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Accueil du site > Actualités > Economie > L’offre de Monsieur le Président. L’impulsion est-elle (...)

L’offre de Monsieur le Président. L’impulsion est-elle suffisante ?

Le président a confirmé lors de sa conférence de presse son engagement vers une politique de l’offre. Il avait déjà exprimé ses intentions lors de précédents discours, actant ainsi une rupture assez nette avec les idées habituelles de la gauche, sa matrice idéologique, bien souvent orientée vers une politique de la demande.

Eternelle controverse ! Les économistes et les politiciens confrontent régulièrement leurs théories sur l’efficacité réciproque de ces politiques économiques antinomiques.

Cet article propose une analyse de la pertinence de ce pacte de responsabilité avec justement en arrière plan l’efficacité supposée d’une politique de l’offre. (Quelques rappels en fin d’article)

L’offre et la demande sont partout

Les capteurs barométriques de François Hollande qui mesurent la pression ambiante, en particulier la pression patronale et sociale ont donc donné raison à la politique de l’offre. Il serait un peu long de confronter dans le détail ces deux types de conduite économique, cependant, il faut toujours avoir à l’esprit une configuration élargie de notre économie, positionnée dans un monde ouvert, mondialisé, qui n’est pas sans influence sur les effets attendus.

Dans un système économique, il y a en permanence et dans de nombreux domaines, une confrontation d’une offre et d’une demande, que ce soit dans le secteur des biens et des services, des marchés de l’emploi, des devises, des capitaux, des biens immobiliers. La rencontre de tous les acteurs qui participent à ces marchés, détermine les prix (en théorie). Les quantités de produits offerts (au sens le plus large) sont déterminées par les entreprises (biens et services, actions, obligations) et les états, les banques centrales et commerciales (émission de monnaie, obligations d’état, devises, capitaux) en fonction d’une dynamique et de comportements individuels (épargne, investissement, consommation). L’offre et la demande sont donc des déterminants incontournables dans une dynamique économique (stabilité, croissance, stagnation, prix, etc.).

La vraie question est l’emploi

L’économie française est confrontée à de multiples problèmes, notamment le niveau élevé du chômage. Aujourd’hui, la vraie question prioritaire est de savoir comment créer de l’emploi, car la baisse du niveau de chômage est le point de départ à la résolution d’un grand nombre de difficultés, notamment certains déséquilibres financiers. (Je vous renvoie à la fin de l’article pour plus de détails).

Une réduction significative du chômage initie plusieurs cercles vertueux dont certains pourraient conduire à terme (si l’état le veut bien) à une diminution notable des dépenses publiques et des prélèvements obligatoires, pour le grand bénéfice de tous. L’emploi et donc la production sont vraiment le cœur du problème. A noter que produire toujours plus est peut-être une bonne solution d’un point de vue économique, mais je crains qu’un regard porté sous un angle écologique tempère un peu le propos.

L’impulsion initiale

J’évoque souvent dans mes articles certaines notions liées à l’approche systémique en mettant par exemple en relief les problématiques de causalité dans un système complexe. L’idée qu’une cause produise un effet reste toujours valable dans un cadre économique, cependant, les dynamiques font qu’une cause initiale et les effets qui en découlent se diluent rapidement pour aboutir à des états où il est difficile d’identifier la cause originelle, du fait que les effets peuvent devenir des causes par le jeu des boucles de rétroaction et des nombreuses liaisons qui relient les diverses composantes du système. Alors, comment identifier correctement l’action politique (donc la cause) qui pourrait produire un effet positif sur la production ? Doper la demande pour dynamiser l’offre (donc la production), ou améliorer l’offre pour susciter la demande ? On revient donc à nos petites théories économiques (problème de l’œuf et de la poule)

Qui paie les charges patronales ?

La question peut paraître un peu stupide. Les charges patronales de toute évidence sont payées par les patrons, pardi ! En fait, oui et non. Les entreprises versent à l’administration les charges dont il est question, mais c’est bien souvent le client final qui paye la note, car l’entreprise répercute si possible tous les coûts salariaux sur ses tarifs. Tout comme elle répercute une hausse des prix des matières premières ou de l’énergie. Cependant, dans un environnement concurrentiel international (système plus ouvert) le poids des charges impacte leur productivité et elles se retrouvent pénalisées par rapport à des pays où les charges sont plus faibles. Tout dépend finalement de degré d’ouverture ou de fermeture du secteur d’activité considéré.

Exemple : les artisans et les commerçants sont assez peu ‘menacés’ par la concurrence internationale (sauf aux abords des frontières) ; l’augmentation des charges est donc répercutée sur leur prix sans que cela leur soit vraiment nuisible puisque tous leurs confrères feront de même (sauf à amoindrir les marges, au risque bien entendu de réduire les capacités futures d’investissement).

La suppression des cotisations familiales est-elle une bonne mesure ?

L’objectif affirmé est bien l’allégement des charges des entreprises afin de créer une dynamique productive accompagnée d’une création d’emplois. C’est d’ailleurs la contrepartie exigée par Mr Hollande. Le problème de la contrepartie est déterminant, car on peut se poser la question si elle n’a pas tendance à neutraliser les effets espérés.

Prenons un petit exemple :

Imaginez une personne légèrement en surpoids qui se rend chez son médecin pour essayer de maigrir. Après quelques échanges, le médecin lui conseille de faire une activité physique régulière et de diminuer un peu ses rations alimentaires. Le patient est à priori d'accord et convaincu, mais face aux souffrances physiques et psychologiques prévisibles, il demande à son médecin une petite contrepartie : Docteur j'adore les petits gâteaux, m'autorisez-vous à en manger 5 ou 6 à mon goûter pour compenser ces peines ? Je ne vous le conseille pas dit le médecin, car vous risquez de maintenir un bilan énergétique excédentaire que je comptais rendre déficitaire en vue d’aboutir à un nouveau point d’équilibre pour votre poids.

Cet exemple est juste une image pour aider à comprendre les résultantes d’une contrepartie. On peut donc se demander si la contrepartie telle qu’elle est formulée par le président ne tend pas à maintenir une tendance ou un équilibre sans provoquer les points de rupture pourtant nécessaires pour atteindre un autre niveau d’équilibre ou une autre tendance, justement grâce au maintien des écarts. Helmut Schmidt a formulé la célèbre théorie : « Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain ». Cette formule fait état clairement que dans une économie il y a des effets de retard, et les résultats finaux ne sont atteints dans le cas étudié que par rapport à une séquence. Si on adhère à cette théorie, des emplois seront peut-être créés, mais pas tout de suite.

Les entreprises voyant leurs charges allégées verront en théorie le résultat d’exploitation s’améliorer. Rappelons que les entreprises françaises affichent des taux de marges autour de 28% en moyenne contre 40% pour les entreprises allemandes (selon INSEE). Face à l’amélioration de leurs résultats, elles auront plusieurs options :

  1. Se désendetter en partie.
  2. Créer des emplois si le besoin s’exprime (grâce par exemple à des anticipations positives sur le niveau de croissance et de leurs carnets de commandes)
  3. Garder leur niveau de marge en diminuant les prix pour améliorer leurs positions sur les marchés intérieurs et extérieurs
  4. Augmenter les salaires
  5. Investir en recherche et développement
  6. Investir dans de nouveaux équipements (augmentation de leur capacité de production, innovations, nouvelles machines plus performantes pour une meilleure productivité, etc.)
  7. Améliorer la formation des employés
  8. Etc.

La contrepartie (qui selon les dernières nouvelles ne serait pas aussi stricte que le discours le laisser supposer) se place apparemment principalement au niveau de l’emploi, ce qui paraît au regard des alternatives que je viens d’évoquer un peu restrictif. Que fera le boulanger, le marchand de chaussures, le petit bistrot du village, face à cette réduction de cotisations ? La réponse est dans la question.

L’observatoire des contreparties (encore un de plus !) devra faire preuve d’une grande clairvoyance pour distinguer l’origine des futurs emplois créés. Le seront-ils grâce à une croissance qui fait doucement son retour ou grâce à cet allégement de charges. Mais peut-être que l’allégement de charges contribuera à la croissance ! Voyez que le brouillard peut vite envelopper ces nouveaux comités, comités élargis, hautes instances, observatoires dévoués à une tâche quasi-impossible.

La suppression des cotisations familiales, d’un montant évalué à 30 milliards d’euros, doit remplacer le CICE (Crédit impôt compétitivité emploi) qui s’élève en moyenne à 20 milliards d’euros par an. Toute chose égale par ailleurs, il faut tenir compte aussi que cet allègement modifie le résultat brut d’exploitation, donc la base imposable. Le gouvernement récupèrera ainsi une partie du cadeau (difficile à évaluer) et peut donc espérer une quasi-neutralité de ce basculement.

La politique de l’offre est-elle pertinente ?

Si je devais exprimer un choix entre politique de l’offre et politique de la demande, je choisirais la première. Tout simplement parce que nous vivons en économie ouverte, parce que la France a du retard sur les produits issus des nouvelles technologies, parce qu’elle doit augmenter ses exportations, ralentir ses importations par la relance de la demande intérieure. La France doit impérativement pour redresser son économie offrir les conditions du retour de sa compétitivité et de son attractivité.

Dans l’autre optique, que ferait par exemple un ménage si l’état lui accordait généreusement 1000 euros (donc politique de la demande) ? Il est probable qu’une grande partie de cet argent soit utilisée à acheter une tablette, un PC, un écran plat, des produits ‘Made in China’, aggravant ainsi le déficit de la balance commerciale, et sans que nos entreprises en bénéficient.

Conclusion

On peut regretter que le président n’ait pas annoncé une revue complète des cotisations salariales et patronales, un imbroglio normatif dont seule la France a les secrets de fabrication. Il me semble impératif de construire de nouvelles fondations, repartir sur des bases assainies rendant les dispositifs simples, cohérents, compréhensibles par tous, et invariants, au moins sur du moyen terme.

Est-ce que l’impulsion sera suffisante pour créer une dynamique ? Evidemment, personne n’a la réponse, du fait qu’une économie est un système à forte inertie et plutôt difficile à manœuvrer. De plus le lien entre la diminution des cotisations patronales et le nombre de demandeurs d’emploi n’a rien d’évident, car depuis de nombreuses années, le montant des allègements de cotisations sociales ne cesse de croître sans que cela n’ait réellement d’effets sur le niveau du chômage. Peut-être que les effets sont masqués par d’autres mesures qui viennent les contrarier. Les exonérations, telles qu’elles sont appliquées aujourd’hui entraînent des effets délétères modifiant la structure de l’emploi et aggravant les déficits de la sécurité sociale (loi Fillon ciblant les salaires entre 1 et 1,6 SMIC est souvent citée comme étant une trappe à bas salaires). Ces distorsions sur le niveau des charges aurait dû à mon sens être remises en cause.

La partie est loin d’être gagnée !

Alain Desert

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Appendice

Politique de l’offre

Les partisans de l’économie de l’offre pensent que pour tirer la croissance sur le moyen ou long terme, il faut aider les entreprises à produire davantage de biens et services, les encourager à investir, les inciter à créer de nouveaux produits, à conquérir de nouveaux marchés. Ils préconisent alors la suppression de certaines contraintes qui freinent leur croissance ou qui entravent leur développement : pression fiscale, réglementations diverses, effets de seuil, etc…

Politique de la demande

Les partisans d’une politique de la demande entendent stimuler la demande de biens et services (donc la production) en augmentant les dépenses publiques qui favorisent les investissements et la consommation dans le secteur non marchand, en essayant de favoriser la consommation des ménages et du secteur privé, par exemple par des aides, des prestations sociales, ou plus rarement par une diminution des impôts, autant de mesures visant à favoriser le pouvoir d’achat.

Effets liés à une augmentation des personnes en activité :

  • Une augmentation des cotisations perçues (salariales et patronales).
  • Une augmentation des recettes fiscales car la masse globale des revenus augmente.
  • è D’où une diminution des déficits et un ralentissement de l’augmentation de la dette dans un premier temps.
  • Un meilleur rapport entre actifs et inactifs ; amélioration du financement des régimes de retraites
  • Une croissance du PIB
  • Une réduction des déficits publics
  • Etc.

Effets liés à une diminution du chômage

  • Une diminution des prestations chômage (donc rééquilibrage des comptes UNEDIC)
  • Une baisse possible des cotisations et des aides
  • Une amélioration de la confiance générale
  • Une diminution des problèmes de santé (moins d’anxiété)
  • Un meilleur climat social
  • Une baisse de la précarité et du niveau de pauvreté
  • Une baisse de la délinquance
  • Etc.

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21 réactions à cet article    


  • alain-desert alain-desert 20 janvier 2014 18:23

    Bonjour,

    Trop d’interprétations politiques ! Je suis tout à fait d’accord sur les prédations dont vous parlez, sur les inégalités qui s’aggravent, etc.. On ne peut parler de tout dans un article de 3 ou 4 pages. Peut-être n’est-il pas intéressant à vos yeux. Je m’adresse à tout le monde y compris des gens qui n’ont peut-être pas vos connaissances financières et économiques.


  • hans 20 janvier 2014 18:40

    Très bon choix de pseudo même pas usurpatoire, le désert c’est ce qu’il reste après le passage des libéraux


    • jef88 jef88 20 janvier 2014 19:02

      l’illustration, c’est la courbe du chômage ?
      lol


      • Scual 20 janvier 2014 19:44

        La politique de l’offre est une escroquerie. Ellene marche que quand le marché est fort, c’est à dire qu’il y a une grosse demande potentielle... bref pour que la politique de l’offre marche, il faut faire une politique de la demande !

        C’est très sincèrement une des théories de droite les plus débiles. Je ne sais même pas si on peut parler de théorie d’ailleurs. Non seulement c’est complètement illogique et tout le monde peut le comprendre mais en plus ça n’a jamais marché nulle part sauf là où la demande est en pleine explosion ou là où il y a une bulle de crédit pour compenser... jusqu’à la catastrophe inévitable à court ou moyen terme que cela sous-entend.

        Bref si t’es la Chine, pas de problème, le marché est en pleine expansion donc il est inutile de stimuler la demande. Mais en ce qui nous concerne, il faut d’abord relancer le marché... et surtout ne pas faciliter le crédit à la consommation pour palier à la débilité et à l’incohérence de cette politique ! ça nous pèterait à la gueule dix fois plus fort quelques années plus tard avec l’éclatement de la bulle.

        La politique de l’offre est une escroquerie qui n’a absolument qu’une seule utilité : faire accepter aux gens le vol que constituent les aides publiques aux patrons et le transfert de leurs charges sur notre cul. Seuls des menteurs, des traitres et des escrocs soutiennent cette théorie fumeuse qui a toujours fini par foirer de partout et d’autant plus brutalement qu’elle s’est maintenue longtemps, en cachant la catastrophe qu’elle représente à coups de crédits, de planche à billets, de jeux d’écriture et autres dissimulation et surévaluation d’actifs pourris. Ça fini toujours pareil, surproduction, éclatement de bulle et effondrement boursier, surendettement, contraction du marché, chômage de masse etc... TOUJOURS ! 

        François Hollande nous propose le plus sérieusement du monde de tout nous voler pour le donner aux riches... avec pour seule et unique finalité une catastrophe pire encore.

        La question de l’offre ou de la demande ne se pose pas. La question qui se pose c’est si ce sont des idiots ou des salopards. A vous de juger.


        • Le printemps arrive Le printemps arrive 21 janvier 2014 08:59

          Oui, Scual, ce n’est pas une théorie, c’est un dogme, un mantra que se répète les croyants en la concurrence libre et non faussée (hahahaha !!!) pour rassurer ceux qui croient encore et rassurer les profiteurs du malaise qu’ils ressentent en prenant conscience du vol dont ils sont les auteurs.


        • heliogabale heliogabale 20 janvier 2014 21:30

          Parmi les contreparties oubliées :

          -Versements de dividendes ou de bonus aux dirigeants...

          Et pour l’observatoire des inégalités, il y a aura sûrement à disposition des statisticiens et économètres... qui se chargeront de construire un modèle explicatif... on ne saura pas à 100 000 emplois près l’effet, mais on aura quand même une petite idée...


          • alain-desert alain-desert 20 janvier 2014 21:49

            On le souhaite. Il y a beaucoup d’observatoires en France. On a rarement le résultat de leurs observations. Espérons que cette fois-ci ils nous fassent un retour chiffré. En fait la situation est tellement complexe que plus personne ne sait par quel bout la prendre !


          • soi même 20 janvier 2014 21:39

            Les propos du président peuvent se résumer ainsi,
            Non seulement je n’ai plus un sou, j’ai une dette énorme, messieurs les entrepreneurs aidez moi, je vous offres le gîtes et le couverts !
            Les mauvaises langues diront qu’il paye en nature !


            • patrickluder patrickluder 21 janvier 2014 01:52

              On oublie que :

              L’amélioration de sa place dans un monde en concurrence passe souvent pour une augmentation de la productivité, c’est à dire produire en plus grande quantité avec moins de frais, c’est à dire avec moins de personnel. => augmenter sa productivité scie le marché, car moins d’emplois pour plus de production donne moins de pouvoir d’achat ... l’augmentation de la productivité contribue donc à détruire la demande, c’est à ce tournant qu’est confronté le monde !!!

              L’idéal serait dans une recherche d’équilibre entre productivité et emploi, quitte à utiliser publicitairement la valorisation de l’emploi grâce à des procédés utilisant de la main-d’oeuvre ... un nouveau label en perspective ???

              Attention les français avec vos grèves, vous poussez ainsi les producteurs à investir dans l’automation ... une machine ne se met pas en grève et ne réclame pas tout le temps ;o(

              • gogoRat gogoRat 21 janvier 2014 02:39

                 Cette vue économisiste éclairée par des pétitions de principe non légitimées voudrait nous faire regarder par le petit bout de la lorgnette.
                 Les Français ont-ils été consultés pour valider cette assertion préliminaire ? :

                1. Aujourd’hui, la vraie question prioritaire est de savoir comment créer de l’emploi,
                2. car la baisse du niveau de chômage est le point de départ à la résolution d’un grand nombre de difficultés, notamment certains déséquilibres financiers.
                 La 2e partie de la phrase, qui se mord la queue, contredisant la première puisqu’elle désigne comme question prioritaire celle des déséquilibres financiers ! 
                 De plus, le moindre béotien ayant entendu parler de la méthode d’analyse de la valeur sait qu’une approche moderne des problèmes doit éviter de partir d’une solution pour analyser les questions à résoudre !

                 Il semblerait pourtant que notre Président se soit fait élire en désignant une tout autre priorité ... Comment oublier qu’il nous parlait de justice ? ( plutôt que de La Justice ... )

                 N’aurait-on pas besoin d’abord de cohésion sociale ? ( avec des voisins qui sachent se reconnaître et se dire simplement « bonjour », avant même de savoir ce que recouvre pour chacun le mot « emploi » ... ou de déterminer s’il est vraiment encore jouable de laisser croire qu’un contrat-rémunéré-dont-le-respect-serait-garanti-par-les-Prud’hommes puisse aujourd’hui être trouvé pour chaque Français - en supposant que cette solution présentée comme idéale soit seulement pertinente ...

                 Le dit « chômage frictionnel » ou pire l’inexistence persistante du « plein emploi » peuvent-il passer par pertes et profits lorsqu’on échafaude des « solutions » économicistes qui font appel au « principe de réalité » invoqué par les finaciers ?
                 ...
                 Les « déséquilibres financiers » seraient-ils avant tout causés par le chômage ?
                 Pire : sont-ils vraiment à la source du désenchantement et des démotivations qui perdurent même dans les rares endroits où la sacro-sainte Croissance économique a pu pointer son nez ?
                ( cf http://www.challenges.fr/economie/20130711.CHA2313/grandes-fortunes-les-riches-sont-plus-heureux-mais.html&nbsp ; )

                 


                • gogoRat gogoRat 21 janvier 2014 02:49

                  http://www.challenges.fr/economie/20130711.CHA2313/grandes-fortunes-les-riches-sont-plus-heureux-mais.html

                  >>> En permettant d’avoir du temps libre, de se payer des formations, de vivre des expériences nouvelles, l’argent peut faciliter l’épanouissement de soi. Mais ce n’est pas systématique : lorsque les revenus supplémentaires s’accompagnent de moins de temps libre, de plus de stress et de fatigue, d’une compétition sociale accrue et de relations sociales dégradées, alors l’impact global sur le bonheur peut être nul voire négatif. Et puis, passé un certain seuil de revenus (quand les besoins fondamentaux sont déjà satisfaits), ce que l’on vise s’achète beaucoup moins facilement avec de l’argent. C’est sans doute pour cela que la relation entre revenus et bonheur est positive mais pas linéaire : à mesure qu’ils augmentent, les revenus déterminent de moins en moins le bonheur. Quelques-uns des 500 français les plus riches y verront peut-être une bonne raison pour lever le pied


                • soi même 21 janvier 2014 13:28

                  En effet c’est la question, Aujourd’hui, la vraie question prioritaire est de savoir comment créer de l’emploi,

                  Contrairement aux idées ce n’est pas l’emploi qui manque, mais bien l’argent qui ne circule plus pour le social.
                  L’être humain est créatif et à toujours jusqu’à présent palier à la destruction de l’emploi par la mécanisation du Travail.
                  Nous avons devant nous, un nouveaux dédits c’est la robotisation du travail.
                  Et il y a là deux philosophies qui s’affronte, la pure logique de la comptabilité financière, qui s’oppose là, à la nécessité de l’humanité de vivre désâment !
                  Et que contactons nous, aujourd’hui à la ratification de la circulation du capital dans les activités humaines, à une trésorisation de l’argent sur des comptes.
                  Pour quoi cela, ce n’est rien d’autre que l’anticipation de cette nutation qui est en trains de s’opérer de la généralisation de la robotisation du travail par l’informatique.
                  Donc ont sait maintenant va crée des conflits graves, dans la mesure que ceux qui détiennent la puissance financière non aucunes intentions de rétablir l’équille et la vitalité d’un tissus social sains.

                  Robotique : un sombre futur pour l’emploihttp://www.economiematin.fr/les-experts/item/4828-croissance-robotique-perte-emploi-futur

                  http://www.pyoudeyer.com/OudeyerCiteDesSciences09.pdf



                • gogoRat gogoRat 21 janvier 2014 15:24

                   @ ’soi-même’ :
                   déplorer une ’robotisation du travail’ pourrait être constructif si cela visait à interroger la pertinence humaine dans ce qui est nommé ’travail’ ( Mettre en concurrence des hommes et des machines serait ramener le concept de ’travail’ à la seule acception convenue en Physique : un simple déplacement de matière - cf B. Russell ... )
                   Par contre le déplorer sous le prétexte d’une perte de revenus infligée aux ’travailleurs’ c’est encore tomber dans le piège de La solution = ’travail salarié’ indispensable pour vivre. C’est encore partir d’une solution non analysée.
                   Une ouverture pourrait être de reconnaître que quand on a besoin d’un emploi pour avoir un revenu pécuniaire ... c’est qu’on a en fait besoin d’un revenu !
                   Serait-il trop osé d’ouvrir encore les perspectives en se demandant pourquoi on ressent le besoin d’un revenu ? ...

                   Par ma part, j’ai tendance à me rendre compte, que j’ai d’abord besoin de boire et manger, de pouvoir dormir en paix ... et qu’une fois les besoins matériels assurés les besoins les plus pressants, qui deviennent vite indispensables eux-aussi, sont plutôt de l’ordre d’une reconnaissance sociale ...

                   De ce point de vue, la mécanisation des corvées devrait plutôt être considérée comme une réussite humaine ... dès que la justice sera rétablie par un partage équitable des corvées résiduelles autant que des richesses nécessaires à un vivre ensemble harmonieux.

                   Le hic semble être dans la rhétorique économiciste actuelle qui ne fait qu’interpréter péremptoirement ce besoin de justice en s’arrogeant la capacité exclusive de définir les modalités du partage espéré.
                   La légitimité morale (fort subjective naturellement) de cet espoir de justice est abusée par l’artifice perverti d’une légitimité procédurière que l’on peut difficilement considérer comme inspirée par un effort politique sincère lorsque les négociations dites « sociales » ne font intervenir que le Medef et des « acteurs sociaux » élus par moins de 2% des salariés de France ....


                • soi même 21 janvier 2014 19:28

                  ( Une ouverture pourrait être de reconnaître que quand on a besoin d’un emploi pour avoir un revenu pécuniaire ... c’est qu’on a en fait besoin d’un revenu ! )

                  C’est que vous n’avez pas encore compris une loi implicite, le travail est notre manière à contribuer à rendre au social que l’on a eu de lui !

                  Le revenus devrait en aucun dépendre du travail, il devrait être calculer en fonction de nos nécessités, c’est pour cela tous salaires qui se base sur la rente ou de plus-value sont la forme la plus antisocial qui existe.

                  il va de même avec le facteur de plus valus lié au mérité et à la propriété.

                   


                • gogoRat gogoRat 22 janvier 2014 00:21

                   @ soi-même :
                  « le travail est notre manière à contribuer à rendre au social que l’on a eu de lui » ( ? ... )
                   A défaut d’être sûr d’avoir bien interprété cette expression, je vous prie humblement de remarquer que dans les mots que vous citez ne figure à aucun endroit le mot « travail » ...
                   En tout cas, j’ai du mal à me figurer « social » et « travail » dans un rapport de boutiquiers qui se rendraient la monnaie de la pièce !
                  ( et, en ironisant sur la qualité du ’social’ et celle du ’travail’ il n’est pas interdit de voir malice à cette dernière expression)


                • spartacus spartacus 21 janvier 2014 10:46

                  Article intéressant.


                  Le CICE est un échec patent. La TVA sensée le financer ne trouvera jamais 20 milliards. Alors un mélange gloubiboulga URSSAF-CICE payable par des promesses, c’est un annule et remplace qui cache la misère.

                  Les cotisations familles c’est « l’URSSAF ». En Allemagne, ces cotisations sont incluses dans les impôts locaux.

                  Sur le fond on voit bien que ce président et cette équipe ne comprend rien à l’économie.
                  Celui qui décide de la création des emplois, c’est le « client », ou le marché « des clients ». Mais encore faut il avoir des entreprises capables de répondre aux besoins. 

                  Repartir sur des bases assainies c’est en fait appeler un chat un chat. 
                  En terminer de qualifier de « social » tout ce qui touche à l’assurance. 

                  Hollande en est toujours à appeler l’assurance maladie « sécurité sociale ». Il n’a jamais rempli une feuille de paye et il avait déjà du mal avant d’être élu à valoriser le cout des emplois de profs qu’il a créé. 
                  Ses conférences de presse c’est du théâtre. Sur RMC une journaliste indiquait que l’ordre des questions, les questions et les journalistes posant les questions avait été choisi par téléphone la veille par le service de presse de l’Elysée.

                  Le mieux est de lire la presse étrangère pour se faire une idée :

                  le Handelsblatt : un « président qui n’a pas le goût du risque (…) sonnant comme un maître de conférence, mais pas comme un chef d’État dynamique (…) Il n’a pas défini de vision claire, seulement des mesures bricolées. » 

                  Le Spiegel « Il n’a rien de concret qui est sorti d’un laïus face à des journalistes choisis. »

                  Washington Post : « Aucun parmi les centaines de journalistes présents n’a levé la main pour demander si François Hollande devait démissionner. » En clair, la presse aux ordres avec des questions mielleuses a joué le jeu du Président . » 




                  • babadjinew babadjinew 21 janvier 2014 13:41

                    Article intéressant si il avait été écrit en 1970 dans un univers bien différent que celui de ce 21eim siècle incertain......


                    Robotisations, informatisations, optimisations sont par ici passés, et, il n’y a plus besoin de main ni même de têtes pour aujourd’hui toujours plus produire..... Par ailleurs cette stupide utopie de croissance sans limite vers un suicide collectif nous emporte.....

                    Il est plus que temps de rêver, d’imaginer, de créer de nouveaux paradigmes plutôt que de toujours ressasser les mêmes pistes de solutions à une équation insolvable depuis 40 ans.....

                    Histoire d’illustrer un peu mes propos, voila une analyse pragmatique de l’aboutissement des adeptes au Dieu ECONOMIE sur les 30 dernières années. http://www.oxfam.org/fr/policy/finir-inegalites-extremes

                    Continuer sur les modèles économiques actuels c’est le purgatoire pour chacun d’entre nous mais SURTOUT l’enfer (Écologique, économique, sociétale) pour nos enfants.....

                    Wake up !!!!!!

                      
                      

                    • alain-desert alain-desert 21 janvier 2014 14:22

                      Bonjour,
                      Merci pour votre commentaire. J’aime le style ... Je suis aussi un opposant à la croissance. Je me suis déjà exprimé plusieurs fois sur le sujet en essayant d’expliquer comment les limites arrivent à s’exprimer. Mon article ne fait pas mention de mes grandes réserves sur le modèle économique actuel. J’essaie simplement de voir si les décisions de ce gouvernement sont en accord avec les objectifs qu’il prétendent atteindre.


                    • Ruut Ruut 21 janvier 2014 17:31

                      Lorsque l’offre ne correspond pas a la demande on fait quoi ?
                      Car c’est le cas.
                      Je ne trouve pas en France d’Ordinateur 100 % conçus et fabriqués en France avec un OS Français.

                      L’Offre et la Demande ne sont qu’un mythe.
                      C’est le Besoin et la Disponibilité qui existe.


                      • gogoRat gogoRat 21 janvier 2014 19:27

                         Et hop, nous voilà encore encordés dans le piège d’un dilemme sous-entendu incontournable entre politique de l’offre ou politique de la demande. Et tous de sauter dedans comme un seul homme !

                         La ficelle est pourtant grosse comme une corde de pendu.
                         Si on vous demande quel serait votre choix entre la peste ou le choléra, entre mourir pendu ou mourir noyé ... vous croiriez-vous obligés de limiter votre « choix » aux deux seules alternatives qui vous sont présentées ?

                         Approche par l’offre ou par la demande sont pourtant les deux faces d’une même mascarade qui nous cache la forêt de toutes les ouvertures imaginables : la réduction de l’univers à une vision économiciste !

                         Si par contre, au lieu de la panacée du contrat de travail réservé aux plus méritants, on prenait pour objectif un vivre ensemble soutenable ( « Liberté (y compris d’expression), Egalité (en droit), Fraternité » ) ... et si on exigeait que soit respectée la promesse qui nous a été faite d’une recherche de justice, alors on se rendrait compte que l’offre ou la demande (sous-entendu de biens matériels) ne sont pas les leviers du vivre ensemble.

                         Accessoirement (concernant cette priorité) on remarquera aussi l’absence de pertinence de développer autant l’offre que la demande en pétrole, en produits high-tech truffés de métaux rares, etc .... lorsque notre consommation exponentielle rend l’exploitation de ces ressources de plus en plus incertaine ...

                         Par contre, qui ne pressent pas que si nous n’avons pas appris à être frères en période de vaches grasses ... cela risque de devenir encore bien plus délicat lorsque tous ensemble, tous ensemble nous commencerons à devoir affronter certains revers de médaille ?


                      • zygzornifle zygzornifle 22 janvier 2014 08:40

                        Excusez moi mais vous avez mis la courbe à l’envers.....

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