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L’économie sociale et solidaire s’organise en Suisse romande

Les 8 et 9 mai auront lieu les premières rencontres du réseau vaudois d’économie sociale et solidaire (ESS) à Pully (Suisse). Des réseaux d’économie sociale et solidaire existent dans de nombreuses régions de France, d’Espagne, d’Italie, et dans d’autres pays d’Europe... Après le canton de Genève, ce sont les acteurs du canton de Lausanne qui s’organisent en réseau. Petite description du contexte en Suisse, et rappel des initiatives et valeurs de l’économie sociale et solidaire, qui pourrait bien constituer une pièce maîtresse de réponse à la crise actuelle.

1. Contexte en Suisse romande

Il existe, en Suisse romande (dont Vaud est un des deux cantons, l’autre étant Genève), de nombreuses intiatives d’économie sociale et solidaire. Celles-ci s’expriment notamment dans les domaines suivants, tels qu’ils sont envisagés par l’Association de Promotion de l’ESS du canton de Vaud :
 
Habitat associatif et coopératif, Agriculture de proximité, Promotion économique locale, Entreprises d’Insertion Sociale, Mobilité douce, Secteur artisanal et industriel coopératif, Economie non monétaire (SEL), Commerce équitable et biologique, Micro-entreprises culturelles, sportives et de bien-être, PME à visage humain et sans but spéculatif, etc.

Actuellement, entre 5% et 10% des échanges commerciaux s’effectuent dans le cadre d’une économie sociale et solidaire (des chiffres plus précis pour le canton doivent être donnés par un programme de recherche sur plusieurs années). Entreprises, associations, coopératives ou fondations génèrent des revenus et sont des acteurs économiques. Même les dirigeants des SA & Sàrl peuvent inscrire dans leurs statuts qu’elles ne visent aucun but lucratif.

Quelques exemples d’activités exercées dans le canton : Chèques Emploi, activités d’insertion par la récupération, jardins ou restau d’insertion, théâtre forum, etc.

L’association Smala (qui soutient des micro-entreprises d’innovation sociale depuis 1993) et APRES- GE (Chambre genevoise de l’ESS) se sont associées pour préparer le lancement suisse d’une ou plusieurs entreprise collective partagée (ECP) inspirées des expériences françaises existantes (en France elles sont appelées Coopérative d’Activité et d’Emploi). Le Secrétariat à l’Education et à la Recherche soutient ce transfert d’innovation sociale. En Europe, 3 autres pays (Portugal, Suède et Italie) ont bénéficié d’un soutien de l’UE pour développer une ECP adaptée au contexte de leur pays.
 
Dans une entreprise collective partagée, où différentes professions se côtoient  : déménageurs, graphistes, artisans alimentaires, arthérapeutes... Tous prospectent et trouvent leurs clients, tous ont leur identité propre. Mais une seule entreprise facture, encaisse, salarie et facilite le partage (de matériel, de savoir-faire, de clients). C’est le principe des ECP, dont les participants se nomment des "entrepreneurs salariés".
 
2. La mise en réseau


On constate cependant une certaine difficulté, voire de la réticence, des initiatives de base de l’ESS de Suisse romande à s’organiser en réseau. Bien que se connaissant souvent les unes les autres, les organisations fonctionnent de manière encore relativement cloisonnée comparé à d’autres pays.

Voici quelques hypothèses sur ces difficultés, que les rencontres visent à surmonter :

-  Difficulté de certains acteurs de se reconnaître dans la dénomination "économie sociale et solidaire". Soit c’est le côté "social" ou "solidaire" qui dérange, soit pour certaines associations, le côté "économie", et ce malgré la réalité de l’association de ces deux objectifs dans leurs activités.

-  Difficulté à faire reconnaître que les organisations de l’ESS sont des acteurs de l’économie

3. Actions
 
L’Association pour la Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire en canton de Vaud APRES-VD s’inspire notamment de son homologue, initié par l’association APRES-GE, constituée en chambre genevoise de l’ESS en 2005, après une rencontre fondatrice à la fin de l’année 2004, qui avait regroupé 200 participants de Suisse romande. 200, c’est aussi le nombre de membres de la chambre de l’ESS créée en 2005.

Dans le canton de Vaud, un comité de pilotage a été créé en 2005, auquel participe une dizaine d’organisations participent au Copil, avec une ouverture sur l’extérieur (APRES-GE et FBES) :
 
Banque Alternative Suisse (BAS.ch) - Dominique Roten
Action Solidaire et Création d’Entreprises (ASECE.ch) - Yvette Jaggi
Chambre de l’Economie Solidaire (APRES-GE.ch) - T. Pellet & C. Taddeo
Union des Sociétés Lausannoises (lausanne-USL.ch) - Bertrand Sonnay
Fédération Romande des Consommateurs ; section VD (FRC.ch) - Théo Bondolfi
Association Eglise et Monde du Travail (EMDT) - Jean-Pierre Thévenaz
Lausanne Roule (lausanneroule.ch) - Lucas Girardet
Association Smala (lasmala.org) - Pierre Delcourt et Marie-Jane Berchten
Ass. Transdisciplinarité & Entreprise Sociale (APTES.ch) Frédéric Richard
Fondation Ynternet.org pour l’inclusion numérique (Ynternet.org) Mariette Glauser

Ce comité de pilotage a mis en place un site internet en 2009 qui permet aux organismes vaudois qui pratiquent une économie à visage humain de se connecter en réseau. Ce réseau vaudois sera lancé officiellement aux rencontres des 8 et 9 mai 2009 à Pully. Les participants peuvent faire figurer leurs organisations et leurs prestations sur un annuaire, dont 1000 exemplaires seront imprimés pour ces rencontres.
 
Une trentaine d’organisations se sont déjà mises en réseau, et au moins 60 d’entre elles se sont inscrites aux rencontres.

4. Valeurs et objectifs de l’ESS

APRES-VD décline de la façon suivante les valeurs et objectifs de l’ESS :
 
Economie Sociale et Solidaire (ESS), une économie à dimension humaine, ici et maintenant.
L’objectif des acteurs de l’ESS est de contribuer à :

- Replacer l’être humain au centre de l’économie

- Utiliser le capital comme outil au service du bien commun
 
Les 7 valeurs de l’ESS, adoptées par APRES-VD et APRES-GE sont :
 
Bien-être social : être plutôt qu’avoir
Citoyenneté : chaque contributeur a une voix qu’une compte
Ecologie : produire pour vivre et non vire pour produire
Autonomie : autonomes mais pas individualistes
Solidarité : 1+1 > 2
Diversité : riches de nos différences
Cohérence : dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit

5. Programme de la rencontre des 8 et 9 mai 2009

Le 8 mai

Espace projets : l’innovation sociale et solidaire.

Une salle pour le conseil et l’accompagnement personnalisés de 15 à 30 minutes sur rendez-vous directement pris sur place avec :

- appui à la vie associative par www.avec-association.ch

- doléances & solutions administratives : avec Bertrand Sonnay

- performance et implication pour vos projets, avec Daniel Held

- ne réinventons pas la roue, animé par Geneviève Morand (Rézonance)

Buffet / Stands (saveurs et couleurs solidaires)

Ateliers : micro-crédit, femmes qui entreprennent, entrepreneurs salariés, économie numérique.

Débat en plénière : Entreprendre solidairement : pourquoi, comment ?

Le 9 mai

Ateliers : La Charte, APRES-VD, les réseaux

Débat : quelles clés de succès pour l’Economie Sociale et Solidaire ?

Télécharger la brochure sur www.apres-vd.ch

Le préprogramme de ces rencontres se trouve ici.

Contact : info"at"apres-vd.ch

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3 réactions à cet article    


  • spartacus1 spartacus1 7 mai 2009 13:45

    @l’auteur qui dit, entre autres âneries :
    ... du canton de Lausanne ...

    ... Il existe, en Suisse romande (dont Vaud est un des deux cantons, l’autre étant Genève),...

    canton de Lausanne ? Première nouvelle, les vaudois ne seront pas forcément enchantés de savoir que leur canton se trouve ramené à sa capitale.

    Deux cantons en Suisse romande ? Je croyais naïvement qu’ils étaient au moins 5 : Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Valais et en partie Berne !

    Pas le temps de relever d’autres absurdités. Avant de pondre un article, vérifiez au moins le b -a ba de ce que vous recopiez !


    • eric 7 mai 2009 18:07

      Pas sa faute, c’est comme cela qu’on lui a appris à penser....

      Il fut un temps ou la gauche s’exprimait par pléonasmes. Elle avait recours à des mots doubles qui voulaient dire en apparence deux fois la même chose, mais en réalité visaient à limiter la portée d’un principe universel aux seuls bien pensant. Exemple typique, la démocratie ( pouvoir du peuple) populaire.... On voit bien qu’il s’agissait de limiter la démocratie à une partie du peuple, et en pratique, à ceux qui pensaient comme eux. Idem pour la justice « sociale ».

      Plus récemment, la gauche se met à parler par oxymore, mots doubles qui se contredisent. Rupture durable, bourgeois bohèmes, libéraux libertaires ( vérifiez dans un dictionnaire).

      Là aussi, cela parait absurde mais reflète bien la réalité vécue par les porteurs de ces discours. Nous faisons le contraire de ce que nous disons, ou disons le contraire de ce que nous faisons, mais vous n’avez pas le droit de nous juger car nous sommes bons par nature.

      L’économie sociale solidaire tient à la fois du pléonasme et de l’oxymore.

      Si il est évident que l’économie est toujours par nature inclue dans le social pour le meilleur et pour le pire, le secteur purement économique à une caractéristique principale, il a pour vocation à produire plus de ressources qu’il n’en consomme, sauf à etre mis en faillitte. Le concept d’économie sociale, vise essentiellement à sortir de cette logique.
      La principale différence , c’est les subventions, passe droit, et évasion fiscale ’ par exemple les réseaux d’échange de service qui permettent d’échapper parfois aux charges sociales et autres impots au détriment des vrais travailleurs), les surcouts pour des produits inférieurs ou égaux au nom d’un principe politique, etc...

      L’aspect solidaire tient sans doute à ce que l’on attend beaucoup de la solidarité des autres.

      Conclusion : à de rares et brillantes exceptions prêt, l’économie sociale solidaire est la dernière trouvaille de la classe moyenne de gauche pour tenter d’échapper à la sanction du marché, c’est à dire le droit pour le consommateur ou l’usager de choisir et à la nécessité d’un minimum d’efficacité. ( on le voit très clairement dans la perpective de mener une étude de plusieures années pour quantifier le phénomène...)

      En pronant ouvertement l’autonomie et non l’indépendance ou l’individualisme, on reste dans une logique collective potentiellement contraignante et politique.

      Mettre l’homme au centre de l’économie est un discour creux qui est d’ailleurs repris par toutes les entreprises privées, mais chez elles avec un peu sde sincérité car c’est vraiment vrai que dans une entreprise privée, les résultats sont très dépendant des performances de l’engagement et de la satisfaction individuelle des gens dans le travail.

      Mettre le capital au service, c’est tout un programme, car ils auraient pu dire, mettre « notre capital », mais non, la perspective solidaire est bien de prendre le fric que détiennent « injustement les autres ».

      Enfin, c’est assez largement un passe temps de nantis. Le commerce équitable par exemple, en dehors du caractère souvent discutable de ses résultats pour les paysants du tiers monde, consiste essentiellement à payer plus cher chez nous, excluant par définition les plus défavorisés. Ses principaux bénéfices prouvés sont identitaire et consistent à se sentir bons et justifiés tant pour les acheteurs que pour les vendeurs.

      Quand à ce qui est de la diversité..... on aimerai bien avoir quelques chiffres pour le coup ! En France, la diversité, c’est exclusivement le secteur capitaliste, car les migrant sont interdit d’emploi dans le secteur public.

      Sous les apparences d’un très grand désordre intellectuel, le concept d’économie sociale solidaire cache mal l’égoïsme sacré et la parfaite indifférence aux vrais problèmes sociaux de la classe moyenne de gauche.
      C’est un peu le communisme réel à visage commercial. Allons cherché dans un para marché, les crédits qui manquent dans le secteur public pour mettre en oeuvre nos idées politiques.

      Mais il y a aussi un élément positif. C’est quand même un réel progrés par rapport à l’époque ou ces gens ne révaient exclusivement que de fonction publique ou de secteur associatif subventionné.

      Il faut donc vivement encourager le développement de l’économie sociale solidaire qui permet à ces gens de se confronter un tout petit peu au réel tout en veillant évidemment à lui interdire tout passe droit fiscal ou subventionnaire qui constituerait une concurrence déloyale pour les vrais pauvres.


      • Parpaillot Parpaillot 7 mai 2009 21:55

        @ l’auteur :

        « Après le canton de Genève, ce sont les acteurs du canton de Lausanne qui s’organisent en réseau. »

        Canton de Lausanne ??? C’est nouveau, ça vient de sortir ?.. Merci de nous en informer !

        « Il existe, en Suisse romande (dont Vaud est un des deux cantons, l’autre étant Genève), »

        On ne savait pas non plus que la Suisse romande se résumait à Vaud et Genève. Selon l’auteur Neuchâtel, le Jura, Fribourg et le Valais tous les deux francophones aux 2/3 ainsi qu’une partie du canton de Berne sont ainsi bannis de la Suisse romande ...

        Oui on le sait ici en Suisse, difficile en France de sortir des clichés traditionnels hexago-centrés sur l’Helvétie : banques, chocolat, horlogerie, secret bancaire, etc.

        Merci quand même de nous rappeler l’existence de la Suisse dont une partie du pays parle français et qui s’appelle la Suisse romande !

        Helvétiquement vôtre !

        PS : Mon message reprend les propos de « spartacus1 » qui ne m’en tiendra pas rigueur je l’espère ...

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