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L’introduction de ’Enabling Entrepreneurial Ecosystems’

L'économiste Philip E. Auerswald présente sa contribution à l'étude sur la compétitivité locale en soutenant un modèle pour analyser les écosystèmes entrepreneuriaux. 

 

1 La contribution à l'étude académique sur la compétitivité locale

Le 12 octobre 2014, Philip E. Auerswald a rendu accessible au grand public son article intitulé Enabling Entrepreneurial Ecosystems (fr : Promouvoir les écosystèmes entrepreneuriaux). Cet article est extrait du livre à paraître en 2015 The Oxford Handbook of Local Competitiveness (fr : Le manuel Oxford de la compétitivité locale) qui est décrit comme le premier outil pour comprendre « ce que les localités – régions, États fédérés et villes – peuvent entreprendre pour améliorer leur efficacité économique. »1

Philip E. Auerswald est un économiste, « professeur associé à l'école des politiques publiques » de la George Mason University.2 Son article « cherche à informer les chercheurs et les responsables publics en tirant des leçons pour les écosystèmes entrepreneuriaux » à partir des enseignements de la biologie et de l'écologie sur les « écosystèmes ».3 La publication comprend 8 parties, en comptant l'introduction et la conclusion.

Dans l'introduction, M. Auerswald place le cadre fondamental de ce qu'il présente comme « une future voie » au sein de « la série de recherches » qui théorise le caractère analogue des systèmes économiques et des systèmes biologiques.4 L'auteur développe l'ouverture de son article en suivant trois étapes. D'abord il évoque de façon critique les mesures institutionnelles destinées à encourager l'entrepreneuriat. Il poursuit en insistant sur l'importance décisive des études sur les écosystèmes entrepreneuriaux. Enfin, il présente les ressources issues de la biologie et de l'écologie en mesure de favoriser ces études.

 

 

2 La critique des mesures institutionnelles pour soutenir l'entrepreneuriat

Concernant les mesures institutionnelles de soutien à l'entrepreneuriat, Philip E. Auerswald concède que rares sont les éléments permettant de penser que l' « action gouvernementale peut affecter le nombre total d'entrepreneurs dans une économie donnée ».5 Il ajoute cependant qu' « il y a des preuves solides » montrant que cette action « peut avoir une influence sur le lieu et la manière dont les entrepreneurs (…) concentrent leurs moyens. »6

Pour étayer cet argument, l'auteur évoque la multiplication des projets nationaux en faveur des startups depuis 2010.7 Cette année-là le Chili a lancé un programme destiné à transformer le pays en place forte de l'innovation et de l'entrepreneuriat.8 Les États-Unis ont concrétisé leur propre programme l'année d'après. « Et plus d'une douzaine d'autres pays ont lancé des initiatives nationales pour les startups durant les quatre années suivantes. »9 La France a ainsi initié l'Initiative French Tech, dont la première année a été célébrée en janvier 2015.10

Les nombreuses mesures gouvernementales ont permis de tirer des constations qui fondent l'intérêt d'études plus rigoureuses sur les écosystèmes entrepreneuriaux. Philip E. Auerswald observe « une reconnaissance accrue (…) que l'entrepreneuriat est une activité très dépendante » de l'environnement d'ancrage.11 Il précise que les niveaux infra-régionaux, urbains « ou même le voisinage » se prêtent plus aisément à l'analyse que le niveau national.12

L'auteur relève ensuite que l'expérience des programmes gouvernementaux en faveur des entrepreneurs a mis en évidence la très relative efficacité des mesures uniquement concentrées sur le financement des entrepreneurs et le développement de leurs compétences sans tenir compte du contexte opérationnel. « En conséquence, l'avant-garde institutionnelle à l'intérieur et à l'extérieur des gouvernements a fini par envisager des interventions en faveur de l'entrepreneuriat destinées à promouvoir les 'écosystèmes entrepreneuriaux' particulièrement au niveau urbain ou infra-national ».13

Ces constations soutiennent la démarche de la France et de l'Allemagne dans leur recherche du capital risque. Les deux États limitent en effet l'investissement direct dans les startups et favorisent davantage des mesures incitatives destinées à encourager l'activité de tous les acteurs des écosystèmes notamment les investisseurs.14 Cependant, au moins pour l'Allemagne, la stratégie est peu efficace pour le moment. Les investisseurs convoités par l'État allemand ont manifesté un relatif désintérêt à l'égard de l'incitation fédérale.15 Quant à la France, la stratégie a été entreprise au début de l'année 2015 seulement. Il est trop tôt pour analyser des résultats encore rares.

 

 

3 L'importance décisive des études sur les écosystèmes entrepreneuriaux

M. Auerswald note qu'il existe de « nombreuses études rigoureuses sur l'entrepreneuriat, les processus entrepreneuriaux et les initiatives politiques d'envergure nationale ».16 Il souligne toutefois que « peu d'études aussi rigoureuses ont été conduites sur l'efficacité des interventions comme celles qui occupent les praticiens en ce moment – c'est à dire, celles destinées à promouvoir les écosystèmes (...) locaux. »17 L'auteur explique le manque constaté en présentant le modèle de pensée néo-libéral dominant comme impropre « à la description des écosystèmes entrepreneuriaux, l'étude de leur dynamisme (ou leur manque de dynamisme), ou la recommandation de mesures politiques qui pourraient améliorer leur fonction. »18 Il propose donc un nouveau modèle qui s'inscrit dans la lignée des théories économiques ayant puisé dans les ressources des sciences de la natures.19

Pour justifier son nouveau modèle, l'économiste retourne à la source même du terme « écosystème » en citant Arthur Tansley qui introduisit ce concept pour la première fois en 1935 dans un article intitulé The Use and Abuse of Vegetational Concepts and Terms (fr : L'usage et l'abus des concepts et des termes botaniques).20 L'économiste observe que « les biologistes des années 1930 étaient aussi prompts à placer 'l'organisme' au cœur de leurs recherches que les économistes de la présente décennie sont prompts à placer 'la firme' au cœur de la théorie productiviste. »21 L'auteur se base ensuite sur le rejet des termes 'organisme complexe' au profit de 'écosystème' par Arthur Tansley pour soutenir son propre rejet de la 'firme complexe' au profit de l' 'écosystème entrepreneurial'.

En opposant le modèle néo-libéral dominant à son modèle inspiré des sciences de la nature, Philip E. Auerswald offre quelques éléments de réflexion. Par exemple, alors que le modèle dominant présente les crises économiques comme des facteurs affaiblissant les entrepreneurs, le modèle Auerswald les présente comme génératrices d'opportunités pour les entrepreneurs. À cet égard, l'économiste est en accord avec Linda Rottenberg, la co-fondatrice et directrice générale de Endeavor, « seule entité de cette envergure offrant un exemple réussi de soutien et de promotion de l'entrepreneuriat à un niveau international »22. Au cours d'un entretien à l'Université américaine Stanford, Mme Rottenberg a indiqué que « quand les économies sont en berne, les entrepreneurs lèvent la tête ».23 Elle a éclairé sa position en racontant « l'histoire exceptionnelle de la Veuve Cliquot, une dame qui a profité de l'invasion de son pays pour transformer l'héritage laissé par son mari en un commerce florissant. »24

 

Le présent article est issu de la lettre d'information -The Series- du 16 mars 2015.

 

 

1OXFORD UNIVERSITY PRESS. The Oxford Handbook of Local Competitiveness [en ligne]. OUP. <https://global.oup.com/academic/product/the-oxford-handbook-of-local-competitiveness-9780199993307?cc=fr&lang=en&> consulté le 13 mars 2015

2AUERSWALD Philip E. About me [en ligne]. Auerswald. <http://auerswald.org/about-me/> consulté le 13 mars 2015

3ENDEAVOR INSIGHT. Enabling Entrepreneurship Ecosystems : Lessons from Ecology and Biology [en ligne]. 23 février 2015. Endeavor Insight. <http://www.ecosysteminsights.org/enabling-entrepreneurship-ecosystems-lessons-from-ecology-and-biology/> consulté le 13 mars 2015

4AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 5. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

5AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 2. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

6Ibidem

7AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 3. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

8Ibidem

9Ibidem

10UMUCYO Alain-Patrick. La French Tech, un an après [en ligne]. 12 février 2015. AgoraVox. <http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-french-tech-un-an-apres-163390&gt ; consulté le 10 mars 2015

11AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 4. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

12Ibidem

13Ibidem

14UMUCYO Alain-Patrick. La France et l’Allemagne à la recherche du capital risque [en ligne]. 23 février 2015. AgoraVox. <http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-france-et-l-allemagne-a-la-163957> consulté le 15 mars 2015

15Ibidem

16AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 4. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

17Ibidem

18AUERSWALD Philip E. Enabling Entrepreneurial Ecosystems [en ligne]. 07 octobre 2014. p. 5. Disponible via : SSRN. <http://ssrn.com/abstract=2508323> consulté le 13 mars 2015

19Ibidem

20Ibidem

21Ibidem

22UMUCYO Alain-Patrick. La French Tech, un an après [en ligne]. 12 janvier 2015. AgoraVox. <http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-french-tech-un-an-apres-163390> consulté le 15 mars 2015

23Audio podcast : Crazy is a compliment. 7 mai 2014. SoundCloud. 17:49 <https://soundcloud.com/ecorner/linda-rottenberg-crazy-is-a?in=alainpatricku/sets/existenzgr-ndung#t=17:49&gt ;&nbsp ;consult&eacute ; le 07 novembre 2014

24UMUCYO Alain-Patrick. Cinq leçons de Linda Rottenberg, co-fondatrice et directrice générale de Endeavor [en ligne]. 11 novembre 2014. Oboulo. <http://www.oboulo.com/summary?id=335157&affiliationcode=0d088b> consulté le 15 mars 2015


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1 réactions à cet article    


  • lsga lsga 28 mars 2015 14:29

    « Par exemple, alors que le modèle dominant présente les crises économiques comme des facteurs affaiblissant les entrepreneurs, le modèle Auerswald les présente comme génératrices d’opportunités pour les entrepreneurs. »

     
    Donc ses modèles se font en dehors de toute approche empirique et Historique. Matériellement, les crises augmentent la concentration du Capital.
     
    Faire des métaphores biologiques : c’est bien
    Faire des études empiriques et confronter ses théories à l’expérience : c’est mieux. 

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