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L’Anti-Protectionnisme, Nécessaire Pacte de Sécurité pour l’Europe

Les produits d’importation chinoise présentent l’illusion de la validité indépassable du nationalisme commercial. Dans une certaine littérature de militantisme économique s’affiche souvent l’indignation contre les inondations des produits de marque Chinoise. L’actualité de la récession économique depuis 2008-09 aura exposé au banc des accusés les architectes de la délocalisation de la manufacture de l’Occident vers les pays de l’Asie. Certains ont établi, par instinct de populisme politique, un lien causal entre la récession de 2008 et la délocalisation industrielle vers l’Asie. Ainsi s’est entretenue une buée de malaise national doublé d’un pincement patriotique au cœur lorsque s’affiche le logo « made in China ». 

 Le nationalisme commercial manque pourtant de cadre et de repères fiables pour sa survie au 21ème siècle. La Chine contribue seulement à hauteur de 1% dans la valeur marchande d’un produit de demande comme le iPod. En misant plus global sur la conquête des marchés internationaux, les firmes internationales ont pris plus d’ascendance et une mesure d’autonomie par rapport au carcan restreint des marchés domestiques souvent exigus. La démultiplication du partenariat industriel évite la redondance des opérations industrielles et de l’innovation en abaissant les obstacles dans la propagation du progrès industriel[1]. L’enjeu de la compétitivité industrielle se joue autour de la captation de la valeur d’une innovation industrielle. Selon cette logique d’appréciation, le géant Chinois dans la manufacture d’un iPod s’évalue en un large entrepôt d’assemblage d’au moins 451 pièces génériques fabriquées en Asie de l’Est, notamment, au Japon, en Philippines, en Corée du Sud et à Taiwan. La « dé-verticalisation » de la manufacture d’un iPod met à contribution l’innovation de masse d’entreprises telles que Asustek, Samsung Electronics, Inventec Appliances, Foxconn, Broadcom, PortalPlayer et Toshiba. Toshiba assure la manufacture du disque dur de 30 GB du iPod pour la valeur de $73 dollars.[2] C’est tout dire comment la balance compétitive pour conquérir les marchés s’est « dé-verticalisée » en ce sens que seules les compagnies sans cesse innovantes et en pointe dans la spécialisation conservent le badge de survie sur les sables mouvants du marché international.

 D’autre part, l’hégémonie de droit dont jouissent les marchés nationaux par rapport aux assauts du commerce extérieur ne constitue plus un rempart solide pour endiguer le cyclone du capitalisme digital. La sagesse pratique du protectionnisme des marchés locaux ne résiste plus à la dynamique du business au 21ème siècle. En 1881, George Eastman et Henry Strong s’associèrent pour jeter les bases du Eastman Kodak Company. Cette entreprise iconique se spécialisa dans la fabrique de plaques séchées en gélatine, connues communément sous l’appellation de papier-film. L’entreprise Kodak fut pendant la durée d’un centenaire la gardienne de la mémoire individuelle et collective par la photographie ou le film. Dans l’empire de la photographie et du film, Kodak passait pour un géant et pionnier indétrônable. Pour preuve, l’empereur de la photographie a dominé sans partage le monde de l’image pour la durée d’un centenaire jusqu’à sa faillite financière en janvier 2012. Le géant de la photographie a été une victime collatérale de la disruption technologique introduite par l’ère de la photographie digitale. Pourtant, Kodak fut la toute première entreprise à inventer la camera digitale dans les années 1970. Malencontreusement, Kodak fit de la résistance à introduire sa nouvelle innovation pour consommation publique. L’absence de vision à long terme a constitué un frein pour que Kodak se projette dans le futur. Fuji, Canon, Nikon et Sony ont eu l’agressivité commerciale de distribuer les cameras digitales au public. Les compétiteurs asiatiques plus audacieux dans l’innovation, mirent un terme à la domination de Kodak en provoquant la chute du géant de l’industrie de l’image. En 2005, Kodak cumulait $15 milliards de vente de ses papier-films. En 2010, les ventes de films Kodak totalisaient à peine $200 millions. Ce qui représente une chute de 99% de son marché en l’espace de cinq ans seulement. La disruption de la photographie numérique avait simplement rangé au musée le savoir-faire et l’héritage de la compagnie Kodak. La camera digitale venait de dématérialiser les tonnes de papier-films Kodak. En 1998, Kodak totalisaient près de 86.000 employés au niveau international[3]. Le séisme financier de Kodak a eu des répercussions sur le dynamisme économique de la ville de Rochester dont environ 60.000 employés vivaient gracieusement des bonus, pensions, assurance maladie et retraites sécurisés de la compagnie centenaire[4]. Clayton M. Christensen a eu le mérite de souligner que l’échec des grandes compagnies est une conséquence de leur obstination à conduire leur business de manière irréprochable ainsi qu’à leur obsession à plaire seulement à leurs clients. Il fit la démonstration selon laquelle les grandes entreprises perdent le leadership du marché lorsqu’elles sont mises en confrontation avec une technologie disruptive[5].

 La fin de règne brutale du Goliath de la photographie que représente Kodak démontre, s’il en était encore besoin, que les talismans protecteurs des barrières commerciales nationales ne confèrent plus une immunité de survie pour une industrie domestique. La bataille pour protéger les marchés locaux ou les emplois domestiques de la compétition mondiale au nom du sacro-saint principe du protectionnisme s’est révélée contre productive et même fort onéreuse à long terme. La pilule amère à avaler en vue de sauvegarder un emploi domestique se ramène en une facture salée provenant de la destruction d’un autre emploi. A long terme, les dividendes du protectionnisme s’auto convertissent en large débâcle programmée des industries locales et au coût élevé de la vie. En effet, et ironiquement, il faut davantage de l’argent pour faire barrage aux assauts d’un concurrent. Le Département du Travail Américain soutient que le protectionnisme détruit 8 emplois dans l’économie générale pour chaque emploi sauvegardé dans une industrie protégée par le barrage protectionniste[6]. Non seulement, les lois du protectionnisme ainsi que l’instrument des subventions conduisent logiquement à verser davantage de taxes sur les biens importés, mais en plus augmentent, par effet collatéral, la somme totale des obligations des taxes. Ainsi, dans les pays développés, le fardeau des mesures protectionnistes dans l’agriculture est redistribué à travers les taxes élevées et le coût élevé des denrées alimentaires. Les obstacles à la libéralisation du commerce dans le secteur de l’agriculture font payer un surplus de 42% pour les denrées alimentaires aux consommateurs des pays de l’Union Européenne, tandis que les Américains paient un surplus de 10% et le Japon environ 20%. L’économiste Patrick Messerlin estime que dans les années 1990, en moyenne, les contribuables en taxes en Europe ont payé $200.000 dollars par an pour chaque emploi sauvé par le protectionnisme[7]. Promenons notre loupe sur les vrais bénéficiaires des subventions agricoles.

 Les Etats Unis ne se lassent point de subventionner la production du riz, du lait, du sucre, du coton, de l’arachide et du tabac entre autres. Selon les chiffres de l’OCDE (Organisation de Coopération et Développement Economique), en 2004, les prix des denrées alimentaires aux USA, comme conséquence logique des subventions agricoles, ont transféré $16.2 milliards de dollars des poches des consommateurs nationaux vers les agriculteurs. Ce qui revient en taxe alimentaire à près de $146 dollars par famille[8]. En Europe, 20% parmi les fermiers nantis bénéficie de subventions agricoles. Nestlé a bénéficié de 19 millions de subventions rien qu’en Grande Bretagne. En Grande Bretagne par exemple, dans la catégorie des fermiers nantis, font nombre le duc de Westminster, de Marlborough et celui de Bedford ainsi qu’un notable de Leicester. Le duc de Westminster bénéficie des mains des contribuables en taxe Britannique la somme de £1000 par jour au titre des subventions agricoles. En 2003-04, le duc de Westminster a raflé la somme de £ 448.000 pour sa ferme. Celui de Marlborough a généreusement accepté la modique somme de £ 511.000 pour sa ferme Oxfordshire de 1600 hectares. Le duc de Bedford pour sa ferme de Woburn Abbey, large de 5.400 hectares, s’est enrichi de £366.000. Sa majesté la reine Elizabeth II, sans s’encombrer d’agriculture n’a pas décliné la somme de $1.31 million de dollars de paiement versé au nom des subventions de l’agro-business. La politique commune agricole coûte £ 4 milliards aux contribuables en taxes en Grande Bretagne[9]. Les récipiendaires des subventions agricoles ne se limitent pas au cas de la Grande Bretagne. Le prince Albert de Monaco a été gratifié des largesses de l’argent des subventions agricoles à hauteur de $300.000 dollars en 2003-04. Plusieurs ministres du Cabinet ainsi que des membres du Parlement Danois ne se font pas prier pour engranger les sommes des subventions de l’agriculture. Les U.S.A. ne sont pas en reste dans la manne des subventions. En 1999, c’est 45% de subventions agricoles qui furent octroyées à 7% des plus larges fermes du pays. Parmi les récipiendaires les plus proéminents des subventions de l’agriculture figurent le sénateur Whip Dick J. Durbin[10].

 Si chaque contribuable en taxes est une victime des effets collatéraux des subventions agricoles, les mesures punitives au nom du protectionnisme des emplois domestiques saignent aussi les recettes individuelles et publiques. En septembre 2009, les USA imposèrent un taux tarifaire punitif pour protéger l’industrie de la pneumatique locale contre les importations chinoises. Dans son discours sur l’Etat de l’Union de 2012, le Président Barack Obama mit en évidence le chiffre de 1200 emplois créés grâce aux mesures protectionnistes contre la Chine. Pourtant, l’effet boomerang de ces mesures a porté plus de mal que de bien à l’industrie Américaine. Les mesures de rétorsions Chinoises ont provoqué des méventes pour l’industrie Américaine des exportations de poulets. Selon une étude du Peterson Institute, les mesures de protectionnisme de la pneumatique Américaine contre la Chine se sont soldées par une perte de 2.570 emplois Américains, soit une perte de $936.000 dollars par emploi sauvé dans le secteur. Le coût total du protectionnisme de l’industrie de la pneumatique Américaine se chiffre à $1.1 milliard de dollars[11]. Ce qui s’est soldé par un échec insoutenable pour la pneumatique Amérique. L’économiste Brad DeLong démontre parallèlement qu’il coûte $140.000 dollars par emploi et par an pour sauver chaque emploi américain via l’instrument du protectionnisme commercial[12]. En 1984, les consommateurs Américains ont payé $42.000 dollars par an pour chaque emploi du textile préservé par les quotas d’importation. La restriction sur les importations étrangères coûte $105.000 par an pour préserver chaque employé dans l’automobile aux Etats Unis. Il faudrait $420.000 dollars pour protéger chaque emploi dans la manufacture des appareils de télévision[13].

Coût Financier Annuel du Protectionnisme U.S. par Emploi individuel Sauvé

Secteur d’Emploi

Coût Financier/emploi

Textile

$42.000

Automobile

$105.000

Manufacture TV

$420.000

Industrie de l’Acier

$750.000

Industrie du Sucre

$600.177

 

 La concession d’une position privilégiée sur un marché à une firme assure un avantage temporaire par rapport aux concurrents plus innovants. Elle ne saurait s’auto justifier en norme de stratégie de croissance au nom de l’alibi du protectionnisme des emplois domestiques. La spirale des faillites financières et de fermetures en cascade ont fini par rattraper les entreprises qui dormaient sur leur laurier. Pour l’exemple, en une décennie, notamment entre 2000 et 2010, 16 compagnies parmi les 25 compagnies au top de la liste Fortune ont perdu leur piédestal ou furent simplement balayées au profit d’autres entreprises rivales[14]. En effet, on ne sauve pas un emploi par le truchement du protectionnisme mais bien par l’innovation technologique. Il est a fortiori démontré qu’une réduction mondiale des mesures restrictives de commerce au 1/3 dans l’agriculture, la manufacture ou l’industrie des services verrait une augmentation du PIB mondial de l’ordre de $686 milliards de dollars. Si l’on parvenait à éliminer toutes les barrières commerciales, le PIB mondial connaîtrait une embellie supplémentaire de $ 2 billions ($2 trillions en anglais)[15]. Ceci est un indice suffisant que les freins à la croissance économique mondiale ne sont pas seulement fonction d’une pauvre innovation technologique, mais aussi fonction de blocage social et de dysfonctionnement institutionnel.

 Certains groupes privilégiés ou des laissez pour compte du progrès s’opposent au progrès économique, soit pour prévenir l’érosion de leurs privilèges économiques et politiques, ou pour protester contre les formes de récession sociale qui frappent l’appartenance à une corporation de métiers. A l’aube de la révolution industrielle au 18ème siècle, les élites traditionnelles et l’aristocratie dont la source principale de richesse provenait du monopole des barrières douanières et du capitalisme des rentes voyaient mal la disruption économique qui accompagnait l’industrialisation. Sous le même sceau de révolte nourrie, la corporation des artisans et des ouvriers s’opposait à la mécanisation rapide de l’industrie par les « machines préjudiciables à la communauté » selon leur appréhension. Rappelons sans romantisme technologique que la première usine à vapeur construite à Bradford fut saluée sous de fortes menaces et de vigoureuses huées des foules. Les détenteurs de petits métiers voyaient bien venir le certificat de décès de leur propre industrie locale. Les premières usines industrielles jouissaient d’une très mauvaise presse. William Blake a tenu des propos très durs contre l’innovation industrielle en qualifiant les usines de l’Angleterre de « moulins sataniques ». Une opinion dans l’air du temps taxait les usines de « centres d’exploitation », de « prisons monstrueuses », de « centres d’immoralité et de conflits du travail » ou même de « séminaires d’obscénité », et enfin de « pestilentielles prisons que l’on appelle manufactures »[16]. La révolution technologique constituait un facteur de destruction pour le savoir faire local. Beaucoup de laissez pour compte de l’industrialisation s’organisèrent pour saccager les nouveaux outils technologiques[17]. Parmi eux, les Luddites, apparus en 1811 dans le comté de Nottingham. Le mouvement du luddisme fut un grand mouvement de résistance à l’industrialisation et à l’informatisation qu’il tenait pour responsable de la montée du chômage et de la baisse de la qualité des produits[18]. John Kay, l’inventeur de la « navette volante » modernisa la machine de tissage en Angleterre. Il fut victime de la vindicte des Luddites qui brulèrent sa maison en 1753. James Hargreaves de la région de Lancashire inventeur du métier à filer connu le même traitement que son compatriote John Kay.

 Le parrainage étatique de nos économies locales relève de l’épopée glorieuse des conquêtes industrielles. Les marchés domestiques ne sont plus les seuls agents titulaires du commerce et de la finance. La nouvelle guerre économique, pour autant qu’elle conserve encore quelque pertinence, est devenue asymétrique. Du Bangladesh, à l’Inde, de Bukavu à Anyang, de New York à Koudougou en passant par Tokyo, les pulsions du business convergent et ajustent leur prix sur le même portail financier. Partant, nous marchons vers une dissolution forcée des reflexes protectionnistes dans le commerce international. Aussi, l’explosion mondiale des marchés financiers a-t-elle déplacé le centre de gravité de la production et de la captation de la richesse des frontières étatiques vers les nouveaux territoires des firmes multinationales et de l’économie digitale. L’ultime pacte de sécurité économique pour l’Europe devra nécessairement embrasser l’anti-protectionnisme.

Narcisse Jean Alcide Nana, International Security Studies, UK


[1] Amy Raskin & Nils Mellquist, “The New Industrial Revolution : De-verticalization on a Global Scale,” Alliance Bernstein, New York, August 2005.

[2] Hal R. Varian, “Who Really Makes the iPod ?,” The New York Times, Thursday, June 28, 2007, disponible sur http://www.nytimes.com/2007/06/28/technology/28iht-ipod.1.6378095.html

[3] Ernest Scheyder & Lisa Baker, “As Kodak Struggles, Eastman Chemical Thrives,” Reuters, December 24, 2011, disponible sur http://www.reuters.com/article/2011/12/24/us-eastman-kodak-idUSTRE7BN06B20111224.

[4] Jesse Merkel, “Can Kodak Recover From Bankruptcy and Save Rochester, NY.,” in Policymic, Next Generation News and Politics, disponible sur http://www.policymic.com/articles/3681/can-kodak-recover-from-bankruptcy-and-save-rochester-ny#

[5] Clayton M. Christensen, The Innovator’s Dilemma : When New Technologies Cause Great Firms to Fail (Boston, Harvard Business School Press, 1997)

[6] Vincent H. Miller & James R. Elwood, « Free Trade or Protectionism ? : the Case Against Trade Restrictions,” International Society for Individual Liberty, 1988, disponible sur http://www.isil.org/resources/lit/free-trade-protectionism.html&nbsp ;

[7] Marian L. Tupy, “Who Pays For Farm Subsidies ?” in Washington Times, on November 25, 2005.

[8] Daniel Griswold, Stephen Slivinski & Christopher Preble, “Six Reasons to Kill Farm Subsidies and Trade Barriers,” Center For Trade Policy Studies, February 1, 2006, disponible sur http://www.freetrade.org/node/493

[9] Charlotte Denny, Larry Elliott & Charlotte Moore, “Who Givess Wealthy Men £1000 a Day Each to Subsidise their Farms ? – the Taxpayer,” in The Guardian, Thursday 22, January 2004

[10] Mariam L. Tupy, “Who Pays For Farm Subsidies ?” idem.

[11] Imports Work, “Protectionism Costs More Jobs That It Saves,” April 27, 2012, disponible sur http://www.importswork.com/protectionism-costs-more-jobs-than-it-saves/

[12] Pankaj Ghemawat, World 3.0 : Global Prosperity and how to Achieve it (Boston, Harvard Business Review Press, 2011), p.203.

[13] Alan S. Blinder, “Free Trade,” Library of Economics and Liberty, disponible sur http://www.econlib.org/library/Enc1/FreeTrade.html

[14] Jason Jennings, The Reinventors : How Extraordinary Companies Pursue Radical Continuous Change (New York, Portfolio/Penguin, 2012), p.3

[15] Drusilla K. Brown, Alan V. Deardoff & Robert M. Stern, “A Computational Analysis of Multilateral Trade Liberalization in the Uruguay Round and Doha Round,” in The World Trade Organization : Legal, Economics, and Political Analysis, eds., Patrick F. Macrory, Authru E. Appleton, and Michael G. Plummer (Norwell, MA, Kluwer Publishers, 2005)

Robert Krol, “Trade, Protectionism, and the U.S. Economy : Examining the Evidence,” Center for Trade Policy Studies, september 16, 2008, disponible sur http://www.scribd.com/doc/21069165/Trade-Protectionism-and-the-U-S-Economy-Examining-the-Evidence-Cato-Tr de-Briefing-Paper-No-28a

[16] Edward P. Thompson, The Making of the English Working Class (editions Victor Gollancz, 1963

[17] Daron Acemoglu & James A. Robinson, Why Nations Fail : The Origins of Power, Prosperity, and Poverty (New York, Crown Business, 2012), pp. 84-86

[18] Julien Vincent, Vincent Bourdeau & Francois Jarrige, Les Luddites : Bris de Machines, Economie Politique et Histoire (éditions èRe, 2006)


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6 réactions à cet article    


  • ottomatic 12 novembre 2012 12:58

    « International Security Studies, UK »
    Ça sent très fort le thinktank bien moisi des familles...
    Dont le discours se limite donc à dire que le protectionnisme c’est le mal et que donc continuer dans le libre échange absolue, c’est la solution pour le bonheur sur terre...
    Ou pas...
    Bref, que l’auteur aille se faire ******.


    • Roubachoff 12 novembre 2012 22:32

      Par les Grecs ?


    • BA 12 novembre 2012 13:24
      Lundi 12 novembre 2012 :

      L’Equateur veut rapatrier son or : Quito a demandé que l’or soit ramené sur le territoire équatorien.


      La Roumanie veut rapatrier son or : 93,4 tonnes d’or roumain sont stockées en Russie.


      Et l’Allemagne aussi rapatrie son or …

      Ça semble être l’opération à la mode en ce moment. Une sorte d’effet domino qui pousse les pays du monde, les uns après les autres, à rapatrier leur or afin de le garder précieusement sur leurs propres territoires.

      Après la France, le Venezuela et la Suisse, c’est au tour de l’Allemagne de réclamer son or à la FED. Sous la pression populaire et politique interne très médiatisée, la Bundesbank a décidé de rapatrier, depuis les sous-sols de la réserve fédérale américaine, un total de 150 tonnes de son or, et ce sur une durée de trois années, afin d’en évaluer la teneur et l’authenticité.

      La Bundesbank a surtout « cédé » sous cette pression, puisque la banque centrale allemande refusait initialement d’effectuer un audit qui représenterait, selon elle, une grande première dans l’historique de rapports de confiance établis avec son homologue américain. 

      Il est en effet à noter que jamais aucun contrôle n’avait été fait, ni par la Bundesbank elle-même, ni par l’intermédiaire d’autres organismes mandatés dans ce but. La Bundesbank s’est toujours simplement contentée des rapports écrits que lui fournissait régulièrement la FED.

      Ce temps est désormais révolu. Il y a quelques semaines, la Cour des Comptes allemande avait publié un rapport exigeant un audit en bonne et due forme sur les quantités réelles d’or allemand confiées à la FED. Depuis, la question a fait ravage dans l’opinion tant publique que politique en Allemagne. Et à juste titre, d’ailleurs.

      Rappelons en effet que la banque centrale allemande arrive deuxième (après la FED) dans le classement des réserves d’or mondiales, avec plus de 3 400 tonnes.

      En ces temps de crise et d’incertitude, il s’agit là d’un beau pactole de valeur refuge qui mérite que les allemands se passionnent autant dans leur besoin de le protéger.



      • Castel Castel 12 novembre 2012 15:22

        Bonne idée, que les nations aillent se faire dépuceler :D


        • jef88 jef88 12 novembre 2012 15:45

          Certains ont établi, par instinct de populisme politique, un lien causal entre la récession de 2008 et la délocalisation industrielle vers l’Asie.
          Ce n’est pas du populisme mais simplement la réalité
          A l’auteur
          le dumping vous connaissez ?


          • Fred59 13 novembre 2012 10:37

            Les théories de l’auteur pourraient être défendables si le transport et l’énergie étaient gratuits et disponibles à l’infini.

            Bien sûr, grâce au traficotage des monnaies et des prix, et grâce au post-colonialisme tel que le pratiquent total et areva pour ne citer qu’eux, les prix énergétiques semblent négligeables. Imagine-t’on que le nucléaire français serait rentable s’il fallait l’extraire, non du Niger mais du Luxembourg ? Eh bien il n’aurait juste pas le même prix. Le pétrole, le gaz, le charbon subissent aussi ce genre de distorsions de prix. Enfin, une partie du prix de l’énergie est payée par la planche à billets et on le retrouve en occident sous forme de dette et de menace d’hyperinflation.

            Ce traficotage des prix de l’énergie, héritage colonial, est paradoxalement ce qui a permis au mondialisme d’exister. Sa clé de voûte.

            Maintenant, c’est la quantité de ressources disponibles qui commence à poser problème. Le modèle « mondialiste » de l’auteur se révèle de jour en jour mort et déjà putréfié, bien plus en tout cas que le protectionnisme.

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