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Accueil du site > Actualités > Economie > La banane durable peut-elle durer ?

La banane durable peut-elle durer ?

Les producteurs de Banane de Guadeloupe & Martinique sont très préoccupés par la situation du marché de la banane en France et en Europe. En effet les prix de vente pratiqués sur ces marchés en vert ou en jaune, depuis le début de l’année, mettent en grande difficulté la situation financière des planteurs. Et si l’on compare les deux premières semaines d’octobre à celle de l’an dernier, leurs recettes commerciales accusent un recul de 25 à 30%.

 
 Cette situation de marché est la conséquence directe des accords commerciaux passés entre l’Europe et l’Amérique Latine qui, par la forte diminution du droit de douane, déjà appliquée depuis le 15 décembre 2009 sur les bananes dollars, conduisent à une désorganisation importante du marché européen.

 Engagés depuis trois ans dans le Plan Banane Durable, les planteurs de Guadeloupe et Martinique se sont résolument placés dans la production d’une banane durable, respectueuse de l’environnement et socialement responsable.

 La situation du marché, depuis le début de l’année 2010, met leur production en grande difficulté alors que les nombreuses contraintes qu’ils se sont imposées, dans le cadre du Plan Banane Durable, entraînent des surcoûts conséquents.

 Et pourtant le programme établi entre les producteurs et les pouvoirs publics dans le cadre du Plan Banane Durable a pour objectif de garantir aux planteurs une revalorisation de leur production. Seule production française de bananes et principale culture européenne tropicale d’exportation avec le sucre de l’île de la Réunion, la Banane de Guadeloupe & Martinique bénéficie des règlementations françaises et européennes en matière de droit et de sécurité du travail, de sécurité alimentaire et de protection de l’environnement les plus contraignantes aujourd’hui au monde.

 Les surcoûts liés à ce statut de production tropicale européenne sont heureusement compensés par un soutien financier de l’Europe afin de permettre de réduire les écarts de compétitivité par rapport aux productions d’Amérique Latine dont la compétitivité est largement basée sur une politique de bas salaires.

 Les 700 planteurs Antillais, avec une surface moyenne de 13 ha, produisent 270 000 tonnes de bananes.

C’est une filière qui emploie directement plus de 6 000 salariés et qui participe fortement à la vie rurale et à l’aménagement du territoire.

Dans de nombreuses communes rurales de Guadeloupe et de Martinique, la banane est de loin la principale activité économique et le principal employeur.

Les producteurs de Guadeloupe et Martinique en appellent à la responsabilité de tous les maillons de la filière afin que le prix d’achat de la banane en vert et le prix de vente de la banane en jaune au consommateur soit compatible avec la juste rémunération de leur production.


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8 réactions à cet article    


  • Krokodilo Krokodilo 20 octobre 2010 13:30

    Quelque chose m’échappe : les producteurs antillais ont utilisé le chlordécone, pesticide persistant toxique pour l’homme, pendant dix-sept ans après que les USA l’ont interdit ; comment, dans ces conditions, parler de banane durable ? Pollution durable, oui, ça c’est malheureusement prouvé pour les Antillais eux-mêmes. Sauf erreur, pas un seul planteur n’a regretté son attitude ni présenté ses excuses.


    • UGPBAN UGPBAN 20 octobre 2010 15:42

      Cela fait plus de 17 ans que les planteurs ont arrêté d’utiliser le chlordécone et le travail réalisé dans le cadre du plan banane durable est révélateur de leur prise de conscience et de leur volonté de bien faire. Même l’association écologique PUMA (Pour une Martinique Autrement) reconnaît le bien fondé de leur approche.



    • Krokodilo Krokodilo 20 octobre 2010 17:16

      Dont acte.


    • alberto alberto 21 octobre 2010 11:03

      Plus de chlordécone ?
      Je reste perplexe : pouvez vous le prouver ?
      Un label, des organismes certificateurs...
      Et en effet, pourquoi pas aller vers le « Bio » ?

      Si la filière de la banane des Antilles est si sinistrée, c’est quand même bien la faute à ces utilisations massives de pesticides dans le passé : les consommateurs n’ont plus confiance !

      Bien à vous.


    • UGPBAN UGPBAN 25 octobre 2010 10:52
      Bonjour,

      Le chlordécone (insecticide organochloré de lutte contre le charançon) a été retiré du marché définitivement en 1993 par le ministère de l’agriculture, les connaissances scientifiques ayant mis en évidence des doutes sur l’innocuité de ce produit. 
      Dès lors, les producteurs ont cessé de l’utiliser et ont cherché de nouvelles solutions de lutte biologique contre les insectes nuisibles en collaboration avec le CIRAD.
      Le respect de cette interdiction est confirmé dans le rapport parlementaire de juin 2005.
      La mise en place du Plan Banane Durable à d’ailleurs permis une diminution de 72% de l’utilisation des produits phytosanitaires.

      Le consommateur n’est pas inquiet. Il consomme toujours de la banane, pas assez, 8 kg/an/habitant en France contre une moyenne européenne de 11 kg. Il n’a d’ailleurs aucune raison d’être inquiet, les bananes de Guadeloupe et Martinique font l’objet d’analyses régulières par des laboratoires indépendants agréés. Ces analyses confirment l’absence de risque de chlordécone sur nos bananes.
      Le problème est plutôt dans les prix de vente qui chutent et qui sont liés à la désorganisation du marché européen après les baisses des taxes sur les bananes dollars. 

      Cdlt,
      UGPBAN

    • TSS 20 octobre 2010 18:37

      je n’achète que des bananes bio et malheureusement elles ne sont produites ni en Martinique ni

       en Guadeloupe... !!


      • isabellelurette 21 octobre 2010 21:54

        Se refaire une virginité avec la banane durable ... http://fr.wikipedia.org/wiki/Chlord%C3%A9cone dans 7000 ans peut être.
        Que les industriels les mangent, leurs bananes !


        • zé ladrao zé ladrao 24 avril 2013 13:42

          Mieux vaut arrêter la banane.
          Cela coute cher (entre 50% et 70% du revenu du producteur est subventionné)
          Cela est contraire au bon sens agronomique (rotation des cultures)
          De plus, lorsque l’on voit le prix des denrées alimentaires sur l’île, il semble évident qu’il vaut mieux produire des cultures vivrières.
          Je parlais encore hier avec un planteur qui se disait prêt à changer totalement son mode de production, mais que l’UGPBAN faisait pression pour conserver cette culture, lucrative au possible lorsque l’on connait la force du lobby.
          Tout cela n’est qu’hypocrisie.

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