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L’Algérie, un marché à fort potentiel d’exportation à condition… de bien respecter les règles !

La rencontre organisée jeudi 17 juin au siège de HSBC France, à Paris sur les Champs-Elysées, à l’initiative de Hervé Solignac Lecomte, « Head of Trade and Supply Chain » de HSBC, aura été fort utile aux participants, qui ont pu apprécier des intervenions de praticiens du commerce international. Et si les témoignages attestaient d’une grande expertise, le message essentiel se révélait d’une grande simplicité : l’Algérie reste un marché à fort potentiel d’exportation pour les entreprises françaises, mais il est impératif de bien respecter les réglementations en vigueur…

Après le propos liminaire de Hervé Solignac Lecomte, qui rappela le contexte nouveau créé par la loi de finances complémentaire algérienne pour 2009, entrée en vigueur au mois d’août dernier, le premier intervenant, Patrick Rochouse, Conseiller du commerce extérieur de la France, évoqua les fondamentaux de l’Algérie, et de ses relations économiques avec l’Europe et la France : malgré la baisse des revenus du pétrole de ces dernières années, l’Algérie dispose à ce jour de 149 Mds $ de réserves de change, et ses échanges avec l’Union européenne représentent aujourd’hui 50 % de son commerce extérieur, contre 25,6 % en 2008.

Pour la France, l’Algérie reste un partenaire commercial de premier plan, proche géographiquement et culturellement : le montant des échanges entre les deux pays a doublé en dix ans, franchissant pour la première fois le seuil des 10 Mds € (+ 41%) ; la France est le 6e client et le 1er fournisseur de l’Algérie, avec une part de marché supérieure à 18 % en 2010, ainsi que le 1er investisseur étranger (hors hydrocarbures), et l’Algérie reste le 3e client de la France hors OCDE, avec 5 Mds €.

Du bon usage du CREDOC…

Patrick Rochouse rappela aussi le nouveau contexte né la Loi de finances complémentaire du 26 juillet 2009, et qui avait en son temps soulevé polémiques et malentendus, notamment à propos de l’obligation faite aux opérateurs économiques étrangers installés en Algérie de céder 51 % du capital de leur société à un partenaire algérien.

Autre mesure phare et sujette à polémiques, l’établissement du Crédoc, acronyme du système du « Crédit Documentaire », selon lequel ce sont les banques algériennes – et non plus directement l’acheteur algérien – qui règlent un montant préalablement défini au fournisseur étranger d’une marchandise ou d’un service, contre la remise, dans un délai déterminé, de documents prouvant que les marchandises ont été expédiées ou que les prestations ou services ont été effectuées. Ce dispositif étant destiné, selon l’argument des autorités algériennes, à lutter contre « les importations inutiles », l’Algérie ayant importé en 2008 quelque 40 Mds $ de marchandises ou services – contre 27 Mds $ en 2007 et 18 Mds $ en 2004, et pour un PIB 2008 de 171 Mds $.

Mais, ce dispositif, s’il peut sembler très sécurisant pour les exportateurs, n’a pourtant pas fait l’unanimité, car il contraint l’importateur à provisionner obligatoirement l’engagement par signature pris par sa banque, ce qui peut créer une tension sur la trésorerie, notamment des TPE-PME, et donc avoir un effet dissuasif et… limiter les importations.

La loi et les bonnes pratiques

Reste que « la loi est la loi », et, durant une intervention fort appréciée par l’assistance de chefs d’entreprise, et qui dura près d’une heure, Nazim Bessaih, Directeur Algérie de TSC HSBC, donna un aperçu pragmatique et détaillé des procédures à respecter afin que tout se passe bien.

En fait, commenta-t-il, « 80 % des difficultés proviennent de dossiers mal renseignés ». Et il faut bien comprendre que le banquier lui-même est soumis aux dispositions de la loi, l’article 46 du Règlement 01-07 de la Banque centrale d’Algérie affirmant d’ailleurs clairement la primauté du droit local algérien sur le droit commercial, et du droit sur les usages.

Parmi les « bonnes pratiques » à observer, on relèvera notamment l’obligation d’un « cachet humide » et de la signature sur la facture de l’entreprise exportatrice, car, même si le banquier peut s’accommoder d’une facture numérique, le douanier, lui, n’hésitera pas à récuser la validité d’une pièce électronique, conformément d’ailleurs à l’Article 04 du décret exécutif 05-48 du 10 décembre 2005, précisa encore Nazim Bessaih. Et de s’exclamer : « Une infraction au contrôle des changes, c’est du pénal ! ».

Le respect de la notion de territorialité d’origine de la marchandise est aussi un paramètre très important, expliqua encore l’orateur : toute prestation de service ou marchandise payable depuis l’Algérie doit être servie ou destinée exclusivement à l’Algérie, et toute assurance liée au transport doit être payée en Algérie…

Bref, notons que la liste des contraintes évoquées par Nazim Bessaih serait encore longue si l’on voulait les citer toutes et, surtout, retenons le fond de son message, maintes fois répété : pour bien commercer avec l’Algérie, « il est impératif de bien respecter les réglementations en vigueur » car, pour le législateur, « le respect du droit algérien est une question de souveraineté nationale ».

© Alfred Mignot pour leJmed.fr
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10 réactions à cet article    


  • Bulgroz 30 juin 2010 15:36

    Pour mesurer le degré de fiabilité de l’Algérie en matière de commerce :

    i) l’Algérie est toujours candidate à l’OMC après plus de 20 ans de discussions. Le Maroc, la Tunisie et l’Egypte sont adhérents depuis 1995. A ce titre, l’Algérie est au même rang que la Libye ou l’Ouzbekistan.

    ii) le degré de confiance se mesure par le montant des IDE. L’Algérie se situe au 54ième rang en terme d’investissements Français à l’étranger après le Yemen (52ième) et l’Egypte (16ième). 

    Quand je lis dans le compte rendu du IIIe Forum annuel du REAGE que vous citez : « L’Algérie et la France : un partenariat (déjà) d’exception » en s’extasiant justement sur le montant des IDE, je rigole un peu !!.

    Tiens, ça me fait penser à ce que j’ai lu il y a peu : « L’Algérie veut recevoir 20 millions de touristes en 2025 » 

    Par : Mourad KEZZAR

    Réaliser en 2025 ce que la Tunisie, le Maroc et l’Égypte réunis ont réalisé ensemble sur 20 ans est le défi de l’Algérie touristique. La volonté politique existe et le débat est amorcé dès aujourd’hui à Alger.

    Durant les 17 prochaines années, un gigantesque effort est attendu pour séduire, graduellement, les touristes étrangers afin de les ramener de 20 000 au maximum, actuellement, à 20 millions au minimum par an, dès 2025.

    Quand on sait que chaque année, les consulats d’Algérie en France délivrent 1500 visas contre 170 000 visas délivrés par les consulats de France en Algérie !!!

    Mais pourquoi ne pas espérer !!!


    • TOHT 30 juin 2010 16:33

      Vous oubliez un argument mélant l’histoire particulière entre les 2 pays. Le BTP a perdu dernièrement des marchés important (prblt tarif chine avec une MO d’exploité pénal ou expatriation). Bref, les différents prblt ont fait qu’il y a une prédictions aux solutions ingénieuring Francais.

      Ce marché est un potentiel énorme, pour le tourisme il est évident qu’il y aura ceratinement beaucoup plus de demande et flux financier entre ces 2 cotés de la méditérannée que celui du proche orient. Les compagnie Accoor & autres voyagiste ne s’y trompent pas. Enfin, que le pays réagissent en rappellant la supériorité du droit national à ceux dit supra national devrait pourtant faire réfléchir


      • inès 30 juin 2010 18:29

        Alfred Mignot

        Je vous remercie pour votre article que j’avais déjà lu sur votre site. Site d’ailleurs que je fréquente souvent, surtout les articles sur la Turquie.

        Il serait bien que vous mettiez sur Agoravox l’article suivant : 
        Le bel avenir de la Turquie : un futur géant économique… trop méconnu en France !


        • inès 30 juin 2010 18:36

           Alfred Mignot

          Les PSEM ont été à l’honneur par un sujet du Bac 2010 en géographie qui traitait surtout d’économie. C’est significatif de l’ouverture de la France sur les pays de la Méditerranée.


          • anty 30 juin 2010 21:53

            forte exportation des islamistes dont le gouvernement d’alger ne sais plus quoi en faire....


          • jaja jaja 30 juin 2010 21:58

            Par contre pas d’exportation de nos rascos.... On doit faire avec...


          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 1er juillet 2010 10:48

            « Pour la France, l’Algérie reste un partenaire commercial de premier plan, proche géographiquement et culturellement »

            Disons, proche géographiquement et assimilé, soumis et dominé culturellement, c’est plus explicite !

            Pour la France, l’Algérie reste une colonie colonisée et une réseve d’hommes et d’énergie au service du développement durable de la Mère Patrie Française !

            Tant que les choses ne sont pas claires, à savoir qui gouverne qui ici et là, on assistera au développement de l’économie française en même temps qu’à la désertification du territoire algérien !

            Mais n’oubliez jamais, le monde est irrationnel et la malédiction existe : On n’a rien pour rien !


            Mohammed MADJOUR.


            • Captain Zeupa 1er juillet 2010 11:35

              L’Algérie sera un partenaire commercial lorsqu’elle sera bienveillante envers la France et l’Europe. Et ce n’est pas pour demain apparemment.

              Je pense notamment au projet de loi algérien récent de condamner la France pour génocide durant l’Algérie française.

              Et aussi l’expulsion récente de chrétiens et évêques de son territoire.


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 1er juillet 2010 13:04

                naïveté quand tu nous tiens...

                C’est juste une pièce de théatre pour amuser les foules. Vous croyez sincèrement que les adeptes de la « Real Politik » en ont quelque chose à faire des cadavres que les deux pays trainent dans leur placards ?

                Dix-neuf ans après la fermeture de B2-Namous, le Nouvel Observateur révélait l’existence de cette base française d’essais d’armes chimiques de plusieurs milliers de kilomètres carrés dans le Sahara algérien (N.O, 23/10/1997), ce qui n’est pas rien, mais aussi la complicité foncière des liens entre états et armées, français et algériens, quels que soient leurs simulacres de chicanes officielles, ce qui est bien plus.


              • Pelmato 1er juillet 2010 12:00

                C’est pas finis les vieilles querelle et autres rancœurs passés… ?
                A chaque article sur l’Algérie quelque soit le sujet on y a toujours droit.

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