• lundi 20 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Jacques Sapir fait un sort à l’euro (1/2)
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(19 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Jacques Sapir fait un sort à l’euro (1/2)

En France, Jacques Sapir est sans aucun doute l’intellectuel qui fait le plus gros travail d’analyse sur les travers de l’euro, publiant de nombreux papiers très fouillés, dont le dernier il y a seulement deux jours. En janvier, il a publié un livre synthétisant ses arguments. Passionnant.
 
Le procès de la monnaie unique
 
Même si ce livre est sorti il y a six mois, il reste profondément d’actualité. Le temps passé, bien loin de le démonétiser, n’a fait que confirmer ce que Jacques Sapir écrit depuis longtemps, lui qui avait publié dès 2006 un papier sur « la crise de l’euro : erreurs et impasses de l’européisme  » dans la revue Perspectives républicaines. Il dénonce ceux qui « ont cherché à imposer en contre-bande une Europe fédérale par le biais d’une monnaie unique à des peuples qui n’en voulaient pas  ».
 
Il critique l’impasse dans laquelle nous sommes, avec un système bancaire soutenu à bout de bras, des pays qui finiront forcément par faire défaut sur leur dette après une austérité sauvage condamnée à l’échec. Il souligne très justement que la proximité de la crise de la zone euro avec la crise financière en perturbe la lecture, permettant aux défenseurs de la monnaie unique de défendre leur créature en attribuant la responsabilité de la crise aux dettes souveraines par exemple.
 
Il souligne également à quel point ce débat est devenu tabou. Pour lui, la monnaie unique européenne est devenue « un véritable fétiche au sens religieux du terme. L’euro, c’est la religion de ce nouveau siècle, avec de faux prophètes aux prophéties sans cesse démenties, avec ses grands prêtres toujours prêts à fulminer une excommunication faute de pouvoir en venir aux bûchers  ». Pour lui, « l’euro est devenu le symbole du crépuscule de la raison politique et économique  ».
 
Les raisons de la crise de la zone euro
 
Pour lui, il y en a trois. Tout d’abord, l’euro impose un taux de change unique, qui ne peut pas convenir à des pays aussi différents en matière de productivité, de taux d’inflation structurel ou de spécialisation économique. En outre, les traités imposent un financement de la dette publique uniquement sur les marchés financiers. Ensuite, il souligne le rôle de la surévaluation chronique de la monnaie unique, qui pénalise grandement les économies européennes, comme Airbus
 
Enfin, il y voit une crise de la gouvernance européenne, patente depuis deux ans. Après 19 sommets, les dirigeants de nos pays sont toujours dans l’incapacité de présenter une solution un tant soit peu crédible à la crise qui sévit depuis deux ans et demi  ! Il souligne également à quel point la reprise par le Front National de ses arguments a parasité le débat, soulignant néanmoins qu’il n’est pas responsable de qui le reprend et que cela sert de rideau de fumée aux partisans de l’euro.
 
Pour lui, la monnaie unique est une mauvaise réponse à une bonne question, celle des perturbations provoquées par les mouvements anarchiques des taux de change. Pour lui, il y a une solution beaucoup plus simple, à savoir le contrôle des mouvements de capitaux, qui a démontré son efficacité dans les crises des pays émergents, comme le soulignent également Joseph Stiglitz et Paul Krugman. Malheureusement, cette idée est également discréditée de manière bien cavalière.
 
Suite demain
 
Source : Jacques Sapir, « Faut-il sortir de l’euro ?  », Seuil



par Laurent Pinsolle (son site) mercredi 1er août 2012 - 12 réactions
16%
D'accord avec l'article ?
 
84%
(19 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Démosthène (---.---.---.163) 1er août 2012 12:19

    Et si on les obligeait à la faire réellement, l’ Europe et pas la ’ défaire ’ ?
     
    Monnaie unique... Check.
     
    Création monétaire publique pour le financement des institutions/collectivités...
    Sodomie monstrueuse de l’ensemble des pays signataires de la traîtrise de Lisbonne.
    Quel était la but de cette traîtrise ( Il faudra d’ailleurs faire un véritable travail de souvenir quant au ’ père ’ revendiqué de cette ignominie... ) ?
    Dilapider les biens et acquis sociaux de l’ensemble des pays signataires de cette traîtrise au profit de 2 économies, qui elles font tourner la planche à billet à fond, au point que la principale ne ’ communique ’ même plus ses émissions...

    Il va déjà falloir abroger l’article 123 de la traîtrise de Lisbonne.
    ( d’ailleurs, chacun devrait ’ s’étonner ’ de la facilité déconcertante avec laquelle nos ’ politiques ’ ont signé cette trahison envers leurs électeurs... )
     
    Ensuite, il va falloir créer un établissement public ( et pas en y ’ nommant ’ des anciens banquiers privés et autres lobbyistes de la banque/finance privé ) qui sera en charge de la création monétaire destinée aux financements des institutions/collectivités publiques.
     
    Alors bien sur, vous allez vous remémorer les stupidités sans nom régurgitées par la médiacratie quand à la dévaluation, mais si vous prenez quelques secondes pour vous interroger sur ce qu’est une dévaluation, vous comprendrez aisément qu’une dévaluation n’est qu’un ’ ré-équilibrage ’ entre les richesses créées par le privé ( qui est à mon sens une aberration, mais c’est une autre histoire... ) et celles créées par le public.
    Et lorsqu’il n’y a plus de richesses créées par le public, l’Ouroboros ne peut que grossir tout en rapetissant.
     
    La ’ gouvernance ’ européenne ?
    Vous vous souvenez avoir élu qui que ce soit pour représenter vos intérêts dans cette fonction ?
    Non ?

    Alors il va falloir réformer cette institution non-représentative, au sein de laquelle les lobbyistes de tous poils peuvent entrer plus facilement que les journalistes.

    Cette institution dont les nombreux ’ commissaires ’ ne sont pas plus élus que légitimes.

    Cette institution dont nombre de décideurs n’ont jamais eu à rendre quelque compte que ce soit aux plèbes qu’ils dirigent.
     
    Ah le contrôle des mouvements de capitaux...
     
    Depuis 2009, les pays signataires de la traîtrise de Lisbonne sont littéralement en train de se suicider au profit de la city et de W.S..
    Je vais me répéter, mais, j’ai véritablement énormément de difficultés à ’ comprendre ’ comment nos ’ élus ’ ont pu se laisser abuser ( et je ne parle pas là que du congrès de Versailles, l’Union des Menteurs Populistes ayant alors démontré qu’ils se foutaient de laggle des Français, je leur souhaite d’ailleurs de devoir assumer leurs responsabilités durant de nombreux siècles, mais tout autant de la part des fauxcialistes, qui se sont abstenus lors du vote concernant le MES/TSCG, alors même qu’ils pouvaient facilement empêcher son adoption... ) par cette trahison, comment ils se sont résolus depuis à mentir à leurs électeurs.

    A croire que les Français ( et tous les électeurs des pays signataires de la traîtrise de Lisbonne... ) sont des idiots que les ’ chocs ’ répétés et prémédités de la plus grossse escroquerie jamais perpétrée à l’échelle mondiale les ont prostrés dans une paranoïa collective abrutissante.
     
    Alors avant qu’une institution publique de ’ contrôle ’ des mouvements de capitaux ne voit le jour...
     
    Mais il est clair que seule l’harmonisation Européenne de la fiscalité, des acquis et biens sociaux, ainsi bien sur qu’un protectionnisme dur, permettront un oartage des richesses un peu plus équitable...
     
    11 Millions d’être humains sur 7 Milliards détiennent 6 fois le PIB Mondial.

  • Par Aiane (---.---.---.155) 1er août 2012 10:20
    Aiane

    « ...celle des perturbations provoquées par les mouvements anarchiques des taux de change... ».
    La Banque nationale suisse (qui n’est pas dirigée par des néophytes en matière de finance) intervient d’ailleurs depuis une année sur le marché des devises pour éviter ces perturbations. A voir la santé de cette économie (comparée à la décrépitude des économies européennes), il semblerait que cette solution ne soit pas si mauvaise.
  • Par Démosthène (---.---.---.163) 1er août 2012 15:19

    @ Paulo/chon :
     
    Pourquoi vous discréditez-vous donc en digressant sur l’invective personnelle ?

    Nous avons tous notre culture, elle nous est propre et issue de nos expériences/enseignements acquis.
     
    Trahison, puisque vous ne semblez pas connaître la signification du mot, signifie :
    " La trahison est le fait d’abandonner, de livrer à ses ennemis ou de tromper la confiance d’un groupe (politique ou religieux), d’une personne (ami, amant, famille) et/ou de principes (moraux, ou autres). Il y a différents degrés dans la trahison, le point commun est de briser une loyauté, ce n’est donc pas une émotion. "

    Voulez-vous tenter de nous donner votre définition de l’action consistant à agir contre les intérêts de ceux envers qui vous vous êtes engagé ?
     
    L’ ENA  ?

    Voulez-vous nous citer un-e énarque ( voire même un-e diplômé-e de sciences pô... ) qui a jamais abordé ce que fut dans les faits la loi du 3 janvier 1973 ?
    Et ce jusqu’en 2009, année de ’ l’adoption ’ de la traîtrise de Lisbonne ?
    En est-il un-e seul-e qui expliqua depuis ce que l’article 123 de cette traîtrise implique de fait ?

    Votre vision de l’Union Européenne en tant que coopérative n’est pas fausse, elle fait seulement abstraction du fait suivant :
     
    Un actionnaire qui verrait la valeur de ses ’ actions ’ ( biens et acquis sociaux en la circonstance présente ) baisser au profit d’autres ’ actions ’ s’empresserait tout naturellement de revendre celles qui chutent pour acheter celles qui grimpent.
    Hors il ne le peut, il est solidaire de la dette publique contractée en son nom et n’a comme avenirs possibles que soit forcer ses représentants à abroger cette abomination pour les amener à créer une institution publique de création monétaire destinée au financement des institutions/collectivités publiques, soit à se laisser déposséder intégralement de ses biens et acquis sociaux, au profit de l’ Ouroboros financier.

    Le contribuable/citoyen, dites-vous ?
    Citez-nous la proportions de citoyens ( tous pays signataires de la traîtrise de Lisbonne confondus ) qui ne payent pas de TVA...
    La TVA intracommunautaire n’est garante que d’une chose, de la balance des recettes fiscales inhérentes aux entreprises, elle ne considère absolument pas l’ensemble du marché gris des consommateurs finau(ds)x.

    Vous voulez ’ valoriser ’ une trahison ?

    Et si nous considérions les besoins, pour ensuite les financer, au lieu de vouloir ’ quantifier/restreindre ’ les ressources ’ unitaires ’ ?

    L’aspect ’ juridique ’ n’est que ce que le législateur en a fait, ne vouloir que s’y conformer démontre soit la présence des œillères que vous avez acceptées/revendiquez, soit un aveuglement issu de la propagande médiacratique...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération