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Accueil du site > Actualités > Economie > L’économie va très bien, tout va bien, dormez bien

L’économie va très bien, tout va bien, dormez bien

Profits record des multinationales et des grands établissements financiers, record des fusions acquisitions en 2006, records boursiers, OPA des bourses américaines en Europe, échec du cycle de Doha, chute de l’immobilier US, éclatement des classes moyennes aux Etats-Unis et en Europe, baisse du pouvoir d’achat, montée de la précarité, montée des extrémismes... Tout va bien, dormez bien.

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Pour continuer cet article (cf. 1re partie ) permettez-moi de citer de nouveau les propos tenus la semaine dernière par Ed Lazear, chef des conseillers de la Maison Blanche : « Le chômage est en baisse et les salaires devraient augmenter... Le PIB est en baisse au troisième trimestre mais devrait se reprendre au 4e trimestre... L’inflation est moins forte que prévu pour 2006... », et d’ajouter comme autant de signes que l’économie est solide : « Les prix de l’énergie ont chuté... Le sentiment des consommateurs est positif et la Bourse a été très solide[1]... », et de les mettre en perspective avec les nouvelles toutes récentes de ces derniers jours :
- le dollar continue de chuter, sur fond de baisse du moral des consommateurs américains, l’euro flirtant avec les 1,32$
- le groupe américain Wal-Mart numéro 1 mondial de la distribution signe sa plus mauvaise performance en dix ans aux Etats-Unis[2],
- l’Arabie saoudite envisage de réduire sa production de pétrole pour stabiliser les prix[3].

L’inflation moins forte que prévu, grâce à la baisse surprise du pétrole quelques mois avant les élections américaines, risque donc fort d’être revue à la hausse. Et je ne parle même pas de la possibilité d’une crise financière comme l’annonce LEAP/E2020[4].... Et une question à propos de l’énergie : comment une ressource de plus en plus demandée, produite en quantités constantes (au mieux) et disponible en quantités limitées peut-elle voir son prix revu à la baisse à terme ?

Le cas Wal-Mart est assez symptomatique des dysfonctionnements de la mondialisation, comme le décrit très bien cet article du Monde intitulé « Wal-Mart, un symptôme américain[5] ».

ImageOn y apprend que cette multinationale réalise un chiffre d’affaires équivalent à celui de la Norvège et que cinq membres de son Conseil d’administration comptent parmi les plus grosses fortunes des Etats-Unis. L’entreprise dégage 11,2 milliards de $ de bénéfice chaque année et rémunère ses salariés en moyenne 20 000$ / an. 30% de ses employés sont des travailleurs à temps partiel, l’objectif non avoué étant de 40%, les marchés financiers ayant constaté une baisse de la valeur de l’action de 10% en trois ans. Le turn-over ou roulement est fréquent parmi les salariés, un salarié de sept ans d’ancienneté coûte en effet 55% de plus en moyenne qu’un salarié récemment embauché, à rendement équivalent. Enfin la moitié seulement des « associés » (nom donné à chaque employé) de Wal-Mart bénéficie d’une protection sociale maison, les autres bénéficiant de celle de leur conjoint ou du système public pour les nécessiteux (Médicaid). Et les syndicats n’existent pas, Wal-Mart eillant à ce que les conditions de travail de ses associés soient les meilleures possibles, il n’y en a donc pas besoin !

Wal-Mart importe enfin pour 18 milliards d’euros de produits made in China et l’équivalent de 20 à 30 milliards $ si on prend en compte les achats effectués à ses fournisseurs américains qui font fabriquer en Chine. Soit environ 15% du déficit commercial des Etats-Unis envers la Chine ! Etonnant, hein ?

Et comme le fait remarquer ce même article, le symptôme Wal-Mart réside dans le fait que ce genre de mastodonte de l’économie entraîne dans son sillage de prix bas une multitude d’entreprises qui n’ont d’autres choix que de tirer elles-mêmes leurs marges vers le bas. C’est comme cela que Wal-Mart a contribué à freiner la progression des salaires et des prix aux Etats-Unis, respectivement de 2,2 et de 3,1% entre 1995 et 2004[6].

C’est aussi comme ça que la « walmartisation » de l’économie, traduire régressions économiques pour la classe moyenne et enrichissement des classes les plus élevées, s’est progressivement opérée aux Etats-Unis. Et le cas Wal-Mart peut largement être transposé en Europe, même si nos réglementations sociales protègent en partie les salariés européens de telles extrémités[7].

Alors quand la multinationale signe sa plus mauvaise performance aux Etats-Unis depuis dix ans, et qu’elle est obligée de casser encore plus ses prix pour réaliser des volumes comparables, on peut légitimement craindre le ralentissement de la consommation US et surtout de graves conséquences économiques sur des pans entiers de l’économie américaine (mais aussi mondiale).

Ceci venant s’ajouter aux conséquences déjà observées dans nos économies occidentales :
- stagnation des salaires pour accroître la compétitivité des entreprises[8] dans une économie globalisée et baisse du pouvoir d’achat moyen du fait de la double augmentation des périodes d’inactivité des salariés et des prix de l’énergie et du logement
- redistribution inégale des revenus dans les pays de l’OCDE : la part salaires / CA est passée de 70% en moyenne jusqu’à la fin des années 1980 à 64% dans la période 2000-2003[9]. Le PIB augmente et les bénéfices et dividendes des grandes multinationales s’envolent, mais les salaires stagnent (sauf pour la minorité des cadres dirigeants)
- croissance sans emploi caractéristique des économies du Nord depuis une dizaine d’années, croissance alimentée par la forte augmentation des échanges commerciaux, les emplois étant délocalisés dans les zones disposant d’une main-d’œuvre peu chère
- précarisation de l’emploi, en France par exemple quatre jeunes sur dix sont sans emploi fixe après sept ans de vie active[10].

Et tous les pays de l’Union européenne ainsi que les Etats-Unis sont touchés.
En Espagne, le salaire moyen n’a pas varié depuis neuf ans[11]. En Belgique, le pouvoir d’achat régresse depuis dix ans[12]. En France le salaire moyen d’un employé a progressé de 3% en huit ans entre 1996 et 2004[13] et on n’arrête pas d’entendre que « l’ascenseur social est en panne ». En Allemagne on parle d’Unterschicht ou de « sous-classe » pour évoquer les 6,5 millions d’exclus[14], cette même sous-classe qu’évoque Gabor Steingart dans son livre et dans son article[15], qui est le prolétariat moderne, d’aujourd’hui, avec un toit, de quoi manger, mais exclu du système !

Quant aux Etats-Unis, en vingt ans 20% de la population la plus défavorisée a vu son revenu baisser de 1,4%, les revenus des trois cinquièmes suivants ont augmenté respectivement de 6,2 - 11,1 - 19%, et les 20% des plus aisés, eux, ont vu leurs revenus augmenter de 42%[16] ! Les ménages sont considérablement endettés, à l’image du déficit public du pays, et pour la première fois depuis 1933 et la grande dépression, le taux d’épargne des ménages est négatif sur une année entière, en 2005[17]

Alors, que va-t-il se passer ?
Peut-on imaginer que les populations des pays concernés acceptent encore longtemps ces régressions économiques et sociales mais également démocratiques ? Car ils n’ont pas choisi cette situation, elle leur a été imposée par cinquante ans de traités et d’accords internationaux visant à libéraliser les échanges.

Comme l’écrit le philosophe Patrick Viveret dans son article ’Pour une société du mieux-être[18]’ : « L’éclatement des classes moyennes qui s’est déjà produit dans les années 1930 a pour conséquence majeure de produire de grandes régressions émotionnelles. Les phénomènes de peur qui sont liés à ces régressions émotionnelles peuvent ensuite entraîner des phénomènes de régression politique tout à fait redoutables... »

ImageDe là à craindre une résurgence des nationalismes, populismes et partis extrémistes en tout genre... ?
En France, on a eu Le Pen au second tour en 2002, en Pologne, ce sont les frères Kaczynski du parti nationaliste Droit et justice qui sont au pouvoir depuis fin 2005, en Slovaquie, Jan Slota du Parti extrémiste, le Parti national slovaque, fait partie du gouvernement et son groupe est la troisième force politique. Au Danemark, le parti du peuple danois a obtenu 13,3% des voix aux législatives de 2005. En Autriche, les deux partis extrémistes FPÖ et BZÖ réunissent 15% des voix. En Allemagne, le NPD fasciste, depuis plus de dix ans, les oubliés de l’économie des Länder les plus touchés par la crise économique, totalisant 9,2% des suffrages à Dresde en 2004 et 7,3% à Schwerin (Mecklembourg Poméranie occidentale) en 2006 ; et plus de 20% des moins de dix-huit ans l’année dernière dans certaines villes de Saxe...

Et si ces partis extrémistes ne s’affirment pas partout, la tentation protectionniste fait de plus en plus son chemin. Ainsi aux Etats-Unis les démocrates ont été élus sur la promesse de freiner les délocalisations et se verront contraints au protectionnisme, s’ils peuvent se le permettre[19].

Cette idée commence également à se répandre en Europe. Aux Pays-Bas par exemple, les élections qui viennent de voir la victoire du SP (parti socialiste) augurent d’un repli nationaliste[20].

Pour conclure, deux choses.
1. La mondialisation est un fait, mais sa forme actuelle n’est pas inéluctable, ceux qui le disent sont des idéologues qui ont tout à y gagner, ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens actuellement, au Nord comme au Sud.
2. Le protectionnisme n’est certainement pas la solution non plus.
En revanche, une chose est sûre, c’est qu’on arrive au bout de cette forme de mondialisation.

Et une Union européenne démocratique, unie politiquement, et soucieuse des grands équilibres sociaux, environnementaux et économiques aura une possibilité d’action bien supérieure à chacun de ses Etats membres isolés. Une UE démocratique forte pourra proposer ou protéger son modèle social, elle pourra agir et ne subira pas.

Curieusement en France mais aussi ailleurs en Europe aucun responsable politique ne semble l’avoir compris.

mise en forme et photos : http://www.newropeans-magazine.eu/

Notes :

[1] Le gouvernement Bush abaisse ses prévisions de croissance
[2] La guerre des prix pénalise Wal-Mart - La Tribune
[3] Pétrole : L’Arabie parle d’une réduction de la production - Cyberpresse
[4] Leap/E2020
[5] Wal-Mart, un symptôme américain - Le Devoir
[6] Etude Global Insight.
[7] En France pour l’exercice 2004, Carrefour, numéro 2 mondial de la distribution distribuait un dividende en hausse de 27% à ses actionnaires, et un salaire en augmentation de 1,79% à un salarié de douze ans d’ancienneté (source International Herald Tribune Paris, Dossier Courrier International n°756).
[8] Argument généralement invoqué pour ne pas délocaliser.
[9] Source OCDE, International Herald Tribune, Dossier Courrier International n°756
[10] La Tribune
[11] Los salarios de los españoles apenas han variado desde 1997, según Adecco - 20 Minutos
[12] Baisse du pouvoir d’achat - La Libre.be
[13] source INSEE
[14] Le débat sur la fracture sociale fait rage à Berlin - Le Figaro
[15] How Globalization is creating a New European Underclass - Spiegel
[16] America’s Middle Class has become globalization’s loser - Spiegel
[17] Economie américaine, entre succès et déséquilibres - Le Monde
[18] Pour une société du mieux-être - ACEP
[19] L’intérêt de la Chine principal détenteur de dollars étant que les Etats-Unis continuent de lui acheter ses produits...
[20] The Dutch election results ; bad news for Europe Newropeans-Magazine

Moyenne des avis sur cet article :  4.73/5   (286 votes)




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108 réactions à cet article    


  • ZEN zen 30 novembre 2006 14:07

    J’attendais la suite du feuilleton...je ne suis pas déçu par cette nouvelle synthèse, qui met clairement en corrélation appauvrissement relatif/précarité et durcissements politiques , dont il y a lieu de s’inquiéter.

    P.Viveret mérite d’être lu sur ce sujet : « Reconsidérer la richesse » ainsi que René Passet :« L’illusion néolibérale »

    Je suis trés pessimiste sur l’évolution des choses : seule une panne majeure du système, inévitable au train où vont les choses, pourra déboucher sur une autre logique économique, moins irrationnelle.


    • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 16:42

       smiley Tous ces chiffres et ces phrases sont là pour me donner une délicieuse inquiétude qui me conforte dans mon bonheur. Je suis bien. smiley


    • Yvance77 (---.---.234.111) 30 novembre 2006 14:21

      Trés bel article, auquel je souscris totalement ... mais ne jettons point trop d’opprobe sur les USA, nous ne sommes pas en reste.

      Wallmart à son équivalent en Europe et même on pourra y pousser son cocorico, mais pas trop fort : Carrefour, un groupe comme total je ne me fais pas de souci, ok la majeure part est offshore.

      Non ce qui me dérange, et sans être un communiste patenté (c’est pas une insulte) c’est le concentration de richesse, en si peu de mimines, moins de 400 premières fortunes mondiales possède autant que près de la moitié, la plus pauvre, de cette foutue humanité (sic), et encore une fois tirons pas ç boulet rouge, car des fortune à la Arnault ou Pinault n’ont été permise qu’avec l’aide des gouvernants...

      Je ne pourrait jamais plus croire en ses derniers, et je souhaite voir une rebellion se former avant de quitter se monde.

      Et comme avait fabuleusement résumé Regis Debray : a trop vouloir faire de l’éconmie un idéal, nous faisons l’économie de l’idéal.

      Votez Sarko aprés cela est tout bonnement impensable, son discours ne prend pas, il ne favorisera que ceux qui le sont déjà bien trôp.

      A peluche


      • Roland (---.---.55.131) 30 novembre 2006 23:16

        C’est pourquoi il est urgent de commencer un grand mouvement de boycott des super-marchés.


      • (---.---.229.236) 1er décembre 2006 07:28

        bonne idée, comme ca ton pouvoir d’achat va rejoindre celui des année 50 : ca va certainement profiter aux types que tu va mettre au chomage faute de pouvoir les payer..


      • Henri Golo (---.---.172.181) 5 décembre 2006 11:02

        entiérement d’accord, il n’est que temps. Mais il faut créer une Union ou une Association pour rassembler les personnes qui en ont marre de cette société de consommation a outrance. Je suis le premier adhérent. Allons y smiley


      • sweetsmoke (---.---.241.2) 30 novembre 2006 14:41

        très bon article.

        Mais qu’allons nous faire, à part en parler entre deux portes au bureau ?


        • Henri Golo (---.---.172.181) 5 décembre 2006 11:06

          voir la réponse ci-dessus créer une association de non-consommateurs c’est gratuit ou presque et le lien se ferait par internet avec tous les adhérents smiley smiley


        • (---.---.27.211) 5 décembre 2006 11:21

          Moi j’adore consommer. J’aime bien acheter. smiley


        • Henri Golo (---.---.134.204) 5 décembre 2006 14:16

          c’est vrai tu as peut-être raison : c’est tellement enrichissant (intellectuellement s’entend) d’acheter des choses inutiles, qui finissent leurs vies dans un grenier, une cave. Le mieux c’est encore les soldes : elles achétent des robes, t-shirt, chaussures, impossible à porter ........... et chaque année ça recommence. Je me marre. Vas-y continue. smiley smiley smiley


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 30 novembre 2006 14:48

          Pour conclure, deux choses. 1. La mondialisation est un fait, mais sa forme actuelle n’est pas inéluctable, ceux qui le disent sont des idéologues qui ont tout à y gagner, ce qui n’est pas le cas de la majorité des gens actuellement, au Nord comme au Sud. 2. Le protectionnisme n’est certainement pas la solution non plus. En revanche, une chose est sûre, c’est qu’on arrive au bout de cette forme de mondialisation.

          bonne conclusion David, on arrive à une fin, il faut changer quelque chose mais quoi ?

          Le système monétaire ?

          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=16206


          • Rage Rage 30 novembre 2006 14:56

            Bonjour,

            Article tout bonnement excellent.

            Quant à la France, une seule personne annonce la nécessité d’une UE politique forte : F.Bayrou (cf avant-projet de l’UDF).

            Tous les autres veulent tirer à vue sur une Europe qui, faute d’avoir sû s’imposer politiquement aux états, est devenu le gadget étatique pour se défausser de ses responsabilités.

            Une chose est certaine, votre analyse est bonne, et si nous ne faisons rien, des 1933 peuvent se reproduire plus vite qu’on ne le pense...


            • Rage Rage 30 novembre 2006 15:00

              Ce qu’il faut changer : Le système politique et organisationnel de la prise de décision.

              Cela revient à changer d’UE (nain politique), de réformer les institutions vers moins de complexité et plus de démocratie réelle, de réformer l’éducation pour plus de diversité de profils, de changer d’échelle de temps pour les actions en particulier pour l’environnement (moyen et long terme).

              En changeant le système de l’intérieur, par la force des convictions et la confrontation aux réalités de terrain, on peut changer les choses.

              Mais pour cela il faut avoir le courage de dire des vérités et de remettre en cause les féodalités rampantes qui se sont installés à tous les étages. Aurons-nous le courage de changer pour du choix réaliste ?

              Voilà la vraie question.


            • (---.---.27.65) 30 novembre 2006 17:10

              Mais pourquoi veut-tu tout changer ? On est bien là. smiley


            • Gerald (---.---.90.17) 30 novembre 2006 14:56

              L’ennui dans tout cela est que les pays les plus pauvres ont, à des degrés divers, bénéficié de la mondialisation. On confond souvent mondialisation et basculement entre salaires et bénéfices qui a commencé bien avant la mondialisation. Et c’est la conjonction des deux qui fait problème. Par ailleurs, une autre dimension provient du nombre faramineux de chinois capable and voulant (willing and able) travailler pour quelques euros par jour, pour le moment. Avant d’élever le niveau de vie des chinois jusqu’à celui de l’Ouest (comme ce fut le cas du Japon, qui ne sont que 100 millions contre 1300 millions !), on aura le temps de 2 ou 3 bouleversements mondiaux. Maintenant, lier cela au vote de 2007, c’est tout simplement se moquer du monde. Le premier boulot du futur Président, c ’est de nettoyer le b... laissé par 30 ans de laisser-aller dans notre beau pays. Rien à voir avec la mondialisation. Et pour faire ce sale boulot, je compte plus sur Sarko que sur Royal, même si je ne pense pas qu’il ait le courage de faire tout ce qui est nécessaire.


              • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 07:37

                Il y a déja 300 MILLION de chinois ayant le pouvoir d’achat du cadre d’europe ! La chine sera avant la fin de la décénie le premier marché du monde, c’est à dire la plus riche.

                Par ailleur, il est faux de dire que l’ouvrier chinois reste dans sa misére : certain sont déja plus payé que l’ouvrier turc, alors qu’il y a 20 ans il devait survivre avec 2$..

                D’ailleur, la solution, c’est quoi ? Imposer le SMIC aux chinois ? Le truc qui marche tellement bien en France qu’il y a 3 ou 4 millions de chomeurs depuis 25 ans ? Quel pays va accepter ca ?

                D’ailleur, bonne nouvelle : la chine délocalise à son tour ! Toute l’asie est en train de devenir ce qu’était l’Europe au XIXéme siécle !

                Par ailleur je trouve bizare d’accuser le commerce des probléme français. D’abord les statisitique de l’INSEE montre un doublement du pouvoir d’achat des français en 20 ans, une baisse du nombre de pauvre, des inégalités stables.. Sans doute, nous avons un probléme de chomage, car notre systéme de protection social date des années 60, et est complétement inadapté. Il y a aussi trop de fonctionnaires, donc trop d’impots et trop de dette. Donc de faible investissement de productivité. Mais enfin, tout ne va pas si mal.


              • parkway (---.---.18.161) 1er décembre 2006 10:45

                les chiffres de l’insee, ce sont les chiffres transformés par les gouvernements.

                Si mon pouvoir d’achat avait augmenté de 20% je m’en serais aperçu tout seul, sans l’insee.

                malheureusement, c’est tout le contraire et mes amis , famille et connaissances de dire la même chose que moi !

                et ils ne sont pas tous fauchés !!!

                L’INSEE, c’est de la merde, c’est comme le gouvernement...


              • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 11:04

                « les chiffres de l’insee, ce sont les chiffres transformés par les gouvernements. »

                Pffff, comme si les 5000 fonctionnaires socialo-communiste indéboulonables recevaient des ordres des élus ! ridicule.

                « Si mon pouvoir d’achat avait augmenté de 20% je m’en serais aperçu tout seul, »

                http://www.insee.fr/fr/indicateur/achatfranc.htm


              • neo (---.---.197.118) 1er décembre 2006 16:31

                « D’ailleur, la solution, c’est quoi ? Imposer le SMIC aux chinois ? Le truc qui marche tellement bien en France qu’il y a 3 ou 4 millions de chomeurs depuis 25 ans ? »

                Ben, ça alors le chomage c’est la faute au smic ???


              • Panama (---.---.198.59) 30 novembre 2006 15:01

                Si vous êtes contre la mondialisation, allez au bout de votre raisonnement : boycotez tous les produits qui sont délocalisés : Logan, C1/107, T-shirts et chaussures de sport chinois, télévisions LCD, ordinateurs, etc.

                On ne peut pas à la fois profiter des prix qui baissent et vilipender les entreprises qui pratiquent la délocalisation !

                Achetez Français ou d’origine UE. Ca sera plus cher mais vous ferez un geste citoyen.


                • armand (---.---.223.217) 1er décembre 2006 20:42

                  Mais, mon cher Panama, c’es bien ce que je préconiserai : tout au moins demander chaque fois que j’essaie un costume où il a été fabriqué. Soyons sérieux : personne ne veut stopper les immportations, tout au plus les soumettre à des tarifs douaniers suffisants pour qu’ils ne fassent pas une concurrence déloyale à nos produits, et, surtout, à ceux qui les fabriquent. Et exiger que l’origine soit mentionnée, ce qui était bien le cas des textiles il y a quelque temps. Ce serait justice pour les producteurs : je me souviens de la tristesse d’un couturier égyptien qui regrettait qu’on arrache les « made in Egypt » de sa production dont il était fier.


                • Fred (---.---.155.75) 4 décembre 2006 09:37

                  Malheureusement, les gens aiment bien se plaindre mais passent rarement a l’acte. C’est comme tous les gens qui vont vous dire qu’il faut faire un maximum de social (ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi) mais qui ne font jamais un don ou qui ne passent jamais une seconde a faire du benevolat.

                  Les Francais sont des grands donneurs de lecon mais ces lecons ne s’appliquent jamais a eux.


                • ZEN zen 30 novembre 2006 15:06

                  @L’auteur

                  Les tendances protectionnistes US, récurrentes, n’ont aucune chance de se réaliser, tant les USA ont besoin des capitaux chinois pour leurs dépenses extravagantes et pour éviter l’effondrement du billet vert :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12980


                  • Marsupilami Marsupilami 30 novembre 2006 15:07

                    Excellent article. La mondialisation actionnariale de l’hypercapitalisme financier est une telle catastrophe qu’il faudra bien qu’on y mette le hola avant qu’elle nous mène droit dans le mur (on y est peut-être déjà...).


                    • stephane (---.---.202.18) 30 novembre 2006 15:29

                      excellent article qui d’une lecture permet d’avoir une idee generale de la conjoncture econimique et reveler le non dit, surtout en ces mois pre-electoraux. http://danslevif.over-blog.fr


                      • Arthur Mage (---.---.181.194) 30 novembre 2006 15:53

                        Tant que le dit « tiers-monde » n’était qu’un lointain concept représentant à la télévision la souffrance de la majorité de nos congénères sur le dos desquels nous n’avons jamais cessé de nous enrichir en exploitant jusqu’à plus soif, depuis les temps reculés de l’esclavage en passant par celui des colonisations puis plus récemment, des indépendances fictives, leur main d’oeuvre et leurs matières premières, il n’y avait pas de problème.

                        Or aujourd’hui, ne voilà-t-il pas que cette misère sans nom que les civilisations dîtes « occidentales » cultivent depuis plusieurs siècles, ce terrible fruit de l’histoire d’une humanité qui, ainsi que toute chose naturelle, va son chemin de manière empirique, sans guère réfléchir aux conséquences, nous pète à la figure !

                        Tant mieux. C’est certes difficile à accepter, tout comme l’est depuis trop longtemps la courte vie, par exemple, des maliens, mais au moins nos enfants ne vivront-ils plus dans cet horrible statu quo qui voyait le monde nettement divisé entre une minorité de bourreaux prévaricateurs et une majorité de victimes à l’agonie.

                        Quant à ceux qui, comme toujours, profitent de la situation pour s’en mettre plein les poches, il ne sera véritablement possible de les empêcher de nuire que lorsque le nivellement économico-politique planétaire aura nettement progressé. Y a pas le choix. Le mieux étant en attendant de soutenir les voix des pays pauvres au sein, notamment, de l’OMC en luttant, par exemple, contre les subventions agricoles que notre pays, la France, délivre à ses agriculteurs.

                        Je sais, c’est dur, notamment pour mon oncle, qui est agriculteur et qui sans ces subventions, n’aura plus de revenu. Mais tel est un des prix à payer pour éviter d’être totalement gangrenés par la misère du monde.


                        • faxtronic (---.---.127.45) 30 novembre 2006 17:36

                          Donc tu pense que pour justice soit, il faut que l’esperance de vie des occidentaux baisse de 20 ans et que la moitie creve de faim, afin que tout le monde sur la planete soit dans la meme merde. Non merci. Le monde est atroce, mon coin du monde un peu moins car la merde est ailleurs. Je ne souhiate pas que cela change, que la misere se repartissent.

                          Et pour cela il faut arreter de considerer que l’occident et le non-occident sont egaux. Il faut que l’occident domine le monde, quitte a faire regner la terreur. Le monde est trop petit pour 6 milliard d’humain. Il faut au moins en eliminer 4 milliard.


                        • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 07:45

                          Ca m’a l’air un peu excessif comme solution... Certes, il FAUT que l’occident domine, parce qu’il y va de notre sécurité (en face de nous, ce sont des Huns, et dés qu’ils le pourront, ils ne vont pas hésiter : nous n’avons pas les même valeurs).

                          Par ailleur, ce n’est pas l’occident qui rend pauvre le tier monde : il l’a toujours été. L’idée de développement est une idée occidentale, et si nous sommes un peu riche, nous le devons à notre travail, pas à du pillage. Qui va croire que c’est dans les foret d’afrique qu’on trouve des Ipods, des antibiotiques, des traitements de texte, des assurance vie ou des Porsch ?!?!

                          De fait, l’occident va perdre sa suprématie, parce que les autres lui ont volé le secret du capitalisme.


                        • parkway (---.---.18.161) 1er décembre 2006 10:51

                          a arthur mage,

                          l’OMC, protectrice des pays en voie de développements ?????

                          Là, j’ai dû louper quelque chose ?

                          L’omc et la mondialisation, c’est pas pareil ?

                          si les agriculteurs peinent à vivre aujourd’hui, c’est bien à cause de l’OMC qui favorise les grosses concentrations agricoles et commerciales !

                          faudra que tu m’expliques, arthur !


                        • bulu (---.---.1.39) 1er décembre 2006 11:45

                          Vous etes ironique ou ignorant ?


                        • faz (---.---.225.129) 30 novembre 2006 17:49

                          Ce qu’oublie de dire cet article, c’est que le citoyen est un mouton, ce qui importe pour lui aujourd’hui, c’est de consommer de plus en plus de produits de moins en mins chère.

                          Alors que l’acte de consommation devrait être un acte citoyen responsable et vigilant.

                          On doit se poser des questions avant d’acheter.

                          Or Aujourd’hui 99% des gens s’en foutent, ils achètent tout et n’importe quoi et ils sont content de payer de moins en moins chère les produits.

                          Qu’ils ne viennent pas se plaindre ensuite en disant : Ah ! les patrons, c’est des salauds, ils veulent délocaliser dans les pays ou la main d’oeuvre est moins chère.

                          Nous subissons les conséquences de notre manière de consommer.

                          Si le peuple ne change pas, nous allons avoir de plus en plus de grosses société de distribution qui essayeront par tous les moyens de baisser les prix ( délocalisation, baisse des salaires ).

                          alors : Changeons


                          • Gasty Gasty 30 novembre 2006 19:30

                            @ faz

                            Y’a un bémol , moins les citoyens ont d’argents et moins ils pourront payer chers. Acheter des produits de merde, je ne pense pas que le citoyen s’en fout.

                            Mais pouvoir payer son loyer, se déplacer et espérer un minimun de confort c’est compréhensible.« Les patrons, c’est des salauds » (pas tous ! y’en a des biens, enfin quelques uns )

                            Et pourquoi ne pas dire la phrase bien connu « ils ont plus de pains ! et bien qu’ils mangent de la brioche »...enfin quoi !


                          • ZEN zen 30 novembre 2006 20:18

                            @Faz

                            Si c’était si simple !...

                            Lisez le document (note5) proposé par l’auteur, dont j’extrais la fin :

                            « Wal-Mart pèse si lourd qu’il contraint nombre d’entreprises américaines à s’aligner sur ses pratiques sociales et commerciales, sous peine de n’être plus compétitives. En un mot, les gens de Bentonville tirent vers le bas la qualité de vie des Américains. Comme salariés, ceux-ci maudissent le modèle Wal-Mart. Comme consommateurs, ils le bénissent. »

                            Ne vous reconnaissez- vous pas dans cette schizophrénie ?.. Comme quoi la solution n’est pas individuelle, mais dans le changement d’un système..

                            N’avez-vous jamais rien acheté à Décathlon ? Presque tous les produits viennent de Chine , d’Indonésie,etc...L’aviez-vous remarqué ?


                          • Internaute (---.---.0.13) 30 novembre 2006 20:45

                            Les politiques ont passé des lois pour supprimer l’étiquettage d’origine. Nombre de produits n’ont aucune marque.

                            De toute manière, ce n’est pas au citoyen de gérer individuellement un problème collectif. Les députés sont là pour cela. Ce sont eux qui ont failli. En suivant votre raisonnement il faudrait que tout le monde s’arme puisque la gendarmerie est impuissante à régler les problèmes d’insécurité. Ce serait l’anarchie.

                            De toute manière, tout le monde, de l’abbé Pierre à Watson de WalMart ne cherche qu’à maximiser ses avantages compétitifs dans un marché ouvert. Si Décathlon ne vendait pas des chinoiseries il serait fermé depuis longtemps puisque votre deputé le met en concurrence libre et non faussée avec n’importe quel importateur asiatique. C’est aussi simple que cela. Ceux qui importent respectent la loi. L’important est de changer les règles du jeu. Pour cela il faut donner un grand coup de pied dans la fourmilière.


                          • martin (---.---.223.59) 30 novembre 2006 22:20

                            les salaires n’augmentant pas contrairement aux charges diverses, il y a donc interêt à chercher le meilleur prix. Ce qui est criticable c’est que la mondialisation n’entraine pas forcement un juste prix au regard de la qualité mais, par contre, génère des profits en forte augmentation.


                          • (---.---.224.129) 1er décembre 2006 14:01

                            « Wal-Mart pèse si lourd qu’il contraint nombre d’entreprises américaines à s’aligner sur ses pratiques sociales et commerciales »

                            Wal Mart les contraint à s’aligner sur ses pratiques commerciales ( je ne parle pas de sociale car les américains ne savent pas ce que c’est ) parce qu’il les met en compétition avec les chinois.

                            Je pense qu’il n’ y a que deux solutions :

                            - Soit nous changeons notre manière de consommer, en intégrant dans nos choix des paramètres autre que la qualité et le prix du produit, c’est à dire, origine, impact sur l’économie et l’environnement.

                            - soit nous acceptons et trouvons d’autres leviers économiques. Regardez les Anglais, ils n’ont plus d’industrie et pourtant leur économie à l’air de bien se porter.

                            A réfléchir


                          • Albator (---.---.229.236) 1er décembre 2006 14:08

                            « soit nous acceptons et trouvons d’autres leviers économiques. Regardez les Anglais, ils n’ont plus d’industrie et pourtant leur économie à l’air de bien se porter. »

                            heu non, c’est l’inverse : ce sont les USA qui n’ont, relativement, plus d’industrie. Mais la GB à 1 millions d’ouvriers de plus que la France...

                            Il n’y a rien à réfléchir : le libéralisme à gagné, il est inévitable.


                          • Le Hérisson Le Hérisson 30 novembre 2006 18:01

                            C’est moins la mondialisation qui est pénalisante que la « financiarisation » de l’économie dûe notamment aux fonds de pension. Il y a 20 ans, les sociétés se contentaient d’un bénéfice de 5 à 10 % L’influence des fonds de pension fait qu’aujourd’hui une société veut du 15 % à 20 %. Alors qu’autrefois, la gestion des ressources humaines, la gestion des compétences, etc était un élément important dans une entreprise, aujourd’hui, les salariés sont devenus la ligne budgétaire qu’on peut éliminer, ou tout au moins, diminuer à loisir en délocalisant. A croire qu’ils ne sont même plus une charge fixe... A lire aussi l’interview de Bernard Maris dans Libé d’hier ou d’avant hier.


                            • Forest Ent Forest Ent 30 novembre 2006 18:04

                              Très bon article. Bonne synthèse du sujet.


                              • ohnil ohnil 30 novembre 2006 18:04

                                Très intéressant.

                                A rapprocher de la disparition, en début d’année, des indicateurs officiels qui permettaient d’estimer le nombre de billets émis par les USA.

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