Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’expérience grecque a un précédent (et pas des moindres)

L’expérience grecque a un précédent (et pas des moindres)

Les programmes économiques actuellement appliqués en Grèce sont parfois qualifiés "d'expérience" sur un pays "cobaye".

Il existe pourtant un autre cas tristement célèbre d'austérité intensive, auquel nos laborantins feraient bien de réfléchir deux minutes.

 

Cet article est le premier d'une série de trois, rédigés en conclusion du travail documentaire Chroniques d'un hiver européen portant sur le vécu quotidien des mesures d'austérité par la population grecque.

Adresse originale de d'article : http://hivereuropeen.wordpress.com/listen/episode-3-5-athenes-conclusions/similitudes/


Le documentaire est disponble gratuitement sur le site du projet  : http://hivereuropeen.wordpress.com/

La Grèce n’est pas seule…

Imaginons un pays.

Une crise financière sans précédent provenant de Wall Street va déstabiliser son économie. En moins d’un an, le pays plonge en récession et la baisse de la production combinée à l’augmentation du chômage de 9 à 14% de la population active vont gravement détériorer les finances de l’état. Ces finances étaient déjà fragiles à cause d’une dette importante contractée de manière plutôt contestable. Mais la nouvelle montée en flèche de l’endettement due à la crise économique inquiète les autorités qui procèdent à un changement de gouvernement et mettent au pouvoir un conservateur issu de la bourgeoisie, économiste formé à la London School of Economics.

Le gouvernement formé par ce dernier a alors un objectif prioritaire : faire baisser la dette du pays et relancer l’économie. La solution leur semble très simple : l’état va devoir économiser en coupant dans les dépenses et en augmentant les impôts. La souffrance engendrée sur les classes les plus pauvres est vue comme un mal nécessaire pour rétablir des finances « saines ».

Mais la situation politique est très instable, et passer de telles mesures au parlement n’est pas évident. C’est donc par une suite de décrets-loi exceptionnels que quatre plans d’austérité vont être successivement appliqués au pays au cours des deux années suivantes.

La liste des mesures prises est sans fin : baisse de 25% des salaires dans le secteur public, baisses à répétition de toutes les allocations sociales (chômage, famille, assurance maladie), augmentations à répétition de l’impôt sur le revenu, de la TVA, et des taxes sur des produits de consommation comme la cigarette et l’alcool.

Cette cure d’amaigrissement très violente du budget de l’état a des conséquences catastrophiques : l’économie s’écroule et le chômage explose de 14% à 22% en un an alors que la production économique (PIB) chute de 7,7%. La société est en état de choc et les orientations politiques se polarisent vers l’extrême gauche et le parti nazi, ce dernier connaissant subitement un succès fulgurant.

Malgré cette évolution, le gouvernement décide d’intensifier l’austérité, étant convaincu que son échec est dû à l’insuffisances des mesures prises. Un nouveau paquet d’austérité est adopté par décret alors que le chômage est à 22%. Dans une déclaration officielle, le gouvernement annonce « qu’il reste maintenant moins de 100 mètres jusqu’à la cible. »

La suite de l’histoire est connue : un an plus tard, le PIB chute à nouveau de 7,5% et le chômage passe à 28%. La radicalisation politique de la population s’intensifie, menant à l’arrivée au pouvoir en 1933 du parti nazi et d’Adolf Hitler, ce dernier s’étant servi de l’effondrement économique et social du pays comme levier pour sa campagne de propagande.

Car en effet, il n’est pas question ici de la Grèce. Cette description factuelle est celle des dernières années de la république de Weimar entre 1929 et 1933, les années sombres qui ont mené au nazisme et à la deuxième guerre mondiale. Le gouvernement dont il est question ici est celui du chancelier Heinrich Brüning, nommé à cette fonction en 1930 par le président fédéral Paul von Hindenburg. Son entêtement à mener une politique d’austérité extrême a fait imploser l’économie et la société allemande en l’espace de deux ans.

Cette expérience de cure d’austérité et ses conséquences, l’accession du parti nazi au pouvoir menant quelques années plus tard à la deuxième guerre mondiale, ne semble en fin de compte pas avoir été aussi traumatisante que cela. Il faut chercher très profond dans les archives internationales des trois dernières années pour trouver des journalistes ou des personnalités médiatiques faisant référence à ce précédent historique pour aborder la problématique actuelle.

Sous l’effet de l’austérité, le taux de chômage en Grèce est passé de 9,5% en juillet 2009 à 12,5% en juillet 2010, 17,8% en juillet 2011 et 25,1% en juillet 2012.

Simultanément, on sait que le parti néo-nazi grec « aube dorée » est passé de 0,46% des votes aux élections européennes de 2009 à 5,3% aux élections municipales d’Athènes en 2010, puis 6,92% aux élections législatives de Juin 2012, et que 12% des personnes sondées approuvaient l’attitude du parti en mai 2012, part qui atteint les 22% en Septembre 2012.

L’accumulation de ces faits ne cherche en aucun cas à prédire une accession, peu probable, d’un parti néo-nazi au pouvoir d’un pays subissant l’austérité européenne. Les mêmes causes ne peuvent avoir les mêmes effets dans le domaine si aléatoire des comportements sociaux. Ce qui est démontré par contre, c’est que la situation économique et sociale atteinte à l’automne 2012 en Grèce est du même ordre que celle de l’Allemagne en 1933.

Il est alors sidérant et inquiétant de constater que le niveau de préoccupation atteint par les institutions et les politiciens européens ne dépasse pas une sporadique phrase de compassion, pommade cynique servant à faire passer les nouveaux plans d’austérité et de privatisation.

Fin 2010, on a pu s’inquiéter des risques économiques que pourraient amener l’austérité.
Fin 2011, les conséquences dramatiques de ces mesures laissaient espérer une prise de conscience et un virage politique.
Fin 2012, le potentiel destructeur avéré et abouti de cette politique combiné à un aveuglement proportionnel des grands décideurs européens ne laisse plus beaucoup de place à l’optimisme pour les temps à venir.

Le grand traumatisme fondateur qui régit aujourd’hui la politique économique allemande et européenne est la peur de l’inflation et de l’instabilité monétaire. Pourtant, la grande crise d’hyperinflation a eu lieu en Allemagne en 1922-1923, une décennie avant la grande dépression et la montée du nazisme. Dans la conscience collective des décideurs, il semble que l’annulation par l’inflation de toutes les fortunes personnelles d’Allemagne ait un impact bien plus important que la destruction de l’économie et de la société allemande par les politiques d’austérité en 1930-1933.

Quelle explication trouver au fait qu’une erreur si grossière et dramatique soit reproduite 80 ans plus tard exactement à l’identique par l’élite du même pays ? La seule différence, de taille, est que cette erreur est aujourd’hui infligée à un autre peuple et non au sien…

On pourra remarquer que le mot « Schuld » en allemand signifie aussi bien « dette » que « faute » ou « culpabilité ». Pour les élites conservatrices germanophones, le fait que les pays surendettés aient « fauté » n’est même plus un rapprochement facile : le concept linguistique est tout simplement équivalent. On peut alors se demander si ce n’est pas un excès d’antique morale religieuse qui pousserait la classe dirigeante allemande à assimiler le « mal nécessaire » de l’austérité à une « punition ».

La question de la responsabilité de ce drame restera probablement longtemps ouverte, mais il y a maintenant urgence à éviter le pire.

Chroniques d’un hiver européen, une série documentaire sur l’austérité en Europe
À regarder sur : hivereuropeen.wordpress.com


Moyenne des avis sur cet article :  4.69/5   (103 votes)




Réagissez à l'article

89 réactions à cet article    


  • walden walden 14 novembre 2012 09:06

    j’aime beaucoup cet article, je partage cette analyse. je me permets de faire remarquer que, à un rythme différent selon les états, toute l’europe suit la même trajectoire.
    par ailleurs, pour ceux que ça intéresse, je renvoie au site du cadtm pour l’histoire des dettes,http://cadtm.org/Francais
    on y apprend notamment que le défaut sur la dette est antérieur à notre ère.


    • Dwaabala Dwaabala 14 novembre 2012 15:00

      à walden : « toute l’Europe suit la même trajectoire. »

      Il n’est guère vraisemblable que la politique des dirigeants européens, en premier lieu allemands, soit le fruit d’une erreur.
      La Grèce est le champ d’expérience (comme l’Espagne le fut pour les armes Nazis) qui ouvre des perspectives sur ce que l’Union européenne entend faire de ses travailleurs : des masses désocialisées, réduites à la misère, en compétition avec celles des pays les plus déshérités de la planète.
      Avec pour perspective, à terme, la race des surhommes qui tiennent tout et celle, immense, des bons à rien.
      C’est un retournement de l’histoire.

      Merci à l’auteur de l’article pour ce rappel historique.


    • frugeky 14 novembre 2012 09:22

      Ce fut vrai aussi pour l’Indonésie, la Corée, la Thaïlande, le Chili, l’Argentine, la Pologne, la Russie, l’Espagne en ce moment avec l’instauration de lois condamnant plus sévèrement les manifestants...bref, les thèses néolibérales de l’école de Chicago...


      • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 14 novembre 2012 10:36

        Merci frugeky de rappeler que de nombreux pays ont subi « La stratégie du choc » afin de ruiner les peuples et d’enrichir les banques et les multinationales, suivant les théories des économistes de l’ Ecole de Chicago...

        La lecture de « La stratégie du choc » de Naomi Klein est parfaitement en phase avec ce que nous allons vivre. Ce que propose Hollande est l’application des directives de la Troïka ( FMI + BCE + Commission européenne).

        C’est la raison pour laquelle il est urgent de mettre sur pied un Nouveau Conseil National de la Résistance, pour sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN, pour retrouver la démocratie et l’indépendance. Rejoignez l’ UPR d’ Asselineau et visionnez les vidéos sur le site du M’PEP sur la création du Nouveau Conseil Nationale de la Résistance.


      • jaja jaja 14 novembre 2012 11:07

        Banques et multinationales doivent toutes être socialisées après expropriation de leurs gros actionnaires sans indemnités ni rachat..... Après la création d’un monopole bancaire au service de la population, ayant donc l’exclusivité du Crédit il faudra refuser de payer la dette aux capitalistes qui la détiennent....

        Pour ce faire la force du nombre sera une nécessité... Les capitalistes ne se laisseront pas dépouiller sans réagir... Il n’y a aucune solution « légale » pour s’approprier les banques et les moyens de production.... La Révolution par les urnes est un leurre de même que tous les nouveaux CNR censés nous ramener aux 30 glorieuses (mais pas à nous sortir du capitalisme)....

        En conséquence tous les Traités européens existants ne seront plus que chiffons de papier pour un ou plusieurs peuples soulevés....L’UE capitaliste n’existera plus pour eux et il s’agira de construire ensemble une autre Europe socialiste avec la socialisation des banques (dont la BCE) et des moyens de production....

        Si cet objectif ne peut être atteint un peuple européen isolé, obligé de sortir seul du capitalisme devra dénoncer les Traités, puis sortir de l’euro après avoir exproprié les banques et refusé de rembourser la dette....


      • Micka FRENCH Micka FRENCH 14 novembre 2012 15:45

        Des nouvelles de l’Ecossaise...

        Voici un commentaire dans lequel je reconnais toutes les prédictions que j’ai pu faire depuis mon « NON A MAASTRICHT ».

        La seule voie est la confiscation globale, l’expropriation et la nationalisation des banques et des énergies.

        Micka FRENCH
        http://Mickafrench.unblog.fr


      • 1871-paris 1871-paris 14 novembre 2012 16:32

        jaja la finalitee de cette eventualitee est de plus en plus incontournable pour nous les bons a rien...


      • Fifi Brind_acier Pilou Camomille 14 novembre 2012 20:00

        @ jaja,
        Je crois que vous confondez vitesse et précipitation.

         Le but de l’ UE est de faire disparaître les Etats- Nations, pour les remplacer par une Europe des Régions ( Lire « la décomposition des nations européennes » de Pierre Hillard).

        Le tout englobé dans une large zone Transatlantique qui ira, (en 2015 c’est demain), de l’ Amérique du Nord à la Lituanie + le Grand Moyen Orient.

         Les cartes sont prêtes depuis 2006 (Lire « La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial » de Pierre Hillard.)

        L’urgence est de sortir de ce piège organisé par les USA, la Troïka et leurs marionnettes.

        C’est la raison pour laquelle il est urgent, avant d’être ruinés et colonisés complètement, de sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN.

        Le plus simple est qu’une majorité de Français, forcément de toutes tendances, demandent la sortie de l’ UE par l’article 50 du Traité de fonctionnement de l’ UE.

        Quand la France aura retrouvé son indépendance, monétaire et démocratique, les Français décideront de leur avenir. Ils choisiront vos solutions s’ils le souhaitent.

        Pour plus d’informations, pour « Un Nouveau Conseil National de la Résistance », voir les vidéos sur le site de l’ UPR et du M’PEP.


      • Lou Lou 15 novembre 2012 01:04

        Jaja je partage votre point de vue, mais les capitalistes ont l’ armée avec l’ aviation et leurs armes ultra moderne avec eux, ça va prendre plus que des fourches et des fusils pour les renverser ...
        On aurait besoin d’ un Chavez français ...


      • frugeky 15 novembre 2012 03:03

        Pis même que le traité de Lisbonne réintroduit la peine de mort en cas d’insurection.


      • Romain Desbois 16 novembre 2012 23:30

        Et défendu par Badinter lui même !!!!

        Lors du TCE , je lui ai écris pour lui demander si il avait vu çà avant de soutenir le TCE.

        Il m’a répondu d« une manière très insultante pour les nonnistes, un truc du genre »vous avez voulu ni le déshonneur ni la guerre, vou saurez l’un et l’autre". Une manière de nous traiter de lâches en somme.


      • malape 21 février 2013 23:27

        Plutôt que de nationaliser les banques, laissons les coulez !
        Puis supprimons l’argent !


      • JL JL 14 novembre 2012 09:33

        Vous avez aimé cet article ?

        Vous aimerez celui-ci :

        « Le capitalisme entre dans sa phase sénile » par Samir AMIN

        Chapeau : « La pensée économique néoclassique est une malédiction pour le monde actuel. » Samir Amin, 81 ans, n’est pas tendre pour plusieurs de ses collègues économistes. Et encore moins pour la politique des gouvernements. « Économiser pour réduire la dette ? Des mensonges délibérés » ; « Régulation du secteur financier ? Des phrases creuses. » Il nous livre son analyse au scalpel de la crise économique."


        • frugeky 14 novembre 2012 10:00

          Excellent article ! A lire !


        • OB_Ouonne 14 novembre 2012 13:17

          Le lien est cassé... Étrange coïncidence !


        • frugeky 14 novembre 2012 13:52

          Le revoilà http://www.legrandsoir.info/le-capitalisme-entre-dans-sa-phase-senile.html sinon il est sur le site du Grand soir...


        • moussars 14 novembre 2012 16:32

          @ Ob-Ouonne

          Le lien n’était pas cassé : l’url avait seulement parasite « * » à la fin de l’adresse.
          xxxx.html* au lieu de xxxx.html


          Quant au fond de l’article en question, j’approuve également tout comme celui de l’auteur sur AgoraVox.


        • Yvance77 14 novembre 2012 10:49

          Salut

          La vérité première est que jamais, jamais, jamais la Grèce ne pourra rembourser la dette Goldman Sachs. On le prend par le bout qu’on veut il en sera ainsi.

          On l’effacera un jour ou l’autre... c’est l’issue la plus probable... mais d’ici là des révoltes citoyennes juste auraont sans doute éclatées !


          • Aurevoiràjamais Aurevoiràjamais 15 novembre 2012 08:14

            Le but c’est justement de rendre la dette impossible à rembourser.

             A eux seuls les intérêts suffisent à asservir une nation...


          • Blé 15 novembre 2012 16:07

            @ aurevoiràjamais,

            Je crois que la finalité de cette guerre contre les salariés de la zone euro et des acquis sociaux des travailleurs est, comme vous le dites, de maintenir éternellement les peuples sous le boisseau des puissants.

            Les partis politiques qui se disent de gauche le savent bien puisqu’ils acceptent les exigences des banquiers.

            Qui peut croire qu’un travailleur qui a acheté une maison et ne peut la rembourser parce qu’il a perdu son emploi réduit la « Dette » du pays ? Personne peut le croire. Par contre que les banquiers récupèrent les maisons et les appartements pour une poignée de haricots afin de les revendre à de riches acquéreurs des pays « émergeant », c’est tout bénef pour eux. Ils ont aucun intérêt à ré-industrialisé les pays de la zone euro puisque la main d’œuvre pas cher est ailleurs.

            Il faut que les français comprennent bien que le modèle sociale que veut imposer le MEDEF est celui des années 1850 ? Ce n’est pas une régression d’un siècle mais plutôt de deux siècles. Que peuvent les travailleurs français (salariés et autres) quand une entreprise polonaise, ou espagnole casse les prix en France parce que leurs salariés sont payés avec des lance-pierres ? Crier dans la rue ? Cela ne dérange les places boursières, les spéculateurs, les milliardaires qui voguent sur un bâteau de luxe.


          • celui qui maugréé celui qui maugréé 14 novembre 2012 10:52

            Analyse assez juste globalement.
            l’essentiel du problème est que les extrêmes dangereux ont toujours été considéré comme une cause et conséquence par les politiques actuels et une grande partie de leur contemporains.

            Les historiens eux s’ils sont un tant soit peu objectif insiste sur l’état de délabrement préalable à la mise en place des dictatures ...

            comme je l’ai moi même répété dans certains de mes articles et commentaires  :

            -corruption des élites
            -capitalisme et crime qui paient plus que le travail
            -mise en concurrence des peuples
            -abandon des éléments fondateurs et rassembleurs aux mains des extrêmes
            -refus de changer le système au risque de le faire agoniser un peu plus
            rigueur extrême de pressant que la base honnête
            -sentiment d’abandon des forces vives incluant les forces de l’ordre, armée etc

            tout ceci finit par être récupéré par les nationalistes et les gens ne cessent de répéter l’erreur et de refuser de considérer que les dictatures du XX eme siècle ne sont pas des cause mais des conséquence qui elle même peuvent en avoir d’autre.

            CQFD


            • louphi 14 novembre 2012 15:59

              celui qui maugréé

              « ...les dictatures du XXe siècle ne sont pas des causes mais des conséquences qui elles-mêmes peuvent en avoir d’autres ».

              Musima

              « Oui, la bascule vers un totalitarisme est ce qui se profile, mais en vérité, n’est-ce-pas précisément ce que recherchent la poignée de malades mentaux qui nous ont concocté l’Europe obèse, l’empire bancaire et l’armée totalitaire USA ? »

              lowner

              « ... les mêmes résultats désastreux avec des décennies de dictatures Argentine, Chili, Uruguay etc. »

              Musima, vous êtes contradictoire sur ce coup.

              D’un côté, « La bascule vers le totalitarisme se profile » : donc on n’est pas encore dans le totalitarisme. On va y arriver. Mais on n’y est pas encore. On a bien compris.

              D’un autre côté, « la poignée de malades mentaux qui nous ont concocté l’Europe obèse, l’empire bancaire et l’armée totalitaire USA ». Le totalitarisme est donc déjà là avec l’armée « totalitaire USA », donc avec le régime USA, car l’armée n’est jamais totalitaire à elle toute seule. Si l’armée est totalitaire, c’est que le régime, dont l’armée n’est qu’un instrument, lui-même est totalitaire. Or, si les USA sont totalitaires, il ne vient à personne l’idée de dire que le totalitarisme se soit installé dans ce pays à la faveur d’une crise « cataclysmique ».

              A quelque chose, malheur est bon. Votre contradiction révèle cependant que le totalitarisme intrinsèquement n’est pas le produit d’un « cataclysme », d’une « crise cataclysmique ». En réalité, le « totalitarisme », que l’on désigne aussi sous le vocable de « dictature », est l’instrument avec lequel un groupe d’hommes, disons une classe sociale, brime, réprime et opprime une ou plusieurs classes sociales pour se satisfaire, pour satisfaire ses désidérata. Le totalitarisme, ou dictature, découle de l’existence des classes sociales. Le totalitarisme a encore pour nom l’Etat. Tout état est par définition dictatorial, totalitaire. Les organes les plus caractéristiques du totalitarisme, de la dictature ou Etat, même sous la république la plus démocratique, sont par exemple : la Présidence de la République, le Gouvernement, l’Assemblée, le Sénat, l’Armée, la Gendarmerie, la Police officielle ou secrète, les tribunaux, les prisons, etc. Ainsi, il n’existe pas d’Etat sans dictature, sans totalitarisme, sans absolutisme.

              Donc, quand on parle de totalitarisme, de dictature, il faut toujours préciser la classe sociale qui se sert de ce totalitarisme, de cette dictature, sinon, on brasse du vent. On s’aperçoit alors que selon les désidérata de la classe qui l’exerce, le totalitarisme, la dictature, est soit bonne pour les classes sociales qui exerce ce pouvoir, soit mauvaise pour celles qui le subissent.

              L’endroit où on peut mieux appréhender et se clarifier cette notion de dictature, source de tant de confusions et de controverses, est l’ouvrage intitulé « L’Etat et la Révolution » de Lénine, le chef de la révolution prolétarienne soviétique russe.


            • moussars 14 novembre 2012 16:49

              @ louphi

              Un peu nébuleux !
              Fallait commencer par le dernier paragraphe, celui sur Lénine.
              Vous savez, celui qui a remplacé une dictature par une autre pour n’avoir pas eu confiance dans le peuple.
              Vous savez, ce bolchevique qui a fait exterminé les seuls vrais soviets, ces conseils d’ouvriers et marins de Kronstatd et de Petrograd qui réclamaient le pouvoir du peuple sans aucun intermédiaire et parti parasite, qui immanquablement, ne pouvait qu’imposer une dictature. Et Staline ne comptait pas alors...
              URSS est un sigle (volontaire) mal à propos : remplacer le S de Sovietski par Bolchevique serait plus historique...
              Lisez ou relisez des gens comme Voline. Eux, ils savaient de quoi ils parlaient et leur idées étaient vraiment révolutionnaires...


            • louphi 14 novembre 2012 21:13

              moussars

              Les anarchistes ou libertaires sont bien connus par le mouvement révolutionnaire prolétarien comme étant des enfants terribles à cause de leur unique revendication maximaliste qui consiste à réclamer l’avènement du communisme du jour au lendemain sans passer par l’Etat. Les anarchistes n’ont aucune connaissance de la société, encore moins de l’Etat. Quand ils parlent du « peuple », des « masses », pour eux, ce sont des blocs uniformes de matière, qui ne doivent surtout se mouvoir que par leur propre inertie, à l’exclusion de toute autre forme d’énergie. Je dis « enfants terribles » pour désigner cet opportunisme puéril.  La source de cet opportunisme puéril se trouve dans l’ignorance la plus profonde des ressorts économiques, sociaux et politiques de la société en général, de la société capitaliste en particulier. Cet opportunisme puéril se manifeste par son refus, précisément aux masses qu’il implore par des incantations stériles, du droit de mener la lutte politique face aux exploiteurs.

               


            • ZEN ZEN 14 novembre 2012 11:54

              Excellent article
              Hélas !
              Mérite de rester à la une toute la semaine


              • julius 1ER 14 novembre 2012 17:21

                @moussar

                tes résumés sont un peu simplistes, en attribuant à Lénine la mise au pas des soviets, Lénine n’a fait assassiner aucun bolchévique, avant de mourir en 1924 il avait mis en place la NEP nouvelle économie politique qui consistait à mettre en place un vaste secteur privé car il avait parfaitement compris que toute l’économie entre les mains de l’état allait mettre en place une vaste bureaucratie, de même la dictature du prolétariat( tout l’appareil politique entre les mains d’un seul parti) n’était pas quelque chose d’acquis jusqu’à sa mort ; il faut rappeler qu’en 21 Lénine fût victime d’un attentat qui le laissa diminué physiquement, et ce n’est qu’à la suite de çà que les autres partis furent interdits car l’attentat venait d’unparti appelé les SR sociaux-révolutionnaires, comme quoi l’histoire n’est jamais un produit fini . en tous cas Lénine n’aimait pas Staline , on le sait vraiment maintenant , il le trouvait par trop brutal nul doute qu’il ne lui aurait pas confié les rennes de l’état et l’histoire en eût été changée !!!!


              • lowner 14 novembre 2012 11:55

                La même expérience économique fut affine en Amérique Latine et les mêmes résultats désastreux avec des décennies de dictatures Argentine, Chili , Uruguay etc.

                Tout est très clairement explique dans le livre de Naomi Klein « La stratégie du choc » sur youtub pour les presses ; pas du tout fantaisiste , je suis témoin smiley


                • Robert GIL ROBERT GIL 14 novembre 2012 12:20

                  voici ce que declarait Mikis THEODORAKIS il y a juste un an :Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre , la seule solution est de se lever et de combattre »

                  voir : LES BANQUES RAMENERONT LE FASCISME


                  • Furax Furax 14 novembre 2012 12:25

                    Appel
                    Je suis nul en économie.
                    Quelqu’un pourrait -il me communiquer les deux chiffres suivants, les deux seuls qui m’importent ::
                    -Combien la France a-t-elle emprunté hors intérêts, depuis le loi Pompidou/Rotschild ?
                    -Combien a-t-elle remboursé au total depuis cette même date ?

                    Merci d’avance !


                    • non667 14 novembre 2012 14:48

                      à furax
                      marine l’a dit pendant sa campagne !
                      en gros de mémoire :
                      dette capital et intérêt : 1500 milliard
                      remboursement d’intérêt depuis la loi pompidou :1.400 ce qui lui à permis de dire que sans cette loi et l’euro (donc en dévaluant le francs ,créant de la monnaie à la place des banques !!! )nous serions presque en équilibre et que la retraite pourrait rester à 60 ans . c’était à ce sujet qu’elle répondait à un journaliste .


                    • Furax Furax 14 novembre 2012 15:37

                      Merci beaucoup Non 667 !
                      Mais ce n’est pas exactement ce que je voulais savoir : à combien s’élève la dette hors intérêts, c’est à dire seulement le capital emprunté ? Avez vous cette réponse qui serait encore bien plus parlante ?


                    • julius 1ER 14 novembre 2012 16:23

                      @furax

                      la France a payé depuis 1973, plus de 1600 milliards d’intérêts sur cette Fameuse dette qui elle se montemaintenant à 1700 milliards( +600 milliards en 5ans Mr Sarkosy champion toute catégorie) le problème de cette fameuse dette c’est que l’on ne paye que des intérêts et que l’on ne rembourse pas le capital , c’est assez extraordinaire, plus on rembourse, plus la dette s’alourdit
                      sans qu"apparement cela ne choque personne, puisque personne ne vient demander un audit de cette fameuse dette. Le trio Pompidou, Giscard, Balladur a signé la fin de l’émission de monnaie par la banque de france en 1973 et ce fut le début de l’aventure de la dette. Je pense que le deal de l’époque était que la France en abandonnant la création monétaire entérinait le dollars Roi, en contrepartie elle recevait la manne de l’épargne retraite des fonctionnaires américains qui venait s’investir dans l’économie française.


                    • Furax Furax 14 novembre 2012 18:24

                      @Julius,
                      Merci, c’est consternant !
                      Mais, en Capital, on a emprunté combien ?


                    • julius 1ER 16 novembre 2012 16:10

                      si ma mémoire est juste la dette française se montait, déja à 700 ou 800 milliards à la fin des années 80, le champion au début des années 90 a été Balladur 1er ministre et Sarkosy ministre des finances en moins de 3 ans , + 350 milliards de dettes en fait l’ami Sarko a un long passif derrière lui, en cumulé il est proche des 1000milliards ,et dire qu’ils y en a qui en redemandent !!!
                      le problème c’est qu’on ne paye que des intérêts , et pour tout dire pour en savoir plus c’est difficile, il y a un entretien de Houelbeque avec Giscard sur you tube , ou l’écrivain demande à Giscard comment est-il possible d’une part que la France n’aie plus le droit de battre monnaieet d’autre part que l’on ait laissé enfler la dette de cette manière et Giscard de répondre dans une bonne langue de bois que cela était fait pour juguler l’inflation à 2chiffres des années 50 et 60 ( comme si tout pays en plein essor n’avait pas une inflation à 2 chiffres , j’aimerai bien savoir le taux réel d’inflation de la Chine) ?????? 


                    • Romain Desbois 16 novembre 2012 23:32

                      Excellent rappel Julius.
                      Le comble c’est que la droite passe toujours pour être une bonne gestionnaire !!!!!!


                    • jacques lemiere 18 novembre 2012 14:31

                      Sauf que c’est un peu hors de propos, emprunter de l’argent c’est passer un accord, intérêt et promesse de remboursement.


                      On peut bien sur discuter , certains vous diront qu’il faudrait emprunter auprès des banques centrales...sauf qu’alors ce n’est pas un emprunt...
                      Le véritable emprunt c’est à un tiers...

                      Soit deux pays ...dans l’un on a plus rien a semer dans l’autre on a un surplus...

                      Pour l’un il emprunte ou il crever..
                      Pour l’autre.. prêter est un risque...
                      Il faut se mettrez d’accord.
                      la question est doit on respecter l’accord passé..vous pensez ce que vous voulez..

                      Comme ça sans trop y réfléchir, il semble qu’on a plusieurs aspects à la question...la notion même du prêt avec intérêt. Il n’y a rien de trivial à définir l’intérêt de façon arbitraire je dirais même que la notion de prise d’intérêt implique que l’on imagine que l’argent prêté générera une nouvelle richesse dont le créancier aura une part...l’autre aspect en découle...quand on emprunte il FAUT le faire pour faire des investissement productifs sinon ce n’est plus un demander un prêt mais l’aumône.

                      On a aussi un autre aspect qui suppose qu’il existe quelque part des richesses à prêter...
                      Il faut être deux pour emprunter...Ceci a un sens..dans le simple exemple du pays qui a un surplus..à quoi lui sert ce surplus, .ce surplus ne sera- t-il pas perdu ?Auquel cas .. prêter peut être intéressant même avec un intérêt négatif...

                      Mais a reste une pirouette d’évoquer la légitimité du prêt...
                      Si vous prêtez 10000 euros à un copain avec promesse de remboursement , accepterez vous qu’il vous réponde que c’est illégitime de vous rembourser 10000 euros toute la question est là. Si vous me dites que d’une façon ou d’une autre vous ne vous questionnerez pas sur la façon dont votre copain gère son argent, je ne vous pas crois pas. 


                      Ok nous sommes les débiteurs donc hurlons tous ensemble cette dette est illégitime.


                    • Romain Desbois 18 novembre 2012 19:34

                      Jacques.

                      §je suis tout à fait d’accord avec vous et ca m’énerve les gens de peu de parole qui ne respectent pas leurs engagement.

                      Et je rappelle que les états n’ont aucun besoin d’emprunter, il y a tant de gaspillage dans les dépenses, tant d’exonérations et de niches fiscales qu’il est tout a fait possible de faire un budget positif, sans déficit.

                      Tout français qui sait gérer ses comptes le sait bien.


                    • spartacus spartacus 14 novembre 2012 12:40

                      Bienvenue dans le monde réel !

                      Que c’est drôle le bordel en Grèce s’étonnent ils !

                      La Grèce a connu un fort développement en grande partie fondé sur l’emprunt. 

                      L’État a financé un vaste système de 768.009 fonctionnaires dans le secteur public rémunérés en salaires et avantages sociaux bien au-dessus du secteur privé. 

                       La Grèce importe trois fois plus qu’elle n’exporte

                      Le domaine public, au fil des ans, est devenu disproportionné au regard des réalités économiques du pays.
                      La corruption est une « manière de vivre sociétale » dans l’administration. Les fonctionnaires sont corrompus jusque la lie. Les m^mes qui manifestent aujourd’hui, mais qui au grand jamais ne remetent en doute leur manière passée de travailler.

                      La Grèce pendant les années 2005-2009 était le pays qui dépensait le plus au monde par habitant.

                      La fraude fiscale, représente près de 24% du PIB

                      Le socialisme Grec dirigé par Papendréou a entraîné le pays dans ce naufrage


                      Ce qui est imposé à la Grèce c’est un violent retour aux réalités !

                      C’est comme cela quand on élit des élites qui dépensent l’argent qu’ils n’ont pas.

                      Ils font le ménage. Ça ira mieux dans quelques années. 

                      En Grèce comme en France, ceux qui crient le plus fort ne sont pas les plus à plaindre. Mais sont les plus syndiqués !

                      Perdre des privilèges, quand on y a goûté, n’est jamais bien supporté !

                      • Robert GIL ROBERT GIL 14 novembre 2012 13:27

                        Voila Sparagus, arrete de raconter des conneries et instruit toi, il n’est jamais trop tard, quoi que ton cas est plutot desesperé :

                        Dans la Constitution grecque il est écrit que les plus riches (les armateurs) sont exemptés d’impôts  ! L’Église orthodoxe grecque, le plus grand propriétaire foncier de Grèce, dispose d’un privilège fiscal. En pourcentage du PIB, la Grèce est le pays de l’UE qui dépense le plus en armement, La Grèce consacre plus d’argent à sa Défense qu’à l’Éducation pour le grand bonheur des états et des marchands d’armes européens ou américains. L’impôt n’est payé que par ceux que l’État peut contrôler, puisque c’est lui qui les paye : les retraités et les fonctionnaires. Les professions libérales sont épargnées, alors que dans leur écrasante majorité elles fraudent de façon notoire. Les médecins par exemple déclarent en général moins de 20.000 euros par an. On met toujours la faute sur les plus pauvres, alors que ce qui coûte le plus cher à une nation, ce sont ses riches !

                        voir : GRECE LABORATOIRE DE L’EUROPE


                      • tf1Goupie 14 novembre 2012 14:01

                        "Dans la Constitution grecque il est écrit que les plus riches (les armateurs) sont exemptés d’impôts  !"

                        Et qui peut changer la constitution grecque ?

                        Et quand est-ce qu’ils font le ménage chez eux les Grecs avant de manifester dans les rues contre la Tro¨ka, l’austérité ou je ne sais quel bouc émissaire ??

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

oggy


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès