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L’enfumage du traité de stabilité

L'enfumage du traité de stabilité : un sauve-qui-peut

Vous avez dit traité de stabilité ?

Dernier acte de la tragédie (ou la comédie ?) des déficits publics jouée par le néolibéralisme, ce traité est une ligne Maginot qui comme telle espère contenir l'envahissement de la plupart des pays occidentaux endettés. Il est curieux de voir se répéter, cette fois directement avec l’argent des banques ce qui s’est passé lors de la dernière guerre avec les armes. Comme on sait, l’Allemagne à la conquête de l’Europe a tout simplement contourné ce qui était un ensemble de fortifications destinées à défendre la France contre toute attaque qui viendrait de ce pays. Cette fois aussi, il s’agit de conquérir la même Europe, mais sans autres armes que la monnaie, que ces banques ont commencé à investir subtilement depuis les années 70 en persuadant les dirigeants d’ouvrir leurs frontières aux mouvements financiers. Les règles dites prudentielles qui les gênaient ont petit à petit disparu. La fameuse règle d’or inscrite dans le traité de stabilité est une ligne de défense théoriquement destinée à inciter les pays endettés à diminuer et ensuite supprimer leurs déficits en grande partie à l’origine de ces dettes.

Mais diminuer les déficits suppose plus de rentrées d’argent que de dépenses. Or les dépenses sont productives dans la mesure où elles suscitent des activités économiques, donc des rentrées d’argent dans les caisses de l’Etat. Augmenter les impôts de façon significative en période déficitaire est contre-productif car c’est diminuer le pouvoir d’achat, donc l'activité. En quoi une règle pourra-t-elle inverser ce cercle vicieux ? Comment sortir du piège ? Mais l’Etat dont les caisses sont vides n’ont pas argent disponible pour relancer la machine. Comment faire sinon réemprunter… aux banques qui n’ont d’argent que celui qui provient des remboursements de leurs prêts, que les Etats ont déjà du mal à rembourser. Ce n’est qu’en réempruntant, etc… Ou leur demander gentiment de bien vouloir faire des cadeaux en prêtant de l’argent à faible taux pour que les dettes des Etats n’augmentent pas trop, ou mieux à taux négatif, ce que quelques-unes ont, timidement, commencé à faire pour l’Allemagne et la France. Mais croire que cela peut se généraliser, et en faire autant pour les entreprises et les particuliers est une vue de l’esprit : je ne connais pas de banques philanthropes.

Quant aux sanctions prévues par ce traité, cela frise le ridicule : punir un mauvais élève en lui demandant (gentiment) de payer une amende, n’a pas de sens. Si la somme est peu importante, la sanction sera inefficace. Si elle est importante elle augmentera le déficit, ce qui va à l’encontre du but recherché. Resterait à envoyer la troupe…

Ce traité est simplement de la poudre aux yeux qui cache la panique des dirigeants, empêtrés dans un système dont ils ne peuvent sortir. La seule solution est de revenir à l’ancien système du contrôle des banques par une banque centrale nationale, quitte à nationaliser les plus importantes engagées dans le système de prêts aux Etats et pour relancer l’activité, réinvestir avec son propre argent, la fameuse planche à billets. Quant aux dettes, la masse monétaire en circulation deviendra importante, et l’inflation qui en résultera permettra de rembourser, en « monnaie de singe » les banques non nationales. Un prêté pour un rendu. Il restera à dévaluer notre monnaie nationale, ce qui permettra de donner un second souffle à l’exportation, et arrêter les délocalisations.

Bien entendu on ne pourra compter sur un gouvernement de centre gauche « normal » encore moins de droite traditionnelle qui n’a que le mot de privatisation en tête, pour appliquer un tel programme. Donc seules l’extrême droite, ou l’extrême gauche en sont capables. Avec un gouvernement démocratiquement élu ? Alors messieurs et mesdames nos députés actuels, mesdames et messieurs nos dirigeants, puisque voter ce traité n’a aucune importance, car il sera contourné comme la ligne Maginot, donc non efficace, donnez la parole au peuple par un référendum, vous échapperez ainsi à votre responsabilité comme avec le traité constitutionnel européen (TCE). Si le peuple dit non, vous serez simplement remplacés avant terme à la suite d’élections anticipées. S’il dit oui, vous serez dédouanés pour la suite des évènements. Mais éviter un référendum, c’est reculer pour mieux sauter.


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11 réactions à cet article    


  • armand 22 septembre 2012 09:35

    Hé oui, cette fois-ci et pour la première fois ( et surement la dernière) l fallait voter tout à gauche pour de bon, mais vu que des articles plus futiles sur le sex des anges ont plus d’audience que le votre, je dirais que c’est bien fait


    • Fergus Fergus 22 septembre 2012 10:35

      Bonjour, Peretz.

      Sauf énorme surprise, le TSCG sera voté, cela ne fait guère de doute, malgré la mobilisation annoncée pour le 30 septembre. Une mauvaise nouvelle à venir par conséquent. Mais une mauvaise nouvelle peut en cacher une bonne : il est de moins en moins sûr que ce traité soit appliqué dans toute sa rigueur théorique car il étranglerait définitivement les états en délicatesse avec leur endettement, au risque d’entraîner l’Allemagne elle-même dans de graves difficultés en matière d’exportation.

      La probabilté : le TSCG sera signé, mais comme le prévoit son texte en cas de graves difficultés économiques, ce devrait être pour une application stricte repoussée de quelques années afin de laisser un minimum de souplesse budgétaire aux états de la zone euro. Les Allemands eux mêmes ne seraient, par pragmatisme, plus hostiles à ce scénario mais sans le reconnaître ouvertement dnas la bouche de la Chancellière.


      • Peretz1 Peretz1 26 septembre 2012 22:13

        On est d’accord. Il y a donc une énorme hypocrisie qui cache la soumission des dirigeants au système. Pouvoir ainsi faire plaisir aux agences de notation et aux financiers. Comment pourraient-ils admettre officiellement qu’ils sont en réalité dans une impasse ?


      • Scandalized 22 septembre 2012 10:58

        Si je suis bien d’accord avec votre analyse très juste, en revanche, là ou je ne le suis plus, c’est lorsque vous dites que la seule solution réside dans le choix des extrèmes (de droite ou de gauche). Ce n’est pas vrai. Je ne peut que vous encourager à découvrir Mr François ASSELINEAU et son jeune parti politique l’UPR - Union Populaire Républicaine (www.u-p-r.fr). Ce ne sont pas, à ce qu’il me semble des extémistes, et pour ma part j’adhère à leurs analyses géopolitique trés juste, ainsi qu’à leur vision de ce que sont les partis extrémistes (l’endroit ou le systéme à prévu que les mécontents s’expriment, mais qui, à cause de prises de positions excessives se rendent détestable aux yeux de la majorité et n’auront donc de fait jamais accés au pouvoir). Un système verrouillé et bien huilé, conçu pour contenir le mécontentement...


        • Peretz1 Peretz1 22 septembre 2012 12:08

          Effectivement, en dehors de l’UMP et du PS les partis politiques n’ont pas les moyens de prendre le pouvoir à cause essentiellement de notre Constitution qui favorise le bi-partisme. Il faudrait un jour changer ce système (voir mon site) qui convient à certains pays mais certainement pas à la France.


        • Scual 22 septembre 2012 11:07

          De toute façon quand on sait ce que signifie le traité, il est évident que les ignobles crapules immorales qui le défendent sont capables de tout et ne risquent pas d’avoir de scrupules à le voter en douce... ou en force s’il le faut comme ils l’ont déjà démontré pour la traitrise de Lisbonne.

          C’est comme ça que ça marche dans une dictature, ce qu’est la France.

          Le peuple va t-il se révolté, seule solution pour empêcher ce vote ? Je ne crois pas. Notre situation n’est pas encore assez grave. De toute façon la Grèce a démontré que même un niveau de révolte proche de la révolution n’est pas suffisant, et la France est trèèèèès loin d’en être là. Bref la manifestation ne servira strictement à rien par rapport à ce traité.

          Par contre elle aura une vraie importance politique. On n’arrivera jamais à une révolution, citoyenne ou pas d’ailleurs, sans passer par une montée en puissance et en cohérence du peuple, ce qui implique la multiplication de ces manifestations systématiques pour protester contre chaque trahison. Elles seront de plus en plus importantes en nombre comme en force et cela jusqu’à ce que toute cette colère se déverse dans les urnes.


          • Robert GIL ROBERT GIL 22 septembre 2012 12:43

            ce pacte exige des États membres d’inscrire ces nouveaux critères («  règle d’or  ») dans leur Constitution au plus tard un an après son entrée en vigueur. La règle d’or devra être inscrite «  de préférence » dans la Constitution. À défaut, un texte de loi suffira si sa valeur juridique garantit qu’il ne sera pas remis perpétuellement en cause.........

            bienvenue dans le futur monde ou l’austerité sera l’avenir :
            http://2ccr.unblog.fr/2012/09/13/la-regle-dor-pas-lage-dor/


            • JP94 23 septembre 2012 10:36

              On a cru voter contre Sarkosy et on a élu Barroso .

              Ce qui est sidérant est de voir un gouvernement et des élus pour le changement ( enfin c’était annoncé ainsi ) programmer le renoncement à notre souveraineté nationale ( on délègue la validation du Budget à l’aval de la Commission Europééenne ) et interdire ai peuple de choisir .

              Ce gouvernement veut nous imposer le TSCG sachant qu’on a refusé le TCE en 2005 . Et il veut le faire sans débat ( loi organique ) .

              Ce gouvernement veut nous soumettre aux amendes prévues en cas de dépassement des 0,5% ( là c’est 3%) ... il est intéressant de noter qu’avant 2008 et le sauvetage des banques qu’on nous a imposé , ce déficit était de 1,5% ... on nous endette pour les banques .

              Le problème est aussi que ces règles d’austérité ne peuvent qu’aggraver la situation et nous imposer une spirale infernale de crise systémique .

              C’est un véritable coup de force antidémocratique contre le peuple ...

              On peut bien donner des leçons de démocratie , ça permet de masquer cette sorte de coup d’Etat permanent des institutions financières contre les peuples .

              Qui a vraiment le pouvoir en France et en Europe ?

              L’urgence de notre gouvernement est la mise en place drastique d’une austérité décidée par la Commission européenne , certainement pas les 60 points ajoutés au gré de l’avancée de la Campagne électorale , pour assurer le résultat électoral .

              Mais il y a une campagne nationale du FdG pour exiger la tenue d’un référendum , et il faut donc se battre au lieu de râler vainement . Il y a aussi une manif le 30 septembre .
              Ne renonçons pas à nous battre et à nous exprimer : les choix politiques ne se jouent pas que le jour du scrutin , ils dépendent d’un rapport de force quotidien .


              • cliquet 24 septembre 2012 16:38

                « On a cru voter contre Sarkosy et on a élu Barroso »
                Juste une petite coïncidence :
                Le président actuel (depuis 2002) du groupe des Bilderberg est Henri de Castries (PDG .AXA)
                Sa promo de l’ENA ?
                La promotion Voltaire (1980)
                La même que F Hollande, S Royal, et D de Villepin entre autres
                Ceci n’est que pure coïncidence...


                • Peretz1 Peretz1 30 septembre 2012 18:19

                  Chacun son opinion. Mais dire quel’austérité va sauver l’Europe est une dangereuse illusion. L’histoire nous apprend le contraire. Je dirais, que l’austérité sauve lesprêteurs. Croire à une Europe fédérale est tout à votre honneur. Je crains qu’il faille attendre au moins unsiècle. Il faudrait auparavant imposer une seule langue. Pour ma part je pense qu’il faudrait revenir autraité de Rome qui correspondait davantage à la pensée de Monnet qui serait effaré de voir où on est arrivé. 


                  • Peretz1 Peretz1 30 septembre 2012 19:21

                    Ces fameux comptes publics qui montent à la tête de beaucoup de gens impressionnés par les chiffres ! « Ils sont presque fous ceux qui croient qu’on gère un pays comme une entreprise » Adam Smith.

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