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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Espagne dans la tourmente

L’Espagne dans la tourmente

En une année, le budget espagnol est passé d’un excédent de plus de 5 milliards d’euros à un déficit de près de 5 millards et l’Espagne, qui subit très sévèrement la crise de l’immobilier, risque d’entraîner avec elle certains autres pays européens. Une des entreprises du bâtiment espagnoles les plus importantes, Matinsa-Fadesa, a annoncé la semaine dernière son incapacité à honorer ses dettes estimées à 5 milliards d’euros et s’est aussitôt mise en liquidation judiciaire. Le P.I.B. du pays devrait péniblement se situer autour de 1,8% après une performance à 3,8% en 2007 et le taux de chômage espagnol devrait également s’y avérer le plus élevé d’Europe atteignant 11% en 2009...

L’Espagne est un cas d’école démontrant la mission quasi impossible de la Banque centrale européenne consistant à maintenir au sein de la zone Euro une politique monétaire se voulant harmonieuse. Ce pays, qui avait néanmoins pleinement profité dans le passé de la politique de cette même BCE, est à présent tiré vers le bas dans le contexte que l’on connaît d’augmentation des prix généralisée de l’énergie, des matières premières et des denrées alimentaires. En effet, l’Espagne a largement bénéficié jusqu’à un passé assez récent d’un environnement européen de taux d’intérêts bas, en partie grâce à la machine allemande, que la taille de l’économie espagnole n’aurait jamais pu assumer sans le parapluie de la BCE. Cette politique du crédit à bas prix ayant à son tour permis l’accélération des marchés immobilier, automobile et du petit crédit. A elle seule en 2006, l’Espagne a construit 700 000 nouvelles maisons, soit plus que l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne réunies ! Encouragés par des établissements de crédit locaux qui accordaient des crédits allant jusqu’à 100% même aux nouveaux arrivants d’Amérique du Sud, les investissements immobiliers ont représenté 10% du P.I.B. espagnol en 2006.

L’Espagne ne peut donc plus se payer le luxe de taux d’intérêts élevés mais la politique monétaire européenne n’est pas décidée depuis Madrid mais depuis Francfort et la BCE, qui se bat comme Don Quichotte contre le spectre de l’inflation, ne mettra pas en péril sa stratégie pour relancer l’Espagne... qui pourrait néanmoins opposer à la BCE l’argument légitime et valable selon lequel c’est précisément le contexte antérieur de taux bas voulus par M. Trichet et ses acolytes afin de permettre la croissance de la zone Euro qui a autorisé l’emballement et la surchauffe de l’économie espagnole...

De fait, les banques espagnoles sont sinistrées suite à la déconfiture de Matinsa-Fadesa et les banques européennes qui ont commencé en mai dernier à se débarrasser de leurs créances hypothécaires douteuses détenues sur le marché espagnol pourraient également être prises dans la tourmente. De plus, la crise immobilière espagnole est susceptible de contaminer des pays fragilisés comme l’Italie et l’Irlande. A ce sujet, souvenons-nous que le dernier ralentissement économique européen survenu en 2001-2002 a précisément pu être surmonté en grande partie grâce à la croissance spectaculaire de pays ayant fortement profité du boom immobilier comme l’Irlande et l’Espagne.

Qui sera la locomotive européenne en 2008-2009 ?


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26 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 25 juillet 2008 10:07

    Il convient de rappeler que les espagnols sont propriétaire de leur logement et que la politique de construction à permis durant des années une forte croissance économique.

    L’Espagne ce n’est pas les USA et même si la BCE à monté ses taux,les espagnols ne seront pas à la gorge.

    Dans la mesure ou un cycle se termine,celui des habitations il est évident que l’activité BTP se réduit

    La relance économique que le gouvernement espagnol vient de faire est une bonne chose car elle permet d’attendre que l’environnement économique de la crise des prix élevés du pétrole et des matières premières redescendent

    C’est la cas actuellement

    L’Espagne est un pays moderne quand on regarde la France ou des centaines de milliers de français ne peuvent pas acheter ou se loger en France par l’intermédiaire de banque qui ont trop de contrainte étatique à appliquer pour donner un crédit


    • Zalka Zalka 25 juillet 2008 10:53

      Il convient également de rappeller que lorsque Boutin est partie faire un tour en Espagne pour savoir comment diable les espagnols réussissaient à avoir tant de propriétaires, son homologue espagnole souhaitait en profiter pour savoir comment diable les français réussissaient à avoir tant de locataires.

      Bizarre hein ?! Voilà des gens qui ont parfaitement réussi (alors qu’on France, on merde tout, c’est bien connu) qui cherche à "déréussir". Peut être parce que la conséquence de ce grand nombre de propriétaire, c’est des espagnols qui quittent papa maman à 30, marié et 2 enfants avec un crédit sur 60 ans.


    • Alpo47 Alpo47 25 juillet 2008 10:21

      Lerma, lorsque vous achetez à crédit, c’est votre banque qui est propriétaire, et si vous ne pouvez plus rembourser, elle viendra vous le rappeler...

      Bon, 5 milliards d’euros de déficit annuel, c’est une broutille. Nous, on a fait 41 milliards  POUR LE DERNIER TRIMESTRE.

      Quand aux chiffres officiels du chomage, c’est une tartufferie. La réalité de personnes sans emploi ne doit pas être loin du double.


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 25 juillet 2008 10:33

        L’Espagne, ce n’est pas se pays qui a créé un monstrueux appel d’air à l’immigration clandestine en donnant un permis de séjour à des centaines de miliers de clandestins ?

        Avec 11% de chomage, devniné donc où vont fuir ces personnes dont l’Espagne ne voudra plus et qui seront concurencer pour le travail, par des clandestins qui n’ayant pas de carte de séjour seront donc moins cher.


        • snoopy86 25 juillet 2008 10:50

          Bonjour à l’auteur et merci

          Les banques espagnoles, à l’image des banques américaines, sont beaucoup plus responsables que la BCE de la crise espagnole, n’ayant adopté en matière de crédit aucune des régles prudentielles des banques françaises :


          -  Elles ont accordé quasi-exclusivement des crédits à taux variables


          - financé l’immobilier en prenant comme seul critère la valeur des bien financés ( voire leur potentiel de hausse ) sans tenir compte de la capacité de remboursement des emprunteurs. Il est fréquent aujourd’hui en Espagne de trouver des ménages dont la charge d’emprunt représente plus de 50% du revenu.


          • snoopy86 25 juillet 2008 11:07

            j’ai oublié de parler de la durée des crédits ( 50 ans !!!! devenu fréquent )...


          • Yvance77 25 juillet 2008 10:56

            Ah M’sieur que foutez vous là ? Ce serait bien si vous et des Forest étiez dans des ministères en lieu et place, de guignols vissés à leurs maroquins depuis des décénnies, et, pour lesquels il n’y a plus rien à attendre.

            Vos efforts de pédagogie dans vos posts sont salutaires.

            Sinon je sais pas si vous avez un passé de magicien, mais vous pouvez faire quelque chose pour lerna ? Là la comprennette un peu lente le garçon !

            A peluche

            Ps : vivant en Irlande, de l’année dernière à celle-ci, il est incroyable de constater la claque prise en 12 mois. Un pouvoir d’achat flanqué à terre en si peu de temps donne des frissons.


            • tvargentine.com lerma 25 juillet 2008 10:57

              Pourquoi vouloir prendre les espagnols pour des imbéciles ????

              Vos arguments sont du niveau d’un racisme de bas étages envers un pays qui est au niveau des plus grands pays européens

              La différence c’est que la richesse produite en Espagne ne sert pas à payer 5 millions de fonctionnaires et leurs avantages "acquis" mais de permettre à tous d’avoir la possibilité de devenir propriétaire.

              Les "HLM" ne sont donc plus des favelas car les personnes propriétaires respectent leur environnement ensuite l’activité économique est beaucoup plus dynamique et il suffit de se promener dans les rues de BARCELONE et de comparer l’activité économique avec "les rues sales de Paris" pour comprendre qu’en France trop de contraintes administratives ont détruit le commerce laissant curieusement la place aux mono-activités utilisatrices d’esclaves en situation irrégulières !

              Pourquoi croyez vous que tous les week-end des habitants d’Ile de France vont faire la fête en Espagne ?

              La modernité est en Espagne aujourd’hui,Paris c’est une ville de bobos et en plus c’est sale


              • Zalka Zalka 25 juillet 2008 13:26

                Ok, autant le premier commentaire, il y avait quelque chose de constructif et on pouvait y répondre normalement. Autant là... Ta Gueule Lerma.


              • fonzibrain fonzibrain 25 juillet 2008 11:33

                à l’auteur
                les mises en chantiers sont passé de 900 000 ya deux ans à 300 000 cette anné
                l’éconoie espagnole atterit difficillement
                la recession pointe son nez


                Au dernier trimestre 2007, le taux de chômage est remonté pour la première fois en cinq ans - de 8 % à 8,6 %. Les entreprises de construction licencient à tout-va. Les mises en chantier de logements devraient tomber de 700.000 en 2006 à 450.000 en 2008. Les promoteurs auraient 500.000 appartements à vendre sur les bras. Les ménages surendettés, parfois à quarante ans, peinent à rembourser leurs emprunts à taux variable. Et le prix prohibitif de l’immobilier dissuade les primo-accédants. Les grandes firmes de BTP, qui s’étaient lancées à la conquête de l’Europe, revendent leurs actifs à qui mieux mieux pour éviter la faillite. La bulle est en train d’éclater.

                Le principal talon d’Achille de l’Espagne, c’est la construction, qui a représenté 16 % de son PIB et 20 % de l’emploi. Peu à peu, ce secteur, pilier de l’économie, s’affaisse, alors que la bulle immobilière commence à se dégonfler. La semaine dernière, le FMI a estimé que le logement, dans le pays, était surévalué de l’ordre de 20 %. « La bulle immobilière fait que l’Espagne est particulièrement vulnérable à la crise mondiale », a déclaré dans El País ce week-end Alan Greenspan, ancien directeur de la Réserve fédérale américaine. L’an dernier, la moitié des sociétés immobilières ont déposé leur bilan. Depuis janvier, pas une semaine ne se passe sans que d’autres connaissent le même sort, comme ce fut le cas, récemment d’Encoval, de Labero ou Llanera, dans la région valencienne. La puissante Martinsa soupire de soulagement alors que ses créditeurs viennent in extremis de reconduire sa dette de 5,1 milliards d’euros. Sur la côte valencienne, un autre symbole de la prospérité issue du ladrillo (la brique), est en sursis : le vaste complexe résidentiel Marina d’Or, de Jesus Ger, qui vaut 6 milliards d’euros (40 000 logements, 6 hôtels, 3 terrains de golf), a vu ses ventes chuter de 60 %, et a mis à la porte 1 000 salariés. Et le pire serait à venir… Car la récession immobilière suppose un coût social aux lourdes conséquences. Jusqu’alors, on construisait 800 000 logements par an - soit plus qu’en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne réunies. On parle pour l’an prochain de 300 000 seulement. D’après BBVA, cet effondrement va supposer à moyen terme 400 000 suppressions d’emploi, une main-d’œuvre que les autres secteurs auront du mal à absorber. Si bien que le chômage, qui ne cesse de baisser depuis quinze ans (autour de 8 % de la population active), pourrait frôler 10 % en 2009, craint la banque d’Espagne.



                le leap 2020 affirme que l’espagne va vivre ue recession très dure


                • Yvance77 25 juillet 2008 11:47

                  C’est drôle lors de la lecture de commentaires de lerna et fonzi, on se dit qu’un des deux semblent plus au fait de l’actualité que l’autre ?

                  Si lerna avait été un avant centre dans une équipe de foot sur une carrière pleine c’est zéro but. Toujours hors jeu cette buse.

                  Merci fonzi pour cet éclairage. Y a pas  à dire l’Union Européenne pète le feu !

                  A peluche


                • manuelarm 25 juillet 2008 22:14

                  De bonne faire en perspective pour s’offrir un chateau en espagne.


                • Lisa SION 2 Lisa SION 25 juillet 2008 11:48

                  Voilà bien résumé, ce qui attend chaque pays artificiellement bati sur une évolution non fruit du travail des citoyens, mais de la conjonction des spéculations hasardeuses et victime des mouvements des capitaux. Les pays qui s’en sortiront le mieux sont ceux qui ont plus misés sur la stabilité durable que sur la croissance explosive.


                  • Bois-Guisbert 25 juillet 2008 11:55

                    Il est dommage que l’auteur n’ait pas abordé le problème supplémentaire posé par des centaines de milliers d’immigrés, sans qualification et désormais sans avenir, recruté prétendument pour faire le "sale travail" que les Espagnols ne voulaient pas faire !


                    • Emmanuel W 25 juillet 2008 13:51

                      Retour de bâton mérité conséquement à l’optimisation du facteur croissance, par le BTP.

                      Bilan : bétonnage à outrance et ruine des ménages.

                      Le problème des dogmatistes de la croissance, c’est qu’aucun état stable, même idyllique, ne leur est satisfaisant. Les cons. 


                      • Forest Ent Forest Ent 25 juillet 2008 16:23

                        Le problème espagnol actuel n’est pas lié aux taux bas, qu’il y a eu partout, mais à la manière dont ils les ont utilisés : à l’anglaise, sans ratios de solvabilité. Aznar avait lancé une "grande politique immobilière".

                        Ce que l’on constate aujourd’hui en Irlande, Espagne, UK, est la même chose qu’aux US : les conséquences d’un emballement de la dette privée qui n’est plus assise sur une capacité à la remourser. Le bon indicateur des désastres à venir est le ratio dette des salariés/revenu brut disponible des salariés.

                        Mais, contrairement à ce qu’ont fait les GSE US, il faut en examiner l’homogénéïté. En effet, l’explosion des inégalités fait qu’un ratio global médiocre peut en fait être catastrophique pour une partie significative de la population, celle justement qui a la plus forte "élasticité de la demande au salaire".

                        En tout cas, ce n’est pas comme s’il y avait eu une surprise.

                        La suite des événements est tout aussi claire : nous abordons la phase où ces petites vicissitudes vont finir par avoir raison de la demande de consommation. Que cela soit rapide ou lent, c’est le grand krach. Il faudra ensuite pas mal d’années pour purger le système.


                        • Yvance77 25 juillet 2008 18:18

                          Trés juste Forest, je travaillais l’an dernier sur Dublin et j’avais quelques camarades qui se sont couplés et ont basculés dans l’achat de maison.

                          A ce jour, valeur du bien en constante baisse, prix qui ont grimpés, solvabilité des ménages en berne... je noircirais pas le tableau plus

                          Le plus triste car je les aime bien c’est que ces vénezuliens ou polonais pensent maintenant à faire le chemin inverse.

                          Mais ils sont coincés de toutes parts.

                          Les lendemains chantent ... pas pour tous.

                          A peluche


                        • Forest Ent Forest Ent 25 juillet 2008 18:45

                          D’un autre côté, quand on voyait une vieille maisonnette en brique dans un coin pourri de l’estuaire de la Liffey à plus d’un million, on pouvait se douter de quelque chose...

                          J’ai passé 2006 et 2007 à répéter "n’achetez pas de pierre" à qui voulait l’entendre. Mais chacun fait ses choix...


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 juillet 2008 17:21

                          Bonjour,

                          Soyons optimiste, des locomotives en Europe, il y en a
                          Chypre, Malte, la Slovénie... et la Chine


                          • jeanclaude 25 juillet 2008 18:39

                            Merci de cet article. J’étais encore à citer l’Espagne et l’Irlande comme économies réussissant mieux que la France.


                            • Marc Bruxman 25 juillet 2008 19:12

                              En une année, le budget espagnol est passé d’un excédent de plus de 5 milliards d’euros à un déficit de près de 5 millards

                              Et pendant ce temps en Bolchévie (pardon en France), alors que les Espagnols ont un déficit de 1 Kerviel€, nous on donne dans les 7.6 Kerviels€... Mais nous on est pas dans la merde hein ! ! ! D’ailleurs on trouve encore des extrémes-gauchistes pour dire que l’état devrait claquer encore plus de thune en trucs sociaux. 


                              • manuelarm 25 juillet 2008 22:23

                                la comparaison est trop facile, mais il est vrai que même ramener au PIB on fait prie qu’eux, si on prend les chiffre 2007 cela donnerai plus 2% de deficit pour la france et même 0,5% pour l’espagne.


                              • wesson wesson 25 juillet 2008 23:13

                                "nous on donne dans les 7.6 Kerviels€..."

                                7.7 Kerviels€ !
                                n’oubliez pas le 0.1Kerviels€ que le chef de l’état Français (un bolchévique bien connu) a fait donner à Monsieur Tapie !


                              • Christoff_M Christoff_M 29 juillet 2008 01:57

                                madame Boutin nous invente la maison pour pauvre à 15e...

                                réendetter les ménages, relancer la consommation voila le but de l’Europe des financiers
                                actuelle...


                                • Christoff_M Christoff_M 29 juillet 2008 02:20

                                  ah au fait certains ont avancé 50ans de durée de crédits et bien en Espagne on est passé à soixante !!

                                  question que se passe t il si la personne meurt avant et qu’elle n’a pas de descendants pour éponger...


                                • donino30 donino30 29 juillet 2008 22:57

                                  Information intéressante mais pourquoi remettre des couches et des couches sur la BCE. Le spectre de l’inflation n’est pas un mythe, nous vivrons tous assez longtemps pour nous en rendre compte de nos yeux, cela ne fait guère de doute car elle est déjà largement amorcée ! L’énormissime erreur de la plupart des économistes d’agvox est de considérer le taux directeur et le niveau de l’euro comme des leviers, alors qu’il s’agit avant tout d’indicateurs de santé. Laissez les gouvernements jouer avec ces leviers en plastique, vous verrez ce qu’ils en feront...

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