Pour lui, avec l’euro, c’est comme « si l’Allemagne obtenait un accès libre aux marchés de ses voisins, elle leur offrait la possibilité de s’endetter à bon compte… pour acheter des produits allemands ». La crise actuelle a boulversé ce compromis puisque les voisins de l’Allemagne ont vu leurs taux d’intérêt s’envoler, alors que « l’Allemagne, elle, bénéficie toujours de l’accès aux marchés de ses voisins ». Bref, il y a une rupture asymétrique des conditions du contrat initial.
Pour lui, « il y a bien une dimension pathologique, une dimension folle dans ce projet. C’est ce que l’on retrouve à chaque fois que l’on est confronté à la théorie néoclassique et à ses fantasmes glaçants d’homogénéité des agents et des situations (…). Parce que l’on croit détenir un savoir d’une essence supérieure, on veut à tout prix que la réalité s’y conforme ». Certains ont voulu montrer que l’euro allait créer les conditions de son fonctionnement (Aglietta, Orléan).
Pour lui, l’euro était vicié depuis le début car il nécessite une forte solidarité, mais « vouloir constituer ce sentiment d’appartenance collective par ce système et par ses crises probables revenait à mettre la charrue avant les bœufs ». Le saut quantique nécessaire (un décuplement a minima des sommes actuellement versées à l’Union Européenne), est totalement hors de question pour les pays qui seraient les créditeurs de ce système, et en premier lieu l’Allemagne.
Le mur de la réalité
Jacques Sapir montre qu’au contraire, l’euro a accentué la divergence des pays européens au lieu de permettre la convergence nécessaire, sur l’inflation, mais aussi la croissance, qui outre le fait de diverger au sein de la zone euro, baisse plus qu’ailleurs ! Il fait également un sort au mythe de l’euro protecteur, soulignant qu’il ne protège ni notre croissance ni de la spéculation… Je peux ajouter que la divergence d’une zone monétaire a été montrée par Paul Krugman.
Il souligne également le rôle de la politique néolibérale promue par l’Europe dans la crise que nous avons traversée. Cette déréglementation financière a créé les courroies de transmission de la crise venue des Etats-Unis à l’Europe et a également provoqué les énormes bulles immobilières espagnole et irlandaise. Il souligne le paradoxe de cette libéralisation extrême qui a abouti à rendre les Etats complètement dépendants de ces marchés à qui on a retirés toute entrave.
Enfin, il souligne qu’une monnaie unique pose de gros problèmes pour les échanges commerciaux. Il suffit en effet d’étudier l’évolution des balances commerciales depuis 10 ans pour constater que cette évolution n’était pas durable. Sapir dénonce également « l’impasse tragique de l’austérité et de la déflation », en soulignant que la récession induite, outre le fait d’être cumulative à l’échelle du continent, alourdit plus encore le poids de la dette, comme on le voit en Grèce.
L’impasse actuelle
Jacques Sapir revient sur quelques sommets pour en démonter les décisions qui ne font que renforcer l’impasse dans laquelle nous sommes. Il souligne que l’Allemagne est tout sauf un modèle, entre son krach démographique, sa très faible croissance depuis dix ans et le fait que sa réussite commerciale repose sur le fait que les autres pays ne suivent pas sa politique… Il s’oppose fermement à la camisole budgétaire que Nicolas Sarkozy, puis François Hollande, ont acceptée.
Il ne croit pas aux euros obligations, soulignant qu’en l’état, la note globale serait mauvaise et tendrait plutôt à renchérir les coûts d’emprunts de l’Allemagne et la France sans soulager suffisamment l’Espagne et l’Italie... Il souligne également que les « plans de sauvetage » de la Grèce sont bien plus coûteux qu’estimés, chiffrant à 345 milliards d’euros les besoins du pays de 2012 à 2019, une fois et demi son PIB, et conclut qu’une sortie serait moins chère.
Pour lui, le coût d’une aide aux banques frappées par le défaut de la Grèce serait largement inférieur, entre 110 et 160 milliards. Mais surtout, une sortie de l’euro, une dévaluation et un défaut permettraient à la Grèce de relancer son économie et de réduire le niveau du chômage. Il plaide pour une transformation de l’euro en une monnaie commune, une politique de réindustrialisation, allant de pair avec des mesures protectionnistes et enfin des mesures de justice sociale.
Jacques Sapir conclut son livre en prenant les exemples de l’Argentine, la Malaisie et la Russie pour montrer qu’il y a une issue à l’impasse actuelle et souligne que l’euro est dans sa crise terminale. Malheureusement, sa capacité de résilience est assez incroyable, même si l’issue semble déjà écrite.
Source : Jacques Sapir, « Faut-il sortir de l’euro ? », Seuil
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PIB Mondial= production brut annuelle , donc l’ensemble des richesses produites sur un an, ne pas confondre avec le capital sous toutes ses formes accumulé depuis des générations
Il faut ajouter que la raison profonde de l’euro n’est pas économique mais politique, et elle s’inscrit dans le projet mondialiste, qui vise à créer d’abord de grand ensembles régionaux unifiés, en attendant l’unification et la gouvernance mondiale. Les élites politiques européennes sont toutes possédées par cette vision aussi absurde que grandilocante.
Or la rupture de l’euro serait un coup d’arrêt mortel à cette évolution, dont le caractère artificiel et utopique serait mis en évidence dans les faits. D’où l’obstination forcenée des élites politiques au maintient « à n’importe quel prix » (comme l’avait dit Sarkozy) de l’euro. Ce prix, c’est nous qui le payons malheureusement ; mais ce n’est certes pas ce qui préoccupe nos politiciens...
Mr Pinsolle, désolé de devoir faire ce qui suit, mais votre ’ seconde partie ’ n’étant qu’une reformulation presque benoîte visant à alimenter les besoins de sources multiples de la médiacratie et votre absence de participation/prise en compte aux commentaires démontrant que vous n’aviez nullement dans l’idée de faire autre chose que de rabâcher toujours les mêmes stupidités, je vous fais un copié-collé de mon commentaire initial de votre ’ première partie ’ :
Et si on les obligeait à la faire réellement, l’ Europe et pas la ’ défaire ’ ?
Monnaie unique... Check.
Création monétaire publique pour le financement des institutions/collectivités... Sodomie monstrueuse de l’ensemble des pays signataires de la traîtrise de Lisbonne. Quel
était la but de cette traîtrise ( Il faudra d’ailleurs faire un
véritable travail de souvenir quant au ’ père ’ revendiqué de cette
ignominie... ) ? Dilapider les biens et acquis sociaux de l’ensemble
des pays signataires de cette traîtrise au profit de 2 économies, qui
elles font tourner la planche à billet à fond, au point que la
principale ne ’ communique ’ même plus ses émissions...
Il va déjà falloir abroger l’article 123 de la traîtrise de Lisbonne. (
d’ailleurs, chacun devrait ’ s’étonner ’ de la facilité déconcertante
avec laquelle nos ’ politiques ’ ont signé cette trahison envers leurs
électeurs... )
Ensuite, il va falloir créer un établissement
public ( et pas en y ’ nommant ’ des anciens banquiers privés et autres
lobbyistes de la banque/finance privé ) qui sera en charge de la
création monétaire destinée aux financements des
institutions/collectivités publiques.
Alors bien sur, vous allez
vous remémorer les stupidités sans nom régurgitées par la médiacratie
quand à la dévaluation, mais si vous prenez quelques secondes pour vous
interroger sur ce qu’est une dévaluation, vous comprendrez aisément
qu’une dévaluation n’est qu’un ’ ré-équilibrage ’ entre les richesses
créées par le privé ( qui est à mon sens une aberration, mais c’est une
autre histoire... ) et celles créées par le public. Et lorsqu’il n’y a plus de richesses créées par le public, l’Ouroboros ne peut que grossir tout en rapetissant.
La ’ gouvernance ’ européenne ? Vous vous souvenez avoir élu qui que ce soit pour représenter vos intérêts dans cette fonction ? Non ?
Alors il va falloir réformer cette institution non-représentative, au
sein de laquelle les lobbyistes de tous poils peuvent entrer plus
facilement que les journalistes.
Cette institution dont les nombreux ’ commissaires ’ ne sont pas plus élus que légitimes.
Cette institution dont nombre de décideurs n’ont jamais eu à rendre quelque compte que ce soit aux plèbes qu’ils dirigent.
Ah le contrôle des mouvements de capitaux...
Depuis
2009, les pays signataires de la traîtrise de Lisbonne sont
littéralement en train de se suicider au profit de la city et de W.S.. Je
vais me répéter, mais, j’ai véritablement énormément de difficultés à ’
comprendre ’ comment nos ’ élus ’ ont pu se laisser abuser ( et je ne
parle pas là que du congrès de Versailles, l’Union des Menteurs
Populistes ayant alors démontré qu’ils se foutaient de laggle des
Français, je leur souhaite d’ailleurs de devoir assumer leurs
responsabilités durant de nombreux siècles, mais tout autant de la part
des fauxcialistes, qui se sont abstenus lors du vote concernant le
MES/TSCG, alors même qu’ils pouvaient facilement empêcher son
adoption... ) par cette trahison, comment ils se sont résolus depuis à
mentir à leurs électeurs.
A croire que les Français ( et tous les électeurs des pays
signataires de la traîtrise de Lisbonne... ) sont des idiots que les ’
chocs ’ répétés et prémédités de la plus grossse escroquerie jamais
perpétrée à l’échelle mondiale les ont prostrés dans une paranoïa
collective abrutissante.
Alors avant qu’une institution publique de ’ contrôle ’ des mouvements de capitaux ne voit le jour...
Mais
il est clair que seule l’harmonisation Européenne de la fiscalité, des
acquis et biens sociaux, ainsi bien sur qu’un protectionnisme dur,
permettront un oartage des richesses un peu plus équitable...
11 Millions d’être humains sur 7 Milliards détiennent 6 fois le PIB Mondial.
--------
Une nuance cependant, dans cette seconde partie, concernant la digression un peu plus fine faite sur la dette grecque :
La plage temporelle prise en exemple pour tenter d’avaliser ’ l’image ’ d’un Euro moribond en phase terminale d’un cancer incurable ne tient pas compte des recettes fiscales de la même période...
Mais nous avons l’habitude, avec les médiacrates de tous poils...
Nous devons contraindre nos élus à représenter nos intérêts en lieu et place de ceux de la finance.
Pour ce qui est des ’ médiacrates ’ tels l’auteur et celui qu’il cite, c’est à force de dénoncer leurs manquements, amalgames, digressions et stigmatisations que leur revenus disparaîtront, à l’instar de leur crédibilité, ce qui pourrait les amener à enfin faire un travail quelque peu déontologique...
1 Millions d’être humains sur 7 Milliards détiennent 6 fois le PIB Mondial.
Comment peut-on détenir 6 fois la totalité des richesses du monde ? Je sais que je ne suis pas le meilleur en maths, mais logiquement on ne peut pas détenir plus que ce qui existe...
Preuve, s’il en fallait encore, que toute cette crise et cette logique financière n’est que du vent et du papier imprimé.
PIB Mondial= production brut annuelle , donc l’ensemble des richesses produites sur un an, ne pas confondre avec le capital sous toutes ses formes accumulé depuis des générations
@AUTEUR/Laurent Pinsolle
Vous dites : "l’euro est dans sa crise terminale.
Malheureusement, sa capacité de résilience est assez incroyable, même si
l’issue semble déjà écrite"
J.Sapir avait dit cela vers l’an 2011...
traduction libre : « çà aura lieu fin 2011 début 2012 »
Nous sommes mis-2012, n’est-ce pas ?
Ca n’empêche pas que j’admire quand même J. Sapir même si j’ai une nette préférence pour le physicien Maurice Allais...
J’ai le droit non ?
Cordialement
Leo Le Sage (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)