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Accueil du site > Actualités > Economie > L’euro, monnaie-étalon internationale ? Quelles conséquences pour les (...)

L’euro, monnaie-étalon internationale ? Quelles conséquences pour les citoyens ?

Depuis quelques mois, un mouvement peu connu du grand public, mais pourtant continu, fait que de plus en plus d’Etats transforment leurs réserves financières libellées en dollars américains en euros.

De ce fait, qui se conjugue avec une baisse tendancielle du cours du dollar, l’euro s’apprécie de plus en plus et tend à devenir la nouvelle monnaie-étalon internationale. Un banquier affirmait récemment en forme de boutade « le roi vert - le dollar - est mort, vive le roi euro ». Au-delà du trait d’esprit, une vérité nouvelle se fait jour et il peut être intéressant pour tous les citoyens européens d’en analyser les possibles conséquences.

D’où provient la perte de statut et de valeur du dollar US ?


Le grand public a bien noté, car les médias et les politiques ne cessent de le répéter en choeur, que l’euro est trop élevé par rapport au dollar. Selon les politiques, il s’ensuit de nombreux problèmes économiques, financiers et monétaires.

En retournant l’axiome des politiques, on pourrait aussi dire que l’euro est haut parce que le dollar a beaucoup faibli en termes de parité avec les principales monnaies des pays industrialisés, dont l’euro.

Les raisons de cet état de fait sont multiples, mais on peut résumer les causes de cette situation à ces quelques points essentiels :

  • les guerres sans fins en Afghanistan et en Irak ont accru de manière exponentielle l’endettement privé et public des Etats-Unis, aggravant leur situation financière, détruisant la confiance des marchés dans la politique des dirigeants américains. Les Etats-Unis ne pouvaient se permettre un conflit prolongé sur le plan économique, mais c’est ce scénario qui se réalise depuis 4 ans maintenant. Pour ces motifs, la monnaie américaine ne semble plus être, pour les marchés financiers, la monnaie de référence pour l’avenir, d’autant qu’au même moment, des pays ont émergé comme des géants présents et futurs dans l’économie mondiale : la Chine, l’Inde, la Russie notamment ;

  • d’un autre côté, la masse de dollars qui s’accumule dans les banques centrales depuis des décennies, notamment ce qu’on a appelé la « manne pétro-gazière », perdant de sa valeur, ces banques ont commencé à convertir leurs dollars en euros, ce qui a dopé l’euro et affaibli le dollar.

Le processus de passage du dollar à l’euro est tel à ce jour que les spécialistes envisagent que le dollar soit donc détrôné de son rôle mondial de monnaie-étalon - tenu depuis les accords de Bretton Woods (1944) malgré la modification substantielle de ces accords par la décision américaine du 15 août 1971 de briser le lien or-dollar -, et que ce rôle passe à l’euro.

Quelles conséquences possibles pour l’euro et les citoyens de la zone euro ?

Précisons d’entrée, ou, plutôt, rappelons que l’euro n’est pas LA monnaie UNIQUE en Europe comme continent, ni même celle de tous les Etats membres de l’UE, malgré son appellation générale admise, mais cependant trompeuse, de « monnaie unique européenne ».

Il existe bien une zone euro interne à l’UE, laquelle elle-même ne rassemble pas tous les Etats d’Europe. Cette zone concerne à ce jour 13 pays et en sont notamment absents le Danemark, la Grande-Bretagne et la Suède.

Ceci étant clarifié, il importe, pour l’avenir des citoyens des pays membres de la zone euro, de tenter, au moins, d’identifier les conséquences potentielles de cette nouvelle situation, de ce changement de statut impromptu et imprévu par les accords intra-européens antérieurs, de l’euro.

Essayons de résumer avec la plus grande clarté possible les prévisions des analystes financiers les plus compétents dans une telle hypothèse de l’euro, monnaie internationale d’échanges :

  • la plupart admettent, comme première conséquence de l’euro-étalon monétaire mondial, la caducité immédiate et totale des prescriptions du Traité de Maastricht de 1992 sur le sujet. Selon eux, le rôle, donc les responsabilités et les modes de fonctionnement de la BCE - Banque centrale européenne - seraient ainsi à redéfinir. A l’évidence, « gérer » une monnaie commune à 13 pays, en dehors des choix des populations concernées et sans contrôle même de leurs élus, est déjà un problème, mais « gérer » une monnaie-étalon mondiale dans ces conditions revient à préparer à coup sûr des difficultés financières, politiques, sociales et économiques d’une extrême gravité, toutes choses restant égales à ce qu’elle sont à ce jour ;

  • beaucoup s’accordent sur des menaces simultanées d’inflation, de hausses de prix et de variations instables potentielles de la parité de l’euro, en tant que monnaie-étalon mondiale, ceci ayant naturellement des effets complexes, mais en général négatifs, sur les économies des Etats de la zone euro ;

  • un consensus relatif des analystes pointe aussi le fait que les problèmes inhérents depuis 1944 au dollar vont seulement se transférer sur l’euro, sans rien résoudre des problèmes existants, ni éliminer les risques encourus. En langage clair, cela signifie que le poids des problèmes, des crises et des contradictions de l’économie mondiale va passer des épaules des citoyens américains sur celles des citoyens de la seule zone euro, en sus des difficultés propres à ladite zone ;

  • certains estiment que le choix de Dominique Strauss-Kahn, citoyen membre d’un pays de la zone euro, un de ses promoteurs initiaux et aussi un de ses farouches partisans, comme directeur général du FMI, est le signe annonciateur du transfert de la charge de l’économie mondiale de la monnaie américaine sur celle de la zone euro.

Pour les citoyens de la zone euro, les risques induits sont à la fois nombreux et importants, d’autant que l’euro n’a pas été pensé, ni voulu comme monnaie-étalon. Ce rôle nouveau signifiera aussi que la planche à billets devra fonctionner beaucoup à la BCE pour assurer la stabilité des marchés financiers mondiaux, que les tensions inflationnistes ne seront plus jugulables en « interne » à la zone euro, mais largement la résultante de l’influence externe.

Ce rôle inopiné de l’euro peut donc entraîner des modifications de parité très défavorables aux économies de la zone euro, y aggravant le chômage et les phénomènes actuels de paupérisation constatés, qui est une des causes de la crise actuelle en Belgique entre les régions flamande et wallone, l’enjeu étant la dislocation ou la survie de cet Etat de l’Union européenne qui a son centre dirigeant.

Enfin, cette situation peut générer aussi un « réflexe de survie » - un peu comme en Grande-Bretagne qui refuse toujours l’euro - dans certains Etats membres qui pourraient être tentés de ne pas vouloir subir une situation non désirée, ni souhaitable, ni supportable à terme, demandant alors leur sortie de la zone euro afin de protéger leurs économies nationales et le bien-être de leurs citoyens par des politiques nationales indépendantes de l’euro et de la BCE.

Ce scénario signifierait l’éclatement de la zone euro, donc la perte de crédibilité des marchés dans l’euro d’où découlerait une possible crise monétaire internationale de vaste ampleur.

En guise de conclusion provisoire

Pour conclure, spécifions que cet article ne donne que quelques pistes de réflexion sur le processus en cours qui pousse l’euro à devenir monnaie-étalon mondiale, et ne prétend nullement, loin de là, être exhaustif, tant le champ du débat est vaste et multiforme.

Il s’agit ici seulement de pointer des hypothèses et des observations, et non d’asséner des vérités toutes faites. Le débat sur l’avenir de la zone euro en tant que telle, sur la situation des Etats membres en son sein, face à cette évolution, est ouvert. Il est aussi appelé à prendre de l’ampleur avec la montée en puissance de l’euro comme monnaie internationale d’échanges.

C’est aux citoyens des pays concernés qu’il appartiendra, en dernière analyse, de décider de leur propre destin dans ce nouveau contexte qui approche à grands pas.


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95 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 9 novembre 2007 09:50

    Il nous préserve des aléas des prix et nous permet de pouvoir investir dans des pays comme l’Argentine.

    D’ailleurs ce pays immense qui posséde des terres immenses ou le soja OGM sera cultivé permet de faire du nouveau carburant pour les voitures.

    C’est l’occasion d’investir !

    Ensuite pour le touriste français qui pourra retrouver un pouvoir d’achat qu’il n’a plus chez lui.

    Quand je suis parti en Argentine,j’ai acheté mes affaires pour l’année (chaussures,polos,pull,veste,slips,chaussettes..) 4 fois moins cher qu’en France et ce sont des marques !

    En plus,vous manger la meilleure viande du monde dans de tres bon et grand restaurant pour 7 euros sans parler du vin qui est aussi l’un des meilleurs vin au monde.......

    Et même pour voyager,las bas,vous roulez au GAZ !!! OUI c’est encore moins chere !

    Oui à l’euro fort,car ma retraite ne sera pas en France sur la coté d’azur mais plutot en Amérique du Sud


    • floruf floruf 9 novembre 2007 10:30

      oui , et moi l’été dernier je suis parti à Berck et tu me crois si tu veux : les moules étaient à 4€ le litre, j’en ai rammené pour toute l’année ! Incroyable non ?

      Sinon , c’est pour bientôt la retraite ?


    • Nemo 9 novembre 2007 11:08

      Le rêve de tout Agoravox : Lerma en Patagonie, dans une cabane, privé de connection internet... C’est quand la quille ?

       smiley


    • Gilles Gilles 9 novembre 2007 17:54

      Ah Lerma. Toi qui te la joues Sarkozyste à donf, tu t’exiles parce que tu as plus de pouvoir d’achat ailleurs ? Tu me fais penser à un curé moralisateur qui se tire sa bonne.

      C’est tout ce qui t’excites en Argentine, La bonne chair, pas chère ? J’espère pas pour toi...

      Mais c’est quoi ce besoin d’intervenir à tout bout de champ sur Avox, parlant quand même surtout de politique française (articles que tu adores pour promouvoir ton Guide) ?

      Une nostalgie cachée ? Consciente, inconsciente ?

      Mais tant que la vie est moins chère la bas, quel besoin de se mettre à réfléchir, hein ?


    • Dudule 10 novembre 2007 00:12

      D’autant que, ce qui a failli faire crever l’Argentine il y a peu de temps, c’est quand même un peu la politique néolibéralo-sarkozienne, et ce qui fait que tout va quand même beaucoup mieux là-bas maintenant, c’est une politique très à gauche.

      Nous souhaiterais-tu, bien à l’abris dans ta pampa, les tourmants qu’ont subis les Argentins, aujourd’hui vaccinés des délires de l’Ecole de Chicago (ce qui n’est pas notre cas, avec une Chicago Girl comme Lagarde au gouvernement) ?


    • socal 11 novembre 2007 19:01

      Je constate un truc, c’est que le système de notation mis en place par Agvx s’avère à l’usage pire qu’inutile, c.à.d contre-productif. Pour ma part, (et probablement d’autres Agoravoxiens), je m’empresse de lire les « repliés » systématiques que sont Lerma ou DW... smiley


    • Nemo 9 novembre 2007 11:05

      Comment pouvez-vous asséner de pareilles contre-vérités ???

      Votre article est l’exemple-type de ce que peut donner l’addition d’une culture économique parcellaire, d’une idéologie bornée et d’une mauvaise foi éhontée...

       smiley

      Jusqu’à « Essayons de résumer avec la plus grande clarté possible les prévisions des analystes financiers les plus compétents dans une telle hypothèse de l’euro, monnaie internationale d’échanges », tout allait bien.

      Le seul problème était « les prévisions des analystes financiers les plus compétents ». Si on est « historien de formation » alors on a normalement appris que la première chose à faire c’est de citer ses sources.

      Qui sont vos « analystes financiers les plus compétents » ? Vous-même ? Votre Maman ? Paf le chien ? Compte tenu de ce qui suit, je pencherais plutôt pour Paf le chien...

      - Votre 1er point, « la caducité immédiate et totale des prescriptions du Traité de Maastricht de 1992 sur le sujet », vous ne le justifiez en rien. Que la BCE soit indépendante des gouvernements ne pose aucun problème « technique » à la gestion des masses monétaires si l’euro devient vraiment monnaie internationale.

      Bien au contraire, avec l’euro comme monnaie internationale, cela baisse le « coût » d’intervention de la BCE en cas de déséquilibre. A l’heure actuelle, lorsque la FED veut avoir une influence sur les marchés, il lui suffit souvent d’une annonce, et d’un écart de 25 points de base.

      Si la BCE voulait avoir le même impact, elle serait obligée de doubler la mise (50 points de base). Elle ne le fait pas car les conséquences d’un mouvement aussi brutal sur le niveau des taux d’intérêts seraient trop dommageables par rapport au bénéfice attendu. C’est pour cela que la BCE laisse faire la FED.

      - Votre 2ème point, « Beaucoup s’accordent sur des menaces simultanées d’inflation, de hausses de prix et de variations instables potentielles de la parité de l’euro, en tant que monnaie-étalon mondiale, ceci ayant naturellement des effets complexes, mais en général négatifs sur les économies des Etats de la zone euro » est non seulement verbeux à souhait, mais TOTALEMENT FAUX.

      Si l’euro est la monnaie internationale, cela veut dire que les échanges mondiaux se font dans leur très grande majorité en euros. Ce qui veut dire que les transactions internationales de nos entreprises se réaliseront en euros. Or, l’essentiel de leurs coûts sont en euros. Une variation de l’euro, quelqu’elle soit, n’affecte en rien le niveau de leurs charges.

      En revanche, pour nos fournisseurs et nos clients à l’international, cela changera beaucoup.

      Ce sont les pays qui commercent avec le pays détenteur de la monnaie internationale qui subissent le risque de change ! Pas le pays émetteur !

      Nous l’avons reproché pendant des décennies au Etats-Unis, de jouer du fait qu’ils sont émetteurs de la monnaie internationale, d’exporter leur inflation sur le reste du monde, de faire baisser le dollar quand cela les arrange et de le faire remonter quand ils le désirent !!! Et vous, la bouche en coeur, vous venez nous annoncer la « terrible catastrophe », c’est l’euro qui remplace le dollar ???

      Au contraire, lorsque cela se réalisera, ce sera la meilleure nouvelle pour l’économie européenne depuis la l’invention de la machine à vapeur.

      Je ne me risquerai pas, contrairement à vous, à dire que c’est d’ores et déjà fait. Oui les réserves de change des banques centrales du monde entier ont été rééquilibrées en faveur de l’euro. Mais entre le rééquilibrage et le changement de devise internationale des échanges, il y a un pas immense à franchir, et ce n’est pas encore fait, loin de là. Cela ne peut et cela ne se fera pas brutalement. C’est impossible. Il y a beaucoup d’autres facteurs que le simple niveau de la monnaie.

      Le marché des bons du trésor américain -principale source de réserves monétaires en dollars- est le marché le plus liquide au monde. Et aucun des acteurs de ce marché ne voudra qu’il se casse la figure brutalement, car ils ont trop d’intérêts en jeu, les montants sont trop importants. Si sortie il doit y avoir - et j’espère qu’elle se fera -, cette sortie se fera en douceur, petit à petit.

      Mais ce n’est de toute évidence pas le cas aujourd’hui.

      Evitez à l’avenir d’écrire de telles bêtises, car votre crédibilité -aujourd’hui sérieusement entachée- risque de ne jamais s’en relever...


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 12:47

        Cher Némo,

        Comme je l’écrivais, avancer des analyses prévisionnelles est un lancement de débat sur les faits à venir et les réactions qui peuvent se produire.

        Votre commentaire, dans ses arguments donnés,discutables comme tout argument, est partie intérgrante d’un débat qui naît et en se clôt pas par décret, ni par des certitudes arrêtées.

        La BCE n’est pas la FED,ni sur le plan technique, ni sur le plan politique. C’est un fait et elle n’est pas en l’état de changer de rôle sans remettre en cause le cadre originel.

        Quant aux réserves libellés en dollars, elles fondent à une telle vitesse que ce qui est annoncé dans l’article devient une probabilité dynamique, et certes pas encore un fait accompli. Je trace une perspective réaliste, je ne prédis pas.

        Pour les conséquences économiques sur la zone euro, je pense que vous avez vos idées propres, légitimes et respectables, mais que lire un peu en dehors de vos thèses serait un bien, ne fut-ce que pour éviter les excès de certitudes acquises et les assertions à validité éternelle discutable.

        Il se trouve que je travaille aussi avec des spécialistes financiers hautement qualifiés -pour les banques internationales- et que c’est à partir de leurs observations affinées que je fonde un résumé de possibilités larges et ouvertes, sans prétention aucune. autre que de générer une discussion libre et sans tabou.

        En économie, comme en toute chose, il n’est point de dogme établi, ni d’argument d’autorité.

        Bien cordialement vôtre,


      • Nemo 9 novembre 2007 13:26

        Je veux bien qu’en économie comme en toute science humaine, il n’y ait pas de vérité toute faite.

        Cependant, vous conviendrez quand même qu’après 40 ans d’expérience de dollar sorti de l’étalon-or, on puisse tout de même se fonder sur une certaine historicité d’une monnaie internationale dans un système de changes flottants pour avancer des anticipations sur le futur de l’euro dans un système équivalent.

        Ce n’est pas la première fois que les américains font tourner la planche à billet pour résoudre des problèmes internes.

        Sauf qu’il s’agit de la première fois qu’il y a en face une monnaie capable de prendre le relais dans la monétisation des échanges.

        Lorsque l’euro sera enfin devenu la principale monnaie des échanges internationaux, il est certain que nous en retirerons des avantages, dire le contraire me semble insulter la logique et le bon sens.

        Je vous présente mes excuses pour m’être quelque peu emporté. Mais j’en ai assez de cette habitude bien française de cracher sur la construction européenne, dans tous ses aspects.

        Si l’UE fait quelque chose, ca ne va pas. Si elle ne fait rien, on le lui reproche. Et quand elle réussit à construire quelque chose de suffisamment solide pour remplacer une institution de 40 ans (le dollar, comme monnaie des échanges internationaux), on balance que ca va ne nous apporter que des problèmes économiques ???

        N’avez-vous pas l’impression d’avoir la mémoire courte ? 1992 et la dernière attaque sur le franc ca ne vous dit rien ? Vous souvenez-vous seulement de la récession de 1993 qui s’en est suivie ?

        L’Euro et l’Europe nous PROTEGENT, je le dis, je le répète, et je le redirai autant qu’il le sera nécessaire. On peut toujours pointer des imperfections, on pourra toujours estimer qu’il faut améliorer les choses -meilleure coordination entre la BCE et les politiques budgétaires des Etats membres, etc etc.

        Mais de là à dire que « des menaces simultanées d’inflation, de hausses de prix et de variations instables potentielles de la parité de l’euro, en tant que monnaie-étalon mondiale, ceci ayant naturellement des effets complexes, mais en général négatifs, [pèsent] sur les économies des Etats de la zone euro » à cause de cette monnaie, NON, NON, NON, et encore NON.

        Bien cordialement


      • seespan 9 novembre 2007 13:32

        @ nemo

        L’auteur avance des pistes de reflexion interressantes. Tu sembles reconnaitre toi meme qu’il y a un probleme potentiel et l’on sait avec l’experience US que faire tourner la planche a billet n’est une solution que sur le court terme.

        Une solution avec plusieurs valeurs d’echanges est elle envisageable ?


      • La mouche du coche La mouche du coche 9 novembre 2007 13:53

        @ L’équipe d’Agoravox,

        Pour l’amélioration de votre site, pourriez-vous remplacer l’article de Ph. Vassé par les commentaires de Nemo qui le survolent tout du long ?

        Merci d’avance


      • Nemo 9 novembre 2007 14:03

        Les problèmes que connaissent les Etats-Unis à l’heure actuelle ne tiennent pas au fait que le dollar soit la monnaie internationale des échanges, mais au fait qu’ils ont abusé des avantages que cette situation leur confère.

        Le principe même d’une monnaie internationale d’échange est d’être seule à occuper cette position. Et l’Europe n’a en aucun cas intérêt à laisser cette place à d’autres. C’est un avantage compétitif décisif dans les rapports de force économiques mondiaux.

        La seule chose à améliorer sera la coordination entre les politiques budgétaires des Etats et les actions de la BCE. Cette absence de coordination, en raison du Pacte de Stabilité et de Croissance, n’est en rien un danger pour la position de l’euro en tant que monnaie internationale, puisque les déficits publics et la dette des Etats européens sont encadrés dans des critères stricts.

        Tout au plus cette absence de coordination nous coûte-t-elle 1/2 ou 1 point de croissance, et une moins bonne effectivité des politiques publiques dans la gestion des chocs asymétriques. Mais ni l’un ni l’autre ne sont catastrophiques, loin de là.

        Ce sont des ajustements à la marge qu’il convient de faire, non de mettre à plat le système.

        Bien sûr, il ne faut pas oublier que derrière ce 1/2 point de croissance en moins, il y a des êtres humains, des gens qui perdent leur travail, qui ont du mal à en retrouver, et qu’il faut tout faire pour améliorer les choses, limiter les impacts.

        Mais d’un point de vue macro-économique, les bases de l’organisation de l’euro, dans l’optique d’un rôle de monnaie internationale, sont parfaitement saines.


      • Gilles Gilles 9 novembre 2007 18:07

        Merci Némo pour ces précisions qui me semblent plus crédibles ;

        « Mais entre le rééquilibrage et le changement de devise internationale des échanges, il y a un pas immense à franchir, et ce n’est pas encore fait, loin de là »

        Peut être, mais je connais quelques entreprises qui passent des contrats en euros avec des sous traitants étrangers. Il y a 5 ans, c’était difficile de l’exiger mais maintenant c’est bien plus accepté à l’Etranger.

        Au passage je viens de lire un article en Une sur le bordel à Airbus (où je travaille en tant que sous traitant) du à la baisse du dollar. Je cite :

        « Power 8 été construit sur la base d’un taux de change à 1,35 dollar pour 1 euro. Aujourd’hui, la devise européenne vaut 1,47 dollar. »

        Combien de temps avant que en soient renégociés certains contrats en euros ? Airbus ne va pas se laisser couler, ou plutôt Dumper, par un dollar qui s’écroule.

        Petit à petit « l’immense pas » se réduit


      • Dudule 10 novembre 2007 00:44

        Ce que vous dites est vrai... en partie.

        Vu que la BCE est castrée, du fait qu’elle limite volontairement son émission monétaire, qu’elle délègue au secteur privée (monétarisme friedmanienno-débile), je ne partage pas du tout votre optimisme.

        Ces types prèfèrent, en Europe, 10 millions de chomeurs à 1% d’inflation. A la limite, ça fout carrément la trouille si ce sont les mêmes qui ont la charge d’une monnaie internationnale !

        @seespan « on sait avec l’experience US que faire tourner la planche a billet n’est une solution que sur le court terme. »

        Il est vrai qu’aujourd’hui, la Fédéral Réserve semble essayer de sauver les meubles à cours terme. Mais :

        Faire tourner la planche à billets est une nécessité : s’il y a croissance, donc augmentation des biens et des services en circulations, il faut qu’il y ait augmentation de la masse monétaire en conséquence. La pire des catastrophes économiques, c’est le manque de liquidités. Le problème politique (car il s’agit d’un problème politique, pas économique... l’économie, c’est des comptes de fées pour les gogos), c’est : « Qui tient la planche à billets ? ».

        Au vu des statuts de la BCE, ce n’est personne ! PERSONNE !.. à part Trichet... et les banques privées. C’est ça qui fout la trouille !

        Qui tient la planche à billets ? Les banques privées, le « Marché » (prosternez-vous face contre terre, mes bien chers frères : je viens de parler du Divin Marché ! Alléluia !) qui prettent de l’argent qu’elles n’ont pas, et se le font rembourser rubit sur l’ongle à 20% en intérêts cumullés... au bas mot.

        Etonnez-vous que les particuliers, la sécu, l’Etat, les entreprises, etc, s’endettent, quand chaque point de croissance nous coûte 20% d’intérêts !

        Non, vraiment, la planche à billets, l’émission monétaire gratos, utilisée raisonnablement, ça à quand même du bon !


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 novembre 2007 01:15

        Vous vivez à Taiwan ? Vous connaissez ce dicton chinois tiré du I Ching, je crois ? « Il est bien téméraire de vouloir résoudre les problèmes extraordinaires par des solutions ordinaires ». Imaginez que les USA décident de résoudre la crise extraordinaire qui semble s’avancer en arrêtant simplement « temporairement » la convertibilité du dollar, en imposant des restrictions à leur commerce international, en reportant à plus tard indéfiniment - ou en payant en monnaie singe - leurs dettes à la Chine et aux autres, en mettant en place des mesures musclées de contrôle de activités économiques domestiques, pour un « redressement national »... l’Amérique qui, avec ses dépendances immédiates est autarcique, remet ses pendules à l’heure et ne s’en porte que bien mieux... Pour le reste du monde, c’est un cataclysme.

        Fabulation, bien sûr, mais c’est le genre de scénarios que peut concevoir un régime fasciste mené par des psychopathes.

        Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/706.html


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 novembre 2007 01:35

        A Seespan : Denmark

        PJCA


      • seespan 10 novembre 2007 17:19

        desolé mais faux


      • seespan 10 novembre 2007 17:37

        @ dudule

        Quand je parles de faire tourner la planche a billet, je parlais de la situation ou on la fait tourner dans le seul but de financer ses depenses sans avoir a creer de richesse. Pas pour repondre a un quelquon que besoin economique dont je ne saisie pas les finesses ( ce n’est pas ironique je n’y connait pas grand chose en economie ).


      • Webes Webes 10 novembre 2007 21:02

        Si l euro devient la monnaie du commerce inter. en cas de hausse des matieres premieres, il y aura bien hausse de l inflation et des prix M. Nemo.


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 novembre 2007 05:45

        Webes,

        Vous avez synthétisé parfaitement le problème posé et qui est le fond du débat, courtois, serein et citoyen, entre les arguments de Némo et mes interrogations.

        Ce qui est bon aujourd’hui comme monnaie d’une zone limitée est susceptible, en devenant monnaie internationale, de devenir la courroie de transmission de toutes les inflations puisque celles-ci seront exprimées en euros.

        Cela me semblait clair aussi.

        Mais, cela mérite un débat calme et argumenté car c’est de la discussion collective honnête que sortent les meilleurs résultats et donc ls plus utiles réflexions pour l’avenir.

        Bien cordialement


      • Sigefroid 12 novembre 2007 11:13

        c’est beau l’angélisme pro-européen ... l’Europe (c’est qui ça ?) vous protège ? De quoi en fait ? Ouvrez-vos yeux BIEN GRANDS (puisque vous aimez les majuscules)et posez-vous la question de savoir qui elle protège exactement ? Et ne me faites pas le coup de la guerre évitée et autres bilevesées ... On peut écrire des pages là-dessus. Je ne sais pas qui vous êtes, mais si l’Europe comme elle fonctionne VOUS protège, vous ne pouvez que faire partie de la faible minorité qui tire un grand bénéfice de la destruction des tissus sociaux, du tout à l’économie, du retour au libéralisme de base ... des discours creux et du démantèlement des modèles démocratiques ... L’euro - de qui on attend depuis le début d’être une monnaie de réserve - va rigidifier plus encore la politique monétaire virtuelle de la toute puissante et libérale BCE et entraîner plus encore des difficultés économiques et des troubles sociaux dans la zone. Si la planche à billets est haïssable, la rigidité tout azimut et uniquement technique des élites bureaucratiques enrichies, l’est peut-être plus encore. Mais je ne ferai pas le débat ici ! ET je ne suis ni de gauche ni de droite ... je ne suis qu’un observateur attentif qui ne passe pas ma vie à amplifier les poncifs du politiquement correct. « Europe, Europe, Europe ... » disait de Gaule. « Quand ils disent le mot Europe, ils sautent comme des capris ... » ... Je vous laisse donc bêler.


      • saint_sebastien saint_sebastien 9 novembre 2007 12:33

        article intéressant, bonne réflexion et problématique.


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 12:56

          Saint Sébastien,

          Merci de votre commentaire. Je n’essaie que d’étudier et faire appréhender aux citoyens lecteurs ce qui est en train de se passer et ce qui peut en résulter.

          Sachez que je suis aussi attentif au débat qui va s’engager, ici et sur les médias financiers sur cette perspective qui est en gestation.

          Bien cordialement vôtre,


        • grangeoisi 9 novembre 2007 12:44

          Que voilà une volée de bois vert bien assenée Nemo !

          Pourtant Philippe Vassé ne fait qu’expliquer les problèmes actuels et futurs occasionnés par cette tendance à transformer le Dollar en Euro, sinon substituer la monnaie américaine par la monnaie européenne ( pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, l’Euro est la monnaie européenne)

          Si les états membres de la zone euro ont émis x milliards d’Euros et que le marché international leur en demande 2 x milliards : il faut faire quoi ? Il se produit quoi ?

          Dire que tout cela suit un cours tranquille, qu’il passera de l’eau sous le Tower Bridge avant que les gentlemen de la City s’en émeuvent me semble bien optimiste.

          L’Euro en janvier 2001 était coté 0,929 USD, aujourdhui il est à 1,47 USD, trouvez vous que cette évolution est plan plan pour une monnaie si jeune ? Et tout ceci ne serait que petit phénomène ?


          • seespan 9 novembre 2007 12:49

            C’est plus une baisse du dollars qu’une monté de l’euro, du yen ou du court du petrol.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 12:53

            Grangeois,

            Je salue votre contribution qui pose les bonnes questions d’une manière claire et limpide pour tout débutant en économie.

            En effet, si la BCE maîtrise la zone euro et ses besoins en liquidités, que se passera-t-il, sur tous les plans, si elle se substitue à la FED et doit gérer des flux plusieurs fois supérieurs ?

            Puisque je vous réponds, sachez que c’est votre commentaire sur un article précédent qui m’a inspiré, avec les conseils d’un ami banquier international, cet article en forme de questions ouvertes au libre débat.

            Je vous en remercie donc.

            Bien cordialement vôtre,


          • seespan 9 novembre 2007 13:05

            Si les états membres de la zone euro ont émis x milliards d’Euros et que le marché international leur en demande 2 x milliards : il faut faire quoi ? Il se produit quoi ?

            Facile d’abors l’euro grimpe, ensuite je n’en est aucune idée car c’est n’est pas mon domaine de competence.

            Mais il y a quelque mois sur une emission de france culture traitant d’economie, un economiste raportait que pour la premiere fois les banques faisait plus de reserve en euro qu’en dollar. Ce qui signigifier que l’euro ( avec une autre valeur dont j’ai oublié le nom et n’avait jamais entendus parlé ) devenait une valeur refuge mieux aprecié que le dollar. Il a ensuite ajouté que ce moment avait etait predit par les economistes a la création de l’euro et attendus depuis. Donc on peut pensé qu’ils ont etudié aussi comment réagir a la situation.

            Désolé pour ce commentaire un peut flou mais comme préçisé auparavant l’economie et loin d’etre ma specialité pas plus que le français.


          • Nemo 9 novembre 2007 13:09

            Je dis simplement qu’on ne peut pas d’un côté avoir reproché aux Etats-Unis depuis 1971 d’avoir utilisé à leur avantage le fait que le dollar soit la monnaie des échanges internationaux, et maintenant crier au loup lorsque l’euro est en train de commencer à la remplacer.

            C’est une vraie chance pour nous que l’euro soit en passe de devenir la prochaine monnaie internationale, nous devrions nous en réjouir !

            C’est plutôt aux américains de s’inquiéter de cette situation. Mais ils l’ont cherchée. On ne vit pas impunément pendant 40 ans aux dépens du reste du monde, en lui faisant payer des déficits jumeaux (budgétaires et commerce extérieur) et en exportant son inflation sans se retrouver un jour ou l’autre à payer la note.

            Le déclencheur est évidemment le prolongement de la guerre en Irak. Celle-ci coûte cher, trop cher, et ca commence à se voir que la planche à billets verts tourne à plein régime.

            D’où la propension de plus en plus forte des marchés à effectuer un certain nombre de transactions en euros.

            Quant à votre exemple : si les marchés internationaux demandent 2x milliards, on leur donnera 2x milliards, même si on avait prévu au départ 1x milliard seulement. On donne au marché les liquidités dont il a besoin, à moins que l’on veuille absolument déclencher une crise de confiance. Un marché sans liquidités se casse la figure (cf crise des subprimes), et ca fait très mal.

            Il faut tout de même savoir que ce ne sont plus (et depuis un bon moment déjà) les banques centrales qui décident directement du niveau de création monétaire. Elles ne font qu’influer indirectement sur celle-ci, au moyen de différents instruments.

            Parmi ces instruments, on notera le taux d’intérêt directeur, le taux de réserve obligatoire, les émissions ou rachats de titres obligataires, et les interventions sur le marché interbancaire. L’important n’est pas la résultante directe de ces actions, mais les conclusions qu’en tirent les agents financiers et économiques.

            C’est un peu court ici pour faire un descriptif complet, mais je suis sûr que si vous vous y intéressez, vous trouverez sur internet de plus amples informations à ce sujet.

            Quant à l’évolution, bien sûr qu’elle n’est pas « plan plan ». Mais elle est cependant hautement souhaitable. Sans vouloir trop m’avancer, je ne serais pas trop étonné si la courbe ascendante de l’euro s’entretienne tant que le pétrole monte.

            Si on perdait l’effet « amortisseur » d’un euro fort vis-à-vis du pétrole, alors les pressions inflationnistes en Europe seraient vraiment très importantes. Et les instruments qui resteraient à la BCE pour limiter l’inflation seraient beaucoup plus dommageables pour l’économie européenne que le niveau actuel de l’euro.

            En effet, celle-ci serait obligée d’augmenter les taux d’intérêts pour limiter l’inflation ce qui toucherait l’ensemble des acteurs économiques européens, alors qu’un euro fort n’est un handicap que pour les entreprises qui exportent en dehors de la zone euro.

            En d’autres termes, les pertes en terme d’exportations dûes à un euro fort sont un moindre mal par rapport au ralentissement inévitable de l’ensemble de l’économie européenne si la BCE était obligée de remonter ses taux d’intérêts pour l’imiter l’inflation dûe à la hausse du pétrole.

            En clair, la BCE laisse filer l’euro à des sommets, et elle a bien raison.


          • seespan 9 novembre 2007 13:16

            @auteur et nemo

            Quand le dollar est devenu la monaie internationnal ils avaient des reserves d’or pour garantir leur monaie ( bon ensuite ils ont fait tourner la planche ).

            Quelle sont les bases de la solvabilité de l’euro.

            Ne peut t’on pas envisagé un systéme ou les banques commencant a juger l’euro trop risqué ( shéma de l’auteur ) decide de tablé sur d’autre valeur refuges ?

            Une solution a plusieur valeur refuges scénario bien adapté a un monde multipolaire. Elle me semble plus stable.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 13:23

            Cher Némo,

            Vous avancez des arguments fort intéressants, mais bien étrangers au débat amorcé, il me semble.

            L’euro fort en soi est une chose qui se débat librement, quoique la question qui se pose aujourd’hui est : jusqu’où un euro fort ne devient pas un danger avéré pour la zone euro et l’euro lui-même ?

            Je rappelle que le débat que l’article introduit, pour simplifier, est la gestion possible de l’euro si celui-ci devient monnaie-étalon internationale soumise alors aux mêmes contraintes lourdes internationales que le dollar depuis 1944, et surtout depuis 1971 ?

            C’est là que réside le noeud du débat engagé, et pas dans une analyse à court terme, très « europocentriste », de l’euro fort. On ne peut fonder des perspectives viables sur un effet « amortisseur » quand les problèmes financiers et monétaires sont ailleurs que dans le prix du pétrole et celui du gaz !

            Il me semble que vous vous êtes un peu écarté du débat initié, bien que vos arguments soient recevables en majeure partie sur le fond.

            Posons plutôt la question : que se passera-t-il avec un euro fort devenant monnaie-étalon et une BCE indépendante des pouvoirs politiques ?

            Bien cordialement vôtre,


          • Nemo 9 novembre 2007 14:22

            « Jusqu’où un euro fort ne devient pas un danger avéré pour la zone euro et l’euro lui-même ? »

            Nulle part. J’ai déjà répondu par ailleurs, la BCE laisse et continuera à laisser filer vers le haut la valeur de l’euro pour amortir à moindre coût (=dégâts économiques) la montée du pétrole et de l’ensemble des matières premières.

            « On ne peut fonder des perspectives viables sur un effet »amortisseur« quand les problèmes financiers et monétaires sont ailleurs que dans le prix du pétrole et celui du gaz ».

            Vous avez raison. Il n’y a pas que le pétrole et le gaz : il y a le cuivre, le fer, l’acier et tous les métaux ; il y a le blé, le maïs, le riz et l’ensemble des céréales (je vous invite à lire l’article que j’y ai consacré) qui ne vont pas s’arrêter de monter ; il y a consécutivement à la hausse de toutes ces matières premières, celle de toutes les consommations intermédiaires.

            Faites un petit exercice intellectuel : là où vous vous trouvez, regardez autour de vous, tout ce qui est en plastique, dites-vous que tout cela est issu du pétrole, et dites vous que tout cela augmente. Faites de même avec la nourriture et les métaux, et vous comprendrez en quoi un euro fort, compte-tenu de la hausse généralisée (=inflation) du prix de tout cela est une BENEDICTION.

            L’inflation est le pire ennemi du pouvoir d’achat, car, par définition, elle fait baisser la valeur relative de la monnaie, et les premiers touchés sont les SMICards et les retraités. Comptez le nombre de salariés payés à moins d’1,5 SMIC en France, rajoutez les retraités, faites des projections à 10 ans et vous comprendrez les difficultés qui sont devant nous.

            Imaginez un seul instant que la hausse de l’immobilier s’étende à l’ensemble des produits et des services et dites-moi qui va prendre ca en pleine figure...

            Les problèmes économiques actuels SONT la hausse généralisée du prix des matières premières.

            Lorsque l’on parle d’écologie, et que l’on dit que la planète est à bout de souffle, C’EST VRAI. La hausse généralisée des matières premières est la traduction économique de ce fait avéré.

            Comment ne pas voir que les deux éléments sont intimement liés ?

            Alors, « que se passera-t-il avec un euro fort devenant monnaie-étalon et une BCE indépendante des pouvoirs politiques », il se passera que la BCE continuera à amortir l’inflation autant qu’elle le pourra.

            Si l’on donnait trop de pouvoirs aux hommes politques sur la politique monétaire, on tomberait invariablement, à un moment ou à un autre, sur un populiste qui ferait tourner la planche à billet pour un effet bénéfique -politiquement parlant- à court terme mais dramatique -économiquement parlant- à long terme (cf G.W. Bush).

            Je ne dis pas qu’il faille laisser la BCE complètement déconnectée. Il faut qu’elle prenne en compte les avis des politiques, qu’elle se coordonne avec leurs politiques budgétaires respectives (pour éviter que les uns et les autres tirent en sens inverse), mais il faut qu’elle reste indépendante. C’est notre assurance-vie.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 14:52

            Cher Némo,

            Je reçois bien et entends vos arguments.

            L’euro peut monter indéfiniment, tout ira bien, selon vous : comment pouvez-vous assurer cette assertion ? Sur quels éléments concrets ? Et surtout jusqu’à quel niveau REEL où la démesure de la hausse engendrera la chute catastrophique en sens inverse ?

            Les prix des matières premières augmente : pas pour tout le monde et pas uniformément selon les pays justement. Et il semble que ce n’est pas LE seul problème ACTUEL de l’économie, même si celui-ci retient votre attention personnelle du fait de la hausse des prix qui a déjà largement érodé le pouvoir d’achat en Europe et dans le monde.

            Il y a aussi la crise bancaire et la crise financière internationale qui est derrière comme son ombre portée, la bulle des « subprimes » n’en étant qu’une partie apparente et n’étant pas de plus épuisée, loin de là, ainsi que les pages financières des journaux le montrent.

            Il me semble que vous faites un peu trop d’orthodoxie « économique » alors que, maintenant, dans un monde multipolaire économiquement et politiquement, cette orthodoxie perd ses bases mêmes et doit se revisiter.

            Les dirigeants chinois le soulignent : les temps ont changé, les ancens puissants sont affaiblis, les anciens faibles ont la force de frappe et en usent.

            Ce n’est pas pour vous contredire, mais il me semble qu’il serait sage d’éviter de croire en des dogmes stables quand tout bouge et évolue, dans un sens où les critères valables du passé ne le sont plus, comme le démontre la force de frappe chinoise de 200 milliars de dollars pour acheter les sociétés européennes et américaines.

            Il serait temps que nos « vieux économistes dépassé » -au sens intellectuel-, je parle surtout pour l’Europe, se réveillent et regardent les réalités nouvelles au lieu de répéter que tout est figé, compris, connu et prévisible quand tout leur ancien ordre des choses est en plein bouleversement.

            En Asie, les réponses à la hausse des matières premières sont diverses selon les pays. Face à la crise bancaire, il en est de même. La tendance est à un interventionnisme renforcé de l’Etat comme en Chine, au Japon, en Thaïlande ou à Taiwan, pour ne citer que quelques-uns.

            Les règles et les rapports de force changent. Est-ce le cas pour les économistes européens ?

            Je n’en suis pas sûr.

            Bien cordialement,


          • Forest Ent Forest Ent 9 novembre 2007 13:14

            Pas trop d’accord avec cet article.

            Je ne sais pas ce qu’est une « monnaie étalon ». L’euro devient une monnaie de réserve, mais le dollar reste pour l’instant la monnaie d’échange.

            La cause de la baisse du dollar est surtout le fait que les US vivent à crédit : déficit budgétaire, déficit commercial, endettement croissant.

            A mon avis, la valeur réelle du dollar aujourd’hui est d’environ 1,6 dollar pour un euro (entre 1,6 et 1,7) : ça ramène le PIB par habitant à celui des économies comparables comme celles de la zone euro.


            • tvargentine.com lerma 9 novembre 2007 13:23

              C’était un peur résumé l’exemple que je parlais pour l’Agentine sans rentrer dans les détails

              Oui,l’Euro fort est une chance pour le Français ,qu’il doit savoir saisir l’opportunité de gagner de nouveaux marchés en INVESTISSANT dans des pays dont les monnaies sont raccrochées au dollars américains,car de plus en plus les gens se tournent vers l’euro.

              Les Français auraient du méritent à acheter des terres en grande quantité pour cultiver du soja OGM pour produire du combustible se substituant au pétrole et d’ailleurs les allemands le pratiquent déja dans des régions comme San Juan

              Que les investisseurs français se remuent !!!! avec l’euro fort l’investissement sera super rentable


              • Nemo 9 novembre 2007 13:30

                Lerma, les agrocarburants, tant qu’on ne maitrisera pas leur production à partir des tiges non utilisées pour l’alimentation humaine n’ont aucun avenir. CF mon article sur le prix des matières premières agricoles.


              • grangeoisi 9 novembre 2007 14:10

                @ Seespan merci de vous exprimer en français, cela fait chaud au coeur.Ne vous inquiétez pas pour votre « spécialité », votre français est déjà bon et nul doute qu’il ira en s’améliorant.

                En parlant de spécialité il est certain que je suis loin d’avoir quelque compétence dans le domaine financier ou dans celui de la macrofinance et des échanges internationaux.Je n’écris que comme un candide avec mes simples questions, mais j’admire les spécialistes ou amateurs éclairés qui ,ici, font oeuvre de vulgarisation et d’information


                • Lisa SION 2 Lisa SION 9 novembre 2007 14:13

                  Bonjour,

                  Excusez moi si j’élargis un peu le débat, mais j’aimerais témoigner de quelques faits passés troublants. Peut-être les plus éclairés d’entre vous sauront y répondre et confirmer :

                  Au moment exact où Citröen accède au six cylindres et la France lance le Concorde...la hausse du pétrole nuit aux prévisions de croissance de ces deux entreprises. Est-ce un hasard ?

                  Au moment où l’Europe lance Airbus, nouvelle hausse du pétrole...

                  Est-ce encore un hasard, ou effectivement, un puissant lobby économique extérieur tente d’entraver la croissance de notre vieux continent ?


                  • Nemo 9 novembre 2007 14:32

                    Bonjour,

                    Je ne crois pas aux théories du complot des grands méchants marchés financiers contre le dynamisme et le génie des ingénieurs français.

                    Le choc pétrolier du début des années 1970 est directement une conséquence du conflit israélo-palestinien. Concorde et le six-cylindre de Citroën sont sortis juste à ce moment là.

                    Quant à Airbus, le problème n’est pas tant la hausse du pétrole que la facturation des avions en dollars, et la structuration des coûts de l’entreprise.

                    Pour faire simple, les coûts de Airbus sont en euros et les coûts de Boeing sont en dollars, parce que Airbus produit en Europe et Boeing produit aux USA.

                    Si le dollar baisse par rapport à l’euro, et que l’on ramène cela en dollars, les coûts de Boeing ne bougent pas mais les coûts de Airbus augmentent.

                    Parallèlement, le prix de vente des Boeing ne bougent pas et le prix de vente des Airbus baisse.

                    En conclusion, quand le dollar baisse par rapport à l’euro, ca ne change rien pour Boeing, en revanche, pour Airbus, les coûts augmentent et le prix de vente baisse, d’où des soucis de rentabilité.

                    Comme les facteurs de la baisse du dollar sont structurels et tout à fait décorrélés de la compétition économique entre Airbus et Boeing, je ne vois aucun, mais alors aucun lien de cause à effet entre les deux.

                    En espérant avoir répondu à votre question, Cordialement,


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 14:29

                    Pour information et contribution au débat, voici un article en anglais venant d’un débat qui s’aiguise entre les Etats-Unis et la Chine, la seconde étant en train d’acheter cash des entreprises et banques américaines et européennes.

                    C’est en anglais, mais pour ceux qui comprennent cette langue, les faits et les échanges d’opinions relatés indiquent bien le cadre mondial du débat que l’article introduit ici.

                    On notera la déclaration « soft » de guerre financière au dollar par les autorités financières chinoises qui ont dorénavant la plus importante société privée du monde en termes de valeur boursière (Petrochina) et se dotent d’une force de frappe de 200 milliards de dollars pour acheter les sociétés américaines et européennes.

                    Ici, on voit bien que l’euro, fort ou faible, ne protège personne de ces achats massifs. Mais, les dirigeants chinois font jouer les monnaies fortes dites par eux « de réserve » -yen, FS, Livre Sterling, euro, contre le dollar.

                    J’invite Némo à lire le dernier paragrpahe avec attention parce qu’il dément une de ses assertions. Les ventes massives de bons du Trésor US par leurs principaux détenteurs sont massives depuis des mois.

                    Un fait qui peut intéresser et faire réfléchir.

                    Greenback still top currency : Stephen Roach HEGEMONY : The Morgan Stanley Asia chairman rebuffed the Chinese view that the greenback’s day has come and gone

                    BLOOMBERG Friday, Nov 09, 2007, Page 10

                    The US dollar will keep its status as the « world currency » for 15 to 20 years, said Stephen Roach, chairman of Morgan Stanley Asia Ltd, after Chinese officials signaled plans to diversify from the slumping US currency.

                    « The yen, the euro, the sterling, the Swiss franc will take on greater roles but these still don’t come close to commanding the kind of security that the US dollar does in investors’ minds, » Roach, former global chief economist at Morgan Stanley, the second-biggest US securities firm, said in an interview in Beijing.

                    « It will take 15 to 20 years » before its status erodes, he said.

                    The US dollar has fallen against all 16 of the most actively traded currencies this year, reaching record lows against the euro and Canadian dollar on Wednesday as Chinese officials signaled plans to diversify the nation’s US$1.43 trillion of foreign exchange reserves.

                    The dollar is « losing its status as the world currency, » People’s Bank of China vice director Xu Jian (徐堅) told a conference in Beijing on Wednesday.

                    The greenback, trading at US$1.4652 per euro at 8:01am in London, fell as low as US$1.4731 on Wednesday on concern the US Federal Reserve will cut interest rates for a third time this year.

                    The share of global currency reserves fell to 64.8 percent in the second quarter, down from 66.1 percent in the same period a year earlier, IMF statistics show. The euro’s share increased to an all-time high of 25.6 percent from 24.8 percent a year earlier. The pound’s share is at 4.7 percent and the yen’s at 2.8 percent.

                    « We will favor stronger currencies over weaker ones, and will readjust accordingly, » Cheng Siwei (成思危), vice chairman of China’s National People’s Congress, said on Wednesday.

                    The Chinese comments echo those of former US Fed chairman Alan Greenspan who on Oct. 1 said the dollar’s dominance as a reserve currency is being eroded as the euro and the pound become more attractive to investors.

                    Chinese investors reduced holdings of US Treasuries by 5 percent to US$400 billion in the five months to the end of August.

                    China, Japan and Taiwan sold Treasuries at the fastest pace in at least five years in August as losses linked to US subprime mortgages sparked a slump in the dollar. Still, overseas investors own more than half of the US$4.4 trillion in marketable US government debt outstanding, up from a third in 2001, data compiled by the US Treasury Department show.

                    « Dollar-denominated assets held around the world are well in excess of America’s share » of world gross domestic product, Roach said. « The dollar’s status is very much intact. »

                    He said investors had not lost confidence in the dollar but were « dumping » it on concerns over the US current-account deficit, which reached US$197.1 billion in the first quarter before narrowing to US$190.8 billion in the second.


                    • Nemo 9 novembre 2007 14:51

                      @ l’auteur,

                      Je vous remercie infiniment d’apporter, sur un plateau d’argent, autant d’eau à mon moulin...

                       smiley

                      « The US dollar will keep its status as the »world currency« for 15 to 20 years », said Stephen Roach, chairman of Morgan Stanley Asia Ltd."

                      «  »It will take 15 to 20 years« before its status erodes »

                      « Dollar-denominated assets held around the world are well in excess of America’s share » of world gross domestic product, Roach said. « The dollar’s status is very much intact. »

                      Voilà pour le point de vue de Morgan Stanley. Je ne travaille pas chez eux, mais au moins puis-je y trouver un peu de réconfort dans mon analyse, quant au fait qu’il faudra du temps pour que l’euro remplace le dollar comme monnaie des échanges internationaux.

                      « We will favor stronger currencies over weaker ones, and will readjust accordingly ». « Readjust » Réajuster. Pas remplacer.

                      Quand vous parlez de vente massive, on lit bien que « Chinese investors reduced holdings of US Treasuries by 5 percent ». 5%. Les investisseurs chinois on réduit de 5% leurs avoirs en dollar.

                      Vous avez une drôle de définition du mot « massif ». En langage de trader, on appelle ça prendre ses bénéfices, réajuster sa position.

                      Quant au dernier paragraphe, le voici : « He said investors had not lost confidence in the dollar but were »dumping« it on concerns over the US current-account deficit, which reached US$197.1 billion in the first quarter before narrowing to US$190.8 billion in the second ».

                      Traduction : « Les investisseurs n’ont pas perdu confiance dans le dollar, mais le font »descendre« en raison de leurs soucis vis-à-vis des déficits courants qui ont atteint 197.1 milliards de dollars au premier trismestre avant de s’établir à 190.8 au deuxième trismestre. »

                      (pour information : 1 quarter = 1er quart de l’année = 1er trismestre)

                      Je ne vois pas en quoi ce paragraphe, ni le reste de l’article, vient contredire mes affirmations, bien au contraire.

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