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Accueil du site > Actualités > Economie > L’économie du chaos

L’économie du chaos

La pensée des décideurs est très fortement influencée par la modélisation néoclassique, dont les modèles reposent sur des recherches d’équilibres dans des univers stables. Le changement climatique introduit une économie du chaos irréversible à moyen terme. Les décisions prises pour lutter contre le réchauffement climatique, inspirées des modèles économiques inadaptés à la nouvelle situation, ne font qu’aggraver les problèmes futurs. Ce qui rend indispensable l’émergence de nouveaux paradigmes permettant d’éclairer la décision dans des situations incertaines et dangereuses.

L’économie n’a jamais fait bon ménage avec l’incertitude. La gestion des risques est certes partie intégrante des métiers financiers mais rien ne vaut pour les économistes les modèles sûrs dont les aléas sont résiduels, c’est-à-dire dont l’importance n’est pas de nature à en changer la structure et les comportements prédictibles, une fois les bonnes hypothèses formulées.

L’économie mathématique, fleuron de la recherche dans le domaine, a ainsi longtemps instrumenté l’analyse par des modèles linéaires ou quadratiques dont la résolution, dans les marges d’incertitudes statistiquement acceptables, ne pose pas de problèmes insurmontables.

Ce confort statistique, mâtiné de la sophistication toujours plus accrue des modèles, a pu donner l’illusion que la marche du monde est, si ce n’est maîtrisée, du moins analysée, comprise, et optimisée. Les premières études économiques des dommages prévisibles du réchauffement planétaire (le rapport Stern) illustrent a contrario le fait que la modélisation mathématique de l’économie n’a pas permis d’anticiper ni encore moins de prévenir les risques écologiques ou sociaux qui menacent l’équilibre général de la planète. Le réchauffement climatique est pourtant une conséquence directe du mode de développement économique qui forme le substrat de ces modèles.

Ce regard obscur de la modélisation est profondément inquiétant dans un monde où elle occupe une place essentielle dans l’univers mental des décideurs et des experts qui les conseillent et à l’heure où les conséquences des décisions publiques peuvent se révéler décisives pour la survie de l’humanité.

Pour certains, l’origine de ce regard obscur se trouve dans la conception idéologique des modèles qui limite les études à un sous-ensemble de possibles, dans lequel ne peuvent figurer de visions catastrophiques du capitalisme moderne, celui-ci étant désigné par essence comme le modèle le plus efficient, voire le seul possible. Pour d’autres, les défauts des modèles ne sont que des péchés de jeunesse, qui seront inévitablement corrigés une fois atteint le degré suffisant de complexité dans la modélisation.

Sans aller au procès partisan, il est évident que le cœur des modèles économiques, basé en particulier sur la rationalité des agents, pose question. Bien que cette notion soit polysémique et fortement contestée par certains économistes, elle n’en demeure pas moins centrale, à défaut de mieux.

Edmund Phelps (prix Nobel d’économie 2006) traduisait ainsi ce constat finalement peu rassurant vu l’importance des théories économiques sur les actions publiques : « Les économistes adoptent le modèle de l’agent rationnel, [...] parce que c’est un outil puissant du point de vue des objectifs qu’ils se donnent - un outil qui fonctionne bien, même s’il est tout à fait inexact - et parce qu’il n’existe pas pour l’instant d’alternative. On espère simplement qu’en ayant recours à cette hypothèse [...], on n’est pas conduit à commettre des erreurs énormes sur les questions importantes. »

En économie, la rationalité économique d’un agent consiste généralement à maximiser son utilité, définie essentiellement par sa consommation de biens et de services.

Une seconde hypothèse sous-jacente des modèles tient en la stabilité du monde représenté. Dans celui-ci, les effets externes aux principes économiques étudiés (par exemple l’écologie, les mouvements sociaux, etc.) sont nécessairement résiduels. Ils ne peuvent en aucun cas modifier en profondeur la structure du monde étudié. De plus, leur internalisation dans les calculs suffit à maintenir la cohérence des modèles.

La pensée des décideurs est donc fortement conditionnée par la recherche de l’optimisation économique, visant à accroître la consommation et à maintenir les équilibres de marchés. De ce fait, il est difficile pour eux d’imaginer des scénarios de rupture, seules des évolutions adaptatives du modèle existant sont pertinentes et donc recherchées.

Il est pourtant désormais évident que le réchauffement climatique introduit des changements qui ne sont pas homothétiques mais bel et bien profondément chaotiques.

Les hypothèses les plus modérées tendent vers une augmentation sensible de la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone (CO2) entraînant une fréquence et une intensité accrues des événements climatiques extrêmes (canicule, sécheresse, tempête).

Les gaz à effet de serre ont, selon des recherches menées par des scientifiques de la NASA et du Columbia University Earth Institute, amené la situation climatique de la Terre près d’un point critique de basculement, entraînant des conséquences potentiellement dangereuses pour la planète. A partir d’une combinaison de modèles climatiques, de données satellites et paléoclimatiques, les chercheurs ont conclu que la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest, la couverture de glace de l’Arctique, et les régions procurant des sources d’eau fraîche ainsi que l’habitat aux espèces étaient fortement menacées par le réchauffement en cours.

Plus que le réchauffement en lui-même, c’est l’accroissement du chaos climatique, la variabilité accrue des situations locales et l’intensité des événements extrêmes qui marqueront le siècle en cours. Il est probable que cet état chaotique permanent va s’aggraver, la machine climatique ne pouvant plus trouver son équilibre sur le moyen terme, les conditions alimentant cette machinerie complexe étant en perpétuelle évolution.

La réflexion de nos décideurs porte essentiellement sur l’analyse des dommages générés par le changement climatique, en ciblant les efforts sur les mesures d’adaptation du système actuel. Or, dès le départ cette réflexion est viciée, puisque le climat auquel il conviendrait d’adapter l’organisation économique de production est impossible à déterminer précisément, du fait même de son changement chaotique. Si le point de rupture décelé par les chercheurs est avéré, il est probable que les capacités d’adaptation de nos sociétés industrialisées (par nature lentes, même si elles se sont largement accrues au XXe siècle) ne seront plus suffisantes pour maintenir la situation, sans surcoût exorbitant. Et ceci sera d’autant plus vraisemblable que les premières décisions adoptées, loin de réduire le problème, le maintiennent entier voire l’aggravent puisque les adaptations préconisées visent à maintenir et conforter le modèle économique existant qui est précisément à l’origine du chaos climatique.

En géopolitique, la poursuite du « grand jeu » énergétique dans le grand Asie ainsi que les manœuvres pour s’approprier les ressources du « Pôle Nord chaud » illustrent la volonté de poursuite du modèle énergétique actuel, avec des conséquences très certainement dramatiques pour la planète.

La création des marchés de droits de pollution est également l’illustration de l’influence néoclassique dans le choix des décideurs. Par définition, sur un marché s’échangent des biens qui ont une valeur et une utilité. Par le biais de cet artifice marchand, les tonnes de C02 rejetés dans l’atmosphère, par une entreprise qui en a acheté la possibilité à une autre, ont donc un prix, complètement indépendant de son coût réel sur les sociétés (coût difficile à déterminer, la Terre étant une et indivisible, la tonne de C02 émise à Pékin a des conséquences partout dans le monde). L’incitation de l’entreprise à développer des technologies non polluantes n’est pas fonction de l’intérêt général mais de la fluctuation de l’offre et de la demande sur le marché de la tonne de C02. Sans régulation extérieure forte (imposition d’un taux maximal de pollution autorisée faible), cette solution n’a aucune chance d’aboutir spontanément à un effort significatif de réduction des émissions. Notons d’ailleurs que pour les économistes néoclassiques, la pollution est une externalité négative de l’activité de production, c’est-à-dire, un effet imprévu et involontaire de l’activité. Alors même que dans la réalité, la pollution est consubstantielle à la production industrielle, surtout dans un contexte de mondialisation. Cette définition, loin d’être anecdotique, illustre la difficulté mentale des décideurs dans la lutte contre les dérèglements climatiques et plus largement (car le rejet de CO2 n’est pas la seule menace écologique loin de là), pour la protection de notre écosystème.

La transformation de la fonction de production énergétique est une autre illustration de la nature des mesures prises par nos décideurs. L’émergence massive des « bio » carburants est au cœur de cette transformation. Cette émergence n’est pas une réponse visant à contrecarrer la production de gaz à effet de serre mais bien une adaptation minimale de nos sociétés à un nouvel environnement économique. L’effet bénéfique de ces nouveaux carburants est bien en deçà des exigences et leurs conséquences économiques et écologiques à moyen terme pourraient largement annuler le bénéfice escompté. (Les « bio » carburants induisent par exemple une emprise croissante sur les terres arables qui engendre une tension sur le marché des produits agricoles et une pression forte pour accroître la productivité des récoltes avec augmentation de l’utilisation des pesticides et de technologies très agressives). Bien entendu, les « bio » carburants ne sont pas la seule adaptation de la fonction de production énergétique, mais les alternatives sont encore largement hypothétiques (pile à hydrogène), ou sans commune mesure avec une consommation énergétique en croissance forte (éolien, biomasse, etc.). C’est pourquoi le nucléaire est si souvent vendu comme la seule alternative crédible, alors même qu’il repose sur une ressource non renouvelable (l’uranium) et une gestion lourde des déchets et des risques.

Il est fort à parier que cette préservation du modèle économique actuel, avec des adaptations marginales, sera in fine illusoire. La question fondamentale est de savoir ce qui peut être préservé du modèle actuel, sans que son coût de conservation ne soit exorbitant pour une grande partie de l’humanité. La préservation d’une forme d’organisation économique de la société ne peut plus désormais être l’unique cadre de réflexion et la priorité absolue.

Maintenant que chacun de nos actes a un impact fort sur le climat et sur notre avenir, il est l’heure de donner du temps au temps et aux chercheurs en sciences sociales pour définir de nouveaux paradigmes, loin des modèles obsolètes de l’économie néoclassique, permettant enfin d’éclairer la décision dans une société fortement incertaine et dangereuse.


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31 réactions à cet article    


  • jean-christophe 30 août 2007 13:47

    Rédaction toujours aussi pompeuse, la moitié des paragraphes aurait été suffisante pour dire la même chose.

    « ... donner du temps au temps et aux chercheurs en sciences sociales pour définir de nouveaux paradigmes... » Comme si ce n’était pas déjà assez compliqué comme ça ! Quel intérêt ?

    Ahhh.... les fameux gaz à effet de serre... Qu’est-ce que l’effet de serre ? (celui qui fait référence à l’immondisme scientifique que représente le film d’Al Gore, sort !)

    Juste une petite hypothèse : et si le CO2 n’était pas le responsable de nos problèmes climatiques ?

    ( une piste avec un raisonnement très compliqué : 1- on ne peut pas réchauffer un corps plus chaud sans compensation (2ème principe de la thermodynamique) 2- en altitude, il fait plus froid

    Comment l’effet de serre peut-il donc fonctionner à l’échelle de notre planète ? Enigme ! )

    Enfin, vu la quantité de carburants fossiles déjà consommés et surtout ce qu’il reste, ...

    Bref, en l’absence de tout raisonnement scientifique valable, merci aux « chercheurs en science sociale » d’éviter de tirer des plans sur la comète, et d’essayer d’apporter des solutions de société à côté de la plaque. Il ne faudrait pas que le remède ne soit pire que le mal.

    Le modèle économique dans lequel nous vivons est stable et fonctionne ! c’est juste que certaines composantes sont aujourd’hui disproportionnées (la libéralisation des échanges, l’hyper-liquidité, le manque de durabilité des biens, les injustices monétaires, ...) et feront de toutes façons, l’objet de corrections (si elles n’ont pas déjà commencées).

    ..................


    • Christophe Christophe 30 août 2007 14:38

      Le modèle économique dans lequel nous vivons est stable et fonctionne

      Puisque vous en êtes à de telles certitudes, puis-je me permettre de vous demander une preuve mathématique du bon fonctionnement du modèle économique auquel vous vous référez ? Si vous ne pouvez me faire vous même cette preuve, pourriez-vous me citer une ou plusieurs sources scientifiques qui exprime clairement et formellement le modèle auquel vous vous référez ainsi bien sur, pour tout modèle scientifique, la preuve sans laquelle un modèle ne vaut guère plus que la fiente d’une palombe !


    • bobbygre bobbygre 30 août 2007 16:54

      @ Jean-Cristophe

      Bon, je suis une bille en économie alors je n’interviendrai pas sur cet aspect de la discussion ; par contre, nier l’effet du CO2 comme gaz à effet de serre, je dois dire que ça m’a fait mal aux zyeux.

      Surtout maintenant que toute la communauté scientifique est unanime à ce sujet et quasi-unanime sur le fait que l’effet de serre provoqué par le CO2 est responsable du réchauffement actuel (il y a encore 4/5 ans, il y avait pas mal de labos privés qui soutenaient le contraire mais aujourd’hui franchement). Tu fais référence au second principe de la thermodnamique comme si la Terre était un système fermé mais tu sembles ignorer un point important : la Terre échange beaucoup avec son environnement ! Une grande part de la chaleur que nous envoie le soleil est renvoyée dans l’espace. Ces gaz à effet de serre ont pour effet de retenir davantage de chaleur (énergie) dans l’atmosphère ce qui provoque cet effet d’étuve. L’effet de serre est un phénomène parfaitement identifié aujourd’hui et il est du à la configuration moléculaire de certains gaz.

      A la limite, si tu tiens vraiment à nier que l’homme est responsable du réchauffement climatique actuel, utilises des arguments un minimum valables scientifiquement pour mieux nous convaincre de surtout rien changer à notre mode de vie : parle nous du méthane, du rayonnement solaire, des vaches qui petent. Par contre, dire que le CO2 ne provoque pas d’effet de serre, excuse-moi, mais là, tu passes vraiment pour un ignare...


    • Mondran 30 août 2007 18:23

      @ Jean-Christophe,

      Nous sommes donc à vous lire, arriver à la fin de l’histoire, ou il serait inutile aux chercheurs en sciences sociale de chercher (c’est-à-dire d’élaborer d’autres concepts, ou paradigmes), puisque nous serions dans le meilleur des mondes (un monde stable et qui fonctionne). Quel intérêt en effet ? Osons un petit parallèle en physique, quel intérêt d’aller au delà de la physique newtonnienne, celle-ci expliquant merveilleusement bien la chute des corps ? Dans un monde on ne peut plus stable et fonctionnel. Je vous laisse vos certitudes en sciences physiques et climatiques, certitudes dont vous serez sans doute le dernier défenseur.


    • jean-christophe 31 août 2007 12:21

      Mon propos est malheuresement plus terre-à-terre. J’ai moi-même eu l’occasion de me pencher sur un problème de recherche dans le domaine informatique. Je pense avoir tiré le problème suffisamment loin dans sa conceptualisation abstratite pour dire : 1) que si peu de personnes sont capables de comprendre et d’en discuter, cela ne sert pas à grand chose, sauf à se faire plaisir et à croire qu’on a quelque chose de plus que les autres (le savoir c’est le pouvoir) ; 2) que les seules choses qui « marchent » et qui sont applicables, en science comme dans le social, ce sont les choses simples !

      D’accord pour discuter de choix de modèle de société, mais sur des faits et des conclusions simples !

      Enfin, je persiste à dire que les bases de travail de cet article (le réchauffement climatique avec comme raison principale le CO2) sont potentiellement erronées.

      Le vrai problème, et qui déjà connu mais peut-être pas assez discuté, c’est le partage des ressources à l’avenir : le carburant fossile mais également l’eau, les terres arables, ... ça, c’est le vrai problème, qui fait référence au défaut actuel de la supra-nationalité (abandon de l’ONU, échec à l’OMC, impuissance du FMI face aux taux de change, ...)


    • Christophe Christophe 30 août 2007 14:29

      @L’auteur,

      A priori, vous avez un premier détracteur qui ne semble pas très bien connaître les tenants et aboutissants de l’approche écologique par intégration de l’économie dans une approche systémique. Pour Jean-Christophe, il semble bien qu’il pense que le système économique est totalement autonome comme l’enseignent les économistes néoclassiques.

      Sans doute ne connait-il pas les principes de thermodynamiques tout en faisant référence à son second principe ; introduction par Georgescu Roegen il y a plus de trente ans (économie thermodynamique). Mais les choses ont encore évoluées avec la thermodynamique des processus (voir R. Passet), les lois du chaos, ... enfin, je conseille la lecture des travaux de Prigogine.

      Je me permet de faire référence à un article écrit sur AgoraVox il y a quelques temps ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21811 ).

      Quand à l’hypothèse du rationalisme et plus particulièrement de l’homo economicus, la réduction levée par Phelps devient de plus en plus intenable. La seule chose que ne souligne pas Phelps, ce qui reste surprenant pour un économiste utilisant des outils mathématiques et plus particulièrement des outils logiques, est que lorsque le prémisse est faux dans la logique des propositions, nous pouvons obtenir n’importe quel résultat qui sera considéré comme juste (vrai) par le système. C’est Aristote qui avait levé ce fait : Avec du faux, je fais ce que je veux. L’homo economicus est critiqué depuis fort longtemps par les sciences qui se préoccupent du comportement humain ; et j’ajoute pour Jean Philippe que je fais partie de cette catégorie de personne bien que ma formation soit scientifique (logicien dans les sciences cognitives) et sans doute plus scientifique que bien des économistes qui posent un postulat dans le domaine des sciences de l’homme.

      Pour revenir au rationalisme de l’homme, si nous prenons comme référence les travaux de Charles Sanders Pierce (Sémiotique et Philosophie), il montre que si l’homme peut avoir des comportements rationnels, il peut aussi avoir des comportements irrationnels. Réduire l’être humain à l’homo economicus consiste à admettre, pour les neurosciences, que l’intelligence humaine ne dépasse celle d’un reptile. Nous sommes tout autant confrontés à des problématiques de cet ordre en Intelligence Artificielle ; si l’homme a appris à déduire (raisonnement rationnel), cet aspect n’est absolument pas naturel, l’homme a, par nature, une capacité à induire (raisonnement irrationnel, conjecture pouvant s’avérée fausse mais qui est faite à un instant donné par similitude). Le comportement humain est très complexe, il faut l’admettre, principalement dans les phases d’acquisition de connaissances. La réduction économique devrait, si les néoclassiques avaient une once de fibre scientifique, les obliger, par précaution, à utiliser leurs modèles avec circonspection ; mais que nenni ! On ne récite pas une litanie religieuse en laissant planer un doute, n’est-ce pas ???


      • Mondran 30 août 2007 18:38

        @ Christophe

        Je précise que je suis économètre et économiste néo classique de formation. Je connais donc, un peu, les principes et les hypothèses qui régissent ces modèles. Vous avez raison de souligner ce que tous les travaux de sciences sociales soulignent : l’être humain n’est pas un agent dont on peut mettre le comportement facilement en équation. La rationnalité est un concept complexe, dont la modélisation a d’ailleurs en économie évoluée. Certaines écoles tiennent compte d’une rationnalité limitée.

        Les néo classiques savent très bien que leurs modèles sont basés sur des présuposés qui sont individuellement partiellement erronés.

        Ce que je souhaitais souligner dans l’article, c’est que la modélisation non seulement ne prend pas en compte la complexité comportementale individuelle mais néglige tous les effets de l’action des acteurs sur l’environnement. Ces effets sont seulement réintroduits sous forme d’effets externes au modèle.

        C’est le croisement de ces deux hypothèses là qui me semblent très problématiques dans les conclusions des modèles.


      • Christophe Christophe 30 août 2007 19:13

        @Mondran,

        Alors pourquoi ne pas introduire un peu plus de thermodynamique et mettre sur pied une pluridisciplinarité avec les sciences biologiques ? Seul l’économie n’a pas fait ce saut de la mécanique newtonienne cartésienne à la thermodynamique permettant l’ouverture vers des analyses systémiques.

        Losque nous étudions, en tant que scientifique non économiste, des réponses de type courbe environnementale de Kuznets, nous ne pouvons plus avoir une once de doute ; les néoclassiques défendent un dogme, une croyance mais nullement un modèle formel ou semi-formel. Certes, il existe quelques économistes non orthodoxes, mais la primauté des pairs de l’économie va bien aux défenseurs du dogme ; regardez simplement les lauréats du prix de la banque de Suède.


      • Christophe Christophe 30 août 2007 19:28

        @Mondran,

        Une petite précision tout de même.

        Le lien que j’ai mis dans l’intervention initiale traite le problème de la prise en compte des effets de l’activité économique dans un environnement ouvert (la biosphère). Cet article présente les évolution depuis disons Sadi Carnot jusqu’à Prigogine (du paradigme de la mécanique newtonienne à celui de la thermodynamique) et de son introduction dans l’approche économique qui devient systémique et non totalement autonome. Votre titre a d’ailleurs attiré mon attention car je connais bien les travaux de Prigogine dont les derniers sur les théories du chaos.

        Je suis sans doute, comme vous, demandeur d’une prise en compte pertinente, dans les modèles économiques, des incidences de cette activité sur l’environnement. Sur ce point, même si je reste très critique envers vos confrères néoclassiques, je n’en reste pas moins ouvert à la discution dès lors que l’on laisse de côté le principe immuable du marché roi largement défendu par la plupart des néoclassiques ; cela ne signifie pas pour autant la mort du marché, mais il me semble qu’il peut exister des priorités d’une importance plus capitale que le fonctionnement du marché ; mais cela reste un point de vue.


      • Mondran 30 août 2007 20:16

        @christophe,

        En fait, je partage totalement ce que vous dites. Les néo classiques ne sont pas mes confrères, j’ai été formé par eux, mais leur approche m’est apparu toujours trop dogmatiques pour être raisonnables. Je suis partisan de la prise en compte d’autres sciences, dans la modélisation économique, sciences sociales ou sciences de la nature. Et vous avez également raison sur la primauté des néo classique qui s’exercent non seulement sur le Nobel mais également dans la nomination des professeurs d’économie ou des maîtres de conférence à l’université.

        Je suis égamement d’accord avec vous et c’était un de sens de mon article sur le fait que la sacro sainte défense des règles du marché peut nous conduire à la catastrophe.

        Bien cordialement


      • Surcouf 3 septembre 2007 09:33

        @Christophe & Mondran

        Merci à tous les deux pour cette discussion. Je vous suis parfaitement ! et en particulier sur le fait que l’économie (et les économistes) doivent accepter la complexité. A force de nier cette dernière réalité (la complexité), nous allons vers une catastrophe. Lorsque je discute avec des « néoclassiques », j’en arrive souvent à dire qu’ils nient la complexité. Face à cette remarque, je dois dire qu’ils sont bien désarçonnés smiley

        La prise en compte de la biologie dans l’économie est un sujet passionnant. C’est l’objet de mes travaux. Il est d’ailleurs rassurant de noter qu’on est de plus en plus à y travailler.

        Pour info, voici une liste des principes de fonctionnement des écosystèmes de types mature (TYPE III). Ces écosystèmes évoluent à travers des limites depuis des millions d’années. Ils restent en équilibre dynamique avec leur environnement. Et n’est-ce pas là un des objectifs que nous devons nous assigner puisque confrontés aux dégradations de notre biosphère ? L’économie, aujourd’hui, a tout le contraire de ces propriétés ! « Allez prendre vos leçons dans la nature » disait Léonard de Vinci à ces élèves.

        Life builds from the bottom-up
        - modular
        - built to shape (no waste)
        - self-assembly (natural affinities)

        Life fits form to function
        - shape is cheaper than material
        - optimizes rather than maximizes
        - multi-functionality

        Life is cyclic (processes) and recycles (material resources)

        Life is locally attuned and resourceful
        - uses free energy (e.g. sunlight)
        - abundant materials
        - detects feedback

        Life adapts and evolves
        - appropriate behavior (learning, imitation)
        - cross-pollinates and mutates
        - embraces diversity and redundancy

        Life creates conditions conducive to life
        - life-friendly materials
        - benign manufacturing
        - water as solvent
        - bio-sphere enhancing

        Life coexists with a cooperative framework
        - interconnected and interdependent


      • ripouette ripouette 30 août 2007 14:54

        Je suis surpris de découvrir que même l’économie peut être baroque, voir donner dans le style pompier !

        Sinon dans l’introduction une phrase m’a laissé perplexe : « Le changement climatique introduit une économie du chaos irréversible à moyen terme. » C’es pas plutôt l’inverse : L’économie du chaos a introduit des changements climatiques irréversibles à moyen terme ! Il ne me semble pas que le problème pajeur soit les répercutions des bouleversements climatiques sur l’économie mais plutôt l"inverse !!! Si l’économie crève on en inventera une autre, si la planète crève, on inventera plus rien !


        • Mondran 30 août 2007 18:46

          @ ripouette,

          Ce qui signifie la phrase « Le changement climatique introduit une économie du chaos irréversible à moyen terme. » est que le changement climatique que nous vivons se manifestera de plus en plus par la généralisation d’effets météorologiques extrêmes dont les conséquences sur l’économie non seulement peuvent-être extrêmement couteuses mais engendrer des effets secondaires importants. Ces effets économiques sont en partie imprévisibles. Ce sont ces deux éléments là (importance de l’impact économique et imprévisibilité) que j’ai rassemblé sous la dénomination économie du chaos. En gros, l’incertitude économique ne peut que s’accroître très fortement et nous savons tous que cette incertitude peut engendrer des effets de réactions en chaînes (en particulier sur les marchés financiers).

          J’aimerai également avoir autant de certitudes que vous. « Si l’économie crève on en inventera une autre ». Nous pourrions également être confronté à un scénario d’effondrement qui a déjà balayé plusieurs civilisations.


        • Nemo 30 août 2007 15:36

          @ l’auteur,

          Dans votre article, très intéressant, manque cependant la notion fondamentale qui pourtant traverse l’ensemble de votre réflexion : les biens publics.

          Un bien public est un bien nécessaire à la bonne marche de l’activité économique, sans que personne ne soit prêt à payer pour son financement.

          Les équilibres écologiques, la diversité biologique, l’absence de pollution sont quelques uns de ces biens publics, au même titre que la sécurité, les routes, et l’ensemble des services publics.

          La vraie faille n’est pas dans la faiblesse supposée des modèles mathématiques. Les ingénieurs, les chercheurs, à force d’être trop plongés le nez dans le guidon de leurs outils, en arrivent à oublier certaines évidences.

          C’est l’absence de prise en considération de ces biens publics dans les modèles mathématiques qui est à la source de la faillite de ces modèles, et non pas les modèles eux-mêmes.

          Ces variables ont consciemment été exclues du champ de l’analyse, principalement car elles étaient - et restent - très difficilement quantifiables et valorisables.

          Le modèle est bien beau, il fonctionne, c’est fantastique. Au début, on prend la peine de préciser les restrictions, les limites du cadre de réflexion. Et comme le modèle fonctionne plutôt pas mal, peu à peu, on oublie. Les décideurs, séduits, ne se fient plus qu’à l’outil.

          Si l’on constate des écarts, on les met sur le compte d’une marge d’erreur, que l’on qualifie de risque. Sauf que pour certaines dégradations de biens publics, les impacts négatifs se cumulent dans un effet « boule de neige ».

          Au final, le modèle mathématique meurt non pas en raison de ses erreurs internes, mais de la restriction initiale de ses hypothèses, restriction que personne n’a jamais eu le courage de remettre en cause.


          • Mondran 30 août 2007 18:52

            @ Nemo,

            Je suis obliger de vous contredir. Il existe une branche complète dans l’économie néo classique qui s’intéresse à la notion de bien public. Comme vous l’indiquez les biens publics ont des caractéristiques qui les distinguent dex biens privés. Par contre, les modèles ignorent les liens de causalités entre les fonctions de production et de consommation (qui sont au coeur des modèles) et le maintien de la qualité des biens publics. Les effets de dégradations (comme la pollution) sont donc réintroduits par la suite comme des effets externes.


          • Nemo 31 août 2007 16:16

            @ l’auteur,

            C’était exactement mon propos. En réintroduisant la dégradation des biens publics en tant qu’effet externe, on ne mesure pas :
            - d’une part, l’évolution de ces dégradations dans le temps (qui, on s’en rend compte aujourd’hui, est plus proche d’une exponentielle que d’une fonction linéraire)
            - d’autre part, l’impact progressif de l’évolution de ces dégradations sur les fonctions de production

            Les « effets externes » sont réintroduits quand il est déjà trop tard.

            Pour être un peu plus imagé, on se met une oeillère, et on s’étonne quand le boomerang nous revient dans la figure, par le « mauvais » côté.

            Cordialement,


          • libremax libremax 30 août 2007 17:30

            L’entropie règlera le problème, nul doute smiley


            • Christophe Christophe 30 août 2007 18:51

              @Libre Max,

              Non, la vision n’est pas aussi simple.

              L’entropie permet d’ouvrir le champs de l’économie dans un système ouvert qu’est le système terrestre (pour l’instant). Nous parlons là d’entropie et de négentropie (entropie négative comme par exemple l’énergie solaire à pouvoir de régénération instantanée).

              Mesurer les effets de l’activité humaine dans son environnement de vie permet surtout de connaître les risques que cette activité peut générée. Après ce n’est qu’une question de choix, mais au moins des choix en connaissance des conséquences (même si elles restent approximatives dans leur mesure, nous pouvons dessiner les tendance vers lesquelles nous allons).

              Alors qu’aujourd’hui, les choix économiques sont faits en dépit des incidences réelles de l’activité économique sur l’environnement de vie. Quant aux économistes qui s’autoproclament libéraux, je l’admettrais lorsqu’ils auront ôté les oeuillères de leurs théories et fourniront des modèles si ce n’est exacts, au moins plausibles permettant au commun des mortels d’accepter ou réfuter une direction prise en toute connaissance de causes (principe de démocratie et de liberté). La liberté ne peut admettre la contrainte d’un dogme, d’une croyance quasiment religieuse.


            • Captain Cap 31 août 2007 07:52

              Comme l’a commenté jean-christophe (IP:xxx.x3.162.37) le 30 août 2007 à 13H47, cet article se distingue par la vacuité de son contenu alliée à la pédanterie de son expression.


              • finael finael 31 août 2007 09:17

                C’est incroyable comme l’auteur, nombre de commentateurs et un public non mathématicien peuvent utiliser des termes de sciences qu’ils ne connaissent pas comme les concepts de la thermodynamique et de l’entropie, ou la théorie dite « du chaos » en mathématiques.

                Plutôt que d’employer ce genre de termes complètement hors du cadre de leur définition - signe d’une volonté de se hisser indûement au niveau logique de sciences « dures » - les uns et les autres devraient faire preuve d’un peu d’humilité.

                « Un économiste est quelqu’un capable d’expliquer doctement le lendemain pourquoi il s’est si lourdement trompé la veille. » ............. Jacques Attali


                • Christophe Christophe 31 août 2007 14:07

                  La phrase à laquelle vous faites référence ne fait pas montre d’humilité, mais de cynisme ; vous pourriez la terminer en ajoutant « malgré le nombre de miséreux (voir de morts) que son erreur a engendré ! ».

                  Pour ce qui concerne vos remarques préalables, bien peu d’arguments si ce n’est une prise de position gratuite sans intérêt. On en devine presque un mathématicien averti ! smiley

                  Comme vous critiquez l’auteur tout autant, je vous prierai d’expliquer comment nous pouvons attaquer des modèlisations formelles ou semi-formelles sans entrer un minimum dans une approche vulgaire des mathématiques (on évite l’approche fondamentale quand même) ; sauf à oeuvrer comme certaines « théories » économiques qui ne possèdent qu’une simple argumentation et qui sont donc, d’un point de vue scientifique, irrecevables !


                • jean-christophe 31 août 2007 10:04

                  Merci, merci pour tous ces commentaires.

                  Non pas que j’ai une dent particulière envers quelqu’un, mais si on ne faisait pas preuve d’un peu de provocation, qu’est-ce que ce serait chiant !

                  Alors voilà, deux choses à dire.

                  (1) D’abord, @Christophe, je suis scientifique d’âme et de formation, économiste à mes temps perdus. L’économie pour moi se résume à l’économie des filières (la meso-économie sectorielle comme par exemple le BTP ou l’agroalimentaire, ...) et ensuite la macro économie, mais à des niveaux assez généraux (taux d’intérêts, système monétaire).

                  Je déteste par dessus tout les économistes tels Michel Aglietta, incompréhensible, ou tous ces qui tentent de démontrer par des formules mathématiques l’évolution humaine, même à une échelle globale. ILS NE PROUVENT RIEN !!! ce n’est pas de la physique.

                  Quand je parle de stabilité, c’est celle CONSTATEE, des politiques économiques de tous les pays occidentaux, et pas celle analysée de son modèle (que personne ne connaît d’ailleurs, et même pas vous !).

                  D’accord, il y a régulièrement des accidents ici ou là, mais il faut quand même admettre qu’on a pas fait mieux pour le développement social et technologique de l’humanité que durant ces dernières années (en particulier, sortir de la misère tant de gens des pays d’asie).

                  Maintenant, je ne remets pas en cause la surpondération de certains des composants et leurs risques pour l’équilibre : l’hyper-liquidité, les dangers des biens non durables, etc. (la liste est longue).

                  Quant à vos -soi-disant- modèles mathématiques capables d’expliquer la viabilité d’une théorie économique, pardon mais si il y a bien quelque chose auquel je ne crois pas sur terre, même avant l’existence de Dieu, c’est bien ça ! Les vrais fanatiques aujourd’hui, ce sont les théoriciens de l’économie : plus ça va, moins on y comprend quelque chose.

                  (2) Ensuite, pour revenir au problème de fond : suis-je bien fondé à dire que les gaz à effets de serre n’en sont pas ? Et bien malheuresement oui, je le crois... et d’ailleurs je ne suis pas le seul (en fait, je n’ai rien inventé, bouhouhouhou). Connaissez-vous Claude Allègre ? (http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=6159)

                  Il ne faut pas croire les modèles et les théories du GIEC qui sont des climatologues (au mieux) et non thermodynamiciens, pire, des mathématiciens qui ne comprennent rien à la physique.

                  Certaines personnes (Al Gore pour ne pas le citer), ont naivement tirés partie de la corrélation qui existe entre les dérèglements climatiques et l’accroissement du taux de CO2 dans l’atmosphère, alors que la relation de cause à effet n’EST PAS ENCORE DEMONTREE.

                  Je ne suis pas un lobbyiste de la bagnole (je n’en n’ai même plus d’ailleurs, trop pénible à Paris), mais le problème du réchauffement climatique risque de nous détourner de la véritable raison. De plus, il nous contraint à agir collectivement, se substituant à d’autres concepts fédérateurs comme le nationalisme, la reconstruction, la peur, ... c’est de la manipulation de masse !

                  Le dérèglement climatique (qui est bien réel lui), n’a peut-être rien à voir avec le CO2 !

                  Nous ne sommes pas des boeufs.


                  • Christophe Christophe 31 août 2007 16:09

                    @Jean-Philippe,

                    La problématique posée à ceux qui tentent de modéliser le comportement humain consiste à pourvoir transposer la théorie sur des outils informatiques ; malheureusement, l’informatique ne sait traiter que du numérique alors que l’homme manipule de la symbolique. Je reste cependant d’accord avec vous, cela est actuellement impossible dans un monde ouvert ; par exemple le mode de raisonnement, d’une machine est déductif ; celui d’un être humain est naturellement inductif, même si notre cursus scolaire nous permet d’apprendre à déduire.

                    D’autre part, nos mathématiques, toutes nos mathématiques sont de type extensionnelles, alors que l’être humain raisonne de façon intentionnel ; Le seul, à ma connaissance, ayant travailler sur une logique intentionnelle est Richard Montague (pour les besoins de construction d’une grammaire universelle sémantique), mais il a échoué. Nos mathématiques ont une force expressive insuffisante, actuellement, pour formaliser le comportement humain.

                    Donc, toute formalisation du comportement humain ne peut se faire sans émettre des hypothèses qui restreignent le domaine d’application de la théorie qui en découlera. C’est par exemple ce qui se fait dans les système experts (restriction au domaine d’expertise) ou tout autre système spécialisé (restriction dans le domaine de la spécialité) de type système à base de connaissances.

                    Je suis donc en accord avec vous sur le fait que nous ne pouvons poser des hypothèses sans poser des restrictions d’application, mais cela n’empêche pas de continuer à chercher tout en restant intellectuellement honnête.


                  • jean-christophe 31 août 2007 10:26

                    Ah, j’oubliais, à tous les fanatiques de l’effet de serre :

                    http://www.pensee-unique.fr/effetdeserre.html


                    • Forest Ent Forest Ent 31 août 2007 12:23

                      Si l’on introduisait dans les calculs le fait que les ressources naturelles sont contingentées, c’est à dire non seulement limitées en général, mais limitées à chaque période de temps, l’économie et la finance en seraient radicalement transformées.

                      En effet, elles consistent en général à essayer d’optimiser une seule variable (la VAN, l’utilité, ...) en intégrant des evénements se situant à des instants différents. La technique de base de la finance, c’est l’actualisation, qui exprime de manière chiffrée le principe de base du capitalisme « le temps est de l’argent ».

                      Dans un monde contingenté, le temps serait équivalent à la disponibilité de ressources ou pas. Il faudrait optimiser dans le temps l’utilisation des diverses ressources, ce qui impliquerait d’exprimer un ensemble important de contraintes qui changeraient complètement la nature et les résultats des calculs. Bonjour les lagrangiens à 500 variables ...

                      J’en suis désolé, mais je n’ai pas le temps de détailler ce point de vue ici. Ca demanderait un papier mathématique que je n’ai jamais eu le temps d’écrire.


                      • Forest Ent Forest Ent 31 août 2007 14:37

                        Il est important de noter qu’un taux d’intérêt réel est au fond une perspective de croissance, c’est à dire un espoir d’augmentation des revenus et une contrainte d’augmentation des dépenses. Prenez tous vos modèles, mettez un taux nul, et voyez combien survivent...


                      • stephanemot stephanemot 3 septembre 2007 14:30

                        La communauté des économistes semble avoir embrassé le sujet depuis un moment, sans évidemment apporter de solution miracle.

                        Si l’on prend le cas du réchauffement climatique, on assiste ainsi à un joli débat entre radicaux (j’agis à fond sur un levier macro) et partisans de ce que j’appelle « la multiplication des coins » (leur rationnel : on parvient aussi efficacement à infléchir fortement la courbe macro en commençant au plus tôt à jouer plus légèrement sur chacun des leviers possibles).


                        • chmoll chmoll 6 septembre 2007 12:10

                          L’économie du chaos ou la pratique de l’économie du chaos ou la pratique de l’autodestruction

                          grace à un petit, tout petit mot l’argent


                          • Jean Vladimir 22 septembre 2007 18:46

                            « Nouveaux paradigmes » ? L’énergie atomique inoffensive et inépuisable, page 8 du site www.savoir-ce-qu-est-l-univers-et-ce-que-nopus-avons-a-y-faire.net.


                            • elnino-88 elnino-88 27 septembre 2007 18:35

                              site interdit par nos medias A voir,a lire,a comprendre


                              • CJD Scritch CJD Scrich 2 avril 2011 19:51

                                bonjour,

                                Ma réponse tardive n’enlève rien à l’actualité du sujet.

                                ok sur l’émergence du paradigme systémique et de la mathématique du chaos. Juste qu’un coup d’œil au propos de Milton Friedman et un autre à la logique managériale depuis son émergence, permet d’inscrire la tradition économique du libéralisme débridé (à partir des années 70, donc), dans la gestion des turbulences du chaos.

                                La visée affichée était de faire naitre de nouvelles structures d’ordre « auto régulées ». Leur mise en application, quel que soit les objectifs annexes des acteurs qui utilisait la boite à outil économique de la mathématique du chaos, passe par des principes d’action impliquant forcément de jouer avec les turbulences, les démantèlements, l’atomisation, la réticularisation des partenaires, la réduction maximale de ce qui sera dorénavant considéré comme un coût (les murs, les hommes, les machines) la perte de contrôle sur les biens pour ne gérer que des transactions rentables, la délégation en sous traitance des productions physiques, la réduction des structures.
                                Il s’agit d’imprévisibilité affichée au niveau englobé où il n’y a plus de contrôle à exercer puisque « ça se fait tout seul » au fil de l’eau.
                                 
                                Le problème est que l’honnête homme ignore les outils avec lesquels il lui est demandé de participer au processus productif et économique. Il ne réclame donc que ce qui rentre dans ses représentations, tendant à jeter le bébé (la systémique) avec l’eau du bain (la casse produite par des intentions malveillantes des utilisateurs de la mathématique du chaos)

                                je crains que la ligne de fracture dans la prise en compte de la systémique, de la cybernétique et de cette modélisation inquiétante du climat et des phénomènes incontrôlables dont l’humain porte une part, n’est pas dans l’un où l’autre des domaines proposés, mais dans le tuilage (pour employer un terme à la mode) manquant entre les concepts employé pour organiser les sociétés humaines et interagir avec la planète. Il y a toutjours un décalage entre l’acceptation et la généralisation intériorisée d’un concept
                                qui remplace ses prédécesseurs.

                                Comment expliquer autrement ce reproche aux économistes de ne pas utiliser leur outil de prédilection ?
                                C’est justement sa mise en œuvre inconsidérée au service d’un état d’esprit fort ancien (celui du pillage et de l’accaparement) qui est en cause dans toutes les dérèglementations et dans les actuelles velléités d’en revenir à ce qui lui préexistait. (sans remise en cause de l’état d’esprit lui même, ce qui est pourtant le nœud du problème)

                                En 2011, c’est toujours une question centrale. Les dégradations de toute nature infligée par la logique dominante visent à engendrer « encore et toujours » ce chaos, même si la pensée de Friedman a été invalidée dans les faits. Il s’agit d’une stratégie de régénération du système à un niveau englobant. à ce niveau d’ailleurs, il n’y a pas de chaos. Juste des logiques d’adaptation visant des concepts humains de profits déconnectés des systèmes vivants.

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