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L’imposture écologiste

L’imposture n’est pas dans les faits, elle est dans les têtes. La Grande Guerre d’abord (1914-1944), le Grand Désastre de la croisade de la consommation débridée ensuite ont ponctué un siècle de destruction massive de notre espèce et de son environnement naturel. L’être humain a développé des moyens technologiques sans commune mesure avec ceux qu’il avait déployés dans le passé, sans évaluer réellement les conséquences de ses actes. La raison d’État primait tout. Une affirmation de l’espèce humaine comme espèce « dominante » de manière arrogante, velléitaire et poussée jusqu’à la capacité de détruire sans hésitation ce sur quoi elle est assise… pour la simple affirmation de sa domination. Sans vouloir se rendre compte que cette destruction est à terme synonyme de son autodestruction.
 
Et puis brutalement, un renversement total : la soi-disant « prise de conscience écologique ». La Nature portée au pinacle comme un Dieu outragé qu’il faut rétablir sur son piédestal et vénérer saintement. Brutal renversement pareil à ceux auxquels la modernité nous a habitués : passer du tout au rien, de l’autorité absolue à la spontanéité débridée, du Travail au Plaisir, de la Famille aux « genres », de la Patrie à la mondialisation, etc. etc.
 
Mais s’il y a bel et bien eu destruction massive du milieu naturel, pourquoi parler ici d’imposture écologiste ?
 
C’est bien l’analyse fondamentale du mouvement historique qui est en cause. Le mouvement de destruction s’est fait en deux siècles sous la conduite des États dans leur pleine phase de développement. Il est la conséquence première de cette efflorescence des États via leur politique de croissance (Grande Guerre et Société de consommation), à travers laquelle ils ont installé leur domination absolue. Il y a deux siècles qu’était un État ? Dans toute sa splendeur et son absolutisme, quels moyens pouvait « mobiliser » Louis XIV ? Alors qu’aujourd’hui les États se mêlent de tout, disposent de millions de fonctionnaires, peuvent détruire la planète… « dominent ».
 
Et voilà que la destruction qu’ils ont opérée dans l’espèce et son environnement devient manifeste. Et comble de culot, ces mêmes États et leurs principaux moyens de domination (les médias) ont l’effroyable culot de nous présenter cette destruction de l’espèce humaine et de son environnement comme étant la cause… de l’absence d’État ou du moins de l’insuffisance de son développement. C’est tout simplement SIDÉRANT. L’artifice utilisé est bien sûr d’imputer le mouvement fou de l’histoire non au développement du Pouvoir et à l’utopie désastreuse d’une espèce humaine « régulant » tout, du Climat de la planète jusqu’à la fessée que vous pouvez ou ne pouvez pas donner à vos enfants. Non, de l’imputer plutôt au caractère destructeur qui est au plus profond de chaque être humain et contre lequel il n’est qu’un remède : le Pouvoir !
 
Nous voici bien au cœur du mythe de Faust ou encore au grand paradigme de Hobbes : l’homme est un loup pour l’homme, le pire des prédateurs, un agent malin de destruction du milieu naturel qui ne recule devant rien. C’est pourquoi, poursuivent les écolos – de droite comme de gauche, car l’écologisme est une tentative d’unification de nos maladies politiques – il faut encore et toujours plus d’État, un Pouvoir qui contrôle tout et mette des barrières de plus importantes à mesure que se développe la puissance de l’espèce humaine. Un Pouvoir propre bien sûr qu’incarne le mythe robespierriste par exemple, car écologisme rime bien sûr avec propreté et transparence.
 
Face à cet État idéal aboutissement de l’Histoire, l’être humain et la société sont ainsi devenus les forces mêmes du Mal, ce par quoi tout malheur arrive.
Une des expressions les plus violentes de ce catastrophisme humain (perte totale de confiance en l’être humain) a été ces dix dernières années l’affaire du « réchauffement climatique » (global heating). Extrêmement symptomatique parce qu’elle a mis en œuvre tous les moyens de l’intoxication médiatique, allant jusqu’à traiter ceux qui osaient émettre le moindre doute de génocidaire. L’urgence est telle, affirment nos imposteurs, que vouloir penser  c’est mettre en danger l’humanité entière. Il n’y a d’autre solution qu’agir sans réfléchir, mondialement et doter un État-Monde de tous les pouvoirs d’ingérence pour sauver la planète.
 
Et tout cela repose sur quoi ? Du vent ! Je ne vais pas nier que la température de la planète s’est échauffée ces vingt dernières années, mais notre bonne vieille Mère n’a pas attendu l’être humain pour s’échauffer ou refroidir. Nous sortons même ces derniers siècles d’une période de relative glaciation qui a mis en péril les récoltes de nos régions tempérées pendant deux siècles. Avant de faire scandale sur le recul des glaciers et banquises, mesurons leur avancée du XVIème au XVIIIème siècle.
 
Non, nous n’avons pas le temps de réfléchir. Il faut profiter de cette circonstance pour établir par tous les moyens possibles la certitude idéologique que la cause de tous les maux c’est le pouvoir destructeur de l’espèce humaine, porté à son paroxysme par ses moyens technologiques. Face à quoi le seule solution est le développement de l’État-Monde. Tous les moyens d’intoxication sont bons pour arriver à ce résultat. Et face à cela la sinistre propagande de l’État national-socialiste n’était que du pipi de chat. D’autant plus que le but écologiste apparaît désormais non comme l’affirmation de la puissance d’un État national, même socialiste, mais tout bonnement le sauvetage de la Planète. La cause semble de taille et propre à faire reculer les montagnes elles-mêmes !
 
Le parallélisme avec la crise « économique » n’est pas pour déplaire à nos imposteurs écologistes. Dans le cas de cette dernière également, les États triomphants ont pris le relais d’un capitalisme à bout de souffle tout en impliquant tous les excès de leur développement (armements, consommation débridée) à la célèbre « anarchie capitaliste » due soi-disant à la volonté d’enrichissement sans frein. Ici aussi, comme dans la crise « écologiste », il n’y aurait d’autre solution que dans la formation d’un État-Monde, seul capable de résister à ces débordements de la Phynance « dérégulée ».
 
Le cœur de l’imposture réside bien dans le fait qu’alors même que l’on attribue la cause fondamentale de toutes les catastrophes à la volonté de puissance de l’être humain, on ne veut pas chercher d’autre remède que dans un surcroît de puissance, un paroxysme du Pouvoir. C’est la théorie moderne de la maladie : il n’y a d’autre remède au poison mortel qui nous ronge qu’une nouvelle dose du même poison, et finalement d’autre moyen d’échapper à la maladie que la Mort !
 
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Il est heureusement un autre versant de la prise de conscience de ces dernières années qui est celui d’un retour non à la Nature, mais à la RÉALITÉ. Car l’emprise croissante du Pouvoir sur l’être humain s’est marquée par une rupture de plus en plus grande de celui-ci avec ses propres conditions d’existence. Là où les communautés humaines maîtrisaient leur propre réalité, ils en ont aujourd’hui de moins en moins conscience. La domination de l’État se fonde sur le jeu, le spectacle, l’image, le virtuel. Sur un être humain de plus en plus dépendant, assisté, incapable de gérer ses réalités fondamentales. C’est LE fondement de la dépendance, par lequel la Domination semble inscrite dans les gènes.
 
Sur ce point, je me sens cent fois plus écolo que les écolos, car j’attire l’attention sur un point essentiel, la dénaturation de l’espèce humaine. Il est important de mon point de vue dans un monde clos et virtualisé de faire son pain à la main, de cultiver ses légumes, de gérer sa source et d’entretenir son bois en se chauffant, de circuler à pied et à vélo, etc. Jamais à me fréquenter ne croiriez-vous capable de commettre un article intitulé L’imposture écologiste. Et pourtant !
 
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Et si vous voulez une morale à cette histoire – car il en faut une – la voici : le génie ultime de l’État triomphant est de se saisir de l’arme même de sa condamnation pour en faire l’outil de son triomphe absolu. Présenter la mort de l’espèce et de son environnement comme le triomphe de l’Humanité : l’État-Monde régulé. Amen.
 
MALTAGLIATI
 
 
p.s. Temps de misère pour le rédacteur dont le dernier billet a une nouvelle fois été faisandé de commentaires ineptes par une compagnie de pingouins qui n’ont jamais pensé et pour lesquels l’horizon ultime du développement humain se situe (quelles que soient les nuances entre eux) dans un despotisme égalitaire sur lequel ils se masturbent à débattre. Tout ce qui échappe à leur sauce ialisme, ils le baptisent sommairement d’ultralibéralisme. Je dois rappeler que je suis l’auteur d’une étude sur le premier chapitre du Capitalqui en dit long de ma formation ultralibérale… Je suis par contre flatté de voir que pour ces nabots, Maltagliati est tout bonnement parano. C’est bien le terme que les champions du Despotisme prussien et russe (les Voltaire, Diderot & Cie) ont su imposer jadis pour qualifier Jean-Jacques, dont je partage volontiers le sort. Tout ennemi du Pouvoir est un paranoïaque ! Ces imbéciles n’ont pas le moindre soupçon que leur chant égalitaire (niveleur) est le principal cri de guerre d’un Pouvoir sans limites. Voyez Gianluigi Maltagliati, Le Contrôle du Pouvoir.



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10 réactions à cet article    


  • JL JL 20 août 2012 10:35

     « La perfection des moyens et la confusion des buts semblent caractériser notre époque. » Albert Einstein

    Maltagliati comme comme tout libéral qui se respecte, croyant dénoncer l’État, dénonce en fait les méfaits de l’État corporatiste, celui qui est inféodé aux puissances de l’argent, on pourrait dire : la chose de l’oligarchie.

    Peut-on imaginer une oligarchie sans un pouvoir politique ? Non, évidemment, puisque l’oligarchie et le pouvoir fasciste de droite (=corporatiste) sont comme la poule et l’œuf.

    Autrement dit, comme monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, Maltagliati dénonce l’oligarchie. Moi je veux bien me passer de l’État, mais alors, qu’on vire aussi l’oligarchie. Ainsi, on pourrait par exemple, à l’instar de ce qu’on fait les Anglais aux bourgeois de Calais, tous les ans redistribuer la fortune des plus riches entre tous les nécessiteux.

    Mais pour cela, il faut un pouvoir politique ! L’aporie est la tare congénitale de l’ultralibéralisme.

    Mais comme disait Humpty Dumpty et avec lui les maltagliati : la vérité n’existe pas ; la seule question est qui commande, un point c’est tout.

    « Les sophistes croient que rien n’est vrai » (André Comte Sponville).

    La seule croissance aujourd’hui observée c’est celle des inégalités, et aussi les ravages occasionnés sur l’environnement et le tissus social par ces « riches qui détruisent la planète ».


    • JL JL 20 août 2012 10:45

      Je mets au défi maltagliati de donner un avis sur deux articles parus ce jour et qui traitent, l’un des rapports de l’écologie avec le libéralisme, l’autre des rapport des puissances de l’argent avec l’État.

      Mais comme d’habitude, il n’en dira pas un mot : ces articles sont aux libéraux ce qu’est la lumière pour Dracula.


    • foufouille foufouille 20 août 2012 10:49

      « Sans vouloir se rendre compte que cette destruction est à terme synonyme de son autodestruction. »

      mais si
      on cherches juste un remedes
      le technocrate dit a l’eleveur de donner des antibiotiques aux animaux, mais sans remettre en cause le tas de crottes sous leurs pieds


      • jef88 jef88 20 août 2012 11:27

        un siècle de destruction massive de notre espèce et de son environnement naturel.

        le nombre d’humain sur terre a baissé ? ben merdalor !!!


        • gaijin gaijin 20 août 2012 12:26

          l’article aurait gagné au s’appeler simplement l’ imposture
          l’imposture de la condamnation d’un état qui n’est que l’émanation des puissances qui disent combattre l’état .......
          ce sont les libéraux qui jusqu’ à preuve du contraire mettent en place un état international
          ( parce que plus un état est vaste plus la voix de chacun est diluée au profit d’ une oligarchie )


          • joletaxi 20 août 2012 12:40

            une lecture instructive... ;parmi tant d’autres

            http://www.wired.com/wiredscience/2012/08/ff_apocalypsenot/all

            la vraie question : jesus a-t-il marché sur l’eau ?


            • alberto alberto 20 août 2012 13:52

              maltagliati ?

              Peut-être...

              galimatias : sûrement


              • Croa Croa 20 août 2012 14:09

                L’homme est bien l’espèce dominante sur cette Terre (ce qui est incontestable mais l’auteur ose affirmer le contraire). Du coup il se croit supérieur, ce que l’on peut comprendre d’autant que cette donnée là est très subjective, mais cela n’a rien à voir !

                Bref l’article commence par une donnée sophistique et tout ce qui suit est aussi stupide smiley


                • chuppa 21 août 2012 18:09

                  Au secours, vite un psy , comment un article pareil passe t il , vous fumez quoi chez A.V. ?


                  • maltagliati maltagliati 22 août 2012 14:44

                    Une nouvelle (et dernière ?) fois
                    Temps de misère pour le rédacteur dont le billet une nouvelle fois été faisandé de commentaires ineptes par une compagnie de pingouins qui n’ont jamais pensé et pour lesquels l’horizon ultime du développement humain se situe (quelles que soient les nuances entre eux) dans un despotisme égalitaire ... et propre !! (écolorobespierriste... !) sur lequel ils se masturbent à débattre. Tout ce qui échappe à leur sauce ialisme, ils le baptisent sommairement d’ultralibéralisme.

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