépenses de l’Etat, seule solution pour juguler la "folie des marchés" et pour rendre des services bénévoles aux braves "usagers" du service public.
 
Malheureusement nous ne souscrivons pas à leur analyse car nous ne vivons pas du tout dans un monde libéral ni dans un monde de libre-échange, bien au contraire.

Les Etats nations captent aujourd’hui 50 % des richesses produites sur la planète ! En France, les dépenses de l’Etat atteignent 54 % du PIB (somme des valeurs ajoutées des entreprises). Aux Etats-Unis, elles sont de l’ordre de 36 %. Dans certaines dictatures pétrolières et dans les pays communistes, l’Etat confisque 100 % des richesses aux fins bien sûr de "redistribution" vers les "bons" citoyens.

Les barrières douanières, les freins à la libre-circulation des populations, les guerres, le surarmement, le clientélisme et la corruption sont le fait de ces organisations étatiques toutes-puissantes qui, à peu près partout dans le monde, outrepassent largement leur rôle et leur mission.

C’est cette mafia étatique qui est à l’origine de la crise dite des "subprimes", qu’il faudrait appeler par son vrai nom, à savoir la crise du financement du logement social par l’Etat américain.


On l’entend partout, la crise des subprimes - crédits immobiliers à risque - serait la conséquence d’un capitalisme financier "débridé" et (bien entendu) de l’ultra-libéralisme qui ravage la planète...

Autrement dit, les banques qui, suivant l’adage bien connu "ne prêtent qu’aux riches" se seraient spontanément mises à prêter massivement aux pauvres ?
Bizarre, bizarre.

La vérité est tout autre.
Ce sont les gouvernements américains, démocrates et républicains confondus qui, depuis trente ans, ont créé cette monstrueuse bulle financière en incitant et même en obligeant les banques à "faire" du subprime. Il serait long ici de raconter toutes les étapes de cette construction qui remonte à 1938 (création de Fannie Mae).
Car c’est bien l’Etat fédéral américain qui a créé la Federal National Mortgage Association (FNMA) et la Federal Home Loan Mortgage Corporation (FHLMC), plus connues aux Etats-Unis sous leurs surnoms de "Fannie Mae" et "Freddie Mac".
Ces deux institutions avaient pour mission d’émettre des obligations garanties par l’Etat pour financer des banques, elles-mêmes émettrices de prêts à taux préférentiels destinés à des ménages pauvres.

Cette forme de financement a rencontré un immense succès. Les banques pouvaient prêter aux ménages en difficulté et vendre leurs créances à d’autres banques car elles étaient garanties par ces deux organismes d’Etat. En 1968, ce succès devient gênant et Johnson privatise Fannie Mae pour faire sortir ses engagements comptables des comptes de l’Etat. Les dettes publiques de Fannie Mae limitaient en effet sérieusement la capacité d’emprunt du gouvernement fédéral pour financer la guerre du Vietnam.
C’est en 1970 que Nixon crée un second organisme complémentaire : Freddie Mac (FHLMC).

Bien que privatisés ces deux organismes bénéficiaient d’un statut très spécial, celui de "Government Sponsored Enterprise". Elles avaient moins d’obligations que les autres banques de publier leurs comptes, payaient moins de taxes et bénéficiaient de la garantie implicite de l’Etat en cas de coup dur. Les banques ont donc continué à utiliser Fannie Mae et Freddie Mac pour refinancer des crédits accordés à des ménages de moins en moins solvables. Inutile de préciser que FM & FM étaient dirigés par des hommes en vue à Washington. Rien à voir avec de vraies banques privées dont le premier souci est de ne pas faire faillite et de se montrer prudentes dans les crédits qu’elles accordent.

C’est en 1993 que le HUD (US Department of Housing and Urban Development), organisme d’Etat chargé de promouvoir la propriété immobilière pour les plus démunis devient l’organisme de tutelle de FM & FM. Pour les politiciens américains, le taux d’accession à la propriété des ménages pauvres et des minorités ethniques est un sujet hautement sensible. Un politicien qui veut faire carrière doit augmenter ce taux. C’est pourquoi dès 1995 les dirigeants du HUD obligent FM & FM à financer 42 % de prêts "subprime", c’est-à-dire de prêts à risque !
Et sous la pression des politiques, cette proportion ne va cesser d’augmenter pour atteindre 56 % en 2004. Les banques qui financent un maximum de "subprimes" reçoivent le qualificatif de "banques non discriminantes" et... les félicitations de Fannie Mae.

Cette situation est aggravée par une autre conséquence (mondiale celle-là) de l’interventionnisme étatique. Les restrictions à la construction imposées par les villes et par les collectivités locales font gonfler démesurément les prix des logements. L’immobilier américain comme l’immobilier français ou comme l’immobilier britannique est contraint de s’accommoder des miettes de terrains que le pouvoir étatique ou local accepte de rendre constructibles. On construit des tours en centre-ville, mais impossible de bâtir en périphérie, c’est interdit !
Le marché s’envole, par effet de rareté, donc de spéculation et non par création de valeur réelle.

Des villes comme Los Angeles ou San Francisco ont vu leur prix exploser et subissent aujourd’hui la crise de plein fouet. En revanche, une conurbation comme Dallas Fort Worth où la construction a été laissée libre par les autorités locales ressent beaucoup moins la crise car les prix de l’immobilier y ont cru régulièrement, sans effet de bulle.

Au-delà du délire médiatique actuel, la vérité apparaîtra un jour. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de secteurs plus encadrés et plus régulés que les secteurs de la banque et de l’immobilier aux Etats-Unis.
Les causes profondes de la crise actuelle se trouvent donc dans les délires de l’Etat américain et certainement pas dans la folie des marchés. On peut reprocher beaucoup de choses aux banques, notamment leur crédulité et leur manque de prudence face à la mafia étatique de Washington mais aller reprocher aux banques d’avoir trop prêté aux pauvres, c’est vraiment refuser de voir la vérité en face.


Documents joints à cet article

Interprétation libérale de la crise des subprimes

Moyenne des avis sur cet article :  3.1/5   (211 votes)




Réagissez à l'article

157 réactions à cet article


  • Forest Ent Forest Ent 2 octobre 2008 12:06

    On vit vraiment une époque formidable. smiley Merci encore pour ce superbe numéro d’humour.

    Question subsidiaire : les actionnaires privés de ces "monstres étatiques" (comme AXA, actionnaire de Fannie) ne se sont jamais soucié de leur bilan ? smiley


    • sisyphe sisyphe 2 octobre 2008 14:20

      Ca, pour de l’humour, il est gratiné ; hélas, il s’agit plutôt d’humour noir...

      Franchement, qu’est-ce que les états viennent emmerder ces bons et honnêtes banquiers, qui n’oeuvrent que pour le bien public ? 

      Supprimons les états, faisons de la planète une entreprise privée unique, sous l’égide de la World Company.

      Et quand le système se casse la gueule, comme aujourd’hui, les milices privées de la WC viendront récupérer chez les ploucs de citoyens, directement, l’argent qui lui manque ; maisons, meubles, voitures, cash, saisie des comptes en banque, etc....

      Et puis on fera travailler les travailleurs quelques années sans les payer, pour éviter de bêtes frais supplémentaires, jusqu’à ce que la situation soit redressée, et que les banquiers, spéculateurs, actionnaires, puissent recommencer à construire leur golden hello, leurs golden parachutes, leur golden balls. 

      Elle est pas belle la vie chez les ultralibéraux ? 
       smiley

      Bon ; sinon, un petit article intéressant...

      L’Etat guerrier, l’Etat financier... à quand l’Etat social ?

    • Abolab 2 octobre 2008 14:50

      C’est un article qui n’a de libéral que le nom, comme le parti en question : "Alternative Libérale". En réalité, il semble qu’il s’agisse d’une idéologie basée sur l’idôlatrie bancaire et le corporatisme financier. A rapprocher des premières heures du collectivisme d’état façon urss.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 octobre 2008 23:55

      Liberal a bien des sens... La crise a deux causes : la création déraisonnablle de monnaie... et la perte de confiance dans l’État qui valaise cette monnaie. Cela dit. nous vivons dans un nouveau capitalisme où le grand capital et l’État sont en parfaite symbiose. Vous pouyvez mettre le blâme où vous voulez, sur la main gauche ou la main droite. Le pouvoir actuel est UNE structure d’extorsion au proit d’une petite élite.

      http://les7duquebec.wordpress.com/2008/09/22/une-crise-de-confiance/

      http://nouvellesociete.org/H.html

       Pierre JC Allard


    • malqp 3 octobre 2008 11:55

      Donc si je comprend, c’est parce que les politiques s’en sont mélées et que le libéralisme n’a pas pu agir librement. Donc pour pas de crise il faut plus de libéralisme...
      Toujours le même discours, si ça marche pas c’est parce que l’idée de départ à été perverti par l’ancien système (l’étatisme) qui n’a pas été assez bien liquidé.


    • wesson wesson 3 octobre 2008 12:12

      @forest

      moi aussi au début j’ai cru que c’était de l’humour.

      visiblement non, l’auteur semble sérieux et avoir écrit cela au premier degré.

      pathétique


    • adam smith 5 octobre 2008 11:00

      Pensez au livre les raisins de la colère de steinbeck


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 5 octobre 2008 15:26

       Message d’intérêt général avec mes excuses à l’auteur du présent article


      J’ai un article qui concerne Demian West en modération depuis le 29 septembre. J’invite tous ceux qui veulent s’exprimer quand à l’opportunité de sa publication à le faire rapidement.

       Pierre JC Allard

    • alcodu 2 octobre 2008 13:40

      Vous avez raison, les banques ont été plus que légères dans leur comportement.
      Je n’ai effectivement pas analysé - j’en suis d’ailleurs bien incapable - les phénomènes très complexes de tritrisation et de refinancement ainsi que les mélanges de produits financiers créés par les "architectes" de la finance.

      Le but de l’article est de sensibliser les lecteurs à la cause première de la crise c’est à dire aux réglementations irresponsables de l’Etat fédéral américain. Les banques ont été poussées à la faute, c’est certain. Mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas commis de faute.

      Les bulles immobilières liées au droit du sol sont en revanche de l’entière responsabilité des politiques locales. Les banques n’ont rien à voir là dedans.


    • non666 non666 2 octobre 2008 14:17

      Auteur, si la faute n’etait que chez l’Etat US, les Lehmann et consorts ne s’effondreraient pas comme autand de WTC.

      Ce que les tenants purs et durs de l’economie de marché a tout prix ne veulent pas entendre, c’est la propre part de responsabilité des acteurs du marché dans cette debacle.

      Que les Colbertistes, Etatistes ou Communistes de tout poils en profite, c’est de bonne guerre.

      Mais si on parlait des roles de nos banques centrales chez nous autres, les civilisés europeens.
      Et si on comparait l’encadrement du credit, l’interdiction de l’usure (au dela de certaine normes) et de ce qui est possible avec la FED ?

      La Fed, vous le savez c’est cette banque qui joue aux banques centrales et qui est en fait entre les mains des plus gros financiers US. Si on parlait de ces appels de marges, de ses demande de restitutions de creances qui ont provoqué la crise et qui parmettent, grace a cette action de la main droite de faire rachter les banques en faillite(en fait leurs actifs interessants) par la main gauche, sans que personne ne voit rien ?

      Si on parlait de l’enorme opportunité de cette crise qui va permettre une devaluation massive du dollar( enfin justifiée aux yeux des citoyens ordinaires des etats unis) pour diminuer de façon notable la Dette US ?

      Si on parlait de Bretton Wood, d’un dollar "as good as gold" qui servait d’etalon remboursable en or au commerce mondial ?

      Si on parlait de l’enorme vol d’or que represente cette non convertibilité pour les banques centrales de tous les pays du monde qui ont l’obligation de garder des reserves de change en dollar ?

      Si on parlait des stocks d’or sous le WTC qui ont disparu le 11 septembre( ça tombe bien non ?)

      Quand les "petits" tenants du marché se font plumer par les gros tenants de cette meme economie, les colbertiste peuvent en effet un petit peu en rire.

      Car les idiots utiles de cette defense a tout prix, de l’indefendable, se sont les victimes de petit calibre.
      Les groupes Morgan, Rockfeller et notre bon ami Silverstein ont été curieusement peu touché, eux.


    • taktak 2 octobre 2008 15:36

      Hihihi hohohoho... c’est à mourrir de rire si ce n’était d’une débilité crasse !

      Bon plus sérieusement, la réglementation de l’urbanisation n’est pas là pour provoquer la spéculation immobilière. Et c’est facile à comprendre.
      Elle permet un minimum d’aménagement du territoire, et à moins d’être un débile/intégriste libéral, on comprend que ce minimum est une condition sine qua non de l’activité économique.
      Mais bon c’est vrai que des nihilistes capitalistes, ou des intégristes (religieux) de la main invisible (du dieux ?) marché ne peuvent admettre que détruire l’environnement de l’homme (même si ce n’est qu’à moyen terme) est nuisible à l’économie, et ne se réparera pas par le marché.

      Sinon, que l’auteur, se rassure, cette crise contrairement à ce qu’il craint risque bien de pousser en avant le libéralisme si nous ne poussons pas notre avantage.
      On peut voir les nombreux précédents qui existe (N Klein, la stratégie du choc, par exemple).
      Mais surtout, on a pu entendre nos economistes tel Atali, ou des députés (Copé..) réclamer de la rigueur, des réformes structurelles encore plus poussées, bref encore plus de libéralisme.

      Alors, nous avons la preuve que le marché seule ne fonctionne pas.
      Cette nieme crise de surproduction le prouve, et montre aussi que c’est le capitalisme qui ne fonctionne pas.
      Alors travaillons à changer le monde. Socialisons le capital, planifions ce qui est planifiable (objectifs écologiques, besoins prioritaires...) par l’action politique traduction démocratique de la volonté d’un peuple qui travaille, distribuons le reste par un marché à l’ampleur limité et ne permettant pas l’accumulation personnel de capital.
      "à chacun selon ses besoins,de chacun selon ses moyens, à chacun selon son travail"


    • Walid Haïdar 2 octobre 2008 17:40

       Mais monsieur, si vous êtes incapable d’analyser la titrisation, sur quelles connaissances est basée votre conviction selon laquelle le libre marché est du meilleur effet ?

      En fait vous avez une croyance.

      Le libéralisme absolu n’a aucun sens. Joseph Stiglitz (prix nobel d’économie et pas altermondialiste, mais libéral, au sens réaliste du terme), a brillament montré dans quelle mesure le libéralisme économique intégral était possible : dans la mesure où l’information est symétrique et parfaite.

      Autrement dit, dans le monde réel, ça ne tient pas la route du tout, car l’information est évidemment très loin d’être symétrique (ce que A sait, tous les agents interagissant avec A le savent), et évidemment l’information n’est pas parfaite puisque l’erreur est humaine.

      Il faudra donc bien, vous les bisounours, que vous admettiez que le monde n’est pas tout rose ou tout noir, et que l’état a son rôle à jouer, pour encadrer le marché.

      Votre tentative de montrer que la responsabilité première de la crise actuelle est celle de l’état, est fortement incohérente, et de plus, elle est d’un simplisme attérant.

      Incohérente : Les aberrations on émergé longtemps après la privatisation. Même si l’état devait s’endetter pour soutenir ces établissement lorsqu’ils étaient étatiques, il n’en est pas pour autant le principal responsable de ce qui s’est passé après privatisation, par définition. En ce qui concerne les subprimes, et la crise : que l’état ait incité à prêter aux pauvres, c’est peut-être vrai, que la méthode fut bancale, c’est peut-être vrai, mais ce qui a permis la folle histoire qui a mis tout ce monde dehors, c’est la dissolution de l’information dans les paquets obscurs qui transitaient, et le fait qu’un des acteurs du processus ne courait aucun risque : le courtier. C’est pourquoi ce à quoi il faut veiller, c’est que le jeu d’incitations soit favorable à la création de valeur, et non à l’acaprement des richesses par "les plus performants". Or les courtiers qui effectuent des prêts inconséquents sans prendre de risques de créent aucune valeur, et au contraire, peuvent entraîner des désastres, comme l’immense destruction de valeur que l’on ne peut que contempler aujourd’hui.

      Simpliste : vous attribuez des conséquences à UNE cause, exclusivement, et vous ne mettez pas cette conséquence dans un contexte complexe, comme si tel fait avait un sens isolément de ce contexte. Par exemple, l’immobilier augmente parceque l’état reglemente le marché de l’immobilier. D’abord c’est faux. Les prix de l’immobilier augmentent parceque la demande est plus forte que l’offre. On peut soutenir que c’est parceque le domaine constructible est trop petit (réglementations de l’état), mais on peut aussi pointer le fait que de nombreux logements ne sont pas utilisés (pour vivre, travailler) par leurs propriétaires (dont l’état d’ailleurs, je vous l’accorde volontiers, mais ce n’est pas une question de reglementation ça, et ce n’est pas propre à l’état).

      Mais surtout, vous ne replacez pas ceci dans son contexte. Les reglementations peuvent induire des effets indésirables, mais ça ne veut pas dire que la régulation est mauvaise en soit. Il faut trouver le juste milieu, et améliorer les régulations quand elles sont mutilantes. D’autre part évidemment, rien ne garanti que les initiatives privées pas du tout régulées n’engendrent pas des effets contre-productifs (ou plutôt tout le garantit si on est un peu réalistes). L’absence de loi revient à la loi du plus fort, c’est à dire la jungle.

      Peut-être pensez vous que la jungle soit le modèle le plus adapté à l’humanité, et dans ce cas ne discutons même plus, et j’irai bien vous égorger si vous me donniez votre adresse (bah oui, faut être cohérent, dans la jungle, avec un peu de testostérone qui déborde, on a tout de suite des véléïtés agressives).
      Sinon, vous devez comprendre que dans le monde réel, pour que l’humanité s’épanouisse, pour qu’elle évolue, pour qu’elle poursuive sa structuration et son élévation, pour que la société conserve sa substance (la société est un système qui évolue, et à travers lequel l’homme s’est protégé des prédateurs, a compris le monde, a fait de l’art, a accomplit tout ce qu’il a accomplit (y compris le pire, mais il faut savoir si l’on regrette l’évolution de l’humanité, à laquelle on aurait préféré une vie de bon sauvage imaginaire, que les faits et l’histoire suggèrent comme contre nature(-humaine)), il faut des systèmes de contrôle. Nous en sommes aujourd’hui au stade de l’élaboration démocratique (ou pseudo démocratique pour les sceptiques) de ces systèmes de contrôle.

      La question n’est pas : faut-il supprimer l’état.
      La pertinence ne se situe pas dans la diabolisation de l’état : ça ça s’appelle juste de la malhonnêté intellectuelle.

      Evidemment, comme la mafia privée (dans laquelle j’inclus probablement beaucoup plus d’acteurs que vous) se gave par les paradis fiscaux, les états ont leurs travers et leurs vices (largement liés à la corruption privée d’ailleurs, mais le jour où vous admettrez ça, peut-être que le Pape sera homo).

      La question est donc justement : comment l’état peut-il parvenir à jouer son rôle : garantir les conditions de la paix sociale. Car la liberté, ce n’est pas dans la jungle qu’on la trouve, mais dans la paix. La paix, si vous préférez, est la jungle de l’humanité, son milieu naturel, et le milieu naturel de l’homme ne le précède pas, c’est un idéal vers lequel il s’efforce de tendre. Car ce qu’on entend par Homme, est éminemment culturel, contrairement loup, qui ne l’est que très faiblement.

      Il y a des cons qui pensent que la paix sociale se gère avec des matraques. Se sont d’ailleurs souvent des libéraux (enfin non, des gens qui croient être libéraux, alors que ce sont des tarés fascisants), qui veulent réduire l’état à la justice, la police et l’armée.

      La paix sociale, ce n’est pas non plus un état amorfe et lisse de la société. C’est un ensemble de compromis, qui sont d’autant plus harmonieux que les agents de la société sont ouverts et éduqués, instruits, et en bonne santé (ce qui cmmence par manger à sa faim).

      Or y a pas de miracle, pour avoir des agents ouverts et éduqués, instruits, il faut avoir une école de qualité pour tous, pour avoir des gens en bonne santé, il faut une médecine de qualité, pour tous.

      Je suis probablement d’accord avec vous pour dire que l’état ne doit pas faire ce qu’il ne sait pas faire, et que la meilleure action est la plus concise, la moins lourde. Mais je pense que vous êtes bien naïf quant à la capacité (actuelle du moins) de l’homme de vivre sans règles, sans compromis, sans penser son environnement à long terme.

      Le grand défi, c’est que les sociétés pensent collectivement leur destin, lié, à la hauteur des enjeux monumentaux qui sont susceptibles de se dresser devant elles.

      Pour cela, les entreprises et les individus ne sont pas suffisants.

      L’humanité, n’est pas un simple ensemble d’individus indépendants. L’histoire de l’humanité montre qu’elle est une collectivité d’individus.


    • Walid Haïdar 2 octobre 2008 17:58

       Mais monsieur, si vous êtes incapable d’analyser la titrisation, sur quelles connaissances est basée votre conviction selon laquelle le libre marché est du meilleur effet ?

      En fait vous avez une croyance.

      Le libéralisme absolu n’a aucun sens. Joseph Stiglitz (prix nobel d’économie et pas altermondialiste, mais libéral, au sens réaliste du terme), a brillament montré dans quelle mesure le libéralisme économique intégral était possible : dans la mesure où l’information est symétrique et parfaite.

      Autrement dit, dans le monde réel, ça ne tient pas la route du tout, car l’information est évidemment très loin d’être symétrique (ce que A sait, tous les agents interagissant avec A le savent), et évidemment l’information n’est pas parfaite puisque l’erreur est humaine.

      Il faudra donc bien, vous les bisounours, que vous admettiez que le monde n’est pas tout rose ou tout noir, et que l’état a son rôle à jouer, pour encadrer le marché.

      Votre tentative de montrer que la responsabilité première de la crise actuelle est celle de l’état, est fortement incohérente, et de plus, elle est d’un simplisme attérant.

      Incohérente : Les aberrations on émergé longtemps après la privatisation. Même si l’état devait s’endetter pour soutenir ces établissement lorsqu’ils étaient étatiques, il n’en est pas pour autant le principal responsable de ce qui s’est passé après privatisation, par définition. En ce qui concerne les subprimes, et la crise : que l’état ait incité à prêter aux pauvres, c’est peut-être vrai, que la méthode fut bancale, c’est peut-être vrai, mais ce qui a permis la folle histoire qui a mis tout ce monde dehors, c’est la dissolution de l’information dans les paquets obscurs qui transitaient, et le fait qu’un des acteurs du processus ne courait aucun risque : le courtier. C’est pourquoi ce à quoi il faut veiller, c’est que le jeu d’incitations soit favorable à la création de valeur, et non à l’acaprement des richesses par "les plus performants". Or les courtiers qui effectuent des prêts inconséquents sans prendre de risques de créent aucune valeur, et au contraire, peuvent entraîner des désastres, comme l’immense destruction de valeur que l’on ne peut que contempler aujourd’hui.

      Simpliste : vous attribuez des conséquences à UNE cause, exclusivement, et vous ne mettez pas cette conséquence dans un contexte complexe, comme si tel fait avait un sens isolément de ce contexte. Par exemple, l’immobilier augmente parceque l’état reglemente le marché de l’immobilier. D’abord c’est faux. Les prix de l’immobilier augmentent parceque la demande est plus forte que l’offre. On peut soutenir que c’est parceque le domaine constructible est trop petit (réglementations de l’état), mais on peut aussi pointer le fait que de nombreux logements ne sont pas utilisés (pour vivre, travailler) par leurs propriétaires (dont l’état d’ailleurs, je vous l’accorde volontiers, mais ce n’est pas une question de reglementation ça, et ce n’est pas propre à l’état).

      Mais surtout, vous ne replacez pas ceci dans son contexte. Les reglementations peuvent induire des effets indésirables, mais ça ne veut pas dire que la régulation est mauvaise en soit. Il faut trouver le juste milieu, et améliorer les régulations quand elles sont mutilantes. D’autre part évidemment, rien ne garanti que les initiatives privées pas du tout régulées n’engendrent pas des effets contre-productifs (ou plutôt tout le garantit si on est un peu réalistes). L’absence de loi revient à la loi du plus fort, c’est à dire la jungle.

      Peut-être pensez vous que la jungle soit le modèle le plus adapté à l’humanité, et dans ce cas ne discutons même plus, et j’irai bien vous égorger si vous me donniez votre adresse (bah oui, faut être cohérent, dans la jungle, avec un peu de testostérone qui déborde, on a tout de suite des véléïtés agressives).
      Sinon, vous devez comprendre que dans le monde réel, pour que l’humanité s’épanouisse, pour qu’elle évolue, pour qu’elle poursuive sa structuration et son élévation, pour que la société conserve sa substance (la société est un système qui évolue, et à travers lequel l’homme s’est protégé des prédateurs, a compris le monde, a fait de l’art, a accomplit tout ce qu’il a accomplit (y compris le pire, mais il faut savoir si l’on regrette l’évolution de l’humanité, à laquelle on aurait préféré une vie de bon sauvage imaginaire, que les faits et l’histoire suggèrent comme contre nature(-humaine)), il faut des systèmes de contrôle. Nous en sommes aujourd’hui au stade de l’élaboration démocratique (ou pseudo démocratique pour les sceptiques) de ces systèmes de contrôle.

      La question n’est pas : faut-il supprimer l’état.
      La pertinence ne se situe pas dans la diabolisation de l’état : ça ça s’appelle juste de la malhonnêté intellectuelle.

      Evidemment, comme la mafia privée (dans laquelle j’inclus probablement beaucoup plus d’acteurs que vous) se gave par les paradis fiscaux, les états ont leurs travers et leurs vices (largement liés à la corruption privée d’ailleurs, mais le jour où vous admettrez ça, peut-être que le Pape sera homo).

      La question est donc justement : comment l’état peut-il parvenir à jouer son rôle : garantir les conditions de la paix sociale. Car la liberté, ce n’est pas dans la jungle qu’on la trouve, mais dans la paix. La paix, si vous préférez, est la jungle de l’humanité, son milieu naturel, et le milieu naturel de l’homme ne le précède pas, c’est un idéal vers lequel il s’efforce de tendre. Car ce qu’on entend par Homme, est éminemment culturel, contrairement loup, qui ne l’est que très faiblement.

      Il y a des cons qui pensent que la paix sociale se gère avec des matraques. Se sont d’ailleurs souvent des libéraux (enfin non, des gens qui croient être libéraux, alors que ce sont des tarés fascisants), qui veulent réduire l’état à la justice, la police et l’armée.

      La paix sociale, ce n’est pas non plus un état amorfe et lisse de la société. C’est un ensemble de compromis, qui sont d’autant plus harmonieux que les agents de la société sont ouverts et éduqués, instruits, et en bonne santé (ce qui cmmence par manger à sa faim).

      Or y a pas de miracle, pour avoir des agents ouverts et éduqués, instruits, il faut avoir une école de qualité pour tous, pour avoir des gens en bonne santé, il faut une médecine de qualité, pour tous.

      Je suis probablement d’accord avec vous pour dire que l’état ne doit pas faire ce qu’il ne sait pas faire, et que la meilleure action est la plus concise, la moins lourde. Mais je pense que vous êtes bien naïf quant à la capacité (actuelle du moins) de l’homme de vivre sans règles, sans compromis, sans penser son environnement à long terme.

      Le grand défi, c’est que les sociétés pensent collectivement leur destin, lié, à la hauteur des enjeux monumentaux qui sont susceptibles de se dresser devant elles.

      Pour cela, les entreprises et les individus ne sont pas suffisants.

      L’humanité, n’est pas un simple ensemble d’individus indépendants. L’histoire de l’humanité montre qu’elle est une collectivité d’individus


    • omar omar 2 octobre 2008 18:53

      Interessant, bien énoncé mais surtout très juste, voilà un commentaire qui devrait faire l’objet d’un article. Une très belle façon d’expliquer les limites inhérentes au libéralisme.


    • alcodu 2 octobre 2008 19:29

      Cher Walid Haïdar

      Merci pour ce passage qui en dit long sur votre grand humanisme :


      Peut-être pensez vous que la jungle soit le modèle le plus adapté à l’humanité, et dans ce cas ne discutons même plus, et j’irai bien vous égorger si vous me donniez votre adresse (bah oui, faut être cohérent, dans la jungle, avec un peu de testostérone qui déborde, on a tout de suite des véléïtés agressives).

      Je ne m’attendais pas à ce que l’ânerie habituelle sur la "Loi de la jungle" soit produite aussi rapidement.

      Le libéralisme prône la liberté de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui associée à la responsabilité de ses actes. les Libéraux privilégient toujours le consentement, l’accord contractuel de gré à gré et ils sont résolument opposés à l’emploi de la force, contrairement aux étatistes dont le crédo est la coercition

      Le libéralisme concerne donc par essence des individus doués de raison et capables d’assumer une responsabilité.
      Or les animaux et les plantes de la jungle ne raisonnent pas et ne connaissent pas de limite autre que la satisfaction de leur besoins. Il n’y a ni droit, ni contrat, ni responsabilité dans la jungle. La comparaison avec le libéralisme est donc absurde.

      Il est en revanche un mouvement politique qui prône la suprématie de l’Ordre Naturel sur l’ordre humain : c’est l’écologie. Les écologistes admirent beaucoup la Loi de la jungle.


    • pdth pdth 3 octobre 2008 00:07

      il reste toutefois un fait indéniable , John Law est né en 1671 et Adam Smith en 1723

      il faut toute raison garder , l ’appat du gain facile est plus dans la nature humaine que dans la nature meme du libéralisme.

      Dans le cas présent il y a une faillite des autorités de tutelles américaine avant tout , M Alan Greenspan devrait au minimum faire preuve de davantage de modestie.
      Les criminels à l’origine de ce désastre doivent être punis

      Pour ce qui est des interventions étatiques , c’est du vent , des impôts pour les générations à venir et la planche à billet qui s’emballe , des vielles recettes , toujours les mêmes pour des résultats qui seront eu aussi les mêmes ...leger mieux puis rechute encore plus brutale. L’ Eat ne crée aucune richesse, il accumule des dettes colossales , un jour les etats gloutons seront à l’origine une nouvelle déflagration économique.

      L’ économie c’est la liberté et l’insécurité mais comme la précisé G Washington : ceux qui sacrifient leur liberté pour davantages de sécurité n’obtiennent ni l’une ni l’autre.

      Au fait je confirme John Law est né en 1671 et Adam Smith en 1723, ce n’est pas une opinion mais un fait smiley



    • Emile Red Emile Red 3 octobre 2008 08:38

      "Il est en revanche un mouvement politique qui prône la suprématie de l’Ordre Naturel sur l’ordre humain : c’est l’écologie. Les écologistes admirent beaucoup la Loi de la jungle. "

      Une connerie à dire, elle est dite, comment le libéralisme prouve sa crétinerie indigente...


    • Alpo47 Alpo47 2 octobre 2008 12:15

      Ah, bon, c’est du second degré ...
      Parce qu’on aurait pu penser que l’auteur’ pensait ce qu’il écrivait, et là, ce serait vraiment peu de dire qu’il verrait le monde "avec des oeillères".
      Mais si c’est de l’humour ...


      • Le péripate Le péripate 2 octobre 2008 12:50

         Il serait intéressant de décortiquer les raisons de la mainmise étatique sur le foncier. Les médias ne se font jamais l’écho de ce que au USA il existe des politiques assez variés en la matière. La où l’administration réglementent peu, les prix sont restés raisonnables (Dalles, Atlanta et Cleveland) A voir l’article très bien documenté de Vincent Bénard ici.
        En France, on reparle de relancer le logement social : curieux adjectif que ce "social" quand on sait que la moyenne des revenus des locataires des HLM est supérieure à la moyenne française ! On pourrait hasarder l’hypothèse qu’il s’est au fil des années crée une noblesse d’état qui utilise le concept à priori généreux de redistribution afin de se servir. Non pas que cet noblesse soit très riche, ses rivalités internes entraînant un gaspillage énorme des ressources pillées. Il est à noter que sous l’Ancien Régime la noblesse n’était pas généralement très riche non plus. Peut-être est-il temps de réclamer la fin des privilèges...


        • tmd 2 octobre 2008 13:00

          "la moyenne des revenus des locataires des HLM est supérieure à la moyenne française"

          Ça me parraît ahurissant, mais je suis prêt à le croire. Des sources SVP.


        • Le péripate Le péripate 2 octobre 2008 13:07

           Je vais chercher (mais je dois repartir au travail). Mais il en avait été question lors des affaires qui se sont succédées il y a quelques temps à propos des logements de la ville de Paris. L’argument généralement avancé pour justifier cet état de fait est que les organismes HLM auraient besoin de locataires relativement aisés pour équilibrer leur compte. Un autre argument est aussi que une fois entré, on ne sort pas même si ses revenus ont augmentés.


        • Le péripate Le péripate 2 octobre 2008 13:15

           Sur ce sujet, il y a un tableau ici


        • armand armand 2 octobre 2008 13:38

          Il est intéressant de noter qu’en supprimant quelques privilèges - les journalistes, politiques, artistes, ’copains’ de tout genre - à revenu très moyen en général, qui occupaient les logements de la Ville de Paris, on a livré ce parc immobilier aux richissimes étrangers, princes du pétrole, mafiosi russes, magnats italiens, etc.

          Je ne suis pas sûr que ce soit un progrès... Ni que le voisinage ait gagné en convivialité.


        • armand armand 2 octobre 2008 13:46

          Et si le clivage se trouvait ailleurs : entre tenants d’une économie du concret et une économie du dématérialisé ?
           En effet, le capitalisme moderne, en ’titrisant’ à l’extrême et en bannissant une monnaie à valeur intrinsèque a permis de gonfler à l’extrême la masse monétaire au profit de quelques joueurs de casino financier.
          Pour le reste de la population, un sou reste un sou au moment des courses... Et on l’a poussé au crime en faisant miroiter un crédit quasi-illimité destiné à assouvir son ’immediate gratification’, promue valeur absolue dans nos sociétés.

          Le respect d’un étalon concret et limité en matière de monnaie est le meilleur garde-fou contre ces dérives. De même, limiter le marché à ce qu’il est, étymologiquement, l’achat et la vente de produits et de services au cours du jour, au comptant, avec de l’argent dont on dispose réellement, permettrait d’assainir la situation.

          Au vieux dicton "le crédit est mort, les mauvais payeurs l’ont tué", on devrait adjoindre "le crédit est mort, les marchands d’illusions l’ont tué."


        • Christophe Christophe 2 octobre 2008 13:55

          @Le péripate,

          Excusez-moi, mais vous n’auriez pas des chiffres un peu plus sérieux que des moyennes d’approximations ? Je ne sais pas, quelque chose comme une étude par secteurs géographiques (par exemple l’IDF a des salaires plus élevés que dans le reste de la France et possède une proportion de logements HLM assez importante au regard du reste de la France ; ce qui pourrait avoir une conséquence non négligeable à l’inverse de l’idée que vous tentez de faire passer).

          Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire puisqu’il existe des cas qui ont été mis sur la place publique et mettent en évidence des problèmes sérieux, mais évitons de prendre des informations peu réalistes par recoupement tendancieux permettant d’aboutir au résultat escompté.


        • Christophe Christophe 2 octobre 2008 14:55

          @Péripate,

          Voyez ici, c’est une étude de l’INSEE pour la cours des comptes.

          Vous remarquerez que ce n’est pas si simple, voir simpliste, comme le laisse croire le lien auquel vous faites référence.

          Nous pouvons noter :

          En 2002, les locataires HLM ont en moyenne un niveau de vie inférieur à la moyenne, mais un locataire HLM sur cinq se situe tout de même dans les quatre déciles les plus élevés de la distribution des niveaux de vie. Au cours du temps, le peuplement du parc HLM est toutefois devenu de plus en plus « social », car si en 2002, 20 % des locataires HLM se situent dans les déciles 7 à 10, en 1984, c’était 30 %.

          Après il faut rentrer un peu plus dans le détail ainsi que tenir compte des contraintes inhérentes à la location. Certains locataires HLM sont des jeunes qui se lancent dans la vie active (étude sur la location ayant débutée 3 ans auparavent) ; le parc privé leur demandant souvent des garanties qu’ils ne peuvent fournir.


        • Le péripate Le péripate 2 octobre 2008 18:29

           De fait, le situation est toute, sauf simple. Mais prenons les choses autrement : disons qu’il est extrêmement difficile de savoir si le parc du logement social remplit effectivement ce pour quoi il est conçu. Ce simple fait permet, à mon sens, de s’interroger sur le bien fondé d’une politique coûteuse dont on ne sait pas s’il a des résultats. C’est un peu comme financer un programme spacial pour envoyer des gens sur la Lune alors que l’on ne saurait jamais s’ils sont parvenus à bon port. Ubuesque...


        • Le péripate Le péripate 2 octobre 2008 18:51

           Même pas le temps d’avoir lu correctement le nom de l’auteur.... alors, pour ce qui est d’en faire une critique... sans commentaire...


        • Superyoyo 2 octobre 2008 13:02

          Si je comprend bien, on n’a pas été assez loin dans le libéralisme !
          Les communistes disent pareil pour justifier l’echec de leur idéologie (le communisme à échoué parce qu’on en a pas fait assez)

          Et sinon, certes, l’état n’est pas plus honnête ou malhonnête que le privé, mais l’état, c’est des élus et des contre-pouvoirs. Il y a donc un controle et des sanctions possibles (des élections)


          • emmanuelprost 2 octobre 2008 17:22
            Première remarque :
            Si le communisme a échoué c’est parce qu’il a fait plus de morts de part le monde que les deux conflits mondiaux. Si les communistes avaient été jusqu’au bout il ne resterait plus un seul être humain à la surface du globe.
            Deuxième remarque :
            "L’Etat c’est des élus et des contre-pouvoirs" l’Etat est une association de corrompus se partageant un butin et des privilèges. Un coup se sont les corrompus de gauche qui ont le pouvoir, un coup les corrompus de droite. Qui n’ont qu’un but spolier la population, les entrepreneurs et entreprises afin de mener en toute quiétude train de vie somptuaire. 
            Voilà ce qu’est l’Etat aujourd’hui. Et il n’y a pas de contre-pouvoir. Même la cour des comptes n’est qu’un instrument.



          • R.L. 2 octobre 2008 18:23

            Je serais d’accord assez avec vous.
            Mais il me faut ajouter que les "corrompus de gauche" ne sont peut-être pas aussi de gauche que cela...

            Pour se limiter aux 20 perpétuels de la rue Solférino, s’ils sont de gauche, alors moi, je ne suis trotskyste !
            Ce sont d’affreux bobos-libéraux, parasites bloquant tout depuis 20 ans, qui sont au PS comme ils auraient pu se retrouver à l’UMP dans d’autres circonstances...

            Plus de parti de gauche digne de ce nom ; plus de presse écrite nationale de gauche non plus ; jamais eu de chaînes de radio ou de TV de gauche (contrairement à la droite qui fait le plein) ; plus d’intellectuels de gauche après la mort de Bourdieu. On essaye même de nous refiler des types d’en face...

            La main mise sur les médias pour manipuler, occulter et désinformer, l’avancée de la technologie (des bases de données aux drones en passant par les caméras, le filtrage d’internet...) permettant un ratio de 1/10000 face aux contestataires, la répression législative et judiciaire (recul de l’état de droit), tout cela conduit directe à une explosion qui doit avoir l’occasion de se révéler.

            Peut-être la crise de la finance (et non seulement financière) sera l’étincelle...


          • vin100 2 octobre 2008 13:06

            En effet même si je ne partage pas votre conclusion finale, il est vrai que l’ensemble des articles publiés sur Agora Vox reprend toujours les mêmes antiennes marxistes a savoir la sempiternelle et pitoyable fable Franco Française que l’on récite dans l’Education Nationale sur les méchants Capitalistes et les gentils péquinsmoyens, victimes innocentes qui se font croquer par le vilain croquemitaine argenté.

            En France l’etat Français dépense plus de 50 milliards € chaque année en plus de sont budget. Cette somme qui chaque année doit être emprunté à des financiers internationaux représente aujourd’hui plus de 1 200 milliards € de dettes que nous ferons payer a nos petits enfants.
            C’est deux fois plus que l’estimation initiale de la crise financiere qui occuppe nos esprits actuellement.
            Rien que l’intérêt de la dette, dépasse aujourd’hui les 50 miliards annuels.
            50 milliards € en plus chaque année que ne ferait on pas avec cette somme !

            Mais CHUT, il ne faut pas en parler, et puis ce n’est pas un problème puisque ce n’est pas nous qui payerons mais nos petits enfants qui seront étranglés a moins que le système ne saute par incapacité de ceux ci de payer.
            Mais circulez, il n’y a rien a dire , c’est pas nos oignons !
            Pendant ce temps toutes les bonnes âmes nous réclame un peu plus d’état, ou un etat plus fort comme ils disent.

            Je n’ai pas la solution, et je ne donnerais pas la solution mais en tout cas il est vrai que cette mascarade et cette relecture infantile actuelle tourne en rond avec la seule utilité de rassurer les gogo bien pensant et surtout bien aux chaud !


            • gommette 2 octobre 2008 16:15

              Documentez-vous sur le prix de vente des autoroutes francaises aux petits copains, et qui c’est qui les a bradées... Et attendez-vous à ce que les tarifs des péages augmentent encore plus, car il sont bien sûr trop réglementés... Vous voulez payer votre eau au double du prix ? Continuez à voter neocons ! Regardez aussi le modèle de gestion privée que constitue le 1% logement. Ca c’est pas des sous gaspillés, non, non... A moins que ces préoccupations de pauvre ne vous concernent pas, bien au chaud dans une niche fiscale...


            • R.L. 2 octobre 2008 17:13

              Eh bien je l’ai moi votre solution (puisque vous ne voulez pas chercherà :
              Rendons démocratiquement le contrôle de la monnaie à l’État, droit régalien s’il en est.
              Celui-ci doit emprûnter à une VRAI BANQUE CENTRALE (pas de propriétaires privés !) les sommes dont il a besoin pour animer, orienter, aider la politique DÉCIDÉE par les élus, EXÉCUTER par le gouvernement.
              Et ceci SANS INTÉRÊT bien sûr !
              C’est clair, c’est précis, c’est net. C’est la démocratie élémentaire et pas la dette perpétuelle engraissant les criminels en col blanc à désinguer au Karcher !!!


            • R.L. 2 octobre 2008 17:34

              Gonflé l’auteur. L’attaque est la meilleur défense, d’accord. Mais la mauvaise foi...
              Paulson était, il y a encore 2 ans, le dirigeant de Godlman Sachs. Il a gardé ses actions.
              Une fois devenu ministre des finances de l’État (eh oui !), il profite de la crise pour sauver Goldman et couler son concurrent le plus direct : Lehman. Eh ouai, c’est un fait.
              Qui a-t-il de commun avec Rumsfeld, Chesney et tous les autres salopards ?
              Ils ont tous squatté l’État qui est devenu une coquille vide, obligé de "déléguer" des actions publiques aux sociétés privées de ces "libéraux d’état" (un grand nombre a conserver ses intérêts privées d’une façon ou d’une autre) : Halliburton, Carlyle... et toutes les boîtes qui travaillent en Irak et ailleurs (sans appels d’offres bien sûr...).

              En France, tout le monde connaît le mot pantoufflage n’est-ce pas ?

              Par exemple, quand la Gaymard (femme de l’éphémère ministre de l’économlie), profite de son passage à un poste stratégique dans l’État français pour devenir pdf de General Electric France, vous appelez ça comment ?
              Je suis à votre disposition pour vous en donner une liste à vous bruler les yeux.

              Et Alan Greenspan, l’ancien patron de la FED pendant près de 10 ans (I"L’économiste des économistes que tout le monde -libéral- l’appelait), il a travaillé pour qui ce disciple et ami de Ayn Rand et se déclarant républicain libertarien ?
              Il était cul et chemise avec Milton Friedman, le père du monétarisme qui le considérait comme le meilleur gouverneur de la Fed.

              Alors, ce sont des partisans d’un l’État démocratique ou des libéraux profiteurs qui profitent du système ?
              Votre ficelle est un peu grosse !


            • gommette 2 octobre 2008 18:56

              Au passage, sur la dette, quelques chiffres et réflexions édifiants :
              L’épouvantail de la dette publique
              Bonjour aux voisins de bistrot.


            • Yvance77 2 octobre 2008 13:31

              Encore une fois vous ne raisonnez qu’en fonction de deux alternatives possibles. A croire que le ghrand Créateur à fait un monde binaire.
              Ok il a équipé les cervelles de lerna, calmos, lyon de la sorte ... mais tout de même.

              Le truc est qu’il existe des voies non explorées.. Faut simplement le courage de se debarasser une bonne fois pour toute de certaines castes ... et de faire en sorte que cela ne se produise pas à l’avenir.

              A peluche


              • Emile Red Emile Red 2 octobre 2008 13:59

                Il leur faut un bien et un mal, sont ils aptes à comprendre que d’autres solutions sont possibles, je doute, mais ils se font plaisir.
                Maintenant que la preuve est faite que les deux système sont pernicieux pour ne pas dire mortifères, chacun reprend ses antiennes et nous rebalance sa sauce édulcorée.
                Ils ne comprennent pas encore que les peuples sont de plus en plus allergiques aux saccharines.
                A force de tirer sur la corde elle va finir par les pendre.


              • Laurent_K 2 octobre 2008 13:51

                Sur le fond, vous avez le mérite d’apporter un point de vue différent sur Agoravox. Malheureusement l’argumentation laisse à désirer :
                1°) Vous oubliez le rôle de la titrisation comme l’a déjà souligé le commentaire de Philippe Reneve. C’est un élément majeur de la diffusion du risque à travers le monde et le véritable déclencheur du crédit crunch. Si la réglementation avait limité ou interdit ces outils, la crise serait infiniment moins grave. 
                2°) La déréglementation a commencé aux USA avec Reagan. Cela fait près de trente ans alors attribuer l’explosion des prix de l’immobilier aux restriction à la constructions imposées par les villes et les collectivités locales n’est pas très convaincant. Surtout que ces prix de l’immobilier ont explosé partout dans le monde après la bulle Internet. Il n’y aurait donc que de méchants états empêcheurs d’acheter pas cher à travers le monde ?

                Vous caricaturez la pensée des "ultra-étatistes" mais vous faites aussi de jolies perles dans l’autre sens :

                1. "le clientélisme et la corruption sont le fait de ces organisations étatiques toutes-puissantes " . Et elles se corrompent entre elles ces organisation étatiques ou est-ce qu’il n’y aurait pas quelques entreprises qui entreraient parfois dans la danse de la corruption ?
                2. "de vraies banques privées dont le premier souci est de ne pas faire faillite" Comme Lehman Brother par exemple ?
                La réalité est que la "dérégulation" a permis l’éclosion d’une ingénièrie financière qui échappe à toute raison et tout contrôle. Cela ne justifie pas que tout soit nationalisé et que le privé soit dissous dans un Kolkhoze mondial mais que des règles soient fixées et respectées.



                • alcodu 2 octobre 2008 14:24

                  J’ai répondu au commentaire de Philippe Renève plus haut (je ne nie pas la responsabilité des banques).

                  Mais il est évident que sans les incitations de l’Etat Fédéral les banques n’aurait jamis émis une telle quantité de prêts risqués

                  Le secteur bancaire américain et le secteur immobilier sont tous très réglementés. Les droits du sol sont régis par les Etats et les collectivité locales (villes américaines). Il n’y a pas eu de dérèglementation à ce sujet.

                  Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’en Grande Bretagne où M. Thatcher a "libéralisé" une partie de l’économie, son action a été totalement vaine sur l’immobilier et les droits du sol.

                  Il n’y a eu strictement aucune libéralisation de l’immobilier en Grande Bretagne. Il est quasiment impossible de trouver un terrain à bâtir, la couronne possède toujours un parc de logement hallucinant et l’immobilier y poursuit son régime "bullaire" traditionnel. Je ne pense pas que ce soit la faute de l’ultra-libéralisme et du capitalisme financier.

                Ajouter une réaction

                Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

                Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


                FAIRE UN DON

ECRIVEZ UN ARTICLE !





Les thématiques de l'article


Palmarès