Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’affaire Rhodia

L’affaire Rhodia

Quel point commun y a-t-il, en effet, entre la cession douteuse, car à bas prix, de Canal Plus Technologies à Thomson Multimédia, l’entente illicite entre les trois opérateurs français de téléphonie mobile (le yalta des parts de marché), et le scandale financier de Rhodia ? La présence, comme dirigeant, de T. Breton. Comme PDG dans les deux premier cas, comme administrateur et président du comité d’audit dans le troisième.

L’affaire Rhodia débute judiciairement avec une plainte contre X pour "présentation de comptes inexacts, diffusion d’informations fausses ou mensongères, délit d’initié et recel de délit d’initié".

À l’origine de la plainte, deux actionnaires minoritaires de Rhodia, qui s’estiment lésés : le banquier Edouard Stern, assassiné à son domicile à Genève en mars 2005, et le financier Hugues de Lasteyrie.

Rhodia est une entreprise chimique, filiale d’Aventis, (géant du secteur issu de la fusion entre Rhône-Poulenc et Hoechst), suspectée d’avoir dissimulé la situation réelle de Rhodia au moment de sa vente.

En effet, au moment de sa filialisation, Rhodia a reçu un certain nombre de passifs qui n’étaient pas provisionnés de façon suffisante dans les comptes de l’entreprise.

Rhodia rachète ainsi la société britannique Albright & Wilson et la société américaine Chirax, pour un prix surévalué d’environ un milliard d’euros (compte tenu des pertes cachées), afin de doper le cours de l’action Rhodia au moment où Aventis l’a placée sur le marché.

Très vite, cette situation entraîne pour Rhodia une perte de 2 milliards d’euros, ainsi qu’une chute de la valeur de l’action de 93%, entre 1998 et 2002.

A cette période, entre 1998 et 2002, Thierry Breton était administrateur de Rhodia et également président de son comité d’audit, justement en charge de veiller à la légalité des comptes.

Selon IRR, société du groupe Stern, Edouard Stern aurait perdu dans l’affaire 78 millions d’euros quand M. Breton, lui, dans le même temps, en gagnait 3.

L’affaire rebondit lorsque Hugues de Lasteyrie, allégé de 40 millions d’euros dans l’aventure, découvre que le rapport, sur lequel l’Autorité des marchés financiers (l’AMF) s’est fondée pour rendre sa décision, a en réalité été expurgé des pages les plus délicates pour Thierry Breton. Il adresse alors à la justice une lettre, dans laquelle il fait part de ses découvertes gênantes pour le gendarme de la Bourse.

Il existe ainsi deux versions du rapport final de l’enquête sur l’information financière délivrée par Rhodia depuis 2000. La réécriture aurait été faite en urgence, afin d’éviter une éventuelle implication de celui qui devient, le 25 février 2005, ministre de l’économie et des finances. Le premier rapport des enquêteurs, fruit de dix-neuf mois de travail, aurait en réalité été rendu le 20 janvier 2005, alors qu’Hervé Gaymard était encore ministre de l’économie.

Jeudi 19 janvier, l’AMF a démenti "formellement" les informations parues dans Le Canard enchaîné (et reprises par le Financial Times), selon lesquelles elle aurait procédé à la réécriture de son rapport d’enquête sur l’affaire Rhodia "sous l’effet de pressions", jugeant "diffamatoires" de telles affirmations.

Pourtant, toujours selon Le Canard enchaîné, le collège de l’AMF se serait réuni le 22 mars 2005, et aurait, sur la base du rapport qui lui était alors présenté, décrété que tous les faits concernant Albright & Wilson étaient prescrits (soit le tiers de l’enquête), et que les autres irrégularités n’avaient commencé que fin 2002, période à laquelle Thierry Breton était alors devenu le nouveau PDG de France Telecom.


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (1 vote)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • benmat (---.---.224.95) 25 janvier 2006 04:23

    On recherche donc un coupable !! L’affaire Rhodia, puisqu’il s’agit d’une affaire alimente depuis des années les débats pour illustrer la malveillance des grandes entreprises. J’ai l’impression que nous Français, nous sommes en manque d’un Enron. Nous aussi on veut notre grand scandale financier. On a pourtant déjà eu Vivendi. Mais, on s’acharne sur Rhodia et indirectement, ou directement à Thierry Breton. Bien. Je ne suis pas contre. Ce qui me fait le plus de mal, c’est qu’en se focalisant sur les enjeux financiers, on occulte ce qui me paraît réellement grave autour de Rhodia : les multiples polutions engendrées par ses activités. Que ce soit au Brésil, en Europe du Nord et dans une moindre mesure en France (notamment à La Rochelle). Il y a là un véritable effort d’investigation à mener. Mais les choses sont rendues difficile par les salariés de Rhodia eux-mêmes. A la fois victimes des pollutions mais également attachés à leur emploi. Pour revenir à « l’affaire financière », il faut revenir à l’origine de Rhodia qui est en fait une « poubelle » dont Rhône Poulenc s’est séparé pour se présenter plus « belle » lors de l’introduction en Bourse. Plutôt que d’attaquer Breton, je pense qu’il serait plus pertinent de s’attaquer à Jean-René Fourtou. Tiens ! On revient sur Vivendi !!! C’est compliqué les noyaux durs français. Help Monsieur Balladur.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès