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Irlande et Islande : Crises similaires pour deux destins opposés

La crise internationale a fortement touché ces deux pays qui avaient profité de la croissance économique internationale ces dernières années. L’Irlande et l’Islande se sont développées grâce aux stratégies agressives de leurs secteurs bancaire et financier. En période de croissance, leurs stratégies avaient tendance à converger, mais au lendemain de la crise leurs philosophies économiques semblent désormais complètement différentes. 

Banques irlandaises et explosion de la bulle immobilière 
Le secteur bancaire irlandais s’est rapidement développé sur la période 1995-2007 grâce à l’environnement économique que lui procurait son intégration à l’Union Economique et Monétaire. Jadis considéré comme un pays pauvre, le Tigre Celtique a bénéficié des fonds structurels européens, des taux bas de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour mettre en place une politique fiscale attractive et entreprendre une politique facilitant l’acquisition immobilière des irlandais. 
 
L’Islande et son secteur financier gigantesque
Le secteur islandais s’est spécialisé dans les activités d’investissement notamment dans les produits dérivés. Ces principales banques (Glitnir, Landsbanki, Kaupthing) se sont financées sur le marché interbancaire international pour se procurer les liquidités que le marché islandais, trop étroit (300,000 habitants), ne pouvait leur apporter. Avec la crise internationale et la hausse du taux d’intérêt de la Banque Centrale Islandaise (15,5%) pour contrer l’inflation, ses trois principales banques ne pouvaient plus faire face à leurs échéances.
 
Une crise financière, deux solutions 
En Islande, une nouvelle entité s’est créée à la suite de la restructuration de la Landsbanki avec plus de 500 personnes licenciées. Cette situation, selon le Fonds Monétaire International, avait entraîné en 2009 une baisse du PIB Islandais de plus de 10%. De plus, les irlandais ont voté contre le plan de sauvetage de IceSave (filiale de Landsbanki), dont la dette vis-à-vis des créanciers étrangers s’élevait à 3 milliards d’euros. Parallèlement, la couronne islandaise s’est dévaluée (1 EUR = 155 ISK) permettant ainsi une amélioration de la compétitivité relative du pays. 
 
L’Irlande s’est lancée dans une phase de soutien, dans un premier temps entre 2007 et 2009, à hauteur de 10 milliards d’euros pour recapitaliser ses banques (Allied Irish Bank, Bank of Ireland, Anglo Irish Bank) et créer la National Asset Management Agency ("Bad bank"). Mais ces interventions sont insuffisantes selon les acteurs des marchés financiers qui estimaient les banques irlandaises incapables de répondre à leurs prochaines échéances. Fin novembre 2010, le FMI et la BCE se mettent d’accord pour injecter 85 milliards d’euros pour soutenir le secteur irlandais.
 
Effets à long terme : Deux visions s’opposent 
L’école autrichienne aurait souhaitée que les banques, qui ont effectué de mauvaises investissements, fassent faillite ou diminuent en taille. Ce fut le cas en Islande où les banques ont vu leur capitalisation boursière divisée en quelques mois. Alors que l’école keynesienne admet une politique de soutien des institutions financières pour que les acteurs de la croissance économique de demain continuent à être irriguée de liquidités. 
 
On verra à moyen terme les effets de chacune de ces politiques. La situation générée par telle et telle politique va montrer la manière dont les économies vont rebondir. Respécialisation économique pour l’Islande ? Investissement diversifiée dans les secteurs d’avenir pour l’Irlande ? Les conséquences vont donner du grain à moudre pour les théoriciens et les différentes écoles de pensées économiques. 
 
Mark Hitti
www.interstato.com
 
par Mark Hitti (son site) jeudi 9 décembre 2010 - 20 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.42) 9 décembre 2010 11:13
    Daniel Roux

    C’est déjà vu. Il s’est produit la même chose avec le Chili et le Mexique. Le Chili a laissé ses entreprises faire faillite, pas le Mexique.

    Aujourd’hui le Chili est en croissance et le Mexique en déconfiture.

    Rien n’excuse l’incurie de nos gouvernements et surtout pas l’incompétence de Sarkozy, arc-bouté sur le dogme libéral anglo saxon de la baisse des impôts pour les plus riches.

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.141) 9 décembre 2010 13:07
    Alpo47

    Islande, Argentine, Chili ... on constate que l’on peut suivre une autre voie, c’est à dire notamment que les Etats cessent d’honorer ses dettes et laissent les banques s’effondrer.
    Bien entendu, c’est possible, l’Allemagne en prenait le chemin avant d’être ramenée dans le "droit chemin" par Sarko et consorts, plus le FMI. C’est même et de loin, la meilleure alternative.

    Laisser les banques s’effondrer sous le poids de leurs produits toxiques et de leurs prêts aux Etats, récupérer le droit régalien de "battre monnaie", et reconstruire sur des bases bien plus saines, c’est la seule alternative à l’effondrement actuel et à une société fasciste qui se construit actuellement.
    C’est l’intérêt des peuples, mais pas des "élites, les fameux "rentiers-actionnaires". Et la seule difficulté, mais de taille, c’est que TOUS nos décideurs politiques sont à la botte des banksters et de la caste qui confisque le pouvoir.

    Il faudra donc d’abord passer par un effondrement, un chaos plus ou moins généralisé, afin de précipiter une prise de conscience des "masses", qui alors chercheront à comprendre ce qui se passe et quelles sont les alternatives.

    Le chaos est donc très probable.

  • Par picpic (xxx.xxx.xxx.242) 9 décembre 2010 13:33

    " C’est l’intérêt des peuples, mais pas des "élites "...

    Tout est là, personne ne semble comprendre ça, nos gouvernements ne feront rien qui puisse nous sortir de la, au contraire, plus ils nous enfoncent, plus ils s’en foutent dans les poches et gagnent en pouvoir !

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.73) 9 décembre 2010 15:11
    Alpo47

    Le président Islandais s’exprime à ce propos .
    Voilà bien des infos que les grands médias ne reprendront pas.

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