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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Europe : calculs politiques sans volonté politique

L’Europe : calculs politiques sans volonté politique

 Chaque point de taux d’intérêt correspondant à 1.2% du P.I.B. à rembourser en plus au titre du financement de cette dette, la Grèce devra donc s’acquitter de 12% de son P.I.B. en seuls intérêts (sans rien débourser) si les taux sur ses obligations d’Etat atteignent un jour 10% ! Une telle rémunération de 10% n’étant absolument pas démesurée ni irréaliste par rapport au risque contracté par ses créanciers en regard d’un pays qui subit un endettement comparé à son P.I.B. le plus grave au monde (monde "développé" s’entend)... La Grèce, qui se retrouve donc face à une dette dont les seuls intérêts seront virtuellement impossibles à rembourser, risque l’implosion pure et simple si un plan d’austérité intérieur volontariste combiné à des aides d’urgence Européennes ne sont pas mis en place.

Pourtant, cette assistance Européenne qui devrait théoriquement se traduire par une contribution active au dégonflement de la bulle grecque de l’endettement consiste actuellement et contre toute attente à encourager davantage ce type de comportements spéculatifs ! Mme Merkel et M. Sarkozy, qui préfèreraient à l’évidence que l’implosion de cette bulle et ses ravages collatéraux ne se déroule pas sous leur règne, exhortent donc les banques, fonds de pension et autres investisseurs Européens à acheter la dette grecque afin de retarder au possible le défaut de paiement de ce pays !

Rivalisant d’hypocrisie, les Chefs d’Etat Allemand et Français justifient ainsi la ruée spéculative sur les papiers valeurs grecs et, ce faisant, endossent l’entière responsabilité dans la pérennisation de l’indéniable schéma de Ponzi hellénique qui rembourse les vendeurs de Bons grecs grâce à l’argent payé par les acheteurs. Au mieux, les dirigeants Européens démontrent une absence cruelle de clairvoyance en congratulant récemment la Grèce des efforts consentis et en invitant investisseurs et spéculateurs à acheter la dette souveraine grecque.

Il est vrai que pas plus Merkel que Sarkozy - tous deux au plus bas de leur popularité et ayant à faire face à de grandes difficultés intérieures - ne pourront faire passer aux yeux de leur opinion le coût d’un sauvetage de la Grèce ... sachant que l’Espagne et le Portugal seront prochains sur la liste. L’Union Européenne sera donc sacrifiée par manque de courage politique et offerte en pâture à la spéculation !
 

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6 réactions à cet article    


  • citoyen 15 mars 2010 11:24

    ce n’est pas la gréce qui a le ratio dette/PIB le plus degradé du monde développé , mais le Japon , suivi (d’assez loin) par la Belgique et l’ Italie


    • curieux curieux 15 mars 2010 21:10

      L’Europe est devenu une gigantesque pompe à fric. Comme la production se fait ailleurs grâce aux efforts soutenus des politicards nationaux et européens, il ne reste plus qu’à pomper le fric de tous les patrimoines existants pour le plus grand bonheur des multi-nationales et de ces politicards qui ne branlent rien mais vivent aisément avec l’argent des autres.. Lorsqu’il auront tout pompé et après eux, le DELUGE.


      • BA 15 mars 2010 22:46

        Lundi 15 mars 2010 :

        Le ministre des Finances néerlandais s’oppose à un sauvetage de la Grèce.

        Le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager a déclaré lundi que son gouvernement était opposé à un plan de sauvetage pour la Grèce, mais que d’autres façons d’aider le pays pouvaient être mises au point par les ministres des Finances de l’Union européenne.

        Le mois dernier, le gouvernement grec a dévoilé de nouvelles mesures d’austérité budgétaire visant à ramener en 2012 son déficit public dans les limites fixées par l’Union européenne.

        Cependant, les investisseurs craignent toujours que le pays ne soit pas en mesure d’honorer ses dettes, et la Grèce doit payer des taux d’intérêt si élevés sur ses nouveaux emprunts qu’ils remettent en question sa capacité à atteindre ses objectifs de réduction du déficit.

        « Il n’y aura pas de sauvetage parce que, premièrement, la Grèce doit résoudre ses propres problèmes », a déclaré le ministre néerlandais des Finances à la presse lors de son arrivée à la réunion mensuelle des ministres de l’Eurogroupe.

        « Il n’y aura pas de sauvetage parce que c’est évidemment interdit par les traités », a-t-il ajouté.

        Néanmoins, Jan Kees de Jager n’a pas exclu la possibilité de certaines formes d’aide financière pour la Grèce et a indiqué que plusieurs options étaient envisageables, par exemple des prêts bilatéraux de certains pays européens ou bien des garanties pour les emprunts grecs.

        http://www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/le-min-fin-neerlandais-s-oppose-a-un-sauvetage-de-la-grece-233419.php


        • ffi ffi 16 mars 2010 00:36

          Oui, mais si les taux d’intérêt s’élèvent - à vouloir se couvrir d’un grand risque, le risque d’un défaut de paiement de la Grèce n’en devient-il pas plus grand ?

          Bizarre ce système. On dirait une course au risque.


          • ffi ffi 16 mars 2010 00:38

            On parle des taux, quand on devrait parler d’étau.


            • ffi ffi 16 mars 2010 02:27

              taux d’intérêts ou étau d’étranglé ?

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