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Accueil du site > Actualités > Economie > L’anticrise - Ce qui va nous sauver

L’anticrise - Ce qui va nous sauver

 De nombreuses publications à l'initiative de politiciens ou autres économistes ont proposé des solutions pour sortir de la crise que nous subissons. Chacun y va de ses analyses ou suggestions. Mais ces propositions sont souvent imprécises ou difficilement perceptibles pour la plupart d'entre nous et manquent de concret.

 La situation est dramatique mais pas désespérée. Il nous est possible sans souffrance, sans privation, sans avoir à supporter de matraquage fiscal ou autres contraintes pénibles, de retrouver une croissance économique dynamique, une diminution du chômage en mois de deux ans, de gommer nos déficits et même d'éliminer notre dette avant quinze ans. C'est ce que suggère cet article qui s'adresse aux français mais qui concerne aussi tous les européens. Utopie ? lisez la suite.

  La plupart des observateurs considèrent qu'un des principaux handicaps de notre économie est un manque de production nationale capable de satisfaire nos besoins. Il y a plusieurs raisons qui nous empêchent de produire davantage alors que les millions de chômeurs qui désespèrent de trouver un emploi veulent y participer. Comment produire plus ? la solution dépend pour beaucoup des entreprises dont les patrons nous disent qu'ils sont matraqués par les impôts, charges sociales et autres contraintes ou lourdeurs administratives asphyxiantes. Cette situation se traduit par des coûts de fabrication élevés. Nos produits sont trop chers par comparaison avec ce qui vient de l'étranger. Comme nous avons tendance à acheter ce qui est moins cher, nous pénalisons donc nos entreprises et faisons notre tort. De plus, la mondialisation ne permet pas d'avoir une vision pertinente à moyen terme. On ne peut prévoir ce qui s'y passera. Investir est donc une initiative hasardeuse.

 Nos gouvernements essayent désespérément de trouver un moyen pour baisser les charges des entreprises sans obtenir de résultat significatif. Sur qui transférer ces charges ? les consommateurs, les contribuables, les salariés ? impossible, nous sommes déjà trop matraqués.

 Alors que faire ? Nous pouvons envisager de baisser la valeur de notre monnaie par rapport aux autres (dévaluer), et ainsi nos produits seront moins chers. C'est ce qu'ont fait plusieurs pays. Quels seraient les avantages de la dévaluation ?

- Les étrangers qui vont voir une baisse sensible du prix de nos produits, vont se précipiter chez nous. Les touristes seront encore plus nombreux à venir.

- Les marchandises que nous exporterons seront vendues en plus grandes quantités. Nous aurons tendance à acheter plus facilement les produits que nous avons fabriqués qui seront alors moins chers que ceux de l'extérieur.

- Nos entreprises seront fortement sollicitées. Et qui dit production supplémentaire dit embauche. Nous allons avoir une chute du chômage. Plus de production c'est aussi plus de recettes fiscales. Au gouvernement on va se réjouir. Il y aura une baisse des impôts. Les caisses sociales vont se renflouer, les déficits disparaîtront. 

 Nous devrions donc baisser la valeur de l'euro. Mais la Banque Centrale Européenne est la seule à pouvoir agir sur l'euro et n'y est pas favorable, arguant le fait que l'Europe exporte plus qu'elle n'importe et donc que l'euro n'est pas handicapant. Ce serait donc aux états à s'adapter (facile à dire !). Pour contourner l'obstacle, certains politiciens et économistes proposent de nous séparer de l'euro et de revenir au franc. D'autres y sont farouchement opposés. Et d'autres enfin considèrent que si rien ne change, dans peu de temps, la zone euro va éclater. Ne perdons pas de vue qu'avant l'apparition de l'euro en 1999, nous avions le franc et la situation de la France n'était pas pour autant florissante. Il est vrai que pour nous avec l'euro ça s'est aggravé depuis. Le retour du franc ne sera pas suffisant pour solutionner nos problèmes.

 Il serait stupide de se séparer de l'euro. Cette monnaie présente des avantages majeurs : elle procure à nos états une stabilité et une sérénité monétaire en évitant des conflits spéculatifs ; elle facilite les échanges commerciaux ; elle nous permet d'acheter moins cher des produits étrangers et nous protège en cas de crises monétaires internationales. Mais il y a aussi des inconvénients très préjudiciables : cette monnaie trop forte nous pénalise lourdement surtout à l'exportation et nous asphyxie ; les autorités monétaires françaises (Banque de France) ne peuvent agir sur l'euro. Ainsi, nous pays souverains ne pouvons intervenir sur notre monnaie. Il n'y a qu'en Europe qu'on voit une telle ineptie.  

 Si on se sépare de l'euro et qu'on retrouve le franc, c'est pour en avoir la maîtrise et pouvoir dévaluer. Quand on dévalue, l'expérience l'a maintes fois prouvé, il faut attendre environ deux ans pour que l'amélioration de l'économie soit conséquente. Entre temps, les produits importés coûtent plus cher. Le déficit extérieur va exploser. Notre situation va devenir insupportable ; le chômage va augmenter et le pouvoir d'achat baisser. Il y a mieux à faire : Il faudrait conserver l'euro comme monnaie officielle et utiliser une autre monnaie utilitaire secondaire. Créer la "bimonétarisation''. 

Nous utilisons des sortes de monnaies telles que tickets restaurants, chèques vacances, effets de commerce, il existe en France près d'une cinquantaine de monnaies locales, 2500 de par le monde. L'usage d'une seconde monnaie officieuse n'est pas interdit. Comment pourrait-on procéder ? Quand lors des années 2000 nous sommes passés du franc à l'euro, les établissements bancaires ont remplacé tout ce qui était en franc, en euro : comptes bancaires, livrets, épargne diverse etc. en en modifiant le montant, car un euro valait 6,5 francs, On ne pouvait plus rien acheter avec nos francs qui ont donc été détruits. Nous pouvons procéder de même mais en remplaçant l'euro (sans le détruire) par notre nouvelle monnaie auxiliaire qu'on pourrait appeler '' euro-franc '' ( €F ), afin de montrer que notre seconde monnaie est bien liée à l'euro, dont c'est le seul avec qui elle a une parité. Un euro sera égal à un euro-franc.

 Comment procéder ? Imaginons le scénario suivant :

 1 ère étape : Nous créons une association : l'Association des Citoyens Français. Tous les français deviendraient membre de cette association de facto. Il n'y aura pas de cotisations à verser.

2ème étape : l'Association crée une banque de type commercial à caractère mutualiste et à vocation non lucrative (elle ne fera pas de bénéfice) et y ouvre un compte.

3ème étape : A la date prévue, tous les établissements financiers remplacent par des euros-francs tout ce qui est évalué en euros. Cette opération est relativement simple, là où il y a un € on y ajoute le F. les € deviennent €F. En conséquence, les chèques, les billets, les comptes ( particuliers et entreprises), les livrets, l'épargne etc., seront libellés en €F. Les prix des marchandises n'évoluent pas, les salaires restent les mêmes, le pouvoir d'achat et nos avoirs aussi. On voit donc qu'il n'y a pas grand chose qui change, mais cette fois ce seront les autorités monétaires françaises (Banque de France) qui auront la maîtrise de cette seconde monnaie officieuse. Celle-là sera bien à l'abri derrière le rempart euro, n'aura cours nulle part, ne sera pas versée sur les marchés bancaires internationaux et sera protégée des effets spéculatifs. Pour éviter un gaspillage coûteux, nous pourrons continuer à payer avec les euros (notre monnaie officielle) jusqu'à épuisement. Le remplacement des billets et des pièces s'effectuera progressivement, On continuera à utiliser les chéquiers existants ; il suffit d'inscrire un F derrière l'€,

4ème étape : Immédiatement après, et contrairement aux francs qui avaient été détruits précédemment, nous demandons à tous les établissements financiers de virer sur le compte de l'Association les € qui ont été remplacés par les €F. Ces euros qui sont, ne l'oublions pas, notre monnaie officielle. Quelle somme ? Pour nous donner un aperçu, nous allons supposer que les opérations se soient déroulées en 2013 où l'épargne totale française a été évaluée à 11000 milliards d'euros dont près de 70% en immobilier. Admettons qu'entre ce qui serait disponible des 30 % restants, auxquels on rajouterait tout ce qui provient des comptes courants des particuliers et des entreprises, nous en retirerions pour plus de 3000 milliards d'€. l'Association, dans cette hypothèse, hériterait de cette somme qui deviendrait notre cagnotte. On ne peut toucher à cette cagnotte pour deux raisons : d'abord, si on l'utilisait pour augmenter notre pouvoir d'achat et alimenter nos besoins consommatifs, (donc augmenter la masse monétaire) nous risquerions de déclencher un séisme économique, une hyper inflation, et ce serait catastrophique. Ensuite, les règles comptables imposent d'avoir en réserve une contrepartie à la monnaie €F créée de toute pièce. Ce seront donc les € de la cagnotte qui serviront impérativement de garantie aux €F.

 Si ce scénario se réalise, nous aurons donc une monnaie vernaculaire officieuse franco-française dont la Banque de France aura cette fois la maîtrise et qu'elle pourra dévaluer par rapport à l'euro (c'est le but de toute l'opération). L'usage de la monnaie €F va concerner en interne 75% de toutes nos transactions commerciales. Les 25 % restants seront dévolus aux opérations externes à la France qui s'effectueront en €. Les étrangers qui viendront chez nous pourront payer nos marchandises avec des € s'ils le souhaitent. Selon les traités européens, l'€ demeure la seule monnaie officielle. Ce n'est pas une gêne pour les €F. 

5 ème étape : Quand il n'y aura plus que peu de billets en € en circulation, (la majeure partie aura été remplacée par des €F), l'état va décider de dévaluer (déprécier) l'euro-franc par rapport à l'euro afin de réduire le prix des produits fabriqués. Pour que les prix de nos produits baissent significativement, une dévaluation de 25 % serait appréciable. Dans ce cas, un € vaudrait 1,25 €F. Quel serait l'impact sur notre quotidien ? Avant la dévaluation, un pain, par exemple, nous coûtait 1 €F. Un étranger payait ce pain 1 €. Après la dévaluation, notre pain nous coûtera toujours 1 €F. Mais l'étranger ne payera que 0,75 €. Ainsi pour les étrangers, nos marchandises leur coûteront moins cher, mais pour nous ce qui est fabriqué en France sera au même prix. Par contre, à partir du premier jour de la dévaluation, les prix des marchandises venant de l'extérieur vont être plus élevés. Comme vu supra, ça risque de nous pénaliser lourdement, mais les conditions ne seront plus les mêmes. 

 Chaque fois qu'on voudra acheter des produits étrangers, il faudra convertir nos €F en €, et aussi lorsqu'on recevra un paiement en € suite à une exportation, nous devrons échanger les € en €F. Il faudra donc un office de change des monnaies, interface entre France et Europe. On pourrait l'appeler l'office interchange. Il serait bon qu'il soit lié à la banque des citoyens. Cet office ne serait pas à vocation lucrative, il gérera des euros et des euro-francs, sans faire de bénéfice. Toujours en 2013, il y a eu pour 500 milliards d'€ d'importations et 450 d'exportations. Il y avait donc un déficit de notre balance extérieure de 50 milliards d''€. L'office interchange aura besoin de monnaies € et €F pour fonctionner. La banque des citoyens français alimentera cet office des monnaies nécessaires pour assurer les transactions, sous forme de prêt à faible taux d'intérêt et remboursable à longue échéance. Au départ, l'office sera déficitaire, mais deux ans environ après la dévaluation, la situation de la France va se redresser, nous exporterons davantage et importerons moins. L'équilibre serait atteint et il y aurait même un excédent qui permettrait à l'office de rembourser la banque des citoyens. L'argent prêté ne servira que pour des opérations d'échanges extérieurs et non pas versé dans la masse monétaire consommative, ce qui ne générera pas d'inflation. Pour faciliter aux entreprises et aux particuliers les échanges entre les deux monnaies, il est souhaitable que cet office envisage un partenariat avec les banques commerciales qui se chargeraient des opérations de détail et de proximité, dans le respect des règles imposées.

 On commence à voir l'intérêt de la cagnotte.

 Nous avons vu qu'après la dévaluation, le prix des produits extérieurs nous coûteraient plus cher. Prenons l'exemple du pétrole. Imaginons qu'une entreprise française doive acheter du pétrole (c'est pareil pour tout autre produit vital) afin de le transformer pour en faire de l'essence. Avant la dévaluation, pour 1 € de pétrole acheté, elle aurait payé 1 €F . Après la dévaluation, elle le payerait 1,25 €F. Soit 25 % d'augmentation. Le prix de l'essence à la pompe augmenterait conséquemment. Ce serait catastrophique. Pour éviter cette situation, l'office interchange accordera une ristourne à l'entreprise en question en changeant 1 €F pour 1 €. On évite ainsi l'augmentation des prix. (Cette opération n'aurait pas pu s'effectuer si nous étions sortis de la zone euro pour revenir au franc). Par contre, pour les autres produits importés qui sont semblables à ceux que nous fabriquons, nous n'accorderons pas la même ristourne. Nous appliquerons la différence de change. Ces produits nous coûterons donc 25 % de plus sans augmentation artificielle, ce qui nous inciterait à acheter les produits que nous avons fabriqués et qui seront moins cher. Cette pratique est naturellement légale, nous ne faisons pas de protectionnisme. Pour respecter les règles nous montrerons que nous Français, quand nous irons à l'étranger, nous échangerons 1,25 €F contre 1 €. La ristourne accordée par l'office interchange va créer au départ un déficit qui sera comblé par la banque des citoyens sous forme de prêts. Mais par la suite, la trésorerie de l'office deviendra positive et ces prêts seront remboursés.

 Les grincheux diront que les épargnants seraient ruinés. Laissons les à leurs illusions. Après la dévaluation, si on utilise l'épargne pour acheter des produits ou des biens en France, on s'apercevra que le pouvoir d'achat est resté le même. Ce n'est que si on achète à l'étranger qu'on constatera une différence. C'est vrai autant pour tous les particuliers et les entreprises et pas seulement pour les épargnants. C'est un inconvénient inhérent à toute dévaluation, mais c'est aussi un avantage dissuasif qui nous incite à mois dépenser à l'extérieur.

 D'autre part, comme vu supra, si on avait créé l'€F en 2013, il y aurait eu dans la cagnotte plus de 3000 milliards d'€ en garantie, qui correspondraient à 3000 milliards d'€F. Dans la perspective où on accepterait une dévaluation de 25%, on peut considérer que ces 3000 milliards d'€F ne correspondraient plus qu'à 2250 milliards d'€ qui seraient suffisants pour en assurer la contrepartie. Il y aurait donc un surplus de 750 milliards d' € dont on pourrait doter la banque des citoyens et qui deviendraient ainsi un fonds de réserve . Selon les accords internationaux (Bâle II et Bâle III), les banques commerciales sont autorisées à prêter plus de monnaie qu'elles n'en possèdent à condition qu'elles aient un fonds de réserve d'au moins 8 % du total prêté. Donc la banque des citoyens ayant été dotée de 750 milliards d'€, pourrait prêter au moins 9000 milliards d'€. Nous allons profiter de cette opportunité.

 Vers les années 1975, les dépenses de l'état ont été significativement plus fortes que les recettes ; le trou consécutif s'appelle déficit budgétaire ; c'est l'origine de la dette. Chaque année ce déficit se reproduit. Pour le compenser, l'état emprunte, plutôt que d'augmenter l'impôt ; (ceux qui doivent rembourser ne rouspètent pas, ils ne sont pas encore nés). Comme çà, les électeurs ne sont pas déçus. 

 Le déficit budgétaire en 2013 était de 60 milliards d'€. Chaque année il nous faut non seulement emprunter pour combler ce déficit, mais en plus il faut aussi emprunter pour payer les emprunts précédents (près de 110 milliards en 2013), que nous n'arrivons pas à rembourser. On constate que les remboursements des emprunts ne génèrent pas d'inflation. Donc, il serait envisageable sans risque, de payer ces remboursements et la charge de la dette (intérêts) avec l'argent provenant de la cagnotte. Le déficit budgétaire disparaîtrait et l'endettement commencerait à diminuer. Les prêteurs recevront de bons euros et pas de la monnaie douteuse. C'est là qu'on fera appel à la banque de l'Association des Citoyens qui prêtera à l'état les sommes nécessaires pour éponger la dette, à très faible intérêt et avec un remboursement global au terme de 100 ans. Nous français, allons prêter à l'état de quoi payer notre dette, et l'état pour rembourser à terme les emprunts, devra faire appel à des impôts que nous devrions payer. Une situation grotesque ! Le calcul montre que si la banque des citoyens rembourse les emprunts et les intérêts à hauteur de 180 milliards d'€ par an, en 8 ans nous épongerions 50 % de notre dette qui s'est chiffrée en 2013 à près de 2000 milliards d'€. En quinze ans il n'y aura plus de dette, et cela sans avoir à payer le moindre €F en impôt supplémentaire, ni pirater l'épargne.

 Il faut savoir que les accords européens interdisent à l'état d'emprunter ni à la Banque Centrale Européenne ni à la Banque de France. L'état doit obligatoirement emprunter aux banques commerciales, lesquelles s'alimentent à la Banque Centrale Européenne qui leur prête à faible taux, afin qu'elles prêtent ensuite à l'état français, mais à des taux plus élevés. C'est une des raisons qui irrite les eurosceptiques.

 En résumé, la cagnotte servirait après la dévaluation, d'une part à faciliter le commerce extérieur en évitant l'augmentation des prix, et d'autre part à rembourser la dette et ses intérêts, tout en supprimant le déficit budgétaire, dans le respect des accords européens.

 Mais allons plus loin.

 Nos entreprises on l'a vu seraient fortement sollicitées pour produire davantage. Il leur faudra du financement pour se développer. La banque des citoyens pourrait dégager 500 milliards d'€ ( il y a de la marge), et les verser une fois transformés en €F, dans un fonds d'aide au développement productif. De quoi alimenter sous forme de prêt, en moyenne 62000 entreprises, d'un million d'€F. Comme l'Association des Citoyens qui détient la cagnotte, n'a pas vocation à faire de bénéfice, il ne serait demandé qu'un intérêt symbolique. De plus, il pourrait être accordé un délai de deux ans avant les premiers remboursements qui s'étaleraient sur une vingtaine d'années. Qui dit mieux ! 

 Allons encore plus loin.

 Nous pouvons également alimenter un autre fonds, pour la création de logements. 500 milliards d'€ permettraient de loger 10 millions de personnes. Là encore, l'aide se ferait sans intérêt, et on peut s'octroyer le luxe de retarder le premier remboursement, d'un an pour permettre aux ménages de se meubler ; (Il est possible de dégager de cette somme de quoi construire des prisons, et des foyers sociaux d'accueil pour les plus démunis).

 Au total, la première année, il sortira de la cagnotte 1000 milliards d'€ d'investissement pour les entreprises et le logement, et 180 milliards d'€ pour le remboursement de la dette. On devra prévoir chaque année suivante la même somme pour la dette.

 Il ne faut pas perdre de vue que les sommes allouées aux entreprises et au logement seront prêtées par la banque des citoyens. L'état devra être vigilant lors de la dotation des prêts pour éviter le risque d'inflation.

 Cette bimonétarisation ne manquera pas de susciter des réactions diverses, des plus modérés dubitatifs aux plus véhéments réfractaires.

 Que pourrait-on nous reprocher ? notre cagnotte ? Nous avons vu que nous pouvons légalement la posséder, qu'elle est même règlementairement indispensable, et qu'on ne pourra pas nous empêcher, nous français, de rembourser notre dette, et d'aider nos entreprises.

 On nous interdirait notre monnaie vernaculaire ? Nous dirons haut et fort que la monnaie officielle reste l'euro, même si on l'utilise moins. Les étrangers ne seront pas touchés. Ils pourront payer en euro en France avec tout moyen de paiement. L'euro-franc ne sera qu'une monnaie de ''commodité " utilisée uniquement que par les français. Pourquoi on nous l'interdirait alors qu'un peu partout c'est utilisé ?  Nous démontrerons que nous respecterons plus facilement les accords européens dits « de Maastricht » qui obligent :

 - à une inflation réduite. Au lieu d'augmenter, les prix vont chuter du fait de la dévaluation ;

 - à ce que le déficit budgétaire ne dépasse pas 3 % du produit national. Il n'y aura plus de déficit budgétaire ;

 - à avoir un endettement maximum de 60 % du produit national. L'endettement non seulement n'augmentera pas, mais va diminuer. En huit ans il passerait au dessous de 50 %.

 En outre, afin de respecter les accords européens, l'état français ne sera pas financé par la Banque de France, ni ne créera pas de monnaie artificielle ( planche à billets).

 De plus, il ne nous sera pas nécessaire de créer le moindre euro supplémentaire ; les cerbères du temple de la monnaie seront rassurés.

 Il suffira de deux ans à la France pour commencer son redressement et sortir de la zone rouge. Le canard boiteux va redevenir le coq fier et orgueilleux qui redonnera des couleurs à l'Europe en montrant aux autres pays en voie de déclin comment il leur est possible de sortir de la crise.

 Si on nous laisse faire, il serait louable que l'état mette alors à profit l'embellie prévisible de l'économie pour effectuer les réformes structurelles indispensables, afin de nous adapter aux exigences de l'actualité :

 - imposition à la source étalée sur 8 ans par groupe de deux à trois régions par an ;

 - transfert petit à petit des charges sociales sur les salariés ;

 - diminution des effectifs publics ;

 - transition énergétique ;

 - formation professionnelle pour répondre aux besoins des entreprises. 

 Nous sommes à la croisée des chemins. Ou nous continuons à sombrer dans la souffrance et le désespoir, ou bien nous changeons d'attitude et nous nous en sortirons par nos propres moyens. Si la situation perdure, notre endettement s'accentuera, et si les taux d'intérêts de l'endettement se mettent comme prévisible (voir la Grèce et l'Espagne) à augmenter, ce sera la catastrophe. Les déficits seront tels, que l'état, comme nous sommes au seuil maximum d'imposition, se verra obligé de tailler dans les effectifs publics, augmenter le chômage, réduire les allocations, les retraites, et plus encore confisquer notre épargne. C'est l'enfer qui nous est annoncé.

 Alors, nous ne pouvons compter que sur nous, et pas sur les bidouilles, mesurettes et autres pirouettes gouvernementales qui sont de la poudre aux yeux.

 Nous devrons réagir et vite, le temps presse. Il faudra que ce message soit diffusé partout dans tous les réseaux, les relations, que l'on sache qu'une solution est possible. Nul doute que la rumeur parviendra aux oreilles du gouvernement. Et si nos dirigeants n'obtempèrent pas, ce sera à nous d'agir.

 Nous prendrons notre destin en main, chacun doit se mobiliser, s'investir pour exiger le changement. Nous nous regrouperons dans un mouvement réactionnaire. Une pétition avec des millions de signatures forcera l'état à bouger. La protestation montera jusqu'à Bruxelles. Les accords européens permettent cette possibilité aux peuples.

 Quand les roitelets de Bruxelles qui se croient de plus en plus à la cour de Louis XIV, s'apercevront à tort, que la majestueuse prestance de l'euro risque de se ternir à cause de nos monnaies dissidentes, ils feront tout pour empêcher la fronde. Ils devraient comprendre qu'ils scient la branche sur laquelle ils sont assis, et que cette Europe là est comme l'araignée, prisonnière de la toile qu'elle s'est tissée. Qu'on nous laisse faire notre réforme, sinon dans quelque temps, ce sont les autres pays qui devront nous venir en aide, et adieu l'euro et l'Europe. Aux armes citoyens !

  R. DIPERI Ajaccio 04/2013    

 P .S  Nombreux sont ceux qui sont maintenant convaincus que le système euro tel qu'il fonctionne actuellement ne peut perdurer et est défaillant comme ses prédécesseurs : le Serpent Monétaire et le Système Monétaire. Nos dirigeants continuent à se bercer d'illusions et veulent absolument imposer un fédéralisme dans un système composé de pays souverains qui ne peuvent souffrir d'une dyarchie dichotomique. Ils devraient comprendre une bonne fois qu'on ne peut instaurer une monnaie unique commune à des états qui sont si diversifiés, de par leurs capacités économiques, leurs règles de fonctionnement fiscales, sociales, commerciales, etc. Standardiser toutes ces règles semble illusoire, car aucun pays ne veut les modifier, sachant qu'il s'en suivrait des réformes douloureuses et contraignantes. C'est pourquoi le fédéralisme dont rêvent nos dirigeants est actuellement plus qu'improbable et qu'il ne peut s'envisager qu'à très long terme.

  Une organisation monétaire européenne, oui ! mais à condition de laisser à chaque pays souverain la maîtrise de sa monnaie vernaculaire, adaptée à sa spécificité économique, avec la liberté et la souplesse qui conviennent. Ces monnaies qui seraient officieuses se mettraient à l'abri des offensives spéculatives et des aléas conjoncturels, car elles n'auraient une parité non fluctuante qu'avec le seul euro qui resterait conventionnellement la monnaie officielle de l'Europe, en lui assurant stabilité et sérénité.

 Si nous entreprenons cette réforme, les autres pays européens vont très probablement vouloir en faire autant. Du coup, nous serons moins compétitifs et notre commerce extérieur va s'en ressentir. Dans le système anarcho-libéral débridé que nous subissons depuis plusieurs décennies, il importe de faire mieux que les autres. Qu'on participe à une course de lévriers ou d'escargots, ce qu'il faut c'est gagner. 60 % des échanges économiques des états européens se font entre eux. C'est pourquoi, inciter ces états à rechercher la compétitivité comme le veulent avec insistance les oligarques de Bruxelles est une absurdité affligeante. Tout le monde ne peut pas être plus compétitif que tout le monde. Si il y a des gagnants, il y aura forcément des perdants, et donc c'est du chacun pour soi ; une rose dans une main, un poignard dans l'autre ! Alors l'Europe solidaire et conformiste, baliverne ! Vivement le fédéralisme égalitaire, mais quand ? 

  En instaurant la bimonétarisation, nous allons prendre une longueur d'avance sur nos partenaires européens. Reste à espérer que nos dirigeants mettront à profit le bénéfice de la situation pour entreprendre les réformes nécessaires.

  Le remboursement de la dette comme le propose cet article, éviterait heureusement à nos descendants l'obligation de le faire à notre place ; après tout ce ne sont pas eux qui ont contracté cette dette. Dans le même état d'esprit, il y a une considération prospective qu'on aurait tort de négliger. Le réchauffement climatique selon les experts va empirer. Les météorologues prévoient dans cette perspective que dans une cinquantaine d'années il va y avoir en France des épisodes pluvieux intenses et de longues périodes de sécheresse. Il nous incombe d'agir dès à présent. Il y aurait suffisamment d'eau mais à condition de pouvoir la stocker. Vers les années 1965, nous avons commencé à créer progressivement des autoroutes. On voit aujourd'hui 50 ans après que le maillage dessert la plupart des départements. Nous pouvons opter pour le même schéma : réaliser des artères hydrauliques qui desserviraient en les reliant, un maximum de départements. En périodes de crues l'eau abondante dans certains endroits serait dérivée vers des tunnels souterrains et se répandrait naturellement dans tout le réseau, où elle serait emmagasinée. Il s'agit de l'intérêt général. Notre cagnotte pourrait contribuer à initier les travaux en prêtant aux services publics concernés la somme nécessaire qui conviendrait. Actuellement l'état ne peut le faire, n'ayant pas un euro disponible en caisse.

 Avec une baisse de 25 % de nos prix, l'aide massive aux entreprises, la création des chantiers Bâtiments et Hydraulique, nul doute que le chômage va sensiblement baisser.     

     

 Sur internet interrogez :

 monnaie locale _ monnaie complémentaire _ La courbe en J _ masse monétaire

 déficit budgétaire _ Serpent monétaire européen _ Système monétaire européen

 Traité de Maastricht _ Création de l'Euro _ Traité de Lisbonne _ Traité du Fonctionnement de

 l'Union Européenne ( TFUE)


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4 réactions à cet article    


  • julius 1ER 21 mai 2014 10:31

    Mais il y a aussi des inconvénients très préjudiciables : cette monnaie trop forte nous pénalise lourdement surtout à l’exportation et nous asphyxie ; les autorités monétaires françaises (Banque de France) ne peuvent agir sur l’euro. Ainsi, nous pays souverains ne pouvons intervenir sur notre monnaie. Il n’y a qu’en Europe qu’on voit une telle ineptie

    @l’auteur,
    long passage sur la monnaie, mais la monnaie n’explique pas grand-chose, d’autant plus qu’ 1 français sur 4 travaille pour l’exportation, ce qui sous entend que la compétitivité internationale dont on fait« l’alpha et l’oméga » de l’économie ne concerne où ne devrait pas concerner les 3 autres et là est toute la problématique et le mensonge(c’est l’arbre qui cache la forêt) pourquoi un tel taux de chômage eh bien la réponse est dans la répartition des revenus et des emplois qui est le problème fondamental !!!!!!!! 

    • anomail 21 mai 2014 15:03

      "Il nous est possible [...] de retrouver une croissance économique dynamique".

      Oups. Je descend ici, merci.

      Si le but de l’auteur est d’expliquer comment renouer avec la croissance, le reste de l’article ne peut pas être réaliste, je vais donc occuper mon temps autrement.

      Rappel :

      Décroissance de la croissance depuis 50 ans :
      http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2012/07/03-croissance-france-decennie.jpg

      Et si on passait au plan B ?
      https://www.youtube.com/watch?v=tbAR2z-VAk8


      • Abou Antoun Abou Antoun 21 mai 2014 21:52

        ++++++++++++++++++++
        Même réaction !


      • zygzornifle zygzornifle 24 mai 2014 14:13

        Les énarques vont nous sauver.....du peu d’argent qu’il nous reste....

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