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L’affaire du sauvetage d’AIG, un cas d’école du capitalisme corrompu par l’état

Ma recherche sur la régulation financière avance à petits pas, et je n’espère pas publier quelque chose de conséquent avant décembre. Mais d’ores et déjà, je parviens à une certitude : la façon dont la loi se crée aujourd’hui favorise l’émergence d’un monstre sociétal, que le terme de néo-corporatisme peine à rendre dans toute sa nuance. Je parlerais bien de "collusionnisme", une co-gestion de l’économie par les élites politiques et financières au détriment de ceux qui veulent gagner leur vie dans honnêtement dans l’économie que l’on dira "réelle", quoique le terme soit également impropre. En tant que libéral, ce phénomène me touche particulièrement, car les politiques ainsi promulguées sont souvent étiquetées "néo-libérales" par leurs contempteurs, alors qu’elles en sont l’exact opposé.

La faillite d’AIG

J’ai déjà évoqué cette faillite de la cogestion de l’économie par des élites co-optées. Bien que j’aie déjà souligné l’existence du phénomène au niveau Franco-français dès 2005, dans mon discours pour le congrès de l’ISIL à Cologne, j’étais loin de me douter que le pays le plus proche de la France en terme de conduite des affaires se révèlerait être les USA. Et si vous croyez que j’exagère, plongeons nous dans les délices de la très possible "affaire AIG", car la faillite du premier assureur américain (voire mondial) semble avoir été l’occasion de manoeuvres que la justice pourrait qualifier de frauduleuses... si elle peut suivre son cours.

Rappelons les origines de la faillite d’AIG à la mi 2008.

Après que son ancien patron durant plus de 40 ans, le très emblématique Maurice Greenberg, ait été poursuivi pour divers soupçons de fraude par le sulfureux procureur Eliott Spitzer (affaires civiles toujours en cours - Toutes les poursuites au pénal ont été abandonnées), la nouvelle équipe dirigeante décida de mettre les bouchées doubles sur un marché porteur sur lequel le "vieux" Greenberg, en bon risk manager, avait souhaité limiter l’exposition de son entreprise, les "Credit Default Swaps". 

Quand une assurance devient un produit dérivé hautement spéculatif...

Que sont ces produits dérivés ? Un Credit Default Swap est en quelque sorte une assurance sur une obligation. L’assureur vend une option sur la valeur future d’une obligation, que le détenteur de l’obligation va acheter pour se prémunir contre le défaut éventuel de paiement de l’émetteur de l’obligation. En contrepartie, il paie une prime d’assurance. Si l’émetteur de l’obligation fait défaut, non seulement le détenteur d’une CDS doit recevoir le capital restant dû, mais aussi, selon le contrat, une partie des intérêts qu’il aurait reçus si l’obligation était allée jusqu’à son terme !

Nb. La société de l’analyste très en vue Janet Tavakoli publie de nombreux papiers explicatifs sur les CDS. Pour les mordus !

L’ensemble des primes collectées par l’assureur doit être supérieur aux sinistres enregistrés, sinon, l’assurance perd de l’argent, et si les pertes sont trop importantes, la faillite est... assurée !

Le très gros problème des CDS est que le principal "Market Maker" de ces instruments, AIG, a transformé ce produit d’assurance en gigantesque marché spéculatif.

Accepteriez vous que votre assureur vende des assurances sur votre vie à votre chirurgien ?

Imaginez que votre assureur vende des assurances contre l’incendie de votre maison non seulement à vous même, ce qui est normal, mais aussi à des tiers qui n’ont aucun lien juridique avec votre maison : vous ne seriez pas étonné d’observer une recrudescence d’individus louches se promenant avec des jerricanes d’essence autour de votre domicile, espérant toucher la valeur de votre maison en cas de sinistre. Bref, l’assureur créerait une forte incitation à ce que vous soyez sinistré. Fort heureusement, votre assureur n’est pas fou, et de toute façon, la loi le lui interdit : vendre de telles assurances à des tiers non juridiquement liés à la maison serait évidemment considéré comme la justice comme un préjudice porté au propriétaire de la maison.

Pourtant, c’est exactement ce que AIG a fait en vendant des CDS "à découvert" à des personnes n’ayant aucun lien de propriété ni avec les maisons servant de collatéral au prêt, ni les obligations CDO packagées à partir de prêts immobiliers. 

Un assureur devenu spéculateur fortement leveragé...

Pourquoi un assureur agirait il aussi curieusement ? Officiellement, le raisonnement était le suivant : en vendant plusieurs contrats d’assurance sur chaque émission d’obligations, AIG encaissait beaucoup de primes, et si elle avait bien calculé son risque, multipliait les bénéfices. Et donc les bonus pour ses cadres.

Mais que AIG ait mal estimé le potentiel de faillites immobilières, même de quelques pour-cent, et alors l’effet de levier permis par la multiplication des contrats se retourne contre lui. Et la clause contractuelle permettant au détenteur du CDS de recevoir non seulement le montant du nominal restant dû de l’obligation, mais aussi une partie des intérêts escomptés, avec une simple décote, fait de la faillite de l’émetteur une très bonne affaire pour le spéculateur qui a acheté un CDS, en pariant sur la faillite du marché immobilier, et une très mauvaise pour l’assureur.

Bref, AIG a cessé d’être un simple assureur pour spéculer sur la solidité financière des produits qu’il assurait, et voilà pourquoi, lorsque la faillite de Fannie Mae et Freddie Mac est devenue patente, en Août 2008, AIG s’est retrouvé en situation de faillite.

Malversations en tout genre autour d’AIG

La justice américaine se pose quelques questions. D’abord, il semblerait que des personnes impliquées dans des transactions immobilières, ou dérivées, tels que des gros courtiers, ou des gros employés au sein de banques d’affaires qui vendaient des obligations "CDO" sur les marchés, voire de grandes banques en tant que telles, aient plus ou moins secrètement spéculé contre la faillite de ces CDO en achetant eux mêmes des CDS, et aient donc au sein de leur entreprise encouragé le repackaging de prêts douteux sur le marché sans se montrer trop regardants sur la qualité des prêts collatéralisés, jouant leur intérêts personnel contre celui de leur boite : un cas évident de "predatory capitalism".

 

Mais plus grave encore, il est possible que le sauvetage d’AIG par la FED, sur lequel je reviendrai, ait été l’objet de fraudes massives impliquant des membres du conseil d’administration de la FED de New York, dont nous rappellerons que le directeur de l’époque s’appelait Tim Geithner, actuel ministre des finances de Barrak Obama.

Mike Shedlock livre ici le contenu de la lettre envoyée par un sénateur républicain de Californie, Darell Issa, qui mène une investigation du congrès sur ces question, à l’actuel directeur de la Fed de New York. J’en livre quelques extraits :

Mr. William C. Dudley
President - Federal Reserve Bank of New York

Dear Mr. Dudley :

As Ranking Member of the Committee on Oversight and Government Reform, I
am deeply concerned by news reports that the Federal Reserve Bank of New York (“FRBNY”) may have unnecessarily cost the American taxpayers billions of dollars.

As you know, in late 2008 American International Group (“AIG”) was attempting to negotiate a haircut for banks that held $62 billion in credit default swaps (“CDS”) from AIG. AIG was reportedly seeking to persuade the banks to accept haircuts of as much as 40 cents on the dollar in order to retire these CDS contracts.

On September 16, 2008, the FRBNY extended AIG an $85 billion line of credit,
effectively nationalizing it. According to news reports, late in the week of November 3, then-FRBNY President Timothy Geithner, along with the U.S. Department of the Treasury and the Federal Reserve Board in Washington, took over negotiations with AIG’s counterparties.

News reports indicate that Mr. Geithner’s team circulated a draft term sheet to set the terms under which AIG would settle its CDS obligations, including a blank space in which the haircut for creditors was to have been inserted. However, the haircut provision was reportedly crossed out and, after less than a week of secret negotiations between the FRBNY and the banks, FRBNY ordered AIG to pay its creditors at par – 100 cents on the dollar – not 60 cents as AIG had been attempting to negotiate.

Thus, behind closed doors and with no approval from Congress, the FRBNY may have added an additional $13 billion of debt on the backs of taxpayers.

These allegations, if true, amount to nothing less than a backdoor bailout of AIG’s creditors, including Goldman Sachs, Merrill Lynch, Société Générale and Deutsche Bank.

The lack of transparency and accountability in this transaction is disturbing enough. However, there is evidence that this $13 billion expenditure was entirely unnecessary. According to Janet Tavakoli of Tavakoli Structured Finance, “There’s no way they should have paid at par. AIG was basically bankrupt.”

Another expert has said that the typical outcome in cases like this involves counterparties being forced to accept haircuts of anywhere from 30 to 50 cents on the dollar.

This suggests that the FRBNY may have paid AIG’s counterparties at par to surreptitiously provide another bailout for large financial institutions. According to Donn Vickrey of Gradient Analytics, “Some of those banks needed 100 cents on the dollar or they risked failure.”

However, another source close to the transaction suggested the FRBNY may have paid AIG’s counterparties at par out of pure expediency : “[S]ome counterparties insisted on being paid in full and the [FRBNY] did not want to negotiate separate deals.”

Furthermore, many of AIG’s counterparties reportedly hedged their exposure to the troubled insurance giant, obviating any need for a taxpayer bailout of these large financial institutions. According to Goldman Sachs’ Chief Financial Officer, “There would have been no credit losses [at Goldman Sachs] if AIG had failed.”

All of this begs the question why the FRBNY would not drive a better bargain for the American taxpayer. If the FRBNY thought it was necessary to provide another taxpayer bailout of AIG’s counterparties, it should have come to Congress and made its case that this action was necessary. However, if the FRBNY simply paid AIG’s counterparties at par out of expediency, it raises serious questions about its judgment and motives.

It is also disturbing that, at the time this secret deal was made, FRBNY Chairman Stephen Friedman, a member of the board of Goldman Sachs, purchased more than 50,000 shares of Goldman Sachs before knowledge of the FRBNY’s bailout of Goldman Sachs and other AIG counterparties became public knowledge.

According to news reports, this transaction has earned Mr. Friedman over $5 million in profit.

Finally, according to one AIG executive quoted in news reports, the FRBNY may have attempted to manage public disclosure of its decision to pay AIG’s counterparties at par by pressuring the company not to file pertinent documents with the U.S. Securities and Exchange Commission (“SEC”) :

They’d tell us that they don’t think that this or that should be disclosed. They’d say, “Don’t you think your counterparties will be concerned ?” It was much more about protecting the Fed.

These allegations raise serious questions about the transparency, accountability and wisdom of the FRBNY’s actions. 

(...)

Sincerely, Darrell E. Issa

En résumé : avant la faillite, AIG négociait avec les détenteurs de CDS un rabais sur les sommes dues au titre de la couverture du sinistre obligataire, de 40%. Mais la FED de New York a agi sans la moindre publicité pour que ce rabais soit ramené à zéro après la nationalisation de fait d’AIG, ce qui n’est rien moins qu’un énorme cadeau (estimé au minimum à 19 Milliards de $) fait par le contribuable américain aux détenteurs de CDS, et notamment Goldman, Merill, notre bonne vieille société générale et Deutsche Bank. Et au passage, un dirigeant de la FED de New York a fort opportunément réalisé 5 millions de dollars de profit personnel en achetant au très bon moment des actions d’une des banques ayant ainsi reçu, que les employés de la Générale m’excusent cette plaisanterie facile, un "coup de pouce" de quelques milliards de dollars.

Une faillite aurait été nettement préférable au sauvetage par l’état

Il apparait évident qu’en vendant des CDS à des acheteurs à découvert, AIG a quitté son rôle d’assureur et est devenu spéculateur, et a encouragé la mise sur le marché de produits de très mauvaise qualité, dont les acheteurs sincères sont les dindons de la farce. Ajoutons qu’AIG, en se trompant de métier, s’est révélé très mauvais, puisqu’elle a gravement sous estimé la prime de risque qu’elle aurait dû exiger des acheteurs de CDS.

Ajoutons que tout assureur doit, lorsqu’un sinistre se fait jour, effectuer un minimum de recherches pour vérifier si le bénéficiaire du contrat n’a pas commis une fraude. Il semble qu’AIG ait été bien peu diligent en la matière.

Si l’on met à part les questions d’ordre purement frauduleux, il est évident que les détenteurs de CDS auraient dû être pénalisés, au même titre que l’émetteur, par une faillite en ordonnée d’AIG. Et si les mauvaises créances d’AIG avaient provoqué en cascade d’autres faillites, pourvu que le processus de ces dernières ait été correctement géré et vite, avec des accords express d’échange "capital contre dette" (cf cet article et celui ci), alors l’affaire AIG n’aurait en rien représenté le "risque systémique" dont on nous a rebattu les oreilles fin 2008, qui a justifié tant de plans de sauvetage de gros intérêts financiers par l’argent du contribuable.

Mais il y a tellement de politiciens et de hauts fonctionnaires à Washington qui semblent manger au ratelier de Merrill Lynch ou Goldman Sachs, que certains ont estimé qu’il valait mieux mettre le contribuable en coupe réglée pour éviter à ces deux géants financiers d’avoir à supporter des pertes liées à leur inconséquence. Une fois de plus, la collusion entre grandes banques d’affaires et l’état conduit à des fraudes massives.

Leçons : quel type de régulation pour les assurances obligataires ?

Face à l’ampleur du désastre AIG (plus de 90 milliards de fonds publics mobilisés à ce jour), et parce que le marché des CDS était peu réglementé, certains estiment que nous avons affaire à un cas typique de manque de régulation d’une activité privée par la puissance publique. Mais AIG et les autres compagnies qui ont opéré sur ce marché n’ont fait qu’exploiter des manques dans un droit normatif devenu de plus en plus touffu. Un droit plus étoffé sur les CDS n’aurait fait que déplacer le problème vers d’autres failles que le législateur n’aurait pas anticipées. Plus de réglementation ne réglera pas le problème de fond d’un droit normatif devenu foisonnant, inapplicable et plein de failles.

Certains affirment qu’il faut interdire les CDS. Cela parait excessif. Si la vente d’options sur défaut à des non détenteurs d’obligations assurées est une pratique hautement contestable du point de vue assuranciel, et génère sûrement des incitations perverses, l’on ne peut sérieusement interdire à des détenteurs de bons de vouloir s’assurer contre le défaut de paiement de l’émetteur.

La meilleure protection contre les prises de risques excessives des acteurs de la finance n’est pas de tenter de définir de façon exhaustive ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Le meilleur rempart contre trop de défaillances est la quasi certitude que la faillite entrainera le démantèlement de la société ou une restructuration à la hache de son passif et de ses actifs, et que ceux qui arbitreraient sciemment leurs intérêts à court terme contre ceux de l’entreprise et de ses actionnaires à long terme auraient toutes les chances d’être condamnés, quand bien même les manoeuvres incriminées ne feraient l’objet d’aucune codification formelle.

De même, AIG aurait été bien plus prudent si la législation n’avait pas tenté d’écire tout ce qui est permis et tout ce qui est interdit, mais avait simplement tenu en quelques principes de base de respect de la propriété d’autrui, à charge pour la justice de déterminer si la vente d’assurances faillite à de non détenteurs de créances ne constituait pas une incitation à "l’incendie volontaire" portant préjudice aux détenteurs "réels" d’obligations assurables.

Enfin, rappelons que les justices du monde entier semblent se montrer bienveillantes envers les puissants sur l’application du principe de "responsabilité limitée" des dirigeants d’entreprise. La responsabilité limitée ne doit exister que tant que des fautes patentes, par incompétence ou par malhonnêteté, n’ont pas été commises. Toute erreur flagrante de gestion, se traduisant par une mise en danger des créanciers et actionnaires, doit engendrer un risque personnel réel pour les dirigeants impliqués, ce qui les forcerait à se montrer plus regardants sur la gestion des risques internes à leur entreprise.

Conclusion : retrouver les bases libérales du droit

Faillite, principe de responsabilité personnelle pour faute, et jugement sans concession de l’honnêteté des actes passés : ce sont les bases de la régulation libérale des marchés. Or, l’affaire AIG-FED montre qu’à l’évidence, l’administration US actuelle prend le chemin inverse : sauvetage des institutions financières à l’évidence incompétentes, avec blanc seing d’organismes sous contrôle public pour couvrir d’évidentes irrégularités, et aucune sanction contre les dirigeants qui ont conduit AIG vers le désastre.

Répétons le : de tels agissements n’ont rien à voir avec le libéralisme. Ce capitalisme là, qu’un autre auteur a appelé "le capitalisme de Davos", n’est rien moins qu’une mise en coupe réglée de l’économie par une clique qui sait s’assurer les bonnes grâces de l’état complice. Que l’on l’appelle corporatisme, féodalisme, "crony capitalism" ou "collusionnisme", cette cogestion de l’économie par de grands barons des affaires et des hauts fonctionnaires souvent issus des même cercles n’est qu’une perpétuation d’un système de fraude et de spoliation collective.

C’est la collusion entre état et capitalisme financier qu’il faut combattre, et non le renforcement des prérogatives de l’état dans la bonne marche des affaires. Tout accroissement du pouvoir régulateur de l’état ou de ses satellites (tels que la FED), et toute perpétuation des liens incestueux entre grands financiers et gouvernement de Washington, ne peut qu’aboutir à la répétition de tels épisodes dommageables. La solution pour sécuriser le monde des affaires passe par une véritable séparation du capitalisme et de l’état, celui ci n’intervenant que pour sanctionner fraudes et veiller au bon déroulement du réglement des procédures de gestion ordonnée des défaillances.

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16 réactions à cet article    


  • Gandalf Tzecoatl 9 novembre 2009 13:14

    C’est bien gentil de se prétendre libéral, eq de vouloir réduire l’état à sa plus simple expression, et ensuite de décrier le fait que des monstres capitalistiques font la pluie et le beau temps dans les arcanes du pouvoir, si le rapport de force entre les parties n’est pas qu’une question de taille, cela y participe.

    Par ailleurs, les libéraux, les vrais, ne sont pas opposés aux monopoles. Désolé, mais d’un simple point de vue de tissu économiques, la chute d’un monopole financier est un cataclysme que l’économie ne peut supporter. De ce point de vue, vous risquez longtemps d’être placardisé comme idiologie sénile.

    Vous stipulez comme fondamentale le respect de la propriété privée et tolérez le plus souvent en même temps la réserve fractionnaire au sein des banques, qui est à proprement parler une usurpation de propriété.

    Quoiqu’il en soit, les plus gros abus lors de la crise financière ont été pratiqués dans des pays dont la tradition juridique est la common law, encensé par les libéraux. Les pays à tradition de droit romain ont visiblement freinés ces excès.

    Quand à vos propositions de justice privée, elle me fait franchement rigoler. C’est ainsi que vous pensez arriver à la « séparation du capitalisme et de l’état » ?

    Définitivement, le libéralisme économique ne résume à un lobby au profit du capital, gangrénant la démocratie par son démiurge le capitalisme.


    • Gandalf Tzecoatl 9 novembre 2009 13:18

      Bref, encore un libéral qui se propose de résoudre le mal par le mal, ou le libéralisme ne fonctionne pas car il n’est pas assez pur et dur : à d’autres !


      • Alain-Goethe 9 novembre 2009 13:30

        Comment avoir des instances de régulation autonomes, non corrompues et disposant d’un réel pouvoir ?? 
        Question importante !

        J’ai lu récemment ici (je crois) que les réglements de Wall Streetstipulent que une entité X qui fait une « grosse opération » sur des titres d’une société Y reste « anonyme ». Ainsi, Goldman sachs a racheté ces derniers mois un nombre Z de ses actions etc..

        Si d’éventuels petits boursicoteurs voulaient s’hasarder en Bourse, je les trouverais « bien inconscients »....

        A rapprocher de phrase de Rockfeller : «  Si les gens savaient les défauts du système bancaire, ce serait la révolution »


        • fonzibrain fonzibrain 9 novembre 2009 14:23

          On en a plus pour très longtemps, les gens vont finir par peter un cable, sans les médias qui zombifies les gens, il y aurait déja eu des morts !!!


          COMMENT PEUT ON SE FAIRE VOLER À CE POINT SANS QUE PERSONNE NE BRONCHE ?


          • Amada 18 novembre 2009 10:12

            Bonjour fonzibrain


            Comment ? En attendant que quelqu’un bouge. Au lieu de nous rassembler intelligemment et activement pour faire cesser ces cambriolages silencieux. Mais, pour l’heure, notre société est trop émiéttée, et les gueguerres entre « classes » trop prégnantes (et les patrons ceci et les fonctionnaires cela, et les assistés ceci et les indépendants cela). 
            A force on baisse les bras.

            Cordialement
            Amada

          • Mycroft 9 novembre 2009 18:01

            Il y a une faute dans le titre : Ce n’est en effet pas un cas d’école du capitalisme corrompue par l’état, mais bien un cas d’école de l’état corrompu par le capitalisme.

            Sinon, très bon article, merci de révéler un scandale financiers de plus, preuve que l’état est bien complètement corrompu par les financiers, et qu’il est indispensable de dissoudre les parties politiques existant, et de rendre inéligible l’ensemble des membres de la classes politiques et financière occidental.

            Certes, les homme politiques honnêtes subiraient injustement les conséquence d’une telle mesure, mais ils sont désormais complètement paralysés, et incapables de purifier le système. A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle, l’intérêt du peuple et de l’état avant tout.


            • Le péripate Le péripate 9 novembre 2009 18:25

              Qu’aurait dit Bastiat de ce neo protectionnisme que constitue le « too big to fail », la loi et les règlements qui deviennent produits financiers ? A son époque la monnaie étant encore une marchandise difficilement manipulable, et le protectionnisme était encore dans l’enfance de l’Art.

              Et pourtant il avait compris que cette exploitation d’une majorité par une minorité menait fatalement à la revendication impossible à satisfaire de l’exploitation de tous par tous.


              • Johan Johan 9 novembre 2009 20:01


                "Conclusion : retrouver les bases libérales du droit

                Faillite, principe de responsabilité personnelle pour faute, et jugement sans concession de l’honnêteté des actes passés : ce sont les bases de la régulation libérale des marchés.« 

                Je suis tout à fait d’accord avec cette remarque. C’est la moindre des choses. Et je pense également que vu les moyens exorbitants de contournement des mécanismes de régulation à disposition des entreprises, c’est aujourd’hui le levier prioritaire sur lequel nous devrions fonder notre politique économique.

                Ceci dit, lorsqu’il considère qu’une intervention pour sécuriser le reste de l’économie passant par un échange »capital contre résorption des dettes« , je comprends »nationalisation". Et cela, c’est un autre levier politique de régulation que la simple régulation marchande.

                Enfin, je pense que les mécanismes de contournement de la loi doivent être réduits en limitant drastiquement les possibilités offertes aux financiers, dont la titrisation. C’est le préalable indispensable à une régulation plus complète. En attendant, les mécanismes de responsabilité civile (réparation, à envisager au sens large), pénale (peine de prison, interdiction d’exercer une responsabilité économique d’envergure et politique) et économique (faillite) doivent jouer à plein.


                • Vincent Benard Vincent Benard 9 novembre 2009 23:32

                  @ Tous : merci pour votre intérêt.

                  @ Philippe Renève : le titre dit bien que c’est le « sauvetage » d’AIG qui est le cas d’école en question, pas la chute d’AIG. Mais ceci dit, à la relecture, je m’aperçois que mon titre n’est pas très bien choisi.

                  AIG s’est bien vautré tout seul, je ne dis pas le contraire. Dans une société libérale « idéale » - qui n’existe pas plus, je vous l’accorde, que la société socialiste idéale, car l’homme est imparfait -, il existe des mécanismes qui permettent de traiter ce genre de défaillance : la faillite, qui est sanctionnée soit par une négociation avec des créanciers et des repreneurs, soit la liquidation. Et accessoirement, si des dirigeants ont « déconné grave », la sanction personnelle.

                  Mais dans le cas présent, le mécanisme de faillite, qui serait le plus vertueux, a bel et bien, ici, été vicié par l’intervention de l’état, qui vient en fait en aide à certains créanciers très protégés... Et qui une fois de plus sauve des grands intérêts financiers de la faillite, perpétuant l’idée qu’une banque « too big to fail » peut tenir l’état et le contribuable par les c....

                  Je pense que même si nous différons sur les solutions, vous serez d’accord pour dire que l’argent public n’a pas a récompenser des entreprises qui se sont montrées aussi inconséquentes.

                  @ Mycroft : « Ce n’est en effet pas un cas d’école du capitalisme corrompue par l’état, mais bien un cas d’école de l’état corrompu par le capitalisme ».

                  je pense qu’il y a rétro-action entre certaines branches pourries de l’état et certains capitalistes corrompus. Le débat de l’oeuf et de la poule serait ici inapproprié. Levitt et Dubner fournissent dans leurs écrits des données intéressantes sur le pourcentage de gens malhonnêtes (en gros, dans le contexte de test, environ 10-15% // Ce n’est pas « énorme », mais leur pouvoir de nuisance peut être plus important), et la propension de cette proportion à augmenter au sommet des hiérarchies, publiques comme privées. La qualité des institutions, leur « design », et la façon dont est fabriquée la loi, sont donc essentiels pour éviter que la corruption inévitable de quelques uns n’entraine des dégâts « systémiques ». Pour cela, il me semble qu’il faut que le système législatif empêche la corruption potentielle privée de pouvoir trouver un terrain d’entente avec la corruption potentielle publique.

                  On ne peut que constater que la société actuelle a complètement failli de ce point de vue.

                  Et, au risque de contenter certains contradicteurs, reconnaissons que nous autres libéraux (pas tous, il y en a de meilleurs que moi...), avons eu trop tendance à croire que c’était la nature privée de certaines institutions qui pouvait les protéger de telles erreurs, que le pouvoir et le contrôle de l’actionariat serait suffisant pour empêcher une dérive systématique des institutions financières. A ce sujet, le témoignage de Greenspan devant le congrès, ou il reconnait s’être trompé sur la force de l’instinct de préservation qui aurait du mener les entreprises du secteur financier à s’autodiscipliner, est un formidable aveu de naïveté (mais je pensais la même chose, je ne me moque pas gratuitement de greenspan).

                  @ Léon : Je ne dis pas autre chose. L’état régalien qui sanctionne bcp le malhonnête, suffisamment l’incompétent ou le négligent, et qui fait respecter les contrats (et les réglements des faillites, cas ultime d’impossibilité de respecter les contrats) peut être la meilleure des choses s’il ne se laisse pas lui même tenter par la complaisance vis à vis d’intérêts spéciaux, et la pire s’il se mêle de choisir les « gagnants » à la place du marché, car il va alors prêter le flanc à des tentatives de manipulation par des groupes d’intérêts bien organisés qui vont détourner à leur profit des ressources parfois considérables au détriment d’autrui. Mais vous connaissez les théories du Public Choice aussi bien que moi.

                  @ Le péripate : A l’époque de Bastiat, le protectionnisme, loin d’être enfantin, existait bel et bien sous la forme de « territoires réservés » par le biais des empires coloniaux, et c’est à la même époque (1846, 4 ans avant la mort de Bastiat) que Cobden a réussi à faire lever les barrières douanières en grande bretagne à l’importation de céréales, ce qui allait produire un boom économique remarquable. Et je ne remonte pas aux blocus napoléoniens. Bref, le protectionnisme était une réalité, et tout le mérite des bastiat, smith et qqs autres, dont cobden, a été d’en comprendre bien avant tout le monde la nocivité.

                  Ceci dit, pour le reste, totalement d’accord, Bastiat aurait bien tourné un sophisme contre les gros banquiers subventionnés qui tiennent l’état par la barbichette.

                  @ johan : « Ceci dit, lorsqu’il considère qu’une intervention pour sécuriser le reste de l’économie passant par un échange »capital contre résorption des dettes« , je comprends »nationalisation« .

                  Non. Il s’agit de restructuration de passif entre actionnaires et créanciers (un peu comme pour la restructuration du passif d’Eurotunnel, mais en plus rapide, si vous voyez ce que je veux dire). Le mécanisme que j’évoque est explicité dans cet article que j’ai publié pour l’Agefi.

                  Pour ce qui est de la titrisation : La titrisation a certes joué un rôle dans le déclenchement de la crise, mais :

                  1- on ne parle pas de toutes les titrisations, mais de certaines techniques de titrisation - Mais les techniques de titrisation sont anciennes. Leur essor date de la création de... Fannie Mae, dont nous rappellerons que c’était un organisme public lors de sa création en 1938, organisme rendu nécessaire parce que les lois américaines en vigueur à l’époque (McFadden Act de 27 et amendement Douglas de 35, et aussi certaines provisions du Glass Steagall de 33) interdisaient aux banques privées d’utiliser les méthodes normales de diversification des risques pour proposer du crédit. Voir cet article pour les détails

                  2- ces techniques de titrisation n’auraient pas trouvé de tels débouchés si les états ne s’étaient pas laissé fourguer par la banque des réglements internationaux (en gros, le groupement d’intérêt des banques centrales) l’usine à gaz de Bâle II. Typiquement le type de réglementation qui, quoi qu’il arrive, sera toujours contournée. en gros, une réglementation censée résoudre la crise du passé créer toujours les conditions de la nouvelle crise de l’avenir.
                  j’explique tout cela ici.
                   
                  Bref, les techniques de titrisation peuvent avoir un marché naturel de niches, mais il ne faut pas favoriser la »titrisation de déguisement", celle qui a permis de faire croire qu’on pouvait transformer des prêts à des ménages avec un credit rating douteux en obligations AAA...

                  Tout à fait OK sur votre dernière phrase.


                  • Johan Johan 14 novembre 2009 01:05

                    @ Vincent Bernard

                    Merci de votre réponse.

                    La titrisation me préoccupe sur deux points.

                    Tout d’abord, la question de la création monétaire par les banques. Ceci constitue selon moi une prérogative exorbitante qui n’a pas en soi déclanché la crise, mais qui a abouti au credit crunch que nous avons subi. Les ratios prudentiels qui l’encadraient sont très facilement contournables par titrisation. Je pense que les banques ne devraient pas pouvoir trop « diversifier leurs risques », justement. Leur métier consiste précisément à l’apprécier, et en cela elles jouent un rôle essentiel dans notre système et justifient leurs profits ainsi.

                    Deuxième point contre la titrisation, à rapprocher de la question de l’appréciation des risques, est le niveau très élevé d’asymétrie d’information concernant les titres. Je crois que la puissance publique a un rôle à jouer ici aussi.

                    Le marché bancaire présente de fortes barrières à l’entrée et est extrêmement imbriqué dans le reste du tissu économique. En outre, c’est un secteur stratégique. C’est pourquoi les mécanismes classiques de responsabilité civiles et pénales sont certes essentiels, mais insuffisants : on ne peut pas se contenter de laisser couler les fautifs et de punir les responsables en attendant qu’un autre acteur prenne rapidement le relai.

                    Je suis bien conscient de tous les mécanismes de contournement des législations qui sont ouverts aux entreprises, en particulier dans une économie ouverte et relativement peu régulée internationalement. Il n’en demeure pas moins que l’état actuel des choses n’est pas satisfaisant.


                  • Gandalf Tzecoatl 9 novembre 2009 23:57

                    Non, le libéralisme a définitivement un prêt-à-penser autrement plus inconséquent que ne veut l’admettre l’auteur :

                    L’intérêt individuel peut être privilégié à court-terme de par sa lisibilité contre le long-terme ;
                    Dans le cadre de la crise actuelle ou celle d’Enron, l’intérêt individuel des dirigeants rentre pleinement en conflit avec l’intérêt de 300 000 salariés ;

                    L’éthique scripturale dont s’amourachent régulièrement les libéraux n’a strictement rien à voir avec les faits, et l’entreprise présente cherchant à blanchir la cause ne fait aucunement illusion.


                    • M.Junior Junior M 10 novembre 2009 02:23

                      La nature économique répond aux mêmes lois de l’évolution.

                      A partir d’une certaine taille, la mort est inévitable.

                      Avec l’évolution, l’état pense recréer de la vie, il ne fait que la prolonger de quelques instants.

                      L’homme qui a toujours besoin d’explications cherche sans fin avant d’accepter la réalité de l’existence.

                      Oui, il aurait mieux fallu laisser AIG mourir de sa belle mort. L’économie de l’assurance s’en saurait retrouvée régénérer.

                      Vivement que tous ces mastodontes ne s’écroulent tels les dinosaures en leur temps de règne.


                      • nhjsenior 12 novembre 2009 01:08

                        Liberalisme : Une idéologie comme une autre, pire une idéologie capitaliste.

                        Cher auteur ,votre article est intéressant et nous permet de bien comprendre les liens étroits entre les élites économiques et politiques et la manière dont ceux ci mettent le monde en danger. Vous défendez avec courage la philosophie libérale et dénoncez les méfaits « de la collusion entre état et capitalisme financier » ainsi que la « perpétuation des liens incestueux entre grands financiers et gouvernement »

                        Pourtant le libéralisme est le cheval de bataille du capitalisme. Récompensé par un prix Nobel, Friedman, est le maitre à penser de ce nouvel ordre. Quand on voit la manière dont différents états (que Friedman et l’ Ecole de Chicago ont eu l’honneur de conseiller) ont mis en application cette philosophie, on ne peut que ressentir que du dégoût. A ce titre le nombre d’homme au pouvoir avouant leur « naiveté » face aux méfait du libéralisme (qui les a grassement enrichis et qu’ils ont défendu bec et ongle) est sidérant !

                        Pour ma part je range le libéralisme au même statut que le communisme, le socialisme et autre systèmes de pensée en « isme ». A savoir que ce sont des belles idées théoriques, mais malheureusement, que les hommes chargés de leur mises en oeuvres ont dévoyés à leurs profits en laissant sur le côté des millions d’êtres humains dans la misère voire pire en les réduisants à une mort certaine voire plannifiée. Le monde d’aujourdh’ui ne diffère pas d’hier.

                        Le libéralisme ou du moins son interprétation par les classes dominantes ne fait pas exception, cela fait près de 40 ans que nous en subissons les conséquences. Depuis des milliers d’années les hommes ont crus à des systèmes de pensée récupérés par les pouvoirs en place. Je suis convaincu que les rapports entres le pouvoir financier et les gouvernants ne sont pas incestueux mais résultent de l’ordre naturel du monde depuis plusieurs milliers d’années

                        Seul une révolution éthique (non limitée à la sphère sociale ou économique) au cours de laquelle tous les systèmes d’oppression disparaissent (1) permettra à l’humanité d’émerger vers un nouvel ordre mondial où l’homme trouvera enfin sa place au sein de l’univers. Et de plus il y a urgence, notre brave planète semble nous avertir que l’homme à atteint des limites dangereuses. L’heure n’est plus à à analyser si un système est bon ou mauvais ou de la manière à réguler les pratiques humaines pour une application positive du dit système.

                        Merci de répondre a cette question qui me taraude : Pourquoi le capitalisme à t il choisi le libéralisme comme idéologie si ce n’est que le libéralisme est l’expression la plus radicale du capitalisme.

                        (1) parmi lesquelles je citerai la propriété comme vecteur principal du capitalisme libéral et de tous les abus qui en découlent.


                        • Philou017 Philou017 15 novembre 2009 14:38

                          L’auteur : «  »Répétons le : de tels agissements n’ont rien à voir avec le libéralisme. Ce capitalisme là, qu’un autre auteur a appelé « le capitalisme de Davos », n’est rien moins qu’une mise en coupe réglée de l’économie par une clique qui sait s’assurer les bonnes grâces de l’état complice. « 

                          Vous vous faites de douces illusions. Le capitalisme a toujours fonctionné comme cela, de façon plus ou moins voyante. Vous n’avez pas encore compris que la dérive des systèmes capitalistes qui consiste à faire un maximum de bénéfices sur le dos de la société fait partie intégrante du système et de la nature humaine telle qu’elle existe aujourd’hui.

                          Seule la loi et la régulation par l’état dans le sens de l’intérêt général peut limiter ces dérives.Penser autrement ne peut qu’être l’expression d’une utopie assez étonnante par ces temps où la dérégulation amène de façon évidente les incroyables dérives auxquelles on assiste.

                          Le capitalisme encourage de tout temps l’avidité et l’égoïsme. Et plus c’est dérégulé, plus c’est évident. Seule un aveuglement idéologique comme le votre peut vous empêcher de le voir clairement. J’ai du mal à comprendre comment quelqu’un comme vous, qui a un discours construit et moral, peut persévérer dans une telle vision des choses.

                          J’ai été voir sur votre blog :

                           »Je suis un ancien militant syndical , passé graduellement au libéralisme entre 94 et 2000, ayant fini par déduire de mes multiples expériences personnelles et professionnelles que l’intervention de l’état ne résolvait que rarement les problèmes de société qu’elles prétendait combattre, mais qu’elle était au contraire en grande partie le problème.« 

                          Apparemment , votre opinion se base uniquement sur une analyse du fonctionnement des entreprises et de leur rapport à l’état dans l’état actuel des choses. Il est vrai que le passage du modèle Français basé sur un dirigisme régulateur de l’état à un mode libéral n’a pas été sans dérives et mauvais ajustements.

                          Mais on peut toujours gloser sur les relations états-entreprise, votre position ignore fondamentalement deux aspects de base du problème ;

                          L’équilibre entre la recherche de profit du capitalisme et les besoins des gens repose sur un rapport de force. Le libéralisme invalide ce rapport de force en faveur du capitalisme de façon extrême et précarise un monde du travail qui ne peut plus se défendre face à la pression du »résultat« et de la »rentabilité" exigée par un système avide de profits.

                          D’autre part, le capitalisme qui n’a pour objectif que de faire des profits, et n’a aucune préoccupation sociale ou d’intérêt général ne peut que connaitre les pires dérives si on le dérégule. C’est ce qui se passe.

                          Je ne comprend pas que ca vous étonne.

                          L’auteur : "C’est la collusion entre état et capitalisme financier qu’il faut combattre, et non le renforcement des prérogatives de l’état dans la bonne marche des affaires. « 

                          Vous êtes rigolo. De tout temps, il y a eu une alliance objective entre le pouvoir et les forces de l’argent, et je dis cela sans idéologie aucune.

                          Au Moyen-age, les rois avaient besoin du financement des notables pour financer leurs projets (investissements, guerres, infrastructures).

                          C’est devenu encore plus vrai à notre époque industrielle, où cette dépendance d’abord envers une élite capitaliste, est devenue une dépendance à l’égard d’un système financier de plus en plus puissant, et notamment aux banques.

                          Dans l’entre-deux guerres, le gouvernement dépendait du bon vouloir du »Comité des Forges« pour obtenir des prêts, y compris le Front populaire. Après la guerre, la dépendance s’est déplacée vers les banques. Aujourd’hui, l’énorme dette de l’état le rend dépendant des banques qui tiennent ses créances. Ce qui explique son asservissement à celles-ci.

                          D’autre part les politiques dans notre système électoral dépendent des financiers pour financer leur campagne, même avec le remboursement de l’état.

                          Ces relations incestueuses Pouvoir-finances ont toujours existé. le libéralisme ne fait que les rendre plus évidentes et incontournables.

                          En libéralisme, le pouvoir des entreprises et des établissements financiers augmente. Ils deviennent tout-puissants. Ce qui veut dire qu’ils ont forcement plus d’emprise sur l’état, quel qu’il soit.

                          Il faut se souvenir du ministre socialiste Jospin allant dérouler le tapis rouge à Toyota à Valenciennes pour s’en convaincre, si besoin est.

                          Il suffit d’entendre les rotomontades du G20 sur son désir de »moraliser le capitalisme« et le peu de mesures prises effectivement pour se rendre compte qui dépend de qui.

                           »Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir".


                          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 15 novembre 2009 18:40

                            @ Vincent Benard : Bravo pour votre article.

                            @ Philou017 : Vous dites que le capitalisme cherche à faire le maximum de profit. C’est tout à fait exact.
                            Mais c’est le rôle des entreprises que de faire des profits.

                            Concernant l’intérêt général, expliquez moi par quel miracle, un individu lambda l’ignorera s’il travaille dans le privé et lui sera tout dévoué s’il travail dans la fonction publique ?

                            Comme le dit V. Benard, il y aura toujours un pourcentage de vers dans le fruits.

                            Toute la différence est dans la distribution des rôles. Le rôle de l’état, c’est de faire respecter la loi, de défendre et protéger les citoyens. Dans ce cas, quand quelqu’un subit une injustice, il peut se tourner vers lui.

                            En revanche, quand un politique, lui-même, se mêle des affaires économiques, il devient lui-même un acteur, avec les mêmes travers mais avec la responsabilité en moins : S’il gagne, c’est tout bénef, s’il perd, les contribuables paieront et au pire, il risque de perdre la prochaine élection.

                            La supériorité de la pensée libérale, c’est premièrement qu’elle intègre les défaillances humaines en privilégiant les équilibre de pouvoir, qu’elle respecte la dignité de tous et qu’elle ne se donne pas comme mission de vouloir changer l’être humain.

                            Une politique dirigiste, pense au contraire que son élite devrait être omniscience, et d’une honnêteté absolue, et que sont rôle est de changer l’être humain. Ce qui est le plus court chemin vers la tyrannie.


                            • BA 16 novembre 2009 00:46

                              LEAP/E2020 est une entreprise de prospective. LEAP/E2020 vient de diffuser son dernier bulletin de prévision le 15 novembre 2009.

                              Lisez cet article exceptionnel :

                              «  Les Etats face aux trois options brutales de 2010  : inflation, forte pression fiscale, ou cessation de paiement.

                              Comme anticipé par LEAP/E2020 en Février dernier, faute de refonte majeure du système monétaire international, le monde est bien en train d’entrer actuellement dans la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise systémique globale. Pour l’année 2010, sur fond de dépression économique et sociale, et de protectionnisme accru, cette évolution va ainsi condamner un grand nombre d’Etats à choisir entre trois options brutales, à savoir  : l’inflation, la forte hausse de la pression fiscale, ou la cessation de paiement.

                              http://www.europe2020.org/spip.php?article625&lang=fr

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