Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’Etat et les forces aveugles de l’économie

L’Etat et les forces aveugles de l’économie

D’où vient cette idée que seule la force de l’État nous délivrera des « forces aveugles de l’économie » ? Dans ce premier article, je m’efforcerai de montrer d’où cette conception ne vient pasalors que c’est précisément l’opinion la plus répandue !

Jusqu’au XVIIIème siècle, l’idée prédominante des esprits épris de liberté est qu’il faut apporter des limites au pouvoir d’État. La liberté est un bien originel de l’espèce humaine, un bien de plus en plus menacé par le développement du Pouvoir. Montesquieuest le dernier grand représentant de cette école de pensée, prolongée encore par Jean-Jacques Rousseau. En un siècle et demi, le renversement est total : non seulement l’État ne présente plus de dangers – du moins l’État en lui-même, on ne dénonce plus que les abus qui se greffent dessus – mais en outre l’État est devenu le principal si ce n’est le seul rempart de nos libertés contre l’emprise de plus en plus grande des multinationales et autres trusts financiers qui dirigent en sous-main tout le fonctionnement de la planète.
 
Ce changement radical qui caractérise la fin du XIXème et tout le XXème siècle (ce que j’ai appelé L’âge d’or de l’État) est en général relié au marxisme. Mais c’est là une erreur profonde. Karl Marx a écrit le Capital, du moins son premier volume, dans lequel il fonde la logique d’un système né de l’échange marchand et qui, se centrant sur la valorisation, saisit toute la sphère sociale jusqu’à généraliser l’échange et créer l’économie mondialisée. Marx a participé activement aux révoltes ouvrières (principalement la Commune de Paris), non pour réclamer de meilleurs salaires, mais pour montrer en quoi l’existence du prolétaire marquait la limite du fonctionnement capitaliste et en quoi sa revendication principale était et devait être l’abolition du salariat.  Karl Marx est mort en 1883, au moment précis où, à la suite des innovations de Bismarck en Allemagne, de Napoléon III puis de la République en France, des Impériaux en Angleterre se développe un nouveau type d’État qui englobe la protection sociale et fait de la solidarité un de ses leitmotivs.
 
Marx s’est toujours gaussé de la mentalité proudhonienne des socialistes français, y compris de ses gendres Longuet et Lafargue, grands faiseurs de plans qui par l’action salutaire de l’État allaient réformer la société et installer un nouvel âge. Il a d’autre part eu juste le temps de mettre en garde les socialistes d’outre-Rhin qui dans les années 70 lui ont soumis pour avis les premiers programmes du Parti social-démocrate allemand.
« Tout d’abord, le Parti ouvrier allemand cherche à réaliser l’ « État libre ». L’État libre, qu’est-ce à dire ? Faire l’État libre, ce n’est nullement le but des travailleurs, qui se sont dégagés de la mentalité bornée de sujets soumis. Dans l’Empire allemand, l’ « État » est presque aussi « libre » qu’en Russie. La liberté consiste à transformer l’État, organisme qui est mis au-dessus de la société, en un organe entièrement subordonné à elle […] ce n’est pas en accouplant de mille manières le mot Peuple avec le mot État qu’on fera avancer le problème d’un saut de puce. »
(Karl Marx, Critique du programme de Gotha)
 
Rien n’y a fait. Après sa mort et malgré les mises en garde de son ami Engels veillant sur leur patrimoine commun, Marx est devenu le prophète de l’État ouvrier. Et ensuite des démocraties populaires. Dans la nouvelle génération de socialistes qui président au destin de l’Internationale au tournant du siècle, la tendance étatiste s’accentue, particulièrement en France autour de ce grand homme d’État que fut Jean Jaurès.[1] Le seul qui résista à cette tendance fut Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, dont un des principaux ouvrages aborde la question de L’État et la Révolution. Lénine fut le seul des socialistes européens à se dresser contre la Grande Guerre. Il était minoritaire dans le Parti ouvrier russe également, même si officiellement il est le leader des Bolchevicks (en français majoritaires) au Congrès de 1903. Dix ans plus tard (1912) les Bolchevicks forment un parti autonome. Leurs opposants mencheviks sont au pouvoir en avril 1917 lors du renversement du tsarisme et c’est contre eux notamment que Lénine tourne la révolution d’octobre en novembre 1917, avec le mot d’ordre de la paix maintenant. Malheureusement, les débris du parti socialiste rappliqueront en nombre dans les nouvelles structures de l’État soviétique et y deviendront prépondérantes sous la houlette des camarades Staline (ex-bolchevick), Trotski,[2] Bogdanov, et autres partisans de la constitution d’un État ouvrier. Lénine est écarté à partir de 1918 par un attentat perpétré par une militante socialiste [3] mais il est entretenu comme symbole vivant jusqu’en 1924, puis comme momie.
 
Comme Lénine s’est en permanence revendiqué de Marx contre le socialisme – ce que ses successeurs continuent indûment à pratiquer en désaccord avec le socialisme démocratique européen – cette histoire tragique renforce la conviction que Karl Marx, et maintenant Lénine, sont les pères de l’État ouvrier.
 
Pourtant, pour les analystes sérieux tout ceci n’est que du pipeau. En 1936, Elie Halévy décrivait comme suit la crise politique produite par la Grande Guerre : « L’ère des tyrannies date du mois d’août 1914, en d’autres termes du moment où les nations belligérantes adoptèrent un régime qu’on peut définir de la façon suivante : a) Au point de vue économique, étatisation extrêmement étendue de tous les moyens de production, de distribution et d’échange ; — et d’autre part appel des gouvernements aux chefs des organisations ouvrières pour les aider dans ce travail d’étatisation — donc syndicalisme, corporatisme, en même temps qu’étatisme ; b) Au point de vue intellectuel, étatisation de la pensée, cette étatisation prenant elle-même deux formes : l’une négative, par la suppression de toutes les expressionsd’une opinion jugée défavorable à l’intérêt national ; l’autre positive, par ce que nous appellerons l’organisation de l’enthousiasme. C’est de ce régime de guerre, beaucoup plus que la doctrine marxiste, que dérive tout le socialisme d’après guerre. Le paradoxe du socialisme d’après-guerre, c’est qu’il recrute des adeptes qui viennent à lui par haine et dégoût de la guerre, et qu’il leur propose un programme qui consiste dans la prolongation du régime de guerre en temps de paix. »
 
J’adhère à cette analyse que je compléterai en rappelant ce que je disais récemment à propos de la consommation [4] : « Il appartient à l’économiste anglais John Maynard KEYNES d’avoir renversé à ce moment tous les présupposés de l’économie politique traditionnelle et d’avoir enfin établi que seul un accroissement permanent de la Dépense permettait de soutenir le mouvement d’expansion et qu’il fallait y associer les États et leurs investissements aux ménagères et à leur consommation. Cet homme devait certes être non-conformiste pour en arriver à soutenir que la sauvegarde du profit du Capital et des intérêts de la Finance ne se trouvait pas comme le proclamait l’économie politique depuis Ricardo et Marx dans la production de valeurs, mais avant tout dans l’extension de la masse salariale. Pour une raison très simple : le capitaliste, en payant ses ouvriers ; les services, en rémunérant leurs employés ; l’État, par le traitement de ses fonctionnaires engendrent des CLIENTS et assurent ainsi le développement des débouchés de la production. La question centrale devient dès lors l’extension du circuit économique. Roosevelt en fera la base de son Credo quand il lance en 1933 le New Deal, nouvelle politique de répartition présentée comme la seule solution de long terme à la crise de 1929. La nouvelle répartition s’avère plus juste socialement, mais elle ne consiste pas seulement à subdiviser autrement le même gâteau mais avant tout à accroître le gâteau à partager ! »
 
Voilà donc d’où ne vient pas cette idée que seule la force de l’État nous délivrera des « forces aveugles de l’économie » : du marxisme. Elle s’est développée comme un chancre sur le marxisme, cela, oui.
Mais d’où viendrait-elle alors ? C’est ce que je développerai dans un deuxième article.
 


[1] Jaurès a conquis une réputation de pacifiste totalement imméritée. Le lendemain même de son enterrement, tout son parti votera les crédits de guerre. Il est en outre le père d’une école historique d’étude de la Révolution française qui met au centre de celle-ci la Guerre et le rôle prophétique et libérateur des armées françaises en Europe. Cette école va revivre le destin de la France révolutionnaire à travers le bis repetita de la nouvelle nation révolutionnaire russe jusqu’aux années soixante et bien après, puisque ce n’est que tout récemment qu’on a appris « qu’il n’y avait plus de communistes en France »… (lol)
[2] Qu’est-ce qu’un trotskiste : « un stalinien en désaccord personnel avec le camarade Staline »
[3] Le 30 août 1918, Fanny Kaplan, membre du Parti socialiste-révolutionnaire, approche Lénine alors que celui-ci regagne sa voiture à l’issue d’un meeting. Elle l’appelle, il se retourne, elle lui tire dessus trois fois. Deux balles l’atteignent. Une va se loger à proximité de la moelle épinière et ne pourra jamais être extraite. De plus en plus diminué, surtout à partir de 1922, Lénine meurt en janvier 1924, sanctifié et trahi.
[4] lettres fantasques, n°8, La croisade de la consommation

Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • Cro Magnon Cro Magnon 28 février 2012 16:08

    Les forces aveugles de l’économie ou comment asservir les peuples ! Une répartition plus juste socialement ? Cela veut dire quoi ? Que certains « méritent » plus ? Chaque homme qui naît sur cette planète a les mêmes droits et les mêmes devoirs.
    De quel droit certains mériteraient d’accumuler des milliards et d’autres de pleurer sang, larmes et sueur ? Nous voulons tous la même chose : un toit décent, confortable, chaud l’hiver et frais l’été..., une nourriture saine, goûteuse, abondante, des soins médicaux égaux pour tous (ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui...Pourquoi ? Pour qui ?), une liberté de communiquer, de voyager, d’échanger....plutôt que des lois liberticides (qui profitent à qui ?), de s’instruire, de s’informer...., respirer de l’air pur, boire l’eau potable et bienfaisante...
    Ras le bol de toute ces théories qui font croire aux peuples qu’ils se doivent d’être soumis à des faux Dieux ! Des hommes « élus » par le peuple et qui les rémunèrent pour assurer tout simplement leurs droits « minimaux », un comble ! Et sont sans arrêt trahis, spoliés par les « moi je » des vautours de la politique, de la finance et de l’économie !!!
    Les humains doivent réagir ! Nous sommes des milliards à vouloir la même chose. Ils sont une poignée de vampires à nous terroriser, nous mentir, nous voler, nous asservir... !
    Nous devons changer les règles du jeu ! C’est nous qui décidons, eux qui obéissent ou se démettent ! Ils se sont présentés, ont voulu la fonction, nous ne leur avons rien imposé, sinon de servir notre confort et notre bien-être ! Pas le leur, et uniquement celui là !
    Il y a de la place pour tout le monde sur la terre. Que ceux qui en veulent plus que d’autres aillent voir ailleurs !
    Nous devons repenser notre façon de partager les ressources de la planète, d’assurer le devenir des générations futures. Il n’est plus question de servir les « avides » de tous les continents, quels qu’ils soient et quelle que soit leur « qualification » !. Nous devons donc aussi réfléchir à un nouveau management de nos pays, nos états, notre planète !
    De quoi avons-nous peur ? C’est absurde de se laisser ainsi asservir par des vampires !!!
    « Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». Pour mémoire et si vous aimez tant que ça les rappels historiques !
    Nous devons impérativement exiger un autre mode de fonctionnement, faute de quoi c’est l’asservissement des peuples qui se dessine et notre passivité en sera responsable face à de nombreuses générations futures !!!
    Ayons le courage de dire non à toutes ces absurdités, ces « trompe nigauds », ces illusionnistes ! Nous, nous sommes des Dieux ! Libres et honnêtes ! Ils sont nos serviteurs ! Ne l’oublions surtout pas ! Les licenciements ce n’est pas que pour la populace !!!!!
    Fin des théories d’asservissement des masses, quelles soient de droite ou de gauche !
    Vive l’avènement de la mise en œuvre de solutions humanistes et humaines permettant à tout être humain de passer son court laps de temps sur la planète dans les meilleures conditions possibles et imaginables !
    Mort aux théories esclavagistes, inhumaines, spoliatrices, aux fausses religions tout aussi absurdes et démoniaques.
    Que l’homme réalise enfin qu’il a tous les pouvoirs, qu’il est libre et que nous pouvons tous passer ce court instant de vie sur la terre heureux, harmonieux, tout en léguant aux futures générations notre instinct de bonheur et une planète propre, débarrassée des avides, requins, vautours, esclavagistes... !


    • maltagliati maltagliati 29 février 2012 07:08

      On peut (on doit) être d’accord sur les objectifs que vous fixez. Le tout c’est la MANIERE d’y arriver. Croyez-vous vraiment qu’en faisant appel aux bonnes volontés de tous contre la bestialité et l’avidité de quelques-uns, vous faites avancer le schmilblick d’un centimètre ? Nous avons vécu une satanée histoire depuis 250 ans, on dirait qu’elle ne nous a rien appris et que nous serions prêts à retomber dans les mêmes lubies.
      Je me répète, mais ce que je dis et redis : de grâce, visez la bonne cible et ne vous laissez pas leurrer par des épouvantails.Pour 1 Le Pen qui dit des énormités, il y a 99 ... qui les pratiquent. Contre qui voulez-vous vous tourner... contre l’épouvantail ? De même dans le domaine économique, les corrompus et les ultra-riches font figure d’épouvantails, alors que ce qu’il faut, c’est précisément aller beaucoup plus loin que les célèbres baïonnettes de Mirabeau, qui en même temps qu’il prononçait (ou pas, c’est discuté) ce mot traitait avec le roi pour contourner l’assemblée. (Mirabeau)
      Le problème essentiel d’un mouvement révolutionnaire, ce n’est pas de renverser les puissants et les riches, c’est que ses principaux ennemis se mettent à la tête du mouvement lui-même !
      Je vous serais reconnaissant de me pardonner mon ton tranchant, j’ai beaucoup apprécié votre commentaire et je serais vraiment content que vous puissiez méditer ma réponse. Encore merci. Maltagliati


    • Cro Magnon Cro Magnon 29 février 2012 17:10

      Bien sûr, je médite...J’ai presque envie de dire que je ne fais que ça !! Je sais, je suis parfois et souvent utopiste, mais je ne peux m’empêcher de faire confiance aux humains !Quelques-uns trahissent, c’est vrai. Par endoctrinement, faiblesse, facilité, égoïsme....etc. Des milliards d’autres attendent un monde meilleur, plus juste, plus fiable, plus paisible, plus...etc.
      Je me sens responsable du futur de notre humanité, comme nombre de nos concitoyens qui n’osent pas s’exprimer.
      La méthode ne peut pas être radicale. Elle passe par une prise de conscience collective. Nous n’avons pas à nous soumettre à des minorités, nous ne sommes pas les esclaves de politiciens, économistes, financiers, religieux, faux philosophes... Pour parvenir à cette conscience, nous devons sans cesse rappeler à nos semblables qu’ils sont libres, égaux en droits et en devoirs.
      Les méthodes viendront d’elles-mêmes, avec des variantes bien sûr selon les continents, les us et coutumes, la culture. Patience et pédagogie donc ! L’humanisme doit l’emporter !! Nous vivons un épisode malsain de l’histoire des Hommes, mais les Hommes et les Femmes sauront tôt ou tard faire entendre et appliquer leurs droits les plus stricts ! Et toutes les barbaries pourront enfin disparaître.


    • l’ ARNAQUE ELYSEENNE DU BOUFFON
      il est bon...lui ..prendre exemple sur l ALLEMAGNE POUR NOUS CITOYENS mais pas pour lui et son parti mafieux..................
      ex : ESTROSIi cumule 8 mandats

      LA CHANCELIERE
      -touche 40 % DE MOINS QUE LUI DE SALAIRE
      -elle a un appart qu’elle paye...SA VOITURE AUSSI...sa nourriture aussi
      - PAS D AVION NI UNE FLOTTE DE FALCON D’ HELICOS et de limousines
      - le budget de la chancellerie est 3 fois plus faible que celui de l’elysee
      _ses ministres sont huit ...sarko en a 34. ( 1 seule coute 17 millions d’euros mois.)
       - les ministres dorment chez eux pas dans des palaces ou ils sont conduits en limousine en coupant la circulation avec force de motards

      alors le bouffon qu ’attends tu pour suivre le modele allemand ,,,,,,,,,,, ???????????????

      CA ’C EST DE L ECONOMIE...IDEM DANS LA PATRONAT ALLEMAND...ILS PEUVENT PLUS DECEMMENT DEMANDER AUX SALARIES DE GELER LEURS SALAIRES....ILS DONNENT L EXEMPLE.SARKO ET SES AMIS DES PATRONS DU CAC 40 ET DU MEDEF SUIVENT SON (SEUL HIC 50 %DE TEMPS PARTIEL IMPOSE ....) MAUVAIS EXEMPLE.BLING DING OK BOUFFON...


    • epicure 28 février 2012 18:36

      IL y a un gros mensonge dans l’article, au sujet de Jaurès.
      Il s’est battu pour éviter la guerre jusqu’au bout.
      Il avait proposé une grève générale internationale, c’est à dire l’appel à l’ensemble des peuples des pays en préparation de la guerre de manifester leur opposition à la guerre en faisant une grève générale. Si cela avait été fait, il n’y aurait pas pu y avoir de guerre, faute de combattants.
      Il a maintenu les contacts avec les allemands, surtout les socialistes pour essayer d’enrayer la folle machine en marche.
      Le jours de sa mort il préparait un article anti-guerre pour son journal.

      tu confonds pacifisme et bisounours. Ils étaient pacifistes, pour la paix contre le déclenchement de la guerre. Mais c’étaient aussi des hommes qui avaient le sens du combat.
      Mais quand la guerre est devenu inévitable, ils ont ptis l’option de la défense de la patrie, et non de laisser l’ennemi impérialiste écraser la France.

      Il était dans l’intérêt de la France ( des français ) de ne pas participer à cette guerre.
      Mais une fois le processus enclenché, il était dans l’intérêt de la France qu’elle puisse avoir les moyens de se défendre.


      • maltagliati maltagliati 29 février 2012 06:54

        Je maintiens absolument ce que j’ai dit à propos de Jaurès, pacifiste de salon et belliciste de fond. Avez-vous lu son ouvrage « L’armée nouvelle » dont le programme est de substituer à l’armée aristocratique d’ancien régime (façon anti-Dreyfus) l’armée des sans-noms, les futurs poilus. Prophétique, non ?
        « L’ennemi impérialiste écrasé la France », c’est bien de la propagande, comme l’antifascisme à la veille de la deuxième guerre : un ralliement des peuples à l’absurdité de la guerre, en place du « Plus jamais ça » de 1918.
        La Grande Guerre (1914-1945) dans son ensemble est un processus absurde pour la Société, qui n’a servi, sous 1000 prétextes fallacieux (dont ceux que vous rappelez) qu’à faire le lit des Etats absolus (démocratie totalitaire, soviétisme)
        Excusez pour le DESACCORD, mais évitez svp de traiter vos contradicteurs de menteurs, car c’est celui qui le dit qui l’est... !


      • Jason Jason 29 février 2012 09:05

        Bonjour,

        Une ou deux choses. Marx ne voulait-il pas, comme étape ultime de la nouvelle société qu’il souhaitait, la dissolution de l’Etat ?

        Parler de l’Etat comme remède au nomadisme prédateur de la finance relève d’un voeux pieux. Car la Finance a déjà tout prévu, et son nomadisme et opportunisme de classe la met en avance de toutes les politiques de l’Etat. En fait il faudrait parler des Etats, au pluriel. Constitués, comme vous pouvez très bien l’observer, de régimes différents et de politiques différentes vis à vis du monde de la finance. C’est sur ces petites variations que surfe le grand capital. Et les Etats n’y peuvent rien malgré les G 20 et autres mascarades.

        De plus, le temps de la politique et le temps du capital ne sont pas les mêmes. ET, comme au Far-West, c’est le plus rapide qui gagne. On le voit tous les jours.

        En appeler à une politique de l’Etat (unique) est une prémisse fausse ou une hypothèse peu vraisemblable.

        Désolé.


        • maltagliati maltagliati 29 février 2012 09:56

          L’Etat mondial n’est pas une réalité juridique reconnue, mais est une réalité politique de plus en plus évidente. Les bases en ont été assurées lors des deux grands conflits du XXème siècle. Les droits ,d’intervention et la juridiction internationale sont les premières confirmations « légales » de cette nouvelle situation, comme la mise en tutelle d’Etats en défficulté etc.
          Il faut comme vous le dites bien toujours parler des Etats, mais on peut d’ores et déjà trancher sur l’existence réelle quoique camouflée de l’Etat-Monde. Pas sous la forme caricaturale de l’Empire américain, mais sous cette forme insidieuse créée par le consensus des milieux dirigeants qui se dégage des réunions, conférences, etc. (surtout dans les couloirs). Prenez l’exemple de la chute de l’Empire soviétique. Elle a bel été bien été « décidée » à l’été 89. Le moyen a été choisi, l’ouverture d’une petite frontière vers l’Autriche.... et tout le reste a suivi sans trop de heurts, même si on a mis en scène une « révolution de la Bastille » du Mur de Berlin. Cela fait tellement plaisir aux spectateurs que le « peuple » ait fait tout ça... !!!
          Il n’y a vraiment pas de raison d’être désolé. Il faut construire et cela ne se fait pas dans l’unanimité béate mais à travers des confrontations de point de vue. Merci


        • JL JL1 29 février 2012 10:39

          Je lis : "(Keynes) devait certes être non-conformiste pour en arriver à soutenir que la sauvegarde du profit du Capital et des intérêts de la Finance ne se trouvait pas comme le proclamait l’économie politique depuis Ricardo et Marx dans la production de valeurs, mais avant tout dans l’extension de la masse salariale.« 

          Est-ce que ce n’est pas de la langue de bois d’un auteur qui s’écoute parler ? Parce que, sauf erreur d’interprétation, c’est un truisme, non ? A quoi et à qui servirait une production s’il n’y avait pas de consommation ? Raisonner autrement, c’est mettre les consommateurs au service de l’économie, ce que font volontiers (trop) les économistes libéraux.

          L’industrie financière est une tentative de contourner le problème qui s’exprime par cette question : »Comment sauvegarder le profit du Capital et des intérêts de la Finance sans procéder à l’extension de la masse salariale ?"

          Et la réponse de mon point de vue, à cette question est : il n’y a pas lieu de sauvegarder le profit du capital ni celui de la finance.

          Et la question de savoir d’où vient l’idée que l’État nous délivrera de la force aveugle de l’économie est une mauvaise question.

          La bonne question est : comment l’État palliera-t-il à la défaillance rédhibitoire d’une économie privée du profit du Capital et des intérêts de la finance ? Parce que, seul l’État est en mesure et situation d’y parvenir.


          • maltagliati maltagliati 29 février 2012 10:52

            vive l’Etat !
            vive Staline ! vive Trotski !
            vive le camarade JL1 !
            à bas le profit du grand capital !
            .... et aucune autre question ne sera traitée !!!


          • JL JL1 29 février 2012 10:57

            maltagliati,

            je crois que vous êtes meilleur quand vous me faites la gueule.

            Question aux autres : "Comment sauvegarder le profit du Capital et des intérêts de la Finance sans procéder à l’extension de la masse salariale ?

            Y a-t-il une autre réponse que la mienne, parce que c’est bien là que le bât blesse, à commencer par notre auteur très libéral !


          • JL JL1 1er mars 2012 09:05

            Bis repetita placent :

            Y a-t-il, à la question que pose ici maltagliati : « Comment sauvegarder le profit du Capital et des intérêts de la Finance sans procéder à l’extension de la masse salariale ? »

            Une meilleure réponse que la mienne : il n’y a pas lieu de sauvegarder les profits du capital et des intérêts de la finance.

            Mais on peut déclarer que cette question sournoisement posée n’en est pas vraiment , et qu’il convient d’affirmer :  on ne peut pas sauvegarder le profit du Capital et des intérêts de la Finance sans procéder à l’extension de la masse salariale.

            Mais là encore, il ne faut pas oublier que les ressources naturelles sont limitées, et qu’il faudra bien un jour, en revenir à une économie des besoins et abandonner de gré ou de force cette économie des désirs : on remarquera que dans cette expression, le mot économie prend un sens inattendu !

            En réalité, l’alternative sera : abandonner cette ’économie’ des désirs ou procéder à un génocide planétaire de grande ampleur.

            « La planète compte suffisamment de ressources pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun. » Gandhi.


          • Jason Jason 29 février 2012 13:38


            JL1

            « Comment sauvegarder le profit du Capital et des intérêts de la Finance sans procéder à l’extension de la masse salariale ? »

            Vous avez la réponse sous les yeux. Par les transactions financières pures. Les échanges mondiaux quotidiens de produits et services ne sont que le vingtième de ceux de la finance. Pas besoin de salariés pour parier à la table du casino mondial. C’est la trouvaille géniale ; il suffit de parier sur tout ce qui bouge et d’engranger les plus values, tout en manipulant le marché. C’est génial, et diabolique.

            Les Etats ont-ils besoin d’argent après les décisions Reagan-Thatcher appuyées sur les théories de Friedman-Greenspan de libérer les transactions de toutes contraintes ? Eh bien, les Zinzins (investisseurs institutonnels) vont leur en fournir. Et gare aux problèmes sociaux. Très mauvais les couvertures sociales. Ca ne rapporte rien...

            Le rêve du capital : c’est les salaires zéro. Et pour une bonne partie, ça marche. Changer ça ? Personne n’a la solution.


            • JL JL1 29 février 2012 13:50

              Mais oui Jason,

              en vérité, ma question sous-jacente est : qui arrêtera ces fous qui croient que les arbres montent jusqu’au ciel et quel’argent ça se mange ?!


            • Le péripate Le péripate 1er mars 2012 09:15

              Intéressant.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès