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Accueil du site > Actualités > Economie > L’économie de la cocaïne en Amérique Latine

L’économie de la cocaïne en Amérique Latine

 
Une demi poignée de pays est sous la coupe des mafias, des cartels et de groupes paramilitaires organisés. En fait, c’est plutôt les réseaux, les compromissions, les liens d’affaires entre des activités illégales, une économie informelle et des activités commerciales classiques qui donnent au phénomène cocaïne une dimension continentale et ensuite transcontinentale. Ainsi, les procédures de blanchiment, moins visibles, finissent par déstabiliser des espaces, à influencer l’économie formelle et à créer des dynamiques d’un développement irrationnel de manière plus conséquente que certains narco espaces, certains territoires contrôlés par les paramilitaires ou la guérilla. L’autre élément, qui joue un rôle chaotique, c’est tout simplement l’absence de pouvoir central ou son identification à une fratrie. En Colombie par exemple, tout désarmement de groupe paramilitaire génère automatiquement des nouvelles organisations qui prennent le relais pour le contrôle de l’espace. Il en est de même pour les Cartels. Leur relatif effacement a donné naissance, depuis les années 1990 jusqu’à aujourd’hui, à des organisations de moindre importance gravitant autour d’une nouvelle génération de fermiers s’adonnant à la culture de la coca. Enfin, la gestion directe par des « hommes importants », comme ce fut le cas du général Banzer en Bolivie, de territoires conséquents qui échappent au pouvoir est une autre variante. Elle fonctionnait comme une entreprise certes criminogène sur l’espace défini mais encore plus sur les activités d’exportation. Les modèles d’association avec des individus issus du même milieu (armée, services secrets) agissant dans d’autres pays ou d’autres continents. Il en était de même pour Vladimir Montessinos, éminence grise du président Fujimori, et patron des services secrets péruviens. Enfin, le développement de bandes armées « incontrôlables » comme ce fut le cas à Haïti, procède du même modèle. Dans ce cas, il s’agit moins d’un territoire mais d’une activité (stockage, réexportation) : les bandes agissent comme le bras armé du pouvoir (et parfois de l’opposition) et sont payées en nature par la sécurisation des stocks de cocaïne.
 
Ainsi, pour toute une série de pays, le processus de la cocaïne devient un enjeu politique et électoral, comme sont en train de devenir les réserves en gaz et en hydrocarbures. Et souvent au sein des mêmes pays et par les mêmes forces politiques.
 
L’enjeu politique se décline aussi bien dans un débat interne à plusieurs pays qu’entre ces pays, leurs bailleurs de fonds et leurs partenaires économiques. Dans un cadre géopolitique de plus en plus marqué par la libéralisation du marché, l’économie de la cocaïne sera intégrée au sein de négociations multilatérales et moins dans un cadre de pressions politiques et militaires. Au Mexique par exemple, les instruments commerciaux de l’ALENA jouent un rôle très important dans la mise en place d’une politique visant à limiter le trafic des drogues (cocaïne, amphétamine) destinées au marché nord-américain. Toutefois, l’efficacité de ces négociations reste à démontrer.
 
Au plan interne à chaque Etat pris dans le maelström de l’économie de la cocaïne, le débat politique prend plusieurs formes. Certaines, opposeront les forces traditionnelles des producteurs de coca (Pérou, Bolivie) avec leurs gouvernements. Dans d’autres, comme en Colombie, s’oppose le discours purement sécuritaire à celui de l’indépendance nationale par rapport aux pressions américaines et du contrôle de territoire national. Ailleurs, le débat portera, sur le rôle néfaste que joue le trafic de drogues qui est ressenti comme un levier pour la criminalisation de la société (Brésil, Argentine par exemple). Dans certains pays (Equateur, Paraguay, Salvador par exemple) c’est la corruption comme frein au développement qui est au cœur du débat. Quand on souligne « débat », on veut indiquer que des forces politiques organisées contestent le bien fondé de certaines mesures sécuritaires, de contrôle ou d’intégration préconisées pour « normaliser » le pays et qui sont considérées comme « importées », « secondaires », ou constituant tout simplement une excuse pour d’autres actions interventionnistes. Le meilleur exemple est sans doute situé dans l’espace caraïbe et concerne la narco économie et son rôle offshore pour l’économie mondiale. L’enjeu de ce débat est d’autant plus important que la permissivité économique abouti à une permissivité globale suivie d’une augmentation très importante de la consommation de drogues et une présence avérée du crime organisé international.
 
Les institutions internationales et spécialisées (ONU, OCDE, GAFI, etc.), ont depuis le début des années 1990, insisté sur le rôle de « blanchisseur » de la région caraïbe.
 
Comme le dit le juge Jean de Maillard, « les centres financiers offshore adaptent leurs réglementations internes pour permettre à ceux qui viennent s’immatriculer dans leurs territoires de se soustraire aux lois des autres Etats ». Cependant une loi américaine, le « Foreign Sales Corporation Act » autorise les grandes entreprises à se domicilier fictivement offshore pour éviter le paiement des taxes aux Etats-Unis et « pouvoir ainsi faire de meilleures offres dans les marchés publics internationaux ». Il est donc normal que sur place on trouve déplacées les pressions de la communauté internationale concernant la régulation de ces centres. D’ailleurs, malgré la crise financière et le rôle que jouèrent les places offshore, l’Act n’est nullement abrogé.
 
À partir des années 1980, les cartels colombiens investissent massivement dans les places offshore des Caraïbes. Ils seront suivis, après la chute du mur de Berlin, par des organisations criminelles issues de tous les autres continents. L’ensemble régional cumule ainsi, trois aspects du phénomène drogue : le stockage et la réexportation, la production, le blanchiment et, depuis le milieu des années 1980, une très importante consommation. Ainsi, au sein d’une partie importante des îles caraïbes la corruption se développe à une allure endémique au niveau du pouvoir politique et administratif. En 1998, le frère cadet du Premier ministre d’Antigua et Barbuda a été arrêté pour trafic de drogues. À St. Kitts et Nevis, des sources bien informées portent à croire que les deux principaux partis politiques sont en relation avec l’argent de la drogue, sans compter tous les ministres qui ont été impliqués ou reconnus coupables de trafic de stupéfiants à Antigua et Barbuda, aux Bahamas, à Anguille et dans les îles Turques et Caïques. Les îles ayant un statut les liant à une métropole européenne ne sont pas préservées. Aussi bien au niveau d’une « intégration trafiquante » comme c’est le cas pour les Antilles françaises et Néerlandaises, que pour la consommation, crack essentiellement (Martinique, Guadeloupe, Saint Martin par exemple).
 
De tous ces aspects, c’est sans doute le rôle d’interface inter organisations criminelles qui indique le mieux les risques sécuritaires pour la région globalement. Paradoxalement les Etats-Unis ont à plusieurs reprises indiqué que les Caraïbes connaissent un grave problème de « bonne gouvernance » Ils reconnaissent aussi qu’une grande partie de la drogue consommée chez eux transite par l’espace caraïbe. Mais l’aspect cité ci-dessus, qui suppose une action concertée sur la concentration de capitaux et d’organisations criminelles sur la région, butte sur leur refus d’une normalisation financière de cet espace. Ainsi, les capitaux russes, turcs, galiciens, néerlandais, colombiens, italiens, chinois etc., appartenant à des personnes identifiées comme étant liées au crime organisé contrôlent une partie non négligeable des activités économiques de la région. La mafia turque par exemple y a « délocalisé » une partie de ses casinos après leur interdiction en Turquie et l’assassinat d’Omer Luftu Topal patron incontesté de cette activité (casinos Princess, Emperial, Jasmin, etc ).
 
Les moyens financiers de ses épigones (Deniz Oscan en particulier) sont redoutables : ils détiennent, - c’est juste une indication -, 80% des bons du trésor de la Turquie. La mafia italienne est aussi très présente et liée à plusieurs scandales politico-financiers de la région.
 
Ils ne sont pas les seuls. Comme le soulignait le professeur Bruce Michael Bagley (Université de Miami) dans une étude sur la pénétration de la mafia russe aux Caraïbes, « Dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les dynamiques de globalisation au cours des deux dernières décennies ont abouti à des conditions presque idéales pour la pénétration et la diffusion rapides du crime organisé transnational. D’un côté les centaines de millions de pauvres sous-employés alimentent un vaste chaudron bouillonnant dans lequel la criminalité sous toutes ses formes peut couver et se multiplier, ce dont elle ne se prive pas. D’un autre côté, les états faibles, souvent corrompus et fréquemment illégitimes, se sont révélés incapables de répondre adéquatement aux besoins désespérés aux segments "marginalisés" de leurs populations, ou d’empêcher l’extension de la criminalité commune.
 
Par ailleurs, les mafias asiatiques, très présentes au Canada et en Californie y ont installé des bases importantes. Ainsi, la plus grande partie des organisations du crime organisé est présente, utilise cet espace pour mener des actions communes et, surtout, investir l’argent blanchi dans d’autres activités notamment en Amérique Latine et qui souvent concernent le tourisme, l’agroalimentaire, les activités portuaires et les activités liées à l’énergie.
 
La globalisation de l’économie des drogues aura eu donc deux effets : l’un classique et relativement visible, et qui concerne le marché lui-même. En effet, si le processus cocaïne embrasse désormais l’ensemble des pays latino-américains, la jonction des mafias et l’ouverture du sous-continent au reste du monde, voire sa modernisation, introduit des pratiques plus mercantiles qui englobent la totalité des drogues et la constitution au sein de l’Amérique Latine de vastes populations de consommateurs qui en font un « nouveau marché » très dynamique. Si l’historique de la cocaïne (et précédemment de la marijuana) concernait quelques milieux de consommateurs traditionnels ou constituant des « niches spécifiques » (mafieux eux-mêmes, étudiants, paysans, policiers, classes hautes - moyennes, etc.), aujourd’hui, l’Amérique Latine, est touchée par une consommation polydrogues (héroïne, amphétamines, benzodiazépines, etc..) dont elle est devenue aussi un producteur important (amphétamines au Mexique héroïne en Colombie, etc.).
La violence liée à l’industrie des drogues engendre par ailleurs, et cela aussi est relativement visible, des variantes allant de phénomènes de délinquance organisée liés au contrôle d’un marché local (Honduras par exemple) à la déstabilisation des territoires urbains par les guerres de clans (Brésil) à des modèles proches de la Colombie de création de territoires de non - droit (Haïti, Jamaïque, etc.). 
 
Mais cet aspect s’accompagne d’un autre, bien moins visible et qui touche la « corruption » des élites qui finissent de perdre toute crédibilité (Equateur, Paraguay, Haïti, Bolivie, Mexique, par exemple). La déstabilisation politique, et c’est le dernier aspect le plus important à notre sens, s’accompagne, sous le « parapluie » de la mondialisation, d’une série de joint-ventures inter - mafieux qui permet le noyautage de l’économie formelle par des capitaux issus d’activités criminelles perpétrées en d’autres espaces et continents. Cela a comme résultat de renforcer le processus d’une économie déjà en soi irrationnelle et qui à la longue, posera un problème réel de développement pour l’ensemble de la région.
 
L’économiste colombien Francisco Thoumi résume parfaitement le processus. Après avoir démontré que la Colombie s’est appauvrie après vingt années d’une économie liée à la cocaïne, il indique que les trafiquants agissant en prédateurs et voulant avant tout blanchir l’argent, enfantent une économie irrationnelle, loin de tout intérêt porté sur la planification, la cohérence ou, tout simplement, l’investissement productif. La corruption, premier investissement de tout trafiquant, pénalise toute forme d’économie formelle, et éloigne les investisseurs. Il se crée ainsi un vacuum, où seuls se sentent à l’aise les investisseurs douteux ou acceptant des risques importants. Les compagnies de Mandof mais aussi Second Life, Stanford, UTS entrent dans ce schéma.
 
Ainsi, et concernant la criminalité gravitant autour de l’économie de la cocaïne, les risques sécuritaires sont nombreux. Ceux-ci, en premier lieu, concernent le processus démocratique. La méfiance vis-à-vis de l’élite politique (et du processus démocratique lui-même) connaît un renouveau, tandis que nous sommes déjà loin des années de plomb qui ont marqué le continent. La simplification du discours politique, qui oppose « corrompus » et « patriotes », en est un des épiphénomènes. Ailleurs, s’installe une « mentalité offshore », c’est-à-dire une vision d’exception par rapport aux règles et aux lois qui régissent notre monde. Cela touchait, il y a vingt ans des services secrets, des Cartels, des forces paramilitaires. Elle concerne aujourd’hui, non seulement des Etats mais aussi des populations (Saint Martin par exemple).
 
L’environnement économique lui-même semble fortement affecté. Sont ainsi privilégiés, des actions ponctuelles, des mécanismes de plus en plus opaques, des liens apparaissent de plus en plus entre le « légal » et « l’illicite » (au Mexique ou à Saint Martin par exemple) qui renforcent les réactions de défiance ou qui se transforment en actions populistes, comme au Venezuela.
 
En d’autres termes, malgré un « apaisement démocratique », l’Amérique Latine, n’arrive pas à se débarrasser des luttes, des discours et des chimères d’antan, à cause d’une tension « artificielle » due à l’économie continentalisée de la cocaïne et au fait que le crime transnational - et ses capacités corruptives - perpétuent une insécurité sociale, économique et politique.
 
Si la jonction entre les organisations criminelles au sein de l’espace latino-américain n’est plus à démontrer, une autre, entre celles-ci et le monde formel de l’économie est en train de se développer. Cela devient désormais possible pour trois raisons : les organisations et les personnes agissant au sous-continent (mais aussi aux Etats-Unis et au Canada) et qui viennent de l’ex espace soviétique, de l’Asie ou du Moyen Orient ont déjà la « couverture institutionnelle » dans leurs propres pays. Ils ont, dans le passé, agit au sein - même des services secrets, de la finance ou de l’armée. L’autre raison tient au fait que, dans certains pays latino-américains (Pérou, Mexique, Bolivie, Honduras, Colombie, espace Caraïbe, etc.) le pouvoir, souvent au nom de la sécurité, s’est lui-même criminalisé. Enfin, en Amérique du nord, des hommes d’affaires (Marc Rich, par exemple) et des organismes d’Etat (CIA par exemple) en font de même.
 
Si le phénomène est ancien (Contras Gate, Panama, Pérou, St Domingue), aujourd’hui il se développe, en s’éloignant de plus en plus des semblants d’ordre idéologique qui avaient permis son développement.
 
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (11 votes)




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14 réactions à cet article    


  • paul muadhib 22 mai 2009 11:05

    eh oui..longue et interessante argumentation,..bon ,si on paye des taxes sur la drogue on est un marchand d alcool ou de tabac par exemple,quelqu un de bien en d autres termes et si on ne paye pas de taxes sur la drogue ou est soit un cartel ,soit une mafia,soit un narco trafiquant....la morale de la societe est donc une affaire de taxes, de tva pour etre precis,de taxe a la valeur ajoutee..faut il en rire, en pleurer, s en foutre ??? faut il s attendre a autre chose ? non...et pourquoi ? le profit etant le seul moteur des societes humaines , le reste n est que moyen pour arriver a engranger ce profit, et ces bonnes societes fondamentalement injustes ,violentes,guerrieres , viennent nous faire leur morale a deux francs six sous, ....autrement dit , la communication sur le sujet ne change strictement rien a celui ci,merci les usa en afghanistan !!! c est comme une pub qui veut dire...« nous sommes des gens biens, regardez ces mafias, ces trafiquant, les morts par absortion de drogues etc.. » alors que des mort dues a l alcool , au tabac, aux produits chimiques , etc, sont tellement + nombreux dans des proportion sans doute gigantesques.
    mafia, economies, politiques, elites, etc...tout est lie, d ailleurs l article presente des « connivences » entre differents milieux.
    bon, je redis que le profit comme moteur donnera toujours ce genre de societe, si rien ne change profondement dans la « psyche humaine », on se donne rdv dans 10 000 ans, tout sera pareil, ......sauf la couleur du ciel peut etre, plus sombre,plus radio actif, sans humains..


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 22 mai 2009 13:31

      Quel pavé...

      " Cependant une loi américaine, le « Foreign Sales Corporation Act » autorise les grandes entreprises à se domicilier fictivement offshore pour éviter le paiement des taxes aux Etats-Unis et « pouvoir ainsi faire de meilleures offres dans les marchés publics internationaux « 

      Ca parle en soi, non ?

      Par contre, les services secrets étasuniens à l’aide d’images satellites ou hélicoptères font une guerre des plus brutales envers ceux qui décident de produire dans leurs jardins un ou deux plants de cannabis pour leur consommation personnelle à usage récréatif. Non seulement ils favorisent l’établissement du grand filet international du trafic à étages de l’échelle des stupéfiants divers, mais en plus, ils découragent tous ceux qui cherchent à se libérer des trafics impliqués en produisant à domicile.

      A chaque fois que je m’allume mon pétard entièrement naturel de ma propre production locale, j’ai une pensée pour toutes les victimes et acteurs de ce grand bordel mondial infâme... ! Ca me rend beaucoup trop » coule " et m’épargne d’avoir de mauvaises pensées sans compassion envers tous ces cons, mais je préfère nettement rire à cette idée du bonheur que tous vont chercher beaucoup trop loin...

      Une bonne dose de bon sens vaut mieux que mille lois et policiers autistes : Gloire à la plus grande armée du monde !


      • Philou017 Philou017 22 mai 2009 18:10

        Le dessin est tout à fait génial !


      • Tony Pirard 22 mai 2009 16:10

        Je trouve très amusant la Presse europénnée.Ils parlent comme si l´Amérique Latine fusse la culpable de tout mal que a dans L´europe.Comme si n´y avais consommateur et par conséquent produteurs de drogues.

         À Grenoble dû la prochimité de la frontiére italienne,a établu une vraie Chicago des années 30.Tous semaines un vrai « far-west » meurent 5 à 6 et la voisinance c´est proibue de parler quelque chose ou aussi meurent.

         Cela,c´est un probléme mondial et de nos jours.


        • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 22 mai 2009 16:11

          Je pense que votre papier reflète assez bien les relations étroites et opaques autant que confuses, entre l’argent de la cocaïne et les capitaux commerciaux plus classiques à l’intérieur des paradis fiscaux. Il y avait pourtant un remède très efficace contre cela, c’était la levée de la prohibition et le contrôle de ce commerce par les états. Ce moyen bien sûr n’a pas été utilisé (et n’est pas près de l’être) on comprend facilement pourquoi, cet état de fait profite à beaucoup trop de monde au détriment des citoyens du monde...


          • appoline appoline 22 mai 2009 19:57

            @ Marcel Chapoutier,

            Entièrement d’accord avec vous sur la levée de la prohibition ; car il est évident qu’il n’y a pas que les narco-trafiquants qui s’en mettent plein les poches. Pour faire bref, je pense que cela arrange pas mal de monde. Curieux quand on veut que les choses restent dans l’ombre, beaucoup s ’activent pour le faire. Du coup, je m’en vais écouter Clapton, le sujet l’avait inspiré.


          • Reinette Reinette 22 mai 2009 18:06

            J’ai lu ce livre où l’on comprend bien que certains gouvernements sont mêlés directement aux trafics en tous genres.


            Colombie : derrière le rideau de fumée : histoire du terrorisme d’Etat

            AUTEUR : Hernando Calvo Ospina, Colombien résidant en France, est écrivain, journaliste et collaborateur du Monde Diplomatique. Il a participé à des documentaires pour la chaîne de télévision britannique BBC, la franco-allemande Arte et l’allemande ARD. Il est l’auteur de plusieurs livres qui ont été traduits en plus de dix langues.

            Editeur Temps des cerises


            L’affaire Ingrid Betancourt et la question des otages ont mis la Colombie sous les feux de l’actualité... Mais, derrière le rideau de fumée médiatique, que se passe-t-il vraiment dans ce pays ?
            La violence politique, conséquence de l’intransigeance de l’Etat et des énormes inégalités sociales, est au coeur de cet ouvrage. Au fil de l’histoire, l’oligarchie nationale vorace, les États-Unis et certaines puissances européennes, avides de soumettre un peuple pour s’emparer de ses immenses richesses naturelles, ont fait de la violence leur spécialité. Si par le passé, les troupes officielles semaient la barbarie, aujourd’hui ce sont les paramilitaires, qu’elles ont engendrés, qui ont pris le relais. Pourtant, sans relâche, d’importants secteurs de la population organisent la résistance en adoptant diverses formes de lutte.

            Comme le dit le chercheur états-unien William Blum, ancien fonctionnaire du département d’Etat, ce livre décrit parfaitement « la complicité de Washington dans l’utilisation du terrorisme et du trafic de drogues pour que le gouvernement colombien mène la véritable guerre contre le « communisme » ».

            « Un travail impressionnant, habilement développé grâce à un style caractéristique de la culture colombienne, et qui présente les faits les plus dramatiques sous une forme littéraire. » François Houtart, professeur émérite de l’Université de Louvain-la-Neuve

            « Même s’il développe un thème complexe et cruel, chaque page invite a poursuivre la lecture. » Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU

            Préface d’Ignacio Ramonet


            • phiconvers phiconvers 23 mai 2009 09:50

              Hernando Calvo Ospina, ce petit télégraphiste des FARC en Europe, qui s’est récemment vu interdire le survol des Etats-Unis... Ouvrage préfacé par Ignacio Ramonet, le grand hagiographe de Fidel Castro ! Avec de tels maîtres à penser, vous allez en effet bientôt disposer d’une belle grille de lecture de l’Amérique latine. Vous n’aurez même pas besoin d’y aller. Tout sera clair. Les vilains oligarques soutenus par Washington contre les pauvres indigènes ployant sous la contrainte des escadrons de la mort...


            • Philou017 Philou017 22 mai 2009 18:07

              Excellent article. Vous avez parfaitement décrit le mécanisme de la dégénérescence des états par l’arrivée de capitaux mafieux et de la drogue.

              "Mais l’aspect cité ci-dessus(corruption), qui suppose une action concertée sur la concentration de capitaux et d’organisations criminelles sur la région, butte sur leur refus d’une normalisation financière de cet espace.« 

              Il me parait évident que cette dégradation des états, particulièrement en Amérique du sud, résulte d’une volonté patente au niveau de pouvoirs financiers occultes tres puissants de déstabiliser des états pour mieux pouvoir les controler et les neutraliser, afin de les empêcher de remettre en cause une globalisation qui doit mettre le monde au service des puissances financières. Tout ceci est voulu, entretenu, développé, comme le montrent tres clairement les faits.
              Les naifs avides de rhétoriques simplistes avec l’opposition des »bons« et des » méchants« clairement identifiables, bien sur nieront cette évidence avec la derniere énergie.

              La pire des mafias aujourd’hui est en col blanc et se situe dans ce qu’on appelle abusivement les »élites".


              • Reinette Reinette 22 mai 2009 18:09


                Merci Michel Koutousis, votre article est très intéressant


                • stephanie stephanie 22 mai 2009 19:45

                  Pour la Bolivie, vous devriez mieux vous renseigner. Evo Morales n’est pas un narco-trafiquant, au contraire, il lutte et limite la culture de coca, à ce que les indigènes consomment depuis des millénaires, en mâchant la feuille de coca et à leur consommation dans leur alimentation. La feuille de coca qu’ils mâchent n’est nullement hallocinogène


                  • Michel Koutouzis Michel Koutouzis 23 mai 2009 20:31

                    Loin de moi l’idée que vous me donnez : en aucun moment je ne dis ou laisse supposer qu’Evo Morales, que je connais et depuis très longtemps, est un narcotrafiquant. C’est plutôt ses opposants des provinces orientales (et j’ en ai cité un, dictateur et président de la Bolivie il n’y a pas si longtemps), qui sont impliqués et qui sont responsables des nouvelles routes de la cocaïne transitant en particulier par le Brésil.


                  • stephanie stephanie 23 mai 2009 21:52

                    La, Je suis d’accord avec vous


                  • Gino 23 mai 2009 13:05

                    Les trafiquants de coke turcs financent en grande partie la dette de l’Etat turc ?
                    C’est dans les critères d’une entrée dans l’U.E. ça ?

                    "La mafia turque par exemple y a « délocalisé » une partie de ses casinos après leur interdiction en Turquie et l’assassinat d’Omer Luftu Topal patron incontesté de cette activité (casinos Princess, Emperial, Jasmin, etc ).

                     
                    Les moyens financiers de ses épigones (Deniz Oscan en particulier) sont redoutables : ils détiennent, - c’est juste une indication -, 80% des bons du trésor de la Turquie. "

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