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Accueil du site > Actualités > Economie > L’euro devrait continuer à baisser

L’euro devrait continuer à baisser

Quand ils voient à la télévision que des vandales assassinent trois employés d’une succursale de leur banque, quand un journal découvre un nouveau réseau de corruption, quand court la rumeur que la police limite ses patrouilles parce que le budget carburant a été rogné, les investisseurs, comme le ferait n’importe qui, prennent l’oseille et se tirent.

L’euro ne baisse pas suite à une conjuration internationale mais bien parce que, après la tragicomédie grecque et celles qui sont programmées, il a perdu la confiance des investisseurs. Une devise équivaut à la confiance qu’inspire son émetteur. Le marché est aveugle, mais son verdict est juste et sans appel : comme avant – quand le monarque altérait la teneur en métaux précieux de la monnaie –, aujourd’hui, il se détourne du papier monnaie lorsqu’il sent que sa valeur est également sujette à caution. Et ni la taille d’un pays, ni la solidité de son gouvernement, ni ses ressources naturelles n’y changeront rien. C’est pourquoi le franc suisse est une devise infiniment plus recherchée que le rouble. Dans laquelle de ces deux monnaies préféreriez-vous être payé ou remboursé d’une dette ?
 
L’euro est une monnaie formée par l’association de 16 devises préexistantes, mais toutes de poids différents. Ainsi l’euro est plus mark allemand que tolar slovène ou escudo portugais. L’entité qui l’émet, la Banque centrale européenne ayant son siège à Frankfort, est relativement indépendant des politiciens des pays formant la zone euro, beaucoup plus que la Banque d’Angleterre ou la Fed américaine vis-à-vis de leurs gouvernements respectifs. Une indépendance qu’a défendue bec et ongles son ancien gouverneur, quand le gouvernement allemand vert-rouge de Schröder voulut manipuler à son goût et à son profit la monnaie commune.
 
Grâce à cela et à la prudence observée depuis le début de la crise, l’euro se vit réévalué sur les marchés, où il flotte librement en compagnie d’autres devises appréciées des investisseurs comme le dollar, le yen, le franc suisse ou les dollars canadien et australien. La force de l’euro, qui provoqua tant de soucis pour les exportateurs allemands lors de la dernière décennie, n’était pas due à la décision unilatérale d’un chancelier allemand ou d’un Président de la République française pour qu’il en soit ainsi, mais bien grâce à la confiance gagnée auprès des marchés. La BCE a fui tout aventurisme monétaire. Il a bien augmenté la masse monétaire, mais pas autant que ses collègues britannique ou américain, qui se sont mis à faire tourner la planche à billets comme des possédés. Et il n’a pas encore monétisé la dette souveraine des États qui composent la zone euro, comme l’a fait la Réserve fédérale américaine. Alors, avec un aussi bon bulletin, pourquoi les investisseurs « attaquent » l’euro ? Sont-ils entrés dans une conjuration au sein de Wall Street pour en finir avec la rêvée devise pan-européenne ?
 
D’abord, l’unique conjuration réelle et démontrable est en réalité celle des gouvernements – convertis en véritables junkies de la dette – contre les contribuables. Ensuite, les investisseurs n’attaquent rien ni personne, ils achètent simplement ce qu’ils croient devoir s’apprécier et vendent ce qu’ils estiment devoir se déprécier. Tout le monde ferait de même. Et enfin, ces investisseurs ont commencé à se défaire de leurs euros parce qu’ils n’arrivent plus à faire confiance dans les gouvernements européens et leurs manœuvres pour sauver les États insolvables, comme la Grèce qui a dépensé ce qu’il n’avait pas, en se faisant prêter l’argent pour payer les dépenses courantes d’une administration éléphantesque.
 
L’investisseur – qui ne porte ni haut-de-forme ni ne fume cigare mais qui représente la première des personnes normales ayant un peu d’argent dans un fonds de placement – est un être très craintif. S’il suspecte qu’un trou grec va l’avaler en même temps que des tonnes d’euros, il s’enfuira en courant, de la même manière qu’il a fui le dollar, il y a deux ans, lorsque Bush mit la main dans la caisse pour sauver les banques hypothécaires et d’investissement. Pour savoir s’il faut avoir peur ou non, les investisseurs se fixent sur les fameux ratings des agences de notation ; mais pas seulement, parce que ces agences ratent leur coup encore plus souvent qu’un fusil de foire d’attractions, et pas vraiment par excès de pessimisme, bien au contraire.
 
Il est ainsi plutôt choquant de voir, par exemple, l’Espagne – avec plus de 20% de chômage, une économie à l’arrêt, les recettes fiscales compromises (alors qu’il s’agit de la garantie que présente un gouvernement quand il demande un prêt aux investisseurs), une dette publique supérieur à 50% du PIB et dépensant plus de 11% de ce qu’il gagne – conserver une excellente note chez Moody’s et Fitch et une bonne chez Standard & Poor’s (qui vient de la baisser au grand dam du gouvernement espagnol). Mais souvenons-nous que ces mêmes agences accordaient également la note maximale à Lehman Brothers quelques jours encore avant sa spectaculaire cessation de paiement. Les notations d’agences – qui, comme on le voit, ne sont que des indicateurs relativement faibles – ne représentent cependant qu’une partie infime des informations qui arrivent aux investisseurs. Le reste se compose des médias, du flair et du bon sens, le plus précieux des sens pour tous ceux qui manipulent de l’argent.
 
Quand ils voient à la télévision que des vandales assassinent trois employés d’une succursale de leur banque, quand un journal découvre un nouveau réseau de corruption, quand court la rumeur que la police limite ses patrouilles parce que le budget carburant a été rogné, les investisseurs, comme le ferait n’importe qui, prennent l’oseille et se tirent. Et c’est ce qui se passe avec l’euro. Si l’idée se renforce que le Portugal va suivre prochainement le sort de la Grèce, ou que l’Espagne va souffrir en juillet au moment d’honorer les échéances, la première a souffrir est la monnaie de cours forcée de ces pays. Si, en plus, il s’avère que le Pacte de stabilité, ciment même de la zone euro, se révèle chaque fois plus n’être qu’un torchon, les acheteurs d’euros cesseront de l’être pour se transformer en vendeurs. Moins désiré, l’euro continuera donc à perdre des plumes face aux autres monnaies.
 
Le cas grec a établi un précédent. L’enseignement retiré par le monde est que si un État européen est endetté jusqu’au cou – la Grèce – un autre – l’Allemagne – viendra couvrir cette dette avec ses propres fonds, extirpés de la poche de ses contribuables, ou pire, tirés d’une nouvelle dette. Et il le fera, en plus, en euros sonnants et trébuchants dans une opération qui s’apparente plus à une opération visant à couler un navire chargé de lingots d’or au-dessus de la fosse des Mariannes qu’à autre chose. Une contamination à travers toute la zone euro du poison du surendettement de certains pays européens qui plombe ainsi encore plus la confiance dans la monnaie unique européenne. À la fin, la Guerre du Vietnam coula le dollar et non pas le mark allemand, qui restait tout aussi stable et désirable.
 
Tant que ces turbulences secoueront l’Europe, l’euro – sa monnaie de cours forcé – continuera de se déprécier. Difficile de dire à quel rythme et jusqu’à quel niveau. Les talents de pythonisse sont souvent de piètre qualité, mais peut-être peut-on prêter l’oreille à Anton Boerner, le président de l’association des exportateurs allemands, qui table sur une parité du dollar et de l’euro pour la fin de l’année. Pour autant que, durant ce même laps de temps, le dollar ne s’effondre pas plus rapidement. Comme vont les choses, seuls conserveront ou augmenteront leur valeur l’or et d’autres métaux, qui n’ont pas, ni n’attendent, ni n’ont besoin d’une banque centrale qui les gouverne.
 

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223 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 11:02

    Cela me rappelle les manifestations étudiantes parisiennes qui sont très souvent pénalisées et discréditées par des casseurs. Etonnamment, de multiples témoins ont pu voir les casseurs franchir sans encombre les cordons de CRS ...
    Tout le monde connait ici sait pourquoi.

    Quand à la prose de Lucillo ... Peut être commencera t-il à s’interroger lorsque nous serons au fond du gouffre ? J’en doute fortement.


    • JL JL 8 mai 2010 13:43

      A ceux qui veulent lire ce fil : n’oubliez pas de commencer par déplier tous les commentaires ; il existe désormais trois « boutons », merci AV !  smiley


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 16:51

      On vit quand même dans un drôle de monde. Des gens qui sont spoliés, pressurés, paupérisés ... j’en passe... et qui ne sont pas d’accord.
      Ils ne comprennent donc pas que c’est difficile pour les « zélites » de prendre toutes ces décisions, évidemment à contre coeur ? Mais il faut bien conserver son train de vie, n’est ce pas ?

      Alors, message général à toute la populace  : Oui, ce sont des décisions dures et des temps difficiles qui s’annoncent, mais vous devez comprendre que c’est pour le bien ... des élites. Alors, soumettez vous et laissez les faire.
      Non, mais ...


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 17:04

      PS : Je déconne, bien sur ...
      C’est un « écran de fumée » pour tromper la censure ...


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 17:05

      Tout le monde à bien compriiissss (chuchotements...) que c’est du deuxième degré ???


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 17:07

      ME..E ! j’ai été démasqué... De plus en plus malins les réacs ...


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 17:16

      Putaing, Lucillo ... Je suis un « agent triple ».... laisse moi vivre...
      Je fais semblant de soutenir la « réaction-facho », mais de manière humoristique, pour que la populace me prenne pour un des leurs .. alors que je soutiens vraiment les zélites...
      Alors, laisse moi faire passer mon message, quoi... solidarité des zélites ...Sinon, c’est les pecno qui vont finir par avoir le dernier mot ...

      Allez, je recommence ...

      Z’ont tout à fait raison les gouvernements de tout piquer aux ploucs, puisque ceux ci les laissent faire... trop facile ... Puisque personne n’aurait l’idée que tous ensemble, ils pourraient renverser tout le truc-machin ... C’est toujours les plus forts (pourris) qui gagnent. C’est comme ça, la vie, on n’y peut rien ...


    • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 17:23

      Mais il comprend rien de rien l’animal ...

      Lucillo, je te dis que je te soutiens ... mine de rien...
      Allez, l’union fait la force (et l’onion fait la farce)


    • foufouille foufouille 8 mai 2010 11:13

      "L’investisseur – qui ne porte ni haut-de-forme ni ne fume cigare mais qui représente la première des personnes normales ayant un peu d’argent dans un fonds de placement – est un être très craintif"

      donc un trouillard ou une co**ll* mo**e ?
      c’est pas les memes pour qui tout doit etre precaire ?
      il faut prendre des risques, etc


      • FRIDA FRIDA 8 mai 2010 12:02

        La désobeissance civile commence par boycotter lucilio.
        C’est un zélateur, un prosélyte, il ne cherche pas la discussion mais la conversion et des adeptes.
        Soit on chante en choeur avec lui, soit on déguerpit.


        • boris boris 8 mai 2010 12:53

          Juste s’en servir pour servir nos apéros et sans prendre de gants avec ce nullissime.


        • ZEN ZEN 8 mai 2010 12:22

          Le score de Lucilio ...

          devrait continuer à baisser

          • ZEN ZEN 8 mai 2010 12:35

            Le repliage...
            devrait continuer à augmenter smiley


            • Mmarvinbear mmarvin 8 mai 2010 13:32

              De toute façon avec la monnaie, soit elle est trop haute par rapport au dollar, soit elle sera trop basse...

              L’ Euro était fortement surestimé par rapport au dollar : 1,55 dollar pour un euro ! Du grand n’importe quoi que Washington a laissé faire car cela facilitait ses exportations au détriment de l’Union.

              La monnaie revient juste à la faveur de la crise à des niveaux plus raisonnables. Le « juste » niveau étant le taux auquel l’Euro a été introduit : 1,16 dollar pour un Euro.

              C’est même une bonne nouvelle pour les ouvriers européens : le prix des biens d’exportations est moins élevé par rapport au même bien produit aux USA et facturé en dollar. Cela aidera à terme à la relance économique en Europe. Donc à l’emploi.

              C’est bon aussi pour le tourisme : les américains ont fui l’Europe à cause du taux de change trop en leur défaveur. Un taux plus bas en incitera à revenir.


              • Pyrathome pyralene 8 mai 2010 16:12

                Faillote ! t’es pas encore replié toi ? smiley smiley


              • kiouty 8 mai 2010 14:33

                Cette vison des marchés en forme d’image d’epinal est réjouissante dans sa naïveté, quand on voit Goldman Sachs qui vend des subprimes de la main droite et spécule sur les défauts de paiment de la main gauche, défauts qu’il a lui-même grandement contribué à engendrer.

                Bref, c’était amusant à lire, on se serait cru un premier avril !


                • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 14:49

                  Belle démonstration d’intolérance.
                  Lorsqu’une secte s’exprime, rien ne doit la contredire.
                  Délirant, Lucillo ... Vous n’avez rien à faire dans un « blog citoyen » ...


                  • Ronald Thatcher rienafoutiste 8 mai 2010 14:51

                    aha ah ah !
                    c’est un concours d’arigami ici...


                    • Claude Hubert rony 8 mai 2010 14:55

                      « Le marché est aveugle, mais son verdict est juste et sans appel... » ben voyons ! !

                      aux lexteurs, pour mon dernier passage ici, faites comme moi. Il n’aura plus que le loisir de se parler à lui même, le sieur lucilio ! !


                      • darius 8 mai 2010 20:45

                        En fait qu’est ce qui peut prevenir les epargnant qu un pays va faire faillite ?
                        les dirigeants ? smiley
                        les agence de notation ? elles sont toujours en retard d ’une guerre
                        Le marche ? OUI il baisse montrant qu’il ne fait plus confiance, que les gens qui ont des obligations grecques preferent les vendre a perte plutot que de courrir le risque de n’etre pas rembourses, et grace a ce marche, monsieur dupont, ou wang(ce sont les chinois qui ont des sous maintenant) sait que ca va mal en grece, il regarde les comptes, et cri aie aie(enchinois je ne sais pas) et vend, donc ca baisse encore
                        cqfd


                      • Alpo47 Alpo47 8 mai 2010 15:14

                        Oui, mieux vaut laisser Lucillon distiller ses « vérités », sans venir faire vivre ses textes et commentaires.
                        Un bon entrainement à la « résistance passive ».


                        • Alpaco 8 mai 2010 15:20

                          Lucillio,
                          pouvez-nous définir le mot « investisseur » ? sont-ce des gens qui spéculent sur des produits financiers avec les nuisances que l’ont voit sur les économies, ou sont-ce des gens qui investissent réellement dans l’économie et créent de l’emploi et des richesses (partagées entre capital investi et travail fourni) ?
                          Un visionnaire du 18ème siècle à écrit :« les riches, en particulier, sont nécessairement intéressés à appuyer un ordre des choses qui seul peut leur assurer la possession de leurs avantages ». Pensez-vous que cette phrase soit d’actualité ou pas ?


                          • darius 8 mai 2010 16:37

                            Un investisseurs et quelqu’un qui a preferer consommer moins, a bu de l’eau du robinet au lieu d ’eau en bouteille, a achete une tele qund son poste a lompe s’est definitivement eteint et n’a pas foncé sur le dernier portable ou le dernier ecran plat pour le plaisir de depenser le fruit de son travail.
                            Resultat il a de l’epargne.
                            Et comme c’est le fruit de ses privations il veut l’investir non pour le plaisir de donner du travail aux ouvrier(qui de toute facon sont maintenant chinois) mais pour sa retraite et/ou ses enfants, et pas pour nourrir la plethore de fonctionnaires crée par un etat generateur de ronds points.

                            Donc son objectif ce n’est pas la speculation mais l’accroissement de son capital
                            Et quand il voit un pays ou les politiques depensent sans vergogne l’argent du peuple, meme si on lui propose des obligations a 12.5% (et oui la grece vendredi c’etait 12.5% mais moi je n’irai pas meme a 20%), il ne prete pas parce qu ’il se doute qu ’il ne sera pas remboursé, et il prefere acheter de l ’or ou des actions nestle(en francs suisse).

                            Pour preter a la grece il faut soit etre un super speculateur imaginant que les actions du gouvernement vont au moins pour un court laps de temps ameliorer la situation et lui permettre de degager une plus value sur ses obligations, soit etre inconscient et preter de l argent qui n’est pas a soi ce que font les pays europeens.


                          • Le péripate Le péripate 8 mai 2010 16:49

                            Un investisseur est d’abord un épargnant qui risque son épargne sur une affaire susceptible de faire grossir cette épargne.
                            Votre citation est juste, à condition de la généraliser en remplaçant riches par privilégiés. Ainsi chacun qui détient un privilège, petit ou grand, monétaire ou celui d’un emploi à vie, sera poussé à tout faire pour qu’il perdure.


                          • Alpaco 8 mai 2010 20:49

                            « Un investisseur est d’abord un épargnant qui risque son épargne sur une affaire susceptible de faire grossir cette épargne. »
                            Un épargnant met en réserve de l’argent, pour des achats futurs.
                            Un investisseur n’a pas la même démarche. Il propose du capital contre rémuneration en échange d’un risque potentiel.

                            Il me semble qu’il existe un mythe sur ce point.
                            Le péripate, vous avez prévu d’épargner en achetant des obligations grecques à 15% sur deux ans ou en mettant l’argent sur un livret A rémunéré à un taux qui compense l’inflation ?


                          • Le péripate Le péripate 8 mai 2010 21:13

                            Du capital ?
                            Personne ne peut épargner du « capital ». Il semble qu’il y a un certain flou dans votre vocabulaire. Dites-vous à la fin du mois « j’ai touché mon capital, je vais le boire » ?
                            Le capital n’est que le détour de production, ce qui n’est pas consommé aujourd’hui pour accroitre la production future. Le rabot du menuisier est du capital. Il a fallu détourner un certain temps, du travail, pour le fabriquer. Ce travail est le capital.

                            En fait, comme beaucoup, vous vivez dans l’univers magique de Keynes. À crédit, que vous confondez avec le capital, et peut-être si vous avez de la chance, en stéréo.
                            Face à la spoliation, au vol légal si vous préférez, il y a deux attitudes : que cela cesse, c’est ce que les libéraux veulent, en croquer aussi (il n’y a pas de raison, n’est-pas ?), c’est ... enfin vous vous serez reconnu.


                          • Le péripate Le péripate 8 mai 2010 21:32

                            Note...
                            Vous évoquiez la question d’un placement.

                            Mon salaire d’ouvrier agricole ne me permet pas ce genre de truc, mais... pour vous.

                            Fuyez les obligations d’états, et achetez des grands groupes européens, qui profiteront de la faiblesse future de l’euro( Natixis plutôt que Renault dont l’endettement est trop important). Mais ne rêvez pas : la vie va devenir plus chère.


                          • ZEN ZEN 8 mai 2010 21:44

                            Investissez dans le vignoble bordelais


                          • Salsabil 8 mai 2010 21:48

                            Emile Red a déjà tout racheté ! smiley

                            Bon, je n’ai pas lu l’article, je débarque tout juste et je voulais répondre ainsi au post de Zen, mais...

                            C’est un gag ce fil cousu de fil replié ????? smiley smiley smiley


                          • darius 9 mai 2010 14:35

                            le rabot n’est pas un capital, c’est un investissement, sa contrepartie financiere qui a permi de l’acheter est le capital. (si on vend son investissement on retrouve le capital)
                            Le capital est le fruit de l’epargne
                            Si un menuisier a besoin d un rabot il peut empunter a quelqu ’un qui a epargné( donc s’est privé volontairement de consomer une partie son revenu actuel dans l’espoir de pouvoir en consommer plus dans le futur)L’interet de l ’emprunt remunere le fait que l’epargant s’est prive de sa consomation actuelle, sans interet, l’epargnant n’a aucune raison d ’epargner, et le menuisier se retrouve sans rabot.Ce sont des choses simples a rappeler.


                          • JL JL 9 mai 2010 15:10

                            Darius, les coopératives, ça vous dit quelque chose ?


                          • FRIDA FRIDA 9 mai 2010 15:12

                            @DARIUS
                            C’est étrange quand même que le capital parle de privation et d’intérêt. Vous dites que l’épargnant s’est privé mais de quoi ? On a l’impression que l’on est face à des épargants qui se privent d’un repas par jour, ne mangent rien au moins deux jours dans le mois, restent en guenilles, se privent de soins, et cet ascétisme, cette privation a constitué une épargne.
                            Mais vous vous moquez du monde ou quoi ?? l’épargnant est celui qui dégagent déjà un surplus non nécessaire à ses dépenses prioritaires et urgentes. Donc c’est quelqu’un qui a un patrimoine qui lui procure ce surplus, rares sont les salariés qui peuvent épargner seulement grâce à leurs salaires, ou avez vous vu quelqu’un acheter une maison sans crédit ?? Il faut tout une vie pour le faire, et ce n’est toujours pas le cas pour la plupart des salariés.
                            Ce qui est injuste c’est que le salarié est privé d’une partie de son salaire qui lui aurait permis de faire de l’épargne. Pire, il faut maintenant que se soit l’endettement qui se substitue à cette dévalorisation du salaire et on reproche au salarié de ne pas pouvoir épargner. Oui bien sûr, il dépensier.
                            Ce que vous présentez comme argument n’est qu’un ensemble de jugements moraux, ramassés un peu partout, dans la religion, dans la morale et vous les jetez à la figure de vos contradicteurs. L’epargnant a droit à sa récompense, bien méritée, alors que le salarié, le débiteur, n’a rien que ce qu’il mérite. Sous prétexte d’arguments vous nous balancez la morale protestante sur l’accumulation de la richesse, la prédestinée et la grace divine. Certains sont comme des perroquets, ils répètent sans même se rendre compte de l’idéologie tapie dans l’ombre qui sous-tend ce genre de discours ultra libéral.


                          • Le péripate Le péripate 9 mai 2010 16:10

                            C’est pourtant le rabot qui permettra d’accroître (ou d’améliorer) la production. La confusion vient, Darius, de ce que vous êtes victime de ce qu’il est convenu d’appeler « l’illusion monétaire », c’est à dire de prendre la valeur nominale pour la mesure de la richesse, ie le capital.

                            C’est si vrai que les historiens de l’économie ont renoncé à exprimer dans des buts de comparaison des époques différentes au moyen d’une unité monétaire.

                            Et que croyez vous qu’ils utilisent ? Le temps. Le temps de travail pour un ouvrier pour 1 kg de pain, par exemple.
                            C’est d’ailleurs cette mesure qui donne la meilleure idée de notre véritable richesse.


                          • Le péripate Le péripate 9 mai 2010 16:24

                            S’il y a bien unanimité dans le monde de gens simples et durs à la peine qui sont mes compagnons de travail, c’est bien l’injustice qui leur est faite ; pour 1 euro porté en banque, c’est deux euros qui auront été dépensé par le patron ; 1 euro supplémentaire qui utilisé astucieusement assurerait les vieux jours, des soins, une aide au voisin dans la mouise, et en plus serait transmis à leurs enfants en cas de disparition prématurée.
                            Ils comprennent très bien le vol dont ils sont victimes. La colère gronde contre l’État spoliateur.


                          • JL JL 9 mai 2010 16:30

                            « S’il y a bien unanimité dans le monde de gens simples et durs à la peine qui sont mes compagnons de travail, c’est bien l’injustice qui leur est faite » (péripate)

                            Vous allez nous faire pleurer ! Vous croyez vraiment qu’en leur donnant cet euro là, ils vont le placer soigneusement chez meilleurtauxpointcom en prévision de leurs vieux jours ?

                            Vous croyez sérieusement que des gens qui sont payés avec un lance-pierre vont épargner, alors que la « fin du mois » pour eux commence le 10 ? Vous plaisantez, ou vous êtes con de chez con ?! 


                          • Le péripate Le péripate 9 mai 2010 16:43

                            Oui, bien sûr, ces « gens » là vont le boire. C’est répétitif chez tous les « intellectuels » gauchistes, ce mépris des salariés, de l’ouvrier.
                            Le pouvoir au Peuple, mais comme il est trop con, nous les intellectuels qui réfléchissons beaucoup et avons des diplômes allons lui dire comment mener sa vie.

                            Lâchez nous la grappe. Laissez faire. Merde, quoi. smiley


                          • JL JL 9 mai 2010 18:43

                            péripate vous êtes vraiment d’une mauvaise foi crasse. Où ai-je dit qu’ils vont « boire » ?

                            Si vous n’aviez que vos 700 euros d’ouvrier agricole, un loyer à payer, des gosses à nourrir, vous ne parleriez pas comme ça.

                            La vérité vous la connaissez aussi bien que moi : voyez le «  travailler plus pour gagner plus » ! L’argent de la retraite sur les heures sup à Sarko est passé à la trappe, et tombé dans l’escarcelle du patron. C’est ça que vous voulez pour tous les travailleurs ? Vous voulez c’est que les conventions collectives soient enterrées, et que chaque travailleur se retrouve seul à négocier son salaire, face à un patron tout puissant !? Qui dira : « c’est ça ou la porte » !? Parce que, avec votre truc, le smic passera aussi à la trappe, bien sûr !

                            Vous êtes écoeurant de mauvaise foi, de bêtise et de duplicité. Voyez-vous, l’avantage avec le repliement systématique et ad hominem de lucilio, c’est qu’on n’a plus besoin de garder un ton correct.


                          • darius 10 mai 2010 23:23

                            @frida
                            C’est quoi l’indispensable ? maintenant c’est le telephone portable, dont on se passait il y a 20 ans ce n’est donc pas indispensable.
                            Donc si un smicard vit au minimum avec un portable, celui qui s’en passe fait aussitot de l’epargne(eh oui ca va vite)
                            Les pauvres depensent plus que les riches.Je connais les deux catégories, je vois des riche faire 1 km a pied pour economiser sur une boite de sardine, et des pauvres qui s’achetent des ecrans geant neuf(les riches en general attendent quelques années que ca baisse) des telephones dernier modele(je connais un riche qui en a un rafistolé au chaterton), qui boivent de l’eau minerale, qui achetent chez ikea(le riche achete d’occasion) etc.
                            Le riche est radin, c’ est pour ca qu il est riche, ce ne sont pas des bill gates ou des footballeurs qui claquent leurs frics.
                            En france c’est tres difficile d’etre riche c’est parfois le resultat d’un coup de genie de chance, ou le plus souvent de travail et de radinnerie sur plusieurs generation et c’est bien parce qu ils savent que c’est dur de gagner des sous qu’ils savent qu il ne faut pas en depenser.



                          • darius 10 mai 2010 23:40

                            Mon smicard s’est prive de son telephone portable pour epargne(eh oui il veut devenir riche au lieu d’etre assisté toute sa vie, ca s’appelle le sens de la responsabilité individuelle) donc en echange de sa privation il veut une remuneration de son epargne.
                            Si on suppose que son epargne ne puisse etre capitalisé", il n’epargne plus
                            En urss pas de possibilite de faire fructiifier son epargne, donc l’individu n’epargne pas : que fait il de son salaire, il le depense (vodka !)
                            Mais il faut financer les investissements, donc epargne forcée, l’etat donne des salaires plus faible pour garder une part de la richesse produite.Donc tout le monde epargne de force
                            Mais comme l’etat ne gere pas son argent mais celui du peuple il fait n’importe quoi(regardez ce que font les gouvernements, de dorite ou de gauche)
                            Donc on fait epargner tout le monde et pas seulement ceux qui le veulent, mais en plus on a pas de retour de ses privations.
                            Je vous signale que l’ouvrier en urss avait un niveau de vie bien moindre qu en france
                            Mais il parait que le salarie francais ne peut epargner puisqu il ne touche que l indispensable, alors l’ouvrier sovietique qu on faisait epargner de force, pouvait pourtant se passer de l’indispensable, non ?
                            Donc la notion d ’indispensable doit etre redefinie
                            L’indispensable c’est le niveau de depense permettant a la cigale de justifier son comportement


                          • FRIDA FRIDA 10 mai 2010 23:56

                            @darius
                            dans votre réponse vous indiquez la même chose que ma critique. Que le riche soit radin ou ait un comportement économe, ne change rien à la donne, ce n’est pas là le problème. Parce qu’il l’économie dégager par un simicard ne lui permettra rien d’autre que de se priver. Le peu d’économie n’est jamais suffisant pour permettre un effet de levier comme un capital conséquent ou un crédit(à condition d’avoir les moyens de rembourser et les garanties), je l’ai dit dans mon précedent commentaire, à supposé que le smicard vive comme un ascète il ne pourra rien faire, faisant un petit calcul,
                            le smic brut en 2010 est de 1343 €, soir environ de 1056€ par mois, pour un célibataire, il faut qu’il dégage une épargne de 150€ par mois, d’où une somme de 1800€ par an et une somme de 36000€en 20ans, à votre avis, et répondez sincèrement, une telle somme au bout de vingt permettra quel genre d’investissement. Ce célibataire imaginaire ne se mariera pas n’aura pas d’enfant, ne fume pas etc. Mais mon exemple n’est qu’une vue de l’esprit comme vos arguments, parce que l’on sait vous et moi qu’actuellement on ne peut vivre que difficilement avec moins de 1000€. Sans parler de l’érosion monétaire.
                            il ne faut pas se raconter la fable de la laitière.
                            LA LAITIÈRE ET LE POT AU LAIT

                            Perrette, sur sa tête ayant un Pot au lait
                             Bien posé sur un coussinet,
                            Prétendait arriver sans encombre à la ville.
                            Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
                            Ayant mis ce jour-là pour être plus agile
                             Cotillon simple, et souliers plats.
                             Notre Laitière ainsi troussée
                             Comptait déjà dans sa pensée
                            Tout le prix de son lait, en employait l’argent,
                            Achetait un cent d’ œufs, faisait triple couvée ;
                            La chose allait à bien par son soin diligent.
                             Il m’est, disait-elle, facile
                            D’élever des poulets autour de ma maison : 
                             Le Renard sera bien habile,
                            S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.
                            Le porc à s’engraisser coûtera peu de son ;
                            Il était quand je l’eus de grosseur raisonnable ;
                            J’aurai le revendant de l’argent bel et bon ;
                            Et qui m’empêchera de mettre en notre étable,
                            Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
                            Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
                            Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
                            Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
                            La Dame de ces biens, quittant d’un oeil marri 
                             Sa fortune ainsi répandue,
                             Va s’excuser à son mari
                             En grand danger d’être battue.
                             Le récit en farce en fut fait ;
                             On l’ appela le Pot au lait.

                             Quel esprit ne bat la campagne ?
                             Qui ne fait châteaux en Espagne ?
                            Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
                             Autant les sages que les fous ?
                            Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux :
                            Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
                             Tout le bien du monde est à nous,
                             Tous les honneurs, toutes les femmes.
                            Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
                            Je m écarte, je vais détrôner le Sophi ;
                             On m’élit Roi, mon peuple m’aime ;
                            Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
                            Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;

                             Je suis gros Jean comme devant.

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