• mercredi 23 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > L’austérité pour tous... sauf pour quelques uns
23%
D'accord avec l'article ?
 
77%
(27 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

L’austérité pour tous... sauf pour quelques uns

En France, depuis 1980, la dette publique en pourcentage du PIB n’a fait qu’augmenter. Elle était en 1980 de l’ordre de 20%, on arrive aujourd’hui aux 80%. Chaque année, afin de rembourser les emprunts précédents, de nouvelles dettes sont contractées sur le marché obligataire. Ce sont des emprunts qui, comme des titres en bourses, peuvent être vendus en Bourse, ce qui induit un flou sur la question de savoir à qui appartiennent les obligations. Cette dette est dite négociable. En fait, elle n’est pas négociable pour la France, mais négociable entre les créanciers. La part de la dette négociable est passée de 47% de la dette totale en 1980 à 90% en 2000.

L’endettement de la France fait suite à la loi Pompidou-Giscard de 1973, qui interdit à la l’Etat d’utiliser la création monétaire pour lui-même, l’obligeant à passer par les banques privées et les marchés financiers pour avoir de l’argent. La prérogative de création monétaire est essentielle. Cette dernière est arrivée dans la main des banques privées, les seules ayant droit à en faire usage. Cela place l’Etat dans une situation semblable à une entreprise. Or si l’on veut faire des dépenses publiques sociales, et qu’il n’y a pas une excédent d’argent, cela oblige à emprunter et donc enrichir les plus riches au même moment où l’on veut favoriser les plus pauvres.

Les dépenses sociales ont continué malgré cette loi, et les riches se sont enrichis progressivement. Ils ont obtenu des créances de l’Etat. A présent, la dette devient telle qu’on demande aux Etats de commencer à faire des économies. Les mesures prévues sont des plans d’austérité.

En France : gel des dépenses (alors que l’inflation continue), non remplacement des fonctionnaires, baisse des dépenses de soins
En Grande-Bretagne : hausse de la TVA de 2,5%
En Irlande : baisse des traitements des fonctionnaires, des programmes sociaux et des soins gratuits
En Allemagne : suppression de postes de fonctionnaires, taxes, baisse des prestations sociales
etc.

C’est-à-dire que les financiers veulent faire payer à tout le monde, alors que la dette est détenue seulement à 40% par des épargnants français, et que parmi ces épargnants, il n’y a pas que les plus pauvres. Le mécanisme de la dette leur permet d’effectuer un transfert de richesse en appauvrissant tout le monde. Bien sûr, le calcul est absurde, puisque ce qui fait la richesse, c’est d’abord la richesse collective, et parce que l’argent n’est pas une richesse, c’est une anti-richesse, une créance. L’argent n’est pas comestible, et encore moins l’argent virtuel. Comme le fait remarquer un financier dans La face cachée des banques, "ils appliquent tous la même devise : l’apparence de l’intérêt général au service de leurs intérêts particuliers".

L’ennemi est le suivant : l’accumulation de capital dans les mains de quelques individus sans scrupules.
Il me semble alors que le remède est le suivant : la limitation du capital individuel.

Dans le cas de la dette, on peut tout simplement :

- revenir à la création monétaire étatique

- ne rembourser qu’une partie de la dette

- donner des compensations pour les citoyens ayant des épargnes, mais un capital total peu élevé

Cela revient à peu près la même chose que de rembourser les épargnes tout en limitant le capital individuel à une limite supérieure suffisamment élevé pour que les personnes ayant gagné honnêtement leur vie par leur travail ne voit pas le fruit de leurs efforts disparaitre. Qu’on tolère le capitalisme pour motiver les gens à faire des projets, soit, mais alors nous devons le limiter. Il y a un moment où la collectivité doit dire stop. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, or la propriété, quand elle grandit sans fin devient une prison pour les autres. Or qui va empêcher cela ? Les institutions financières ? Les ONG ? Non. L’Etat ou alors le peuple lui-même. Or nous savons où peuvent nous mener les passions populaires.

Bien sûr, faire attention à bien compter nos sous n’est utile que si l’on lutte efficacement contre les paradis fiscaux. On nous impose des mesures, comme l’augmentation de la durée de cotisation pour la retraite, alors que ces mêmes personnes qui professent ces réductions participent à l’évasion fiscale de sommes bien plus importantes. Il ne s’agit pas seulement de faire de la création monétaire et de limiter l’enrichissement des multinationales, mais aussi d’empêcher cet hypercapitalisme qui consiste à prendre sur le dos des travailleurs et à dissimuler le magot dans les coffres Suisses, du Delaware, la City de Londres, Hong Kong, le Luxembourg, les îles Caïmans, l’archipel des Bermudes etc.

Classement des paradis fiscaux : http://www.financialsecrecyindex.co...
 
par PaixDansLeMonde mardi 10 août 2010 - 18 réactions
yahoo
23%
D'accord avec l'article ?
 
77%
(27 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par millesime (xxx.xxx.xxx.62) 10 août 2010 11:12

    la dette est détenue par 40% des épargnants français...et le reste c’est-à-dire 60% est détenue par l’oligarchie financière internationale qui se goinfre sur le dos des français... !

    http://millesime.over-blog.com

  • Par JL (xxx.xxx.xxx.179) 10 août 2010 13:50
    JL1

    L’absurde en économiecomme en politique n’est pas un obstacle. Quand j’entends dans le discours dominant : "les pays occidentaux deviennent les plus grands producteurs de dettes", je me dis que peut-être demain, un économiste de renom proposera d’intégrer les produits financiers dans la PIB ! Et la production de dettes idem de sorte que l’endettement du pays sera considéré comme favorable au PIB ! Les cons ça ose tout.

    C’est pourquoi il serait temps de tordre le cou à cette notion de PIB, ou bien de s’en servir à la manière des judokas : le revenu médian devrait augmenter aussi vite sinon plus que le PIB. Or nous voyons que c’est l’inverse qui se produit.

  • Par tmd (xxx.xxx.xxx.11) 10 août 2010 15:23

    Là, j’ai besoin d’une explication :

    L’emprunt, c’est quand on emprunte de l’argent. Donc après on a une dette envers celui qui nous l’a prêté. Et l’on devient endetté.

    L’endettement, c’est quand on a des dettes. Donc, que l’on doit de l’argent à quelqu’un qui nous l’a prêté. De l’argent que l’on a donc emprunté.

    C’est quoi la différence ?

  • Par rastapopulo (xxx.xxx.xxx.122) 10 août 2010 12:10
    rastapopulo

    Que dire ?

    68 est l’apogée de la non-culture politique puisque la finance sera privatisée dans l’indifférence générale.

    S’en suivront 30 ans de "demain ça ira mieux parce que les principes anglo-saxons sont géniales".

    Maintenant que le publique est à terre, un autre discours "les nations ne servent à rien" avec des allusions douteuses aux fascismes pourtant financé par les même anglosaxons anti-nation et impérialistes (Morgan, Warburg, Ford,...) que maintenant.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox