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La baisse du Dollar : un protectionnisme (à peine) déguisé ?

Les déclarations d’intention des leaders du G 20 et l’hypothétique intensification de la régulation des Banques et des marchés ne suffiront pas à éviter de nouvelles conflagrations financières agrémentées de protectionnisme et de tensions politiques tant que les Etats-Unis et la Chine n’auront pas réglé la problématique absolument cruciale des déséquilibres de leurs flux commerciaux et financiers.

La Chine, qui détient 2’000 milliards de dollars de réserves, et les Etats-Unis, qui ont emprunté 1’800 milliards de dollars ces 12 derniers mois, s’affrontent aujourd’hui sur le terrain miné des mécanismes définissant les parités de change. Ainsi, pendant que la Chine déplore le laxisme budgétaire Américain tout en appelant de ses voeux une politique monétaire US moins expansionniste et donc plus sobre, les Etats-Unis ne perdent pas une occasion d’exhorter la Chine à assouplir l’indexation du Yuan au billet vert... 

Le retour de balancier que doivent gérer aujourd’hui les Américains est tout à la fois troublant et ironique car c’est en effet l’Administration du Président Franklin D. Roosevelt qui avait créé pendant la seconde guerre mondiale le F.M.I. dont la mission fondamentale était de veiller à la sauvegarde des taux de change fixes, ce système étant le seul jugé fiable à l’époque y compris par Keynes qui rejetait catégoriquement le flottement des monnaies. La préoccupation des Etats-Unis étant d’apprendre, d’aider et de faire pression via le F.M.I. sur certains pays - ne parvenant plus à honorer leurs engagements suite aux déboires de la Grande Dépression - afin de maintenir la stabilité de leurs monnaies respectives. La décision Chinoise de fixer en 1994 la parité de sa devise, le Yuan, au dollar Américain dans le cadre de sa stratégie d’intégration économique globale aurait donc été d’autant plus applaudie par Roosevelt que cette indexation lui aura en partie permis de traverser sans trop de tumultes - et tout cas sans dévaluation - l’ouragan de la crise Asiatique de 1997-1998.

Le monde semble plus avoir changé ces quinze dernières années que durant les cinquante années précédentes : C’était en effet encore en 1998 que Robert Rubin, secrétaire d’Etat US au Trésor, félicitait la Chine d’avoir su préserver un "ilôt de stabilité dans une région turbulente". Quelques années plus tard, les même Etats-Unis vantaient les charmes des parités monétaires flottantes en exerçant une pression sur la Chine qui devait libérer la cotation de sa monnaie appelée, selon eux, à se ré évaluer sur les marchés. Un système des change flottants allant ainsi naturellement de pair avec un commerce libéralisé... Quelques années plus tard encore - en fait en Janvier 2009 -, le Secrétaire d’Etat US au Trésor, Timothy Geithner, accusait la Chine de "manipuler" sa monnaie tout en la mettant en garde de mesures de rétorsion Américaines "agressives" si elle n’assouplissait pas la cotation de son Yuan.

La situation a effectivement dramatiquement changé pour les Etats-Unis qui ne sont plus la première nation créditrice, qui ne contrôlent plus les réserves mondiales d’or, qui sont aujourd’hui les premiers débiteurs mondiaux et ... qui ont changé d’avis. Le système de taux de change fixes - qui interdisait à leurs partenaires commerciaux de procéder à des dévaluations compétitives - ne fait en effet plus aujourd’hui leur bonheur car le système flottant leur permet de déprécier la valorisation de leur dollar afin de promouvoir leurs propres exportations. Keynes n’avait-il pas eu cette très célèbre répartie : "Quand les faits changent Messieurs, je change d’avis" ?

La Chine, tout comme le Brésil et la Russie, tentent certes de contourner le dollar dans le cadre de leurs échanges commerciaux bilatéraux en initiant un troc consistant en l’achat de marchandises en contrepartie de la vente d’autres ayant la même valeur... Pour autant, les Etats-Unis - qui ont été les promoteurs des accords de Bretton Woods ayant favorisé la libéralisation du commerce international- , ne se s’aperçoivent-ils donc pas que la manipulation à outrance de leur propre monnaie semble menacer le système commercial mondial jusque dans ses fondements en forçant certains partenaires à des accords bilatéraux par nature discriminatoires vis-à-vis des autres partenaires commerciaux ?

Il n’est plus possible aujourd’hui à la première nation débitrice au monde de soulager son économie par une relance de ses exportations car le prix à payer serait à terme autrement plus sévère : Il y va en effet de la survie même du système des échanges internationaux. Mais les Etats-Unis - préoccupés par la sauvegarde de leurs intérêts propres - seront-ils dignes de leurs responsabilités internationales ?

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    Par FritzTheCat (xxx.xxx.xxx.93) 24 novembre 2009 13:06


    Source : Journal Marianne 2(France)

    "Les banques américaines nous préparent une énorme bulle monétaire !
    Nov 23, 2009

    Alimentées par les crédits à « taux zéro » de la réserve fédérale américaine, les grandes banques spéculent en Asie… construisant une bulle qui, selon les autorités chinoises et allemandes, pourrait bien précipiter l’économie mondiale toute entière dans une nouvelle crise !

    Aux Etats-Unis, on prête gratis ! Depuis mars dernier, où la Réserve fédéral a ramené ses taux jusqu’à presque atteindre zéro, les grandes banques déversent des milliards de milliards de dollars dans les économies asiatiques. Résultat : les monnaies et bourses de la région connaissent une croissance exponentielle… et totalement artificielle ! Une nouvelle « bulle asiatique » se forme et menace déjà de craquer.

    « Une menace pour la reprise des économies des pays émergents »
    « La politique monétaire américaine a gravement affecté les cotations, alimenté la spéculation sur les marchés d’action et de biens, tonnait le 16 novembre au Forum de la Finance Liu Mingkang, principal régulateur bancaire chinois. Elle a véritablement créé un nouveau risque d’empêcher la reprise de l’économie mondiale, notamment dans les marchés émergents. »

    Depuis mars, si la Chine s’est quelque peu protégé de ces manoeuvres, la monnaie coréenne a pris 36,5% face au dollar. Un record battu par le real brésilien qui a subi une envolée de 41,5% sur la même période : de quoi plomber toute exportation… et l’éventuelle reprise qui va avec !

    Une inquiétude partagée par les Européens

    Ben Bernanke croyait réussir à calmer les turbulents asiatiques d’une petite déclaration publique : « nous portons la plus grande attention aux conséquences de taux de change sur les prix, assurait le patron de la Réserve fédéral américaine. Nous continuerons de veiller à tenir notre mission d’assurer le plein emploi et la stabilité des prix. » Manque de chance, les Européens aussi commencent à s’inquiéter.

    Samedi 21 novembre, le Financial Times rapportait les inquiétudes du très expérimenté ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble : « le scénario d’un excès de liquidité créé à l’échelle de la planète une nouvelle espèce de bulle spéculative est très probable. » Or, l’Allemagne ne s’inquiète pas ici de la déstabilisation des économies asiatiques : si le mouvement enclenché continuait, l’Europe et son euro gonflé à bloc serait la prochaine victime de cette bulle !

    A l’Etat fédéral, Goldman Sachs et ses 17 milliards de dollars de bonus reconnaissants !
    A qui profite la spéculation ? A personne… sinon aux grandes banques ! Elles seules, ayant accès aux crédits de la Réserve fédérale peuvent se permettre, en usant du « carry trade » consistant à emprunter à taux zéro pour revendre ensuite au plus haut les placements effectués dans les monnaies cibles des marchés émergents profitables et de toucher les dividendes de ces opérations. De quoi constituer de beaux résultats pour Goldman Sachs qui, au bout de 9 mois d’activité seulement pourra verser 17 milliards de dollars de bonus à ses salariés.

    Une jolie enveloppe accompagnée cette semaine des piètres excuses de Lloyd Blankfein, patron de l’omnipotente banque new-yorkaise, qui s’est excusé d’avoir accepté le sauvetage de son entreprise par l’Etat fédéral. Un bon coup de com mais qui n’efface pas le coup de force : sous prétexte d’avoir besoin de cash pour relancer le crédit, les banques ont repris leurs bonnes vieilles habitudes de chercher les profits faciles sans se soucier de couler au passage l’intégralité de l’économie."

    Tout est dit !

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