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Accueil du site > Actualités > Economie > Investir en bourse, est-ce un jeu de hasard ?

Investir en bourse, est-ce un jeu de hasard ?

Devant la masse d’information disponible, il est très facile de se sentir perdu et de se dire que, de toutes façons, la bourse n’est qu’une grande loterie.

Devant la masse d’information disponible, il est très facile de se sentir perdu et de se dire que, de toutes façons, la bourse n’est qu’une grande loterie.

image dés bourse

Ce raisonnement fait hésiter beaucoup de gens à investir en bourse. Pour comprendre en quoi investir dans les actions est réellement différent des jeux de hasard, rappelons ce que cela signifie d’acheter des actions.

Une action est un titre de propriété

Une action est un titre de propriété dans le capital d’une entreprise. Il donne à son détenteur un droit sur le patrimoine et les bénéfices de l’entreprise. Les investisseurs ont tendance à ne voir dans les actions que des instruments de spéculation, alors qu’elles représentent véritablement un titre de propriété.

A la bourse, les investisseurs évaluent en permanence les bénéfices qui iront dans la poche des actionnaires. C’est pour cela que les cours fluctuent. Les perspectives de l’entreprise et le climat des affaires changent en permanence, de la même façon que les bénéfices futurs de l’entreprise.

Il n’est pas facile d’évaluer une entreprise. Il y a tant de variables en jeu que les fluctuations de cours à court terme peuvent paraître complètement aléatoires. Les universitaires appellent cela la “random walk theory”, la théorie de la marche au gré du hasard. Cependant, à long terme, la valeur actuelle d’une entreprise est égale à la valeur actualisée de ses bénéfices futurs.

A court terme, une entreprise peut survivre sans générer de bénéfices parce que les investisseurs anticipent des bénéfices futurs, mais il n’est pas possible de tromper les investisseurs longtemps. A terme, le cours de l’action finira par refléter la valeur intrinsèque de l’entreprise.

Investir n’est pas un jeu

Investir en bourse et les jeux de hasard ont ceci en commun qu’ils ont pour objectif de “gagner” de l’argent. Mais les jeux de hasard sont un divertissement avant tout. En général, on va au casino pour s’amuser.

A la bourse, c’est différent. Pas que la bourse doive être une activité ennuyeuse, mais y réussir demande elle de longs et assidus efforts. Les jeux de hasard sont aussi forts en émotion, et il n’est pas rare de voir des joueurs se ruiner parce qu’ils sont emportés par la passion. A la bourse, les émotions n’ont pas leur place. Les meilleurs investisseurs savent qu’il vaut mieux investir avec méthode et sans émotion.

La bourse n’est pas un jeu à somme nulle

A l’inverse, les jeux de hasard sont à somme nulle. Le gagnant empoche l’argent du perdant. Il n’y a aucune création de valeur. En investissant, nous contribuons à l’économie en permettant aux entreprises de créer des produits et des services utiles, à forte valeur ajoutée.

Les attentes sont différentes

Un joueur ne va pas au casino avec 100 euro dans l’espoir de rentrer avec 115 euro. Il veut doubler voire tripler sa mise en une soirée. Investir en bourse est plus lent. On peut espérer doubler ou tripler sa mise, mais en quelques années, pas en quelques minutes – le day trading n’entre pas dans ma définition “d’investir”.

Conclusion

Il est vrai que nombres d’investisseurs perdent de vue ce qu’est l’investissement boursier et le transforme en jeu de hasard. Si quelqu’un pense avoir reçu un « tuyau » infaillible et se précipite pour acheter des actions, il n’investit pas. Il joue, et ça se termine souvent mal (et encore plus mal dans le cas d’un délit d’initié).

Quitte à jouer et perdre, autant aller à Monte-Carlo et s’amuser au passage !

Laurent Curau
http://www.cafedelabourse.com/


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10 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel R 1er juin 2009 11:20

    Il y a de bons sentiments même en économie.

    Rien à voir avec la réalité, évidemment.

    La valeur des titres ne reflète pas réellement la valeur de la société, mais plutôt sa valeur future supposée, donc aléatoire, un peu comme un jeu de pile ou face.

    Les échanges passent par l’intermédiaire de ’« traders » qui jouent des sommes astronomiques chaque jour sur des variations infimes et gagnent beaucoup aux dépends des investisseurs classiques.

    Les dérivés et notamment ceux à effet de seuil entraînent des manipulations de la part des émetteurs, en particulier sur les matières premières (pétrole, or..) mais aussi sur les indices et actions.

    A posteriori, chacun peut se joueur le scénario idéal de ce qu’il aurait fallu faire pour faire fortune et s’imagine pouvoir reproduire ce scénario. Ce n’est qu’un mirage.

    Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas investir à bon escient mais éviter les actions de sociétés nouvelles montées en épingles par la presse spécialisée et ne pas se croire plus malin que les professionnels.

    Restons réalistes, quelque soit la période personne ne peut dire « le marché est au plus bas et il va remonter, j’achète ou le marché est au plus haut, il va plonger, je vends ».

    Règle d’or : N’investir que l’argent que vous pouvez perdre sans trop de regret.

    Conseils aux débutants décidés à investir :

    • Devenez propriétaire de votre logement en priorité.
    • Choisir des entreprises connues de longue date, possédant des actifs réels (usines - centres de recherches - réseaux de vente - produisant des biens indispensables et peu sensible aux modes, actives dans l’amélioration et la recherche développement.
    • Éviter les entreprises trop endettées.
    • Méfier vous des rendements mirifiques.
    • Préférer le nominatif pur, c’est à dire les actions gérées par les grosses entreprises elles-mêmes sans frais de garde (renseignez-vous auprès d’elles)..
    • N’écoutez pas les conseils « intéressés » de vos banquiers.

    • Kobayachi Kobayachi 2 juin 2009 20:38

      Je suis assez d’accord avec vous dans l’ensemble, sauf sur le fait de devenir propriétaire en priorité. Si vous habitez l’ile de France et que vous avez acheté votre logement l’année dernière, vous aurez surement fait la pire des transactions de toute votre vie en achetant pendant ce qui sera le pic du marché immobilier pendant encore très longtemps.
      Je suis investisseur et (encore) locataire et ce n’est pas par hasard  smiley


    • Internaute Internaute 1er juin 2009 12:34

      Première idée reçue
      « A la bourse, les investisseurs évaluent en permanence les bénéfices qui iront dans la poche des actionnaires. C’est pour cela que les cours fluctuent. »

      Le DOW a un PER de 30. Autant dire que le bénéfice qui est supposé aller dans la poche de l’actionnaire n’est absolument pas la raison des cours actuels. Les cours sont totalement manipulés par les quelques grands acteurs du marché, principalement le Trésor Américain et ses potes des « prime » banks, le prime significant qu’elles sont le petit lot des banques qui connaissent à l’avance les décisions économiques qui vont être prises et qui sont les seules à avoir le droit de traiter avec la FED ou le Trésor. Non seulement elles connaissent à l’avance les décisions mais en plus elles y participent puisque leurs anciens directeurs sont les ministres en poste et leurs directeurs actuels sont les anciens ministres. Il y a donc un délit d’initié permanent mais celui-ci se situe au niveau de ceux qui bénéficient de l’immunité parlementaire. Vous ne les verrez pas devant les tribunaux.
      La hausse de la bourse vient des milliards volés au contribuable et distribués par le trésor américain aux banques pour qu’elle se refassent une santé avec ordre de soutenir les cours au lieu de distribuer cet argent au public afin déviter une chute accélérée du dollar.

      Deuxième idée reçue
      « En investissant, nous contribuons à l’économie en permettant aux entreprises de créer des produits et des services utiles, à forte valeur ajoutée. »
      Ceci n’est vrai que lorsqu’on achète une émission d’actions nouvelles, auquel cas l’argent de l’investisseur va dans la caisse de l’entreprise. Cela représente 1 transaction sur 10.000 milliards. Sinon, le lien est trés trés indirect.
      J’ai d’ailleurs proposé depuis longtemps de favoriser l’investissement utile en défiscalisation complètement les plus-values sur les premiers achats d’action et leur transmission en héritage. Cela permettrait de reformer les patrimoines familiaux nécessaires à la solidité du tissus économique. Les députés préfèrent la spéculation et l’appauvrissement généralisé. A vous de voter pour ce qui vous attire le plus.

      Question à 100 euros. Aujourd’hui où GM fait officiellement faillite, le CAC40 monte de 2,4%. Plus l’industrie coule et mieux se porte la bourse. Pourant la faillite de GM entraîne celle des équipementiers et va couler un peu plus AIG qui devra payer les CDS adsosés à GM. C’est une histoire de fous.


      • wawa wawa 1er juin 2009 12:38

        La bourse est tellement volatile que çà s’apparente quand même a un tiercé un peu truqué.

        Notament en ce qui concerne les valeurs financières ( banques et assurances) dont les bilans présentés actuellement semblent écrits sous LSD.
        (Présenter un faux bilan est en theorie un délit passible d’un passage au tribunal, et d’emprisonnement)
        Malgré cela même en période normale tous les bilans sont « un peu » bidonnés.
        en cette période de dépression , les bilans « un peu bidonnés » sont tellement mauvais que les autorité ont autorisé les financiers à truqué leur bilan : c’est l’assouplissement des normes comptables.

        Mais comme le dit l’auteur, on ne peut pas truquer les bilans sur une longue période (plusieurs années quand meme) : quand il y plusieurs centimètres de poussières sous les tapis çà finit par se voir.

        Même l’argent liquide a une valeur assez volatile :
        votre banque vas t elle faire faillite ?
        vas t’il augmenter de valeur (déflation, faillite du secteur privé) auquel cas il faut en garder
        vas t il s’effondrer ( hyperinflation, faillite des états) auquel cas il faut s’endetter, et rembourser en jeton de monopoly.

        Pour moi nous sommes en déflation. come les pertes du secteur privé vont etre socialisé, les états vont faire faillite et on aura’hyper inflation, avec peut étre une guerre mondiale atomique à la clé. Je n’ai evidement aucune idée de la chronologie exactes(je ne serai pas le warren buffet du siècle prochain). Je ne pense pas que des descisions politiques puisse arreter le proccessus de liquidation, elles ne peuvent que l’accelerer ou le ralentir.

        Alors le seul investissement « à long terme » qui en vaille la peine c’est d’avoir un bout de terrain, une petite maison dessus, et d’apprendre à le cultiver pour la période d’hyperinflation.

        En attendant vive le « grand bordel boursier » c’est tellement plus amusant que le casino !!!!


        • Forest Ent Forest Ent 1er juin 2009 15:42

          Je ne vois pas bien où est l’info dans cet article.

          Pour pouvoir affirmer qu’il y autre chose que du hasard, il faut pouvoir le démontrer avec un test statistique sur une série longue. D’innombrables publications industrielles et universitaires ont comparé la gestion dynamique au tirage aléatoire, et vous n’en citez aucune ! C’est dommage, parce que leurs résultats sont souvent interpellant sur la valeur ajoutée de l’ingénierie financière.

          Ca me fait penser à un sketch des « inconnus ». Il y a de mauvais investisseurs : ils voient les tendances et puis ils achètent. Et il y a des bons investisseurs : ils voient les tendances et puis ils achètent, ce sont de bons investisseurs.

          Moi, je ne suis pas financier, mais matheux. Ca fait un moment que j’observe la finance de l’extérieur. Ce que j’en ai vu a tous les attributs d’un clergé. Je n’ai aucune honte à dire que son discrédit actuel me fait franchement rigoler : cette discipline me faisait surtout penser à l’astrologie.

          Surtout les « analyses techniques », qui ressemblent beaucoup, avec leurs « tel indice a suivi une courbe en W au troisième passage à son point de résistance », à « vénus est entré dans le troisième décan de sa conjonction sizygique avec les forces du mal ».

          Enfin, bonne chance quand même.


          • mat 1er juin 2009 15:50

            Jeu de dupes que le marché boursier.
            La cotation des actions dépend énormément des agences de notations qui sont en partie rémunérées par les entreprises. A la fois juge et partie.
            Essayez de trouver une seule agence de notation qui ait mal noté une des chutes spectaculaires de ces derniers mois, ne serait ce qu’une semaine avant que l’enteprise ne coule ! On le constate à chaque fois (Enron...)
            Depuis 30 ans, on s’est bien rendu compte que ces agences, qui font la pluie et le beau temps, naviguent entre incompétence et volonté de maintenir la confiance, paramètre essentiel dans la pseudo-science des marchés.

            Hors augmentation de capital, le jeu est bien à somme nulle puisque l’argent d’un actionnaire (acheteur) va à un autre actionnaire (vendeur). De plus, en France (et aux USA), la bourse ne sert plus depuis longtemps à l’investissement : le montant des levées en bourse corrigé des dividendes versés aux actionnaires est négatif.

            Soyons honnête, le but de l’actionnariat est bien de devenir rentier, pas de financer les entreprises avec un prêt « équitable ». On ne serait pas passé de ROE de quelques % à 15 voire 20% et même 25% (Deutsche bank) aujourd’hui dans le cas contraire.

            Évidemment, pour atteindre ces taux de rendement, on sait bien aujourdh’ui qu’il n’y a pas de solutions magiques (ah les produits dérivés...) mais qu’il faut

            1) presser les salaires, opérant ainsi un transfert du salariat vers le capital. La part des salaires dans les entreprises est à taux historiquement bas en France et en Europe. C’est une des causes de la crise d’ailleurs.
            Ce n’est pas moi qui le dit, mais le FMI et l’OCDE, organismes bien connus pour leur « gauchisme rampant ».
            En effet, presser les salaires, c’est pourtant limiter la croissance. La solution : le crédit !
            d’où
            2) création d’une croissance reposant sur rien, et donc d’une bulle.

            Vous parlez du « long terme » : mais nous naviguons de bulles en Krachs depuis la dérégulation (25 ans) : Krach de 1987, junk bonds (1990), savings and loans (1994), crise asiatique, bulle télécom, subprime, etc.

            Qu’est ce que le long terme alors pour vous ? 100 ans ? Souvenez vous alors qu’à long terme nous sommes tous morts !

            Dernière remarque : la marche aléatoire s’applique bien en Physique statistique, mais vous savez comme moi que ce genre de transposition en économie, qui n’est pas une science (dure), est plus ... qu’hasardeux :)
            En physique, l’expérience tombe comme un couperet : quand un modèle est mauvais, on ne conclut pas par « il faut insister plus dans ce modèle » mais ....
            on le change !


            • Internaute Internaute 1er juin 2009 17:11

              Vous dites : Hors augmentation de capital, le jeu est bien à somme nulle puisque l’argent d’un actionnaire (acheteur) va à un autre actionnaire (vendeur).

              C’est oublier le crédit. Le jeu n’est pas à somme nulle puisque les montants ne cessent d’augmenter jusqu’à dépasser largement toute référence économique. C’est là le génie de l’ingénierie financière. Un trader utilise la capacité de sa banque à créer de l’argent à partir de rien du tout pour placer en bourse. S’il y a un bénéfice il touche un bonus qu’il encaissera en vraie monnaie pour aller le dépenser chez Ferrari. S’i perd, on s’arrangera avec les bilans de banque.

              N’importe qu’elle entreprise industrielle dont les actifs sont inférieurs à la moitié du capital social est déclarée en faillite. Pour les banques, il n’y a pas cette règle. C’est là le secret de l’ingénierie financière qui n’a rien d’une science de l’ingénieur.

              En fait nous somme sous le régime de l’escroquerie légale.

              Walter Bunker nous a donné ce lien qui est vraiment intéressant. Il y a 44 ans déjà, le général de Gaulle a décrit trés précisément le problème. La vidéo est longue, la partie économique débute aprés la partie sur la politique du revenu qu’il est aussi intéressant de regarder dans le contexte actuel de la lutte entre les mondialistes et les nationalistes.

              http://degaulle.ina.fr/Html/Document.php?Id=Gaulle00105


            • xbrossard 2 juin 2009 10:30

              pour ceux que ça intéresse, quelques petit liens :

              http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2005/cap1403056.html
              http://charlatans.info/bourse.shtml
              http://charlatans.info/marches-irrationnels.php
              http://tubeaessai.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/02/01/c-est-scientifiquement-prouve-si-on-remplacait-les-traders-p.html

              résultat des courses, pour gagner en bourse, les meilleurs conseillers sont :
              - un singe
              - une fillette de 4 ans
              - un ordinateur qui joue au hasard

              et en fin de liste, un trader et pire, un astrologue !

              et après, il faut payer royalement des incapables pareils ? je préfère investir dans la banane tiens...


              • Mycroft 2 juin 2009 15:57

                Article assez pauvre, qui affirme beaucoup sans prouver. Les comparaisons faites avec le jeu sont très manichéennes, et ni documentées, ni incontestable, loin de là.

                Les études montrant les liens entre les jeux de hasard et la bourse ne sont pas évoqués.

                Bref, on est pas loin de la propagande. 


                • Philippe MEONI Philippe MEONI 5 juin 2009 16:09

                  Dans ces temps plutôt difficiles où il y a peu de visibilité sur les expectatives des sociétés cotées en bourse, le seul conseil valable, pour celles et ceux qui voudraient s’aventurer sur les marchés boursiers, est de les diriger vers le FOREX (marché des devises) et adopter une stratégie court terme, voir daily...

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