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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Histoire est toujours écrite par les gagnants

L’Histoire est toujours écrite par les gagnants

Comment ne pas se souvenir sans un pincement au cœur de cette période – pas si lointaine mais bel et bien révolue – où la quasi totalité des analystes, investisseurs et autres traders épiloguaient sur les "diminutions des risques de l’économie globale", au mépris des Cassandres qui manifestaient de la méfiance et qui recommandaient de la circonspection vis-à-vis à l’euphorie économique, financière et boursière généralisées ? Cette majorité écrasante prétendait alors que les déséquilibres mondiaux n’étaient que la résultante naturelle d’une globalisation bienfaitrice alors qu’une minorité - réduite au silence - craignait que les Etats-Unis, qui avaient déjà du mal à attirer les capitaux suffisants pour combler leurs déficits en cette période bénie, ne se retrouvent dans une situation inextricable en période de ralentissement et en seraient peut-être réduits à vendre des pans entiers de leur économie pour survivre ! 

Les théoriciens de la globalisation débattaient pour évaluer si cette baisse généralisée de la volatilité macro économique était adéquatement reflétée sur les marchés boursiers. Effectivement, dans une conjoncture où la précédente bulle des valeurs technologiques avait été rapidement surmontée, où le cataclysme dû aux déficits américains astronomiques maintes fois prédit par les mauvaises augures ne s’était jamais matérialisé et où les prix du Pétrole en constante progression n’avaient pu entraver l’économie US, les marchés boursiers semblaient encore et toujours sous évalués...Quel risque pouvait-il bien y avoir à s’endetter plus afin de rentabiliser encore et encore le capital ? L’utilisation de l’effet de levier s’était généralisée affectant ainsi la globalité du spectre des investissements car le moindre des investisseurs se finançait désormais dans des Devises à faible taux d’intérêt pour placer plusieurs fois ce montant emprunté sur des instruments à haut rendement : quoi de plus naturel dans un contexte de volatilité maîtrisée ? Laisser le cash dormir sur un compte relevait à cette époque du sacrilège : L’Histoire financière n’est-elle pas systématiquement écrite par les gagnants ?

Ces comportements à risque ainsi que les abus ayant abouti à la crise des subprimes sont en grande partie imputables à l’attitude irresponsable de certaines Banques Centrales. Lors de l’implosion des valeurs technologiques à l’aube de ce siècle, la Réserve Fédérale Américaine présidée alors par Alan Greenspan - qui craignait selon ses propres termes une "déflation corrosive " -, avait en effet persévéré jusqu’à ramener les taux d’intérêts américains à 1% en 2003. Les Etats-Unis réussissaient ainsi à se sortir par le haut de cette crise grâce à la flambée des prix immobiliers qui avait stimulé consommation et croissance. Pour autant, le pêché originel de la Fed de Greenspan fut d’avoir maintenu des taux d’intérêts à des niveaux ridiculement bas jusqu’à Juin 2004, longtemps après la résorption de la crise des valeurs technologiques. Greenspan a certes par la suite invoqué afin de se dédouaner l’épargne Asiatique massive ayant inondé de liquidités les Etats-Unis avec pour conséquence directe une pression baissière supplémentaire sur les taux américains, il n’en reste pas moins que des taux officiels à 1% ont sans le moindre doute encouragé toute une série de comportements à risque que nous payons aujourd’hui et dont il n’est pas possible d’exonérer l’ancien Président de la Fed.

L’économie n’étant pas une science exacte, les leçons du passé peuvent donc être précieuses et il est regrettable que Greenspan ne s’en soit pas inspiré ! C’est en effet Milton Friedman et Anna Schwartz qui avaient été les premiers à clairement mettre en évidence la responsabilité de nos Banquiers Centraux dans les crises financières à travers la publication d’un ouvrage retentissant en 1963, A Monetary History of the United States. Friedman et Schwartz révélaient le rôle de la Réserve Fédérale US, responsable selon eux du déclenchement de la Grande Dépression du fait de la hausse des taux d’intérêts américains après la dégringolade boursière de 1929. Ce livre fut en son temps un véritable pavé dans la mare car il révolutionna irrémédiablement la version selon laquelle la crise des années 30 était imputable à l’échec du capitalisme et du marché libre en mettant directement en cause l’attitude des bureaucrates de la Fed de l’époque et en démontrant que la dégringolade boursière d’Octobre 1929 n’était qu’un épisode de la crise...De fait, l’économie américaine - qui survécut plus ou moins correctement après le crack boursier - ne fut fragilisée qu’à partir du moment où la Fed laissa aller à la faillite une première banque, la Bank of the United States, pour "l’exemple", induisant une réaction en chaîne qui devait emporter plus de 4’000 banques dans les années 30 ! Cette volonté de "punir les spéculateurs " fut accompagnée par l’application d’une politique monétaire anti-inflationniste qui conduisit la Fed à relever de manière incroyable et par deux fois son taux d’escompte jusqu’à 3.5% en 1931 pendant que le système financier du pays, lui, se désintégrait et alors que la déflation constituait le danger immédiat. 

Aujourd’hui, l’économie globale est en pleine déflation, les taux d’intérêts de la Réserve Fédérale Américaine proches du zéro absolu et nos Banquiers centraux, ayant épuisé toutes leurs munitions, en seront bientôt réduits à larguer, selon l’expression de Milton Friedman, des ballots de liquidités depuis des hélicoptères…


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42 réactions à cet article    


  • geko 17 décembre 2008 12:58

    "Larguer des ballots de liquidités depuis des hélicos "

    Mauvais présage Mr Santi, ça rappelle malheureusement l’époque où les allemands aller chercher le pain avec des brouettes chargées d’argent. On connait la suite avec l’arrivée du petit moustachu !

    La solution était de fermer les bourses et agir rapidement aussi bien pour colmater mais surtout soigner le mal. Ce qui se passe actuellement n’est ni plus ni moins que vouloir continuer comme avant, comme si de rien n’était ! Relancer le crédit !

    Vos gagnants ne seraient-ils pas les Rotchilds et consors ?

    Je serais curieux de savoir ce que vous pensez de Larouche ?


    • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2008 13:01

      Les gagnants seront les heureux propriétaires de liquides...


    • geko 17 décembre 2008 13:09

      Désolé pour les fautes !


    • JL JL 17 décembre 2008 14:37

      ""Les gagnants seront les heureux propriétaires de liquides..."" Parce que vous ne croyez pas aux méfaits de l’inflation ? 


    • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2008 14:39

      pour le moment, c’est la déflation...


    • JL JL 17 décembre 2008 15:39

      Sauf erreur, déflation = dépression + inflation.

      Vous écrivez : ""Ce livre (de Friedman & Co) fut en son temps un véritable pavé dans la mare car il révolutionna irrémédiablement (!) la version selon laquelle la crise des années 30 était imputable à l’échec du capitalisme et du marché libre en mettant directement en cause l’attitude des bureaucrates de la Fed ""

      Je vous propose une autre vision : la crise des années 30 est imputable à l’échec du capitalisme et du marché libre, tout comme celle d’aujourd’hui. Dire le contraire c’est pratiquer la méthode Coué comme le ferait le capitaine d’un vaisseau surtoilé dans la tempête qui ne saurait pas ariser et accuserait l’homme de barre de faire des erreurs. La crise de 1929 a trouvé comme c’était le cas à l’époque, sa solution dans la guerre. Les gagnants de la dernière n’ont en rien changé leurs pratiques, et comme ce sont eux qui écrivent l’histoire …

      Plus étonnant, vous ajoutez : "" et en démontrant que la dégringolade boursière d’Octobre 1929 n’était qu’un épisode de la crise..."", ce qui, convenez en, semble contradictoire et évacue un peu vite la question.


    • JL JL 19 décembre 2008 11:18

      Michel santi, vous semblez embarrassé pour répondre à ma question au sujet de la déflation.

      Sauf erreur, officiellement : déflation = dépression + inflation. Je vous propose donc cette précision : 

      La déflation c’est l’inflation des produits de première nécessité et la baisse des prix sur le reste.

      Bref, la crise pour tous. Pour tous ? Allons donc ! Dans les canots de sauvetage du Titanic aussi, il y avait une place réservée pour l’armateur. L’histoire est toujours écrite par les gagants.


    • JL JL 19 décembre 2008 11:20

      Dans la crise, les uns perdent les fortunes qu’ils croyaient avoir, les autres perdent leur gagne pain.


    • Michel Santi Michel Santi 19 décembre 2008 11:27

      A JL : Désolé, la déflation est la baisse généralisée des prix, des actifs et des valorisations. Elle n’a strictement rien à voir avec l’inflation.
      A propos de mon "embarras" que vous semblez déceler, je vous invite à lire - ou à relire - mes nombreuses analyses sur Agoravox qui détaillent ce mécanisme.


    • JL JL 19 décembre 2008 14:38

      Michel Santi, je ne voudrais pas faire lourd mais dites moi : vous faites vos courses ? Vous voyez une baisse du prix des légumes ? Des fruits ? de la viande ?

      Ce n’est pas parce que les gens mangeront moins que les prix vont baisser : l’alimentaire a une clientèle captive, prisonnière de son ventre, et les professionnels de la distribution préfèrent jeter la nourriture plutôt que de la brader.


    • JL JL 19 décembre 2008 14:40

      Si je parle d’embarras ce n’est pas du point de vue technique, c’est parce que en période de pertes d’emplois généralisées, il n’est pas bon de parler de hausses des prix de base.


    • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 13:52

      "il n’en reste pas moins que des taux officiels à 1% ont sans le moindre doute encouragé toute une série de comportements à risque que nous payons aujourd’hui et dont il n’est pas possible d’exonérer l’ancien Président de la Fed."

      Ah ouais, c’était mal. Il a bien fallu que du fait d’une angoisse existentielle, la FED les remonte. Résultat, ils sont aujourd’hui à zero, seul taux viable à long terme sur la création monétaire. Ce qu’un économiste est incapable de faire, les faits les décrètent.


      • Johan Johan 17 décembre 2008 16:00

        @ Tzecoatl :

        Pour une fois je ne te suis pas.

        Mettons que les taux soient très faibles, cela ne va t il pas encourager une inflation galopante ?

        Les banques empruntent à taux très faible, elles vont quand même (étant donné la faible concurrence qui s’opère sur le marché tous comptes faits) prêter aux entreprises et aux particuliers avec un taux d’intérêt exorbitant. Et en plus elles prêteront plus qu’elles n’auront emprunté (création monétaire par les banques). Au final, elles seules y auraient intérêt.

        En plus, des taux si faibles alimentent les bulles spéculatives tant que celles ci sont plus rentables que le prêt aux entreprises (mais c’est un autre débat).

        Selon moi deux taux très différents devraient être opérés : un taux assez fort pour les banques (mais inférieur à la croissance du PIB), y compris une banque nationale au moins, et un taux faible pour les Etats.

        Mais si tu précises le fond de ta pensée, je pourrais peut être y voir plus clair...


      • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 16:42

        @Johan :

        "Mettons que les taux soient très faibles, cela ne va t il pas encourager une inflation galopante ? "
        Un peu, mais on me dit à l’oreillette que l’inflation n’était pas catastrophique pendant les 30 glorieuses, et que l’on avait une situation de quasi plein-emploi.

        Evidemment, une situation de pétrole à 150 euros comme on l’a connu n’est pas tenable, ce qui limite mon affirmation dans le post précédent. Cependant, resserer les taux et briser l’économie tout entière pour faire baisser les prix du pétrole me semble être l’emploi d’outils barbares.

        "Les banques empruntent à taux très faible, elles vont quand même (étant donné la faible concurrence qui s’opère sur le marché tous comptes faits) prêter aux entreprises et aux particuliers avec un taux d’intérêt exorbitant. Et en plus elles prêteront plus qu’elles n’auront emprunté (création monétaire par les banques). Au final, elles seules y auraient intérêt. "
        Oui, mais elles suivent tout de même les taux des banques centrales, pas parfaitement (comme les pétroliers à la pompe les cours du brut).
        J’ai entendu ce matin un autre son de cloche que le votre sur itele, comme quoi les banques américaines se plaignaient des taux de la FED trop peu élevés, ça n’était pas intéressant pour elles de prêter. Et je crois que si elles pratiquent parfaitement la même marge de taux par rapport à celles de leur banque centrale, elles perdent effectivement lorsque la BC baisse ses taux. Si elles suivent imparfaitement la baisse des taux comme vous le supposez, la baisse des taux est à priori une opération blanche pour elles.
        Mais bon, Madov qui vendait des produits financiers avec des rendements de 10% peut aller se rabiller : les banques percoivent en marges nettes 25% d’après Forest Ent (si mes souvenirs sont bons) de leurs fonds propres sur l’émission d’emprunts (assorti de la fameuse réserve fractionnaire), le tout le plus légalement du monde.
        Le fait qu’une banque centrale pratique un taux de zero sur sa création monétaire est une chose, cela n’implique que les banques sur leur propre création monétaire le fasse. Pour l’heure, c’est une victoire du raisonnement de l’inanité de l’intérêt sur la création monétaire, mais dans la pratique c’est un échec, je vous l’accorde.


        En plus, des taux si faibles alimentent les bulles spéculatives tant que celles ci sont plus rentables que le prêt aux entreprises (mais c’est un autre débat).

        "Selon moi deux taux très différents devraient être opérés : un taux assez fort pour les banques (mais inférieur à la croissance du PIB), y compris une banque nationale au moins, et un taux faible pour les Etats. "
        Emprunter pour alimenter un schema de Ponzi (bourse, marchés financiers) devrait simplement être interdit, car la promesse initiale des schemas pyramidaux finit toujours en débacle (d’autant plus qu’en finance, si la liberté est individuelle, la responsabilité est le plus souvent colllective, 500 000 banquiers américains font les cons, 6.5 milliards d’humaines en patissent). Et les erreurs passées (erreurs d’analyses économiques, crises) se doivent d’être prises en compte dans les législations, en opposition au laissez-fairisme libéral.

        "Mais si tu précises le fond de ta pensée, je pourrais peut être y voir plus clair..."

        Mon indicateur phare est le ratio dettes/monnaie : des taux d’intérêts proches de zero (sur création monétaire) font que ce ratio s’approche de 1, situation où l’esclavage de l’économie physique envers l’économie financière est le plus faible.



      • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 16:53

        Par ailleurs, je ne cautionne pas une politique économique, qui, au prétexte de flinguer les spéculateurs, augmente les taux et flingue aussi l’économie réelle.


      • Johan Johan 17 décembre 2008 18:17

        @ tzecoalt

        Merci de votre réponse.

        La crise financière, en limitant la confiance que les banques portaient les unes par rapport aux autres, a limité l’effet de création monétaire par les banques (qui ont en fait deux leviers de création monétaire si j’ai bien compris : un par rapport à l’argent emprunté aux banques centrales et un sur leurs dépôts issus de la création des autres banques). Au début de la crise financière, la BCE a émis de la monnaie à court et moyen terme avec des taux forts. Ca me semblait pas trop mal d’assurer un besoin de liquidité (le temps que les banques se fassent de nouveau confiance) tout en faisant payer aux banques le prix de la crise.

        Il me semble que les banques gagnent en effet moins d’argent qu’avant la crise, mais c’est à mon avis moins en raison de la baisse des taux que d’un manque de liquidité à prêter (effet de création monétaire freiné par la confiance moindre des banques les unes envers les autres).

        "Mais bon, Madov qui vendait des produits financiers avec des rendements de 10% peut aller se rabiller : les banques percoivent en marges nettes 25% d’après Forest Ent (si mes souvenirs sont bons) de leurs fonds propres sur l’émission d’emprunts (assorti de la fameuse réserve fractionnaire), le tout le plus légalement du monde."

        Aux Etats Unis, 6 des 7 entreprises les plus rentables sont des banques. En effet, Madov peut aller se rabiller, du moins, tant qu’il n’aura pas leur pouvoir de création monétaire smiley

        "Le fait qu’une banque centrale pratique un taux de zero sur sa création monétaire est une chose, cela n’implique que les banques sur leur propre création monétaire le fasse. Pour l’heure, c’est une victoire du raisonnement de l’inanité de l’intérêt sur la création monétaire, mais dans la pratique c’est un échec, je vous l’accorde. "

        C’est clair que les banques ne se privent pas de toucher de gros intérêts sur leur propre création monétaire. Le vrai souci n’est il pas avant tout ce pouvoir de création monétaire confié à des organismes privés ? Couplé à la possibilité de titriser, on est en plein dans l’absurde. Maurice Allais a depuis longtemps point cette question, qui commence à avoir un certain retentissement.

        "Emprunter pour alimenter un schema de Ponzi (bourse, marchés financiers) devrait simplement être interdit, car la promesse initiale des schemas pyramidaux finit toujours en débacle (d’autant plus qu’en finance, si la liberté est individuelle, la responsabilité est le plus souvent colllective, 500 000 banquiers américains font les cons, 6.5 milliards d’humaines en patissent). Et les erreurs passées (erreurs d’analyses économiques, crises) se doivent d’être prises en compte dans les législations, en opposition au laissez-fairisme libéral. "

        Sincèrement, je crois qu’on ne peut pas vraiment réguler le fait que l’argent soit investi dans un système de Ponzi si on inclue la Bourse et les Marchés financiers dans cette catégorie. Pourquoi ne pas laisser emprunter pour acheter des actions d’une entreprise dans laquelle on croit, alors qu’il s’agit d’un investissement dans l’économie on ne peut plus réelle ?

        Ceci dit, je pense qu’une énorme partie de l’argent placé en bourse l’est pour profiter d’un système de Ponzi : je place en bourse parce que de plus en plus de gens visent la plus value et non l’investissement, et que mécaniquement les cours augmentent du fait de cet appel d’air.

        Je pense par contre qu’il est urgent de réguler la volatilité des cours, par exemple en obligeant l’acheteur à conserver son titre pendant un certain temps et en interdisant les produits dérivés (l’Angleterre a tout simplement interdit la vente à découvert).

        "Mon indicateur phare est le ratio dettes/monnaie : des taux d’intérêts proches de zero (sur création monétaire) font que ce ratio s’approche de 1, situation où l’esclavage de l’économie physique envers l’économie financière est le plus faible. "

        Si je comprends bien, ça signifie que votre objectif serait un taux d’intérêt de 0 pour la création monétaire, qu’elle soit publique ou privée. Dans ce cas je saisis mieux. Par contre, les dépôts des épargnants seraient rémunérés avec intérêt.

        J’aurais plutôt tendance à interdire aux banques de créer ex nihilo de la monnaie. L’Etat injecterait de la monnaie dans l’économie en se faisant prêter de l’argent par la banque centrale et en payant les fonctionnaires et les entreprises responsables de marchés publics.

        J’espère ne pas avoir dénaturé votre vision des choses. A bientôt.


      • Forest Ent Forest Ent 17 décembre 2008 19:03

        les banques percoivent en marges nettes 25% d’après Forest Ent

        Le mot "marge" est un peu trompeur. Les banques affichaient jusqu’en 2007 de 15 à 25% de ROE, "rendement des fonds propres", mais ceci incluait une évaluation de leur portefeuille d’actifs dont on voit aujourd’hui qu’elle était franchement optimiste puisqu’elles avaient tout simplement oublié le risque, qui était censé être leur métier.

        Il est clair que les banques vivaient très confortablement tant que la bulle montait. Maintenant, c’est à nous de payer.

        Ca me fait rire de voir les politiques s’indigner que les banquiers touchent des bonus cette année. Ca monte cinq ans, ça baisse un an. On touche des bonus cinq ans, et pas la sixième année ? Et alors ? Ca reste franchement incitatif. Le système n’est pas vertueux.

        Amha, ce n’est pas tant lié à la question de savoir qui crée la monnaie, mais combien de monnaie on a le droit de créer. Et ce ne sont pas les ratio style Cooke ou Bale qui doivent régir ce sujet, puisque cette crise montre qu’on peut les truander comme on veut, tant que l’on peut les asseoir sur des "actifs" eux-mêmes soumis à évaluation, et pire encore les dériver.


      • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 20:14

        "Le vrai souci n’est il pas avant tout ce pouvoir de création monétaire confié à des organismes privés ? Couplé à la possibilité de titriser, on est en plein dans l’absurde. Maurice Allais a depuis longtemps point cette question, qui commence à avoir un certain retentissement."

        "J’aurais plutôt tendance à interdire aux banques de créer ex nihilo de la monnaie. L’Etat injecterait de la monnaie dans l’économie en se faisant prêter de l’argent par la banque centrale et en payant les fonctionnaires et les entreprises responsables de marchés publics. "

        Cela reste un transfert de la création ex-nihilo du privé au public. Au final, on risque d’écoper d’un système public hypertrophié et privilégié. Et c’est sans compter sur l’avantage de la monnaie créée par le privé, à savoir l’allocation dynamique de ressources, au lieu de la mine d’or virtuelle que représenterait l’état.

        Si l’on arrive à canaliser les excès entourant les émissions d’emprunts (titrisation, spéculation), on peut imaginer conserver notre système monétaire actuel, en le complétant par une dotation aux états européens de la somme des intérêts des emprunts émis par le secteur privé qui non pas été monétisés (donc 126000 milliards de dettes - 9000 milliards de monnaie = 3600 milliards pour les dettes publiques des 15 de l’eurozone).

        Mais dans votre proposition comme dans la mienne, l’économie tournerait trop rondement pour ne pas voir rapidement un baril de pétrole à 300 $. Voilà pourquoi il faudrait sans doute assortir nos systèmes monétaires à somme nulle (point commun entre le votre et moi) de limitation de création monétaire en fonction de l’inflation.



        "Emprunter pour alimenter un schema de Ponzi (bourse, marchés financiers) devrait simplement être interdit, car la promesse initiale des schemas pyramidaux finit toujours en débacle (d’autant plus qu’en finance, si la liberté est individuelle, la responsabilité est le plus souvent colllective, 500 000 banquiers américains font les cons, 6.5 milliards d’humaines en patissent). Et les erreurs passées (erreurs d’analyses économiques, crises) se doivent d’être prises en compte dans les législations, en opposition au laissez-fairisme libéral. "

        "Sincèrement, je crois qu’on ne peut pas vraiment réguler le fait que l’argent soit investi dans un système de Ponzi si on inclue la Bourse et les Marchés financiers dans cette catégorie. Pourquoi ne pas laisser emprunter pour acheter des actions d’une entreprise dans laquelle on croit, alors qu’il s’agit d’un investissement dans l’économie on ne peut plus réelle ?

        Ceci dit, je pense qu’une énorme partie de l’argent placé en bourse l’est pour profiter d’un système de Ponzi : je place en bourse parce que de plus en plus de gens visent la plus value et non l’investissement, et que mécaniquement les cours augmentent du fait de cet appel d’air."

        Je comprends votre point de vue. Enfin, en parlant de bourse, j’y ai été un peu fort, les obligations ne rentrent plus vraiment dans un schéma pyramidal.

        "Je pense par contre qu’il est urgent de réguler la volatilité des cours, par exemple en obligeant l’acheteur à conserver son titre pendant un certain temps et en interdisant les produits dérivés (l’Angleterre a tout simplement interdit la vente à découvert). "

        La vente à découvert a certains avantages d’accélérer la vérité des cours, ça fait vite très mal, mais l’embellie est également plus rapide, évitant de transférer dans le temps des situations que l’on peut qualifier de pourries. Mais il y a évidemment des effets pervers.

        "Mon indicateur phare est le ratio dettes/monnaie : des taux d’intérêts proches de zero (sur création monétaire) font que ce ratio s’approche de 1, situation où l’esclavage de l’économie physique envers l’économie financière est le plus faible. "

        "Si je comprends bien, ça signifie que votre objectif serait un taux d’intérêt de 0 pour la création monétaire, qu’elle soit publique ou privée. Dans ce cas je saisis mieux. Par contre, les dépôts des épargnants seraient rémunérés avec intérêt. "

        C’est exactement cela, même les emprunts auprès des banques (que ce soit ex-nihilo comme dans ma proposition assortie d’une correction via dotation aux états ou provenant d’une création ex-nihilo publique et allouée aux banques comme dans la votre) pourraient être à intérêts, mais globalement, le système dette/monnaie serait à somme nulle. Ca limiterait plusieurs effets pervers :

        - social darwinisme économique actuellement exacerbée ;

        - concentration de la dette autour des états et donc réduction des services publics ;

        - violence sociale en entreprise et dans la vie courante autour de la monnaie, par un appel de marge permanent de par la dette ;

        - guerre économique incitant les acteurs au court-termisme impératif et à la déconsidération de leurs responsabilités environnementales, sociales ;

        - pouvoir de la finance sur l’économie réelle ;

        - casse humaine généralisée ;

        - etc, etc ;

        On peut cependant me qualifier de néo-allaisien smiley



      • Johan Johan 18 décembre 2008 01:07

        @ tzecoalt

        "Cela reste un transfert de la création ex-nihilo du privé au public. Au final, on risque d’écoper d’un système public hypertrophié et privilégié. Et c’est sans compter sur l’avantage de la monnaie créée par le privé, à savoir l’allocation dynamique de ressources, au lieu de la mine d’or virtuelle que représenterait l’état. "

        Je préfère donner à l’Etat le rôle de la création monétaire et la gestion de l’épargne aux banques. Elles alloueront dynamiquement ces ressources, et celles uue les prestataires de l’Etat gagneront en rendant service à la collectivité. C’est vrai que limiter la création monétaire par l’Etat pourrait le dissuader de dépenser à tout va, mais je ne le trouve pas beaucoup plus responsable depuis la loi de 70 qui lui interdit d’enprunter directement à la banque centrale. Au contraire : le dialogue nationalisation et privation de Chirac et Mitterand ont eu lieu après cette loi, comme les politiques de stop and go et autres scandales autour de l’argent public (ELF par exemple).

        "
        Si l’on arrive à canaliser les excès entourant les émissions d’emprunts (titrisation, spéculation), on peut imaginer conserver notre système monétaire actuel, en le complétant par une dotation aux états européens de la somme des intérêts des emprunts émis par le secteur privé qui non pas été monétisés (donc 126000 milliards de dettes - 9000 milliards de monnaie = 3600 milliards pour les dettes publiques des 15 de l’eurozone). "

        Ca se tient. J’y avais pas pensé. Mais c’est chaud de "
        canaliser les excès entourant les émissions d’emprunts (titrisation, spéculation)", non ?

        En fait mon idée n’est pas de faire un jeu monétaire à somme nulle, mais de laisser la création monétaire à l’Etat. Je vois pas pourquoi nécessairement ça ferait monter le prix des matières premières.

        "La vente à découvert a certains avantages d’accélérer la vérité des cours, ça fait vite très mal, mais l’embellie est également plus rapide, évitant de transférer dans le temps des situations que l’on peut qualifier de pourries. Mais il y a évidemment des effets pervers. "

        Ca renforce énormment la volatilité des titres. Au point qu’étant donné les mouvements grégaires, globalement les dérivés ne rendent pas le marché plus efficient, bien au contraire. La régulation marchande cède le pas aux mouvements grégaires, browniens à court terme.

        Avec votre système de taux zéro sur la monnaie crée, ne faudrait il pas quand même limiter la création monétaire en volume ?


      • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2008 07:34

        "Ca se tient. J’y avais pas pensé. Mais c’est chaud de "canaliser les excès entourant les émissions d’emprunts (titrisation, spéculation)", non ? "
        Oui, c’est chaud, mais ça permet de faire passer la pillule plus facilement, sans trop bouleverser le système. Et 3600 milliards de monnaie permanente supplémentaire, les banques et financiers n’aiment pas ça, du tout, croyez moi. C’est à 5% 180 millards de CA en moins annuel.


        "En fait mon idée n’est pas de faire un jeu monétaire à somme nulle, mais de laisser la création monétaire à l’Etat. Je vois pas pourquoi nécessairement ça ferait monter le prix des matières premières. "

        La création monétaire était à somme nulle avant 70. Si vous montez un système de création monétaire public sans somme nulle (pas dans le temps biensûr, mais la Banque de France n’enregistrait qu’une dette égale à la monnaie créée, sans intérêt), vous transférez l’asservissement des citoyens et sphère économique réelle des banquiers et financiers à l’état. C’est pas hyper sexy.

        Un système économique sans esclavage tourne mieux, et certaines ressources peuvent se voir trop sollicités, déjà qu’en mode esclavage elles l’ont été (Pétrole à 150$ en début d’année). L’économie des trente glorieuses tournait quand même beaucoup mieux que maintenant, sous création monétaire d’état à somme nulle.



        "La vente à découvert a certains avantages d’accélérer la vérité des cours, ça fait vite très mal, mais l’embellie est également plus rapide, évitant de transférer dans le temps des situations que l’on peut qualifier de pourries. Mais il y a évidemment des effets pervers. "

        "Ca renforce énormment la volatilité des titres. Au point qu’étant donné les mouvements grégaires, globalement les dérivés ne rendent pas le marché plus efficient, bien au contraire. La régulation marchande cède le pas aux mouvements grégaires, browniens à court terme."
        Ne croyez pas que je vais défendre mordicus la vente à découvert (hormis faire l’avocat du diable), je peux facilement vous rejoindre sur ce point smiley

        "Avec votre système de taux zéro sur la monnaie crée, ne faudrait il pas quand même limiter la création monétaire en volume ?"
        J’estime que l’Allemagne et la France représentant la moitié de l’économie de l’eurozone, la France serait sur les 3600 milliards d’euros doté de 800 milliards d’euros, que l’état français allouerait naturellement à sa dette de 1260 milliards. La dette publique ne serait plus que de 460 milliards. Mais à terme elle disparaitrait probablement (35 milliards d’intérêts à verser en moins par an).

        On pourrait limiter la création monétaire privée par des taux élevés, comme maintenant.

        Mais il y aurait un effet vertueux à ma proposition : Aujourd’hui, pour payer ses échéances, on doit réemprunter globalement (d’ailleurs, dans la crise actuelle, c’est l’état qui a remplacé les ménages et entreprises), donc créer toujours plus de monnaie. Un système monétaire à somme nulle (en fait à différence nulle, soit dette issue de la création monétaire - masse monétaire = 0) permet d’éviter cet effet inflationniste, voilà entre autre pourquoi j’y suis attaché définitivement.









      • roOl roOl 17 décembre 2008 14:22

        Vae victis...


        • S2ndreal 17 décembre 2008 15:06

          Mr Santi,

          Je vois une difficulté dans l’argument selon lequel c’est la politique de Greenspan qui a provoqué la catastrophe actuelle.

          Il a tenu des taux très bas à l’époque car la bulle internet venait d’exploser. L’explosion de cette bulle était considérée comme très grave. Pour éviter la récession, il a appliqué la procédure Friedmann - Schwartz. Il a été loué pour l’efficacité de son action et son grand succès en évitant à toute la planète une récession. Cela a "prouvé" que la théorie de Friedmann tient la route.
          Maintenant, il lui est reproché d’avoir tenu des taux artificiellement bas qui ont provoqué des comportements irresponsables. Je me rappelle qu’à l’époque, l’économie US n’était pas du tout flamboyante. J’ai vu passer des déclarations allant dans ce sens.
          Ma difficulté est que Greenspan a appliqué la théorie de Friedmann des taux bas. Elle a marché. Maintenant, il lui est reproché d’avoir appliqué cette théorie de Friedmann et donc d’avoir provoqué la catastrophe.

          Faudrait savoir.

          Un aspect secondaire de ma difficulté est que se défausser de ses responsabilités sur Greenspan me semble trop facile. L’avidité des acteurs économiques n’aurait eu aucun rôle dans cette catastrophe. Comme vous le remarquez, il n’y a pas si longtemps l’avis dominant était que l’économie US était saine et dynamique, que la consommation soutenait tout cela. Si j’ai bien compris, cette consommation était payée par la titrisation des obligations, dettes et emprunts. Cela devait exploser. Tout mettre sur le dos d’un seul homme équivaut à se défausser de ses responsabilités sur lui est beaucoup trop facile et évite les questions gênantes.


          • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2008 16:00

            Bonjour,
            Friedman et Schwartz ont mis en cause la Fed de la Grande Dépression pour avoir haussé les taux après le crack. Mme Schwartz - qui est toujors de ce monde - a jugé très sévèrement Greenspan il y a une année pour sa politique laxiste.
            Friedman et Schwartz jugent qu’en période déflation, il convient d’arroser le système de liquidités mais ils ne préconisent en aucun cas une politique monétaire laxiste et expansionniste à la Greenspan en période de bulles...


          • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 17:15

            Ouais, j’applique des taux sur création monétaire, je provoque de l’insolvabilité, puis je lâche les ballons de papier pour corriger le ratio dettes/monnaie, et surtout pour les copains, tout cela fait désordre, crée des cycles inutiles et de l’injustice choquante. C’est incroyable, les BC ont un outil et elles foutent le bordel avec (bon, que tout les libéraux du forum se rassèrènent, en mode lib, ce serait le chaos). Ca rend important des gens néfastes.

            Autant un taux zero sur création monétaire (ou au moins un ratio dettes/monnaie=1 en permanence) tout le temps et basta, vous ne croyez pas Michel Santi ?


          • Forest Ent Forest Ent 17 décembre 2008 19:32

            A propos, vous avez remarqué les mouvements du dollar, depuis deux jours ?


            • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 20:50

              Avec des taux à 0-0,25, détenir du dollar n’étant plus rémunérateur, il est évident qu’il se casse la gueule. Mais pour l’heure, il est dans des prix déjà vu face à l’euro (1,42).

              L’emploi, donc l’économie, est plus sacré aux US qu’en France, car c’est un impératif pour être couvert socialement, pour être logé, etc, ce que nous compensons par une économie sociale plus conséquente, à raison pour plusieurs motifs.

              Trop d’agents économiques ont intérêt à conserver une substantielle valeur à cette monnaie moribonde( sans valeur dans les chiffres) puisqu’elle représente 80% de la masse monétaire mondiale (Mugabe est un rigolo). Vu les intérêts en jeu, elle ne peut pas se casser la gueule complètement, juste de quoi améliorer la balance commerciale US, et exporter la crise US à l’étranger.



            • Forest Ent Forest Ent 17 décembre 2008 21:10

              @ Actias

              Non, désolé, je ne regarde pas les vidéos. Trop de temps pour trop peu d’info.


            • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2008 23:12

              @Actias :

              Certains faux-culs sont vénérés sur ce site, tu ne trouves pas ?


            • Forest Ent Forest Ent 18 décembre 2008 18:32

              @ Tzecoatl

               ??


            • S2ndreal 17 décembre 2008 19:48

              Monsieur Santi,

              Merci pour votre réponse.

              Madame Schwartz a critiqué Greenspan en 2007, si je vous comprends bien. Cela me semble bien tardif. La crise des subprimes avait déjà éclaté. Pourquoi n’a - t - elle rien dit auparavant ? Pourriez vous me donner une référence pour retrouver cette critique de la politique laxiste. Si elle critique le comportement de la FED entre 2001-2002, elle critique sa méthode.
              En matière de laxisme, il y a eu un cadeau de Greenspan à Bush vers 2004 (je crois) pour donner à ce dernier de quoi être fier de ses réductions d’impôts. Il avait besoin de bons résultats économiques. Il fallait aussi effacer Enron, Worldcom et autres. Il fallait faire oublier LTCM. Pour cela, l’argent facile était un moyen de soutenir la consommation. A ce moment, la bulle n’existait officiellement pas. Cette opinion était basée sur l’impression que l’économie US n’était pas très brillante. Comment reconnaître une bulle dans cette situation ? La critique de Madame Schwartz est alors fondée, mais elle ne s’applique pas pour cause d’invisibilité de la bulle. En plus, je n’ai jamais trouvé quelqu’un capable d’expliquer comment reconnaître une bulle avant son explosion. Sans ce critère, je ne vois pas du tout comment éviter de terribles erreurs de gestion des bulles spéculatives.
              En dehors de ces deux périodes, je ne vois pas quand Mr Greenspan a eu une politique de l’argent facile durant la période 2000 - 2008.

              Devant moi, Madame Schwartz n’a aucune autorité morale. Ses titres de gloire ou académiques ne m’intéressent pas. Si vous la respectez, c’est votre affaire. Je souhaite pouvoir lire dans le texte ce qu’elle a dit et ainsi me forger ma propre opinion sur ses accusations. C’est pourquoi je répète ici ma demande d’une référence (journal, livre, autre) donnant les critiques de cette dame vis-à-vis de Greenspan.

              Sur la base de mes souvenirs, il y a eu la bulle internet, la bulle Enron, la bulle immobilière, la bulle du crédit entre 2000 et 2008. Cela fait beaucoup de bulles en très peu de temps. Elles ont toutes été invisibles jusqu’à leur explosion. La dernière menace d’anéantir tout le système. C’est pourquoi elle est vue comme si grave. C’est pourquoi, il me semble impératif d’attribuer cette crise à une cause externe au système. Cela permet de disposer d’une méthode pour sortir de la crise (le système la donne), de considérer la catastrophe actuelle comme momentanée (l’avenir radieux) et d’éviter à tous les acteurs du système financiers des questions embarassantes sur leurs responsabilités vis-à-vis du reste du monde (préserver la liberté d’entreprendre). Greenspan et la FED deviennent ici des boucs émissaires aussi commodes qu’utiles. Leur condamnation sauve le système de tout examen embarrassant.


              • Michel Santi Michel Santi 18 décembre 2008 09:35

                Bonjour,
                désolé pour la référence où Schwartz critique Greenspan ET Bernanke je m’em souviens mais ne sais plus où la trouver.
                VOUS DITES :


                — "Comment reconnaître une bulle dans cette situation ? je n’ai jamais trouvé quelqu’un capable d’expliquer comment reconnaître une bulle avant son explosion." C’est vrai que c’est problématique, Bernanke lui-même s’est posé la question et a finalement décrété qu’il vallait mieux intervenir après l’explosion de bulles...Néanmoins, quand toute une masse d’intermédiaires et de consommateurs agissent de manière vraiment irrationnelle, celà devrait constituer un avertissement pour une Banque Centrale.


                — "En dehors de ces deux périodes, je ne vois pas quand Mr Greenspan a eu une politique de l’argent facile durant la période 2000 - 2008" Un seul exemple : Les taux à 1% sont restés jusqu’à 2004, bien après la fin de l’implosion de la bulle internet.


                — "Sur la base de mes souvenirs, il y a eu la bulle internet, la bulle Enron, la bulle immobilière, la bulle du crédit entre 2000 et 2008. Cela fait beaucoup de bulles en très peu de temps. Elles ont toutes été invisibles jusqu’à leur explosion. " Pas très difficile de voir la méga bulle internet avec un NASDQ à 4’000 et à 5’000 par rapport aux vraies valeurs de ces entreprises méga hyper évaluées par un marché fou...De même, pas compliqué de reconnaître la bulle immobilière avec tous les excès des années 2006-2007...


                — "Greenspan et la FED deviennent ici des boucs émissaires aussi commodes qu’utiles. Leur condamnation sauve le système de tout examen embarrassant." Vous n’avez pas tort, les régulateurs sont des gens comme nous et c’est pourquoi je suis persuadé que toute règlementation ne peut être contre cyclique ! Néanmoins, les Banques Centrales sont ici pour nous épargner les ruines où nous nous trouvons aujourd’hui et nos sociétés attendent d’elles qu’elles tempèrent les "exubérances irrationnelles " que Greenspan avait déja identifié en 1997 !!!


              • Michel Santi Michel Santi 18 décembre 2008 10:10

                Encore une remarque : Le fond de la pensée de Friedman et de Schwartz dans leur ouvrage était d’alerter par rapport au pouvoir exhorbitant des Banques Centrales sur l’économie réelle. Du reste, toute leur ctitique de la Fed des années 30 démontre que, selon eux, elle n’a fait qu’aggraver irrémédiablement la crise d’après crack de 29. C’est également dans cette optique qu’il faut comprendre les critiques de Schwartz vis-à-vis de Greenspan et de Bernanke : Attention Messieurs, vous disposez d’un pouvoir beaucoup trop important, d’un levier qui permet de calmer ardeurs et de relancer les machines. Et c’est là, selon, moi la grande contribution de ces deux économistes.
                A part celà, je ne suis pas du tout d’accord, personnellement, avec la solution Friedmanienne de noyer de liquidités un système en déflation... 


              • JL JL 18 décembre 2008 10:30

                L’on sait qu’il y a deux sortes d’économistes : les chercheurs indépendants et les experts. L’on sait que les experts sont des avocats techniciens d’un domaine au service d’un donneur d’ordre.

                S’en référer sans cesse aux économistes du passé dont rien ne nous dit qu’ils étaient libres et indépendants, cela revient à ne voir dans ce qu’ils ont dit que ce qui sert la cause que l’on veut défendre, la même que celle au service de laquelle ils étaient. 

                Et même s’ils étaient indépendants, s’en référer à eux ce serait un peu comme si l’on demandait à Nostradamus de faire nos journaux télévisés.  smiley


              • S2ndreal 18 décembre 2008 10:32

                Monsieur Santi,

                Merci pour vos réponses. Elles me donnent à réfléchir.


              • S2ndreal 18 décembre 2008 16:54

                Monsieur Santi,

                Encore merci pour vos longues réponses à mes observations et questions. J’ai pu rassembler quelques idées sur vos déclarations.

                En ce qui concerne la référence Schwartz vs Greenspan et Bernanke, j’ai une grande expérience des souvenirs non référencés. Pas grave comme dit une amie pour ce genre de choses.

                J’avais oublié le décret de Bernanke. Il est intéressant et va dans le sens de mon opinion. L’argument du comportement irrationnel d’un grand nombre de gens ne me satisfait pas. C’est pour moi le même problème que celui des bulles. Pour moi, les LBO, CDS, CDO sont irrationnels, complètement irrationnels. Je crois être plutôt un solitaire pour ce point de vue. Selon votre critère, tous ces produits financiers sont donc des bulles. Je pense que vous refuserez cette idée.

                Il y avait en 2004 une réélection aux USA, une guerre en cours, une menace terroriste qui battait son plein, une économie qui péclotait sec. Là Greenspan a fait un cadeau à Bush. Il fallait être patriotique. Il fallait soutenir les troupes. S’il remontait les taux, boum. Bush ne repassait pas, l’économie US passait sous la barre de la récession. Vous avez donné le seul cas hors internet et Enron des taux bas. Ensuite les taux remontent. (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:LeitzinsenFR.png)

                OK pour les délires des bulles internet et immobilières. Mais dans ce cas, je reviens aux produits dérivés de la finance. Leur rapport avec l’économie me semble être du même acabit que celui du NASDAQ avec la situation des entreprises. Je me souviens que la bulle internet avait sauté juste après qu’il ait dépassé le DJIA. Des articles élogieux sur la nouvelle économie célébraient l’avènement d’une ère nouvelle. Quelques très rares grincheux trouvaient tout cela délirant. La bulle était rationnelle. Pour la bulle immobilière, en 2006, Krugman avait sorti un éditorial "The hissing sound" (je crois) qui s’est fait moquer sur un site genre très libéral. Ce jour là, Krugman s’était ridiculisé aux yeux de beaucoup de monde. La bulle était rationnelle. Je crois qu’il y a là un très gros problème. Pendant la bulle, elle est rationnelle. Quelques grincheux, très rares, l’observent. Après, c’est vrai, ils peuvent être prix de la banque Nobel. Je crois que c’est très compliqué de repérer une bulle. Il y a tant d’argent à s’y faire qu’elle en devient invisible.

                OK pour les régulateurs sont des gens comme nous. Alors, ils ne peuvent pas faire mieux que nous face à une bulle. En passant, je ne comprends pas bien la phrase "...je suis persuadé que toute réglementation ne peut être contre cyclique". Si vous vouliez dire "être que contre cyclique", alors les interventions de la FED sont inutiles. Quand l’intervention est faite, le cycle est ailleurs. Pour moi, cela est du Friedman dans le texte. Selon cet argument, la FED ne peut que suivre les cycles et ne peut rien y faire. Vous lui en demandez donc beaucoup trop pour exécuter une tâche impossible.

                Pour la critique de Schwartz et Friedmann, je la situe plus dans le sens d’une incompétence des banques centrales à réguler l’économie que dans le sens d’une puissance exagérée de cette institution. Je la situe plus dans le sens que toute intervention de sa part peut faire dérailler l’économie. C’est l’accusation qui lui est faite maintenant.

                Je comprends donc que la FED va subir une attaque très violente de tous les économistes néoclassiques et que les financiers de Wall Street ont des arguments très puissants pour expliquer au monde qu’ils sont tout à fait innocents de la catastrophe actuelle, que l’argent des contribuables leur est dû pour réparer les dégâts de l’intervention de l’état, que tout va repartir très vite comme avant pour aller plus haut, plus loin et plus fort.

                Je comprends donc que cette crise va faire très mal, que je vais être parmi ceux qui vont payer et que les financiers et associés nous préparent la crise suivante. LBO ou CDS ? Celle la sera encore pire. Comme je serai encore plus lessivé qu’aujourd’hui, je ne vois pas ce qui pourra m’être pris ce jour là. Je ne le vois pas très lointain.

                Merde.

                Désolé pour l’expression, mais je ne crois pas que cette crise est comprise. Expliquer cette catastrophe en épargnant tous ses acteurs à l’exception de la FED, et encore, je crois que c’est parce que Greenspan a admis une erreur, me suffit comme critère pour rejeter cette explication. Tout le monde serait innocent, sauf lui. Impossible.


              • Michel Santi Michel Santi 18 décembre 2008 17:04

                Re Bonjour,
                Il ne s’agit pas d’enfoncer la Fed en dédouanant le reste des intervenants : Pas du tout.
                Je vous livre ci-joint un article écrit pour un magazine et qui ne paraîtra que dans une semaine............ :
                 

                Un monde de déséquilibres

                 

                Nous sommes tous concernés par cette crise mais nous en sommes également tous responsables, - emprunteurs, créanciers et régulateurs - , car nous avons tous cédé face à un sentiment trop humain, l’euphorie, comme nous capitulons tous actuellement face à la panique...En fait, - et c’est une des raisons fondamentales qui fait que la régulation vient rarement à contre courant des tendances établies -, l’erreur est humaine et le régulateur peut lui aussi se retrouver emporté par les cataclysmes, la seule évocation du nom de Madoff suffisant à lui donner une leçon de modestie ! Dérégulation, titrisation, appât du gain et politique monétaire au laxisme sans précédent ont certes déclenché la crise. Tout le monde devait gagner : les risques devaient forcément être assumés par quelqu’un d’autre, même si l’on ne se préoccupait pas de savoir qui, au juste, était ce perdant.

                 

                Pour autant, cette crise peut aussi être analysée sous une autre perspective. Et si, après tout, nos Banques Centrales n’ont fait que réagir face à l’environnement économique globalisé ? Nul ne saurait en effet nier les désordres macro économiques majeurs ayant précédé la crise et qui se sont traduits par des flux de capitaux gigantesques émanant de pays à très forts excédents ( comme la Chine... ), de pays exportateurs de Pétrole et de secteurs économiques dans de nombreux pays disposant de liquidités en excès. 

                 

                Et si les Banques Centrales, et si notre gourmandise effrénée n’étaient en rien responsables de la crise ? Ces excédents de liquidités ont à l’évidence exercé une pression baissière sur les taux d’intérêts, l’argument est ancien. Néanmoins, si les pays importateurs de ces liquidités - comme les Etats-Unis - n’avaient pas favorisé la mise en place d’une offre de produits avant-gardiste à même de séduire ces capitaux en établissant un cadre de politique monétaire expansionniste, ils auraient été condamnés à une récession inévitable ! Le mandat de nos Banques Centrales leur dicte-t-il la conduite de nos économies vers la dépression ? Il semble bien que leur unique option ait été de maintenir une demande intérieure à des niveaux élevés afin d’absorber ces liquidités grâce à un boom du crédit ! Euphorie boursière et escalade des prix immobiliers pouvant du coup être considérés comme de simples épiphénomènes...si ce n’est qu’elles nous mènent droit vers la déflation par la dette !

                 

                Pourtant, c’est bel et bien les Etats-Unis, véritable éponge qui absorbe 75% de l’épargne mondiale, qui sont en premier lieu coupables de ces déséquilibres mondiaux ! Une version - facile, voire simpliste et certainement protectionniste - voudrait que la meilleure façon de résorber les déficits US passerait par un affaiblissement du Dollar, principalement vis-à-vis des pays à forts excédents comme la Chine. Pourtant, le déficit de la balance US des paiements est bien plus imputable à des bulles ayant affecté différents secteurs de l’économie qu’à un Dollar sur évalué, le coeur du problème étant l’épargne endémique et chronique des Américains qui atteint péniblement 1.5% du revenu national sur ces cinq dernières années ! Les Etats-Unis devant fatalement importer toujours plus de capitaux - et donc aggraver encore et toujours leurs déficits - afin de maintenir leur croissance. 

                 

                Les Américains n’ont jamais été intéressés par l’épargne car l’ascension de leurs bourses - et plus récemment de leur marché immobilier - les autorisaient à anticiper une ère nouvelle où la richesse serait bien plus la résultante de l’appréciation des actifs que de leurs revenus réguliers. En 2007, soit juste avant l’implosion de la dernière bulle, la dette des ménages se montait ainsi au niveau record de 130% de leurs revenus dans un contexte où la consommation privée atteignait 73% du P.I.B., les déséquilibres du pays étant alors à leur climax absolu !

                 

                Un ré équilibrage de l’économie américaine est en cours, les prix immobiliers et boursiers devant encore nécessairement se déprécier. Toujours est-il que le monde a désespérément besoin que les Etats-Unis se remettent à épargner afin de contribuer à résorber leurs déficits budgétaires et commerciaux. Les autorités politiques et monétaires US n’agissent toutefois pas dans ce sens car injections de liquidités et autres stimuli fiscaux ne motiveront en rien les citoyens de leur pays à épargner mais contribueront plutôt à préparer la prochaine bulle...

                 

                Les déséquilibres macro économiques mondiaux ont donc eu un impact fondamental sur les décisions de politique monétaire, elles-mêmes responsables de la crise actuelle. Les dirigeants du G 7, du G 20, de l’O.M.C. et autres devraient sans tarder s’atteler à aider les Etats-Unis à combler leurs déficits afin que la récession actuelle soit la moins dramatique possible tout en contribuant à assainir nos systèmes. Nos autorités doivent également exhorter les pays à forts excédents comme la Chine à encourager leur consommation domestique, ce qui facilitera les ajustements de ces déséquilibres internationaux à la base des déficits et des bulles Américains.

                 

                Nos économies pourraient ainsi s’en sortir honorablement du marasme actuel et, surtout, elles seraient moins dépendantes des décisions - et des excès - Américains. 


              • S2ndreal 19 décembre 2008 15:53

                Monsieur Santi,

                Merci pour votre réponse. Je l’apprécie.

                Je n’ai lu votre article qu’une seule fois. Ma compréhension tient en trois mots : nous sommes d’accord.

                J’ai effectivement mal compris votre texte et vos réponses. Je le reconnais avec plaisir. C’est un soulagement pour moi de trouver quelqu’un qui trouve un peu trop facile de charger la FED de toute la responsabilité de cette crise. Elle en a une part. Tout, je refuse.

                Avec mes meilleures salutations.


              • geko 17 décembre 2008 21:30

                "La prise en compte de l’idéologie a amené Douglas C. North à remettre en question l’un des postulats majeurs de l’analyse néoclassique, celui de la rationalité des agents économiques." Alternatives économiques

                A la lecture du fil il j’irai même jusqu’à dire qu’il y a escroquerie intellectuelle ! Cette irrationalité ne viendrait elle pas de l’idéologie d’une certaine école de chicago qui aurait instillée tout ou partie de la classe dirigeante américaine ? Je comprends aussi qu’il a fallu des masses de milliards pour mener la politique guerrière de W.G. Bush !

                Dites moi si je me trompe ? Les américains ne sont-ils pas en train de rire au nez de la planète à l’instar de ces applaudissements de WallStreet affiché aux JT inter-planétaires ! Ils ont la planche à billet et font chauffer les rotatives comme jamais pour éponger la dette que nous allons payer. Le dollar baisse et les réserves des autres BCE essentiellement constituées de dollar fondent comme neige au soleil. Ils favorisent leur balance commerciale mais aussi accompagnent un replis protectionniste des multinationales d’obédiance nationale. Dans cette logique le cours du pétrole risque d’augmenter, l’opep s’est déjà réuni face à la chute des cours induite par la baisse de consommation. Certaines activités comme l’assemblage de serveurs informatiques est maintenant moins coûteuse aux USA qu’en chine.

                Dernière cartouche pour la FED. Quand l’histoire des CDS explose, il se passe quoi on retourne au troc direct ?

                Que va faire Trichet ?

                Douglass C. North est économètre Forest, les statisticiens ne sont pas tous des menteurs semble-t-il ?

                Tzecoalt merci pour la puissance des arguments avancés. Vos idées sont rafraichissantes !


                • herve33 17 décembre 2008 22:21

                  Ben en deux jours il a "regagné" ce qu’il avait perdu en 3 mois .... c’est a cause de l’intervention de la FED, normalement. Tant pis pour nous.

                  A ce rythme là , Europe2020.org aura raison lorqu’il prévoyait l’Euro à 1,7 Dollar en fin 2008 . La conséquence risque d’etre très néfaste en Europe et surtout en Allemagne , cela va accelèrer la déflation . 







                  • Internaute Internaute 18 décembre 2008 10:58

                    L’économie américaine n’est pas en manque de liquidités mais en manque de création de richesses réelles. La Fed peut arroser tout ce qu’elle veut, cela ne changera rien sauf à créer une inflation galopante. La chute du dollar rend les exportations US plus compétitives mais en même temps renchérit le coût des importations. Comme ils ont un déficit commercial abyssal, ce n’est pas une bonne affaire pour eux.

                    Il est incroyable qu’on propose encore plus de crédit facile alors même que tout le monde est d’accord pour dire que la crise actuelle vient d’un crédit trop facile et d’un endettement trop élévé, tant au niveau des citoyens que des industries et de l’Etat.

                    Santi dit que ceux qui ont du liquide s’en sortiront mieux que les autres. C’est un point de vue qui est juste à trés court terme. Hier, on a vu un petit reportage sur le Zimbawe ou un quidam venait d’acheter une tomate pour 400 millions de dollars. Il semble que Mugabe soit le guru de la finance du skinhead de Washington. Regardez le courbe Euros/USD. Elle est sur le flanc de l’Everest, en route vers les sommets. 1,47 aujourd’hui.

                    Malheureusement les dingues que nous avons à Bruxelles suivent le même chemin. Si vous avez du cash, dépensez-le au plus vite car grâce aux élites de la finance et aux économistes de génie il ne vaudra plus grand chose dans quelques mois.

                    Les références perpétuelles à la crise de 29 et à Hitler commencent à être pesantes. Les situations économiques et politiques n’ont rien à voir. Le gouvernement US n’avait pas de dettes et le dollar était une monnaie convertible en or. Aujourd’hui, le gouvernement US est endetté jusqu’au cou, la production US a été laminée par les députés mondialistes et le dollar n’est qu’un bout de papier de Monopoly.

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