Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > L’iniquité entre univers financier et univers productif

L’iniquité entre univers financier et univers productif

Las des critiques du système financier, l’auteur se penche sur les (dys)fonctionnements entre univers financier et univers productif. A la charnière, se trouve le système bancaire, dont la lecture des règles permettent de voir rapidement que les dés sont pipés.

De la création monétaire aujourd’hui

Les critiques formulées contre les marchés financiers aujourd’hui sont nombreuses. Même si elles émanent d’une certaine frange politique et ne laissent pas insensibles le citoyen, on est rapidement frustré des seuls chiffre cités : 97% de la masse monétaire est entre les mains des financiers, 3% est dans la production, etc.

Comment la bipolarité du capitalisme s’exacerbe-t-elle à ce point ? Pour cela, il faut se plonger dans les arcanes du fonctionnement des banques.

Les banques ont le monopole de création-destruction de monnaie scripturale, suite à l’article 104 des accords de Maastricht. Comment cela se passe-t-il ?

Lorsque vous allez à la banque demander un emprunt, ne croyez pas qu’il est indispensable que la banque ait la somme requise dans ses coffre-forts afin de satisfaire votre besoin. Elle n’ira pas non plus piocher dans les épargnes bloquées des autres déposants, elle créera ex-nihilo le capital de l’emprunt. Les banques commerciales sont tenues de limiter cette création à hauteur de 90% des dépôts à vue, mais grâce à l’effet multiplicateur de crédit (2), le système bancaire peut offrir jusqu’à 6,5 fois en capital le montant des dépôts à vue. Lorsque vous rembourserez les mensualités, il détruira le capital engagé, mais vous réclamera en sus l’intérêt, et c’est là que ça se gâte.

Par ailleurs, l’intérêt demandé par le système bancaire n’est plus de 4% (taux actuel) mais peut monter jusqu’à 26% par rapport au montant des dépôts à vue, grâce toujours à l’effet multiplicateur de crédit, somme qu’elle ne possède pas.

On constate donc que le système bancaire réclame 4% de monnaie par an en plus qu’il n’a créé. Mais au bout de 10 ans, c’est 50% de plus d’argent réclamé qu’il n’en a créé. Je vous épargnerai les chiffres des emprunts immobiliers actuellement à 30 ans en France, ou les OAT d’état d’échéance 50 ans. Le système bancaire provoque donc un effet de rareté durable sur la monnaie.

Si l’on somme l’endettement des entreprises, des états et des particuliers, ramenés à chaque citoyen, il est de 165% par français, de 295% par américain, cet endettement ne pouvant mécaniquement que croître.

Comment le système productif, les états et les particuliers réussissent-ils à surnager dans ce diktat monétaire ?

  • en s’endettant toujours plus ;
  • en déclarant certaines entreprises, particuliers ou états en cessation de paiement, afin d’assurer la solvabilité des autres qui auront mieux tiré leur épingle du jeu ;
  • en augmentant les prix des produits (inflation) consommés par le système bancaire, privilégié puisqu’il est le primo-consommateur de l’argent permanent qu’il a créé ; On pourrait se demander pourquoi le secteur économique ne pourrait s’émanciper en augmentant l’inflation, c’est oublier le rôle de la BCE ou de la FED qui sont là pour prendre en étau le monde productif (hors banques et finances) en relevant les taux d’intérêts dès que l’inflation pointe son nez.

On peut déduire de cet état de fait, que nous avons devant les yeux un mécanisme prépondérant de la machine à exclure et à concentration de richesse.

Margritt Kennedy, économiste allemande, a calculé que le coût de l’intérêt rentre à hauteur de 45% du prix final du produit hors taxe, sur un panel de 25 millions de consommateurs allemands, c’est dire.

Dès lors, on comprend très bien que le système de production-consommation soit soumis à une ponction financière récurrente asséchant inéluctablement ses poches, et allant alimenter l’accumulation de capital à des fins spéculatives, essentiellement parce que les transactions financières ne sont pas taxées, contrairement aux processus de production.

L’adage populaire suivant, qui stipule que "l’argent travaille" est foncièrement erroné. Ce n’est que le labeur qui puisse permettre de rémunérer le capital.
Il est tout à fait cohérent qu’un individu possédant un bien ou du capital puisse léguer la jouissance de ce bien ou de ce capital à autrui afin de toucher un dividende, car pendant ce temps, il s’interdit lui-même de faire fructifier directement cet avoir. Or, comment ne pas dénoncer ce privilège détenu par les banques, qui ne possèdent effectivement pas ce bien, mais qui peuvent toucher des intérêts énormes par effet de levier sur une coquille vide qu’est la création monétaire ex-nihilo ?

C’est très clairement un abus de pouvoir qui explique l’esclavage moderne, obligeant les individus, les entreprises et les états à s’entre-déchirer afin de préserver leur solvabilité. Par ailleurs, alors que le système productif est capable de surproduction, les règles régissant la création de monnaie, toujours plus rare, ne permettent pas de mettre la monnaie suffisante en face de chaque produit. Cette inadéquation produit/monnaie est le vecteur essentiel du chômage.

Voyons maintenant la situation de l’état français.

L’endettement français (hors retraites des fonctionnaires à venir à hauteur de 1200 milliards d’euros annoncés par Thierry Breton) est actuellement également de l’ordre de 1200 milliards d’euros. L’accumulation du paiement des intérêts depuis 1980 explique ce déficit à hauteur de 600 milliards d’euros.

Par ailleurs, la monnaie, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est un bien public car l’euro est une monnaie (inter-)régalienne. Or l’abus de pouvoir des banques est de se permettre de créer ex-nihilo de la monnaie, afin de toucher les intérêts versés par les états. C’est ce que l’on peut appeler un impôt privé ou dîme bancaire pour reprendre les termes d’Henry Durrenbach (3), à hauteur de 45 milliards d’euros par an.

Très clairement aujourd’hui, les états plâtrent les tares de cette règle bancaire illogique mathématiquement, puisque leur crédibilité leur permet de s’endetter
massivement, les même banques leur accordant toute leur confiance.

En aparté, ne croyez pas que nos hommes politiques vantent les mérites de la croissance gratuitement. La croissance (ou création de valeur) est indispensable pour subvenir à la soif en devises que nous impose le système bancaire.

Cependant, ce petit jeu ne devrait tenir plus très longtemps, des considérations sociales (vieillissement de la population, donc retraites) vont rapidement venir mettre à genoux ces états qui ont abusé de la planche à billets, qui se sont discrédités, et qui ont abandonné leurs prérogatives de création monétaire au profit du secteur privé.

(1) : http://mjp.univ-perp.fr/europe/1992tuep3.htm
(2) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_multiplicateur_du_cr%C3%A9dit
(3) : http://french.epochtimes.com/news/6-5-30/4336.html

Pour aller plus loin (l’auteur de cet article n’est lié à aucun de ces organismes ou sites) :
http://assoc.orange.fr/aded/
http://www.societal.org/
http://reomaohi.free.fr/ecofinance/unotregarsurleco.htm


Moyenne des avis sur cet article :  4.34/5   (151 votes)




Réagissez à l'article

184 réactions à cet article    


  • Offset (---.---.240.214) 2 août 2006 11:23

    Bon article. Cependant, ce n’est pas les banques qui crée la monaie mais la banque centrale qui prête aux banques. Les banques doivent donc rembourser la banque central (ce qui revient a détruire la monnaie). Sauf que les banques doivent payer aussi un intérêt a la banque centrale, donc si le prêt est de 3.5%, la banque ne recoit pas directement les 3.5%. La création effective de monnaie est donc moins importante que vous le dites.

    Dans tous les cas, les banques ne sont pas inventé ce status toute seule. Les Etats sont la cause de la création de monnaie. C’est moins pire que lorsque l’Etat fesait tourner la planche a billet dans la cave, il y a une certaine tracabilité et on sait exactement quelle quantité de monnaie a été créé. Et vu qu’une grande partie de la monnaie est détruite après remboursement, cela permet d’éviter d’avoir une inflation record.


    • olivier (---.---.229.136) 2 août 2006 11:34

      huum les banques centrales créent la monnaie fiduciaire qu’elles revendent aux banques privées. Avec cet argent les banques privées crée de la monnaie de crédit en quantité grace a l’effet multiplicateur. Ce que cet article dénonce c’est que le taux d’usure sur la monnaie de credit quand une banque privée prete a l’etat. Je me trompes ? Enfin c’est ce que j’ai compris d’un lien en bas de l’article.

      Quand a l’inflation, il y aurait des moyens plus simple de la combattre si j’en crois John Kenneth Galbraith. Mais il faudrait du courage politique, de la pedagogie et de la bonne volonté de nos patrons et syndicats


    • olivier (---.---.229.136) 2 août 2006 11:37

      Article tres instructif. Mais j’ai peur de ne pas tout comprendre parce que ca me parait trop gros. Il y a forcement une contrepartie pour l’etat si la situation est telle que vous le dites. Sinon pourquoi un ministre de l’economie (enfin ses conseillers plutot parce qu’un ministre ca fait de la tele) ne preconise pas un changement ? J’ai du mal a croire que nos hauts fonctionnaires ne soient pas au courant ou soient complices.


    • Offset (---.---.240.214) 2 août 2006 11:56

      « J’ai du mal a croire que nos hauts fonctionnaires ne soient pas au courant ou soient complices. »

      C’est plus qu’être complice puisque c’est l’Etat qui a créé et qui garantit ce statut pour les banques.

      « y a forcement une contrepartie pour l’etat si la situation est telle que vous le dites. Sinon pourquoi un ministre de l’economie (enfin ses conseillers plutot parce qu’un ministre ca fait de la tele) ne preconise pas un changement ? »

      Pourquoi l’Etat veut contrôler la monnaie ? Pour financer ses dépenses folles pardis ! Si les banques n’étaient pas la pour prêter, l’Etat français (et la majorité des Etats) feraient faillite. Donc non, il n’y aura pas de changement immédiat.

      Les banques sont un formidable système de blanchissement d’argent légal. C’est comme si toi, tu imprimais 10 euros, que tu prétais a ton voisin en lui demandant 2 euros d’intérêt. Lorsque ton voisin t’aura remboursé, tu détruit les 10 euros parce qu’ils n’existaient pas a la base, mais tu garde les 2 euros. C’est un peu du gagnant-gagnant.


    • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 15:52

      « Les banques sont un formidable système de blanchissement d’argent légal. C’est comme si toi, tu imprimais 10 euros, que tu prétais a ton voisin en lui demandant 2 euros d’intérêt. Lorsque ton voisin t’aura remboursé, tu détruit les 10 euros parce qu’ils n’existaient pas a la base, mais tu garde les 2 euros. C’est un peu du gagnant-gagnant. »

      C’est plutôt gagnant-perdant, puisque les 2 euros d’intérêt devront bien sortir de la poche de quelqu’un. Transposé dans le monde réel, on se rend compte que les intérêts sur la monnaie de crédit sont extraits de la croissance économique, et quand la croissance est insuffisante c’est la dette de l’Etat qui augmente directement.


    • olivier (---.---.229.136) 2 août 2006 11:41

      Article tres instructif. Mais j’ai peur de ne pas tout comprendre parce que ca me parait trop gros. Il y a forcement une contrepartie pour l’etat si la situation est telle que vous le dites. Sinon pourquoi un ministre de l’economie (enfin ses conseillers plutot parce qu’un ministre ca fait de la tele) ne preconise pas un changement ? J’ai du mal a croire que nos hauts fonctionnaires ne soient pas au courant ou soient complices.


      • Guilhem (---.---.91.97) 2 août 2006 11:42

        @ Offset « C’est moins pire que lorsque l’Etat fesait tourner la planche a billet dans la cave »

        Quelle est la monnaie fiduciaire internationale déconnectée de tout stock d’or ? Quel est l’état qui fait tourner à plein régime la planche a billets ?

        C’est moins pire ? c’est parce que pour l’instant on chute attendez l’impact avant de vous prononcer...


        • Jean-Pierre An Alre (---.---.238.32) 2 août 2006 12:09

          Bonjour

          Je pense qu’il y a un petit oubli dans l’article, c’est que la monnaie ne consiste pas seulement en pièce, billet mais aussi en instrument de type chèque, carte bancaire. C’est ça la monnaise scripturale.

          Le volume de cette monnaie ne varie pas en moyenne lors d’un crédit puisqu’il inclue les crédits : En moyenne quand quelqu’un demande un crédit à une banque, une autre personne à fini ses remboursements.

          Il y a cependant bien un effet de création de monnaie par le crédit mais celui ci est amorti par l’inflation, les glissements d’usage, les impayés, les vols, la destruction de monnaie délibérée par les banque centrales, etc...

          Donc pas de création de richesse de façon fictive et énorme par les banques.

          C’est un article bien dans la veine « théorie du complot ». Il ne suffit pas d’être informé ce qu’Internet permet jusqu’à plus soif, il faut aussi réfléchir avec des outils et des méthodes. C’est quelque chose que l’on ne peut faire seul dans son coin sans faire un faux pas.

          A quand un article sérieux sur les vrais aspects néfaste du système bancaire Français (cf Eurotunnel et bientôt peut-être France Telecom) ou encore sur le rapport entre l’augmentation annuelle de 10% de la masse monétaire , l’absence de transposition de cete augmentation dans les indices de prix et la croissance du marché au noir en France ?

          Chiche ?

          Jean-Pierre


          • olivier (---.---.229.136) 2 août 2006 14:19

            clairement vous devriez faire un article puisque vous trouvez celui ci ininteressant : instruisez nous.


          • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 15:14

            « Je pense qu’il y a un petit oubli dans l’article, c’est que la monnaie ne consiste pas seulement en pièce, billet mais aussi en instrument de type chèque, carte bancaire. C’est ça la monnaise scripturale »

            Les chèques et cartes bancaires sont des moyens de paiement, ils sont juste un substitut au liquide, c’est pour ça qu’on les appelle « monnaie scripturale ». Ils servent à transférer de l’argent, si cet argent n’existe pas dans les comptes bancaires correspondants, le chèque ou la carte bleue ne le fait pas apparaître de nulle part : le paiement est alors rejeté. Ils ne créent pas de monnaie, mais représentent de la monnaie, c’est une différence énorme.

            « Le volume de cette monnaie ne varie pas en moyenne lors d’un crédit puisqu’il inclue les crédits : En moyenne quand quelqu’un demande un crédit à une banque, une autre personne à fini ses remboursements. »

            En réalité, plus de cinq fois sur six personne n’a remboursé avant. L’argent est crédité sur un compte, mais cet argent ne correspond à rien de tangible, il est attribué sur la foi que la banque pourra tenir cet engagement, pas sur le fait que la banque a effectivement reçu cette somme de l’extérieur.

            « Il y a cependant bien un effet de création de monnaie par le crédit mais celui ci est amorti par l’inflation, les glissements d’usage, les impayés, les vols, la destruction de monnaie délibérée par les banque centrales, etc... »

            L’effet multiplicateur des crédits n’est pas amorti par l’inflation, les vols et les impayés, voilà bien une idée étrange ! Si c’était le cas les banques ne feraient aucun profit en dehors de la vente de leurs services, et n’auraient aucun intérêt (littéralement) à émettre des prêts. Etes-vous certain de savoir de quoi vous parlez ?

            De plus les banques centrales ne détruisent la monnaie que lorsque cette monnaie vient rembourser un emprunt préalable. Entretemps le teux d’intérêt courant sur cet emprunt force la création de monnaie supplémentaire, sur laquelle un intérêt court aussi, etc... Cette destruction de monnaie n’affecte pas les banques

            Il me semble que vous n’avez pas bien compris le fonctionnement de la BCE, ni celui du système bancaire.


          • Jean-Pierre An Alré (---.---.238.32) 2 août 2006 16:36

            « Il me semble que vous n’avez pas bien compris le fonctionnement de la BCE, ni celui du système bancaire. »

            C’est vrai que j’ai trouvé mon DESS de gestion dans un paquet de lessive smiley

            Jean-Pierre


          • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 17:22

            Au moins vous ne faites pas autant de fautes de syntaxe et de grammaire que bien des ingénieurs et DESS que je connais ^^


          • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 12:15

            Offset, j’ai effectivement simplifié et je n’ai pas parlé du rôle de la banque centrale, du refinancement, de la compensation, etc. Cependant, ces mécanismes n’obèrent que de peu les revenus des banques secondaires. Et la monnaie créé par la banque centrale n’est pas la même que par les banques privés. Si certains souhaitent aller plus loin dans les relations entre banque centrale et banques privées, je leur conseille les liens suivants : http://leneant.echosblogs.org/category/274/671 http://perso.orange.fr/jegu.jean/navi1.html

            Je ne départage pas entre création monétaire monopole d’état ou délégué au secteur privé, à ce détail près que l’état ne prélevait pas d’intérêts lorsqu’il faisait tourner la planche à billet, ce que pratique honteusement les banques privées sur une coquille vide, poudre aux yeux de richesse. Lorsque je produis un bien physique, il ne va pas faire des petits dans l’année (ormis l’inflation). Le secteur bancaire se permet de toucher des intérêts sur une simple écriture comptable. Seuls des frais de dossier et des garanties de non-paiement devraient lui être accordés à mon avis. Les banques privées vont même jusqu’à acquérir des entreprises via la création monétaire. On dit qu’il « monétisent leurs actifs ».

            Olivier, je veux bien croire que c’est énorme comme affaire, mais il n’y a pas hélas de contrepartie pour l’état français, qui a du s’aligner sur la politique monétaire allemande via Maastricht (pour des raisons historiques liés à sa crise économique précurseur du nazisme) et par l’abandon de l’étalon-or sous Nixon. Je ne vise pas uniquement l’état, je précise juste que dans le cas d’une monnaie régalienne, l’état, représentant des citoyens, n’a pas à se faire spolier par une minorité. D’ailleurs, les entreprises et les particuliers, non plus. Pour reprendre les terme de Jean Jegu (lien ci-dessus) : « Encore heureux que l’ensemble des prêteurs , plus vaste que l’ensemble des banquiers, n’ait pas encore pris conscience que la masse des dettes engendrées par les crédits en cours excède très largement ( environ 5 fois ) la masse monétaire existante susceptible de les rembourser ! ». Et même plus puisque la masse monétaire temporaire (issu des crédits) est de 85 % à l’heure actuelle, la masse monétaire permanente comblant le reste. Aux Etats-Unis, c’est 95% de masse monétaire temporaire.


            • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 12:33

              @ Jean-Pierre,

              « Donc pas de création de richesse de façon fictive et énorme par les banques. » Certe pas, mais les banques s’assurent un statut de richesse perpétuellement renouvelé et fictif afin de toujours mieux tirer la couverture vers soi. Et comme le dit Jean Ziegler, « Point n’est besoin de mitrailleuses, de napalm, de blindés pour asservir et soumettre les peuples. La dette, aujourd’hui, fait l’affaire ».

              C’est un article bien dans la veine « théorie du complot ». Il ne suffit pas d’être informé ce qu’Internet permet jusqu’à plus soif, il faut aussi réfléchir avec des outils et des méthodes. C’est quelque chose que l’on ne peut faire seul dans son coin sans faire un faux pas." Si vous classez mon article dans la théorie du complot, c’est que vous acceptez qu’une caste privée ayant mis la main sur l’arme absolue actuelle, l’argent, puisse spolier les états et indirectement les citoyens. Sachez que l’aggravation de la dette française annuelle est à peut près l’équivalent des intérêts qu’elle doit verser aux créateurs de monnaie. Là est le vrai vol du peuple dont vous parliez dans votre post.

              « A quand un article sérieux sur les vrais aspects néfaste du système bancaire Français (cf Eurotunnel et bientôt peut-être France Telecom) ou encore sur le rapport entre l’augmentation annuelle de 10% de la masse monétaire , l’absence de transposition de cete augmentation dans les indices de prix et la croissance du marché au noir en France ? »

              Je ne peux que vous en proposer l’initiative.


            • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 12:55

              @ faxtronic,

              Je ne fais pas l’apologie de l’inflation, car l’univers productif est obligé de pratiquer l’inflation, afin de rembourser la « plus-value » que réclame le secteur bancaire, intérêt rentrant à hauteur de 40% du prix des produits hors taxes.

              Internaute a écrit : « D’où vient la ponction financière ? Quand une entreprise emprunte ce n’est en général pas pour placer l’argent mais pour l’investir. Idem pour un particulier qui emprunte pour s’acheter une maison. L’argent va dans la poche du constructeur, pas dans un codevi. »

              @ internaute, la ponction financière vient du fait que le banquier réclame son dû sur le labeur de l’entreprise, alors qu’il a le privilège de créer de la monnaie ex-nihilo. C’est donc bien une taxe privée (l’intérêt), le produit d’un privilégié.

              Pour reprendre les dires de Mr Touati, 450 000 français travaillent dans le secteur bancaire et financier, et de ce que j’en sais (à vérifier), plus de la moitié des 20 plus grosses multinationales mondiales sont des banques. On peut comprendre que ce secteur, très « performant » (rires) économiquement attire autant d’ambitions, il lèse également beaucoup (entreprises, particuliers, états). Si le banquier, lorsque l’on recourt à un emprunt, se suffisait de prélever des frais de dossier et des garanties , à l’instar d’un notaire, mon article n’aurait plus lieu d’être.


            • olivier (---.---.229.136) 2 août 2006 14:22

              hum ok la banque se fait de l’argent sur le dos des deposants en pretant a l’etat. Mais cela n’est-il pas compensé par : l’inflation (qui est au desavantage du preteur), les interets versé aux deposants (les 2,75% de livret A par exemple), les impots divers et variés que l’industrie de la banque genere ?


            • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 15:29

              Avec un taux effectif d’intérêt de 26%, la banque continue de gagner énormément d’argent sur les sommes réelles dont elle a la charge, même si la valeur de ces sommes est égratignée par l’inflation et qu’en plus 2,75% vont à la petite part des livrets A. Les impôts sont prélevés sur ce qui reste, si je ne trompe pas, et pas sur le total.


            • faxtronic (---.---.127.45) 2 août 2006 12:23

              En quoi l’inflation est elle mauvaise ??? Je n’ai pas de capital propre, quelques biens et c’est tout. Vive l’inflation au contraire. Une bonne inflation a 10% me permetttrait d’emprunter et de voir la valeur monetaire de mon bien etre superieur au cout de mon emprunt. Vive l’inflation.


              • jean-f (---.---.237.48) 2 août 2006 13:24

                L’inflation !

                Vaste Problème... A la belle époque des 30 glorieuses elle était de 6% par an. Les dérapages de la fin des années 70 l’a fait passer à 10 puis 14% c’est la qu’elle a été diabolisée. Une petite inflation à 6% serait pourtant bien agréable.


              • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 14:41

                Il est vrai que l’inflation des trente glorieuses n’était vraiment pas un problème. Que penser de la BCE lorsqu’elle décide d’augmenter ses taux afin de surseoir à l’envolée des prix pétroliers ? C’est n’importe quoi, cette politique n’aura aucune influence sur les prix du pétrole, liés essentiellement aux phénomènes géopolitiques et aux péripéties de la production. Quant à la bulle immobilière, elle doit être bien artificielle car il y a 2 millions de logements vides en France d’après l’association Droit au Logement.

                Quoiqu’il en soit, l’inflation est à mon avis la réponse du berger à la bergère, du secteur productif au secteur bancaire. Et la lutte contre l’inflation inscrit comme unique objectif de la BCE sert les détenteurs de capitaux (par meilleur rendement financier entre intérêts perçus et maitrise de la hausse des prix), au détriment des chomeurs (par essoufflement économique).


              • Adolphos (---.---.59.170) 5 août 2006 11:16

                « Que penser de la BCE lorsqu’elle décide d’augmenter ses taux afin de surseoir à l’envolée des prix pétroliers ? C’est n’importe quoi, cette politique n’aura aucune influence sur les prix du pétrole, liés essentiellement aux phénomènes géopolitiques et aux péripéties de la production. »

                Inflation=augmentation du prix du pétrole. Donc la BCE à bien raison de tenir l’inflation, une monnaie forte nous épargnant une inflation importée (le pétrole est payé en $ pas en €).

                « Quant à la bulle immobilière, elle doit être bien artificielle car il y a 2 millions de logements vides en France d’après l’association Droit au Logement. »

                Il n’y a aucune bulle. Les achats sont des achats de particulier pour se loger -c’est d’ailleurs pour cela que plein d’agences immobilières se sont ouvertes.. Quant au DAL, il raconte bien entendu n’importe quoi.

                « Quoiqu’il en soit, l’inflation est à mon avis la réponse du berger à la bergère, du secteur productif au secteur bancaire. »

                Plutôt des entreprises aux délires de l’Etat, non ?

                « Et la lutte contre l’inflation inscrit comme unique objectif de la BCE sert les détenteurs de capitaux (par meilleur rendement financier entre intérêts perçus et maitrise de la hausse des prix), au détriment des chômeurs (par essoufflement économique). »

                Non, les détenteurs de capitaux (qui sont rares donc en position de force) peuvent imposer des rendements supérieurs en cas d’inflation. Ce n’est pas le cas des salariés.. Par ailleurs la lutte contre l’inflation n’est pas l’unique objectif de la BCE, et les politiques participent à ses réunions, donc il faut arrêter de raconter n’importe quoi juste parce qu’un crétin (ou un hypocrite) vu à la télé l’a dit. Enfin, le chômage est un choix de société français, et n’a aucun rapport avec la BCE.


              • Internaute Internaute 2 août 2006 12:29

                Merci pour cet article qui répond à plusieurs questions que je me posais depuis longtemps.

                Je ne vous suis pas lorsque vous dites... Dès lors, on comprend très bien que le système de production-consommation soit soumis à une ponction financière récurrente asséchant inéluctablement ses poches, et allant alimenter l’accumulation de capital à des fins spéculatives, essentiellement parce que les transactions financières ne sont pas taxées, contrairement aux processus de production.

                D’où vient la ponction financière ? Quand une entreprise emprunte ce n’est en général pas pour placer l’argent mais pour l’investir. Idem pour un particulier qui emprunte pour s’acheter une maison. L’argent va dans la poche du constructeur, pas dans un codevi.

                Les règles bancaires sont peut-être à remanier mais je trouve un peu exagéré de dénoncer les banquiers comme des accapareurs. D’abord, le banquier n’est plus une personne à quelques exceptions prés. Les plus grosses banques du monde, la BNP et le Crédit Agricole, ont des millions d’actionnaires. Alors, le banquier c’est qui ? Ensuite, les banques ne servent que d’intermédiaire. Comme tout intermédiaire elles gagnent à tous les coups. C’est comme les notaires. Si vous vendez votre maison à perte le notaire (et le fisc aussi) gagne de l’argent. C’est dur mais c’est comme cela.


                • (---.---.57.135) 2 août 2006 16:06

                  petite parenthese : le fisc ne gagne pas d’argent mais recoit une contribution. En l’occurence il (le fisc=>l’Etat) perd de l’argent puisqu’il depense plus qu’il ne recoit...mauvaise gestion. Idem donc pour le Notaire. Il percoit une remuneration pour le service, mais ne gagne pas forcement d’argent s’il gere mal son etude.


                • Adolphos (---.---.59.170) 5 août 2006 11:23

                  « Dès lors, on comprend très bien que le système de production-consommation soit soumis à une ponction financière récurrente asséchant inéluctablement ses poches, et allant alimenter l’accumulation de capital à des fins spéculatives, essentiellement parce que les transactions financières ne sont pas taxées, contrairement aux processus de production. »

                  Qu’est-ce que vous appelez une « transaction financiére » ? Ce n’est ni un achat, ni une vente, déja taxé, ni une plus value, ni le versement de dividendes, déja taxés, donc qu’est-ce que vous appelez une transaction financiére ?

                  Par ailleur vous oubliez que le secteur financier finance l’économie. C’est lui qui concrétement finance les investissement des entreprises. Il n’y a donc aucun « asséchement » ou je ne sais quoi d’autre, comme l’a prouvé l’explosion d’internet qui a injecté des centaines de milliards dans l’économie « réel », chose que l’Etat aurait été bien incapable de financer (surtout en France, où il a fallut 100 ans pour avoir un téléphone à peu prés acceptable pour tous).


                • idoine (---.---.189.236) 2 août 2006 13:20

                  En complément, un autre article intéressant paru sur Agora :

                  Le capitalisme anti-fordien est-il la dernière issue des sociétés industrielles ? http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11447


                  • Philippe VIGNEAU (---.---.82.132) 2 août 2006 14:23

                    article tres interessant mais je n’ai pas bien compris pourquoi cette creation de richesses ex-nihilo etait si nocive ?... ce pouvoir d’endettement decuple (enfin multiplie par 6.5 si j’ai bien compris) favorise la creation d’entreprises, etc... et donc la creation de richesse ?...

                    je ne comprends pas bien l’interet de ne plus pouvoir autant emprumter...


                    • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 14:40

                      Le problème c’est quand cet argent n’est pas investi dans les activités productives mais dans la spéculation purement financière. Là, aucune richesse n’est créée : pas de bâtiments construits, pas de minerai extrait et fondu, pas de plantes cultivées, pas de bien fabriqué.

                      Le pire c’est quand cet argent est emprunté sur la foi d’une croissance estimée à la hausse pour augmenter la consommation artifiellement à coup (coût) d’allocations primes et revenus garantis « boostés » par cet argent, comme on le fait en France depuis des années : on emprunte à un taux supérieur à la croissance, donc au final on perd plus en intérêts à payer et en dette nationale qu’on peut jamais espérer récupérer en croissance.


                    • Philippe VIGNEAU (---.---.82.132) 2 août 2006 14:52

                      merci pour tes explications !

                      mais emprunter pour placer l’argent dans des fonds, c’est interdit !... ce n’est pas possible : j’ai essaye et aucune banque n’a voulu me preter...

                      desole de ne pas comprendre tres vite...


                    • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 15:02

                      Je pense que Jesrad a très bien répondu à ta question. Voilà pourquoi on constate l’accumulation de masse monétaire autour de la finance, et l’incapacité à consommer, ce qui est produit par la rareté monétaire dans la main du consommateur.

                      En soi, la création de monnaie ex-nihilo n’est pas nocive, elle permet aux banques de prêter sans vider les dépôts à vue des épargnants. Mais c’est non seulement un formidable levier pour concentrer les richesses autour du secteur bancaire (comme elle monétise ses actifs, elle peut acheter des obligations d’entreprises ou des titres de dettes d’état à partir de rien), là où vous comme moi devont posséder le montant nécessaire à ces opérations. Ce privilège est donc un énorme facteur de différenciation sociale.

                      Sans interdire la création monétaire ex-nihilo (les 75000 tonnes d’or dans le monde ne permettent plus de rendre viable un étalon-or), je pense qu’elle ne doit pas être assorti d’intérêts, tout simplement.


                    • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 15:34

                      Tu n’as pas ce droit, on est d’accord.

                      Mais comment expliquer qu’en 1992, Georges Soros est emprunté afin de spéculer sur les monnaies européennes et déstabiliser le système monétaire européen, prélude à l’euro entériné 1 an après par l’adoption du traité de Maastricht ?

                      En France, les particuliers n’ont pas le droit d’emprunter pour spéculer, ce n’est ni le cas pour tout le monde ni sous d’autres cieux.


                    • Topaze (---.---.125.29) 15 août 2006 17:13

                      Ben si

                      Il suffit d’acheter des titres ou des contrats sur un marché à terme, ou des options... enfin, ca ne fait jamais qu’une approximation de plus, et c’est surement plus vendeur pour flatter le petit epargnant local...

                      On peut même jouer (légalement) sur les devises avec effet de levier (ce qui équivaut à emprunter pour jouer plus que ce dont l’on dispose) , pour ceux qui en ont envie de se prendre pour G Soros.

                      Terminons par l’exemple cité plus bas et utilisé par Mme Margrit Kennedy. L’exemple de la courbe exponentielle, citée en pages 1 et 2 de l’étude disponible que le lien ci-dessus. Trés interessante car structurant ce qui semble confusement etre le sujet de l’article qui nous permet tous ces échanges, la création d’un systeme monetaire alternatif.

                      http://www.margritkennedy.de/downloads/Ch.MoneySystemMK.pdf

                      Page 2, Mme Kennedy conclue en utilisant votre exemple du penny (et non de l’euro, sacrés anglois) qui, investi à 4% à la naissance de JC à 4% aurait permit d’acheter une boule d’or de la taille de la terre en 1750, etc...Le principe etait connue de ma grand-mère, l’argent faisant des petits ou illustration populaire des interets composés : quand je place 100 à 4%, je dispose si tout va bien de 104 à la fin de l’année 1. Si je place ensuite mes économies pour l’année 2, ma mise initiale est de 104, sur laquelle je touche 4%, soit ..... question à 5 points. La formule est Capital * (1 + taux d’interet exprimé en %) puissance (le nombre d’année), donc ici au bout de deux années je dispose de 100*(1,04)^2=108,16

                      Mme Kennedy de conclure que « Cela prouve mathématiquement que le paiement continuel d’interets et d’interets composés sur une longue période de temps est pratiquement impossible »

                      Comparaison pour comparaison... Imaginons que JC se lance dans l’elevage de lapins (oups, blasphème ?). Disons qu’il ne puisse acheter (au comptant, car il se méfie des banques) un couple (deux) de lapins. SI je « croise » ces deux lapins, et qu’ils maintiennent une « production » de 2 lapins par couple (et nous sommes ici bien en dessous des références historiques de la race, mais bon, c’est juste pour l’image et compenser certaines tendances à la galejade...), la generation 2 atteint 4 lapins, puis 8, puis 16... Bou Diou eusse dit mere-grand, mais n’est ce pas là la fonction exponentielle tant honnie ? Mais alors, l’argent, c’est comme les lapins, ca fait des petits ?

                      Exactement Mammie, il suffit d’appliquer un taux d’interet de 100%...

                      Maintenant, une question : combien les enfants de JC (oups, blaspheme bis, mais non capitalisé) peuvent ils acheter de lingots d’or (en kgs) en vendant tous leurs lapins en 1778, date de décés du dit Voltaire (qui a dit quelque chose comme « avec le droit de voter vient aussi l’ardente obligation de s’infomer »..non, le plan c’est plus tard...) ?

                      Les bons eleves répondront à la question additionnelle : sachant que le susnommé ainsi que sa descendance se nourrissent en moyenne d’un demi-lapin par jour, il conviendra d’estimer le meme nombre (kgs d’or) en 1778 en tenant compte de leur auto-consommation.

                      Les spéculateurs peuvent méditer sur la part de l’obscur demi-frère de JC, celui qui eut emprunté à 4% (même capitalisé) et acquis les lapins avec la somme ... Peuchère, il serait tellement riche qu’il jouerait à la pétanque avec un cochonnet gros comme la Terre dés bien avant 1750...

                      Mais bon, ne jouez pas trop à G Soros, tout de même...lui avait « la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours »


                    • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 14:35

                      Excellent article, qui met la lumière sur ce qui compte vraiment et explique les mécanismes de la finance !

                      Au passage, je vous propose une alternative aux banques centrales, la banque éclatée : http://ripple.sourceforge.net/ et http://ripplepay.com/

                      Avec ce système, chacun est sa propre banque et celle de ses connaissances directes. Vous tenez un « compte » auprès des gens en qui vous avez confiance, qui eux-même tiennent des comptes pour leurs amis et proches, qui eux-même etc... Les dettes circulaires sont automatiquement résolues, et à chaque achat le paiement transite d’un « noeud » à l’autre entre l’acheteur et le vendeur, mettant à jour chaque compte au passage. Les gens ne peuvent frauder que leurs proches, et personne d’autre.

                      Avec ce système on peut même commencer à utiliser de la monnaie négative, comme celle de l’étrange planète Gand dans la nouvelle « And then there were none » de Eric F. Russell : chaque fois qu’on rend service ou vend quelque chose à quelqu’un, on lui compte en « obligations », ou « obs » à repayer plus tard. Le coût de la création de monnaie est distribué entre chaque acteur du système, il n’y a pas d’intérêts à payer sur la masse monétaire, et pas d’inflation.


                      • Gandalf Tzecoatl 2 août 2006 15:27

                        Merci pour le lien Jesrad, j’avais entendu parler de tels systèmes de gestion de monnaie privées sur sourceforge, sans réussir à mettre la main dessus.

                        Sans être un inconditionnel des monnaies privées, on ne peut que constater l’effervescence autour de ce phénomène. Il semble que ce soit la prochaine révolution Internet.


                      • doko (---.---.57.135) 2 août 2006 16:27

                        J’ai rapidement survole le site Rippleplay. Je n’ai peut etre pas tout compris, mais je me pose une question : est-ce que cela ne revient pas dans le fond a creer de la monnaie artificiellement pas ex. si Mr. A accorde un credit de 10$ a son ami Mr B la seule contrepartie etant la confiance qu’il porte en lui ? Est-ce que cela ne recree pas au font sur le mode microcredit, ce que l’on reproche ici aux banques ? d’ailleurs, je fais egalement une remarque sur les divers commentaires que j’ai lu ici, l’effet de levier (que l’on reproche) represente en fait la valeur de la confiance qu’a l’emprunteur dans le systeme. Ce quel’on echange, c’est de la confiance dans un systeme monetaire. Lorsque on recoit un billet de 10 euros, on l’accepte parce que l’on a confiance en la valeur qu’il represente. C’est aussi pour cela que l’on voit dans certains pays la circulation de US$ au lieu de la monnaie nationale pour de simple question de confiance. Supprimez la confiance et le systeme s’effondre. De ce point de vue, il n’y aurait pas de limite a l’effet de levier de creation de monnaie.


                      • Jesrad (---.---.20.126) 2 août 2006 17:40

                        Vous avez très bien compris.

                        Toute monnaie « fiat » est créée artificiellement à partir de confiance, à la base. Dans le cas de Ripple, c’est la confiance qui existe entre chacun qui est utilisée pour garantir cette monnaie, comme quand un collègue prête les 40 centimes d’euros pour payer le café du matin, mais à une échelle beaucoup plus vaste.

                        La différence majeure avec le système bancaire central, c’est que chacun prend les dispositions qu’il veut avec ses contacts dans le réseau social. Entre mes amis et moi, on ne se fait pas payer d’intérêts sur les crédits. Je peux aussi offrir une limite de crédit beaucoup plus élevée à un proche en échange d’une caution sur sa voiture, par exemple.

                        Certains « noeuds » importants du réseau social pourraient envisager de faire payer leurs services par transaction ou par abonnements, bien sûr, mais les crédits seraient répartis entre tout le monde et les transactions seraient « poussées » sur les circuits les moins coûteux automatiquement (le paiement comme problème de routage), tirant le coût du système bancaire éclaté vers le bas.


                      • Adolphos (---.---.59.170) 5 août 2006 11:30

                        Donc pas de création monétaire ?


                      • Jesrad 10 août 2006 12:49

                        Bien sûr que si, une création et destruction monétaire faite par tout un chacun en faveur ou défaveur de ses proches, sachant qu’au bout du compte chacun est responsable des dettes contractées par ses proches : la monnaie est garantie par les biens qu’elle représente à travers la confiance qui existe déjà entre chaque citoyen.

                        Autrement dit, la monnaie croît avec la richesse, puisqu’on peut augmenter la limite de crédit en faveur de ses proches à mesure qu’ils s’enrichissent.


                      • (---.---.59.170) 10 août 2006 12:51

                        Comprend rien à ce charabia.

                        « la monnaie est garantie par les biens qu’elle représente »

                        Donc, la dette que représente sur l’économie votre création monétaire pour vos proche est garantie par Vos biens ?


                      • Jesrad 10 août 2006 13:13

                        Mettons que j’ai une voiture, je l’engage comme caution auprès de mon meilleur ami, et il pousse la limite de crédit que j’ai auprès de lui d’à peu près la valeur commerciale de ma voiture, avec cette augmentation de crédit je peux acheter ou investir plus car alors c’est in fine ma dette auprès de lui qui augmente quand je dépense : création monétaire.

                        Cette limite de crédit empêche l’inflation. Mon ami (qui est aussi ma banque) peut exiger que j’assure la voiture, par exemple.


                      • Guilhem (---.---.91.97) 2 août 2006 15:26

                        @Internaute

                        Je n’ai vérifié que pour la BNP mais on est loin des millions d’actionnaires : Composition de l’actionnariat au 31 décembre 2005

                        Actionnaires individuels 6,90%

                        Axa 5,70%

                        Salariés 5,70%

                        Divers et non identifiés 6,80%

                        Institutionnels 74,90%

                        dont Europe : 61,50% dont hors Europe : 13,30%

                        D’après L’OCDE, le terme « investisseur institutionnel » fait principalement référence aux sociétés d’assurance, aux fonds de pension et aux sociétés d’investissement.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès