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Accueil du site > Actualités > Economie > L’autoconstruction est-elle une solution viable pour devenir (...)

L’autoconstruction est-elle une solution viable pour devenir propriétaire de son logement ?

Si les prix de l’immobilier baissent depuis quelques années, après avoir atteint des sommets, la correction est encore trop timide pour permettre à chacun d’accéder au statut de propriétaire dans des conditions financières réalistes. Chacun y va donc de son astuce, de sa stratégie, de ses bons plans pour tenter d’infléchir la courbe des prix et s’offrir le logement de ses rêves. L’autoconstruction est une option parmi d’autres. De quoi s’agit-il exactement ? Est-elle réellement source d’économies ? Quels sont les garde-fous à observer en toutes circonstances ? Décryptage.

L’autoconstruction, c’est quoi exactement ?

Dans les grandes lignes, l’autoconstruction est une sorte de retour aux sources dont l’objectif est de répondre au besoin primaire de se loger. Elle n’est que la variante moderne de ce que l’être humain a toujours fait : bâtir de ses propres mains le toit qui l’abritera, lui et sa famille.

Cette pratique a toujours existé, sous des formes plus ou moins différentes selon les peuples et les coutumes en vigueur. Les pays en voie de développement ont toujours connu cette pratique, sous les traits moins nobles de baraquements ou de bidonvilles qui sont une forme parmi tant d’autres d’autoconstruction.

Le modèle d’autoconstruction dont il question dans cet article réunit trois conditions :

  1. Le bâtiment construit sera durable ;
  2. Il répondra aux mêmes critères qualitatifs qu’une maison traditionnelle édifiée par un professionnel ;
  3. Il épousera parfaitement les contraintes techniques et écologiques de notre époque.

A l’origine du concept, il s’agissait, pour un particulier, de se lancer dans la construction de sa maison. Terrassement, fondations, gros-œuvre, toiture, second-œuvre… Tout y passait. L’autoconstruction était souvent l’affaire de bricoleurs chevronnés qui décidaient de se lancer dans cette aventure afin de construire leur logement de A à Z. Le principe a évolué, toujours sous le terme d’autoconstruction alors que le terrassement et les fondations de plus en plus souvent sont confiés à des professionnels.

Je n’évoquerai pas ici le cas des maisons à finir soi-même qui ne sont pas, pour moi, de l’autoconstruction au sens fondamental.

Le principal argument des partisans de l’autoconstruction serait d’ordre financier. On estime que ce modèle serait deux à trois fois plus économique, au mètre carré, qu’une construction confiée à un professionnel. Rien que ça ! Info ou intox ? L’argument économique est-il le seul à prendre en compte ?

A qui s’adresse l’autoconstruction ?

L’autoconstruction est pour vous si :

  • Il s’agit d’un choix non motivé par la seule contrainte budgétaire ;
  • Vous êtes un excellent bricoleur, polyvalent, possédant des bases techniques solides. Si vous débutez ou comptez vous former sur le tas, seul et sans ressources, vous allez vivre un cauchemar ;
  • Vous pouvez former une équipe, même en couple. Conduire un tel projet à terme, en solo, relèvera de l’exploit ;
  • Vous êtes psychologiquement fort. Les étapes sont nombreuses, les obstacles qui se dresseront sur votre route également. Vous allez devoir faire preuve de pugnacité et d’une motivation à toute épreuve, même lorsque vous aurez envie de jeter l’éponge. C’est votre projet, c’est donc à vous qu’il appartient de motiver les troupes et d’aller de l’avant en relevant les nombreux défis qui ne manqueront pas de se présenter ;
  • Vous êtes organisé. Entendez par là qu’il vous faudra préparer et étudier le projet pendant un bon moment, ce qui signifie : du temps, de l’implication, des études, des déplacements, etc. pour finalement décider si, oui ou non, ce type de projet vous convient vraiment.
  • Vous pouvez vous rapprocher d’autres autoconstructeurs ou associations qui viendront vous prêter main forte. Il y en a partout en France, l’aspect humain étant primordial dans ce type de projet.

L’autoconstruction est-elle véritablement économique ?

N’y allons pas par quatre chemins, la promesse économique ressemble à un miroir aux alouettes si on compare ce qui est comparable dans le détail : coûts réels visibles, coûts induits, coûts cachés, finitions, etc. Voici quatre erreurs fréquentes qui plomberont votre budget si vous les commettez.

Erreur numéro 1 : ne prendre en compte que le coût des matériaux pour établir le comparatif.

Les matériaux ne sont que la partie visible des coûts prévisionnels.

Construire une maison requiert des équipements et de l’outillage. S’équiper avec du matériel moyen/haut de gamme est vivement conseillé pour au moins deux raisons : assurer sa sécurité, d’une part, maintenir le bon fonctionnement dudit matériel, d’autre part.

Outillage à main, outillage électrique (visseuse, perforateur, burineur, disqueuse, scie circulaire, scie sauteuse, ponceuse orbitale, ponceuse triangle, aspirateur, scie à onglets, etc.), échelle, escabeau, échafaudage, lève-plaques, peut-être bétonnière, brouette, étais, tréteaux, serre-joints, chevillette, équipements de sécurité, équipements spécifiques à l’électricité, la plomberie, la peinture, le carrelage, le bois et ainsi de suite : la liste est longue. Vous n’oublierez pas non plus un coffret de chantier, un groupe électrogène, un nettoyeur HP et tout un tas de petits outils qui vous manqueront toujours lorsque vous en aurez besoin.

De ce fait, la variable temps prend toute son importance si on comptabilise les allers/retours incessants entre le futur logement et le magasin de bricolage, s’il n’y en a qu’un… ce qui semble peu vraisemblable.

Autre élément de considération : un véhicule adapté sera indispensable. Vous êtes l’heureux propriétaire d’un break ou d’un 4X4 ? Tant mieux pour vous, mais il va falloir investir dans un véhicule de travaux, quelque chose comme une petite camionnette ou, mieux, un fourgon de taille plus conséquente afin de transporter les objets longs et lourds, telles qu’une plaque de plâtre.

Vous serez également heureux d’apprendre qu’il vous faudra louer certains types d’engins de chantier au fur et à mesure que votre chantier avancera : pelleteuse, élévateurs, camion benne, etc.

Faites les calculs en retenant l’hypothèse la plus pessimiste dans le montage de votre projet financier. Peut-être vous en tirerez-vous pour 5.000 euros, mais il faudra plus tabler sur 8.000 euros, hors véhicules, pour obtenir une projection financière réaliste de ce type de projet.

La mise de départ pour s’équiper est donc conséquente et souvent négligée, rendant la finition du projet laborieuse par la suite.

Erreur numéro 2 : Se lâcher sur la qualité ou s’emballer sur la surface à construire.

De l’idée de départ d’une maison de 100 m² incluant une grande pièce de vie avec trois chambres, il est facile de dévier sur la construction d’une pièce de plus et d’aboutir à une maison de 120 m². Comme c’est vous qui le faites, vous mettez également du carrelage de très bonne qualité, de la belle robinetterie, des radiateurs un peu plus beaux et performants, etc.

Résultat des courses, le point de comparaison avec une maison de 100 m² d’un constructeur n’existe plus et le budget est maintenant équivalent ou même carrément explosé. Certes, vous disposerez d’une maison plus grande, mieux équipée et mieux finie, mais financièrement, si vous étiez déjà très juste sur l’hypothèse financière de départ, l’argent va manquer et vous serez contraint de reporter la finalisation de votre projet à des jours meilleurs avec tout ce que ça implique.

Erreur numéro 4 : ne pas anticiper le coût de ses erreurs.

Des erreurs, vous en ferez, inévitablement. C’est le passage obligé de tout autoconstructeur. De deux choses l’une, soit vous avez intégré une marge d’erreur à votre projet et vous pourrez le mener à terme en piochant dans la cagnotte de temps et d’argent que vous aurez prévue à cet effet, soit vous préférez vous lancer sans marge d’erreur possible et vous n’en verrez jamais la fin. Sachez que vous serez peut-être amené à détruire complètement la maison selon l’erreur que vous aurez commise. Il y a un coût financier et psychologique certain, acceptez-le ou renoncez à l’autoconstruction une fois pour toutes.

C’est pourquoi la préparation et l’étude sont si importantes dans un projet comme celui-ci. Etudier la technique, savoir s’entourer de professionnels si nécessaire, sont des démarches à ne pas négliger et à comptabiliser dans l’étude financière.

Erreur numéro 4 : ne pas comptabiliser les frais annexes.

Le poste de frais annexes le plus important concerne le double loyer. Pendant la durée estimée des travaux, vous déciderez probablement de rester dans votre logement actuel. Il faudra impérativement comptabiliser cette charge dans votre étude financière.

Si vous préférez habiter sur le chantier, dans un mobil-home, par exemple, son coût d’achat ou de location pèsera aussi sur votre budget global.

On peut aussi ajouter les frais de stockage de meubles ou le coût des assurances pour deux logements en parallèle. Au niveau des assurances, vous devrez d’ailleurs souscrire une responsabilité civile spécifique pour vous et vos bénévoles ainsi qu’une autre police d’assurance couvrant votre construction en cours (vol, incendie, etc.). Ce type de petits frais mis bout à bout vont peser sérieusement sur la réussite financière de votre projet. Ne les sous-estimez pas. En cas d’oubli, ils peuvent entraver la progression de votre chantier.

Est-il compliqué de se lancer dans l’autoconstruction ?

Voici trois difficultés auxquelles vous devrez faire face :

Difficulté numéro 1 : obtenir le financement complet du projet.

Trouver la banque qui vous prêtera l’argent n’est pas une mince affaire. En effet, dans le cas d’un projet immobilier plus conventionnel, celui où l’on achète un logement déjà existant ou sur plan, la banque peut espérer récupérer sa mise si vous faites défaut dans vos remboursements. Soit grâce aux assurances des constructeurs, soit grâce à une caution ou une hypothèque.

En ce qui concerne l’autoconstruction, aucune de ces trois garanties n’est possible pour votre banquier. Faire financer l’intégralité d’un projet est donc pour le moins ambitieux, voire impossible, surtout avec les critères, très rigoureux, des banques pour valider une demande de crédit.

En cas de défaut de paiement de votre part, la banque ne pourra rien récupérer puisqu’il n’y aura rien à revendre. Même le terrain aura perdu de sa valeur avec le début d’une construction dessus, qu’il faudra sans doute raser, ce qui sera source de frais supplémentaires.

Pour présenter au mieux son dossier, il est donc nécessaire de respecter certains points :

- Une situation saine sur son compte. Pas de découvert, une épargne mensuelle récurrente, pas de crédits en cours qui viendraient grever la capacité d’endettement. C’est la base minimale ;

- Un apport personnel qui servira à rassurer la banque sur votre capacité à mener votre projet à terme. Il peut être soit financier, soit, par exemple, prendre la forme du terrain que vous possédez déjà. Des apports représentant 15 à 30 % du projet peuvent convaincre la banque de vous suivre ;

- Un emploi stable et des revenus réguliers. Comme la banque va prendre un risque, elle exigera des revenus stables en contrepartie. Si vous n’êtes pas en CDI ou, mieux, fonctionnaire, vous aurez des difficultés à rassurer votre banquier qui est frileux en été comme en hiver.

Vous devrez peaufiner votre dossier afin de mettre toutes les chances de votre côté. Humainement et techniquement, vous devrez démontrer que vous êtes capable de réaliser un tel projet, de tenir la distance. Financièrement, votre budget ne devra souffrir aucune approximation. Vous devrez également envisager plusieurs scénarios en cas de pépin et montrer à votre banquier que vous ne prenez pas cette aventure à la légère. Votre banque exigera peut-être que certaines étapes soient validées par des professionnels : le gros œuvre ou les plans d’architecture, par exemple. Plus solide sera votre dossier, plus vos chances de décrocher un financement seront élevées.

Difficulté numéro 2 : contracter une assurance dommages-ouvrage.

Vous avez obtenu le financement ? Ne criez pas victoire trop vite, voici le barrage de l’assurance ! En effet, pour toute construction, même si vous passez par un professionnel, vous devrez souscrire une « assurance dommages-ouvrage » ou ADO.

Le site Service-Public.fr explique les grands principes de cette police d’assurance et le site de la DGCCRF l’explique plus en détail.

En tant que particulier, vous aurez là encore beaucoup de mal à convaincre un assureur de vous suivre sur votre projet. En effet, en tant qu’autoconstructeur, le responsable ce sera vous ! Hors, l’assurance devrait, en théorie, tout à la fois vous indemniser et se retourner contre vous en cas de malfaçon…

Vous ne risquez pas de sanctions si vous n’avez pas d’ADO et que vous construisez pour y loger vous-même. Cependant, le risque juridique est bien réel, comme nous allons le voir ci-dessous.

Difficulté numéro 3 : des démarches administratives et techniques.

Vous devrez effectuer de lourdes démarches pour présenter votre projet aux banques et aux assurances, sans certitude d’obtenir leur accord. C’est donc du temps, beaucoup de temps, que vous consacrerez à votre projet.

Hormis l’étude financière, vous devrez travailler sur :

- La recherche et la viabilisation du terrain. Certains frais risquent d’être engagés avant même de recevoir l’accord de la banque, comme, par exemple, l’étude de sol. Perdre ces fonds si la banque refuse votre demande de financement est une possibilité ;

- La maison en elle-même. Elaborer les plans avec minutie, en recourant éventuellement à un professionnel, est une tâche fastidieuse et particulièrement technique. L’étude et le respect des normes de construction ne souffrent aucun amateurisme. Electricité, maçonnerie ou bois pour le bâtiment, RT 2012, et bientôt 2020, sont des domaines qui doivent vous être familiers. Comprenez bien qu’il vous sera indispensable de maîtriser une multitude de domaines bien au-delà des notions de base ;

- Le dépôt du permis de construire est également une tâche éprouvante. Sans ce sésame, point de construction.

Est-il risqué de se lancer dans un projet d’autoconstruction ?

Disons le franchement, oui, l’autoconstruction comporte de nombreux risques : humains, physiques, juridiques et financiers.

Le risque humain.

Si ce type de projet s’envisage plutôt à deux, il risque d’avoir raison de votre couple. Certains couples ne supporteront pas le fait de travailler ensemble sur le chantier ainsi que le stress et les sacrifices qui en découlent. Oubliez les week-ends romantiques, les sorties, les vacances. La précarité du logement, les doutes et la déprime qui vont jalonner le projet saperont le moral de ceux qui vivaient jusqu’à présent en parfaite harmonie. Mettez également votre vie sociale entre parenthèses, votre temps libre étant essentiellement consacré à votre chantier.

Le risque physique.

Le bâtiment met à rude épreuve les organismes et vous expose également au risque d’accident. Veiller à sa santé et à sa sécurité (ainsi qu’à celle des bénévoles) sur le chantier est primordial. Ca signifie souscrire les assurances adéquates bien sûr, mais surtout se montrer pointilleux sur les équipements de protection et les procédures. Car vous devrez connaître les règles, et les respecter, pour ne pas vous exposer les uns et les autres à des risques inutiles. Il n’est pas nécessaire de monter sur un toit pour avoir un accident. Une scie, un éclat dans l’œil, la chute d’un simple escabeau ou des mains brûlées par le ciment sont des risques potentiels bien réels. Psychologiquement, vous devrez savoir encaisser les coups et vous relever à chaque fois. Si vous êtes sujet à la déprime, oubliez définitivement ce type de projet.

Le risque juridique.

Le fait de ne pas avoir d’ADO va vous faire tomber sous le coup de l’article 1792 du Code Civil. Beaucoup de gens en ignorent l’existence ou ne s’en préoccupent pas et pourtant…

Voici ce que dit cet article :

« Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipements, le rendent impropre à sa destination. »

En d’autres termes, si vous devez revendre votre construction dans les dix ans suivant son achèvement, vous serez personnellement responsable des dommages qui sont couverts par la garantie décennale. C’est une épée de Damoclès qui peut faire très mal. Cela pose le problème de définir la date de prise d’effet de la garantie dans un premier temps. Vous devrez très certainement faire constater par huissier et valider par un professionnel la qualité technique de votre ouvrage.

Passé ce « détail », si vous revendez dans les dix ans, et sans cette ADO, le notaire aura obligation de signaler ce point à l’acheteur. Sans ADO, l’acheteur pourra demander un rabais conséquent ou engager des poursuites en cas de malfaçon. De fréquents jugements condamnent les particuliers « constructeurs d’ouvrage » en s’appuyant sur l’article 1792 du Code Civil.

Le risque financier.

Si on fait abstraction de l’illusion de l’avantage financier que ce type de construction procure, elle peut, du fait de votre responsabilité personnelle due à la construction de l’ouvrage, vous mener directement à la case ruine et même à la prison. Une installation électrique défaillante, un poêle mal monté et une maison qui flambe peuvent être lourds de conséquences et anéantir votre vie.

Finalement, y a-t-il des avantages à choisir l’autoconstruction ?

Heureusement, l’autoconstruction n’est pas qu’une succession de mauvaises nouvelles et de risques et peut procurer certains avantages :

- Le plaisir et la fierté de construire de ses mains son logement ;

- Les perfectionnistes pourront passer autant de temps qu’ils le souhaitent sur les finitions ;

- L’aventure humaine, le développement de soi ;

- Le développement des compétences et des savoirs. Mener un tel projet à son terme est une sacrée prouesse. Organisation, rigueur, résistance au stress et à la pression, gestion des budgets, etc. feront partie de votre quotidien ;

- La possibilité de tester et de développer des valeurs auxquelles on croit : entraide, écologie, social, etc. ;

- Construire en utilisant des solutions novatrices et encore peu présentes chez les professionnels du bâtiment, la construction paille, par exemple.

Conclusion

Avant de foncer tête baissée dans ce type d’aventure, il est vital de consacrer énormément de temps à vous informer, étudier, préparer votre projet en envisageant plusieurs scénarios et en imaginant, autant que faire se peut, toutes les embûches possibles et les possibilités de résolution. Ce conseil vaut d’ailleurs pour tout projet immobilier. Il n’est pas raisonnable de s’engager sur des montants conséquents et des durées aussi longues sans être parfaitement préparé et en ne peaufinant pas chaque détail d’un projet.

Pour en revenir à l’autoconstruction, un des pièges serait, faute de financement bancaire classique, de contracter un gros crédit à la consommation censé compenser le manque de financement initial. Les taux de ces crédits sur les durées les plus longues sont plus de deux fois supérieurs à ceux d’un crédit immobilier classique. A terme, c’est le crash assuré.

L’autoconstruction n’est pas une solution à envisager sur un coup de tête ou parce que vous avez du mal à concrétiser vos rêves immobiliers. Elle n’est pas non plus la panacée. Vous devez avoir une vue globale des avantages, des inconvénients et des risques de ce type de projet avant de vous décider. Une fois lancé, il sera très compliqué de faire machine arrière.

Voilà, la réalité de l’autoconstruction c’est cela, tout n’est pas rose, loin de là. Toujours prêt à sauter le pas ?

 

Laurent CRIADO

Site Internet : guidepratiqueachatimmobilier.com

Cet article peut volontiers être repris, sans coupures, pour informer le plus de monde possible. La photo illustrant l’article doit rester la même. Le nom de l’auteur doit figurer distinctement en début d’article, un lien doit renvoyer sur la page Agoravox de l’article ou sur le site de l’auteur. Merci à toutes et à tous.

Si vous avez des attentes sur des thématiques liées à l’immobilier, prévenez-moi directement dans les commentaires ou via mon site.


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Réagissez à l'article

24 réactions à cet article    


  • Trelawney Trelawney 7 mars 18:00

    Article intéressant, mais vous oubliez la rénovation, voir restauration qui est plus fréquent lorsque l’on décide de bâtir sa maison


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 7 mars 18:35

      @Trelawney
      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

      Je souhaitais évoquer uniquement le cas de l’autoconstruction. En effet, il y a peu de ressources sur cette forme de construction.

      Concernant la rénovation ou la restauration, effectivement plus fréquentes, l’information est riche et multiple. C’est pourquoi je voulais vraiment mettre l’accent sur l’autoconstruction.

      A l’heure où la concrétisation d’un projet immobilier se heurte, pour beaucoup de monde sur l’aspect financier, étant donné les prix élevés, il était bon de montrer la réalité de l’autoconstruction.

      Certaines ou certains peuvent se laisser tenter par le chant des sirènes et il est compliqué de faire marche arrière si on s’est lancé trop précipitamment.

      Dans l’article, je présente la réalité telle qu’elle sera, sans fioritures ni étoiles.

      La clé réside vraiment dans la préparation du dossier.


    • Doumais (---.---.88.52) 7 mars 19:27

      Un site super et plein d’idées :

      http://habitat-bulles.com/


      • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 7 mars 19:36

        @Doumais
        Bonjour,

        Merci pour votre lecture et votre lien.

        Bravo pour votre réalisation et bon courage pour la suite !


      • Doumais (---.---.162.38) 10 mars 06:44

        @Laurent CRIADO : désolé mais ce n« est pas moi qui réalise, c »est Philippe DELAGE...


      • Rincevent Rincevent 7 mars 19:34

        L’auteur a bien listé les difficultés, sauf une et elle est redoutable. J’ai nommé l’architecte des Bâtiments de France (ABF). Pour peu que votre terrain soit dans une zone classée ou protégée ou a vue directe (même lointaine) d’un bâtiment classé, vous allez avoir affaire à lui et c’est un personnage tout-puissant qui peut tuer votre projet.

        Je ne saurais trop conseiller aux futurs constructeurs de solliciter d’abord les services du CAUE. En pratique, c’est un architecte qui tient des permanences périodiques dans les mairies et à qui on peut présenter son projet. Il pointera ce qui ne va pas, donnera des conseils, et vous évitera bien des erreurs (implantation, orientation, aspect extérieur, etc.). S’il y a des restrictions à la construction, il vous les signalera aussi et dira pourquoi. La démarche est gratuite (en fait vous le paierez par le biais de la taxe d’aménagement, alors autant s’en servir).

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_d’architecture,_d’urbanisme_et_d’environnement


        • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 7 mars 19:46

          @Rincevent
          Merci pour votre lecture et votre commentaire.

          Effectivement je n’ai pas nommé l’ABF, mais cela fait parti de la phase préparation du projet.

          C’est quand même bien d’insister aussi sur ce point.

          Cela montre l’ampleur d’un projet d’autoconstruction où le temps à y passer pour le peaufiner est considérable.

          Pour les bâtiments classés, il est vrai que cela ajoute des difficultés supplémentaires.


        • HELIOS HELIOS 7 mars 20:10

          ce que je viens de lire est la loi stricte et dure !


          La réalité est bien differente.

          Par principe, je raisonne avec la conviction que celui qui se lance dans un tel projet SAIT faire, et n’est pas seulement un bricoleur du dimanche.

          A partir du moment ou vous etes proprietaire d’un terrain constructible, votre premier travail est de dessiner le plan de votre maison. Peu importe en réalité les details, l’important est la maison que vous souhaitez.

          Rendez vous ensuite chez un architecte, n’hesitez pas à en trouver un accomodant et demandez lui de formaliser votre plan ainsi que d’assurer les controles d’etape. 
          C’est un budget lourd certes, mais c’est celui qui va supprimer tous les emm... listés dans l’artcicle.
          A partir de ce plan signé... des banques a la reception finale (la conformité) vous n’aurez plus qu’a construire.

          Vous avez alors une grande liberté, car, rappelez vous, tout peut être ensuite négocié aupres des mairies dans la mesure ou vous n’avez pas exagéré. La superficie, les façades, l’orientation, la position... et que vous respecter le PLU et ses détails... vous seront pardonnés.

          En clair, le recours a un professionnel est souvent la clé de l’autoconstruction car tout ce que met en oeuvre un gouvernement, ce n’est pas fait pour vous aider, mais pour vous obliger a passer par une entreprise. Il en sera de même pour l’electricité puisque l’EDF n’acceptera de vous donner un contrat « normal » pas un contrat de chantier, que si votre installation a pu etre verifiée conforme (le professionnel n’a jamais, a ma connaissance, de controle) !

          Quand a l’ADO, votre maison est a vous une fois terminée. vous l’occuperez paisiblement, vous pourrez la louer si vous vous deplacez. les agences et les notaires doivent indiquer l’absence de garantie decenale si vous ne l’avez pas ou n’avez pas pu l’obtenir mais l’acheteur, constatant la qualité de votre construction sera conquis et achetera quand même... 10 ans, cela passe si vite !

          • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 7 mars 20:58

            @HELIOS
            Merci pour votre lecture et votre commentaire.

            Merci également pour les précisions que vous apportez.

            Concernant l’ADO, c’est vrai que 10 ans passent vite mais vous n’êtes jamais à l’abri de devoir partir avant et là ça peut être très problématique juridiquement.


          • Rincevent Rincevent 7 mars 21:51

            @HELIOS

            « Peu importe en réalité les détails, l’important est la maison que vous souhaitez. » Oui, heu presque… mais pour un terrain plat. Dans le cas contraire, si la configuration du terrain ne colle pas avec la maison, il n’y aura effectivement qu’un pro pour essayer de concilier ça. J’ai encore en mémoire un joli terrain (un peu en pente) sur lequel j’avais projeté une maison s’y intégrant parfaitement. L’ayant finalement revendu, je l’ai revu complètement bousillé pour y planter un modèle de maison standard qui n’y correspondait pas du tout, une horreur !

            Pour le manque d’ADO, c’est toujours pareil : il y aura ceux qui sont capables d’estimer la validité d’une construction (peu) et les autres (beaucoup). Là encore, solliciter l’avis d’un expert suffirait à lever les doutes.


          • soi même 7 mars 22:21

            Votre article n’a pas beaucoup d’importance quand l’on voit comme nous sommes au bord du gouffre... !


            • Rincevent Rincevent 7 mars 22:51

              @soi même

              Allez de l’avant...


            • njama njama 8 mars 00:28

              Assez d’accord les prix dans l’immobilier sont largement surévalués depuis cette bulle spéculative délirante des années 2000
              Comme l’immobilier ancien avait été très largement surestimé, dans l’immobilier neuf l’ajustement s’est fait sur le prix des terrains qui a flambé, car sur la construction il était totalement inenvisageable que les coûts dans le secteur du bâtiment pourraient augmenter assez subitement de 40 à 50 % au m2 
              Sur une décennie des terrains à 50.000 € en valaient le double ou environ ! cherchez l’erreur, je veux dire l’arnaque ! et qui s’en est foutu plein les fouilles sans vergogne !
               
              bref tout cela était de la grosse bidouille de Thénardier spéculateurs qui ont des mentalités proches des rats ...
              Après, ce système « pourri » a ses limites car un investisseur attend une certaine rente-abilité de son investissement, et il ne mettra pas plus dans la corbeille qu’en fonction de la rentabilité qu’il pourrait en espérer ...
              En clair ça veut dire que s’il espère en tirer 6, 8 ou 10 % brut, ... bon je vous laisse calculer combien il investira en fonction des loyers pratiqués localement ...


              • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 8 mars 12:00

                @njama
                Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                Il est clair que le prix des terrains compte pour beaucoup dans le coût global d’un projet immobilier.

                Sur certains secteurs il peut représenter la moitié d prix d’une maison !

                Cela a pour conséquence de favoriser la rente, ceux qui détiennent le foncier, au détriment de ceux qui travaillent.

                Une fois qu’un client s’est fait détrousser la moitié de son budget pourr l’achat du terrain, derrière, les artisans, les architectes, les constructeurs,etc., tous ceux qui contribuent à créer de la valeur ajoutée sont obligés de comprimer les coûts pour continuer à travailler.

                La compression des coûts c’est très concret et cela se répercute par exemple sur le niveau des salaires, la qualité de produits, ou le développement de la concurrence déloyale avec les travailleurs détachés.


              • Croa Croa 8 mars 08:31

                L’auteur a oublié le principal : Le prix des terrains constructibles !
                Depuis des décennies le coût de la construction stagne, voire régresse alors que le prix de l’immobilier s’envole : C’est donc le prix des terrains constructibles qui devient inabordable, pas la construction !
                En conséquence de quoi si vous avez les moyens d’acheter un terrain vous pouvez aussi faire construire.
                Et votre bonne volonté à mettre la main à la pâte ne vous sauvera pas ! Le ticket d’entrée, à savoir l’achat du terrain n’est plus à la porté de tout le monde. (Autrefois, c’est à dire il y a 20ans au moins, 5 ans d’économie d’une famille très moyenne suffisait pour acheter au content le terrain et on prenait crédit pour faire construire. Maintenant il faut s’endetter totalement et ce n’est plus à la porté de tout le monde.)
                *
                Ceci dit l’article est tout de même très bon. Il concernera tous les pas très riches ayant la chance d’avoir une famille déjà propriétaire de terrains, aussi ceux, peu nombreux, qui pourraient vivre dans un de ces derniers endroits resté pas chers ravitaillés par les corbeaux... Et aussi ceux qui aiment ça : Les gros bricoleurs !  smiley 


                • Croa Croa 8 mars 08:45

                  Je précise : Un gros bricoleur ne se lance pas dans un projet de construction parce qu’il n’aurait pas les moyens de faire construire. Son but est tout autre : Se faire plaisir et construire différent. Sa maison sera sa maison. Elle ne ressemblera à aucune autre et sera parfaitement à son goût, écologique ou tape-à-l’œil, c’est à dire à l’image de son propriétaire-constructeur. Il se peut même qu’elle lui revienne bien plus cher qu’une maison standard ! 


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 8 mars 12:33

                  @Croa
                  Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                  C’est vrai que le terrain entre pour une grande part dans la réussite de ce type de projet.

                  Je ne l’ai pas directement abordé, puisque tout cela entre dans l’étude et la préparation de ce type de projet.

                  C’est également vrai que les coûts de construction ne cessent de baisser, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire et qui est repris en boucle par les médias.

                  Le foncier pénalise pour une grande part les projets immobiliers de ceux qui ont un budget serré. Et ce n’est pas un problème de demande solvable, comme on l’entend partout.

                  Le problème c’est de privilégier les rentiers et les héritiers, au détriment des gens qui travaillent, et qui gagnent un petit salaire. Simplement ces gens, eux, travaillent vraiment.

                  L’autre soucis, peut-être le principal, c’est la non décentralisation effective et la mauvaise répartition de l’activité économique. Elle est concentrée sur quelques pôles qui se transforment forcément en zones tendues.

                  Mieux répartir l’activité permettrait un lissage des prix quelle que soit la région. Bien entendu il resterait quelques écarts, mais au moins l’immobilier ne serait plus un boulet de 20 ou 25 ans pour les ménages.

                  Avec des prix plus justes ils pourraient consommer dans tous les secteurs d’activité au lieu d’un seul et qui ne redistribue rien. Avec les prix que l’on connaît, si c’était vraiment bénéfique, cela se sentirait dans le budget de millions de ménages.

                  Je ne crois pas que cela soit le cas


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 8 mars 12:38

                  @Croa
                  Comme vous le signalez, un très bon bricoleur, trouve dans l’autoconstruction d’autres aspirations que la seule vue budgétaire.

                  Il pourra faire à sa façon par rapport aux matériaux, aux procédés d’application (laisser sécher les matériaux par exemple), choisir des matériaux novateurs encore inconnus des artisans traditionnels, etc, etc...

                  Mais dans ce cas, le budget n’est pas la motivation.

                  Le projet est choisi et le très bon bricoleur sait qu’il pourrait avoir moins cher une maison en passant par un constructeur.

                  La notion de choix est ici primordiale.


                • Yvance77 Yvance77 8 mars 12:12

                  Salut

                  Encore heureux que cet excellent billet ait été choisi ... cela nous épargne la bouse quotidienne du « robinet d’eau tiède le Rakoto ».

                  Dans l’absolu cela a toujours été mon rêve d’avoir une maison de paille, mais les finances limitées et d’être né avec deux mains gauches et dix pouces, font que l’entreprise aurait été hasardeuse.


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 8 mars 12:43

                    @Yvance77
                    Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                    Très heureux que l’article vous plaise, le but était de montrer la spécificité de l’autoconstruction d’un point de vue préparation et surtout la réalité qui sera celle des aspirants à ce type de projet.

                    Il faut bien avoir conscience des difficultés des nombreux obstacles.

                    Ce n’est pas adapté à tout le monde, le plus important étant de choisir ce type de construction pour autre chose que l’aspect financier, sinon la déception sera grande.


                  • knail knail 8 mars 16:03

                    Dans le Mercure de France au Siècle des Lumières on a pu lire « Des vertus de bâtir soi même son propre manoir ».

                    Ceci pour rappeler qu’aujourd’hui encore la majorité des familles habitent des maisons bâties de leur propres mains ou de celles de leurs parents et ancêtres. Ce n’est qu’une minorité, la nôtre, privilégiée ou aliénée, qui dispose du luxe, ou de l’aliénation, très récents, nécessaires à ce que cette question se pose.

                    Cet habitat auto construit, de toujours et d’aujourd’hui encore, n’a la plupart du temps rien avoir avec « cette pratique, sous les traits moins nobles de baraquements ou de bidonvilles qui sont une forme parmi tant d’autres d’autoconstruction » dont vous faites mention. Point de vue courant et symptomatique de l’occidental culturo-centré et inquiet que nous sommes. Hormis donc mon petit pavillon plus ou moins industriel ordonné, tôles, pneus et bouts de bois informes constitueraient le résultat malheureux des aventureuses et coupables libertés du constructeur libéré, ou si vous préférez privés, des limites du cadre établi par la société de consommation et l’économie de marché. Sa punition en quelque sorte.

                    Bien au contraire, et il faut y insister, les réalisations architecturales et urbanistiques appelées savamment vernaculaires sont parmi les plus abouties et les plus remarquables qui soient. Aujourd’hui encore, dans bien des régions du monde, pays en voie de développement compris !

                    La preuve en est, c’est qu’elles sont souvent un des buts des pérégrinations des plus riches à travers le monde, qui en sont eux, paradoxalement privés, contraints de se contenter de l’ersatz, certes confortable, de ce que l’industrie leur livre, clé en main, en terme de logements et de villes nouvelles.

                    L’autoconstruction subsiste dans les sociétés qui n’ont pas été complètement frappées par le modèle économique capitaliste, la division du travail et la fragmentation des savoirs, qui tout en répandant une certaine conception du confort, qui reste d’ailleurs à interroger, ont aussi tué le savoir faire particulier et le plus intime de l’artisan, transformant celui ci en simple exécutant privé de son identification à l’oeuvre qu’il élaborait jusque là. La demeure de l’homme a muté ainsi en logement sans noblesse, et l’homme ’moderne’ contraint de s’y conformer.

                    C’est donc finalement un biais assez récent, très localisé dans nos pays les plus soumis, qui nous rend si particulière, voire dangereuse, une pratique en réalité des plus communes, et des plus qualitatives aussi, j’insiste. Sorti des centres à l’économie capitaliste la plus victorieuse, cette manière de faire est normale. Non pas pour une minorité résistante, mais pour la plus part.

                    Il en reste des traces dans les recoins de nos pays. Près de chez nous, à échelle plus vaste, je songe à la campagne polonaise que je connaît. Y faire construire entièrement sa maison par des personnes étrangères à la famille, est souvent un luxe auquel on ne songe pas. Et il en est ainsi pour la plupart des pays d’Europe centrale et de l’est, pour ne citer que les exemples les plus proches de nous.

                    A Versailles au cours des longues conversations au coin des cheminées de marbres ouvragés, monumentales, les marquis progressistes en quête d’une vie nouvelle, entraînés par leurs lectures de ’Jean-Jacques’ (Rousseau), s’interrogeaient entre eux sur l’opportunité de bâtir quelques folies plus naturelles, plus authentiques, plus conformes à l’esprit et l’économie du temps. Plus démocratiques aussi, le terme interpellait. Des concours furent même lancés, et l’on vit surgir de terre en effet, d’audacieuses constructions modernes, en quelques semaines à peine parfois. Pour parvenir à de tels prodiges il fallait qu’ils donnent bien de leur personne.

                    Bien amicalement et en toute taquinerie.

                    Laurent


                    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 8 mars 17:43

                      @knail
                      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                      L’article s’adresse aux candidats constructeurs en France.

                      Ce point de vue historique est très intéressant et il n’y a aucune connotation négative lorsque j’évoque les baraquements ou les bidonvilles.

                      Simplement, au-delà de l’historique de l’autoconstruction, l’article s’adresse à ceux qui pourraient se laisser tenter sans mesurer réellement l’ampleur d’un tel projet.

                      Par rapport à la comparaison et à l’évolution entre l’époque actuelle et des temps plus anciens, il y a aujourd’hui des contraintes bien réelles et notamment l’ADO.

                      Ceux qui souhaitent s’orienter sur l’autoconstruction doivent vraiment le faire par choix et par conviction plutôt que sur le critère budgétaire qui est un miroir aux alouettes.

                      J’ai beaucoup d’admiration pour les formes les plus simples et primitives de l’autoconstruction et voici par exemple, une vidéo dans laquelle vous pourrez constater la richesse du logement créé.

                      Bien cordialement,


                    • Céline Ertalif Céline Ertalif 8 mars 23:38

                      « Ceux qui souhaitent s’orienter sur l’autoconstruction doivent vraiment le faire par choix et par conviction plutôt que sur le critère budgétaire qui est un miroir aux alouettes ».

                      Je trouve ce commentaire tout à fait en ligne avec l’article : bizarre, en fait. Parce que le choix de l’autoconstruction tend à devenir un choix de vie certes, mais fortement encouragé par l’impossibilité d’accès au revenu... Et, dans ce cadre, l’autoconstruction est souvent accompagnée d’entraide, avec les chantiers participatifs, et de permaculture. Dit autrement, l’autoconstruction fait partie d’un choix de vie plus globale que l’autoconstruction elle-même, où les considérations budgétaires et écologiques sont intimement resserrées. Certains de ces pratiquants inverseraient totalement la présentation du problème : le critère budgétaire n’a rien d’un miroir aux alouettes et correspond d’abord à la nécessité de sortir du circuit économique monétarisé, alors s’il y a choix il consiste à associer un ensemble cohérent pour retrouver une qualité de vie différente dans une cohérence globale en rupture avec toutes les règles dominantes de production et de consommation.

                      • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 9 mars 09:10

                        @Céline Ertalif
                        Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                        Je crois comprendre pourquoi vous trouvez le commentaire bizarre et l’article également.

                        Lorsque je parle de « miroir aux alouettes » budgétaire, c’est très simple.

                        L’article s’adresse aux personnes tentées par l’autoconstruction pour leur projet immobilier en raison d’une enveloppe financière réduite.

                        Ces personnes souhaitent se loger en devenant propriétaires, le hic étant que leur enveloppe est trop faible pour passer par un achat classique en neuf ou ancien.

                        C’est alors, qu’elles entendent parler de l’autoconstruction, que certains « vendent » comme deux à trois fois moins cher qu’en passant par un constructeur.

                        Super s’écrient-ils ! Ces personnes n’ont pas de conviction particulière, à part se loger dignement dans un logement à un prix normal. Une chambre pour eux, les enfants, un petit bout de jardin, et c’est tout.

                        Le piège pour ces personnes serait de croire que l’autoconstruction, présentée comme moins chère, est la solution. Elles veulent s’y engager uniquement pour une question de budget.

                        Et c’est là que se situe le piège pour ces personnes.

                        Elles vont vouloir construire une maison classique qui va s’approcher d’une maison constructeur et elles ne feront jamais d’économies pour toutes les raisons évoquées dans l’article.

                        La raison pour laquelle elles se lancent dans l’autoconstruction ne sera donc jamais atteinte et parfois même ce sera l’inverse pour celles qui auront la chance d’arriver, à la fin ou presque, de leur chantier.

                        C’est peut-être en cela que vous trouvez l’article « bizarre ». En effet, je ne leur présente pas ce type de projet en les faisant rêver, mais en présentant la réalité telle qu’elle sera pour eux. C’est vrai que c’est moins glamour. Je ne raconte jamais de contes de fées à part aux enfants. Pour un projet qui engage pour une vingtaine d’année, j’aime bien présenter les vraies choses.

                        Peut-être que certains seront, pour le coup, moins enthousiastes sur l’idée d’autoconstruire. Entre nous tant mieux, si cela leur évite de se planter.

                        En revanche, vous évoquez dans votre commentaire :

                        1. « le choix de l’autoconstruction tend à devenir un choix de vie »

                        2. "Dit autrement, l’autoconstruction fait partie d’un choix de vie plus globale que l’autoconstruction elle-même"

                        3. "le critère budgétaire n’a rien d’un miroir aux alouettes et correspond d’abord à la nécessité de sortir du circuit économique monétarisé"

                        4. "alors s’il y a choix il consiste à associer un ensemble cohérent pour retrouver une qualité de vie différente dans une cohérence globale en rupture avec toutes les règles dominantes de production et de consommation"

                        ---

                        Ce que vous évoquez est exactement ce qui est dit dans l’article.

                        1. Vous mettez bien l’accent sur la notion de choix. Des gens choisissent l’autoconstruction comme un choix de vie, et non pas comme la solution budgétaire à un problème financier pour se loger.

                        2. La notion de globalité est également importante et là encore de « choix ». Le choix, le choix, le choix. Il n’y a pas de contraintes pour ces personnes, c’est un projet global et pas seulement un projet de logement.

                        3. Sortir du circuit économique monétarisé est un choix et une conviction. Chaque personne est libre de développer ses idées et ses choix et si l’autoconstruction les aide à le faire, tant mieux.

                        4. La qualité de vie et la sortie du « système » est le choix de ces personnes. Ce choix leur apporte une meilleure qualité de vie. L’autoconstruction leur permet de respecter leur conviction.

                        Je ne pense pas que pour ces personnes le budget soit l’élément déclencheur. Ces personnes vont autoconstruire une habitation qui sera d’ailleurs en accord avec leurs convictions et leurs valeurs. Avec des notions de partage, d’entraide, de solidarité, d’écologie, d’un retour à une vie plus simple, de décroissance, etc...

                        A partir de ces idées, leur autoconstruction sera humble et respectueuse de la nature et de l’environnement, en incorporant la notion de recyclage, de simplicité.

                        Je ne les vois pas construire une maison participant au concours de "C’est moi qui ai la plus grosse" ! smiley

                        Mais bon j’ai déjà vu des personnes qui se qualifient de « consommateurs responsables » et qui vont s’habiller chez la marque qui commence par un Z et qui finit par un A… Tout es possible…

                        Pour les personnes qui au travers de l’autoconstruction trouvent le moyen d’exprimer leur choix de vie et leur conviction, c’est parfait. Que trouvez-vous de bizarre ?



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