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Accueil du site > Actualités > Economie > Islande : le soleil de Minuit

Islande : le soleil de Minuit

L’effondrement du système bancaire Islandais est le plus dramatique jamais subi par un pays par rapport à la taille de son économie. La privatisation méticuleuse de la quasi totalité des banques Islandaises et la décision de laisser flotter la Couronne sont principalement dues à un homme qui occupe le devant de la scène depuis de nombreuses années, M. Oddsson. Ayant été pendant 13 ans Premier Ministre de son pays et actuellement Gouverneur de la Banque Centrale Islandaise, M. Oddsson s’est pourtant résigné à faire appel en Octobre dernier aux deniers du F.M.I. après avoir nationalisé les trois banques les plus importantes du pays et subi l’effondrement de la Couronne...

Ce miracle économique Islandais qui avait transformé le pays en "hedge funds " - ou en véritable casino - n’était finalement qu’un mirage, l’Islande n’ayant pu éviter la débâcle totale que grâce à la charité du F.M.I. ( ayant mis en place un programme d’aide de 2.1 milliards de Dollars ) combinée à l’assistance de la Pologne, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Face à ce que certains hauts responsables du F.M.I. n’hésitent pas à qualifier de banqueroute la plus massive d’un système bancaire de toute l’Histoire économique mondiale ( rapportée à la taille de l’économie ), l’Islande bénéficiera au total de plus de 10 milliards de Dollars d’aides d’urgence, soit plus de la moitié de son P.I.B. !

L’encours des prêts consentis par les trois plus importants établissements bancaires du pays, privatisées en 2003, totalisait presque 10 fois la taille de l’économie Islandaise avant l’implosion du système à l’automne dernier. Comme les taux d’intérêts de la Couronne Islandaise étaient décourageants pour les emprunteurs, plus de 80% de ces prêts avaient été libellés dans des Devises étrangères offrant évidemment des taux intéressants, comme le Franc Suisse ou le Yen Japonais. L’effondrement du système bancaire en Octobre dernier, accompagné de la dégringolade de la Couronne et de la flambée des taux d’intérêts Islandais, était donc loin d’arranger les affaires des titulaires de crédits immobiliers et autres crédits à la consommation en Devises étrangères car leurs revenus, exprimés dans leur monnaie nationale - la Couronne - qui ne cessait de s’effondrer, ne leur permettaient plus de payer leurs dettes...

Les autorités Islandaises furent donc réduites à imposer un strict contrôle des changes dans une nation où pratiquement chaque citoyen du pays vivait au-dessus de ses moyens grâce à son endettement. L’économie du pays condamnée à se contracter de l’ordre de 10% en 2009, le contexte est encore appelé à se dégrader car les innombrables licenciements du dernier trimestre 2008 ne déverseront sur le marché leur masse de demandeurs d’emploi que dans les mois à venir du fait du délai de préavis qui est de 3 mois en Islande. En fait, le secteur des entreprises en Islande est en ruine car le contrôle des changes l’empêche de re financer ses crédits libellés en monnaies étrangères. De surcroît, les consommateurs ne parviennent plus à régler les intérêts et remboursements de leurs crédits supposés soulager les trésoreries de ces mêmes entreprises...

Quant aux prêts exprimés en Couronne Islandaise, ils ne sont guère plus cléments envers leurs titulaires car indexés - en toute logique - sur une inflation qui devrait se situer autour de 20% à fin 2008 ! Le consommateur Islandais, dont la charge d’endettement a ainsi plus que doublé en quelques mois, devra de plus subir le coût gigantesque du sauvetage de ses banques, estimé à 80% du P.I.B. du pays selon le F.M.I. ! Comparé à la taille de leurs économies respectives, ce coût global serait 20 fois plus important que le plan de sauvetage des banques Suédoises et de plusieurs fois la charge de la crise Japonaise des années 90.

Ce cauchemar Islandais suffit à lui seul à comprendre la générosité des autorités à travers le monde empressées d’arroser de liquidités leur système bancaire afin de lui insuffler un reste de vie. En effet, les banques devenant insolvables à mesure que la liquidité se tarit, c’est alors la solidité de la Banque Centrale nationale - prêteuse "en dernier ressort" - qui est alors cruellement mise à l’épreuve car celle-ci doit permettre à ses banques d’honorer leurs dettes vis-à-vis de l’étranger tout en garantissant les dépôts des étrangers dans ses banques nationales...Du reste, la généralisation des ouvertures de compte simplifiées par internet auprès de banques Islandaises usant et abusant de l’appartenance de leur pays à l’Espace Economique Européen combinée à des taux d’intérêts attractifs ont drainé dans le pays quelques 8.3 milliards de dollars en quelques années - soit la moitié de la richesse économique Islandaise - dont le pays est actuellement débiteur !

L’exemple Islandais est certes extrême mais d’autres pays - comme la Grande Bretagne - ont également un système bancaire prépondérant par rapport à la taille d’une économie elle-même en grande partie soutenue par un endettement substantiel ! De fait, le total des actifs du système bancaire britannique qui se monte à 450% du P.I.B. du pays à fin 2007 contribue d’autant plus à fragiliser la Grande Bretagne que la Livre Sterling n’est plus une Devise de réserve mondiale - comme le Dollar ou l’Euro - qu’il est possible d’imprimer impunément et à volonté dès lors que la Banque Centrale souhaite arroser de liquidités son système ! 


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11 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 29 décembre 2008 10:46

    L’Islande a beau n’être un pays guère plus peuplé qu’un arrondissement de Paris ou un département de province, son exemple n’en est pas moins édifiant des pratiques démentes que les financiers ont mises en place avec la complicité des politiques et la passivité des instances internationales, incapables d’instaurer un minimum de régulation et de moralisation dans les pratiques bancaires.

    Merci à Michel Santi de nous le rappeler et de nous montrer, au travers de cette lamentable faillite islandaise, ce qui nous pend au nez si des mesures drastiques de bonne conduite et de ménage dans els élites ne sont pas prises très rapidement.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 décembre 2008 11:36

      Bonjour,

      Depuis des années, les Islandais roulent en Jeep équipées de pneus de tracteurs et d’un Gps ultra performant qui leur permet de rouler sans la moindre visibilité par absolument tous les temps. Elles sont également équipées d’une réserve de gaz d’échappements qui leur garantit un moteur chaudprèt à l’emploi pendant quarente huit heures. Cette technologie a un prix puisqu’elle est dépendante d’abonnements aux satellites qu’ils n’ont pas envoyé eux même dans l’espace. Ce pays va devenir une base avancée aux mains de leurs créditeurs dont ils vont s’empresser de baiser les mains.

      Endettés de tous pays...la fête est finie...


      • Patapom Patapom 31 décembre 2008 14:46

        A noter que pour être allé en Islande, si vous n’avez pas un 4x4 avec GPS là-bas, autant dire adieu tout de suite à vos déplacements ! smiley

        A part la grande route principale qui fait tout le tour de l’île et quelques rares routes goudronnées, le reste n’est que pistes et ornières. Ca n’est pas pour le fun qu’ils ont laissé les routes dans cet état-là j’imagine mais sûrement parce que l’activité volcanique là-bas est telle que les routes finissent irrémédiablement par être détruites, sans compter qu’ils n’auraient pas les moyens de payer pour les faire réparer (n’oubliez pas qu’ils ne sont que 300 000 en tout et pour tout là-bas !).

        Si tu as mal aux pieds, tu as le choix entre recouvrir la terre de cuir ou... mettre des chaussures.

        Ils ont préféré mettre des "chaussures", des grosses chaussures à 4 roues motrices et hyper polluantes, certes...
        Mais même si dans l’absolu, je suis contre ces saletés de 4x4, là-bas je dois avouer qu’ils en ont réellement besoin !

        Conseil : Si vous le pouvez, allez visiter ce pays, le plus beau que j’aie vu de ma vie ! (Photos icismiley


      • saint_sebastien saint_sebastien 29 décembre 2008 12:11

        effectivement, l’Islande est littérallement achetée par ses créditeurs(comme les USA bientot ) , cependant regardons et inquiétons nous aussi de la situation chez nous , si nos élus continuent à faire n’importe quoi , nous ne vaudrons bientot pas plus qu’un Islandais


        • Fergus fergus 29 décembre 2008 12:39

          Oui, Saint-Sébastien et c’est en cela que Sarkozy est dangereux car, derrières ses rodomontades de façade et ses menaces contre les patrons et les banquiers voyous, rien ne se passe et il s’en remet à des engagements de bonne conduite là où certains de nos voisins serrent la vis et entendent jouer un rôle actif à l’intérieur même des conseils d’administration.


        • ZEN ZEN 29 décembre 2008 12:37

          L’ Islande , un cas d’école ?

          L’Islande : un aperçu de l’avenir(?)

          "...Le système bancaire de l’Islande s’est effondré, plongeant l’économie toute entière dans un déclin qui va s’accélérant. En l’espace de sept jours au mois d’octobre, les trois principales banques du pays sont devenues insolvables et le gouvernement a été forcé d’intervenir pour les reprendre. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown en Grande-Bretagne a eu recours aux lois anti-terroristes pour essayer de faire revenir de force les centaines de millions investis en Islande par des particuliers, des fonds de retraites d’entreprises, des municipalités, des associations caritatives et des forces de police. La plupart de ces investissements ne seront pas récupérés.L’échelle colossale des pertes provient de ce que l’Islande a cherché à devenir un centre d’investissements spéculatifs internationaux, et ce en indexant les taux d’intérêt des banques à l’inflation qui dépassait les 15 pour cent. Les banques islandaises proposaient des taux d’intérêt souvent supérieurs de 50 pour cent aux taux disponibles ailleurs.A leur apogée, les banques islandaises détenaient des avoirs étrangers équivalant à dix fois le produit intérieur brut (PIB) du pays, avec la majorité de ces investissements fondés sur des prêts internationaux. Cela représentait une énorme bulle spéculative reposant sur une pyramide de dettes non viables.L’Islande est effectivement en faillite et incapable de rembourser ses dettes colossales. Les pertes subies par ses créditeurs étrangers sont estimées à plus de 40 milliards de dollars. Icesave, la banque en ligne de Landsbanki par exemple a attiré plus de 6,75 milliards de dollars d’investissements du Royaume Uni et 1,5 milliards des Pays-Bas. Ces deux pays exigent que ces sommes leur soient retournées, mais il s’agit d’une dette plus élevée que la totalité du PIB de l’Islande. Comme l’a fait remarquer Jon Danielsson, directeur d’études à la London School of Economics, « En comparaison, le montant total des réparations exigées de l’Allemagne à la fin de la Première guerre mondiale tournait autour de 85 pour cent de son PIB. ..

          Le journal économique Fall Street.com pose lui aussi la question, « Qui aurait jamais imaginé que l’Islande serait quasiment dans une situation d’anarchie économique et de révolution ? »Néanmoins, les craintes s’étendent bien au-delà du destin économique et politique de l’Islande. Danielsson insiste pour dire que, « Il est nécessaire que les dirigeants européens prennent de toute urgence des mesures pour empêcher que des choses similaires ne se produisent dans de petits pays ayant un secteur bancaire important. »La Hongrie a déjà négocié un emprunt de 16 milliards de dollars auprès du FMI et de 8 milliards auprès de l’Union européenne, ce qui requiert des coupes budgétaires massives dans les services, les emplois et les retraites, et requiert aussi le gel des salaires des travailleurs et la perte de leur bonus annuel s’élevant à 8 pour cent de leur salaire. L’Ukraine s’est vu accorder un prêt de 16,5 milliards de dollars par le FMI et la Biélorussie, la Serbie, la Roumanie, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie seraient activement à la recherche de prêts.

          On prédit que l’Irlande va suivre le même parcours que l’Islande. All News Web Ireland déclare que « Il y a de fortes chances que l’Irlande soit le prochain pays d’Europe à subir une grosse dégringolade. ‘Le marché irlandais de l’immobilier est excessivement cher et le niveau des dettes ici crève le plafond : Les gens commencent à se rendre compte que les maisons ça ne se mange pas, et les investissements américains commencent à se tarir, la bulle va éclater’ argumente Sean McCarthy, conseiller financier dans le secteur bancaire irlandais. ‘Quand la bulle de l’immobilier va vraiment se dégonfler ici et que la panique va prendre le dessus, alors que dieu vienne en aide à l’Irlande.’ »Le blog d’investissement Credit Writedowns fait remarquer que alors que « l’Irlande était le premier pays à proposer des garanties à tous ses déposants, » le « pays a un secteur financier colossal qu’il n’est pas possible au gouvernement irlandais de garantir.  » De ce fait, « Il reste à voir s’il existe un courant souterrain de panique quant à la fragilité du système bancaire irlandais qui pourrait conduire le pays au même destin que celui de l’Islande. »De plus, la peur de voir les faillites nationales conduire à des troubles politiques et sociaux ne se limite pas aux petits pays. Il y a de sérieuses discussions concernant la possibilité d’un destin similaire touchant la cinquième économie plus importante, le Royaume-Uni.Patrick Hosking a posé la question suivante dans le numéro de Times du 22 octobre, « La Grande-Bretagne est-elle juste une version plus grande de l’Islande ? La City de Londres commence assurément à ressembler un peu trop à Reykjavik, mais avec des bâtiments plus grands et un peu moins de morue… Dans les faits, les banques du pays sont en grande partie en faillite. Le plan de sauvetage de 500 milliards de livres du gouvernement a pour but principal non pas de faire que les banques continuent de prêter aux petites entreprises et aux particuliers qui veulent devenir propriétaires, mais d’éviter une calamité financière inimaginable... »


          • Yannick Harrel Yannick Harrel 29 décembre 2008 17:38

            Bonjour Zen,

            Très juste, en parlant de l’Islande j’ai de suite pensé à sa petite soeur verte ayant suivi peu ou prou le même schéma d’enrichissement (endettement) sur ces dernières décennies.

            Il est assez cocasse, enfin si je puis dire, de voir comment des pays ayant si longtemps professé le libéralisme et la chute des frontières comme le Royaume-Uni deviennent dès la survenance d’une crise les plus farouches défenseurs des intérêts nationaux (en tordant même l’objet de certaines mesures législatives au passage, on appréciera le respect de la loi au passage). Au risque d’ailleurs de faire s’effondrer une bonne partie de l’édifice financier mondial !

            Il y a aussi un élément essentiel qui s’est dégagé de cette crise, et le mercantiliste que je suis ne l’a pas loupé : les béliers financiers que sont les fonds souverains (dont l’origine n’est pas nouvelle, datant tout de même de 1953 !) ont mis un pied irrémédiable dans les principaux instituts de crédit occidentaux. Moyen-orientaux, asiatiques, russes ont désormais la main sur d’importantes structures financières dans de nombreux pays Européens et Nord-Américains.
            L’article de M. Santi ne l’évoque pas mais la Russie a été appelée à la rescousse par le gouvernement Islandais : je conçois que ça puisse faire mal à ceux qui pensait que le monde était resté le même depuis plus de 10 ans mais force est de constater que l’on assiste avec cette crise à un nouveau battage des cartes géoéconomiques/politiques. Nous ne sommes pas sortis de la crise, et l’on n’a pas fini d’assister à une évolution majeure de ce début de siècle.

            Cordialement


          • pasdesarkozy pasdesarkozy 29 décembre 2008 12:42

            Ce qui est quand même étonnant c’est que l’Islande était considérée jusqu’à il y a peu comme un pays ou les décisions se prenaient collectivement avec un respect des traditions et de la collectivité assez fort.
            Ce pays avait vendu l’accés à son génome contre monnaie sonnante et trébuchante.
            Je n’arrive pas à comprendre comment ce pays pouvait vivre au dessus de ses moyens.
            Comment une défaillance des autorités de contrôle islandaises a pu être possible.
            Voila une saga qui n’ajoute rien au Kalevala...


            • ASINUS 29 décembre 2008 16:53

              pssssssss hep hello les liberaux eho les libertariens y en a pas un pour venir nous expliquer que ça n a rien a voir avec le VRAI liberalisme !!!! hou hou Peripate et consorts venez m expliquer les vertu du marché se regulant seul , au fait si ça tourne a la catastrophe chez nous et que ça degenere vous approchez pas de moi je me suis payé un " deregulateur" en 9mm vous verrez moins de lois et de controles .......


              • Booz Booz 4 janvier 2009 11:51

                J’ai du mal à croire que l’auteur de ce papier est un ancien pro de la finance.

                Comment peux-tu écrire ?


                "La charité du F.M.I."


                Faut pas pousser mémère dans les ortilles ! Le F.M.I prête mais ne donne pas et le fonds sait très bien qu’un prêt à l’Islande c’est bien mieux qu’un prêt à Haïti ou au Congo.


                "...dans une nation où pratiquement chaque citoyen du pays vivait au-dessus de ses moyens grâce à son endettement."

                Toi qui est né au Liban ne sais-tu pas que la dette publique du Liban c’est 191% de son PIB ? Celle de la France 65%, du Japon 178%. L’Islande va voir sa dette passer de 31% à 90% c’est beaucoup mais le pays a d’énorme ressource (zone exclusive de pêche et énergie géothermique)

                "...comme la Grande Bretagne - ont également un système bancaire prépondérant par rapport à la taille d’une économie elle-même en grande partie soutenue par un endettement substantiel ! De fait, le total des actifs du système bancaire britannique qui se monte à 450% du P.I.B. du pays à fin 2007 contribue d’autant plus à fragiliser la Grande Bretagne..."

                450% et alors ? je ne connais pas les chiffres pour le Luxembourg, Monaco ou même ton pays la Suisse mais je devine qu’ils doivent être bien plus important. par ailleurs ces 450% ne signifie rien par rapport à PNB. Le quidam qui lit ton article a l’impression que ce pays est 5,5 fois plus endetté qu’il ne produit de richesse alors qu’il n’en est rien. Il s’agit seulement de fonds placés (en autre ceux de milliardaires russes) dans des banques basées en Grande-Bretagne.

                La France et l’Allemagne par exemple ont aussi une industrie automobile "prépondérant" par rapport à la taille de leur économie.


                • nightflight nightflight 4 janvier 2009 23:22

                  @Michiel Santi

                  Le paragraphe 4 du corps de texte semble indiquer que les Islandais ne disposent que de prêts à taux variables.

                  Est-ce confirmé ?

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