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Accueil du site > Actualités > Economie > Krugman, augure lucide de la crise financière

Krugman, augure lucide de la crise financière

Paul Krugman, professeur à Princeton, vient d’obtenir le prix Nobel d’économie. Il s’est fait connaître très jeune, à 25 ans, pour son modèle de crise de la balance des paiements. Il a montré alors que lorsqu’un pays voulait soutenir le cours de sa monnaie mise à mal par l’inflation, il consommait inutilement ses réserves de change avant qu’une attaque spéculative conduise à une dévaluation en catastrophe.

Histoire immédiate : selon l’économiste péruvien José Oscategui, le Pérou a dépensé 4 milliards de dollars de ses réserves depuis six semaines pour défendre sa monnaie, le Pérou va-t-il subir une attaque spéculative ?

Un discours iconoclaste

La notoriété de Krugman a grandi avec un discours iconoclaste, à contre-courant des idées néo-libérales des conservateurs américains des dix dernières années. Dans son billet du New York Times du 13 octobre 2008, il explique que Georges Bush a fait partir tous les économistes compétents de la Maison-Blanche. Il n’y en avait plus aucun au Trésor, d’une stature suffisante, pour s’opposer au premier plan d’Henry Paulson, stupide selon Krugman, qui était de racheter les titres hypothécaires « toxiques ». Le rachat de ces titres aurait allégé le fardeau des banques, ce qui aurait bénéficié immédiatement aux actionnaires.

Krugman a été le disciple d’un autre économiste, Jhagdish Bhagwati, lui aussi iconoclaste : au début de la grande période d’ouverture des échanges commerciaux (années 1960-1970), à contre-courant des discours ambiants, Bhagwati expliquait que les unions douanières étaient préjudiciables au bien-être des gens.

Histoire immédiate : que comprendre de Bhagwati, alors que ses idées remettent en question tout le système d’échanges commerciaux qui a généré, quoiqu’on en pense, quinze ans de très forte croissance dans le monde ?

Paul Krugman a été récompensé pour sa théorie du commerce qui met en cause celle de Ricardo lequel, au début du XIXe siècle, avait posé le principe que le commerce était fondé sur la spécialisation : par exemple l’Argentine exporte du soja, le Japon lui vend des voitures. Krugman a remarqué qu’en fait le gros du commerce se concentrait entre un petit nombre de pays qui s’échangeaient des produits identiques. Il a développé (1979) le concept de la « concurrence imparfaite », dans lequel à qualité et prix sensiblement égaux, l’entreprise innovante l’emporte.

L’intuition du comité Nobel

Le comité Nobel de la Banque de Suède a fait preuve d’une intuition étonnante en ayant choisi Paul Krugman pour le prix Nobel quelques semaines avant que n’éclate la crise financière. Pour Krugman, la crise est complexe, mais les fondements sont simples  :

- l’éclatement de la bulle immobilière a fait perdre beaucoup d’argent à ceux qui avaient financé leurs achats par des crédits hypothécaires ;

- ces pertes ont amené les banques à un montant de dettes excessif et un capital trop faible ;

- pour se financer, les banques ont vendu des actifs, ventes qui en ont abaissé la valeur et réduit encore leur capital.
L’économiste péruvien José Oscategui explique que, pour Krugman, réduire les impôts des plus riches et diminuer le rôle de l’Etat n’a pas permis à l’économie de croître plus. Au contraire, ces réductions ont affaibli les classes moyennes et l’économie des Etats-Unis. Krugman énonce que si les banques doivent être sauvées comme doivent l’être les institutions publiques, elles doivent alors être régulées comme celles-ci.

En voulant racheter les « titres poubelles » des banques, Henry Paulson, le secrétaire aux finances de G. Bush, a failli faire la même chose qu’au Pérou, où le sauvetage de deux banques profita aux actionnaires qui avaient eux-mêmes mis ces banques en difficulté. L’une de ces banques a perçu du gouvernement péruvien 312 millions de dollars en 2006. C’est pourquoi le gouvernement des Etats-Unis a perdu plusieurs semaines pour trouver une réponse à la crise. La solution est venue de Gordon Brown, qui, invité à Paris, a suivi exactement le chemin esquissé par Krugman, amenant les pays européens à décider de prendre des participations au capital des banques. Les autres actionnaires ne sont pas récompensés puisqu’ils perdent une partie de leurs droits au profit des Etats. Dans quelques années, lors du retour à bonne fortune que tout le monde espère, les Etats pourront vendre leurs parts du capital des banques, sans occasionner des pertes que devraient supporter les contribuables.

Des questions sans réponses

Nous ne sommes pas au bout de la crise, nous nous trouvons maintenant sur la première marche d’un escalier qui en comporte d’autres avec bien des interrogations :

- Le manque de régulation des marchés financiers est-il un problème en soi, ou bien met-il en cause certains principes du libéralisme ?

- Allons-nous changer de modèle de croissance, avec une économie moins centrée sur l’accumulation de biens et plus sur le bien-être des gens ?

- Le nouveau modèle de croissance, si on en change, ne risque-t-il pas de causer un ajustement des modes de production générant un chômage insupportable pendant plusieurs années ?

- Les dirigistes, marxistes, nationalistes, dont l’échec économique planétaire est connu et reconnu depuis les années 1980, vont-ils tenter de vendre à l’opinion publique des recettes éventées dans un nouvel emballage ?

- Le pays qui prendra le leadership pour imposer de nouvelles solutions de régulation sera-t-il une nation dotée d’un système de gouvernement démocratique ?

Il va nous falloir plus que la boule de cristal de Krugman, prix Nobel d’économie, pour répondre à ces questions…


A lire

- Paul Krugman, Gordon does good, The New York Times, october 13th, 2008, http://www.nytimes.com/2008/10/13/opinion/13krugman.html?pagewanted=all

- Jose Oscategui, La crisis que nos amenaza y el Premio Nobel de Economía, in La Republica (Perú), http://www.larepublica.com.pe/content/blogcategory/144/645/

- Sylvain Cypel, Le Monde, 15 octobre 2008

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Krugman, augure lucide de la crise financière

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23 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 20 octobre 2008 11:10

    Krugman avait notamment déclaré http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2220 et parmi le petit groupe d’économiste iconoclastes qui avaient prévu les turbulances actuelles, j’ajoute
    Paul Jorion http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2219&nbsp ; ou Nouriel Roubini http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2231 .

    Souci, tous assurent que la crise n’est pas terminée et que le pire est devant nous.


    • ZEN ZEN 20 octobre 2008 12:18

      P. K apporte de l’ai frais dans le paysage économique des USA
      Il commence seulement à être écouté là-bas
      Il avait prévu la "crise asiatique" déjà
      Il est "libéral" , au sens américain du terme

      Pour un nouveau New Deal
      Un économiste américain non conformiste et engagé

      -« Ma volonté d’aborder différemment les événements vient aussi du fait que je n’ai pas les bonnes manières : la plupart des commentateurs politiques vivent à Washington et fréquentent les mêmes soirées mondaines. Ce qui engendre une sorte de pensée unique ; à tout moment, une façon de voir commune préside à leurs considérations... »______________________

      -« ...J’ai commencé à pointer la scandaleuse malhonnêteté de l’administration Bush longtemps avant la plupart des autres éditorialistes américains. Comment ai-je pu voir des faits qui leur échappaient ? Peut-être parce qu’en tant économiste je n’ai jamais été tenté par le style de journalisme pseudo-objectif si prisé aux États-Unis (il a dit ceci, elle a dit cela), qui met sur le même plan les affirmations des différents camps en présence, quelle que soit leur validité. »

      Paul Krugman et la gauche américaine décomplexée :


      • Astidiel 20 octobre 2008 12:33

        Article très intèressant, qui pose les bonnes questions.

        Juste une demande de précision, vous dites :


        ’intuition du comité Nobel
        Le comité Nobel de la Banque de Suède a fait preuve d’une intuition étonnante en ayant choisi Paul Krugman pour le prix Nobel quelques semaines avant que n’éclate la crise financière.


        Il me semble que la crise était déjà là bien avant l’annonce de prix Nobel... le choix du laurat était-il déjà fait quelques semaines avant ?

        Et même dans ce cas, je trouve le mot "intuition" assez faible : les signes de la crise était visibles depuis plus d’un an, les causes connues... Je voit plus ce prix Nobel comme un signe fort du comité Novel qui vise à donner du poids, de l’écho médiatique à la voix reconnu d’un grand économiste.


        Je terminerai par exprimer un certains raz le bol de nos médias traditionnels, incapables de traiter sérieusement le sujet en posant en traitant ces questions, et qui nous vendent un Sarkozy, "président de l’europe" (poste qui n’existe pas), "sauveur", "reformateur" de notre système financier, alors qu’il n’a été qu’un suiveur (de Gordon Brown) dans l’histoire. Le comble c’est le Figaro qui aujourd’hui nous veux faire croire que Sarkosy impose sa volonté à Bush... en oubliant d’une part que Sarkosy n’était pas seul, mais accompagné de M Barroso, et d’autre part que la seule chose que ces deux là ont reussi à obtenir, c’est la tenu d’une réunion en Novembre, et que Bush a bien souligné qu’il fallait veiller à préserver les fondement de l’économie libérale...


        • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 20 octobre 2008 19:05

          Selon mes informations, le comité de la Banque de Suède attribue le prix Nobel d’Economie quelques mois avant qu’il soit rendu officiel. Donc le comité n’a pas attendu fin septembre que la crise éclate.

          Ceci dit, vous avez raison, cela faisait des années que les signes de la crise étaient visibles. Mais depuis des années, la pensée économique unique disait que l’économie américaine était suffisamment forte pour résister à des déficits, que la force du dollar ..., que la puissance militaire américaine ..., etc ... tout ceci faisait que les règles économiques applicables pour un pays normal ne l’étaient soi-disant pas pour les USA.

          Au milieu de cette tempête, Sarkozy s’agite comme un cabri (ceci dit pour paraphraser de Gaulle). On ne peut pas lui reprocher de s’agiter, mais chacun sait qu’il ne dispose d’aucun levier de solution, hélas.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 octobre 2008 22:31

          Je suis économiste. Je parle avec d’autre économistes. Il y a des années que personne ne doutait vrament que cette crise allait arriver. Les grandes divergences portaient surtourt sur l’opportunité de dire ou de ne pas dire au patient qu’il était en phase terminale. La crise actuelle ne résulte pas d’une erreur, mais de l’inévitable fin d’une exploitation concertée de la population par sa classe dirigeante qui dure depuis des décennies. Non, les financiers ne sont pas des imbéciles.  Le plaidoyer d’insanité devrait être rejeté. L’accusé est coupable

           Pierre JC Allard

          http://nouvellesociete.org/706.html
          http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/13/apres-la-crise/


        • ronchonaire 20 octobre 2008 13:05

          Bhagwati a effectivement montré la nocivité des unions douanières...parce qu’elles maintiennent une forme de protectionnisme. Il a passé sa carrière à promouvoir le libre-échange et a même travaillé pour l’OMC pendant plusieurs années ; même sans être un économiste professionnel, une simple visite sur sa page Wikipédia vous aurait d’ailleurs donné cette information.

          Idem pour Krugman, d’ailleurs. Ses travaux ont porté sur l’impact des économies d’échelle sur le commerce international ; il a notamment montré que le meilleur moyen de contrer la spécialisation des pays et les situations de rente des quasi-monopoles nationaux était d’assurer le libre-échange. Il est même allé jusqu’à synthétiser et vulgariser ses travaux dans un livre dont le titre se passe de commentaires : "La mondialisation n’est pas coupable".

          C’est bien de s’intéresser aux économistes ; mais attention à ne pas leur faire dire n’importe quoi.


          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 20 octobre 2008 19:24

            Vous me pardonnerez, j’évite de lire Wikipédia, cet univers de connaissances lyophilisées.
            Mais votre commentaire n’a pas tapé à côté, car effectivement, je ne me suis pas renseigné directement sur la pensée de Bhagwati. Donc bien noté, je vais le faire. Merci.


          • Pehachem 20 octobre 2008 21:24

            @ l’auteur

            Je m’étonne de trouver dans la même phrase "j’évite de lire Wikipédia" et "cet univers de connaissances lyophilisées"...

            Wikipedia n’est pas parfait : est-ce que cela le condamne ? Quel autre base de connaissances peut prétendre à la perfection ? Par construction, Wikipedia est la plus vivante et la moins sclérosée de toutes.
            Si ce que vous appelez lyophilisation correspond à un manque de profondeur, alors prenez le temps de consulter les références et la bibliographie/webographie qui accompagnent les articles sérieux. Ou, mieux, écrivez-les.

            Ce genre de condamnation est généralement plutôt alimenté par ceux que déstabilisent ces nouveautés qui viennent avec Internet. Pour oser une analogie : on émet des critiques similaires à propos du journalisme citoyen... que pourtant vous pratiquez, non ? Pour ma part, je ne trouve pas le journalisme citoyen inutile...
            Ni "lyophilisé"...

            Pardon à tous pour le hors-sujet...


          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 21 octobre 2008 09:03

            Merci du conseil concernant Wikipedia.
            Savez-vous que je connais un peu ... ?
            Consultez par exemple l’article sur la Gouvernance.


          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 21 octobre 2008 09:06

            Pourquoi "connaissances lyophilisées" ?
            Parce que "prêtes à l’emploi".
            Elles évitent d’avoir à investiguer par soi-même un sujet.
            Les étudiants qui remplissent leurs travaux personnels d’extraits de Wikipedia sont sanctionnés.


          • Pehachem 21 octobre 2008 21:50

            Qu’est-ce qu’un centre documentaire optimal ? Où s’arrête la mise à disposition et où commence l’incitation à la paresse ?

            L’espace des connaissance est immense. Wikipedia est un point de départ, un fil à tirer pour découvrir.

            De toutes façons, il y aura toujours ceux qui s’arrêtent à la surface, et ceux qui creusent. Wikipedia leur facilite la tâche à tous les deux... mais je vous rejoins si vous pensez que les premiers ne comprennent pas qu’ils devraient en tirer profit et méritent sanction pour cela.


          • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 22 octobre 2008 10:09

            Toujours concernant Wikipédia.
            Je ne l’utilise pas beaucoup.
            Il s’agit néanmoins de la meilleure des encyclopédies, et je suis admiratif pour celui, celle ou ceux qui ont eu cette idée géniale d’encyclopédie collaborative.
            Si j’étais seul sur une île déserte, un accès à Wikipédia suffirait sans doute à mon bonheur.
            Mais les sources d’information sont innombrables. Fabriquer sa propre compréhension des choses me semblent être un exercice sain et nécessaire (ce qui n’exclut pas de consulter aussi Wikipédia, mais gardons nous d’en faire LA référence).


          • FYI FYI 20 octobre 2008 13:38

            Je suis attéré de constater que, du fait qu’il a obtenu un prix Nobel ... forcément il est génial et qu’il faut l’écouter...
            Bof, il fait parti du système comme les autres, il a droit au chapitre comme tout à chacun, mais il me semble, leur visibilité est biaisé par leur servilité au système.
            Depuis la fin des 30 glorieuses aucun système viable n’a été proposé, bien au contraire, par la force et au mépris de nos démocraties républicaines, et nous a imposé un système où 5% possède 95% de la richesse, entre nous il faut être un "NOBEL" de l’économie pour le comprendre ....

            Tout ces speudos titres me font marrer ...

            Il y a dans ce monde, incognito, c’est-à-dire non présenté par "nos" médias servilles, des hommes et des femmes très compétents, c’est mathématique...

            Vous voulez un changement de société ou tout à chacun puisse vivre dans la dignité, il suffit que le peuple l’exige au gouvernement. Ce dernier ne le veut pas, il faut en changer, à moins de changer le peuple :)

            A méditer ...




            • Le péripate Le péripate 20 octobre 2008 14:34

               C’est une question que l’on peut se poser. En effet Stiglitz s’est fortement ridiculisé depuis les faillites de Fannie et Freddy. Il avait prédit que ces GSE (governement sponsored enterprise) avaient des chances quasi nulles de faire faillite... On ne l’a pas entendu depuis manger son chapeau.
              Krugman a des qualités pour remplacer donc Stiglitz. D’abord, il a critiqué la théorie des cycles de l’école autrichienne, mais son meilleur argument, c’est de reprendre l’erreur de Milton Friedman (!) sur le contraction monétaire sur la Grande Dépression... Pas facile.

              Ensuite, ses travaux sur les rendements croissants et la concurrence imparfaite (une manière de réinventer l’eau chaude à base de modélisation sur ordinateur), avec pour conclusion"la position extrême sur le libre-échange est devenu intenable" a fourni de l’eau au moulin des partisans du protectionnisme. Mais, pas idiot, il a écrit "la mondialisation n’est pas coupable", et dit à qui veut l’entendre que les raisons des inégalités sont internes.
              Donc, il met en évidence que le libre-échange n’est pas une solution optimale, mais il prévient qu’il n’y a pas d’alternative crédible ! Et que le libre-échange est donc la seule politique possible. Un gars prudent, donc, qui ne se mouille pas trop.
              Et, c’est s’il est un opposant du plan Paulson, il est par contre en faveur de la recapitalisation des banques, à l’anglaise. 
              Mangera-t-il son chapeau quand ça se cassera à nouveau la gueule ? Probablement pas plus que Stiglitz. 


              • Le péripate Le péripate 20 octobre 2008 19:04

                 On est d’accord. Mais quelle drôle d’idée de penser que les libéraux pourraient vouloir récupérer un néo-keynesien ! Et pourquoi pas Maris ou Lordon, pendant que vous y êtes ! 


              • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 20 octobre 2008 19:20

                Si Krugman vient d’être mis sous les feux des projecteurs, c’est pour deux raisons :

                - d’abord ses thèses expliquent assez simplement le problème de la crise financière qui est quand même bien compliqué,

                - ensuite, PK est un militant anti-Bush et anti-néo-conservateurs depuis des années : la faillite de la présidence de Bush lui donne raison.

                On peut se demander si la Banque de Suède n’a pas voté pour Obama en attribuant le prix Nobel à PK ...

                Stiglitz :
                Je ne savais pas qu’il avait prédit que Fannie May ne pouvait pas faire faillite. Mais il avait raison : vous voyez bien que justement, Fannie May n’a pas fait faillite ... !

                Il ne faut pas jeter Stiglitz avec l’eau du bain : lui et Amartya Sen on fait beaucoup pour que commence à passer les idées de "développement humain" dans les têtes des politiques et dans les têtes des gens.


              • Le péripate Le péripate 20 octobre 2008 19:29

                 Si vous avez un texte de Krugman concernant la crise, je suis preneur. Quand à dire que Fannie et Freddy n’ont pas fait faillite... et bien, j’apprécie votre humour. 


              • Alpo47 Alpo47 20 octobre 2008 20:23

                http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2239

                Et tout une série, à la suite ...


              • Le péripate Le péripate 20 octobre 2008 20:51

                 Merci pour le lien, mais je connaissais déjà. Notons que Krugman ne dit rien sur les raisons de la bulle immobilière ( les "encouragements" aux crédits risquées, cad le CRA, et les politiques malthusiennes du foncier). Pour le reste, il est pour le plan de sauvetage à "l’anglaise", comme je déjà dit, en me demandant si, quand la crise recommencera en pire, il mangera son chapeau...
                Leon, je ne sais si vous avez visité le lien que je donnais plus haut, la position de Krugman sur le protectionnisme y paraît assez clair. Maintenant, en effet, je ne vois pas pourquoi on se priverait de faire remarquer qu’un interventionniste keynesien est pour le libre échange, faute d’alternative crédible, selon ses propres dires.


              • frédéric lyon 20 octobre 2008 21:13

                A propos d’interventionnisme de l’Etat dans l’emission de crédits risqués, l’Etat Français n’a pas été en reste !

                Il se confirme en effet que le département de Seine-Saint-Denis serait en état de cessation de paiements si l’Etat n’avait pas contraint Dexia de lui faire des crédits supplémentaires à des taux préferentiels.

                Il y a bien d’autres collectivités locales dans la même situation.

                Voilà la raison de la recapitalisation récente de la banque Dexia par les contribuables.

                Le Député du PS Claude Bartolone, s’alarme aujourd’hui des conséquences d’un réalignement des conditions des crédits sur les conditions du marché, qui mettrait le Département en faillite. La dette bancaire de la Seine-Saint-Denis s’élève à plus de 800 millions d’euros, dette en face de laquelle le Département n’a aucun actif digne de ce nom !!

                Oui, mais si on ne peut réaligner les conditions de crédit, c’est Dexia qu’il faudra mettre en faillite !

                Toutes ces crises financières, aux USA comme en France ouvrent le procès de l’intervention des Etats sur le marché des financements bancaires.

                Un interventionisme d’Etat qui conduit dans tous les cas à une catastrophe, car on ne peut pas violer les marchés impunément.

                En tous cas pas pour longtemps et plus on recule la crise, plus elle s’aggrave !


                • Yves Rosenbaum Yves Rosenbaum 20 octobre 2008 22:27

                  Bjr,

                  Article intéressant au sujet de Krugmann, économiste dont je me sens relativement proche... mais vous auriez pu aller plus loin lorsque vous précisez " Le comité Nobel de la Banque de Suède a fait preuve ... ". En fait, le nobel d"économie est carrément une supercherie, issue d’un marchndage politico-économique à la fin de années 1960. Depuis quand l’économie est-elle une science ? smiley

                  http://tatoufaux.com/spip.php?article264

                  Cordialement


                  • Jean Bourdariat Jean Bourdariat 21 octobre 2008 09:10

                    Le prix Nobel d’Economie n’a de Nobel que le nom.
                    Et l’économie n’est pas une science dure, mais une science humaine, avec ses écoles de pensée ;
                    C’est toujours un problème pour analyser les écrits d’un économiste donné. Il faut savoir à quel école il appartient.
                    Finalement, c’est la même chose qu’en psychanalyse : êtes-vous freudien ? comportementaliste ? néo-classique ? socio-économiste ? néo-marxiste ? ...


                  • pépé 21 octobre 2008 10:46

                    Vous écrivez : "nous nous trouvons maintenant sur la première marche d’un escalier"
                    d’un escalier descendant ? amha la crise est devant nous.

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