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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Etat, Deus economicus ?

L’Etat, Deus economicus ?

La crise économique a réhabilité l’importance de l’Etat dans l’économie, rôle assumé par Nicolas Sarkozy, aidé par le silence des libéraux. Or, cette nouvelle présence ouvre la Boîte de Pandore de l’intervention, dont les nouveaux contours n’ont pas été fixés, et posent la question du devenir de nos fleurons nationaux.

Volontairement réduite depuis trois décennies, l’importance du rôle de l’Etat dans l’économie est réapparue au grand jour avec la grave crise financière qui touche l’Europe. Il ne s’agit pas de l’Etat-entrepreneur, ni même l’Etat-capitaliste ou interventionniste, dont les modèles se sont affaiblis ou ont disparu avec la libéralisation des marchés, mais d’un Etat-pompier que l’on appelle à la rescousse. C’est ce caractère d’urgence et de dernier recours qui rend son action incontestable.

 

Hormis la volonté des dirigeants politiques de protéger les épargnants et le système financier, les prises de contrôle des banques par les gouvernements européens ont montré que, finalement, seul l’État incarne l’intérêt général plutôt que la somme d’intérêts particuliers. L’exemple du gouvernement des Pays-Bas est frappant : il a nationalisé les actifs bataves de la banque belgo-néerlandaise en faillite Fortis afin de conserver un acteur bancaire sous pavillon national. Et si la Belgique et le Luxembourg ont trouvé une solution de marché en vendant, sauf rebondissement, leurs actifs respectifs dans Fortis à BNP Paribas, ces deux Etats ont pris une participation minoritaire dans la banque française afin d’y garantir leurs intérêts nationaux.

Cette intervention circonstancielle crée un précédent pour d’autres activités. Surtout dans l’esprit, car les textes existent déjà, notamment l’aide unique autorisée par Bruxelles pour sauver une entreprise en échange d’une lourde restructuration. Au-delà des difficultés actuelles, l’étape suivante de la crise sera la recomposition de certains secteurs, dominés à l’avenir par un nombre restreint de sociétés. Le domaine de la banque est par définition spécifique, puisqu’il participe au financement de l’économie. Mais la défense des intérêts nationaux porte a fortiori sur une industrie fragilisée par la chute des cours de bourse et les restrictions au crédit. En effet, 28 valeurs composant le CAC 40 sont des établissements industriels, et 33 parmi l’indice européen Dow Jones Euro Stoxx 50. Le maintien de leur base industrielle, commerciale, et intellectuelle est un moteur pour notre pays, sans compter l’apport fiscal de ces entreprises. C’est ce qu’entendait en 2005 de façon pragmatique Dominique de Villepin, par patriotisme économique.

Politiquement, industriellement, et budgétairement, la prise de participation ne peut être qu’exceptionnelle. En revanche, la nomination de commissaires du gouvernement au sein des entreprises aidées est une meilleure garantie de l’application de plan de sauvetage, tout comme ils représentent déjà l’Etat dans les sociétés relevant de secteurs stratégiques. D’ailleurs, la menace de nationalisation des banques et la nomination d’une dite médiation du crédit n’ayant été que des épiphénomènes, il aurait été souhaitable que Nicolas Sarkozy affirme son volontarisme en recourant à ces commissaires pour contraindre les banques à respecter leurs engagements : renflouement des établissements en échange d’accords de prêt aux acteurs économiques.

La présente crise est propice à l’affirmation du patriotisme économique, en particulier lors d’opportunités futures (fusions, restructurations, faillites). Ce principe a également l’avantage d’être déclinable sur d’autres thèmes, en particulier celui de l’emploi, dont le marché s’est fortement dégradé dernièrement. Et permet, sans remettre en cause nos choix libéraux, de restaurer le rôle de la puissance publique dans un contexte où critiquer le « laisser-faire » et le capitalisme est devenu facile. D’autant plus que la famille libérale, actuellement silencieuse, est la seule qui puisse assumer cette apparente contradiction en vantant les bienfaits du marché tout en faisant preuve de la responsabilité politique et d’intérêt national.


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24 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 15 janvier 2009 13:32

    @P.Renève

    Chapeau ! smiley


  • Candide 15 janvier 2009 12:33

    à l’auteur

    "La crise économique a réhabilité l’importance de l’Etat dans l’économie, rôle assumé par Nicolas Sarkozy, aidé par le silence des libéraux. Or, cette nouvelle présence ouvre la Boîte de Pandore de l’intervention, dont les nouveaux contours n’ont pas été fixés, et posent la question du devenir de nos fleurons nationaux".

    Hors l’État, point de salut ?
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=47406


    • LE CHAT LE CHAT 15 janvier 2009 12:42

      ben voyons ! heureusement que les libéraux sont là pour nous sortir de la crise et qu’ils agissent par patriotisme ! il y a pas plus de patriotisme que de lapins dans le chapeau ! ces gens sont des rapaces qui agissent pour leurs interêts particuliers au dépends du commun des mortels ! ces pourquoi les pantins politiques dont ils tirent les ficelles ont donné aux banques et aux industriels complices tout ce qu’ils voulaient alors que l’immense majorité devra payer au prix fort le prix de leur rapacité .Ces gens aux comptes off shore n’ont pas plus de frontière que de patriotisme , il s’arrête à leur porte monnaie ! smiley


      • 1liberal 1liberal 15 janvier 2009 15:51

        La famille libérale est grande et pas forcement homogène. Pour ma part je ne suis pas un patriote, et si j’admet que l’Etat puisse intervenir en cas de crise pour préserver la stabilité du système, je considère la tentation protectionniste comme un risque de dérive de l’Etat susceptible d’entretenir les accointances malsaines entre la sphère public et la sphère privée.

        Mettons l’accent sur des structures supranationales comme l’Europe, l’OMC, la BRI, pour établir un cadre commun, et appliquons le principe de subsidiarité dans respect de l’égalité en droit. Les mesures supposées ciblées peuvent être utiles doivent rester l’exception.


        • Papybom Papybom 15 janvier 2009 17:50
          N’oublions pas l’histoire. 
          Le krach américain d’octobre 1929 provoque la chute de l’économie dans le reste du monde. Au début des années 30, l’équilibre mondial est détruit, laissant place à des pays cloisonnés en proie à des nationalismes exacerbés et concurrents.

          • Salade Salade 15 janvier 2009 18:57

            Le silence de la famille libérale vient peut être du fait que leurs idées sont tellement bien ancrées dans la société qu’elle n’a pas eu besoin de dire ou demander quoi que ce soit.

            Son principe fondateur : "Privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes" a été appliqué à la lettre avec un enthousiasme sans faille par ses laudateurs à travers le monde d’un même élan.

            Et je doute du patriotisme économique des libéraux si leur intérêt les mène ailleurs !


            • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 19:52

              bonjour julien

               bon commentaire qui justifierai de longs échanges la variété de la pensée libérale offre un éventail de comportements qui peuvent aller de l’altruisme protestant au capitalisme sauvage ou de la mise au point juive, les marchands du temple, aux temples de la consommation capitaliste.

              Dans l’économie nous en sommes arrivés, à considérer toutes interventions de l’État citoyen comme parasitaire, et considérer la revendication collective comme inopportune, parce qu’elle contrarie notre quotidien discipliné.

              Dans cet ordre d’idée, celle de gérer la société comme une entreprise est souvent avancée. C’est sous une certaine forme la reconnaissance de l’aptitude des dirigeants d’entreprises. Pourquoi pas ?

               Mais les inaptes, les incompétent, les licenciés, les « en trop », nous les rejetterions à la mer ? Un jour j’ai osé dire dans une réunion qui m’excédait, si nous irions jusqu’à créer des fours crématoires pour ces « en trop », le silence de mort qui s’en suivit fut éloquent.

              Certes en disant cela, seulement pour dire qu’il y a des limites à la comptabilisation de l’existence, je voulais signifier au travers de cet épisode dramatique que son enseignement doit dépasser le seul cadre dans lequel il s’est exercé ; et que notre aptitude à écarter ce qui nous paraît hostile au fonctionnement d’une organisation systémique, peut nous entraîner vers des choix de solutions radicales.

              En effet, dans l’organisation économique nous avons besoin de repères et d’ordres de grandeur, mais quelles que soient les constructions abstraites que nous bâtirons pour cela, elles ne peuvent tenir lieu de finalité, car elles ne seront jamais une finalité.

              Notre existence va de 0 à l’infini, et nous pouvons y définir (nous y sommes même astreints), tout au long d’elle, des repères pour savoir où nous sommes. Pour autant, ils n’ont et n’auront de valeur que celle issue de notre réflexion, sauf à démontrer qu’ils constituent une régularité universelle.

               

              Mais rien ne nous empêche, comme nous le faisons, d’organiser toutes les compétitions que nous voulons, et de nous convaincre des certitudes comptables comme d’un leitmotiv.


              • gdm gdm 15 janvier 2009 22:29

                @Julien Arnoult
                En France, aucun politicien national n’est libéral. Et peu de médias s’informent des analyses des rares représentants francais du libéralisme. Mais, contrairement à ce que vous dites, les libéraux francais ne sont pas silencieux. Il vous suffira de les lire sur les sites où ils s’expriment. Puisque vous êtes journaliste, lisez les universitaires libéraux et les think-tanks libéraux ou proches des libéraux. Faites google sur "pascal salin" sur "jacques garello" sur "francois guillaumat", "georges lane", "aleps", "libres.org". Lisez aussi les "4 verites". Lisez aussi les commentaires de Alain Dumait, journaliste économique, sur cette crise de 2008.

                La monnaie est un monopole étatique. Même lorsque l’Etat en délègue la gestion à une Banque Centrale, la monnaie reste un monopole étatique étroitrement géré sous la responsabilité de l’Etat. L’échec du fonctionement du marché interbancaire a marqué un échec évident de la gestion de la monnaie étatique.

                Le blocage du marché interbancaire fut déclenché par la crise des "subprimes". Cette crise des subprime provient d’une décision, en 2003, de Freddie mac, agence de l’Etat américain, qui a garantit imprudemment les crédits subprimes. Cette décision de Freddie mac a permis aux banques commerciales d’accepter de vendre des crédits subprime. Or c’était une prise de risque très importante, mais qui semblait garantie par l’Etat américain.

                La crise de 2008 est un échec des monnaies étatiques. Les libéraux francais soutiennent la concurence des monnaies sur le même territoire. Aujourdhui l’Etat interdit la circulation de multiples monnaies. Les libéraux francais sont opposés à l’euro, à Mastricht et au super-Etat européen.


                • JL JL 16 janvier 2009 00:08

                  Tiens ? je ne savais pas que j’étais libéral !  smiley

                  gdm, le monsieur qui affirme sans rire que ""un billet contient l’obligation du banquier envers l’usager""  :-))


                • Gandalf Tzecoatl 16 janvier 2009 10:07

                   La crise 2008 gdm, c’est la crise d’un libéralisme dont la finalité était de faire du fric à tout prix en mettant à mort la civilisation.

                  Pour vous gdm, un homme existe lorsqu’il fait du fric. Pour moi, il existe quand il a autre chose de plus important à faire à ses yeux.

                  Votre réserve fractionnaire est au capitalisme ce que le stakhanovisme était au communisme : un mensonge de la réussite.

                  Inutile de nous mitonner une sousoupe anti-monnaie sensément d’état afin de nous vendre par dessous de la monnaie privée, je ne pense pas qu’ici beaucoup tombent dans le panneau. Si les acteurs privés de la banque souhaitent réellement cela, il va falloir qu’elles montrent patte blanche pendant 100 ans : autant rire, c’est largement au dessus de leurs forces, rongées par leur avidité décomplexée.





                • gdm gdm 16 janvier 2009 12:19

                  @JL
                  Vous dites que vous seriez libéral. J’en doute. Si vous respectez le droit de propriété, c’est à dire que vous renoncez à prendre un bien qui ne vous appartient pas, alors vous êtes peut-être libéral. Si vous refusez le recel d’un bien volé à autrui, alors vous êtes peut-être libéral. Si vous pensez que dans un échange volontaire, l’un spolierait l’autre, alors vous n’êtes pas un économiste.

                  Si vous pensez que l’Etat n’a pas à intervenir dans un contrat qui a eu l’accord des deux individus responsables, alors, vous êtes peut-être libéral.

                  Vous semblez douter qu’un billet de banque contient une obligation du banquier envers l’usager du billet. Jusqu’en 1971, chaque billet de 1 dollar mentionnait qu’in était échangeable contre un dollar en or, "35 dollars l’once d’or", dollar as good as gold". C’était alors l’engagement de la FED envers l’usager du billet de 1 dollar.

                  Les billets de banques émises par les banques écossaises du 18eme siecle, indépendantes de l’Etat, étaient des véritables contrats commerciaux. On les appellerait aujourdhui des titres financiers au porteur. au 21eme siecle, l’obligation du banquier dans chaque billet de banque provient de la loi étatique. Cette obligation du banquier émetteur du billet existe néanmoins.

                  Au 21eme siecle, en quoi consiste l’obligation de la Banque Centrale ? cette obligation consiste a ce que ce billet suive un indice de prix. Il existe des titres financiers indexes sur un indice. les financiers et meme les particuliers les utilisent quotidiennement. Un tel titre financier est un contrat commercial unilatéral. Un titre financier engage le banquier envers le porteur du titre financier. Il est est de meme pour un billet de banque.

                  Il existe une différence entre un contrat commercial et une obligation légale. Si le banquier viole son contrat, le tribunal le condamnera. Lorsqu’un Etat viole son propre contrat, ses propres obligations, nul tribunal étatique ne le condamnera. Aussi, les Etats s’arrogent le droit exorbitant de changer les obligations.


                • 1liberal 1liberal 16 janvier 2009 12:55

                  @gdm

                  Les libéraux resterons absent de la scène politique tant que nous ne trouverons pas le moyen de nous entendre malgré les différences. Les socialistes nous rappellent chaque jour qui passe vers quoi mène le sectarisme et l’excès d’idéologie, et le phénomène s’amplifie a mesure que l’on s’approche des extrêmes.

                  La responsabilité de la Fed et des GSEs dans la crise est indéniable, mais je doute que la libéralisation de la monnaie soit la solution unique, les institutions internationales peuvent jour un rôle important.

                  L’avantage est que le nombre des acteurs limite le risque de concentration des pouvoirs, et les décisions arbitraires qui en découlent. Ces institutions peuvent agir de garde fou contre des politiques (monétaire, ou autres) qui peuvent s’avérer désastreuses.

                  Certes, rien ne peut empêcher un Etat ou une banque centrale de persister dans l’erreur. Il y a d’autres inconvénients. Le principal est sans doute l’inertie inhérente a toutes les administrations, mais le contre-pouvoir qu’elles représentent n’est a mes yeux pas négligeable.


                • JL JL 16 janvier 2009 13:26

                  Gdm : ""@JL Vous dites que vous seriez libéral. J’en doute. "" smiley

                  Vous n’avez encore rien compris. Etes-vous une machine ?

                  Vous dites : "" Au 21eme siècle, en quoi consiste l’obligation de la Banque Centrale ? cette obligation consiste a ce que ce billet suive un indice de prix.""
                  Ridicule de chez ridicule. Je ne vais pas me fatiguer à démontrer à une machine autiste en quoi c’est absurde, chose que chacun ici excepté vous et ceux qui propagent les mêmes âneries est capable de faire aussi bien que moi.

                  Vous dites : "" les Etats s’arrogent le droit exorbitant de changer les obligations"". Absurde encore.

                  Ce n’est pas la monnaie qui est indexée sur les obligations, mais les obligations qui ont un cours, un prix si vous voulez : cela s’appelle le marché. Votre obstination à soutenir que c’est l’Etat qui contrôle la monnaie vous conduit à dire des sottises. Vous ne savez même pas ce qu’est le marché. Et vous êtes vis à vis du libéralisme comme un bigot vis à vis du dogme.

                  Pour ma part, je respecte la propriété privée ce qui ne m’empêche pas de dire que nombre de libéraux sont des voleurs et des escrocs, j’en veux pour preuve la vénération que ces gens vouent à la liberté. Je suis moi aussi très attaché à la liberté mais je suis prêt à en concéder un peu en échange d’une protection impartie à la force publique contre les escrocs et les assassins, contre les libertariens sans foi ni loi, contre les hors la loi.


                • gdm gdm 16 janvier 2009 13:40

                  @Tzecoalt
                  Vous ignorez ce qu’est le libéralisme. Aucun des politiciens francais n’est libéral. Certains, ignorants en économie, ont récemment découvert qq lois élémentaires du marché. Enfin, ils voyaient la courbe de l’offre. Ils voyaient la courbe de la demande. Ils découvraient enfin que les prix se forment avec l’offre et la demande. Ils ont découvert que les prix montent et baissent, non pas avec des conflits syndicaux, mais avec l’offre et la demande des produits, des services, du travail.

                  Mais cette tardive découverte des lois du marché n’est pas le libéralisme. Le liberalisme c’est une theorie du Droit. Et le fondement du Droit, est, pour un liberal, le respect de la propriété de soi-meme, et donc des biens de chacun.


                • gdm gdm 16 janvier 2009 13:50

                  @1liberal
                  A chacun son métier. Que les politiciens fassent leur métier s’ils le souhaitent. Mais que ces politiciens, prétenduement liberaux, ne demandent pas à un théoricien libéral de se compromettre à participer à des actions politiques. Oui, le liberalisme est incompatible avec l’étatisme. Oui, les vrais liberaux ne souhaitent pas participer au microcosme politicien, et pour de multiples raisons.

                  La monnaie étatique est en échec. Il n’existe aucune raison économique au monopole monétaire. Il est possible d’avoir un commun valorimetre pour pluseiurs monnaies émises par des banques indépendantes de l’Etat, et concurentes. A une époque,ce valorimetre était l’or. Aujourdhui, toute banque sait créer un titre financier dont la valeur reste suit un indice boursier, ou à un indice des prix. L’existence d’une Canque Centrale est tres couteuses, inutile, et nuisible.


                • gdm gdm 16 janvier 2009 14:01

                  @JL
                  Vous dites que vous etes liberal. Je ne peux croire à une ironie qui serait à votre détriment. Etre libéral est honorable. Tout honnete homme est un liberal, mais qui s’ignore peut-etre comme tel.

                  Mais, vous ignorez sans doute que le libéralisme est une théorie du Droit, fondé sur le respect absolu de la propriété d’autrui. C’est la raison pour laquelle si vous voyez un voleur, il ne peut pas etre libéral. Cela vous montre que vos analyses politiques reposent sur des inexactitudes.

                  J’affirme qu’un billet de banque est une obligation acceptée par la Banque centrale pour que ce billet suive un indice des prix. En d’autres termes plus parlant, la banque centrale est garante qu’un billet de banque conserve son pouvoir d’achat. Vous ne trouverez aucun argument contre cette affirmation de bon sens.

                  Si vous contestez que l’Etat dispose du pouvoir monétaire, c’est que vous ignorez le premier article du code monétaire, le 111-1. LOrsque l’Etat francais confie la gestion de son monopole monétaire a une Banque centrale, l’Etat reste responsable de l’action de son mandataire.


                • Mycroft 16 janvier 2009 14:21

                  @gdm

                  "Si vous pensez que dans un échange volontaire, l’un spolierait l’autre, alors vous n’êtes pas un économiste. "

                  C’est faux, et vous le savez bien. Tout simplement à cause des facteur temps et informations. Il y a des biens indispensables à cour terme et des biens indispensables à long terme. Il est évident qu’en disposant d’un bien indispensables à cour terme, on a un avantage, on peut plus facilement faire préssion sur ceux qui offre des biens indispensables à long terme. Par exemple, les grèves des chercheurs sont bien moins efficaces que les grèves des cheminots. Un autre exemple : un homme est perdu à pied dans le désert, un autre arrive en voiture, et lui propose de le ramener dans la ville la plus proche contre tout ce qu’il possède. Même si l’échange est volontaire, il y a eu spoliation. De même, quand on dispose d’information suplémentaire, on est en mesure de spolier l’autre. C’est le principe même de la fraude.

                  "Si le banquier viole son contrat, le tribunal le condamnera. Lorsqu’un Etat viole son propre contrat, ses propres obligations, nul tribunal étatique ne le condamnera. Aussi, les Etats s’arrogent le droit exorbitant de changer les obligations."

                  Là aussi vous faites erreur. Le non respect des obligations n’est pas le propre de l’état, c’est le propre du fort et de celui qui est avantagé par rapport à l’autre. Réduir le pouvoir de l’état, c’est inévitablement augmenter le pouvoir de ce qu’il controle. D’ailleurs, il arrive que des banquiers violent leur contrat et échapent à la justice. Par corruption par exemple. Ou par lobying.

                  La différence, c’est que l’état, c’est nous, contrairement au banque. Je suis client d’une banque, mais je suis membre de l’état, je le controle donc. C’est en ça qu’il est important : il est la seul union indivisible au sein d’un peuple. Donc la seul union a représenter le fait qu’on est tous dans le même bateau et qu’on a pas le choix. Ce serait bien évidement plus cohérent si il n’y avait qu’un seul état : l’humanité. C’est un but à atteindre, je crois qu’on finira par y arriver. mais sans doute pas de mon temps.


                • JL JL 16 janvier 2009 19:34

                  gdm, vous êtes vraiment une sacrée bourrique !  smiley  smiley  smiley


                • gdm gdm 16 janvier 2009 19:44
                  @Mycroft
                  Il y a deux définitions économiques du mot "échange volontaire". Soit un échange limité à l’instant exact de l’échange. Soit l’échange comme transaction commerciale, durant tout le temps du contrat commercial. La première définition est la plus courante. Lorsque vous achetez une pomme à un euro, ni le vendeur, ni l’acheteur ne vole l’autre. Bien au contraire, chacun des deux co-échangeurs y trouve un avantage. C’est à dire qu’ils se sont donc tous les deux enrichis.
                   
                  Vous prenez l’exemple extrême de l’homme assoiffé dans le désert qui achète de l’eau à un prix élevé. L’homme assoiffé est gagnant puisqu’il sauve sa vie. Même dans un tel cas extrême, mon affirmation sur l’échange volontaire est exacte.
                   
                  Votre objectez que l’Etat peut impunément violer ses engagements. C’est exact. Mais un banquier qui émet un billet de banque peut aussi être une société commerciale, indépendante. Ce fut le cas en Ecosse au 18eme siècle. Un billet de banque était alors un titre financier suivant l’indice du cours de l’or.
                   
                  Aujourd’hui, dans presque tous les pays, l’Etat a étatisé son système bancaire. L’Etat a ainsi remplacé le contrat commercial par une loi obligeant le banquier. L’usager du billet de banque lésé peut assigner au tribunal une société commerciale, mais pas un Etat. L’usager est ainsi moins bien protégé par un Etat que par une société commerciale.
                   
                  Vous confondez l’Etat et vous-même. Ce qui appartient à l’Etat ne vous appartient pas. Et réciproquement, ce qui vous appartient n’appartient pas à l’Etat. Vous avez le choix de quitter le territoire contrôlé par l’Etat sans devoir payer les dettes de l’Etat. L’Etat, c’est l’Etat. Vous, c’est vous.
                   
                  Enfin, contrairement à ce que vous dites, vous ne contrôlez pas l’Etat. Le droit de vote n’est pas un mandat pour agir. Une votation est un sondage officiel d’opinion. Un élu reçoit son mandat électif de l’Etat, et non pas du peuple. C’est ce que précise, très justement, le Code Electoral.

                • ddacoudre ddacoudre 16 janvier 2009 21:10

                  bonjour gdm

                  la seule chose que tu oublis car tu prends ce qui t’arrange à un point de l’histoire c’est que la monnaie est une reconnaissance de dette pour remplacer la difficulté du troc, et ensuite que l’état n’est plus le roi souverain mais pour nous plus de soixante millions de français qui décident des règles qu’ils veule se donner.

                  cordialement.


                • JL JL 17 janvier 2009 17:27

                  @ ddacoudre : il est absurde de dire que la monnaie est une créance ou une reconnaissance de dette.
                   
                  Pourquoi ? A quoi donc le banquier est-il tenu dans cette affaire ? A vous échanger votre billet ? Mais contre quoi ? D’autres billets et pour le même montant ! La belle affaire ! Contre de l’or ? Des actions ? Oui, évidemment, mais au cours du marché, de la même façon que le pompiste est engagé à vous l’échanger contre de l’essence, au prix du marché.

                  Par ailleurs, celui qui ici dit que la monnaie est une reconnaissance de dette soutient également que la monnaie ne peut-être créée ex nihilo. Une reconnaissance de dettes est bel créée dans le cas d’un prêt entre eux personnes : une reconnaissance de dette est créée lors d’un prêt d’un bien, d’un service ou d’une somme d’argent.

                  Avec un banquier comment cela se passe-t-il ? Ou bien vous lui confiez votre argent, et dans ce cas, le crédit porté à votre compte constitue la reconnaissance de dette du banquier à votre égard : en échange de 100 euros il vous rendra 100 euros, éventuellement augmenté d’un intérêt.

                  Au contraire, s’il vous avance de l’argent, en échange c’est vous qui lui signerez une reconnaissance de dette par laquelle vouis vous engagez à lui rendre cet argent augmenté de l’intérêt. Il n’y a pas là matière à dire que le banquier et son client se sont échangés des reconnaisances de dettes. C’est absurde.




                • gdm gdm 18 janvier 2009 10:53

                  @ddacoudre
                  La monnaie n’est pas exactement une "reconnaissance de dettes". Nous parlons ici de la monnaie moderne, celle qui est crée par la banque, et par un emprunt bancaire. En effet, dans la cas d’une monnaie fondée sur l’or, la monnaie est une promesse de donner de l’or en échange du billet de banque. Aujourdhui, l’obligation du banquier est que le billet garde son pouvoir d’achat, c’est a dire suit fidelement un indice des prix.


                • Mycroft 19 janvier 2009 11:39

                  @gdm

                  Si on vous crois, il est impossible d’arnaquer d’une personne ou d’abuser d’une situation. Dans l’exemple extrème que j’ai pris, ce n’est pas parce que l’homme sauve sa vie que l’échange est équitable. En effet, dans un cas, un des membres ne fait que profiter d’un concour de circonstance qui l’avantage, tandis que l’autre subit ce concour de circonstance. Une telle situation est profondément injuste, parce que celui qui en ressort gagnant n’a fait preuve d’aucun talent, d’aucun travail, juste de chance.

                  C’est justement parce que, dans la société libéral, rien n’empêche une telle situation que la société libéral est mauvaise. Il est du devoir de l’état d’imposer à un homme de sauver et d’aider son prochain sans

                  Ne pas sauver la vie d’un homme quand on le peut, c’est aussi monstrueux que le tuer de sang froid. C’est juste plus hypocrite.

                  Vous confondez aussi état et disfonctionnement de l’état. C’est justement parce que trop d’entre nous refusent d’assumer leur appartenance à l’état qu’il y a disfonctionnement. Mais la plus part d’entre nous n’existons que grace à l’état, puisque lui seul nous empêche de nous entretuer

                  Le fait de pouvoir quitter l’état est justement un problème majeur. C’est la raison pour laquel un état mondial est souhaitable. Parce que, je le répète : on est tous dans le même bateau, et il n’y a pas d’échapatoire.

                  "Aujourd’hui, dans presque tous les pays, l’Etat a étatisé son système bancaire. L’Etat a ainsi remplacé le contrat commercial par une loi obligeant le banquier. L’usager du billet de banque lésé peut assigner au tribunal une société commerciale, mais pas un Etat. L’usager est ainsi moins bien protégé par un Etat que par une société commerciale. "

                  Lancer un procès, ce n’est pas forcément obtenir justice. Le système peut être corrompue. Des personnes sont lésés par les banques, justement, parce que ces dernières ont bien plus de pouvoir que l’individu lambda. De plus, ont peut très bien faire un procès contre l’état. C’est ce que font les gens emprisonnés à tord, par exemple.

                  L’usager est protégé par l’état, mais de manière imparfaite. En quoi est il protégé par une société commerciale ? Même si cette dernière fait son travail correctement et honnêtement, elle ne le protège pas.



                • gdm gdm 19 janvier 2009 18:52

                  @Mycroft
                  Un arnaque n’est pas un échange volontaire. Ce n’est pas un échange. Ce n’est pas un contrat. C’est du vol astucieux. Le concept d’ "échange équitable" est une imposture intellectuelle. En effet, un tel concept ne peut pas être utilisé par un Tribunal. Un tel concept ne peut pas fonder le Droit de quiconque. ce concept de "échange équitable" ne peut donc pas servir à un Tribunal pour dire le Droit dans un litige.

                  Vous parlez maintenant d’injustice. L’injustice est un sentiment vague. La Justice est une construction intellectuelle permettant de dire le Droit dans une société de manière prévisible. Fonder le droit sur le concept d’équité, conduit à des jugements trop variables d’un Tribunal à l’autre. Un principe général de Justice est le "voile de la Justice". C’est ainsi que la Justice est souvent représentée en effigie avec une balance et un voile sur les yeux. Cela signifie que le Tribunal juge les faits indépendamment de la personne.

                  C’est ainsi que ce vendeur d’eau mettait sa vie en péril en vendant le peu d’eau qu’il avait encore. Ce vendeur aurait pu choisir de refuser de vendre son eau. Il aurait ainsi réduit son risque de mourir assoiffé dans ce désert. Peut-être aussi deux compagnons, qui avaient autant d’eau au départ. L’un est prévoyant. L’autre a tout bu trop vite au mépris de sa vie. L’homme prévoyant a raison de donner priorité a sa survie.

                  Pour juger, il faut rassembler le contexte d’une action. Lorsque vous jugez cette vente "injuste", vous omettez de vous comporter en véritable Tribunal. Chacun peut et doit s’ériger en Tribunal en instruisant d’abord l’affaire.

                  Vous affirmez que la "société libérale" serait mauvaise. La raison que vous donnez est obscure. Le libéralisme est une théorie du Droit. Il ne faut pas confondre le Droit et la morale. Aucun Droit ne peut forcer les hommes à la bonté.

                  Un Etat ne peut que dysfonctionner. Un Etat est fondé sur la spoliation des citoyens. Il est possible de démontrer que, quelles que soit la qualité de la gestion de l’Etat, une somme égale au montant des impôts est gaspillé en pure perte.

                  Vous remarquez, justement, que beaucoup de citoyens ne considèrent pas que l’Etat les représente. A mon avis, ils ont parfaitement raison. je décide qui me représente en le lui disant explicitement. Sinon, en l’absence d’un mandat de moi, cet individu ne me représente pas, même s’il ose le proclamer.

                  L’Etat n’a aucune légitimité à prétendre me représenter. Vous reprenez la thèse de Hobbes, que sans Etat, ce sera l’Etat de guerre de tous contre tous. Selon Hobbes, philosophe du 17e siècle, l’Etat tire sa légitimité du fait qu’il serait nécessaire à la survie des citoyens. Les hommes respectent leur contrats car c’est leur intérêt bien compris de rester en paix avec leur voisin. Et tout échange avec leur voisin les enrichit. C’est ainsi que l’argument majeur de Hobbes est historiquement inexact.

                  Un Etat mondial, fédéral ou non, serait aussitôt totalitaire et militaire. L’Europe politique est une étape vers un gouvernement mondial. L’avènement d’un Etat mondial est le plus grand risque politique du 21e siècle.

                  Tout français peut faire un procès à un commerçant qui aurait violé son contrat commercial. Il n’existe aucun rapport de force. Seulement des frais d’avocat. C’est différent.

                  L’usager d’un billet de banque n’est nullement protégé par l’Etat. L’Etat peut dévaluer impunément sa monnaie. Si une société commerciale ne respecte pas un engagement, elle sera puni par tout Tribunal.

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