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Accueil du site > Actualités > Economie > L’Iran, l’euro, le pétrole et le dollar

L’Iran, l’euro, le pétrole et le dollar

Il y a deux informations dont on n’entend parler nulle part et qui devraient avoir pourtant des conséquences considérables. Je ne sais si cela peut aller jusqu’à une "rupture systémique globale", comme l’annonce le site "Europe 2020", ni si cette crise mondiale va se déclencher la semaine du 20 au 26 mars (on n’est pas dans Nostradamus !), mais le risque est certain.

En effet, on sait depuis longtemps que le déficit américain n’est pas tenable, profitant à outrance de la position dominante du dollar comme monnaie de réserve. Dans ce contexte de déséquilibre, les performances de l’économie américaine devaient beaucoup au savoir-faire de Greenspan, qui vient juste de partir à la retraite.

Or, son successeur n’a rien trouvé de mieux pour régler son déficit que de le masquer (en arrêtant, à partir du 23 mars, de publier l’indicateur M3 de la masse de dollars en circulation). C’est la première information inquiétante, de l’ordre de l’abandon de l’étalon or, et qui équivaut à faire marcher la planche à billets (ce qui produit normalement inflation et dévaluation).

La deuxième information fait plus que s’ajouter à la première, elle en multiplie les dangers et donne un éclairage singulier sur les tensions actuelles avec l’Iran. En effet, les Iraniens devraient inaugurer, le 20 mars, jour de la nouvelle année pour eux, une bourse du pétrole en euros. Si l’opération réussit, le dollar pourrait en être gravement affecté, car il dépend beaucoup des pétro-dollars et l’existence, désormais, d’une monnaie refuge gérée plus rigoureusement par la BCE, ainsi que de marchés en euros, pourrait sonner la fin de la domination du dollar et le moment de payer ses échéances pour les USA.

Bien sûr, ce n’est l’intérêt de personne de plonger le monde dans la crise, et tout sera fait pour en atténuer le choc, mais les sommes en jeu sont si considérables qu’un mouvement massif de migration des capitaux est malgré tout le plus probable. La probabilité que la crise éclate dans la semaine du 20 au 26 mars n’est pas nulle, mais ce n’est pas la question, car il semble en tout cas difficile de l’éviter à plus long terme. Tout déséquilibre monétaire finit par se payer d’une façon ou d’une autre. On verra bien, c’est pour très bientôt, mais la situation financière américaine est très préoccupante (avec la bulle immobilière entre autres), et on peut s’étonner tout de même qu’on en parle si peu...


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27 réactions à cet article    


  • Gil (---.---.93.79) 6 mars 2006 10:49

    Bravo ! Article vulgarisateur qui ne sacrifie rien à la rigueur technique et didactique. Voilà qui m’apprends quelque chose dans un domaine que j’ai l’habitude de fuir tant les terminologies employées sont habituellement obscures et rébarbatives...


    • Line Yoblin d’Hividu (---.---.128.92) 6 mars 2006 11:10

      Visiblement fin mars 2006 va être un moment très intéressant pour la planète qui relèguera la psychose de la grippe aviaire au rang des oubliés.

      Outre les éléments apportés dans cet article, ceux qu’on trouve à cette page

      http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CHO20060210&articleId=1943

      nous promettent un bonheur sans fin.

      Est-ce que toute cela est de l’info ou de l’intox ? Allez, plus que quelques semaines à patienter pour savoir...


      • Daniel Bainville-Latour (---.---.155.128) 6 mars 2006 11:39

        Ce sujet a déjà été récemment traité sur ce forum. Si la presse ne semble guère en parler, c’est parce que le processus de déclin du dollar est connu. Au demeurant, les marchés financiers ne paraissent pas, à ce jour, anticiper un cataclysme financier qui n’est de l’intérêt de personne.

        Le processus a, en effet, commencé lorsque les pays asiatiques et en particulier la Chine ont décidé, ce qui parait d’ailleurs logique et naturel, une plus grande diversification de leurs réserves en arbitrant une partie de leurs dollars en faveur d’autres devises et notamment l’euro. Et il se poursuit graduellement.

        La Syrie a pris un décret, le mois dernier, qui impose l’euro dans toutes ses transactions internationales et les candidatures étrangères à ses marchés publics. En dehors de l’intérêt de traiter dans une monnaie stable, s’agissait-il d’un ballon d’essai en vue de l’initiative iranienne ? Les marchés n’ont pas bougé.

        La décision iranienne est significative mais limitée car l’Iran n’est qu’un fournisseur pétrolier parmi beaucoup d’autres et l’opération ne porte, pour l’instant, que sur les ventes de pétrole.

        Certes, ces décisions peuvent faire tache d’huile mais que se passerait-il si le dollar s’écroulait ? D’abord, les pays qui, précisément détiennent du billet vert dans leurs réserves verraient celles-ci fondre d’autant.Et tous ceux dont la richesse est constituée de pétro-dollars seraient ruinés.

        La décision américaine de renchérir le crédit ne va pas dans le sens de l’inflation mais apporte un peu de rigueur dans les pratiques américaines, tant pour le secteur public que pour les particuliers.

        Une des perspectives possibles est que, graduellement, les détenteurs de dollars cherchent à arbitrer le papier contre des actifs matériels réels dans le monde, et aux USA en particulier. Peut-être peut on considérer l’actuel projet des Emirats de racheter des sites portuaires marchands aux USA comme une prémisse de cette perspective.

        De même pour des biens immobiliers, des actions d’entreprises, notamment américaines etc... Ce qui, certes, signerait une accélération du déclin américain mais soutiendrait plutôt les marchés au lieu de les faire effondrer.


        • Jean Zin Jean Zin 6 mars 2006 11:53

          Merci de ces précisions. J’ai effectivement vu après-coup que l’information était déjà passée sur AgoraVox pendant que j’étais en voyage, il y a 15 jours, mais il n’empêche qu’on n’en parle guère.

          Je suis bien d’accord que ce n’est l’intérêt de personne de pousser à la dévaluation du Dollar mais si j’avais des dollars, je les convertirais en Euro quand même... La capacité de régulation du marché est limitée à ce niveau. Ce n’est d’ailleurs qu’un des déséquilibres actuels et il y a bien des raisons d’être pessimiste en ce moment !


        • (---.---.158.11) 6 mars 2006 19:45

          Il est possible que la Chine et la Russie pensent un peu comme vous. Pourquoi tout garder en $, surtout si dans le cas de la Russie, la majorité de ses achats est en euros.

          Ceci dit, ce mouvement est probablement freiné en raison deux éléments. Le premier c’est que ni la Russie ni la Chine ne peuvent se tirer actuellement une balle dans le pied en causant la dévaluation de la monnaie la plus importante de leurs réserves. Le second, surtout pour la Chine, c’est qu’elle ne veut probablement pas perdre une arme financière vis-à-vis des USA dans le cas où les relations avec ce pays tourneraient à l’aigre.


        • Casabaldi (---.---.64.181) 6 mars 2006 11:39

          A vrai dire, on en parle. Mais pas n’importe où. Il est clair que tous les Libégaro, qui ne cherchent qu’à faire de l’audience pour vendre de la pub, ont tendance à éviter le sujet. Mais la célèbre revue « Foreign Affairs », par exemple, identifiait il y a plus d’un an les « 3 tendances de fond qui risquaient de mener les US à la faillite », dans un article de Mr. Patterson, ancien secrétaire général au trésor de l’administration Nixon !

          Concernant la dette US et son financement, ce blog (http://www.20six.fr/aurelianobuendia ) suit mois par mois, les principaux indicateurs, notamment la balance commerciale et les entrées de capitaux. Et il prévoit, lui aussi, les premiers gros soucis pour le début de cette année !


          • Vincent Poncet (---.---.140.135) 6 mars 2006 12:24

            Un congressman américain, Ron Paul, un libertarien élu sous étiquette Du parti Républicain a fait un discours merveilleux sur l’hégémonie du dollar, par son histoire, et l’impact qu’aurait la réalisation de cette rumeur de création d’une place de cotation du pétrole en euros.

            http://www.house.gov/paul/congrec/congrec2006/cr021506.htm

            J’attend de voir des discours à l’Assemblée Nationale française avec tant de profondeurs et d’érudition.


            • Daniel Bainville-Latour (---.---.155.128) 6 mars 2006 17:56

              L’approche par la monnaie de M. Ron Paul est typique des libertariens, mais elle rejoint, vue avec des yeux américains, ce que nous exprimons ici. Elle est intéressante dès lors qu’elle montre, que l’Amérique est consciente de la situation.

              Personne ne peut lire dans les pensées de G.Bush et de ses collaborateurs, mais les stratèges américains ne peuvent ignorer qu’une intervention en Iran pourrait être extrêmement coûteuse et difficile ; Le pays est montagneux et difficilement tenable par une force d’occupation, la population est largement fanatisée. En outre, ce serait faire la guerre aux portes de la Russie et de pays qui lui sont liés, la Russie étant un des partenaires de l’Iran et souhaitant développer son influence au Moyen-Orient. Les faucons de Washington peuvent-ils prendre ce risque au moment où la perspective de se dégager du piège irakien n’est plus un tabou, où l’Afghanistan de révèle un second piège potentiel, où la montée en puissance de la Chine créée aux Américains une source d’inquiétude d’une toute autre ampleur ?

              Sans compter la montée de l’antiaméricanisme dans l’ensemble du Monde Musulman.

              Ni l’envolée des cours du pétrole....

              La solution idéale serait coup d’état ou un effondrement de l’intérieur. Les tentatives de déstabilisation ne paraissent toutefois guère réussir.

              On remarquera quelques indices, ténus, de désescalade ou d’une sorte de revirement : poker menteur sur une perspective de retrait d’Irak, légère marche arrière quant à l’aide aux Palestiniens, offensive de charme de Condo Rice dans le Golfe, sourdine ( provisoire ? ) vis à vis de la Syrie, perspective de développer les carburants alternatifs dans la prochaine décenie.

              Il semblerait que les USA se trouvent dans une situation-butoir et en soient conscients.

              Si personne ne lit dans les boules de cristal, au moins le pire n’est-il jamais sûr.


            • kain (---.---.98.243) 6 mars 2006 14:51

              where is Mr delmesure...


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 6 mars 2006 16:35

                Il est peu probable que la défiance vis-à-vis du dollar soit telle qu’elle entraînerait un effondrement brutal de son cours ; les pays créanciers et les multinationales n’y ont pas intérêt et l’économie américaine a de quoi répondre à une éventuelle chute progressive. La mondialisation c’est aussi celle de la suprématie du dollar monnaie de réserve mondiale.

                Les économies et les monnaies sont interdépendantes, ce qui impose à tous de financer le déficit américain ; ce n’est pas moral, mais c’est nécessaire pour éviter une catastrophe systémique généralisée.

                Ce qui plus préoccupant par contre, en cas de repli des crédits et d’accroissement du taux d’intérêt c’est la dette intérieure des ménages. Les USA ne sont pas à l’abri d’une crise sociale majeure

                Le rasoir philosophique


                • Casabaldi (---.---.48.89) 6 mars 2006 17:52

                  > « ce qui impose à tous de financer le déficit américain » Nous le savons bien, et pourtant. L’article auquel je fais allusion plus haut prend celà en compte, bien entendu. Il évoque d’ailleurs un entretien à ce sujet avec l’un des conseillers du premier ministre japonais Koizumi. La thèse de ce papier est que les populations des pays qui financent la dette US viellissent.(en premier lieu le Japon)et que l’argent qui servait hier à financer la dette devra financer ces retraites. On notera d’ailleurs, que le mois dernier la dette US, non seulement s’est accrue de ses 60 Mds désormais habituels, mais en plus, et c’est l’une des premières fois que celà arrive, n’ a pas été financée ! La fin de l’impact du HIA devrait d’ailleurs voir cette situation se renouveler de plus en plus souvent dans les mois qui viennent. Et le fait de relever les taux n’y changera pas grand chose, sauf à déclencher LA crise, que certains, de plus en plus nombreux, considèrent comme inévitable.


                  • Stéphane (---.---.48.164) 6 mars 2006 18:45

                    Ou êtes-vous Mr.Demesure qui est à l’économie ce que Mr.Reboul est à la philosophie sur Agoravox ? (Mr.Reboul simple plaisanterie : j’aime beaucoup vos interventions)

                    Je crois que l’essentiel a déjà été débattu et en ce qui concerne l’aspect IOB je conseille vivement le lien vèrs blogfinance :

                    www.leblogfinance.com/2006/03/bourse_iranienn.html

                    Synthèse rigoureuse et fort bien documentée sur ce qui en l’état de la situation actuelle n’est qu’une vue de l’esprit qui est devenu une réalité virtuelle par quelques individus en mal de notorièté tels que Mr.Biancheri.


                    • Jean Zin Jean Zin 6 mars 2006 20:55

                      Le lien indiqué ne marche pas mais je regrette un peu d’avoir fait un billet sur un sujet déjà traité sur AgoraVox et qui a eu 167 commentaires ! Pour ma part je ne pourrais pas suivre, je ne prétends pas que la fin du monde est pour la semaine du 20 au 26 mars, je ne veux paniquer personne et il doit être bien clair que je n’ai aucune autorité en la matière. Tout ce qui m’intéresse c’est si ces informations sont vraies et qu’elles soient publiées. Après cela que chacun donne ses analyses.

                      Par contre les certitudes du dénommé « J.Demesure » m’amusent beaucoup, elles me rappellent les prétendus experts de la nouvelle économie qui nous expliquaient qu’il n’y avait pas de souci à se faire avant le krach de la bulle Internet ! Moi je crois qu’un déséquilibre ne dure jamais bien longtemps même si c’est parfois plusieurs années, ce qui a de quoi étonner et faire douter de tout, mais le moment de vérité finit toujours par arriver.

                      Tous les arguments pour dire qu’il ne se passera rien ont beau être tout-à-fait raisonnables, à la fois le plus probable comme toujours et le plus souhaitable pour tout le monde, si les faits sont vrais cela n’empêche pas que les risques spéculatifs sont bien réels car les déséquilibres sont là depuis longtemps. L’histoire de la masse M3 serait sans doute anecdotique dans d’autres circonstances mais pas avec le déficit actuel.

                      Personne ne pense que la dévaluation du dollar a besoin d’être voulue par quelqu’un pour être déclenchée par des mécanismes de marché que le néolibéralisme a pris bien soin de priver d’une bonne part de leurs filets de protection. Même si on fait tout pour que ça ne se produise pas, cela peut se produire quand même (et il y a aussi des raisons de laisser dévaluer pour les américains).

                      En fait ce qui me semble le plus dangereux fondamentalement c’est l’écart entre l’Euro et le Dollar, leurs politiques opposées qui est la véritable cause de la tension monétaire qui peut se produire. La politique de la BCE de lutte contre l’inflation est absurde non seulement à cause du chômage qu’elle provoque mais aussi parce qu’elle introduit des distorsions en s’écartant trop de la monnaie de référence et peut donc dans certaines circonstances entraîner un basculement brutal, un réajustement des parités.

                      Constater les déséquilibres est une chose, en prédire les conséquences en est une autre. J’ai tendance à penser en effet que l’année est pleine de risques, qui n’ont pas besoin d’être inventés. On passera peut-être entre les gouttes mais il y a beaucoup de gouttes... Je vous souhaite bien sûr qu’il ne vous arrive jamais rien et que vos jours continuent à couler tranquillement comme les flux financiers.

                      Il y avait un dessin amusant, au moment de la bulle Internet. C’est sur un gratte-ciel de Wall street, un homme tente de se suicider en se jettant dans le vide et deux golden boys le retiennent en lui disant « Ne t’en fais pas, Greenspan va nous tirer de là ! », et l’autre de répondre « mais JE suis Greenspan » !

                      Greenspan avait certainement du génie, pratiquant une politqiue keynésienne très réactive, mais il n’a pu éviter une bulle spéculative qu’il avait dénoncée dès le début, ni le krach qui a suivi 2 ans après, et Greenspan est parti...

                      Aucune certitude de rien et les choses sont beaucoup plus compliquées mais ce ne sont pas des informations si anodines qu’on n’aurait même pas à en parler, et la situation financière des Etats-Unis n’est pas si brillante qu’on ne puisse émettre des doutes sur sa pérennité !


                    • Stéphane (---.---.150.175) 7 mars 2006 16:26

                      Mr.Zin,

                      Loin de moi l’intentention d’avoir voulu critiquer votre article.L’appel à Mr.J.Demesure était une plaisanterie relative aux vifs échanges lors de la publication de « l’article » franchement racoleur et totalement farfelu de Mr.Biancheri. Il eut d’ailleurs nettement mieux valu que le votre paraisse au lieu du sien.

                      Des échanges précédents j’ai retenu ceci :

                      - toute la politique financière mondiale est éminemment complexe, interdépendante et d’une grande technicité. J’avoue humblement que pas mal d’arguments échangés me dépassaient.Il n’empêche que même pour un béotien le « charlatanisme » de Mr.Biancheri était patent.Son allergie à la moindre contradiction solidement étayée le prouvait suffisamment.

                      - L’histoire de l’OIB est a ce stade une vue de l’esprit tant au point de vue de la chronologie que d’une éventuelle cotation en €.Il est à noter également que cette rumeur s’est surtout propagée sur le net.

                      - Ceci étant, je suis bien d’accord avec vous que nous traversons une période de grandes turbulences et que dans une telle situation le grain de sable n’est pas à négliger.

                      - A mon avis, tout le contexte actuel autour de l’Iran me parait autrement plus dangereux.Il est clair en effet que le nucléaire n’est qu’un prétexte( à d’autres motivations)et que les conséquences d’un éventuel dérapage pourraient s’avérer désastreuses.L’expression de « danger global » utilisée hier par Mr.Bolton prouve amplement que les EU sont prêts a faire un forcing.Ahmadinededad lui aussi semble assez résolu...

                      - Dernière observation : dans un de ses derniers posts Mr.Demesure a clairement reconnu que la masse monétaire était effectivement trop importante.

                      Cordialement


                    • Jean Zin Jean Zin 7 mars 2006 21:01

                      Merci pour les liens mais que dit l’article ? Il fait mine de dégonfler l’affaire pour, finalement,

                      1) confirmer le projet, par exemple :

                      Dans l’édition du 4 février dernier, Iran Daily rapporte que Majid Abbaspour, dirigeant de l’Association Economique de l’Energie, confirme le « lancement du projet [de la Bourse du Pétrole, NDLR] en mars, afin de déjouer les tentatives américaines de placer le marché pétrolier sous son contrôle. Il a déclaré que de nombreux pays comme la Chine et la Russie veulent négocier le pétrole en euros plutôt qu’en dollars US, en notant que des pays occidentaux ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’établissement d’une Bourse iranienne du Pétrole ».

                      2) mettre en doute sa réalisation simplement parce qu’ils n’ont pas obtenu de confirmation officielle ! C’est ne pas tenir compte de la nature du régime de Téhéran et des enjeux financiers. Se rassurer avec cela est bien paradoxal, il y aurait plutôt de quoi inquiéter.

                      En conclusion, il est probable qu’il y ait ouverture d’une bourse prochainement mais la date est incertaine (il peut y avoir une panne informatique...), on n’est pas sûr que le pétrole soit côté d’emblée, il y aura peut-être une période de rôdage avec les produits pétroliers (qui peut aller jusqu’à 3 ans...) et on n’est pas sûr que les cotations se fassent en Euro tout de suite. Donc par rapport à l’information initiale, il faut ajouter que ce n’est pas absolument certain et pas forcément immédiat mais il n’y a aucune garantie que cela ne se fasse pas, à la date dite. En tout cas, c’est loin d’être une simple rumeur et les tentatives de discréditer cette information sont douteuses !

                      Encore une fois, le problème n’est pas tel ou tel événement déclenchant mais un déséquilibre bien réel qui attend sa résolution d’une façon ou d’une autre. Je ne prétends pas être objectif ou distancié par rapport à cette éventualité mais ne suis pas convaincu qu’on puisse l’éviter.


                    • douceur (---.---.57.218) 6 mars 2006 19:00

                      Superbe article :)

                      cela fera du bien ce nettoyage enfin :)

                      l’equilibre economique est en ce moment bati sur du sable mouvant ...


                      • luigi (---.---.172.217) 6 mars 2006 19:29

                        J’ajouterais que le temple économique est basé sur trois pilier : Croissance, Confiance , Capital Si deux d’entre eux viennent à faillir le temple tout entier s’effondre et c’est ce qui semble se passer en Occident : Peu (voire plus) de croissance De moins en moins de confiance

                        En fait la finance n’est qu’un commerce de promesses... Et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit.


                      • Sylvio (---.---.89.24) 6 mars 2006 20:06

                        Enfin un article qui expose clairement une des raisons stratégiques qui fait que l’Iran est le pays à abattre pour les américains.

                        Ce n’est pas la seule raison, il y’en a beaucoup d’autres :
                        - Pays qui détiens la 2e réserve de pétrole (facilement extractable) la plus importante au monde (après l’Arabie saoudite)
                        - Pays limitrophe de l’Irak
                        - Pays limitrophe de la mer Caspienne ou doit passer un projet Russe d’Oléoduc (Moyen-Orient/Russie/Europe/Chine) n’arrange pas du tout les américains.
                        - Pays qui n’en fait qu’a sa tête (ou plutôt est libre) face au pression économique et diplomatique des USA.
                        - Pays qui à le contrôle du prix de vente de son Pétrole et dont le pétrole n’ai pas exploiter par des multi-nationales américaines.
                        - etc.

                        S’étonne-t-on vraiment du lynchage médiatique dont est victime l’Iran ? Ok le gouvernement n’est pas très démocratique et sympathique envers l’occident (quoi de plus normal quand on le menace de telles manières). Pourquoi des pays comme la Corée du Nord, le Pakistan, L’Inde, Israël qui ont pour certains enfreint 20 fois plus de résolutions de l’ONU ne sont-ils pas mis en cause quotidiennement comme c’est le cas pour l’Iran ?

                        On se fout vraiment de la gueule du monde avec cette propagande, Merci Jean Zin pour cet article.


                        • Daniel Bainville-Latour (---.---.155.128) 7 mars 2006 04:26

                          Je saisis l’opportunité de ce commentaire pour remercier M. Zin de son article.Peu importe qu’il soit plus ou moins redondant puisque nous sommes sur un forum où personne ne dispose d’un monopole ou d’un quelconque droit d’antériorité.

                          D’autant que les questions tant de l’évolution du dollar US que de l’Iran sont de première importance.

                          Simplement, il faut constater que le catastrophisme, style« Harmaguedon c’est pour demain » se porte bien et fait vendre : l’Apocalypse financière d’un côté - c’est notre présent sujet - , la guerre USA-Chine dans peu d’années ( un livre vient de sortir , véhiculant cette prédiction ) , le « choc » des civilisations etc...

                          Autre sujet de réflexion, en relation avec le « lynchage médiatique » de l’Iran, évoqué par le commentateur : sans doute une opération de guerre informationnelle ( l’infoguerre) menée par les services américains qui n’est pas sans rappeler l’habileté avec laquelle les services soviétiques manipulaient les media occidentaux au temps de feue l’URSS.

                          Les articles comme celui de M.Zin permettent d’échapper à cette manipulation des mass media et de proposer ici des opinions et points de vue raisonnés et distanciés.


                        • folamoor (---.---.179.33) 6 mars 2006 22:41

                          Un bon complément d’information sur les enjeux et conséquences de l’ouverture d’une bourse au pétrole en euros : Le projet d’une bourse iranienne du pétrole, par Krassimir Petrov, Ph.D - Gold-Eagle, sur http://www.legrandsoir.info/.


                          • Renaud D. (---.---.83.122) 8 mars 2006 12:00

                            Merci, Mr Zin, pour votre article factuel et documenté.

                            La volonté des néoconservateurs au pouvoir aux Etats-Unis de contrôler le marché du pétrole, fut-ce manu militari, présente un réel danger. Que les dirigeants d’un pays accroissent sans cesse le budget de leurs forces armées par le creusement de leur déficit et la diminution des fonds sociaux ne présage rien de bon pour l’avenir.

                            Les alertes concernant la Bourse iranienne du pétrole n’ont toujours pas effrayé les marchés financiers. Quand bien même cette Bourse serait fonctionnelle dès la fin du mois avec l’Euro pour devise, les gros possesseurs de dollar au premier rang desquels la Chine, ne se précipiteront pas pour basculer tous leurs achats en devise européenne. Je partage complètement l’avis de l’anonyme qui a écrit plus haut :

                            « Ceci dit, ce mouvement est probablement freiné en raison deux éléments. Le premier c’est que ni la Russie ni la Chine ne peuvent se tirer actuellement une balle dans le pied en causant la dévaluation de la monnaie la plus importante de leurs réserves. Le second, surtout pour la Chine, c’est qu’elle ne veut probablement pas perdre une arme financière vis-à-vis des USA dans le cas où les relations avec ce pays tourneraient à l’aigre. »

                            Cette prudence des détenteurs de devises ne coupe pas la route à un rééquilibrage progressif de leurs réserves au profit de l’Euro afin d’atténuer progressivement l’influence de la monnaie américaine. On peut s’attendre en toute logique à une perte régulière et contrôlée de la valeur du dollar. Le cours de l’or, celui de l’argent, la bonne tenue de l’Euro peuvent s’apparenter à des anticipations. Les Chinois semblent s’être engagés dans cette voie en déclarant que le Yuan est susceptible de nouveaux réajustements. Il n’en découlera pas pour autant nécessairement une crise monétaire mondiale.

                            Il reste à souhaiter que tout ceci se fasse en douceur et que les néocons au pouvoir aux USA ne soient pris d’un coup de folie. Toutes les décisions qu’ils ont prises depuis qu’ils tiennent les leviers de commande des USA sont favorables aux deux secteurs de l’économie américaine dont ils tirent profit : le complexe militaro-industriel et le pétrole. Une intervention armée vers un pays producteur provoquerait des utilisations massives d’armements ainsi qu’une tension sur le marché du pétrole et dont ils seraient les premiers bénéficiaires.

                            L’agitation autour de l’Iran laissait présager un coup de force des USA contre ce pays. Il semble clair aujourd’hui que la Russie et la Chine forment deux obstacles majeurs pour une intervention des Etats-Unis en Iran. La déstabilisation de l’Iran n’est acceptable ni pour l’un, ni pour l’autre de ces pays.
                            - Sur le plan du pétrole, la Russie tient à son pipe-line en Iran pour diversifier les routes par lesquelles elle peut exporter sa production. La Chine dispose en Iran d’une source d’approvisionnement importante. Elle ne peut s’en priver sans détériorer cette croissance spectaculaire dont elle a besoin pour apporter aux classes défavorisées le pouvoir d’achat qu’elles réclament avec véhémence.
                            - Sur un plan géostratégique, Russie et Chine sont d’accord pour contenir l’influence américaine au Moyen-Orient. L’Iran constitue un verrou de la plus haute importance.

                            Restent deux possibilités aux néoconservateurs pour provoquer une crise qui profite à leurs intérêts :
                            - Une révolution en Irak qui conduirait les chiites Irakiens à faire appel à leurs coreligionnaires iraniens. Cependant, on voit mal Khamenei, le vrai patron de la politique iranienne, s’en laisser conter (voir http://www.iranfocus.com/french/modules/news/article.php?storyid=2739
                            - Une déstabilisation du Venezuela par des milices introduies depuis la Colombie (voir http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1622

                            Ce n’est pas être grand prophète que de penser qu’une nouvelle tension sur le marché du pétrole reste bien plus probable pour les mois qui viennent qu’une crise du dollar. Elle peut prendre la forme d’un nouveau conflit armé. Nous encourons à nouveau le risque d’un renchérissement brutal du coût de l’énergie. L’économie mondiale n’a pas besoin de cela.

                            Plus les Etats-Unis progressent dans leur appropriation des gisements pétroliers, plus s’accroissent les probabilités d’une crise économique majeure. Si l’on recherche des précédents historiques, je crains fort que les néconservateurs américains se réfèrent plus volontiers aux deux guerres mondiales, qui ont considérablement enrichi leur fonds de commerce, plutôt qu’à la crise de 1929.


                            • www.jean-brice.fr (---.---.133.133) 9 mars 2006 09:15

                              Enfin une analyse qui nous change des verbiages actuels : n’oublions pas qu’à tous ses raisonnements, il faut une BASE. Quelle meilleure base que les écrits de Jacques RUEFF, économiste trop souvent oublié sauf aux USA ! Et pour cause, car les américains savent pertinemment que la situation actuelle est l’application a-contrario de la politique émise le 4 Février 1965 par le Général DE GAULLE et J. RUEFF !!! Pour en savoir plus adresser vous soit à Paul FABRA des ECHOS ou au maître des conférence à la Sorbonne, Edouar HUSSON.


                              • monde réel (---.---.55.71) 22 mars 2006 21:27

                                A tous les crédules donnant du crédit à cette intox, un seul argument : les marchés de changes ne prend pas en compte (mais alors absolument pas !!!) cette information.

                                Si vous voulez juger par vous même, allez sur les sites spécialisés (eg www.fxstreet.com , en anglais), sur reuters finance, sur boursorama ou tout autre site procurant des informations sur les devises et les changes.

                                Les sources citées dans ce blog ne sont pas crédibles pour une raison empirique mais assez radicale : elles ne sont pas représentatives de l’industrie financière (y compris l’article de www.gold-eagle.com : ce site à un très fort penchant aux thèses des troubles et/ou du déclin économique pour y motivation fort simple : c’est le meilleur moyen de pousser l’or à la hausse). Et quand on parle argent, les pro prennent ça très au sérieux. L’info ne pet donc pas passé inaperçue. Perso, j’ai vérifier sur les analyses forex diffusées par UBS (dans les 3 plus gros intervenants bancaires du marché des changes). Rien trouvé !!


                                • xav (---.---.224.18) 24 mars 2006 01:15

                                  La date fatidique est arrivée et j’ai rien vu de grave sur l’éconmie mondiale. La théorie emis dans cette article n’a pas fait ses preuves. Et heuresement car nous avons pas les moyens en france de remonter la crise.Toutefois il y a des tensions économique et politique ente l’irak et l’états-unis mais la suprematie americaine impose sa loie dans le monde. La libeté de ses pays sont limités pourle bien de la stabilité du monde. Une remarque, je voudrai savoir les raisons de l’inexactitude de cette theorie. Merci.


                                  • Jean Zin Jean Zin 18 avril 2006 08:01

                                    La date est passée mais l’Iran n’a pas encore mis en place sa bourse en Euro pour des problèmes techniques. On ne sait s’ils auront le temps de le faire avant un conflit mais ce n’est pas fini et les bourses du Golfe commencent à baisser... Il n’y a donc pas d’inexactitude de la « théorie » et les risques sont reconnus de plus en plus par les financiers (Banque Asiatique de Développement, crise financière en Islande, etc.) Par contre, il est exact que personne n’a intérêt à la crise (même pas l’Iran), donc on fera durer autant qu’on peut mais c’est comme la bulle Internet qui a duré plus de 2 ans après avoir été diagnostiquée (par Greenspan en particulier). Il ne faut pas en tirer la conclusion hâtive que toutes les règles ont changé et qu’il n’y a pas de déséquilibre, seulement que la chute sera plus tardive et plus brutale...


                                    • dom (---.---.4.92) 22 avril 2006 12:03

                                      où peut-on en apprendre plus sur cette éventualité de bourse en euros ? C’est crucial mais il me semble qu’on a droit à toutes les infos sauf à celle-là. merci d’avance

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