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L’idiotie des plans de relance permanents

 Depuis que George Bush a commencé à distribuer des chèques aux américains début 2008, presque tous les gouvernants dans le monde ont été pris d’une envie irrépressible : puiser plus vite que les autres dans l’argent public pour tenter de diminuer les effets de la crise. Une compétition court-termiste du plus gros déficit (dans laquelle la France part avec une longueur d’avance) semblable à la surenchère de risques pris par les banquiers dans le subprime ! Pourtant, des plans de relance en période de récession seraient nécessaires pour lisser les effets des cycles économiques... si des marges de manœuvre étaient dégagées en temps de forte croissance.

Je ne discuterai pas les plans de sauvetage du système financier : au point où on en était ils étaient inévitables. En revanche les plans de relance immédiats de la machine économique enrayée constituent une négation de la crise. En effet, une crise est une période de rupture entre un équilibre et un autre, de passage d’un monde à un autre. Elle implique des changements nécessaires et elle permet des évolutions souhaitables.

Prenons l’exemple de l’automobile : depuis plusieurs années le nombre de véhicules légers (voitures particulières et utilitaires légers) vendus en France était à peu près stable à 2,5 millions (la production française étant légèrement supérieure). Cette production générait beaucoup de richesses pour le pays, en termes d’emplois (environ 10% de la population active), de profits et de recettes fiscales. Soudainement la production a baissé de 20%, sans perspective de rebond à court ou moyen terme. L’Etat doit-il faire en sorte qu’elle revienne immédiatement à son niveau antérieur, quitte à devoir subventionner toute l’activité automobile du pays ? Ne devrait-il pas dans un premier temps laisser les patrons et leurs actionnaires à leurs responsabilités, eux qui avaient promis une hausse de la production ?

Ne devrait-il pas se demander quels secteurs relancer : ceux en crise ou ceux à potentiel ? La crise nous dit : nous vivrons demain dans un monde avec moins de voitures, un monde qui consomme moins d’acier, moins d’aluminium, peut-être moins de pétrole... Et tant mieux, on commençait à s’en rendre compte, c’est maintenant clair. Plutôt que d’utiliser des milliards d’argent public pour maintenir la production de lagunas, l’Etat devrait affecter ces ressources sur l’accompagnement des ouvriers qui y auront perdu leur emploi (formation ou prime directe) et sur la stimulation des secteurs économiques de demain dans lequel notre pays peut avoir un avantage technologique et qui peuvent être notre prospérité de demain (transports propres, énergie solaire, bio- et nano-technologies, sans oublier la recherche fondamentale...). Enfin, il le pourrait s’il n’était pas déjà en "plan de relance permanent".

En effet, rappelez-vous début 2007 : alors que la croissance mondiale dépassait 5%, l’économie française croissait de 2% par an depuis plusieurs années. Tous les candidats à la présidentielle - et surtout celui qui l’a emportée - estimaient pourtant qu’une fois élus ils l’augmenteraient à 3% ("avec les dents" si nécessaire). L’économie créait un nombre exceptionnel d’emplois (300 000 en 2007) mais nos dirigeants ont fait une erreur fondamentale de diagnostic : penser que la croissance était inférieure à son potentiel et donc la stimuler par defauras éxonérations fiscales. Par exemple la réduction de TVA à 5,5% sur la rénovation dans le bâtiment et les réductions d’impôt sur le revenu (Besson, Robien, etc) pour stimuler la construction de nouveaux logements alors même que les entreprises du secteur manquaient de main-d’oeuvre ! Il aurait mieux fallu remonter la TVA à 19,6% et supprimer ces avantages fiscaux dès que l’activité immobilière a dépassé son potentiel de moyen-terme en 2004-2005 (le déficit de l’Etat aurait été réduit) et utiliser cette marge de manoeuvre en 2009 pour que les entreprises du bâtiment n’aient pas trop à licencier !

Car en réalité, le potentiel de croissance était plutôt de 1,5% (ce que Patrick Artus rappelait souvent dans L’Expansion par exemple) et si nous étions au-dessus, c’est uniquement parce que l’activité était stimulée à court-terme par l’augmentation du crédit (en France comme ailleurs). Nos dirigeants auraient dû mettre des noisettes de côté comme les Allemands, pour pouvoir stimuler une économie en difficulté en 2009. Au lieu de cela, notre déficit restait très proche de 3% du PIB. Avant tout plan de relance, par le seul fait du ralentissement économique, il sera de 4% en 2009 et 5% en 2010, avec une dette nettement supérieure à 70%. Toute dépense additionnelle remettrait en cause - et pour la première fois - la solvabilité à moyen-terme de l’Etat français.

www.NonALaDette.fr

par Nono Ladette (son site) jeudi 4 décembre 2008 - 32 réactions
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  • Par Peretz (xxx.xxx.xxx.253) 4 décembre 2008 17:26
    Peretz

    Le crédit comme valeur fondamentale de notre système économique, nous a apporté une crise d’une ampleur sans précédent. Réguler le système bancaire, comme le proposent certains comme remède à la déroute actuelle, serait une première solution à condition de nationaliser toutes les banques. En revanche il est utopique de croire que des contrôles étatiques et des taxes sur les mouvements de capitaux puissent suffire à réguler le système si elles restent dans le domaine privé. La spéculation reste naturelle dans un système capitaliste où la propriété privée et le risque d’entreprendre sont indispensables pour faire fonctionner la vie économique de façon dynamique. Mais celle-ci ne devrait être fondée que sur la valeur travail avec ce que cela suppose de retours sur investissements effectués dans la production, modulés selon leur durée et le type d’investissements.

    Quant à relancer l’économie avec des primes à la casse et autres effets d’aubaine, c’est de la part de notre Président vibrillonnaire, un simple effet d’annonce comme d’habitude qui ne trompe que ceux qui le veulent bien. Il faut revenir en partie à la politique de la demande. Insuffler directement et rapidement des liquidités au plus bas niveau en augmentant sensiblement les bas salaires.Rappelons qu’en mai 1968 les entreprise ont supporté des augmentations de 15% des salaires sans conséquences néfastes. Cela aurait l’avantage d’avoir des effets immédiats. On maitriserait ainsi le facteur temps : c’est la volatilité du crédit tous azimuts qui n’a pas suffisamment reposé sur le travail-temps, qui a entrainé la crise. De plus, on allége le déficit de la Sécurité sociale par l’augmentation des cotisations. Le cycle des mouvements de liquidités est inversé à l’avantage des revenus du travail, au détriment de la rente, cercle vertueux depuis longtemps abandonné. On favorise enfin un retour à un partage équitable du PIB en faveur de la société dans son ensemble.

    Quant au risque d’inflation, on peut le considérer comme faible : les stocks et les possibilités de production sont suffisants pour le modérer. Toutes les politiques économiques de ces dernières années ont été pensées seulement au niveau macroéconomique, et dans un esprit ne favorisant que les grandes entreprises, sous prétexte que les fruits de la prospérité se répartiraient automatiquement à tous les niveaux, y compris au niveau social (théorie du ruissellement).

    Le crédit a été conçu comme un moyen de donner du pouvoir d’achat aux particuliers comme aux entreprises, sans être obligé de faire marcher la planche à billets, ce que l’augmentation de la masse salariale ainsi masquée, suppose généralement, bénéficiant par la même occasion aux prêteurs. Entreprises et banques gagnent ainsi sur tous les tableaux, maintien des salaires au plus bas niveau, augmentation des bénéfices et de la rente et expansion facile dans un contexte de relative stabilité de la monnaie, surtout si celle-ci est forte : importation à bas prix et délocalisations avantageuses. Appliquer cette méthode entraînerait certes une décote à la bourse des grandes entreprises, des multinationales et des institutions financières devenues moins rentables : seuls leurs actionnaires en pâtiront. Concernant la fameuse compétitivité des transnationales, les prix ne seraient pas particulièrement affectés dans la mesure où seuls les bénéfices diminueraient.

    Tout le système financier et social serait ainsi remis sur pied. Adopter ce système, pourrait remédier de façon pérenne à la situation actuelle, ce que la soi-disant régulation des marchés financiers ne parviendra pas à faire sur le long terme. Pour parvenir à réaliser un tel programme orienté non pour le tout profit de l’entreprise, mais vers le social il ne faut guère compter sur des classes politiques qui nous gouvernent.Ce qu’un simple postier comprend logiquement, ne semble pas à leur portée.

  • Par Lucie Vivien (xxx.xxx.xxx.212) 4 décembre 2008 15:07

    "Ne devrait-il pas se demander quels secteurs relancer : ceux en crise ou ceux à potentiel ? La crise nous dit : nous vivrons demain dans un monde avec moins de voitures, un monde qui consomme moins d’acier, moins d’aluminium, peut-être moins de pétrole..." écrit l’auteur.

    De fait, après nous avoir dit et redit qu’il fallait utiliser les transports en commun, remettre en cause l’implantation de logements trop loin des lieux de travail et limiter l’utilisation des voitures individuelles, on veut maintenant redynamiser le secteur automobile tout en prévoyant de prendre en faire prendre en charge par les employeurs, à partir de janvier 2009, une partie des frais de transport des salariés qui utilisent les transports en commun et de construire de nouvelles lignes SNCF. Cela fait beaucoup ! et la cohérence de la politique en matière de transport n’est pas très claire. Il y a de quoi être dérouté !

    Enfin, avec notre président, on commence à avoir l’habitude de ne rien comprendre à la cohérence de ses actions ! Ce qui est sûr, c’est qu’en ce moment, il ne ménage pas ses efforts pour chercher à plaire à tous les électeurs, les riches et les pauvres, les écologistes et les inconditionnels de la voiture ! Pour ce qui est de la crise, on n’est pas près d’en sortir !

    "une crise est une période de rupture entre un équilibre et un autre, de passage d’un monde à un autre. Elle implique des changements nécessaires et elle permet des évolutions souhaitables."

    Au lieu de cela, nous nous obstinons dans de vieux schémas, voulant sauver ce qui a fini de vivre et refusant de faire naître du nouveau. Une nouvelle société est à créer.

  • Par Marc Bruxman (xxx.xxx.xxx.233) 5 décembre 2008 01:53

    Vous avez tout à fait raison. L’endettement public ou privé conduit toujours au même endroit : A la ruine. Nos gouvernements ne veulent pas l’admettre et ils se comportent tel des parents qui enchainent 50 cofidis pour ne pas montrer à leur enfants qu’ils ne sont pas aussi riches que les gens vues à la télé. Plutot que de réformer l’administration, de la restructurer et de remettre le pays en situation de créer des richesses, on s’endette pour donner une impression virtuelle de richesse. On crée des emplois "aidés" qui ne sont pas de vrais emplois, on paie des gens à rien foutre dans l’administration, on paie, on paie... Avec du fric qui n’existe pas. Et un matin ! Boom ! Y’aura plus de fric ! Et la vous pourrez toujours dire que c’est de la faute des libéraux, c’est les caisses de l’état qui seront vides.

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