Le prix des carburants va atteindre, c'est une question de jours, le niveau de 2008. Puis le dépasser, probablement très largement. Vous entendez dire ici et là que le pétrole augmente, augmente, augmente... S'agit il, comme certains vous l'affirment, d'une bulle conjoncturelle due aux évènements du maghreb, en particulier de Libye, ou au contraire d'une tendance lourde ? Est ce là la seule et unique raison de cette envolée ?
Qu'en penser et comment se positionner en termes d'investissements ?
Le prix du pétrole augmente, certes. De manière explosive ? Non. Peut on penser que les éléments régulateurs qui ont calmé l'envolée de 2008 peuvent à nouveau fonctionner ? Hélas, trois fois hélas, NON. Faut il nous attendre, dès lors, à voir le coût des carburants fossiles rester longtemps à un niveau excessivement haut ? Si la fiscalité actuelle se maintient, oui ! Quels sont les éléments qui permettent d'affirmer cela ? L'effet conjugué de l'augmentation de la demande chinoise, de la crise des pays arabes, de la baisse de l'euro, des freins mis sur les carburants « verts » et du déballonnage du mythe des réserves saoudiennes.
Cette seule donnée (l’accroissement de la consommation de la Chine) a suffi à provoquer la surchauffe de 2008. Pourtant, la consommation n'était pas au point où elle en est actuellement. Cette simple donnée suffit à assurer une augmentation des cours. La consommation pétrolière chinoise ne saurait être déclinante. A échéance de quelques mois (un ou deux ans tout au plus) la Chine deviendra le premier consommateur de pétrole. Son mode de négociation avec certains pays pétroliers est particulier. Il inclut la fourniture de pétrole dans des accords plus larges concernant le transfert de technologie, l'équipement en infrastructures ferroviaires ou télécoms comme c'est le cas par exemple en Libye. La diplomatie chinoise est très active auprès des pays arabes. Les accords qui viennent d'être signés avec l'autorité palestinienne prévoyant la livraison pour 5,5 millions de dollars de matériel sont à inscrire dans ce cadre. Une partie de ses approvisionnements ne se font donc pas au cours du marché. Enfin, la Chine est une fabuleuse réserve de dollars. L'envolée des cours ne l'impactera pas de la même manière que l'Europe.
Les révoltes arabes ne touchent pour l'instant que la Libye, en termes de pays pétroliers. Nous voyons d'ailleurs avec quelle vigueur certains pays occidentaux réagissent. L'impact sur les cours n'est pas fondamental. La crise, très visible, permet aux medias occidentaux de présenter une « jolie histoire » au public affolé par l'explosion des prix. La dramatisation de la situation libyenne permet aussi de transmettre un message « fort » aux autres pays producteurs.
La baisse de l'euro joue pour beaucoup dans l'explosion des prix à la consommation. L'euro fort avait en 2008 protégé les consommateurs français de l'augmentation du pétrole. Cette barrière, à la suite de l'endettement faramineux de la plupart des États européens et de l'engagement de solidarité qui les lie désormais, n'existe plus. L'Euro plonge. Cette plongée, qu'aucun Président de BCE ne veut entériner, est malheureusement un tendance à moyen terme. Cette donnée est un facteur aggravant dans l'augmentation des produits pétroliers auprès des consommateurs.
Les « carburants verts » ne prennent pas le relai en Europe. La production de carburants d'origine végétale est parfaitement maitrisée depuis la seconde guerre mondiale. Certains pays, comme le Brésil, en ont fait un de leurs moteurs de croissance. Mais voilà, le lobby « écolo », dont il est raisonnable quelques fois de se poser la question des liens avec le lobby pétrolier, s'est mis en travers de son développement en Europe. « Appauvrissement des terres », « paupérisation des producteurs » furent les deux axes de leur argumentation. Quand nous voyons le nombre d'agriculteurs obligés de mettre la clef sous la porte chaque année et la surface des terres en jachère (surveillées par satellite...) que supporte notre continent, nous sommes bien obligés de parler de trahison. Il y a là une ressource inexploitée par unique raison politique. Les carburants verts ne sont pas en mesure d'alléger nos importations.
En 2008, la crise fut désamorcée par une augmentation de la production saoudienne. Cette augmentation eut lieu à la demande des USA pour stabiliser les cours. L'Arabie Saoudite avait la réputation d'être une des plus importantes réserves mondiale de brut. Dans l'esprit de tous, elle pouvait maintenir une production élevée le temps qu'il fallait pour calmer les ardeurs de plus actifs. Seulement voilà, depuis, il y eut Wikileaks et ses révélations. Les fameuses réserves saoudiennes sont pipeau. Elles ont été volontairement surestimées de plus de 40%. Non, l'Arabie Saoudite ne peut plus augmenter considérablement sa production pour jouer sur les cours à la demande de son « allié » américain. Même si elle le tentait, elle ne serait plus prise au sérieux par les marchés. L'oncle Sam a-t-il une autre carte dans sa manche ? Rien ne le laisse supposer pour l'instant. Après avoir servi fidèlement à chaque crise depuis les années 70, l' Arabie saoudite n'est plus en mesure de limiter la hausse des cours.
Vous l'avez compris, nous sommes en face d'une crise majeure. Peut être de « LA » crise, le fameux « peak oil » que certains analystes nous prédisent depuis tant d'années ! Face à cette crise, l'Europe, dont les institutions sont plus préoccupées par les discriminations que les problèmes énergétiques, est totalement absente. Aucune stratégie commune, aucune mise en commun des ressources, aucune négociation commune avec les pays producteurs. Pire, et l'exemple de la construction du gazoduc en provenance de Russie en est la preuve, les différents pays européens se tirent dans les pieds.
Quelle est la variable qui puisse limiter la casse pour le consommateur ? Une seule réponse : La TIPP. Vous savez que plus de 80% du prix du carburant sont des taxes. Seule la réinstauration du processus de « TIPP flottante » mise en place en son temps par Laurent Fabius peut permettre de réduire l'augmentation astronomique du prix des carburants. Pour l'instant, le gouvernement ne s'oriente pas vers cette solution. Il semble vouloir gérer les problèmes au cas par cas en multipliant les régimes d'exception. Assistance aux « ménages défavorisés », incitation aux travaux d'économie d'énergie, défiscalisation d'une partie des carburants pour les professionnels, etc etc... Je ne crois absolument pas en l'efficacité de cette méthode qui, nous le savons bien, ne fait qu'accroitre les différences, génère des coûts d'exploitation et nécessite de permanentes mises en ligne si elle est amenée à se pérenniser.
Que faire ?
Mise en place de la TIPP flottante
Relance d'un véritable plan de production des carburants d'origine végétale et animale (le développement de la biométhanisation devant s’inclure)
Mise en place d'un plan de développement du ferro routage. Avec les entreprise privées s'il le faut, puisque les syndicats de la SNCF bloquent le dossier depuis des années.
Création d'une agence européenne d'approvisionnement énergétique qui négociera, comme le font les USA et la Chine directement avec les pays producteurs, dans le cadre d'accords globaux.
Je rêve ? Alors commencez à planter vos patates parce que l'ère de l’autosuffisance arrive....

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Le péripate, pour un libertarien vous manquez de logique. Expliquez-moi quelle est la (...)
08/03 20:18 - ProudhonC’est vrai ça. On a oublié l’Orgone de W. Reich. Sinon les gars de chez Groland (...)
08/03 20:13 - Proudhon@Proudhon Vous êtes dans la lignée de l’auteur, la vulgarité en plus.
07/03 12:45 - epapelEntièrement d’accord. 1l de carburant détaxé coûte 0,5€ et 1l d’eau en (...)
07/03 12:40 - epapel@Proudhon Je n’ai rien inventé bien évidemment. Je reproche seulement à l’auteur (...)
07/03 12:27 - epapelLe meilleur moyen de réduire la facture énergétique des transports, c’est de réduire la (...)
07/03 12:22 - epapel
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