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Accueil du site > Actualités > Economie > L’émergence des « micromultinationales »

L’émergence des « micromultinationales »

Une nouvelle catégorie d’entreprises est en train d’émerger grâce aux technologies Internet et à la mondialisation.

Il y a de cela quelques années, lorsque l’on pensait implantation internationale, équipe multiculturelle et clients répartis sur plusieurs fuseaux horaires, l’image d’une multinationale géante venait à l’esprit.

L’avènement des technologies issues d’Internet (VOIP, outils de travail coopératif, courrier électronique, etc.) a facilité l’émergence de ce que l’on nomme aujourd’hui les "micromultinationales".

Le message qu’envoie ces entreprises d’un nouveau type doit être écouté avec attention par tous les entrepreneurs. En effet, les perspectives ouvertes par les micromultinationales ne se limitent pas à vendre des produits à des consommateurs géographiquement très éloignés comme c’est le cas depuis les débuts d’Internet. Il s’agit maintenant non seulement de profiter des coûts avantageux de certains pays mais aussi et surtout de créer de nouveaux types d’organisation offrant flexibilité et créativté.

Ainsi, les micromultinationales n’hésitent pas à constituer une équipe éclatée entre plusieurs pays et à sous-traiter des fonctions que l’on jugeait il y a peu comme des fonctions clés ou en tout cas nécessitant une supervision au plus près (comptabilité, etc.).

À n’en pas douter, il est aujourd’hui plus aisé pour une micromultinationale de fonctionner en langue anglaise. En effet, les plus grandes et éprouvées sociétés d’outsourcing sont situées en Inde et fonctionnent en anglais. Ainsi, Brickwork, par exemple peut permettre à votre start-up de disposer de ressources très variées (réalisation de business plans, gestion de projet, recherches sur Internet, etc.) à des coûts imbattables. Vos interlocuteurs, qui mèneront les tâches que vous leur aurez confiées, peuvent être titulaires de MBA par exemple.

On peut distinguer deux catégories principales de micro-multinationales :

1- Les micromultinationales transitionnelles :

Ces sociétés démarrent comme micromultinationales, car elles y voient le moyen optimal d’atteindre de très ambitieux objectifs présents dans leur business plans : coûts, innovation, internationalisation, etc.

Ces sociétés évoluent principalement dans les domaines du high-tech et profitent à plein de toutes les dernières innovations de communication pour faire fonctionner leur entreprise. Ces micromultinationales veulent croître rapidement et non pas vocation à rester « micro ».

Ainsi, sur son blog, la société Speechi (speechi.net) revendique-t-elle ce modèle qu’elle a utilisé pour son développement. Un développement en grande partie outsourcé et le recours immédiat à Internet pour une distribution mondiale des produits. Ainsi, Speechi revendique des clients dans 67 pays.

2- Les micromultinationales philosophiques :

Ces entreprises-là sont bien souvent créées par des entrepreneurs atypiques plus amateurs de voyages et d’aventures que de réunions en costume-cravate. La micromultinationale leur offre la possibilité de vivre dans des lieux exotiques ou de manière nomade tout en assouvissant leurs passions (sports, langues, etc.). Il est courant d’ailleurs que le concept de leur micromultinationale soit apparu lors d’un voyage à l’autre bout du monde.

Ces sociétés sont en général fondées sur des métiers aux produits tangibles tels que la mode, les gadgets technologiques, les boissons, etc.

Bref, alors que la première catégorie de micromultinationales est plutôt créée par des entrepreneurs aux ambitions affirmées, celle-ci est conçue comme un moyen de mener une vie de « bons vivants ». C’est le modèle que promeut brillamment Tim Ferris dans son ouvrage et sur son site. La philosophie n’est donc pas ici la croissance, mais la mise en place et le financement d’un mode de vie idéal pour l’entrepreneur.

L’exemple de Tim Ferris est ici très parlant : ce jeune entrepreneur a monté une société, du nom de BrainQuicken, qui commercialise un produit améliorant les performances cérébrales. La société a été entièrement organisée de manière à s’appuyer sur des ressources le plus externalisées possibles le tout en raisonnant toujours avec le souci d’allier coût et efficacité, jamais la proximité géographique des partenaires n’étant considérée comme un critère pertinent.

Bien entendu, ces deux catégories peuvent se combiner dans le temps. Ainsi, une micromultinationale peut démarrer comme une simple opportunité mais, emportée par son succès, elle peut connaître un développement très important qui n’avait d’aucune manière été anticipé ni même souhaité par ses fondateurs.



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2 réactions à cet article    


  • stephanemot stephanemot 30 juillet 2007 12:30

    Le titre laissait augurer un papier intéressant mais la typologie déçoit un peu.

    Il y aurait valeur à développer le cas européen : longtemps handicapé par sa diversité, le continent commence à en faire une force. J’ai pu le constater avec les start-ups dans les telecoms. Le ticket d’entrée était élevé sur un continent présentant trop de langues et de combinaisons de plateformes technologiques (yc au sein de la sphère GSM). L’émergence de plateformes pan-européennes (gros travail des grands opérateurs) a facilité le développement de nombreuses micro-multinationales, avec un éclatement géographique spectaculaire, à l’inverse des USA, encore trop dominés par quelques hotspots (Sillicon Valley, Seattle-Redmond...). Le passage à l’international demande très peu de moyens (souvent facilité par les gros opérateurs jouant parfois le rôle d’incubateurs), et une fois l’Europe conquise, beaucoup trouvent facilement des débouchés sur d’autres continents.

    .

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