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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Allemagne et la France...

L’Allemagne et la France...

Je fais régulièrement des comparaisons dans ce blog entre les attitudes de l’Allemagne et de la France face aux difficultés économiques et au problème du chomage. Car nos deux pays ont des positionnements similaires dans ce domaine, c’est à dire un manque de compétitivité face aux nouveaux pays émergents intra ou extra européens. Ce manque de compétitivité étant lui même lié à des côuts de production élévés du fait des niveaux des salaires et de protection sociale.

L’attitude des entreprises, des syndicats et des Pouvoirs Publics est par contre assez différente puisque j’ai eu l’occasion de vous faire part à plusieurs reprises des accords d’entreprises signés en Allemagne avec les syndicats pour diminuer les prix de revient en augmentant le temps de travail sans compensation salariale mais par contre en échange d’engagement des entreprises de maintien des usines et des postes sur le territoire national. En France par contre, la notion de prix de revient est totalement inconnue, « on » pense que l’on peut diminuer le temps de travail et augmenter les salaires sans que la compétitivité de nos produits en soit affectée et « on » pense qu’on peut augmenter les dépenses de l’Etat indéfiniment sans impact sur les prix de revient des produits que nous fabriquons et nous vendons.

Je voudrais donc signaler deux nouvelles intéréssantes sur l’attitude allemande :

Tout d’abord un nouvel accord syndicat/entreprises dans le BTP pour accepter de revenir à la semaine de 40 heures sans compensation salariale à partir du 1er janvier 2006 en échange d’une garantie d’emploi de la part du patronat Allemand. Cet accord concerne 800 000 travailleurs en Allemagne. Il fait suite à des accords similaires dans l’Electronique, dans la totalité de l’industrie automobile,dans l’alimentaire et dans le tourisme.Même un entreprise publique comme la Deutsche Bahn, la SNCF allemande, ou les fonctionnaires allemands, étudient une augmentation des temps de travail.

Ensuite l’introduction dans le programme d’Angela Merkel, leader du parti Chretien Démocrate et bien placée pour gagner éventuellement les élections législatives de septembre, d’une idée dont la paternité me semble revenir à Monsieur Verofstadt, premier ministre Belge et ex candidat à la présidence de la Commission Européenne, qui est de diminuer les charges sociales et de compenser la perte de recettes en augmentant la TVA. Le résultat en étant de diminuer le cout du travail pour les produits fabriqués en Allemagne tout en en maintenant le prix de vente au particulier par l’augmentation équivalente de la TVA. Par contre les produits importés des pays à bas cout verraient leur prix de ventes augmenter de l’augmentation de TVA. Avantage pour les productions allemandes et pénalisation pour les produits importés...

Coté Français, toujours le même immobilisme et la même préférence pour les débats intellectuels et théoriques au détriment du pragmatisme.Les travailleurs qui entre temps perdent leurs emplois, apprécieront cette absence d’idées nouvelles.

Je ne pretends pas que les idées allemandes vont réussir à court terme, mais leurs syndicats, leurs entreprenuers et leurs hommes politiques sont tout aussi intelligents que les notres. Peut être devraient ils se parler...


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2 réactions à cet article    


  • anne montanaro (---.---.130.166) 15 juillet 2005 14:42

    Je comprends bien que la situation puisse conduire les « partenaires sociaux » à aboutir à ce type d’accord : on augmente la durée du travail sans compensation salariale, et on maintient ainsi les emplois sur place. Mais qui nous dit que demain, il ne faudra pas porter cette même durée de travail hebdomadaire à 45, puis 50 heures, toujours sans compensation salariale, au motif de la concurrence d’autres pays à plus bas coûts de main d’oeuvre ? Dans certaines activités, nous n’avons guère de chance de pouvoir nous mesurer à des pays où les employés sont payés quelques dizaines de dollars par mois pour le même type de travail (ex.TCL en Chine qui paye 100 dollars par mois ses salariés pour la production de téléviseurs) ; ne serait-ils pas temps de nous recentrer sur les métiers/secteurs dans lesquels nous sommes traditionnellement forts (en France, je pense au tourisme ou au luxe par exemple) ? En s’assurant évidemment de la reconversion des personnes jusqu’ici employées dans des domaines manufacturiers peu susceptibles d’être pérennes...


    • CaDerange (---.---.42.28) 15 juillet 2005 15:24

      Bonjour et réponse du redacteur de CaDerange au message ci dessus.Il est en effet possible que le retour à 40hrs sans compensation salariale ne suffise pas.Seul l’avenir le dira.Et les partenaires sociaux s’adapteront en conséquence, car sinon ce serait le cycle du chomage qui reprendrait.Au moins l’Allemagne à le mérite d’essayer de s’attaquer au phénomène. Néanmoins l’expérience de la concurrence des pays à bas cout de main d’oeuvre montre que les salaires et le niveau de vie montent régulièrement dans ces pays de sorte qu’un rééquilibrage finit par se produire.Pour prendre un exemple proche, celui de l’Espagne et du Portugal,il a certes fallu une vingtaine d’année pour y arriver mais salaires, prix et niveau de vie, bien que toujours inférieurs,sont maintenant dans une fourchette qui nous permet de rester compétitifs.Pour la Chine, en dépit de la distance qui rajoute des couts à leur produits, il faudra vraisemblablement plus longtemps pour qu’ils s’integrent à parité dans le commerce international.Espérons que ce sera dans le delai le plus bref possible...

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