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Accueil du site > Actualités > Economie > L’austérité pour tous... sauf pour quelques uns

L’austérité pour tous... sauf pour quelques uns

En France, depuis 1980, la dette publique en pourcentage du PIB n’a fait qu’augmenter. Elle était en 1980 de l’ordre de 20%, on arrive aujourd’hui aux 80%. Chaque année, afin de rembourser les emprunts précédents, de nouvelles dettes sont contractées sur le marché obligataire. Ce sont des emprunts qui, comme des titres en bourses, peuvent être vendus en Bourse, ce qui induit un flou sur la question de savoir à qui appartiennent les obligations. Cette dette est dite négociable. En fait, elle n’est pas négociable pour la France, mais négociable entre les créanciers. La part de la dette négociable est passée de 47% de la dette totale en 1980 à 90% en 2000.

L’endettement de la France fait suite à la loi Pompidou-Giscard de 1973, qui interdit à la l’Etat d’utiliser la création monétaire pour lui-même, l’obligeant à passer par les banques privées et les marchés financiers pour avoir de l’argent. La prérogative de création monétaire est essentielle. Cette dernière est arrivée dans la main des banques privées, les seules ayant droit à en faire usage. Cela place l’Etat dans une situation semblable à une entreprise. Or si l’on veut faire des dépenses publiques sociales, et qu’il n’y a pas une excédent d’argent, cela oblige à emprunter et donc enrichir les plus riches au même moment où l’on veut favoriser les plus pauvres.

Les dépenses sociales ont continué malgré cette loi, et les riches se sont enrichis progressivement. Ils ont obtenu des créances de l’Etat. A présent, la dette devient telle qu’on demande aux Etats de commencer à faire des économies. Les mesures prévues sont des plans d’austérité.

En France : gel des dépenses (alors que l’inflation continue), non remplacement des fonctionnaires, baisse des dépenses de soins
En Grande-Bretagne : hausse de la TVA de 2,5%
En Irlande : baisse des traitements des fonctionnaires, des programmes sociaux et des soins gratuits
En Allemagne : suppression de postes de fonctionnaires, taxes, baisse des prestations sociales
etc.

C’est-à-dire que les financiers veulent faire payer à tout le monde, alors que la dette est détenue seulement à 40% par des épargnants français, et que parmi ces épargnants, il n’y a pas que les plus pauvres. Le mécanisme de la dette leur permet d’effectuer un transfert de richesse en appauvrissant tout le monde. Bien sûr, le calcul est absurde, puisque ce qui fait la richesse, c’est d’abord la richesse collective, et parce que l’argent n’est pas une richesse, c’est une anti-richesse, une créance. L’argent n’est pas comestible, et encore moins l’argent virtuel. Comme le fait remarquer un financier dans La face cachée des banques, "ils appliquent tous la même devise : l’apparence de l’intérêt général au service de leurs intérêts particuliers".

L’ennemi est le suivant : l’accumulation de capital dans les mains de quelques individus sans scrupules.
Il me semble alors que le remède est le suivant : la limitation du capital individuel.

Dans le cas de la dette, on peut tout simplement :

- revenir à la création monétaire étatique

- ne rembourser qu’une partie de la dette

- donner des compensations pour les citoyens ayant des épargnes, mais un capital total peu élevé

Cela revient à peu près la même chose que de rembourser les épargnes tout en limitant le capital individuel à une limite supérieure suffisamment élevé pour que les personnes ayant gagné honnêtement leur vie par leur travail ne voit pas le fruit de leurs efforts disparaitre. Qu’on tolère le capitalisme pour motiver les gens à faire des projets, soit, mais alors nous devons le limiter. Il y a un moment où la collectivité doit dire stop. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, or la propriété, quand elle grandit sans fin devient une prison pour les autres. Or qui va empêcher cela ? Les institutions financières ? Les ONG ? Non. L’Etat ou alors le peuple lui-même. Or nous savons où peuvent nous mener les passions populaires.

Bien sûr, faire attention à bien compter nos sous n’est utile que si l’on lutte efficacement contre les paradis fiscaux. On nous impose des mesures, comme l’augmentation de la durée de cotisation pour la retraite, alors que ces mêmes personnes qui professent ces réductions participent à l’évasion fiscale de sommes bien plus importantes. Il ne s’agit pas seulement de faire de la création monétaire et de limiter l’enrichissement des multinationales, mais aussi d’empêcher cet hypercapitalisme qui consiste à prendre sur le dos des travailleurs et à dissimuler le magot dans les coffres Suisses, du Delaware, la City de Londres, Hong Kong, le Luxembourg, les îles Caïmans, l’archipel des Bermudes etc.

Classement des paradis fiscaux : http://www.financialsecrecyindex.com/2009results.html
 

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18 réactions à cet article    


  • millesime 10 août 2010 11:12

    la dette est détenue par 40% des épargnants français...et le reste c’est-à-dire 60% est détenue par l’oligarchie financière internationale qui se goinfre sur le dos des français... !

    http://millesime.over-blog.com


    • JL JL 10 août 2010 13:52

      millesime, je suoppose que vous voulez dire : « la dette est détenue à 40%, par des épargnants français » !

       smiley


    • anti-oligarchie anti-oligarchie 15 août 2010 13:50

      La SOLUTION N°1 c’est de supprimer les oligarchies... :
      Bon courage...


    • Alpo47 Alpo47 10 août 2010 12:04

      Deux manières de pourvoir au besoin de financement de l’Etat : l’emprunt ou d’endettement.
      La première est la plus juste, socialement, lorsque les taux d’imposition sont réellement progressifs. Ce qui n’est plus le cas.
      La deuxième, profite aux détenteurs de capital, les riches et ultra-riches, puisque ce sont eux qui vont prêter, et paupérise la majorité des salariés, essentiellement la « classe moyenne » puisque ce sont eux qui vont rembourser. Elle accentue donc les inégalités. C’est ce que nous vivons.

      On voit tout de suite la différence idéologique entre droite et « vraie gauche ». Un système qui enrichit les déjà riches, ou un système qui prélève davantage aux haut revenus et rentiers pour redistribuer au reste de la population.

      Souci tout de même, le PS, seul parti de pouvoir « de gauche » a adhéré à l’endettement et au fait de favoriser l’entreprise et la capital.


      • rastapopulo rastapopulo 10 août 2010 12:14

        Le CNR était de droite ou de gauche ? Ce n’était pas la question.

        A la Libération en France, le gouvernement provisoire issu du CNR avait mis en place un tel système de crédit. Il disparut progressivement entre 1971 et 1984, sous le coup de boutoir des milieux financiers et de leurs courroies de transmission que furent Valéry Giscard d’Estaing, Michel Pébereau et François Mitterrand. Pour revenir au plein emploi et bâtir un avenir commun, nous devons rétablir ce système, sans quoi, l’austérité meurtrière et la haine s’imposeront inévitablement.

        http://www.solidariteetprogres.org/article6876.html


      • tmd 10 août 2010 15:23

        Là, j’ai besoin d’une explication :

        L’emprunt, c’est quand on emprunte de l’argent. Donc après on a une dette envers celui qui nous l’a prêté. Et l’on devient endetté.

        L’endettement, c’est quand on a des dettes. Donc, que l’on doit de l’argent à quelqu’un qui nous l’a prêté. De l’argent que l’on a donc emprunté.

        C’est quoi la différence ?


      • gogoRat gogoRat 10 août 2010 19:03

        Je ne comprends pas très bien la distinction que vous faites entre emprunt et endettement ? 
        ( J’aimerais bien connaître l’astuce qui permettrait d’emprunter sans accroître ipso facto sa dette ! )
        D’autre part vous écrivez :
        « ... lorsque les taux d’imposition sont réellement progressifs. Ce qui n’est plus le cas. »
         Est-ce que cela a jamais été vraiment le cas ? !!
         Nous avons vu (cf mon précédent article) que tout au contraire, notre impôt prétendument progressif n’est qu’un pitoyable lapsus : il est la preuve d’une velléité à être progressif, mais arrête cette progressivité au moment même où elle s’impose (excusez le jeu de mots) le plus : c’est à dire pour les revenus les plus hauts ! ...
         ( Par ailleurs, pour ce qui est de la distinction entre la Droite et la Gauche, il me semble que bien d’autres que moi y perdent leur latin, et que cela n’apporte rien de constructif au débat ...
         Pour s’opposer à « Un système qui enrichit les déjà riches » on pourrait suggérer la flat tax en coordonnées logarithmiques, mais cela semble affoler la Gauche bien autant que la Droite ... )

         )


      • Alpo47 Alpo47 10 août 2010 19:07

        Zut ...

        Je voulais dire : L’IMPOT ou l’endettemment.

        Cela devrait devenir plus compréhensible...


      • PaixDansLeMonde 11 août 2010 11:27

        Oui effectivement, l’alternative est impôt ou endettement. La création monétaire étatique, si elle entraine une augmentation de la masse monétaire au-delà de la croissance, entraine une dévaluation, qui est une taxation forfaitaire sur l’argent en circulation. C’est alors indirectement une forme d’impôt.

        Les trois solutions de « vraie gauche » sont donc : l’impôt, la création monétaire étatique, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux

        La solution de « droite ultralibérale » : l’emprunt et les coupes budgétaires

        Il est clair que la gauche ne commence qu’au Front de Gauche, et que le PS est à droite. A une exception près, Eva Joly perdue au milieu des verts. Seul problème du Front de Gauche, son leader est favorable au contrôle de l’économie par une minorité d’Etat.


      • rastapopulo rastapopulo 10 août 2010 12:10

        Que dire ?

        68 est l’apogée de la non-culture politique puisque la finance sera privatisée dans l’indifférence générale.

        S’en suivront 30 ans de « demain ça ira mieux parce que les principes anglo-saxons sont géniales ».

        Maintenant que le publique est à terre, un autre discours « les nations ne servent à rien » avec des allusions douteuses aux fascismes pourtant financé par les même anglosaxons anti-nation et impérialistes (Morgan, Warburg, Ford,...) que maintenant.


        • JL JL 10 août 2010 13:50

          L’absurde en économiecomme en politique n’est pas un obstacle. Quand j’entends dans le discours dominant : « les pays occidentaux deviennent les plus grands producteurs de dettes », je me dis que peut-être demain, un économiste de renom proposera d’intégrer les produits financiers dans la PIB ! Et la production de dettes idem de sorte que l’endettement du pays sera considéré comme favorable au PIB ! Les cons ça ose tout.

          C’est pourquoi il serait temps de tordre le cou à cette notion de PIB, ou bien de s’en servir à la manière des judokas : le revenu médian devrait augmenter aussi vite sinon plus que le PIB. Or nous voyons que c’est l’inverse qui se produit.


          • paul 10 août 2010 15:41

            D’accord sur le constat fait par l’article . Si les néolibéraux ne parlent que de la dette publique, qui
            pourtant rapporte beaucoup à leurs banques, il évitent surtout le sujet des recettes .

            On comprend bien pourquoi, puisque en dehors de l’impôt direct progressif qui est déjà bien
            affaibli avec les niches fiscales et la loi TEPA, il s’agit d’imposer des revenus que le monde de la
            Finance rend opaque à la comptabilité des états .Wall Street et la City étant les plus grands paradis fiscaux .Les actionnaires profitent bien de l’augmentation de la productivité au détriment des salaires .Les dividendes de ces messieurs risqueraient de baisser avec une autre politique budgétaire : inflation maitrisée,emprunts d’état auprès des banque souveraines, production ramenée pour partie dans nos frontières, salaires décents ,convergence sociale européenne .


            • JL JL 10 août 2010 17:08

              @ Paul, de fait, on dirait que le bouclier fiscal est, avec la « production de dette », l’autre face de la médaille « , le dispositif ce qui permet aux Français très riches d’acheter de la dette qu’on »produit«  avec l’argent qu’ils économisent sur leur impôts. 

              Cette dette est »produite" par le fait qu’on appauvrit l’Etat par toutes sortes de dégrèvements fiscaux et autres dépenses somptuaires ou débiles. Les vaccins achetés pour la grippe de l’an passé relèvent de cette politique de dépenses publiques qui vont à l’encontre du bien et du sens communs.

              Le néo-pétainisme est la soumission aux diktats de la finance internationale.


            • mcjb 10 août 2010 16:13

              pourquoi denigrer constamment ce qui est pourquoi ne pas vous interesser suffisamment au contraire de la negation c’est a dire au positivisme 


              voyez vous pas vous medme que vous etes le contraire du bien e du beau et du vrai surtout du vrai

              auguste comte dans toutes bonnes librairies 


              • ELCHETORIX 10 août 2010 17:51

                @ L’auteur , très bon article  !
                il faut remettre le droit d’éditer la monnaie à notre état souverain non inféodé à la finance internationale qui favorise l’économie ultra-libérale fascisante !
                Un changement de système est à revoir dans son intégralité pour une nouvelle république par et pour les citoyens de l’Hexagone .
                Il faut , donc rejeter , lors des prochaines élections tous ceux qui ont contribué à l’appauvrissement de notre nation - les différentes droites sauf la gaullienne de gauche et surtout le PS .
                RA .


                • PaixDansLeMonde 11 août 2010 11:17

                  Oui, enfin si je suis favorable à faire du tri à l’intérieur du pays, je pense aussi qu’il faut faire du tri dans la politique étrangère. N’oublions pas que De Gaulle est à l’origine de la corruption et des interventions occultes en Françafrique qui continue encore de nos jours.


                • Mathieu 11 août 2010 10:13

                  Beaucoup de solutions proposées au sujet de la dette.



                  Et si plus simplement on avait des budgets à l’équilibre ?

                  • PaixDansLeMonde 11 août 2010 11:15

                    Ah ben pour cela, on pourrait lutter contre la corruption de l’Etat. Les commissions pour les « intermédiaires » ça coûte cher, sans parler des contrats surpayés. Tout ce genre de choses qui permet de financer les partis politiques.

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