Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’accueil du Dr Fu Man Chu en France ou l’exemple d’un (...)

L’accueil du Dr Fu Man Chu en France ou l’exemple d’un crime économique perpétré sous vos yeux : Aéroport de Toulouse-Blagnac, pendant le pillage, la braderie des bijoux de famille continue

Savez-vous bien ce qu'est un crime économique, M. Macron ?

Particulièrement difficile à définir tant elle est protéiforme, la criminalité économique présente des traits bien spécifiques qui permettent d'en cerner les éléments constitutifs.

La criminalité économique peut ainsi se caractériser par son habileté à abuser de la confiance et de la bonne foi dans les relations d’affaires d'une manière telle qu'elle porte atteinte à la crédibilité et à la sécurité de certains secteurs d’activité économique, voire de l’ordre économique et financier dans son ensemble.

Elle trouve son origine dans sa capacité à générer des dommages ou des préjudices considérables, parfois irréversibles, non seulement sur un plan strictement patrimonial, mais également à divers niveaux économiques et sociaux, à raison des dégâts difficilement estimables causés aux ressources humaines, à la viabilité des entreprises, aux assurances sociales, aux collectivités publiques, à la qualité de vie et de l’environnement, ou encore et de manière plus spécifique, à l'intégrité, à la stabilité et à la protection des structures industrielles et financières d'un pays et/ou d'une nation alors assujettis à un ordre géopolitique, géoéconomique, géofinancier qui obère leur souveraineté.

Cette construction juridique qui ouvre très largement le compas des possibles a pour objet de pointer le comportement à mes yeux criminel qui caractérise de manière générale la politique économique et financière actuelle de la France et dont un exemple patent nous est aujourd'hui une fois de plus fourni avec la décision désastreuse prise par l’État de procéder à la cession de 49,99 % du capital de la société Aéroport Toulouse Blagnac (sur les 60 % qu'il détient) à un consortium dénommé Symbiose.

L'heureux bénéficiaire se présente sous la forme d'un trio :

- Shandong High Speed Group et Friedmann Pacific Asset Management, deux sociétés chinoises spécialisées dans la gestion d'infrastructures de transport et de gestion d'actifs.

- SNC-Lavalin, société canadienne d'ingénierie et de gestion d'infrastructures.

 

I- Le constat :

On trouvera ci-après les détails de l'opération dans le communiqué publié le 4 décembre 2014 par l'APE, Agence des participations de l'Etat :

http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/18398.pdf

Toutes les précautions sont naturellement prises, ne vous inquiétez surtout pas.

Pensez-donc ! Il ne s'agit dans le fond que d'un terrain d'aviation qui rapportera 308 millions € dans les caisses de l’État. Vous rendez-vous compte du pactole à portée de main ? Et vous hésiteriez , alors que toutes les précautions sont là et que la « finalisation » de l'opération ne pourra être menée à bien qu'après consultation du comité d'entreprise (« Sorry, Guys ! It's too late ! ») et autorisation des autorités compétentes en matière d'aviation civile ?

Sachez en outre que l’État « dispose de pouvoirs étendus pour contrôler l'activité de la société ». N'ayez donc aucune crainte, même si la transaction prévoit malgré tout, à distance de trois ans (vous aurez oublié, d'ici-là), une option de rachat par le Consortium (« les Chinois », en langage vulgaire) des 10,1 % du restant de la participation de l’État.

Il faut que vous sachiez en effet - ce que vous allez lire est aussi beau que le plafond de la salle des Illustres du Capitole de Toulouse et je me permets donc de solliciter votre attention -, que « L'exercice de cette option de vente reste à la main de l’État et ne constitue en aucun cas une obligation à vendre (quel style !).Le gouvernement n'a pas aujourd'hui (restez attentif, « pas aujourd'hui », vous dit-on) l'intention d'exercer cette option de vente ».

D'autant plus, j'ai oublié de vous mentionner ce détail, que les 40 % composant le reste du capital de la société aéroportuaire sont et resteront (vous suivez toujours ?) détenus par les actionnaires de terrain que sont la CCI de Toulouse (25%) et les autres collectivités locales qui se partagent les 5 % restants (la Région, le Département et Toulouse Agglomération).

« Je tiens à préciser, a même déclaré M. E. Macron, ministre de l’Économie, à La Dépêche du Midi, qu’il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l’état restent majoritaires avec 50,01 % du capital. On ne vend pas l’aéroport, on ne vend pas les pistes ni les bâtiments qui restent propriété de l’État [...] Nous avons cédé cette participation pour un montant de 308 millions d’euros »

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/04/2004903-exclusif-toulouse-blagnac-emmanuel-macron-annonce-depeche-vente-chinois.html

L'anesthésie est donc complète, dormez bien.

Vous ne devriez rien sentir au réveil, sinon les séquelles d'un très sérieux coup derrière la tête.

 

II- Les questions :

Faut-il donc que l'on se soit trouvé dans l'impossibilité de racler les fonds de tiroir pour que les initiateurs de cette braderie industrielle – et je pèse mes mots -, n'aient pas été capables, plutôt que de les éarter -, de fédérer un consortium financier national avec, comme on le sait désormais, des parties elles aussi intéressées comme Vinci, EDF-Invest, la Caisse des Dépôts, Aéroports de Paris, Predica, Natixis et le Fonds d'investissement Cube – pour les institutionnels (250 millions € mobilisés) -, et , nouveauté remarquable, le crowdfunding citoyen avec WISEED (18 millions € collectés) ?

Comme il n'existe aucune urgence, et puisque cela n'a pas été fait, pourquoi ne pas saisir l'opportunité de lancer un appel citoyen à l'épargne nationale, au nom de la protection du patrimoine industriel et des fleurons économiques qui génèrent des profits, pour mobiliser une offre supérieure et conserver en France et pour la France ce qui nous appartient plutôt que de le brader à des mains étrangères dans une opération de privatisation que nous regretterons dans les mois qui viennent ?

Nul doute qu'avec une présentation adéquate le concours financier serait couvert en quelques heures. Pourquoi ne pas avoir essayé ? Pourquoi ne pas essayer ?

N'y a-t-il pas en France, et je m'adresse à vous, M. le ministre, dans une fidélité patriotique pour le pays, une société, un groupe industriel, des investisseurs de nationalité française qui seraient capables, pour reprendre vos propos qui justifient votre choix en faveur de l'investisseur chinois ,« de présenter un projet de développement ambitieux pour l'aéroport de Toulouse Blagnac, s'appuyant sur le dynamisme et l'attractivité de la région toulousaine ? »

Va-t-on rééditer - un petit effort de mémoire, voulez-vous ?-, « l'Affaire Péchiney » et sa disparition dans l'espace intersidéral des groupes Constellium et Albea ?

M. le ministre, n'est-ce pas précisément en considération des perspectives économiques de développement de cette plate-forme aéroportuaire de Toulouse que nous devrions, que vous devriez privilégier une solution au moins européenne, sinon française ?

Et vous tous, Français, citoyens de Toulouse, comment acceptez-vous d'abandonner à la voracité mondiale et planétaire de la Chine – et à un voyou économique d'une dangerosité dont vous n'avez pas idée, comme justifié plus loin –, le fruit économique des promesses d'accroissement du trafic aéroportuaire de Toulouse-Blagnac (18 millions de passagers en 2030 contre 7,5 millions en 2013) – les fruits de votre travail -, au motif qu'elles « pourraient faire de Toulouse le point d'entrée de la Chine en France face à des aéroports parisiens déjà sursaturés » ?

Rien ne s'oppose à ce que non seulement ce trafic augmente, mais que la France, nous tous, vous tous en premier, en conservions l'entier bénéfice.

Il est certain que le consortium Symbiose n' a pas dû perdre beaucoup de temps à examiner les promesses économiques de N-D des Landes.

Quand pensez-vous, M. le ministre, organiser la prochaine braderie de Lille pour son aéroport, celle de Lyon, en n'oubliant surtout pas l'extraordinaire aéroport de Nice Côte d'Azur ?

Et pourquoi ne pas non plus céder des parts ou une cession complète d'Ariane Espace ou d'Airbus Group, tant que nous y sommes, ou la livraison de toute la technologie de l'avion électrique e-Fan, ou la vente de Zodiac Aerospace ?

Après nos magnifiques résidences diplomatiques, pourquoi ne pas vendre non plus toutes les antiquités poussiéreuses du Louvre et de nos musées nationaux qui nous reviendront en copies exécutées de manière irréprochable ?

Ainsi, avec l'aéroport de Toulouse-Blagnac, les consortium chinois pourront-ils avoir toute latitude pour exposer et nous revendre leur propre production aéronautique après s'être attentivement intéressé aux activités techniques d'Airbus.

J'imagine déjà l'installation dans une zone discrète de l'aéroport, bénéficiant de l'inviolabilité diplomatique, de « grandes oreilles » identiques à celles du très discret centre chinois d'écoutes satellitaires « découvert » voici quelques jours en banlieue parisienne.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141203.OBS6781/exclusif-les-grandes-oreilles-de-pekin-en-france.html

Mondialisation et libre-échange, n'est-ce pas ?

L’État, je veux dire vous-même, M. le ministre, s'est-il intéressé aux garanties de moralité des affaires du partenaire avec lequel il se propose de contracter ?

Avez-vous au moins une idée de ce que représente exactement à l'échelle mondiale un prédateur économique comme Lavalin, dont la conduite en matière de corruption internationale a été telle que la Banque Mondiale elle-même s'en est émue ?

La faute commise par SNC-Lavalin incluait un complot visant à verser des pots-de-vin et à faire de fausses déclarations dans le cadre de la soumission à un appel d'offres pour des contrats financés par la Banque, et ce en violation des directives de la Banque mondiale concernant la passation des marchés.

Business as usual, voyez-ici :

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2013/04/17/world-bank-debars-snc-lavalin-inc-and-its-affiliates-for-ten-years

http://economie.jeuneafrique.com/entreprises/entreprises/btp-a-infrastructures/16680-snc-lavalin-blackliste-par-la-banque-mondiale.html

http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201410/17/01-4809995-un-projet-colossal-echappe-a-snc-lavalin.php

Êtes-vous au moins au courant ? Car si j'étais à votre place, soyez bien persuadé, M. le ministre, qu'avec moi l'idée même de poursuivre cette transaction serait définitivement arrêtée.

Comme j'ose imaginer que vous êtes parfaitement informé (je le suis, pourquoi pas vous ?), comment se fait-il que l'idée de faire entrer un tel loup dans le bergerie ne vous ait pas déjà arrêté ?

« Tout est à vendre », pour citer ici le titre d'un roman de Roland Dorgelès.

Hé bien non ! Je m'adresse à vous, M. le ministre, à vous, chers Lecteurs, à vous, Chers Concitoyens.

Il existe des pays où l'on serait fusillé pour simplement avoir imaginé de se séparer des actifs nationaux au profit d'intérêts étrangers.

Pour cause de crime économique et de menées contre les intérêts nationaux.

Pour tout simplement avoir oublié ce que recouvre l'idée de Souveraineté.

La Chine, par exemple, et la Russie.

La France aussi, si j'étais au pouvoir.

 

Notes et sources :

Agence des participations de l'Etat, communiqué :

http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/18398.pdf

http://www.lefigaro.fr/societes/2014/12/04/20005-20141204ARTFIG00532-l-etat-cede-pres-de-50-de-l-aeroport-de-toulouse-a-des-chinois.php ?a1=DOL-741432&a3=77-4618258&a4=DOL-741432-77-4618258

Criminalité économique :

http://uditis-forensic.blogspot.fr/2007/05/quest-ce-que-la-criminalit-conomique.html

e-Fan Technologie aéonautique :

http://www.lefigaro.fr/societes/2014/12/04/20005-20141204ARTFIG00236-l-e-fan-d-airbus-group-atterrit-au-grand-palais.php

Ecoutes satellitaires et espionnage chinois :

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141203.OBS6781/exclusif-les-grandes-oreilles-de-pekin-en-france.html

E. Macron  :

http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/04/2004903-exclusif-toulouse-blagnac-emmanuel-macron-annonce-depeche-vente-chinois.html

Lavalin et la Banque Mondiale :

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2013/04/17/world-bank-debars-snc-lavalin-inc-and-its-affiliates-for-ten-years

http://economie.jeuneafrique.com/entreprises/entreprises/btp-a-infrastructures/16680-snc-lavalin-blackliste-par-la-banque-mondiale.html

http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201410/17/01-4809995-un-projet-colossal-echappe-a-snc-lavalin.php


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

20 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 6 décembre 2014 09:03

    Une « HONTE » de plus de la part de ces politicards-véreux qui vendent les bijoux de famille de la France aux étrangers...

    Révolution...ça URGE...

    • JL JL 6 décembre 2014 09:44

      Je crois que ce genre d’agissement ça porte un nom : crime de haute trahison.

      Des précisions ?

      Vous dites : ’’... Les 40 % composant le reste du capital de la société aéroportuaire sont et resteront détenus par les actionnaires de terrain que sont la CCI de Toulouse (25%) et les autres collectivités locales qui se partagent les 5 % restants (la Région, le Département et Toulouse Agglomération).’’

      Sauf erreur de ma part, , il manque 10% à l’appel :

      + 49.9 % au consortium Symbiose
      + 10,1 % à l’État
      + 25 % à la CCI de Toulouse
      + 5% aux autres collectivités locales

      = 90 % au total.


      • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 6 décembre 2014 13:56

        Ils auraient bien pu aussi le vendre au Qatar !

        Puisque l’État français est à vendre au plus offrant.

        Rien, il ne restera rien, tout aura été liquidé, et cette liquidation, qui empêchera au reste d’État d’avoir quelque recette que ce soit, sera la voie ouverte à d’autres liquidations, écoles, hôpitaux, palais de justice, maisons de la culture, théâtres, gares, monuments divers, etc. au bout desquelles la seule perspective sera la banqueroute finale.

        Il ne restera alors plus que le palais de l’Élysée à vendre... Mais ce sera déjà un bâtiment en ruines.


        • psynom 6 décembre 2014 17:53

          Ils auraient bien pu aussi le vendre au Qatar !

          Le Quatar n’a pas d’industrie de l’aviation. La Chine oui !

          La société Airbus loue 100 hectares de l’aéroport pour préparer les essais en vol, dans le cadre juridique d’une autorisation d’occupation temporaire (AOT), sécurisée.

          C’est le droit à installer un superbe poste d’observations que s’achète aussi la Chine !


        • Le421 Le421 6 décembre 2014 18:12

          Evidemment, sous Chirac, Vil Pinpin vendait les autoroutes, beaucoup plus lucratif pour certains.
          Mais comme c’était Chirac, c’était bien. Chirac, c’était la droite, alors que Hollande, c’est la gauche.
          ...
          Non, je rigole !!  smiley


          • Gauche Normale Gauche Normale 6 décembre 2014 18:29

            Vivement l’expropriation (manu militari si il le faut) de tous ces vautours et l’incarcération à perpétuité des traîtres politiciens qui vendent le pays auxdits vautours !


            • marmor 6 décembre 2014 19:24

              Et on voudrait nous faire croire que c’est pour ramasser 308 petits millions !!
              Hollande : silence radio
              Valls : silence radio
              Macron peut continuer à arrondir sa fortune personnelle
              Dormez, braves gens, « votre argent nous interesse »


              • kedjey 7 décembre 2014 02:02

                On est dirigé par une bande de traîtres sans scrupules qui ont pour mission de dissoudre notre nation, et visiblement ils excellent dans leur rôle, chaque jour en apporte sa preuve.

                Affligeant smiley

                • aimable 7 décembre 2014 06:20

                  tant que la France a eu des dirigeants politiques , des décideurs citoyens , elle ne s’est pas vendue au plus offrant
                  mais nous sommes dans la pensée unique du le libéralisme, ou tout est a vendre ( même son âme )
                   alors ne nous étonnons pas !


                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 7 décembre 2014 19:47

                    @Tous.




                    Surtout ne pas confondre « ouverture du capital » et « privatisation »...

                    Non, ce qui est scandaleux c’est qu’une fois de plus, le gouvernement brade l’intérêt général, le patrimoine national, aux intérêts du privé. Car ne nous y trompons pas : l’aéroport de Toulouse-Blagnac est rentable, très rentable même ! Et c’est bien pour ça qu’il intéresse le secteur privé. L’Etat va donc se priver –nous priver- de ressources importantes comme il l’a déjà fait pour les autoroutes qui rapportent des millions aux concessionnaires privés. On nous explique à longueur d’antenne qu’il faut se serrer la ceinture parce que les caisses de l’Etat sont vides et le gouvernement se débarrasse de ce qui pourrait contribuer à les remplir ! Où est la logique économique ?

                    Autre aspect du problème : les nuisances sonores pour les riverains. Le consortium chinois s’est allié pour les aspects techniques avec le groupe canadien Lavalin, qui gère déjà l’aérodrome de Francazal. Le projet est de transformer l’aéroport de Blagnac en « hub », sorte de nouvelle porte d’entrée en France des vols depuis la Chine. On passerait ainsi de 7,5 millions de passagers par an à 20 millions d’ici vingt à trente ans !

                    Bien sûr, Emmanuel Macron, ministre de l’économie, se veut rassurant : « Il ne s’agit pas d’une privatisation mais seulement d’une ouverture de capital de la société de gestion puisque les collectivités locales et l’état resteront majoritaires avec 50,01 % du capital. » Certes. Mais on commence à avoir l’habitude de ce genre de manipulation : on commence par ouvrir –largement, très largement dans ce cas- le capital d’une entreprise publique aux actionnaires privés puis quelques années après, on finit le travail en privatisant complètement. Malheureusement les exemples ne manquent pas : Aérospatiale, France Télécom, la SNPE…La liste serait longue !

                    De plus, l’aéroport est un élément important de l’aménagement du territoire et de l’économie régionale en lien avec Airbus. Comment justifier de livrer une infrastructure aussi importante pour le développement de la région aux intérêts privés ? A l’heure où un récent rapport de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale a démontré la nocivité de la privatisation des autoroutes, il est inadmissible de voir le gouvernement livrés les aéroports aux financiers.

                    D’autant qu’Emmanuel Macron ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il annonce déjà la privatisation prochaine des aéroports régionaux de Nice et de Lyon !

                    Il est plus que temps de mettre un terme à cette politique dévastatrice pour le pays"

                    Source : http://31.pcf.fr/63295

                    Voir aussi ici :

                    http://www.lexpress.fr/region/midi-pyrenees/toulouse-va-t-elle-vendre-son-aeroport-a-des-chinois-installes-aux-iles-vierges_1626205.html

                    http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0203996248028-apres-laeroport-de-toulouse-viendraient-les-privatisations-de-lyon-et-nice-1072292.php


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2014 08:00

                      @ Sampiero


                      Merci pour vos observations.

                      Il ne s’agit même plus d’hypothèque sur l’avenir, mais de destruction économique pure et simple.

                      Après avoir désossé le bâtiment, vendu le zinc des toits,décroché les lustres, les boiseries, enlevé les plaques de cheminées, le marbre des cheminées elles-mêmes, vendu les parquets, les radiateurs, le mobilier, les balustres, les statues du jardin, les grilles, il n’y aura plus qu’à jeter le trousseau de clés devenu inutile et vendre le terrain.

                      Rien. Il ne restera plus rien d’une France dépiautée au nom dune vision économique unique, à courte vue, suicidaire, mise en oeuvre par deux clans politiques qui se partagent les richesses de la France.

                      Criminalité économique, vous dis-je.

                      Et je ne serais pas surpris qu’au passage il puisse y avoir quelques « frais d’intermédiation », « honoraires »,« commissions ».Business as usual.留言 !

                      • JL JL 8 décembre 2014 09:11

                        Il y aura des « frais d’intermédiation », « honoraires »,« commissions » aussi longtemps qu’il restera de la laine sur le dois du mouton.

                        Le crime économique est une notion qui n’a pas de sens, ni en droit ni en économie.

                        En revanche, le crime de haute trahison, ça existe vraiment. Et en temps de guerre, la sanction prévue est terrible.

                        Le capitalisme n’a pas vocation à créer des emplois mais seulement des profits.

                        « Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur. » Daniel Pennac

                        Il ne faut pas attendre de la ridicule théorie du ruissellement les retombées collectives du bonheur des capitalistes : c’est l’impôt et seulement l’impôt qui fera de la société capitaliste autre chose qu’un cauchemar sans fin.


                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2014 10:40

                        @JL.Bonjour et merci pour votre observation que je partage.


                        Une nuance, toutefois :

                        Le crime économique est une réalité, même si sa définition est protéiforme, comme indiqué en introduction du texte que je vous remercie d’avoir lu.

                        Tout le droit pénal économique et financier tourne autour de la question. 

                        Prenez l’exemple des « fonds vautours » et de leurs agissements en Argentine. cf. l’analyse qu’en M. Aglietta ci-après (intéressante) :

                        Voyez ici :


                        Ou encore ici :

                        http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/06/haute-trahison-le-summum-par-le-ttip-ou-tafta.html

                        Vient un moment, lorsqu’ils sont commis par des nationaux au détriment ou/et au préjudice de leur pays, des agissements tels que ceux décrits ici et là , avec des degrés de gravité différents dans leur ampleur comme dans leurs conséquences, peuvent et doivent être perçus et qualifiés comme tels de trahison, voire même de haute trahison.


                        Car il s’agit bien de cela et de rien d’autre lorsque l’on joue contre les intérêts de son pays, la distinction entre infraction d’ordre purement politique (ce qu’était la haute trahison, au point même que la nouvelle rédaction de l’Art. 68 de la Constitution du 4 octobre 1958 l’a soigneusement écarté) et économique disparaît.

                        On peut être investi d’un mandat politique, outrepasser ses fonctions, être un homme ou une femme politique et commettre une infraction économique, d’ordre correctionnel ou d’ordre criminel.

                        C’est le cas lorsque, comme dans l’affaire de l’aéroport de Toulousr Blagnac.

                        Comme le déclare M. Aglietta précité «  C’est l’argent qui fait de l’argent qui a gagné face à l’argent qui a une utilité économique et sociale. »

                        Je fais mienne votre conclusion :

                        « Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur. » Daniel Pennac

                        Il ne faut pas attendre de la ridicule théorie du ruissellement les retombées collectives du bonheur des capitalistes : c’est l’impôt et seulement l’impôt qui fera de la société capitaliste autre chose qu’un cauchemar sans fin."

                        Bien à vous,

                        Renaud Bouchard


                        • JL JL 8 décembre 2014 10:58

                          Renaud Bouchard,

                          merci de votre réponse.

                          Mon idée est qu’un crime ne peut être qualifié d’économique que s’il est d’abord un crime contre des tiers. Par exemple Bhopal, mais la liste noire est très très longue.

                          Or je ne vois rien de tel dans les agissements de ce gouvernement. Mais je peux me tromper.

                          J’aime cette formule d’Aglietta que vous citez : « C’est l’argent qui fait de l’argent qui a gagné face à l’argent qui a une utilité économique et sociale. »

                          Dit autrement : c’est le capitalisme maffieux, Crony capitalism, qui est en train de supplanter le capitalisme industrieux. Mais pouvait-il en être autrement, puisque

                          ’’L’Europe s’est alignée sur les États-Unis, avec son « capitalisme de connivence » et riposte en ayant recours au moralisme et au gouvernement des juges. Seule une remise en question totale du système capitaliste pourrait y mettre fin. Extraits : "Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un « capitalisme de connivence ». Le terme anglais «  crony capitalism » ne peut plus être réservé aux seules formes «  sous-développées et corrompues » de l’Asie du Sud est et de l’Amérique latine que les « vrais économistes » (c’est à dire les croyants sincères et convaincus des vertus du libéralisme) fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. ... Dans son comportement courant, (cette classe dirigeante) se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des «  mafias », quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême". (Par Samir Amin, économiste et président du World Forum for Alternatives, cité par Marianne.)

                          Le crime de haute trahison dont sont coupables nos dirigeants est de composer avec ce capitalisme de connivence.


                        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2014 18:28

                          @JLBonsoir Monsieur, et merci pour votre observation.


                          Vous concluez, après avoir cité Samir Amin :

                           « Le crime de haute trahison dont sont coupables nos dirigeants est de composer avec ce capitalisme de connivence. »

                          En réalité, ils ne font pas que composer avec ce capitalisme de connivence.

                          Ils en sont l’essence et le moteur avec comme outil majeur la capture de l’Etat et de ses rentes.

                          Ci-après un billet très court tiré d’un site remarquable :

                          http://www.les-crises.fr/capitalisme-de-connivence-et-liberalisme/

                          Comme l’écrit Samir Amin (je reprends l’article de Marianne que vous citez) :

                          « Le système politique du capitalisme contemporain est désormais un système ploutocratique. Celui-ci s’accommode de la poursuite de la pratique de la démocratie représentative, devenue « démocratie de basse intensité » : vous êtes libre de voter pour qui vous voulez, cela n’a aucune importance puisque c’est le marché et non le Parlement qui décide de tout ! Il s’accommode aussi ailleurs de formes de gestion autocratique du pouvoir ou de farces électorales. »

                          Chacun sait tout cela, avec une nouveauté en France qui tient au fait que deux clans qui affichent une opposition de façade se partagent les actifs du pays.

                          Les mesures que je mettrais immédiatement en place si j’en avais la possibilité seraient probablement radicales, avec un spoil system effectif assorti d’une reddition de comptes elle-même accompagnée de la mise hors-jeu des principaux prédateurs.

                          Une sorte de « Grands Jours d’Auvergne » revisités.



                        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 décembre 2014 19:50

                          @Tous« A la différence d’autres pays occidentaux ou émergents, la Chine a une stratégie coordonnée au plus haut niveau politique. Dans un premier temps, elle consiste à mettre en place un réseau de ports, de centres logistiques et de voies ferrées pour distribuer ses produits, accélérer les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident et profiter d’infrastructures hautement rentables sur le continent. »

                          « Cette nouvelle route de la soie passait hier par l’Afrique – la Chinafrique est devenue une réalité presque aussi redoutable que la Françafrique –, elle se transporte aujourd’hui en Europe pour y vendre ses produits et capter les nôtres. »

                          http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere/2014/12/08/laeroport-de-toulouse-vendu-aux-chinois-en-grece-un-precedent-inquietant-233895


                          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 juillet 2015 08:42

                            Forfait accompli !


                            Mémoire longue : je n’oublierai pas cette braderie du patrimoine économique national.

                            Dormez-bien, braves gens, tandis que l’on vous fait les poches !


                            http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/06/bercy-confirme-la-vente-de-l-aeroport-de-toulouse-blagnac-au-consortium-chinois_4672673_3234.html
                            cf. artile du quotidien Le Monde ci-après :

                            L’urgence, c’est de rasséréner. (Tout va bien, dormez-bien, braves gens, tandique que l’on vous fait les poches).

                            Alors que la vente de l’aéroport de Toulouse-Blagnac par l’Etat à un consortium chinois suscite l’inquiétude depuis la disparition de l’homme d’affaires qui avait piloté ce rachat, le ministère de l’économie a affirmé, lundi 6 juillet, que la vente était bien finalisée et que Bercy avait touché l’argent de la transaction. « On a reçu l’argent », a déclaré une porte-parole de Bercy.

                            Des propos qui interviennent suite à la mobilisation du Collectif contre la privatisation de la gestion de l’aéroport Toulouse, qui affirmait, sur la foi d’un article publié par Mediapart, que la cession par l’Etat de 49,99 % d’Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB) au consortium chinois Symbiose n’était toujours pas signée et pouvait de fait être annulée.

                            L’enquête du site d’informations avait révélé que l’homme d’affaires derrière le rachat, Mike Poon, avait disparu, que son nom apparaissait dans un scandale de corruption et que la société française créée pour gagner la privatisation, Casil Europe, avait tout d’une société écran, au capital dérisoire (environ 10 000 euros). En Chine, de nombreuses sources donnent Mike Poon en fuite, car il serait mis en cause dans une enquête sur China Southern Airlines.

                            Lire aussi : L’actionnaire chinois de Toulouse-Blagnac a disparu

                            Le 2 juillet, le premier ministre, Manuel Valls, avait déjà rassuré les détracteurs de la vente en annonçant que la disparition de Mike Poon n’affectait pas la privatisation partielle. Argument avancé : les 49,99 % d’ATB ne sont pas cédés à Mike Poon en son nom propre, mais bien au consortium de sociétés chinoises.

                            La gestion reste publique

                            La députée Parti socialiste (PS) de Tarn-et-Garonne Valérie Rabault, opposante à la cession, a expliqué qu’elle avait demandé à Emmanuel Macron, ministre de l’économie et des finances, à voir le contrat signé lorsqu’elle avait appris la disparition de M. Poon. « J’attends toujours », a-t-elle ajouté. Ce à quoi la porte-parole de Bercy a répondu qu’une réponse serait apportée « très prochainement à son courrier du 24 juin ».

                            Parallèlement à l’officialisation de la vente, la porte-parole de Bercy a affirmé que le ministère réitérait son engagement de ne pas céder les 10,01 % d’ATB que l’Etat possède encore.

                            Le contrat de vente aux Chinois lui donne pourtant la possibilité de vendre ses parts dans trois ans, avec un délai de six mois pour exercer cette option. Valérie Rabault ainsi que les acteurs publics locaux tiennent à ce que la gestion de l’aéroport reste majoritairement publique. Il faudrait pour cela que l’Etat garde les 10,01 % d’ATB qu’il lui reste.


                            En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/06/bercy-confirme-la-vente-de-l-aeroport-de-toulouse-blagnac-au-consortium-chinois_4672673_3234.html#UpqKBikcGIFLU7c7.99


                            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 8 juillet 2015 08:48

                              Une Europe qui part en morceaux et qui se délite (comme les sujets du même nom...).

                              Tout est à vendre (Roland Dorgelès).
                              Pendant le pillage, la vente continue.

                              Ce que vous aviez peut-âtre oublié ou aviez ignoré :



                              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 23 mai 14:39

                                Aux lecteurs :

                                • Publié le 23.05.2016 à 12:57

                                Les nouveaux actionnaires chinois de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) doivent être ravis. Le dernier vendredi 13 a vraiment porté bonheur à la plateforme qui a enregistré 30.105 passagers ce jour-là, soit son record absolu d’affluence. Le précédent datait du 2 juin 2014 avec 29.634 passagers.

                                A quand la prochaine braderie -vente-privée des aéroports de Lyon et Nice ?

                                Il est curieux de voir que les actionnaires chinois ne se soient pas bousculés pour financer N-D des Landes...

                                Il faudra sérieusement songer à demander des comptes à tous ceux qui auront vendu le patrimoine national et, bien entendu, reprendre ce qui nous appartient. L’indemnisation des acheteurs se fera par la vente du patrimoine privé des bradeurs. Alstom, Toulouse, le Palais Clam-Gallas de l’Institut français de Vienne « cédé » au Qatar etc..

                                Source : http://www.20minutes.fr/toulouse/1850403-20160523-toulouse-aeroport-bat-record-historique-frequentation


                                • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 octobre 10:21


                                  En marche vers le crime économique, le pillage et la grande braderie du patrimoine national.
                                  Macron - Toulouse & Associés. Illustration.

                                  http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/aeroport-de-toulouse-blagnac-la-politique-de-macron-en-acte,289444
                                  Billet de Gabriel Robin 20octobre 2016

                                  Les faits sont désormais anciens, voire oubliés, à l’heure où une information chasse la précédente en moins de temps qu’il n’en faut pour se rendre dans Paris en RER. Rappelez-vous, en fin d’année 2014, nous apprenions que 49,99 % du capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, sur les 60 % que détenait l’État, allaient être cédés à la SNC-Lavalin, un consortium sino-canadien, adossé à la société publique chinoise Shandong High Speed Group, gestionnaire de plusieurs infrastructures de transport dans l’est de la Chine. Ainsi, le 6e aéroport français passait sous gestion chinoise.
                                   
                                  Ce jeudi, comme l’a révélé Mediapart, les actionnaires chinois de l’aéroport de Toulouse-Blagnac se sont versé un dividende exceptionnel de 15 millions d’euros grâce à une opération financière rondement menée avec la complicité du gouvernement français, rendue possible par le lobbying du ministre de l’Économie de l’époque, le sémillant Emmanuel Macron. Le bébé VGE, qui entend changer la vie politique française, a tout fait pour céder un aéroport rentable et stratégique, situé à quelques encablures des usines de nos fleurons nationaux de l’aéronautique : ATR et Airbus.
                                   
                                  Voilà ce qu’est la politique voulue par Emmanuel Macron : le « sans-frontiérisme » total, la désindustrialisation, les chimères de l’économie dite de la connaissance qui échoue depuis 15 ans sur le mur de la réalité, la défense des intérêts des grands groupes transnationaux, la confusion entre la finance spéculative et la finance levier d’investissements à l’image de ce qu’avait décidé Bill Clinton en annulant le Banking Act de Roosevelt, last but not least le capitalisme monopolistique qui détruit les libertés économiques.
                                   
                                  Spécialistes de l’espionnage industriel, les Chinois sont aux portes de nos industries aéronautiques et spatiales, cruciales pour notre avenir.

                                  Quand les premières rumeurs de rachat ont été divulguées dans la presse, Emmanuel Macron et ses sbires se sont empressés de nier, arguant qu’il ne s’agissait pas d’une privatisation mais d’une ouverture de capital pour pérenniser la situation financière d’un aéroport qui ne montrait jusqu’alors aucun signe de fatigue.
                                   
                                  Nous savons qu’ils ont menti, privilégiant l’étranger aux collectivités publiques partenaires et aux fortunes françaises. Aujourd’hui candidat timide à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron n’est pas un homme neuf mais un ancien ministre comptable d’un bilan. Sauvé par une image publique savamment travaillée par des communicants hors de prix, il réussit encore à faire illusion. Ne soyez pas trompés par ses discours de coach de vie digne de l’interprétation de Tom Cruise dans le film Magnolia, de Paul Thomas Anderson. Emmanuel Macron représente le parti de l’étranger, travaillant à faire de la France un nain économique et politique.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès