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Accueil du site > Actualités > Economie > L’union monétaire et sa faillite 1865-1927

L’union monétaire et sa faillite 1865-1927

Peu d'Européens s'en souviennent mais l'Euro n'est pas leur première monnaie commune. De 1865 à 1927, l'Union Latine a permis la mise en place d'un système monétaire international qui a failli devenir une monnaie mondiale. Retour sur un précédent qui éclaire les enjeux de la crise monétaire actuelle.

L'histoire de l'Union Latine n'est pas enseignée à l'école. C'est un tort. Elle éclaire de façon éclatante les grands enjeux monétaires qui ont émergé de la révolution industrielle et ont abouti à la grande dépression de 1929.

L'affaire commence en 1865 en plein dans la révolution industrielle. Après la Grande Bretagne, la France connaît à son tour un développement économique sans précédent. c'est l'époque de "l'empire libéral" de Napoléon III. Haussmann perce des boulevards à travers Paris, les chemins de fer quadrillent la France, la croissance entretient la spéculation.

Le système monétaire, héritier du Franc Germinal, est bi-métalique : il est basé sur des pièces d'or et d'argent, les fameux Napoléons.

Le développement du commerce est freiné par la disparité des monnaies. Aussi la France, la Belgique, le Luxembourg l'Italie et la Grèce décident d'unifier leurs monnaies : Les pièces seront de même poids et les valeurs faciales identiques, que ce soit des Francs, des Lires ou des Drachmes.


Ainsi une pièce de 20 Francs or émise par la Suisse aura la même valeur que son équivalent en Italie ou en France. Ainsi, même si chaque pays conservait la dénomination de sa monnaie nationale c'est bel et bien une monnaie unique qui était instituée.

Les pays membres de l'Union Latine s'interdisent de mettre en circulation plus d'un certain montant de monnaie. Une politique de monnaie forte qui a, finalement, de nombreux points en commun avec les règles qui régissent l'appartenance à l’euro-zone.

Le nouveau système se heurte à ses débuts à un problème de spéculation lié au bi-métalisme : Les cours de l'or et de l'argent varient entre eux alors que le rapport entre les pièces d'or et celles d'argent est fixé une fois pour toutes.

Ainsi, quand le cours de l'argent monte sur le marché, on peut acheter de l'argent avec de l'or au cours fixe et le revendre au cours du marché. On s’enrichit facilement au détriment de l'état.

20 lires orDès 1867 on abandonne l'argent pour établir un système monétaire que l'on a nommé depuis le système de l'étalon-or. Ses avantages séduisent de nombreux nouveaux pays parmi lesquels les USA, la Russie et l'empire ottoman. Au sommet de son succès, l'union monétaire englobera 32 pays, y compris le tout nouveau Reich Allemand.

Les USA abandonneront l'étalon-argent en 1873 bien que leurs réserves d'or soient insuffisantes.

Si le système de l'Union Latine ne s'impose pas comme unique système monétaire mondial, c'est qu'il déplaît souverainement aux grands banquiers et particulièrement à ceux de la City de Londres. Ces derniers contrôlent en effet la politique monétaire de l'empire britannique, depuis 1734 grâce à la fondation d'une banque centrale privée, la Bank of England. C'est donc à ce directoire de banquiers privés qu'échoit la stabilité monétaire et le rôle de prêteur de dernier recours en cas de crise, en foi de quoi la Bank of England frappe monnaie à la place du roi.

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Un Stella or
qui devait remplacer le dollar US

L'Union Latine sera mise à rude épreuve tout au long d'un XIXe siecle finissant caractérisé par les premières crises du libéralisme qui règne depuis des décennies sans concurrence politique. Les tensions augmentent au sein du système monétaire entre les pays fortement industrialisés et les pays encore largement ruraux.

Dans l'Italie unifiée seulement en 1870 et après trois guerres, la tension est même interne entre le nord industriel et le sud rural.

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20 drachmes or

En Grèce la politique libérale de Trikoupas développe l'infrastructure à grand renfort d'emprunts à l'étranger. Mais le développement du chemin de fer, le creusement du canal de Corinthe et même les ports peinent à être rentabilisés. Mais les règles de l'union monétaire ne permettent pas aux pays endettés d'émettre davantage de monnaie pour se donner de l'oxygène. Aussi en 1890 la Grèce se trouve en cessation de payement et fait faillite.

Trois ans plus tard, pour éviter de faire de même, l'Italie déroge aux règles de l'Union Latine et décide de réintroduire une monnaie interne en émettant des pièces d'argent tout en conservant l'étalon-or pour les échanges internationaux. La Grèce suivra cet exemple en 1908. C'est le premier coup de canif à l'union monétaire.

A Wall Street, en 1907, un premier krach boursier crée ce qu'on nomme la "Panique des Banquiers". La Knickerbocker Trust Company fait faillite entraînant par effet domino d'autres compagnies fiduciaires dans la crise. Le banquier J.P. Morgan "sauve de la faillite" la Trust Company of America en la rachetant à bon compte alors que John D. Rockefeller "renfloue" la national City Bank (actuelle Citybank) et appelle Associated Press pour déclarer qu'il garantit le crédit américain avec la moitié de sa fortune personnelle.

La légende des grand banquiers sauvant l'Amérique est née. Elle aboutira à la création en 1913 par le président Woodrow Wilson de la Federal Reserve, une banque centrale privée dont le fonctionnement, calqué sur celui de la Bank of England est élaboré dans le secret par les grands banquiers réunis à Jekyll Island.

Un complot ploutocratique que Forbes décrira ainsi : « Imaginez un groupe composé des plus éminents banquiers de la nation, sortant en cachette de New York dans un wagon de chemin de fer privé sous le manteau de la nuit, faisant dans le plus grand secret des kilomètres vers le sud, puis montant à bord d'une mystérieuse vedette, entrant subrepticement sur une île abandonnée de tous sauf de quelques serviteurs dévoués, y passant une semaine dans des conditions de secret telles qu'aucun nom ne fut jamais prononcé à haute voix, de crainte que les employés n'apprennent leur identité et ne révèlent au public l'épisode le plus extraordinaire et le plus secret de la finance américaine. Je n'invente rien ; je me contente de publier, pour la première fois, l'histoire vraie de la rédaction du rapport Aldrich, le fondement de notre système financier. »

La haute finance a fini par prendre le contrôle des politiques monétaires et la première guerre mondiale parachèvera l'agonie de l'union monétaire basée sur l'étalon-or.

Les alliances stratégiques de l'époque ne recoupent en effet nullement les alliances monétaires. La triple entente regroupe la Russie et la France, membre de l'Union Latine à la Grande Bretagne.

En face, l'Italie, membre fondateur de l'Union Latine mais dérogeant aux règles, est alliée à l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie qui ne se sont converties à l'étalon-or que tardivement (avec la réforme de 1892 pour l'empire austro-hongrois) à un moment où les premières fissures comment à fragiliser le système.

Ainsi, l'union monétaire n’empêche nullement les pays qui composent de faire la guerre. Avec le conflit, l'inflation explose et l'or flambe. Les épargnants préfèrent thésauriser leur monnaie en or et se débarrassent des billets de banque, billets dont les cours divergent au sein de l'Union. Ainsi "La mauvaise monnaie chasse la bonne", selon la loi du financier anglais Thomas Gresham.

Après guerre, la disparité des changes entre pays demeure et les gouvernements ne peuvent pas rétablir le système de monnaie unique basé sur l'or : le gros des réserves d'or a servi à financer l'effort de guerre et se trouve désormais à Fort Knox, aux USA. La dette de guerre étouffe l'économie allemande et la république de Weimar fait tourner la planche à billets. Le Mark entre en hyperinflation.

L'Union Latine sera dissoute en 1927. L'étalon-or vit ses derniers moments. Le système financier international a muté et en 1930 la Banque des Règlements Internationaux est instaurée.

Cette Société Anonyme privée, parfois appelée "Banque Centrale des Banques Centrales" est mise en place en application du plan Young, seconde renégociation du Traité de Versailles en vue de gérer les réparations de guerre imposées à l'Allemagne et de financer la reconstruction européenne.

Depuis elle est devenue le véritable pivot des transactions monétaires internationales, sans même être affectée par la seconde guerre mondiale, pendant laquelle elle continuera de jouer sont rôle vis-à-vis de tous les belligérants.

Une union monétaire nouvelle pourra alors voir le jour, mais sous l'égide des banquiers privés et non plus des états. C'est notre monnaie commune.


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107 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 9 novembre 2011 12:50

    L’Espagne , l’Autriche Hongrie , la Bulgarie et la Roumanie avaient également rejoint l’union latine .


    • platon613 9 novembre 2011 19:40

      Lisez ça également.... c’est l’Italie qui sortira de l’Euro !

      L’Italie enterrera-t-elle la zone Euro ?

      La situation budgétaire Italienne s’aggrave. La démission de Berlusconi ne change rien à la situation du pays et à son endettement faramineux. Les taux d’intérêt à 10 ans sont à plus de 7%. Les investisseurs ont perdu confiance. La fuite des capitaux continue. L’Italie est la quatrième victime de la crise de l’euro. La France sera-t-elle la suivante ? -

      Alerte : le système peut s’effondrer à tout moment...

      http://www.news-26.com/econmie/1317-litalie-enterrera-t-elle-la-zone-euro.html

    • gaijin gaijin 9 novembre 2011 13:02

      l’histoire que l’on oublie est condamnée a se répéter..........


      • Robert GIL ROBERT GIL 9 novembre 2011 13:11

        et avant il y avait eut l"empire romain qui controlait tout le bassin mediteraneen avec une meme langue et une meme monnaie.


        • Aldous Aldous 9 novembre 2011 19:50

          Et un empereur ?


        • jean-jacques rousseau 10 novembre 2011 10:16
          « Premièrement on peut dire que la mode du Libéralisme n’est pas nouvelle. Sous la République entre 509 à 31 av. J-C, les riches romains investissaient dans des entreprises en recherchant de gros intérêts, les sociétés par actions existent déjà, la banque et la spéculation également. L’activité bancaire est étroitement vérifiée par l’Etat.

          L’économie romaine bascule au moment des grandes conquêtes. Les trésors, les esclaves, les ressources minières ou agricoles et les autres marchandises vont bientôt converger vers la petite république romaine et faire éclater l’économie citoyenne basée sur l’agriculture familiale et l’artisanat.

          De riches aristocrates et de gros propriétaires se sont lancés dans le commerce et la spéculation, alors que la classe moyenne se retrouve décimée par ces guerres de conquête coloniale. De plus ces petits propriétaires n’ont souvent d’autre ressource que d’emprunter pour remettre en état des champs tombés en friches durant leur absence. Mais la concurrence des céréales d’importation (provenant des provinces conquises) fait chuter les prix et ils doivent voir leur propriété saisie faute de pouvoir rembourser. Ceux qui n’avaient pas emprunté doivent également vendre leur terres à vil prix faute de pouvoir vendre leur production au-dessus du prix de revient. Ils se retrouvent pour la plupart ruinés et forcés de partir vers les centres urbains pour travailler comme ouvriers. Leurs terres sont rachetées et tombent entre les mains de grands propriétaires.

          Mais le problème n’est pas résolu pour autant. Sur les ports sont déversés des foules d’esclaves et des masses de marchandises. De gros commerçants offrent une main d’oeuvre bon marché et des marchandises à un coût inférieur au prix normal. C’est une nouvelle concurrence qui détruit l’activité artisanale et industrielle après l’activité agricole des citoyens. Ceux-ci se retrouvent au chômage forcé, réduits à offrir leurs services à ceux qui précisément sont la cause de leur ruine, les spéculateurs, les propriétaires et les commerçants qui sont maintenant archi-millionnaires et envisagent une brillante carrière politique. « Les petits propriétaires de naguère n’ont eu d’autre ressource que de chercher un « patron » parmi ceux qui les ont réduits au chômage ».

          Aucune réforme politique n’a réussit à Rome à reconstituer une classe moyenne sur la base de la propriété. Or le droit de citoyen libre n’a pas suffit pour maintenir un niveau de vie satisfaisant et bloquer le glissement du peuple vers la misère et l’assistanat.

          La pression constante des importations a rendue vaine toute politique de redistribution des chefs plébéiens. La tentative des Gracchus de rétablir une classe moyenne par une réforme agraire se solde par un échec.

          Mais l’essentiel du pouvoir est soustrait aux assemblées populaires pour être mis au service de l’ambition et de la démagogie. La réplique « Que demande le peuple ? - Du paix et des jeux » correspond bien à cette période où le blé des provinces, d’abord vendu par l’administration au peuple à prix coûtant, puis à perte, sera bientôt distribué gratuitement. Le ravitaillement en céréales coûte en 46 av. J-C prés de 77 millions de sesterces. C’est une sorte de RMI pour l’époque qui pèse de plus en plus lourd sur les finances publiques.

          On voit ici la perte de la dignité humaine à la fois dans sa cause et ses conséquences politiques. Les citoyens n’ont d’autres recours pour survivre que de vendre leurs suffrages et défendre la candidature de leur « protecteur ». Par ces manifestations parfois violentes, on dira de ces hommes libres : « Tourbe qui a perdu tout esprit civique et dont les suffrages vont au plus offrants ».

          Cette lutte pour la conquête du pouvoir politique, se perpétue par la violence jusqu’à la guerre ouverte entre les chefs de partis.

          Sous l’effet de cette crise sociale, la guerre civile et la dictature, imposent alors un pouvoir plus centralisé et autoritaire, reposant essentiellement sur les familles influentes et sur l’armée de métier. C’est la fin de la République romaine qui aura duré presque cinq siècles et réalisé la « pax romana » par les plus grandes conquêtes. Mais les difficultés ne cessent pas sous l’Empire puisque les causes restent les mêmes.

          Ainsi, sous l’Empire, la grande difficulté des administrateurs sera de financer les charges nouvelles qui s’ajoutent au poids des autres dépenses ; frais du culte d’Etat ; dépense militaires croissantes puisque avec la fin de la conscription des citoyens, il faut recruter des mercenaires ; coût des indemnités des magistrats ; financement des travaux publics et de l’entretien des infrastructures (env. 20 % des impôts) ; le ravitaillement en céréales, etc. L’Etat trouvant la plupart de ses revenus dans les droits de douane et de l’impôt payé par ces entreprises et ces colonies qui sont à l’origine de la déstabilisation économique et comme l’impôt sur le revenu est inexistant, on comprend pourquoi les autorités ont encouragé l’importation et le libéralisme commercial et négligé de fait la perte de revenu des travailleurs citoyens.

          Les valeurs républicaines sont bel et bien compromises par le libéralisme économique qui sape, par la concurrence du travail : le fondement économique des familles modestes. Il remplace par la misère, l’assistanat ou la criminalité : l’indépendance, la morale, la responsabilité et l’esprit civique des citoyens. Il favorise ainsi la fracture sociale et la conquête du pouvoir par des élites enrichies par la spéculation ou la corruption au dépens de l’intérêt général du peuple.

          C’est bientôt la naissance de la féodalité puisque les grandes familles fuiront elles-mêmes l’impôt et s’établiront, avec leurs serviteurs sur des domaines agricoles, loin des centres urbains laissés à l’abandon. »



        • loire42 loire42 13 novembre 2011 11:26

          @Rousseau

          « Mais le problème n’est pas résolu pour autant. Sur les ports sont déversés des foules d’esclaves et des masses de marchandises. De gros commerçants offrent une main d’oeuvre bon marché et des marchandises à un coût inférieur au prix normal. C’est une nouvelle concurrence qui détruit l’activité artisanale et industrielle après l’activité agricole des citoyens »

          La guerre de secession aux USA pourrait aussi s expliquer de cette maniere. Les petiuts fermiers blancs du sud ou des états de l ouest ne voulaient pas être en concurrence avec les esclaves noirs.


        • jean-jacques rousseau 13 novembre 2011 23:30
          « Depuis longtemps, toutes les richesses de toutes les nations sont tombées entre les mains d’un petit nombre d’hommes. » Cicéron.

        • BA 9 novembre 2011 13:21

          Mercredi 9 novembre 2011 :

           

          La Bourse de Paris creusait ses pertes mercredi en fin de matinée et perdait plus de 2 %, peu après l’envolée du taux italien à 10 ans au-delà de la barre des 7,4 %, signe d’une défiance accrue envers le pays, malgré le départ prochain de Silvio Berlusconi.

           

          A 11H28 (10H28 HEC), le CAC 40 perdait 2,27% à 3072,08 points, dans un volume d’échanges de 1,111 milliard d’euros, après avoir débuté la séance dans le vert.

           

          Le marché parisien a basculé dans le rouge en cours de matinée et ne cessait de s’enfoncer, au rythme de la hausse du taux d’emprunt italien qui dépassait désormais 7,4 %.

           

          Ce niveau "augmente certainement la perspective d’un plan d’aide" au pays, souligne Manoj Ladwa, analyste chez ETX Capital, qui ajoute toutefois que l’Italie ne joue pas encore dans la même cour que la Grèce.

           

          Le départ annoncé de Silvio Berlusconi n’a pas suffi à soulager les marchés, qui doutaient toujours de la capacité de l’Italie à faire face à ses engagements budgétaires et à sa dette, d’autant que le pays a promis des mesures à l’Union européenne (UE).

           

          "Le départ de Berlusconi était attendu, mais le problème c’est que des élections anticipées sont réclamées ce qui pourrait retarder les nouvelles mesures", explique Dov Adjedj, vendeur d’actions chez Aurel BGC.

           

          Les valeurs financières, en première ligne de l’aggravation de la situation italienne, souffraient à l’image de BNP Paribas (-2,97% à 30,39 euros), Crédit Agricole (-1,88% à 5,05 euros) et Société Générale (-3,25% à 18,16 euros). Axa lâchait 4,26% à 10,12 euros.

           

          http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND


          • Electric Electric Tof 9 novembre 2011 13:44



            Comme l’indique le diagramme ci-dessus, la crise actuelle est en tout point identique à celle commencée en 1907, issue de l’explosion en vol de l’Union Latine.

            Cela déboucha sur la création de la Fed en 1913, et WWI.

            La situation actuelle est un mix de 1907 et 1929, nous sommes donc en 1914/39.

            Nous assistons à la trosième grande concentration du capital qui verra inévitablement la création d’une monnaie supra nationale après le nettoyage des petites banques, et des classes moyennes.

            Bien vu Aldous, tu as mis dans le mille !!!!


            • njama njama 9 novembre 2011 13:59

              Je ne connais pas trop cette page d’histoire de l’Union latine. Auriez-vous des liens ?

              Par contre, comme je suis allé au Mexique, j’ai retenu que le cours de l’argent s’est effondré vers 1906 si mes souvenirs sont bons ? ... ruinant quelques villes au passage, comme Real de Catorce qui vivait des mines d’argent.


            • Aldous Aldous 9 novembre 2011 16:50

              Merci Tof

              J’aurais aimé détailler la période qui va de 1907 à Nixon et Pompidou qui finissent de détricoter le système mais la rédaction de cet article m’a déjà pris trop de temps comme on peut le constater au fait que je ne l’ai que sommairement relu.

              L’Union Latine est en effet à la fois un parallèle historique mais aussi une antithèse du système des banques centrales privée.

              Il s’agissait d’une tentative d’union monétaire basée sur le pouvoir régalien des états.

              Il a échoué car il avait les mêmes contradictions intrinsèques que l’Euro :

              1) Il prétendait faire rouler à la même vitesse des économies disparates.
              2) Il générait un marché d’expansion pour les entrepreneurs français dans des pays incapable de supporter un tel investissement, menant les projets à la faillite (canaux de Corinthe et de Panama, Transibérien etc...)

              Mais l’Euro a un troisième défaut : il convertit une part croissante du PIB en intérêt de la dette, vampirisant l’industrie au profit des banques.

              Une ois l’industrie exsangue, les banques meurent à leur tour.


            • lechoux 9 novembre 2011 17:29

              Merci Aldous pour cet article très intéressant.

              « Il générait un marché d’expansion pour les entrepreneurs français dans des pays incapable de supporter un tel investissement »
              Ceci est exactement de qui se passe aujurd’hui avec les produits allemands qui abordables car vendus en Euros et non en Marks. Lesdits produits devraient être vendus entre 20 et 30 % plus chers donc les allemands auraient une moindre réussite de leur économie et surtout seraient moins arrogants et moins égoïstes, car ils ne citent par cet avantage dont ils bénéficient.


            • Aldous Aldous 9 novembre 2011 20:16

              Merci Lechou

              C’est en effet l’Allemagne qui a pris la place qu’avait la France dans l’Union Latine.

              Mais la France avait aussi un rayonnement prestigieux.

              Les élites des pays de l’union parlaient français dans la vie de tous les jours et relayaient la culture française dans leurs pays.

              Encore aujourd’hui le mot Franc est utilisé dans les langues de nombreux pays comme synonyme de monnaie.


            • njama njama 9 novembre 2011 23:27

              @ Aldous

              2) Il générait un marché d’expansion pour les entrepreneurs français dans des pays incapable de supporter un tel investissement, menant les projets à la faillite (canaux de Corinthe et de Panama, Transibérien etc...)

              Dommage, je ne sais plus où j’ai lu ça ???, mais à propos du canal de Panama, dont l’idée avait attiré bien naturellement pas mal d’investisseurs, il semble me souvenir qu’en « sous-main » ce qui était fait un jour était en partie démonté la nuit ... ce qui a eu pour conséquence de retarder de beaucoup beaucoup ... la réalisation de ce canal. Entre temps, devant cette incurie et les dividendes qui prenaient des allures de chimères, beaucoup de petits actionnaires se sont retirés, et, of course, le cours de l’action s’était effondré, ... permettant peut-être ainsi à « d’autres » de racheter ces titres à bas prix !
              Dommage, je ne sais plus où j’ai lu ça ... mais ce dont je suis sûr, c’est que ce n’était pas un roman !
              Voyez ce que j’veux dire ... Ah la belle entourloupe mafieuse !
              Si quelqu’un se souvient d’infos sur cette question ...


            • Vipère Vipère 9 novembre 2011 23:54

              A Njema,

              Le scandale du Canal de Panama

              www.herodote.net


            • Electric Electric Tof 9 novembre 2011 14:30
              J’avais oublié le lien, bêta !
               
              L’histoire économique bégaie. Le dow Jones suit exactement la même courbe ramené indice base 100 en 1907 qu’en 2008 :
               
               
              Nous assitons donc à la troisième grande concentration du capital après 1907, qui a conduit à la création de la Fed et WWI et 1929 qui a conduit au keynésianisme et WWII.
               
              Cette fois ci, concentration bancaire ultime, création d’une monnaie supra mondiale, nettoyage de la classe moyenne devenue inutile et trop bien éduquée.
               
              C’est le Lucis Trust comme précedemment indiqué ici qui est derrière OWS (les indignés gnégnés) et Sorros :
               
               
              Quand les distributeurs seront vides, ces adorables jeunes gens retourneront bien gentiment chez papamaman, après avoir sabordé à l’insu de leur plein gré un mouvement qui aurait pu déboucher sur une contestation réelle. Les derniers résistants iront en taule. Les trains et les camps sont prêts, aux US en tout cas.
               
              Les banques françaises sont tapis, out, ruinées, rincées, leur taux d’exposition aux toxiques et autres CDS est hors de toute proportion :
               
               
              Pour bien tout comprendre sans sortir de St Cyr, c’est chez Thomas dit le Cimbre :
               

              • Aldous Aldous 9 novembre 2011 16:59

                Merci pour ces liens. Mon article manque en effet un peu de références.

                Oui nous sommes un peu en 1907, mais nous cumulons aussi les situations de 1890 (faillite grecque) 1893 (dérogations aux règles communes par l’Italie) et nous vivons depuis 2008 une grande dépression au ralenti (1929 à 1933).

                Sauf qu’au lieu d’un New Deal on nous promet un New World Order.

                Or le NWO se contente de réorganiser le pouvoir en instaurant un gouvernement (pardon, « une gouvernance ») mondial(e) avec le 1% le plus riche aux commandes.

                 


              • Jean-Fred 9 novembre 2011 18:01

                Merci Electric Tof pour le lien qui pointe chez Thomas dit le Cimbre, très enrichissant !!


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 novembre 2011 19:55

                « Cette fois ci, concentration bancaire ultime, création d’une monnaie supra mondiale, nettoyage de la classe moyenne devenue inutile et trop bien éduquée. »

                 Voici ce que j’en disais il y a deux ans :


                PJCA


                 

              • Aldous Aldous 9 novembre 2011 20:17

                Des bouches inutiles en somme...


              • Aldous Aldous 9 novembre 2011 18:21

                Je sais,ni à l’école ni ans les médias on ne parle jamais de l’Histoire économique...

                Pourtant c’est le nerf de la guerre.


              • Cyril Cyril 9 novembre 2011 17:33

                Article tres interressant.

                Je completerais que l’union latine est juste un petit épisode du Franc Germinal instoré par Napoléon à la révolution francaise et utilisé par quelques pays d’europe.
                Suite à la découverte massive de mines d’argent, et donc à la baisse de sa valeur, ces pays s’unissent dans l’union latine, pour abaisser le titre des pièces d’argent.
                le systeme de l’union latine tres bien conçu se développera en europe et amérique latine.

                Seulement voila, comme tu le dis, une monnaie or est une monnaie saine, elle ne permet pas de création monétaire, et limite la croissance.

                Bien qu’elle est connu quelques problèmes de parité or/argent, ce qui a tué ce système, c’est la guère.

                Car apres avoir réquisitionné tout les métaux précieux pour financer les guerres en europes, les pays, ont continué à emprunter aux banques pour financer ces guerre.

                Une fois les guerres terminées, il ne restait plus que du papier pour imprimer des billets, et faire payer les dettes au peuple en créant de l’inflation.

                En rappelant que l’inflation n’existe pas avec une monnaie d’or.


                Voici un lien ou l’on peu observer les monnaies de cette époque http://www.francgerminal.com/


                • Aldous Aldous 9 novembre 2011 18:25

                  Personnellement je dirais que ce qui a tué le système est multiple.

                  Ce sont ses contradiction internes (économique mais aussi géostratégiques) et l’avantage qu’on su en tirer les grands banquiers pour y substituer un contrôle privé de la monnaie.

                  Un repère aussi manque à mon article : la révolution russe mais il mériterait une analyse à lui tout seul car le Marxisme est aussi une conséquence de la période libérale antérieure.


                • Cyril Cyril 9 novembre 2011 18:55

                  il est interressant siter, les allemands, qui ont essayer de saboter l’union latine.

                  Car lorsqu’il ont abandonné leur monnaies d’argent, ils ont déversé sur le marché une énorme quantité de ce métal.

                  Ce qui a ébranlé la parité or-argent


                • Aldous Aldous 9 novembre 2011 20:19

                  Il est aussi intéressant de constater qu’une union monétaire ne prévient pas les guerres.

                  Ca relativise le discours selon lequel l’UE est une garantie de paix.


                • Nina888 9 novembre 2011 17:38

                  Réagissons !!!
                  Faisons nous même un systeme d’echange qui se passerait des banques ...
                  Faisons ensemble une monaie faite par le peuple !!
                  Faisons un systeme s’inspirant des inca , seul puissance qui s’est passée de l’argent !!
                  (d’ailleur la chute des indiens d’amerique serait surement été faite pour l’imposition du systeme banquaire .)
                  Faisons un systeme qui refuse les loi du marché qui favorise les riche !!
                  Hacker de tout pays unnissez vous !! Mettez à 0 les compter des 1% plus riche et il perdrons leur légitimitée !!!


                  • Aldous Aldous 9 novembre 2011 18:37

                    L’avenir de la monnaie est numérique.

                    La solution est une monnaie numérique mutualiste et internationale basée sur l’équivalence de monnaies locales émises par les municipalités et garantie par elles.

                    Un peu à l’exemple de ce qu’était le système de l’Union Latine mais pas au nivea des nations.


                  • Mor Aucon Mor Aucon 9 novembre 2011 17:46

                    Une autre bourde : la pseudo-création d’une Fed privée à Jekill Island. Non, les projets avancés lors de cette réunion furent éventés ce qui permettra à Wilson de les déjouer partiellement. Cela donnera la structure semi-publique de la Fed d’où découlent, évidemment, son inaptitude à contrôler le comportement des agents financiers privés et la facilité avec laquelle ces derniers inversent les rôles.

                    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/gorille-dans-le-brouillard-dix-95823


                    • Aldous Aldous 9 novembre 2011 18:30

                      Le projet finira par aboutir et Wilson signera la création de la Federal reserve comme je l’explique en 1913.

                      Il dira à la fin de sa vie :

                      « Je suis le plus malheureux des hommes. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation et en conséquence toutes nos activités, sont entre les mains d’une poignée d’hommes. Nous en sommes venus à être un des gouvernements les plus mal dirigés du monde civilisé, contrôlé et dominé non pas par la conviction et le vote de la majorité mais par l’opinion et la force d’un petit groupe d’hommes dominants. »


                    • Aldous Aldous 9 novembre 2011 18:32

                      Au passage il présidera aussi à la création de la Société des Nations, ancêtre de l’ONU et du futur gouvernement mondial qu’on nous promet comme inéluctable.


                    • Mor Aucon Mor Aucon 9 novembre 2011 18:42

                      Allons-bon ! Voilà que vous inventez l’Histoire. C’est pratique pour avancer n’importe quoi en lieu et place d’analyse, je le reconnais.


                    • Mor Aucon Mor Aucon 9 novembre 2011 19:33

                      Voyons-voir si vous êtes capable d’expliquer pourquoi vous reprenez une prétendue citation de Wilson au sujet de la Fed alors que cette citation est fausse ( il n’a jamais prononcé ni écrit « Je suis le plus malheureux des hommes. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. » ), mal datée ( le peu de vrai qu’il y a dans cette citation fut écrit avant la création de la Fed ) et donc manipulée pour faire croire à ceux qui n’ont pas les moyens ( ou le désir, ce qui revient au même ) de vérifier la traduction et la source, qu’un énorme complot est en marche depuis très longtemps.

                      Cette citation est, à peu près, contenue dans ce paragraphe du chapitre 8 du livre de Woodrow Wilson « The New Freedom » dont le texte original dit :

                      « However it has come about, it is more important still that the control of credit also has become dangerously centralized. It is the mere truth to say that the financial resources of the country are not at the command of those who do not submit to the direction and domination of small groups of capitalists who wish to keep the economic development of the country under their own eye and guidance. The great monopoly in this country is the monopoly of big credits. So long as that exists, our old variety and freedom and individual energy of development are out of the question. A great industrial nation is controlled by its system of credit. Our system of credit is privately concentrated. The growth of the nation, therefore, and all our activities are in the hands of a few men who, even if their action be honest and intended for the public interest, are necessarily concentrated upon the great undertakings in which their own money is involved and who necessarily, by very reason of their own limitations, chill and check and destroy genuine economic freedom. This is the greatest question of all, and to this statesmen must address themselves with an earnest determination to serve the long future and the true liberties of men. »

                      En gras, ce qui correspond plus ou moins à la traduction manipulée que l’on vous a fait avaler. Pourriez-vous donc, une bonne fois pour toutes, abandonner cette manie de produire des citations manipulées qui n’ont d’autre but que d’inventer une réalité qui vous dépasse et un ennemi, comploteur machiavélique, qui n’a jamais existé ? Je vous rappelle au passge, que Wilson fut un démocrate, populiste et démagogue, qui utilisera toute son énergie à chevaucher le mécontentement des masses face aux cartels banquaires, péjorativement appelés banksters ( oui, déjà ). Toutes ces manipulations ont la même origine : l’extrême-droite libertarienne américaine. En faites-vous partie ? Vous rangez-vous derrière Ron Paul, le Tea Party, Larouche et compagnie comme le fait Sorel qui reproduit tous leurs délires et les adapte aux oreilles européennes ?

                      Source : The Project Gutenberg EBook of The New Freedom, by Woodrow Wilson : http://www.gutenberg.org/files/14811/14811-h/14811-h.htm


                    • Aldous Aldous 9 novembre 2011 19:54

                      Non je ne suis ni d’extreme droite, ni libertarien et surement pas américain... Vous faires fausse route mon cher Aucon...


                    • Mor Aucon Mor Aucon 9 novembre 2011 20:06

                      C’était une question, pas une feuille de route. Comment faites-vous, alors, pour vous barricader derrière leurs arguments fallacieux et intrinsèquement stupides car très facilement réfutés ?


                    • Maurice Maurice 10 novembre 2011 15:09

                      à Mor Aucon

                      Et que Rotschild ait dit « donner moi le pouvoir de créer l’argent, et alors peu m’importe qui fait les lois »,

                      Et que les milieux affairistes américains aient financé la montée d’Hitler (Ford...) pour lutter contre le communisme et garder leur mains mise sur le pouvoir économique,

                      Et que la fondation Rockefeller ait servis à réhabiliter certains collaborateurs français du régime de Vichy (archivé déclassifié USA)

                      Et que les mêmes milieux affairistes américains aient financé la construction européenne (archive déclassifiée sous Clinton)

                      Et que la banque Lazard, GSachs et compagnie aient commis les plus grandes s a l o p e r i e s imaginables

                      Et que le système de l’argent dette soit la plus belle pyramide de Ponzi qui ait été amené d’exister

                      Et que plus de 50% des paradis fiscaux de la planète soient des anciennes colonies anglaises sous contrôle de la City,

                      Et que les gens qui ont voulu s’ériger contre ce système ont finis en bouillie pour poisson (Lincoln, Kennedy)

                      Tout ca c’est peut être des élucubrations Mor Aucon ??? Hein ???
                      Soit vous êtes salarié chez Barclays ou GSachs, dans ce cas je comprend que vous vouliez décrédibiliser Aldous, soit vous êtes un adepte de jeux plutôt tendentieux où on aime se faire mal et se faire tondre par d’autres.
                      Si vous êtes quelqu’un qui fait ce qu’il pense, je pense que votre pseudonyme vous enjoint de sauter par la fenêtre.

                      Une fois de plus bravo Aldous pour votre article, je crois que les votes résument bien la chose...


                    • Mor Aucon Mor Aucon 11 novembre 2011 12:54

                      Vous dites : « Et que Rotschild ait dit « donner moi le pouvoir de créer l’argent, et alors peu m’importe qui fait les lois » »

                      Cette citation est fausse aussi, comme celle de Woodrow Wilson. Vous pouvez facilement en trouver les preuves, si vous cherchez pour de vrai. Pour ma part, je passe la main car il est évident que cela ne vous intéresse pas et que vous ressortirez toutes ces citations à la première occasion malgré que vous sachiez pertinemment bien que ce ne sont que des manipulations historiques.


                    • Maurice Maurice 13 novembre 2011 18:37

                      @ Mor Aucon


                      Malheureusement mon cher c’est vous qui réfutez tout débat. Vous répondez à des faits par des propos généralistes, sans argumentation, et dès que vous êtes coincés, vous vous défilez... Un vrai renard !
                      Pour les autres je vous enjoins de relire les post laissés dans les différents articles d’AV par ce cher Aucon, pour vos rendre compte de la supercherie.

                      Changez de pseudo au moins, ça en devient presque trop facile de vous retrouver, il n’y a plus de sport smiley

                    • suumcuique suumcuique 9 novembre 2011 18:54

                      Rien que pour avoir mis en perspective la crise actuelle, rien que pour avoir attiré l’attention sur le fait que cette crise n’a pas débuté hier, sous Chirac, ni même avant-hier, sous Mitterrand, Pompidou, de Gaulle, mais il y a longtemps, très longtemps, votre article est le bienvenu.

                      Sur la même ligne, on lira avec profit « Fourteen Centuries of War Against European Civilization » (Quatorze siècles de guerre contre la civilisation européenne) http://globalpolitician.com/25885-islam-west - qui retrace, depuis Charlemagne, « le calife du Frankistan » comme l’appelait O. Spengler, - Charlemagne, le « créateur » de l’État juif dans l’État que fut la Septimanie - Charlemagne, la « mascote » de l’UE - les complicités dont ont largement bénéficié les Levantins, sous les Carolingiens, puis sous les Valois et sous les Bourbons.

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